‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 233 sur 426 · JOAS · texte numérisé non relu

JOAS

Ils m'ont abandôiuiè. Hàc.

Moi qui, de mes parents toujours abandonnée ^ Étrangère partout, n'ai pas, même en naissant, Peut-éire reçn d'eux un regard caressant.

(Ériphile dans Iphigénie,) Id.

~ On délaisse , au contraire , tous ceux dont on se retire, a Cette grâce efficace , mise comme en dépôt entre vos mains, se trouve comme délaissée pour des intérêts si indignes. » Pasg. «Ceux qui tombent quittent, dit saint Augustin, et ils sodi quittés , ils délaissent Dieu , qui les délaisse à son tour. » Boss. c Nestorius fut si délaissé . qu'à peine il put ramasser neuf ou dix évèques, la plupart flétris , déposés , sans siège, hérétiques, pélagiens , chassés d'Italie , qui cherchaient auprès de lui un vain recours. » In. « Furieux de me voir fêté, et lui délaissé^ tout ambassadeur qu'il éUit, il perdit tout à fait la tête. > J. .X. «La

STNONmBS À RADICAUX DIVERS.

triste Térité délaùsée est*elle plus chire au uns qu'aux autres f > Id.

D'antre part , abandonner enchérit sur délaister. Délaitter, c'est Laisser seul ; abandonner, c'est négliger , ne pas prendre soin , ne pas soulager les maux. On délaiste un favori disgracié , ou un homme qui s'est déshonoré , ce qui proure qu'on l'estime peu , mais non pas qu'il soit dans un état de besoin et de souffrance d'où on ne se met pas en peine de le tirer. On abandonne celui qu'on laisse dans la peine ou dans la douleur. Les Grecs déktùsèrent Philoctète dans lUe de Lemnos et eurent la cruauté de l'abandonner. « Dans cette dernière maladie tous demeurerez sans se* cours , plus d^Iatss^ , plus abandonné que ce pauvre qui meurt sur la paille. » Boss. « Imite cet Homme-Dieu qui, tout délaissé, tout abandonné , se rejette entre ces mains qui le repoussent.... Obstine- toi, chrétien, quoique délaissé, quoique abandonné, à te rejeter entre les mains de Dieu. » Id. — On laisse là, on évite ceux qu'on délaisse; on laisse en proie à la misère ceux qu'on dbandomie.

î' ABATTEMEnr, ACCABLEMENT, LANGUEUR; - $• DÉCOURAGBHENT, DÉSESPOIR. Tous ces termes expriment un état pénible de l'âme , une sorte de détresse à laquelle elle est réduite par les maux qu'elle éprouve.

Mais les trois premiers ne s'emploient pas seulement en parlant de l'âme; ils signifient aussi un état du corps causé par les maux physiques ou les maladies. Ce sont des termes de médecine en même temps que des expressions morales. D'ailleurs, le décowragment et le désespoir ont trait à l'avenir, supposent une entreprise commencée et emportent le jugement que les moyens pour l'achever sont insuffisants et que les obstacles sont insurmontables. Ce sont des termes purement moraux qui désignent un défaut de cœur ou de force morale pour atteindre un but qu'on se propose.

i* AbaUementy accablement, langueur.

'Abattement et accablement diffèrent bien de langueur. La langueur consiste dans un épuisement de forces qui est l'effet d'une lente consomption; c'est un état dans lequel on traîne , on végète tristement, on agit d'une manière molle et énervée, l'abattement et l'accablement , au contraire, sont causés par un accident ^ par un mal qui nous assaille ou tombe sur nous tout à coup , et sous lequel nous succombons. La langueur se distingue par la durée et l'affaiblissement générai des forces; l'abattement et l'accablement par l'intensité de la souffrance et par l'impuissance de résister précisément aux maux auxquels on est en proie. « Toujours insensibles aux avertissements de Dieu , vous demeurez dans le même assoupissement et dans la même langueur. 7> BouRD. « L'âme n'a d'autre marque de son dérèglement qu'une certaine langueur dans le service de Dieu.» In. «Excitez ma langueur^ excitez ma foi. > Boss. «c Souhaitez de changer votre langueur pour Dieu çn une ferveur toute céleste. » b. « Le loisir de Quintilien ne fût pas un loisir ée UkngueuT et de paresse , mais d'activité et d'ar-

deur. » RoLL. «La belle saison ne me rendit point mes forces ; et je passai toute l'année dans un état de langueur. » J. J. — L'abattement et Vaccablef>^ent sont en opposition avec la constance; la langueur l'est avec la vigueur.

De leur côté, abattement et accablement diffèrent aussi l'un de l'autre , et font deux images différentes. L'un donne l'idée d'une affliction, d'un revers, d'un souffle ou d'un choc qui renverse , de manière cependant qu'on peut se relever; l'autre, celle d'un poids énorme qui nous écrase et nous anéantit en quelque sorte. Abattement signifie en conséquence un état moins absolu , une simple défaillance , et non une oppression totale, et conmie un anéantissement. On dira donc: Avoir des accès d'abattement {J J.); il me prend des moments d'abattement (In.). On emploiera ce mot au pluriel : Jeter dans des abattements d'esprit (Bouan.) ; on rencontre dans la voie de la piété des répugnances, des tristesses, des abattements (In.). Mais accablement ne s'emploie jamais au pluriel , et il exprime toujours un état absolu , sans degré ni restriction. « La trahison d'un faux ami portait dans mon cœur l'accablement , la tristesse et la mort. » J. J. « J. C. se sout met au bon plaisir de son Père dans le dernier accablement de l'affliction. » Boaan. L'accablement est un extrême abattement. « L'accablement de cette pauvre cousine ne saurait s'imaginer. Son cœur semble étouffé par l'affliction.... Ses yeux éteints , sa pâleur, son extrême abattement , me font craindre pour ses jours. » J. J. — Outre cela, abattement est plutôt subjectif, et accablement objectif; ce que Condillac indique en disant que l'un peint plus particulièrement la situation de celui qui succombe sous le poids des maux ; et l'autre , le poids des maux sous lequel il succombe. De là vient qu'on dit : l'abattement de rame , de l'esprit , des forces , du visage , et l'occablement des maux, des affaires, du travail, du chagrin , du sommeil.

