VERBES
Courre , cowrtr. — Fauuer, falsifier. Pourrir, putréfier. Capter, captiver.
lies terminaisons er, otr, re, ir, des verbes français , paraissent n'avoir rien de distinctif pour hsvos , ngn plus que en latin are^ète^èrey ire , qui y correspondent; elles servent seulement à mettre de Tordre parmi les verbes , à les ranger en quatre classes, dont chacune, dans le détail de la conjugaison , est assujettie À des règles par- .ticulières. Si elles étaient significatives par elles-' jnômes , elles se trouveraient à la fin de verbes de même radical, auxquels elles imprimeraient des sens différents. Or, c'est là un phénomène sans .exemple dans notre langue.
£lle possède bien les deux verbes coimt^ et courir , dont le radical est le même, et dont l'un .se termine en re, l'autre en ir ; mais ce. sont deux synonymes parfaits, et, ce qui le prouve, c'est que le premier tombe en déisuétude et ne s'emploie plus guère qu'en termes de chasse, pour dire , poursuivre Une bète : icourre le .cerf, le daim, le Uèvre , le loup. Dans IScor^ef Asndtn , M. de Sotenville dit à Clitaadre : «c Quand il vous ^ica, je vous donnerai le divertissement de i^ourre un lièvre. » Hol. Et dans les Fdcheua on lit:
AtlrQo isoMM parié de 9i8U»lei8,beii
Peur Mvriv un oflcfl Jo.
Du MiH'CWfrerê on aura fmaoé dans- «wctaînes provinces de la FasBce ooum , aonuoede ciaudene, elare; de mittere , WMUre; de prahtidrrr. fMwndre; et, dans d'autras , courir , eovmie d'agere , mgér; de fnwmte , frémir; de coomt» , vomir; de cofiMrtsre , convertir; de ^fuœrere , quérir. Pnis, lots du lapproehemMitet de la fuston des divers dialectes français, on aura préféré la forme sonore , eoiirtr , à la forme sourde ^ courre , qui n'A d'jmalogue.daos aucun avte verbe à l'infinitif, et qui:ne passe dans aucun i^^mjMsé , à la muiière de oatirir dans oonMUfir, éUctnâarir, pmcoufir»
Le lût est qu'aujourd'hui cowne a un air suoniné , que ,. même en parlant de chaste , on lui substitue ooMrtr, à l'actif, eourir ie lièvie ou le eecf , sans ae faice moquer, comme au tempe àe Vavgeias; au lieu que, uutreCiiis, «aanrrs avait une étendue de signifiovtiQU non moins grande que courir. « Quelques-uns faiaaient déjà umrre le bruit qiw j'/ètais veau à bout de résoudre ces ditfîcultés. s JDBac. « Le duc d'Mjou , dénommé roi diEspegae , jouait à tontes sortes de jeux , et le plus ordiaeireiueul à fcourre , oonme des enfants, avec messeigneurs ses frères. » S. S. Un gentilhomme étant venu faire- «du oon^plimiit au cardinal de Bouillon sortis mort de Tufenne . s'aperçut que le prélat ne savait rien encore et s'eufuit : « Le cardinal fit courre après , et sut ainsi joette terrible mort. » SÉv. « Pour exciter sà paresse et s'encourager à courre dans la carrière . on peut. agir aussi en vue de la récompense, s Boss.^c On ne parlait que de tournois : les lice^ étaient préparées vers le palais royal des Tournelles.etle roi (Henri II), très-adroit dans cet exercice , devait courre en présence de toutes les dames et deitout le peuple. jb.Id. •
Hais , si les terminaisons verbales n*ont point de valeur propre , a^I n'^xtsle point en français deux verbes de même radical , qui tirent de leurs terminaisons différentes une difféfffnae •réelle de signification , il s'ensuit rigoureusement que notre langue ne renferme point de verbes synonymes . qui aient même radical et dontie sens soit un peu modifié par leurs désiaenees parlieulières. C'est pourtant ce qu'aïuioaee le titre de cet article. Comment lever. la jcontradiAtiou?
