PREMIÈRE PARTIE
églaes. « Il ne faut point confondre et égaler les choses qui ne se ressemblent que par Tobscurité.» Pasc. Dans cet exemple égaler représente une opération mentale, une assimilation, une confusion. « Les doigts inégaux entre eux s'égalent pour embrasser c6 qu'ils tiennent. • Boss. Ici le même verbe exprime bien l'action physique, mais simplement comme un fait, c'est-à-dire sans effort, sans travail, sans soin, sans l'intention formelle d'atteindre le but; accessoire important qui distingue égaliser dans les passages suivants. «C'est i des lois particulières à égaliser^ pour ainsi dire , les inégalités , par les charges qu'elles imposent aux riches.» Hontbsq. «La politique a combiné et divisé les forces pour les égaliser et pour les contenir. » Marm . « Le style périodique est diffus , lorsque pour égaliser les membres de la période , on y fait entrer des circonlocutions et des épithètes. » Id. « Mme la comtesse n'était jamais la même. Du matin au soir c'était les deux extrêmes. Si elle avait été ma femme , comme dans peu de temps je vous l'aurais égalisée! 9 Id. La nature, la mort, les sentiments égalent, c'est-à-dire établissent l'égalité; les hommes, les lois, l'art égalisent, c'està-dire travaillent à établir l'égalité ou l'éublissent avec intention , volontairement et avec effort.
En un mot, égaliser annonce une action d'égaler volontaire , intentionnelle , expresse , et plutôt effective et rigoureuse que mentale et par comparaison. C'est pourquoi il se dit plutôt par rapport à des grandeurs physiques que par rapport à des grandeurs immatérielles. C'est pourquoi il convient mieux en termes de jurisprudence : égaliser les lots, c'est-à-dire s'appliquer à rendre les parts égales. C'est pourquoi il doit être seul employé, conune l'insinue l'Académie, dans le sens de rendre uni, plan, un chemin ou un terrain, à moins que cet effet ne soit produit, non pas volontairement par les hommes , mais par un éboulement fortuit , par succession de temps , ou par un tremblement de terre.
REVOIR, REVISER. Examiner de nouveau un compte , un procès , des feuilles qui doivent être livrées à l'impression.
A en juger par les primitifs voir et vûer , la distinction serait facile à faire , car on voit involontairement, sans en avoir le dessein, tandis que viser suppose dans l'agent intention et soin. Mais cette dernière idée convient également à revoir et à reviser y en vertu de leur particule initiale re; si bien qu'on revoit et qu'on revise avec autant de soin et d'attention à ne rien laisser de défectueux.
Toutefois, revoir, c'est littéralement, voir de nouveau, et reviser j c'est voir de nouveau ce qui a déjà été revu , ou vu de nouveau , ou vu avec soin. Car reviser, latin revisere, est un verbe de seconde formation , qui a pour radical le supin de revidere , tout comme viser , visere , a été fait du supin visum du verbe primitif videre. Et tout comme viser dénote une seconde vue, reviser signifie une seconde retme, une revue faite , non plus dans l'intention de savoir s'il y a quelque chose à reprendre, ce qui a été constaté par la première , mais afin de découvrir ce qu'il
y a à reprendre, ce qu'il faut retrancher, truire ou simplement changer.
Par cela seul qu'on revoit, onsoupçoaoei la chose pourrait bien n'être pas comme il â on ne revise que les choses supposées ou rte nues imparfaites, et ce qu'on cherche, ces pas si elles pèchent par quelque endroit, i en quoi et par où elles pèchent. Vous rer^ afin de corriger, s'il y a lieu; tous mùeij que ce qui doit être corrigé le soit. Rnw nonce le désir de s'instruire, de s'éclairer: n ser est un acte d'autorité, ajant pour but il diat de casser , d'abolir eo tout ou en p» Reviser un règlement, un article delà coosi tion, la législation civile oa pénale, c'est vailler , se mettre à les changer, i les améiioi et non pas simplement examiner si on n'y tr vera point quelque défaut. Ceux qui ont tc qu'on révisât le procès du maréchal Ney tendaient pas élever le moindre doute sur gularité et l'iniquité des formes qu'on y a vies; ce qu'ils demandaient, c'était plus qr enquête désormais superflue , c'était m litation ithmédiate.
« Selon sut bien prévenir l'abus que le pourrait faire de sa puissance danslejui des crimes : il voulut que l'aréopage mtt faire; que, s'il croyait l'accusé injur absous , il l'accusât de nouveau devant le que, s'il le croyait injustement cocdâi arrêtât l'exécution, et lui fit rejugerraiîâij MONTESQ. — « Les magistrats chargés in cl ment des coupables faisaient si mal leur df que les malfaiteurs commettaient toutes sort crimes impunément.... Sa majesté catb* donna un pouvoir particulier à don Pedro G vice-roi et capitaine général de la Sicile,^ miner et de reviser toutes les aflaircs , tant c que criminelles. » Les.