2* Découragement , désespoir.

Le désespoir est !e comble du découragement. c Être dégoûté jusqu'au découragement et jusqu'à la tentation du désespoir. » fIn. « L'idée du petit nombre des élus peut décourager et peut même désespérer ^ quand elle est mal conçue. » BouRD. « Tout pécheur qui désespère après cela , ou même qui se décourage , est un insensé. » Mass. « Si les réparations de la pénitence vous découragent aujourd'hui , que sera-ce au jour où vos crimes seront multipliés à l'infini? Elles vous jetteront alors dans le désespoir. » In. « Se garder du découragement et du désespoir. » J. J. — De plus , au lieu d'abattre notre énergie comme le découragement ^ le désespoir l'exalte quelquefois; c'est une fureur qui nous transporte. C'est pourquoi on dit bien le courage du désespoir. Le découragement fait jeter les armes. « Us avaient perdu leurs armes sur les chemins , ou les avaient eux-mêmes jetées de découragement et de lassitude. 9 Boss. Le désespoir fait qu'on se sert de ses armes en désespéré , en frénétique. « La fureur et le désespoir leur tenaient lieu de courage, et rendaient superflue toute exhortation »

ROLL

dhooê» vàKim

Que touUbi-toiu qa'il tti contxe tnift?

Lb vzm. Ho&AGK.

Qn'U On qn'nn beau détetpoir dore le McoorûU Gosir.

V ABATTRE, KENYRRBEE; — 2* BUINSR, DÉTRUIRE. Faire tomber.

Les actions ôiaJbaUire et de ren/cener produisent un changement de situation; car elles consistent & mettre has ce qui était haut, et à Vwwrs ou sur le côté ce qui était bien placé ou debout, droit, sur pied. Mais les actions de ruiner et de détTuire produisent une altération de la constitution'; car elles consistent à déconstruire , à désorganiser, à dissoudre, à mettre en pièces. La chose abattue ou renversée peut rester entière , mais non pas la chose ruinée ou détruite : la première n'a plus la môme position , la seconde est endommagée , dégradée , ou bien brisée , désassemblée et anéantie. — On alwt et on renverse un homme, un animal, un arbre, des choses indivisibles ou considérées comme telles, comme étant d'une seule pièce; on ruine et on détruit, au contraire, tout ce qui est ouvrage ou fait corps, un édifice , une digue , quelque chose de décomposable. De même , au figuré , on abat le courage et on renverse l'esprit, c'est-à-dire qu'on abaisse l'un et qu'on dérange l'autre; mais on ruine et on détruit proprement un système , et tout ce qui peut être, non pas affaibli, mais diminué, démoli , réduit par la séparation et la dispersion de ses parties à n'être plus. •— Quand tous ceft verbes se disent des mêmes choses, abattre et renverser indiquent la cause de l'effet exprimé par ruiner et détruire. Gomme c'est d'ordinaire parce qu'un verre tombe qu'il se casse , de même c'est d'ordinaire parce qu'on abat ou qu'on renverse certaines choses, des murailles, par exemple , qu'on les ruine ou qu'on les détruit : leur chute amène leur ruine ou leur destruction , leur diminution ou leur cessation d'être. aLes Romains se servirent habilement des Grecs pour abattre et détruire la puissance macédonienne. » ROLL. a L'idole avait été renversée et détruUe. > Volt.

1« Abattre ^ renoerser. Faire tomber une chose sans la défaire ou la rompre , une chose qui n'est pas susceptible d'être dé&ite ou rompue, ou qu'on ne considère pas actuellement comme défaite ou rompue.

On abat en mettant à &a« ce qui est élevé , des fruits qui pendent aux branches, un oiseau qui vole, la tête de dessus les épaules, des plantes ou des arbres, etc. On renverse en versant, en mettant à Venoers , en couchant par terre ou sur le côté ce qui est debout ou sur pied , une personne, une table, une voiture, un rempart. « Télémaque vint fondre sur son ennemi ; il le Biisit d'une main victorieuse, il k renverse^ comme le cruel aquilon 4ibat les tendres moisBoas qui dorent la campagne.* Fén. ^

Au figuré, abaUre a rapport à la hauteur ^ ce

4. TovAiétoiB abattre se dit aussi, quoique moins proprement, des personnes; auquel cas il diffère encore de renvener dMne manière à peu près eem* blable.

qui4ml6aaBeaai on abat le courage, la fierté, la réboâMoa, «n parti. Renoeraer a rapport au eens, à la ■mwière dont eoBit posées les choses ou ies penonaes; ce qui ks renverse les met i Venven , en désonire , ou ne les laisee pas debeut, en vigueur; oq rmwrse reprit oii le len», la mecale, les lois, la religion, des desseins, des obstacles. On dit un eàaUemenJt de coeur (Pasg.) et un rem/vereesmnt -d'esprit (Mal.) ou d'idées (J. J.); obotlre les forces (ACAD.), et renverser l'ordre (Acab.).

2' Muinefydétruire, Faire tomber une «heee qui en tombant se défait ou se roopt

fiutner, de niere, s'écrouler, s'en aller par morceaux , annonce une action knte, successive ou partielle. « Il faut du temps pour mtner un monde. » Fobt. « Une Icmgue nègUgeace avait laissé ruin«r toutes les défenses de la vUle. » Bosfi. K Vous n'ignoreK pas k siège de Troie qui a duré dix ans, et sa ruine qui a coûté tant de sang i toute la Grèce. Ulysse, mon père, a èU; un des principaux rois qui 4Mit ruiné cette viUe. - FÉN. Détruire, destruere, déconstruire oudébàtir, marque une action vive, forte, ordinairement soudaine , d'où résulte une ruine ou une perle entière. Dans un tremblement de terre le colosse de Rhodes fbt abattu et ddlTruif (Roll.) ; Brennus s'étant emparé de la ville de Kome la déiruisit (Ybbt.). « Rome en détruisant Corinthe crut devoir donner cet exemple de sévérité. D^iUetrrs la situation avantageuse de cette ville , où des peuples révoltés auraient pu se cantonner, les détermina à la miner absolument. » Roll. Les pluies ruinent un mur peu à peu ou un peu ; un torrent , un grand coup tte Tent , le détruit tout d*un conp et ne laisse pas pierre sur pierre. — Par conséquent , détruire est propre à enchérir sur ruiner. c La troisième guerre punique se termina parU ruine et la destntction de Garthage. • Koli..