Il n'y amsÂt point, il faut en ccAvenir, de verbflSvSjmoQymes.àiadicaux ideatiqves, éi devant chanun une auance itarticulière à la désinence qui Itii est 4>ropnB , si cette désineace était siipple. lUm quelquefois elle est composée , et sa pieméèpé ^tartie .peut avoir une eignification assignable , qui donne au verbe un .Gaiactihre distinctif. Ainsi» 4galisor, ondoyer, eU^oiiiier, se termiaent dotmème que leurs synonymes égaler , ofider, mêler; mais, outre le radical et Ja désinence, qui sont les mêmes, ils contiennent entre le radical et la désinence une syllabe, ie, qy, ang, qui peut être considérée comme faisant partie de la désinence et doit avoir quelque effet sur le sens originairement attaché au iadi(^ coanmun. Si, le radical étant le même, le verbe à terminaison composée appartenait à une autre
SYNONYMES iQia «NI lUE JUE RADICAL.
UZ
conjugaison que son synonyme, comme par eiempie , reviser et verdir à l'égard de- refnir et de xerdù^fert ce n'est pas k cette circonstance que tiendmt sa nuance caractéristiqne , mais bien toujoars à la première partie de sa terminaisoii on à ce qni précède sa terminaison proprement dite^
A . Oodanefan fl ÉnanmonCer jfnqa'an latin , dV>ik Ub dètîTent y'-puar'lraiiwr tme diffémioe «nire éeuz Tcfbes flyMBpDM de nteM ndical , et Anlnmeaii iflminéfl. Ckr c*ait Je majmk de «'«Mneer , ou que l'on d'eux « lae pbpioaoaifie .plus lalioe, on que leera unainauom» correspondent à des terminaisons lalioes dHiae Tsleur dialincte. Soient d'abord pour exemples les sjiiQiïjmeifaasspr e\ falsifier, pourrir ^ ]^irefier. Bans Jkmster -et ymmrrir, leg radicaux hAM^faUmt'^ifmirit, se reconnaissent plasdMBcile- ■eatqne daB^^n«i^M<r^«r,i(ni8ontaii8giphig latins pKT \BÊg coâqMMilisB et par leur déaiaense. Fier est la tadnctisn exacte du Itiinjteare^ venant dejacere^ fcire : MmpMcarey aitipUan/acert, faire ou rendre ample, mm^ifier.^ purifiearCf purum facere, fure ou vendre par, purifier, «te. C'est pourquoi finuser et pevrir «pportonenl «u langage >eownun, et leurs srnooymes au langage .didatfique, savoir, fah^ k celui 4e la jwiapnidete., et pturèjier à ttiaidelamédeetne on de la physique. Saôsoeonpler ^tfiUMfier, en particulier, étant coniposé, laodis que son synonyme ne Test pas , signifie une action àt fausser expresse et Tolonlaire.
:D'autre psrt , on «ara peine -à déterminer en quoi différent cmpter et cmptiver, é. mieias -de rechereher dus le totin la va\cnr des AermÎMisoB» qnlis nprodaisenl. lena deux ^aecnt de capcre , preislre , et eignifienl^agMr, aidoire , s'emparer de l'-esprit de quelqu'un. Mais l'un est Ixsdott; proprement du verbe firéqaenlatif, eaptare, et Vautre a été formé de Tadjeclif captiime \Ea conséquence , ca/K^r veut dire prendre €1 prendre encore , iraTaillcr à prendre, A obtenir, Utefccr d'awtr; U peiat roBpresseeieiit , les seins, les friisensîMis, qp'flaempioiefonr ciroooKiiir ; il laprime toujours une séduction TOlOBlaire ou artificieuse. Captiver, rendre captif, mettre en état de captivité, rappelle senlement combien g;nnd est l'effet produit, peut-être sans dœsem eteans art, sur la personne dont on se rend maître et qu'on met en quelque lorie doM les fers.'Be là une ditféreaee-assee notable retre c^/rr et M^Mvr la hèenveillaoee, lesolhBge, la persuasion de quel^'nn.
Capter marque Tcffort : on cherche à cqiter. s Cela oe fit qu'irriter l'envie que j'avais de les servir pour »i>trr lenr bieiiveillanee. « Las.
