‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 228 sur 426 · TERMINAISON ESSER · texte numérisé non relu

TERMINAISON ESSER

Opprimer j oppresser.

OPPRIMER , OPPRESSER. Accabler , &ire succomber sous le poids du malheur , de l'ailliction, de l'injustice.

Opprimer est la traduction exacte du mot latin opprimere , qui a le même sens et dont la terminaison peut être ici négligée. Du sup'm de ce verbe, oppressum, ou de son participe passé. oppressus , opprimé , a été formé le verbe secondaire oppresser, qui signifie proprement rendre opprimé , mettre dans Tétat de quelqu'un qu'on opprime.

En conséquence, oppresser y presque toujours employé au participe , est un verbe tout subjectif, c'est-à-dire qui a surtout rapport à l'état de peine de celui qui gémit sous un poids quelconque , à qui il semble avoir un poids sur l'estomac, qu'il s'agisse d'une affection corporelle ou morale. Au contraire , opprimer se rapporte toujours à la cause , et c'est pourquoi V oppresseur se définit celui qui opprime , et non celui qui oppresse. C'est pourquoi ai^ssi , suivant la remarque ju^cieuse de Laharpe , ce qui opprime est toujours une cause , un agent , un oppresseur , c'est-à-dire une personne ou une chose personnifiée , comme le pouvoir ou l'injustice ; au lieu que ce qui oppresse ne peut être qu'une chose : on est opprimé par ses ennemis , on est oppressé de douleur.

L'opprtm^ a besoin d'être défendu (J. J.) : le cœur oppressé et l'âme oppressée ont besoin d'être soulagés. Opprimer signifie le fait d'une persècucution et en rappelle l'auteur; oppresser exprime un excès de peine éprouvé intérieurement.

On dit opprimer la liberté des peuples (Pasc.) ; la violence essaye d'opprimer la vérité (Id.); les adversaires d'Arnaud se liguèrent pour Vopprimer avec assurance (Id.) ; le tyran Sylla avait opprimé Rome(F£N.); Je cède et laisse aux dieux opprimer TinDOcence ;

Rac.

la vertu est opprimée sur la terre (Labr.) ; an** partie du peuple oppnm« l'autre (Montbsq.); le péché nous rend injustes et violents , il nous fai: opprimer les faibles et persécuter les innocents . il nous fait maltraiter et opprimer les 9erviteur> de Dieu (Boss.); parce que toutes ces expression.> sont propres à désigner des actions et des faits . eu égard à ceux qui en sont les auteurs , plutôt qu'à l'état de ceux qui en souffrent.

Mais on dira avec Voltaire , dissiper les chagrins d'une âme oppressée; avec Boileau, une femme oppressée de douleur; avec Regnard,

J'étouffe et Je sens là certain poids qui m'âppresse; avec J. J. Rousseau , mon âme est oppressée du poids de la vie ; avec Bossuet , on n'entend dans toutes les familles que gémissements de cœurs

SYNONYMES QUI ONT LE HËHE RADICAL

ùpprettés, etf l'âme d'un eondamné sur la roue est oppressée de tourments; avec Racine, entendre gémir une mère oppressée; avec Laharpe, le saisissement qu'éprouTe Orosmane Voppresse; avec Beaumarchais , ce reproche paraît vous mettre à la gène et vous oppresser,

TERMINAISONS ANDER et OLER.

Àfpriander, atMoler,

AFFRIANDER, AFFRIOLER. Attirer par quelque chose d'agréable au goût; des oiseaux, des poissons , par des appâts ; une personne « par la bonne chère. Figurément , attirer par quelque chose d'utile ou d'agréable, les présents, le gain.

Affriander^ c'est acoquiner , attirer, attacher, en rendant friand d'une certaine chose , ou par des friandises , c'est-i-dire suivant l'idée primitive, par des fritures, car friand vient de frire, latin frigere^ grec 9^etv. La pénultième syllabe de ce verbe est adjective et dérivée du participe présent; comme la désinence de marchand et de chaland j elle n'offre par elle-même rien de remarquable pour le sens qui mente ici d'être pris en considération. Si affriander annonce un appât petit, fin, délicat, et plus attrayant que solide, il le doit un'quement au radical commun. Mais la terminaison à* affrioler^ de son côté, étant diminutive , comme celle d'ajo^ole, de hesHoU, de gloriole, latin okeoiiu, hestiola^ glortola, ce verbe enchérit sur le premier en ce qui regarde le peu de valeur intrinsèque des choses par lesquelles on attire. On affriasnd/e avec des mets délicats de toutes sortes; on affriole aveo des bonbons, des sucreries, des confitures. Et de même au figuré. Le thût défendu afftiande les fenunes {Dbst.).

Uo regard, un soupir, affrioU un amant. Rioir.

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