Au figuré , ruiner signifie dégrader , faire dépérir , faire éprouver du déchet : la tempête ruine les campagnes , la guerre les provinces , la coccurrenee les marchaiids; on ratne rhonnenr, le crédit, la santé, une doctrine, etc., tmitea les choses qu'on fait tomber en mine , dont om enlève une partie, aniqueUes on (ait essuyer quelques pertes. Mais déermrty c'est auppnoaer l'union des parties, anéantir, £ure cessar d'être : en détruU des objections qu'on pulvérise, une fortune qu'on dissipe totakmfl[it,uBedoctxine qu'on ruine de fond en combk.

ABDIQUER, SE BÉUBTimB. Quitler de gré ou de force une -dignité , une place éminente.

Abdiquer, venant d'un mot krtin nkéitmrw^ qui'

alemèmesaM^estpâasBohAselneee dit qvefls

raotonlé aemweaàm on d'nne ceoronnft* Mais

oonme se démettre est un mol tout français, mi

' s'en asrt «oeii en partant do postes moins cmuà-

d^^Mes, d'une régenoe (Volt., Gord.). d^wd

I emploi (Bo««B.), d'une obàiige (Rjqll.) , du §étti\

' raisBt (Gima.) , d'un éwècàté (FéK. , Volt. , n'Ai,.)^

du tribunat (Roll.) , d'une tutelle (In.) , du eom

mandsinMit (1d.). — Il semble aussi qne Vabm^

cotion se ^t phitdt d'une manière pnbliqot.

éclatante. « Le œnsol Mérula monta 4 la tribniJ

anz hafanguet, et fit solennellement devnEDt ij

SYNONTBS il RADICAUX DIVERS.

pevple a&tk ^MiottHam, » ftaCL. < Diodètai tAdiqm «olenAeHoDCBt Ymnpm , ooiUMe lit depuis Cliaiies-Q«iil.« Tout.

Une anm difiraiee tint à celle des préfixes, eb et d^ , ^ «Blrait dans la coiaposttisA de «es denx'veriMS. AbdtfMr eiyiime «& acte brtisqve , s'aelieTSBt «m^is teol coup , an lien que se éémettre désigiie ^élque cirâée de saeoeesif , «ne détibératioB, «ne dieenssiflni de nisoss pour ar> mer à une reBonciatioa et ^t parfois R'y abovtit pas. < Dans eetke ertae imaertelle, Auguste délibère s'A se dêmetPna de fempire. -» Tolt. « Pénandre Tvmlmt se âêwHÊlH ea faveur de Lycophnxm de la puissmoe senyeraine au préjudice de sou iftaè. ■» Tes. Bflla, insulté par un jeune honone , aprte son oMioBt ton , dift < que , si quelqu'un après lui parvenait au môme degré depuMsance, ilue s'ea â^neHnrit pas aussi leLcilemeut. » Test, c la reine (Catherine de Médicis s'approcba du trfoe du roi (Charles IX) , et Toulait se mettre à genoux pour m démettre entre ses mains du gouTeruemeut de YÊiaX; mais il la prérint, et lui dit en l'embrassant qu*9 ne recerrait sa âémmien , que dans Tespérmce qu'elle hd continuerait ses bons eonseils. 9 Boss. < Cétestin V abdiqua... C'était une grande question de savoir si un pape peut se démettre. »

COWD.

iibdtquer signifie le fait; se démettra le représente ^aoecnplissaat ou dépeint le travul qui y mène.

!• ABOLI», AlfcOGBR; — 2» Wfc^OQCn, CASSER , nmnosir, AmilIUSft. Tofus ces verbes expriment la mise hors d'usage de ee qui fait autorité , de ce qui est reçu ou tenu pour valable paTflu les hommes.

Mais les deux premiers se dislingaent des autres par leur généralité. Ce qu'on abelii et ce qu'on abroge se rapporte à une société tout entière , est suivi ou observé par elle , fait règle poar elle; au Beu que ee qu'on récoque , oe qu'on cas9e, ce qu'on tajlrme, ce qu'on oamile est un aete . (fest^-dire une chose qui oblige quelques partseufiers seulement.

1* AboUf , tfproger.

ibelfr , dbolere , détruire , fiiire passer on disparaître, efbieer, obKtéier, se dH des modes, des coutumes , de tout ee qui a cours , de tout ce qui est admis, usité , pratiqué , en vogue ou en vigueur*, ou eiboltl une religion, l'idolfttrie, les faux dieux, la royauté, des cérémonies, des honneurs , des traditions , des usages , des franchises, des hnpAts, des dettes, des noms, des mots, la vénalité des charges, etc. Vais onn'oliToge Jamais que des lois. « Par la puissance législative, le prince ou le magistrat bit des lois pour un temps ou pour tovgonrs, et corrige ou o^rofe celles qui sent faites. » HoirnsQ. < Le peuple (A Rome) avait seul le droit d'établir et ffabropvr des lois. » ^oll. Abrvger, abregerre^ «Mie ewAtraii^ de r^fo/re (legrewi) , proposer une hiponr la ftdre examiner et adopter, et le mot «mçais , consne le mot latin correspondant , est Qe expression uniquonent applicable aux lois. *la r^ublîqne, après avoir oboJt la domSnalion <^^ roTs retint quelque temps les lois royales;

mais dtas fuient ensnile expressément ahro^éee par la M trSkmmtienm. « Roll.