Veui èles'lejpafl0rfe, et je suis roratenr Qui 'nnlmmpêer la bienveillance Du malévole spectateur. Dibst.
c Forcés par levpeii d'esprit ^lej^noncer au suffrage les gens instruits, ils ont pris le parti de capter au moins celui de U foole ignorante. » La*. « Le dis* ogue sophistique cherche à capter ma persuasion. » iAav. <c Tous les petite soins, toutes les recherdies, *ofi les avisemenis les moins prévus coulent de wnrce chez lai ponr qui il ^ftioXcapur. » fi. S. « S'il ^tait possiMe que vous m'eussies prodigué* lam d'ariaccs, de eaiessee et de.csjoleries de toute espèce ^rM^eerna. confiance et mon amitié.... » J. J.
Cmpttver marque l'effet : il arrive , en a le bonheur n ie pouvoir de captîper, « Il a été charmé de ma rwiessc; et je sois Mcn sûr de captiver sa «enveilwee si je lui liens parole. » Las. « Il est tel qu'il wi pour tvempcr les yenx du peupie et pour captiver
TEKIUNAISON ISEB.
ÉgaUr, égaUser. Revoir, reotier.
iftflAL», ÉGAUSn. Rflndra égale une chose ou une pemoniie; ou bien rendre égales des oboles nu des personnes ; ou bien rtncfavunl, plan, «n einniin, untenain, une allée.
ÉgàHeer ne s'est dit pendant .longtemps qu'en termes de pratique. VoUaise déckie que «'est parlsr:allobroge que de s'en eevf ir dans le langage oitltnaire. C'est néanmdioB ne que imus faisons aujonrd'hui communément , mus nous croire et aans^étre J)arbaf«s. 11 se peut même que bienlôt égaier ne js'emplQH plus dans ce sens.
Quoi qu'il «anoit, égaler etéfgnKfsr sont deux ▼erbesteut français et formés l'imet l'autre de raxi^ttf égal^ dériré bii-méme du laiinœqiMUir. S'ils diffèient , ce ne peut âtre qu'en ramon de la syllabe «, qiii ae trouve dans le eecond et qui manque dans k piemier. Jfais-tsest emprunté de ra4ieotif radical iatin a?^^Ml^tf , dans lequel il n'a pas de valeur -propre, .pacce qu'il n'y «imonce que la déclimatson , et qu'en^éoécal les désinences adjeatives et.nomiaales simples , .indicatives de la déttiinaison seulement, sont aussi indifférentes pair le sens , qne dans les vetbes les désinenoes «impies de l'infinitif , qui marquent uniquement à quelles conjugaisons ils appartiennent. D'autie part, quoique ila syUabe is soit originaivsment latine , elle ne sudit pae à elle seule pour donner au mot tout entier nn air d'é ■ ruditicm «t de noblesse , omnaie s'il s'iterivait et se pronoBçait éffuÀieer.
Tout œ qu'on -peut dire pour disthuguer oes deux verbes , tous deux usités et par conséquent distincts , c'est que le premier est «simple et le second composé; etroeostance instructive, quand même on igueve le eens de l'élément contenu dans le composé, ou que cet élément n'a véritablement pas de sens , comme il arrive ici.
Égaler étant simple et égaliser composé, le premier doit être regardé comme l'expression ordinaire , et le second comme une expression qu'on n'em{)loie que quand il s'agit d'une action d*^ofcr , remarquable sous quelque rapport. Le premier a un sens très-étendu , très-large , à tel point qu'il se dit parfois , non plus pour, rendre , mais pour , être ou devenir égal : la recette égale la dépense; sa prudence égale son courage. Même alors qu'il est synonyme d'^^altxer et qu'il signifie rendre égal, il a une valeur moins stricte , moins/ rigoureuse, mais plus vague, plus .lAohe, plus trooble , parce qu'il est moins spécial , et s'emploie plutôt quand il est question de grandeurs morales à comparer mentalement, à assimiler, que lorsqu'on parle de grandeurs physiques qu'on rmid effectivement égales en agissant sur elles.
Égaliser , au contraire , ce n'est point rendre égales en idée , par une comparaison , des grandeurs morales , mais en réalité des choses physiques ; et , dans tous les cas , c'est rendre égal en
•es suffrages. 3* >Ya.uv. « J'ai. poussé jusqu'à la bas-' travaillant à rendre tel, avec intention, avec *»e des Avanoes pour captiver sa bienveillance qui I un soin particulier et a&i d'établir l'égalité oc paraissent avoir fort ma! réussi. » J. J. entre deux choses inégales , mais faites pour être