Ensuite, quand même aèolir se dit spécialement des loès comme abroger, il ne signifie pas exactement la même cbsse. Pour ekeUr il suffit du noB-usage, de la désuétude, du temps, de la négligence, eu un isot d'une action lente ou indirecte. « Bons Tarquin , le non-usage parainait avoir eboH toates les lois. » Coiro. < Ne soufiez pas qu'un règlement si utile s'efface jamais par l'oubli ou s'adeKfse par l'inexécution. » D'Ao. « Tant de Ums oèoliet , ou par l'oubli , ou , ce qui est plus criminel, par le mépris. » D' Al. Mais pour a^TMjfer il faut un acte unique , positif, formel, une décision législative qui frappe directement et en un seul coup ce qu'une décision législative antérieure avait établi. « il ne faut jamais souffrir qu'aucune loi tombe en désuétude. PûteUe indiflérente , fût-ette mauvaise , il faut l'adroger formellement ou la maintenir en vigueur. » J. J. « Après ^expulsion des déoemvirs , presipie toutes les lois qui avaient fixé les peines furent ôtées. On se les abrogea pas expressément ; mais.... elles n'eurent plus d'application. » Mohtksq. « La loi Oppia fut abrogée sans difficulté par le suffrage de tous les tribuns; oe qui arriva vingt ans après qu'elle eut été établie. » Roll. ~ Suivant l'Académie , abroger s'emploie avoo le pronom personnel; c'est une erreur. ISlle donne poar exemple : Cette loi s'est abroge d'elle-même , par désuétude , par le laps de temps. On ne saurait s'exprimer d'une manière plus impropre et plus contraire à la pratique des bons écrivains. — La loi abolts a cessé peu à peu d'être observée; la loi abrogée a été légalement condamnée, déclarée désormais sans veUeur.

2* jR^toqu«r, catser, infirmer, annuler.

Mévoquer , de rs«ooare , rappeler , faire revenir ce qu'on a envoyé, reprendre ce qu'on a confié ou donné , a cela de particulier que la chose révoquée a été établie par celui même qui la révoque.

Grand Dieu, que ta bonté rév^^ue tes arrêts. lUc. (I Galérius m^cequa ses édits. « Boss. « Ces amies étaient sur son testament , qu'elle n'a point rétoqué.* DuDEFF. Le roi a révoqué son ordonnance (ACAD.); r^oqiier une donation (Agad.) ; faire révoquer une lettre de cachet (J. I.). — Quelquefois aussi la chose révoquée a été anciennement établie , mais en vertu d'une autorité qui a passé et réside actaeUement dans la personne qui la retire. C'est pourquoi on dit bien que Louis XIT a fdeoqué redit de Kantes. « Le pape Benoît XI nffoqua quelques bulles de son prédécesswir , injurieuses à Philippe le Bel. » Boss.

L'action de oofser et celle é^infrmer diffèrent

essenti^ement de Faction de r^oquer , en ce

qu'elles sont toujours fûtes par une autorité

' étrangère , par quelque autre que t/Ani qui a

établi la chose.

Et pour œ qui regarde le rapport de eatter à

i infirmer, if est-il pas évident que le premier est

Iplixs fort que le second; que eosMf, du latin

quasfors, secouer, ébranler, briser, désigne

une action plus décisive, plus souveraine qu'tn-

iirmer , du latin infkmo/re , affaiblir? La cour de

cassation casse en dernier ressort et sans appel les arrêts ou jugements; mais la cour d'appel infirme seulement les jugements du tribunal de première instance , c'est-à-dire qu'elle les désapprouve et les défait de telle (a^n que ses résolutions ne sont pas définitiyes. InfrxMT^ mot rare, du reste , presque inusité hors du palais et ailleurs que dans le langage de la jurisprudence , est si peu énergique , si peu péremptoire , qu'il se dit même de l'improbation d'un inférieur à l'égard d'un supérieur. « Innocent III excommunia en vain le père et le fils (Philippe Auguste et son fils Louis) ; les évêques de France déclarèrent nulle rezcommunication du père. Remarquons pourtant qu'ils n'osèrent infi/rmer celle de Louis.» Volt.

Annuler^ rendre nul, ftapper de nullité^ est de tous ces verbes le plus relatif à l'effet. C'est d'ordinaire parce qu'un acte a été révoqué , cassé ou tn/irm^, qu'il se trouve annulé^ réduit à être comme non avenu. Aussi annuler se met-il bien après les trois autres verbes pour déterminer précisément le résultat de l'action qu'ils signifient. « Je casse et }' annule ce décret du peuple. » RoLL. — Au surplus, il se peut que VannuUUion ne provienne d'aucune action proprement dite , volontaire, faite afin à!annyiier^ tandis que révoquer^ casser et in^rmer marquent des actions très-expresses. Si un serment est criminel, c'en est assez pour l'annuler (J. J.). « La conservation du codicille (de Louis XIV) eût annulé par soimême tout ce que le duc d'Orléans venait d'obtenir. » S. S.

ABORDER, AVOIR ACCÈS, APPROCHER. Ces mots d^onnent l'idée d'un certain rapport de communication avec quelqu'un dont on ne reste point éloigné.

Mais iHiOTéeT marque un fait; avoir accès ^ une faculté; et approcher ^ une habitude.

Aborder quelqu'un, c'est, dans un cas particulier , le venir trouver, se présenter à lui : on ahorde les personnes à qui Von veut parler; on ab(^de hardiment ou avec crainte, c II faut étudier les moments favorables pour aborder les grands. s Mass. «Les nécessiteux ne se montrent que pour solliciter les largesses de ceux qu'ils abordent. » Id. « Les âmes que Dieu aborde sont étonnées de sa présence inespérée.* Boss. ~ Avoir accès auprès de quelqu'un , c'est être admis auprès de lui , pouvoir y venir sans obstacles, et, pour ainsi dire , avoir auprès de lui ses entrées. On a accès là où on ne trouve point la porte fermée. «Le riche ne peut point, par luimême , at/Otr d^accès auprès de Dieu; la porte de la miséricorde divine semble lui être fermée.» BouRD. a Ce prêtre avait accès à la porte de Constantin. » Volt. « Il fallait être bon pour avoir accès auprès de lui; ses oreilles étaient fermées à la malignité des délations.» Mass.c Je veux vous introduire auprès du frère et de la sœur, et vous m'en serez d'autant plus redevable qu'il n'est pas jEacile d'avoir accès auprès d'eux. » Dbst. Nous n'avons accès auprès de Dieu que par J. C. notre médiateur (Boss., Mass.).— ipproc/^«r quelqu'un , c'est d'abord le voir habituellement, et par suite , avoir habitude avec lui, être son familier, lui

toucher de près, c'est, en quelque sorte, ètrej plus particulièrement son prochain : Ceux qui approchent les rois et les grands sont appelés leurs courtisans ou leurs favoris.* Ces esprits pemi-i cieux semblent n'approcher les grands et n'aTo^r part à leurs faveurs que pour les corrompre. «j BouRD. «Ceux qui par leur rang ou par leurs devoirs avaient l'honneur d'approcher la reine étaient touchés de ces bons exemples.» Fléch. « L'éclat qui rejaillit de la couronne doit se répandre sur ceux qui approchent le prince, su: ceux qui touchent de plus près à sa personne. > Boss. « Vous savez quel crédit avaient auprès des empereurs les domestiques qui les approchaient. » Id. L'enfant s'aime d'abord , piais il aime ceux qui Vapprochenl, sa nourrice, sa gouvernante,

Vabord se qualifie en raison de la maniëre donti on accueille ou dont on est accueilli : il est rude ou gracieux. Vauès est facile ou difficile. Le mot apffroche ne se prend pas dans l'acception présente du verbe approcher.

Il faut ahorder avec civilité ou avec respect les personnes auxquelles on a affaire. Il faut se ser> vir de ses connaissances ou chercher des introducteurs pour avoir accès. Il faut avoir un esprit souple pour approcher les gens, afin d'entrer dans leur intimité et de s'insinuer dans leuBj bonnes grâces.

1* ABBÉGi, SOMHAIRB, PRÉCIS, RÉSCXÉ, RACCOURCI, EXTRAIT, ANALYSE ; — f MANUEL, BRÉVIAIRE; -~ 3" ÉPITOME, G01IPE7«DR11, SOMME. Quelque chose d'écrit en peu de mots, d'une manière peu étendue, peu ou point détaillée.

1* Abrégé, sommaire, précis, résumé, roccourci , extrait , analyse. .

Il y a d'abord une différence remarquable e&> tre V abrégé et le sommaire. L'un suppose des dr veloppements antérieurs , c'est la réductioxi d'a^ plus grand ouvrage ; l'autre, au contraire , supposa des développements qui peuvent ou doivent étr^ donnés ultérieurement, c'est une espèce d'arga^ ment, d'en tête ou de préparatoire. — Vahrégée^ un livre qui en reproduit un autre dans de moindre^ proportions, en le resserrant, en le faisant teni dans un plus petit espace. « Comme on ne juge; pas les logiques ordinaires assez courtes ni assej nettes, on eut la pensée d'en fàiie un peti abrégé. » P. R. « J'ai parlé de cet ouvrage plul étendu, dont le livre des Moicimes des saint n'est que l'a&r^^. > Fén. « V Histoire des orodâ de Fontenelle n'est qu'un abrégé très -sage e très-modéré de la grande histoire de Yan-Daie.! Volt, a Le marchand libraire ordonne à récrivaij un abrégé de Vhistoire de Rapin Thoyras. ni abrégé de Vhistoire de l'figlise....» Id. « Le trés^ latin de Robert Etienne, et le dictionnaire d Charles Etienne, qui est V abrégé du trésor .j Roll. ^ Le sommaire n'est point un livre . m^ l'indication préliminaire ou préalable des pnn^ pales choses contenues dans un livre à la tel duquel il se place : sommaire vient de summwsl\ le haut, le sommet, la tête. « De cette sagesse i faut ici avoir une briève et générale peinture qui soit comme l'argument et le sommaire i

SYNONYMES A RADJCAUX DITERS.

OQt cet oeuinre.» Chârb. « Voici en peu de mots 1 peinture de sagesse et de folie humaine , et le ommatre de ce que je prétends traiter en cette euTre.>Io. «A l'égard des sommaires qui sont i I tète de chaque livre , les sarants ne croient as qu'on puisse les attribuer ni à Tite Live ni à lorus. » BoLL. cH 7 avait dans le livre du Droit oyal un chapitre dont le sommaire était proposé n ces termes.... » Boss. « Je me suis enfoncée epuis deux mois dans la vie de Louis XIII par Le 'assor.... Gomme il y a des sommaires margilauz qui m'avertissent de quoi il va être quesion , je passe tout ce qui ne m'intéresserait pas. » )ODEFF. c Table des sommaires. » Acad.

Le précis se distingue par sa rigueur. Précis, de ^rxcidere , couper, supprimer, signifie un abrégé ans lequel ne se trouve rien de superflu. Un brégé d'histoire a Vavantage de n'être pas long ; m précis d'histoire ne contient que les faits importants. Le premier est commode ; le second , ubstantiel. Dans Vabrégé tout est contracté ou esserré^ dans le précis ne figure que l'essentiel •u le principai. cElle me demanda fort comment ela s'était ait . Je lui contai le précis et le plus lécessajre de ce que je viens de rapporter.» S. S. Les bons livres sont l'essence des meilleurs es- •nts, le précis de leurs connaissances. > Vauv. Faisons, pour notre usage particulier, unpr^cù e cette vie (celle de Henri lY) qui fut trèsoarte. > Volt. « Ha thèse, dit l'abbé de Prades , 'est que le précis d'un ouvrage que j'ai fait en iveur de la religion chrétienne. » In. — Précis »t propre à renchérir sur abrégé y à marquer aelque chose de plus court. «Voilà Vabrégé et t précis du concile de Trente. > Boss. c On lait ihrégé d'un système en en exposant les principes ; les conséquences; on en renferme le précis lus une seuJe proposition ou dans un petit smbre.» COUD.

Le résumé est un abrégé, non pas séparé de juvrage plus étendu qu'il reproduit en petit, ais mis à la fin en guise de conclusion; c'est, }oria place, l'opposé du sommaire. Ou bien en- »re, c'est un abrégé qui reprend (resumit) ce li a été pris déjà, qui rappelle ce qu'on sait, 3 abrégé destiné aux personnes qui n'ont besoin le de revoir, que de se ressouvenir, iloccottrci est un terme de peinture. Au figuré, exprime l'abrégé d'un grand tableau. «L'Iliade rodyssèe sont deux grands tableaux, dont înéide est le raccourci. » Roll.

L'extrait a pour caractère propre d'être partiel, est un morceau détaché ou une suite de moraux détachés. « Si Un homme éclairé rassemait dans les livres de saint Augustin toutes les 5rités sublimes que ce Père y a répandues, cet irait fait avec choix.... » Vts. « J'avais voulu ettre dans ce recueil un extrait des plus beaux idroit5(de Tacite) que j'ai tâché d'imiter; mais u trouvé que cet extrait tiendrait presque autant î place que U tragédie (de Britannicus).» Rac. Pour le détacher de sa vie oisive et vagabonde, lui faisait fiiire des extraiU de livres choisis. » y «On pourra en seconde faire expliquer quel- Ks extraiu des Vies de Plutarque.» Roll. «Ce iiiait U partie U plus essentielle de l'éloquence

manque nécessairement à des extraits détachés du corps de l'ouvrage entier.» In.'.

Vanalyse est une exposition raisonnée. Au lieu de donner idée d'un écrit , comme l'extrait , par un échantillon ou un spécimen, elle le (ait en décomposant l'écrit dans ses éléments, dans ses parties , en signalant son objet , son plan , son oi^ donnance , sa méthode , ses fins e% ses moyens. V extrait demande du goût; Vanalyse, de la netteté et de la justesse d'esprit. Vextrait choisit et cite; Vanalyse explique et rend compte. «Le défont de méthode (de VEsprit des lois) n'est qu'apparent, et Vanalyse du livre, faite par d'Alembert . a prouvé qu'il ne manquait ni de plan ni de liaison. » Lah. « La plupart des gens de lettres qui ont parlé de VEsprit des Uns , s'étant plus aV* tachés à le critiquer qu'à en donner une juste idée, nous allons tâcher de suppléer à ce qu'ils auraient dû faire , et d'en développer le plan , le caractère qX l'objet. Ceux qui en trouveront Vanalyse trop longue....» D'Al. «En philosophie, on accoutume les écoliers, après qu'on a vu avec eux quelques traités, à en faire Vanalyse; à réduira des raisonnements, souvent fort abstraits et fort étendus, à quelque chose de précis et de net; à mettre les difficultés et les objections dans tout leur jour, et à y joindre les solutions qu'on Ai apporte; conune, après qu'on a expliqué une harangue de Gicéron, on les oblige d'en rendre compte, d'en exposer toutes les parties, d'en distinguer les différentes preuves et d'en marquer le fort ou le faible. » Roll.

2* Manttel^ bréviaire.

Le manuel et le bréviaire sont de courts traités qu'on lit ou qu'on doit lire continuellement. Ma» niiel, ce qu'on a toujours ou ce qu'on doit toU' jours avoir à la main , est l'expression ordinaire. Bréviaire, latin breviarium, signifie proprement le livre contenant l'office que les ecclésiastiques sont obligés de dire tous les jours. Dans le sens de manuel, c'est un terme figuré qu'on accompagne assez souven^ d'un correctif. «Ces ordonnances générales et particulières doivent être conune le bréiHaire d'un bon avocat général.» D'Ag. « Le Traité des délits et des peines de Beccaria mérite d'être , si je puis m'exprimer de la sorte , le bréviaire des souverains et des législateurs.» D'Al.— D'autre part, les manuels s'adressant à toutes sortes de gens , il y en a pour toutea les conditions, pour tous les arts et métiers; témoin les manuels Boret. Kais on n'emploie bréviaire qu'en parlant des professions les plus hautes et les plus nobles. «Horace esiUbréviaire

4. Au xvin* siècle, on a donné le titre ^'esprit et quelquefois celui de génie i im extrait dans lequel se trouve recueilli ou ramassé tout ce qu*un auteur a écrit de fin, de spirituel, d'ingénieux. «Ces morceaux (réunis par Tabbé d'OUvet] parurent sous le titre de Pensées de Gicéron.... C'est une espèce à.*esprit de cet orateur philosophe; esprit infiniment plus digne de ce nom que ces extraits informes et mal choisis de tant d'auteurs modernes , compilés aussi sous le nom A*esprii et quelquefois de génie. — On nous a donné le Génie de Montesquieu, le Génie de Hume, VEsprit de Voltaire , celui de Fontenelle , celui de Montaigne, etc., et Jusqu'à celui de VtUtlbi DeefonuUnes et des Journalistes de Trévoux. » D'Aï.,

MUXmE ^ARTIB

des phikso^Ms. » D^At. «e De» lettres pleines d'éloges disaient q«e mon lirre [BéHsaifi) était le brMmre des rois. » Vahv. « Le lirre de M<mtesqvieti deyrait être le bréviaire de ceax qm sont appelés k goufemer les autres. » Volt. «Les CornmtMkùrm de César sont le ftr ^vûmre, dit-on , des gens de guerre. » lo. c Les litres de l'abbé Dnbos doirent être le hréviaire des gens de lettres.* In.

8* ÉpHome^ eêmpendium, somme,

Épiûnne , mot grec , eompendtvm, mot latin , et somme , du latin summa , sont des titres aneiennement donnés à des abr^és dont on fiùsait usage dans les écoles. Ib ne s'emploient plus qu'en termes d'érudition.

VépiUme est un abrégé d'histoire. «L'^ptlome de Trogoe Pompée , par Justin. » Acad. « Photius cite un abrégé que Denis d'Halicamasse avait fait de son histoire, en cinq livres... . Il ne feit point de ^fficulté de dire que cet historien , dans son ÉpOome^ s'était surpassé lui- même. > Roli. — Au reste , dans son unique application aux histoires écrites par les anciens , épitome veut dire , non pas toujours à6rëgé^ mais quelquefois aussi sommaire ou tête de ehi^tre. «On doute arec fondement que les épûomes ou sommaires qui sont à la tête des livres de Tîte Liye soient de Florus.» RoLL.cL'^pttome de THe Lire, où il est parié de la loi Vbcomeime, n'en dît pas davantage. » Hoittesq.

Le* compendmm est un abrégé de p&ilasopfaie. « n s'en faut bien que la phâosophie des collèges mérite ce nom : elle ouvre par un eompendium^ qui est le rendez-vous d'une infinité de questions inutiles. » D'Al. « Je voudrais savoir s'il y a quelqu'un (chez les jésuites) qui ait fiât un compendium de toute la philosophie de l'école , car cela m'épargnerait le temps de lire leurs gros livres.» Dbsc.

Ls somme est nn abrégé de théologie. «Ce livre de théologie morale est un abrégé as toutes les sommes de théologie. » Pasc. « Nous ne chargerons point cet abrégé de toutes les superstitions indiennes.... Nous ne prétendons point faire la somme de la théologie des Gangarides. » Volt. «La Somme de saint Thomas.» AcAn.

ABRI (A \% A COU VKKT. Bn sûreté contre quel^ que chose qui attaque.

On est d Vabri derrière une muraille ou une haie , d couvert sous une tente ou dans une maison. Des assiégés sont à Vabri du canon derrière les murs de la place, et à couvert du canon dans des casemates. Quand on est à Vaàri, on a devant soi un rempart; quand on est d couvert, on a sur soi une couoeniire, un toit ou. oa vêtement qiû enveloppe. Vous vous mettez d l'abri oomtiA oe qui vient de côté et tend ir voua reavener , à eou^ vert contre ce qui tombe et tend à vous accabler ; à Vabri du vent, d'une inondation, à couvert de la pluie , de la grêle , de la foudre. Les vaisseaux sont à Vabri dans une rade, les poussins d couvert sous les ailes de leur mèce. I«s> soldats de Parus se font tufir et le mettant à i'oiridA leun cojt» ezpimiits (Rac); 1m. tuiles d'une maison mettent à eovwrt le bois de la otaarpente (Fén.). On peut, k certaines heurar, se promener au pied d'unr coUine à Vdbri du soleil (X. J.) ; le pa-

rasol est un petH psfiUon portatif qu'en étend au-dessuf de la tête pour être à e&wveft d«t srtei

(ACAD.)

« Suis-je mieux nourri et plus lourdement vêtu , suis-je dans ma chambre à Vdbiri du sozd?» Labs.

Tel, en un secret valTon^ Sur le bord d'une onde purs , Grott k Vabri de l'aquiloA, UnieeMr lis, ramonr de la asftm. lUc.

« Mettons notre vaisseau d Vabri des lloCs. » Ffei. «Les montagnes mettent cette odte à Vabri ées vents brûlants du midi, v In. «C'est ainsi que Amsterdam s'est mise d Vabri de toutes les invasions. > YoLT. — « Un amant se mit d couvert de la pluie dans notre cabane.* Laf. c Quand on est à la campagne pendant un orage , et qu'on rencontre ime caverne, on s'en sert conune tfune maison pour se mettre à aouvert. > FÉn.

Maftre de ses États , il a pu se résoudre

A se mettre arec eux « u>mn»t de le Itadie. Iac. « Les soldats n'en peuvent pas beaucoup souffrir (de ce feu et du ces traits) , étant d commt sous leurs tentes. » Roll. «Je mets mes demièRs fautes à couvert sous raiLe- de votre charité. > J. X. c Dieu les met à cornet^ de toutes les in* suites du dehors sous Piaifr db sa protectioa. > Boss.

Au figuré, mètaid difRrenee. Nous sonmiesd Vabri de ce qui vient nous prendre en Osnc pour nous jeter à* terre ; à Vabri d% la persécution, de la vexation, des objections, des ooups qui noos sont portés pour nous terrasser; mais nous sommes d couvert de ce quipournit tomber sur nous et nous écraser , d eouveit de hi vengeance divine, dbs traits de là satire , des soupçons, d'une nuée de coups de bSton, d'une grAe* de pierres ou de balles.

Outre cela, à Vabri marque une sAneté moiosi grande qu'd eewverL Car ce qui met d Vabri pare, préserve d'un côté seulement (opertf), oppose une barrière; au lieu que ce qui met à ccmixrt , couvre (coopmt) , garantit de tous les côtés comme un couvercle. A Vabri des poursuites àt ses créanciers se dit d'tn homme fort du crédit d'un autre homme , qui est riche et qui Pépood pour lui ; on est d amoert des poursuites de ses créanciers, quand on s'est mis bon de leur atteinte en s'enAiyant , ou qu'on leur a fait Fabandon de tous ses biens. Les yeur placés au-ôessous et en arrière des paupières y sont à Pobri»*; l'enfant, avant de nattre, est d couaert dam Ife sein maternel comme les poissons au sein doij eaux , et les oiseaux sons les plumes dont ils ml vêtus. I

ABgOBBBR , raGEOOna. Ces deux verbes e^j priment l'action de- certaines choses de ^ouvd pour en recevoir ou en saisir d'autres et les ùa^ disparaître. j

Absorber, du latbr 00*, qui mârqne' action < tirer de, et de smbere, humer, avaler, sente une action sucoBBsrve*, qui fiât qu'une did est consumée par parties et avec une soite d'il traction , comme un liqpidn' qufon boit «H s'j produit dans ceiemps der nmiadei de lages qui ont oSsorl^ dkmr nur sobsiance

SYNONYMES A. lUOffiAUX OtTERS.

zn

^^aàSkuM une iamanse quantité d'eau ,«t dont les détriments «m easuita ùrmé nos moaUgnes calcâtf«s.s BuTP. «Toutes ces aatiaus aiiêorbèremi peu à peu les xkkessee des Roiiuûii&.a Mqbtbsq. R Les Romains sonnûceKit ces peayle&leii usa apiàs les. autres aoua difiâient» psétoilea. Ainsi la Grèce fat enfin obtorMe dans l'empire romain | et en devint une pfofiaee. » Bau..

EngUmtifj m guU^ dtts ïono^aga ou la goBuiey c'est aTaiec comme na ^«iom, arec andité , toat d'ii& coup , en. e^reloppaat la. chose tout entièze; « Je ms plonge ù tâte baissée stupideneot dans Uk mort comme dans me profondeur Buiette et c^banve <|tti m.'sfiflle»f •£ tout d'un coup et m'étouffe en un moment. » Moitaig. « U ardre des débordemsiits d'eaux quai noient des provinces entièrea et des tremblanents de terre qui les ea^fioutitêmÂ.» Hàx*. «(te iqpareeTiait Pharaou avec les Sg^tien» pèeias d* trouUe et d'effroi à la vue des vagues qui sa nMeaûÀêraient pcnc las eaftafir. » Fin. «Il y a de £amaoses ooqnettes 911 dévoient et «n^ioiilififent ea peu de tesps les plu» gros patrimoines. »

les cAosea saMBsscMs om oomposées de parties distinctes peuvent seules être dites àbtarbées. lUœ multitude da survenants ont oèforM tout Doa temps, a J. J. « La société humaine a été formée par de petites peuplades qui ont fini par Itre absorbées dans de grand» empires, a Yoli. Vais une chose dont les parties ne peuvent étie éparéea sans destruction et fomenlun véritable QdîTidtt , tel qtt'ua bemoft, par exemple, ne leut être qu'engloiitte. «In arrivant à Thébes, Idraste paraiasaissait ssgkNtfi dans la term , qui 'eatr'ouvrait tout à coup poar l'abîmer. * Fés.

D'un cintre edté , abÊorher^ significatif d'une ac^ m partielle et soceessiie, se dit de quelque liose de plus petit : l'éponge absorbe l'eau &SAD.). Ens^ouHr^ an contraire, annonça ua gaufre , um ^ime, une large ouverture qui dévore lesncoup à' la fois : On suppose dans k fond le ia mer des trous et des ai^aes qui engloutis^ mt contiuueflCTient les eaux (Buvf.). Les Irais la soellé ont obsofbtf la meillettre partie de la roceession (Acao.); cet bomme-a ngUmH en peu \e temps tonte cette riche soecessioa (Acij).). loQin dit de Rama cansÉdécés par rapport aux .0Bi{iifttas (pi'elle a fiâtes ks usas après les anres , que ei*f8t «oa paiMaaro qui a obforb^ tous es royatumas^ et aîlleur», ayant égard à l'imporance et à la vaste étendue de «s conquêtes, il lit qua c'est «ne poÎMaaca qui s mtffiouté même es plus grands royaumes. — cLa Vovarre estab*orbtfs asjoasdlnd dans la mouacdiia d'Sspi^ ^.9 ¥oi3r. «Nona sommes, enfin mnus à ca ^md aaipûa qui a en^inKé ton» les-empiras de

(8'), « WUnrnÊL 9a.tlab9timU et on-

«rpf«ae éa o« qu'on se retiise-, da ea qu'on as sa

Vmaet pes^ da ea^dost oit si» passe.

^ j^atattant druna acHa»; on mffiv d'une*

ï>N«aii d^œ o^et. Laabrétien dhaiitabla Vabs-

iwirde la médiaanaa; un père aoi une mkn tw

P^ de son eaiuitsn latmariantcapaTs

On s'obstteat dafiaiie , ea i^empéchaat da faire , en s'interdisant une action, une habitude, ua usage; ua juge s'abflÎMtf quand il ne prend pas part au jugement. On se prti>e d'un bien , de quelque chose d'agréable ou d'avantageux , qu'on sacrifie , qu'on se retranche. Ceux qui s'obtf tentienl de communier, sous prétexte qu'ils en sont indignes, devraient d'abord se ]^ver des joies du monde (BouRO.)- Ons'absttmt de questions (Volt.)» c'est-à-dire d'en faire ; mais on se prtœ d'un droit (Id.) , c'est-à-dire de quelque chose donton jouiL De ùiéme , vous vous obstenejr de certaines, visites, de certaines démarches, de certains péché» ou désordres, des débauches, de l'adultère, oho< ses susceptibles d'être faites ou commises ; mais vous vous prn^sx d'un plaisir, d'ut secours, du flruit de vos travaux, de certaines commodités, de certaines douceurs, de k société d'une per> aonne qui vous est chère, choses susceptibles d'être possédées et &tées. Dana le doute , obstisiistoi; k charité veut qu'on se priM}e d'une partie de ses richesses pour la donner aux pauvres. Tobstentr demande de l'empire sur soi-même; se prteer du désintéressement, de l'abnégatka. L'absttnencs nous retient eu nous contient; k prioalitm nous prtve, nous dépouille, nous fait perdre quehpie chose de bon.

S'abstenir de viandes ou d'autres mets se rapporte à l'action., àk conduite, au motif, au mérite; s'a» ftioer est tout rektlfàk perte du plaisir attaché à la jouissance de k chose. Une personne qui ^àbstienâ de vin pour telle ou telle raison est louabk oabkmable; celle qui s'si» priât est à i^aindre. Les gens qui , pour obéir aux erdonaances de l'Eglise, s'abstiennent de chair peiidant He carême , font une action assex peu méritoire , s'il leur est. moins pénibk da se prioer de gvas que de maigra.

Qm s^oMienr, on se tient éloigné (selon Fétymologte d'aèreinere) de ce qu'on n'a pas encore ou da ce qui est à un autre, de ce dont <m n'a pas eoBor» joui; on na se frive guère que des cbasee qu'on possède ou au moins dont on connaît l'agrément. I^abstewr de vin donne simplement l'idée de ce qu'on ne fera pas et de ce quTon n'a peut-être jamais ftdt; se prieer de vin manpia k renoncement à une chose dont on a déjà usé et dont on regrette TuBage. Si nos pre> miers parents avaient su s'dbttenir de manger du flruit défendu, ik ne sa sendmt pas'pm^s de la fiëlicité^qu'ik goûtaient dans le paradis terrestre.

AGARliTRE, HARCMBUX, — QIIERELLEUR.

fâcheux , difficile, qui tourmente tes gens.

Acariâtre, légèrement jet opiniStrément dcre, a cek de particulier, qu'il exprime un défaut petit , mais continuel , qui se fkit sentir à tout moment. L'oeandtre manque seukmeat de douceur, et taquine sans cesse. Le hargneux et k querelleur sent plus durs, ils rudoient, ils injurient, ik maltraitent, fls brutafiisent d^ms l'occasion. La fbmme est plutôt aagriâtre , et Thomme lusrgneiutaa qwrettsur.

Lx VàSQUIS.

Dieu merdl veux aviesun boa mari; me lemUe^

MATHuams.

' 0#rnHkJ%ffoBvta«iottiaquslqnaamiflIr«niBmble.

Page 1