DEUXIÈME PARTIE
oomme il est arrivé dans le christianisme depuis Luther, c Je suis prêt de donner l'exemple auguste et saint de la réunion après l'avoir donné de la division.» Volt. «Cent fois pacificateur des partis contraires , Gondé les a réunii par la seule opinion qu'ils avaient de la droiture de ses intentions.» BouBD. «Le consul T. Quintius fit honte au sénat et au peuple des divisions éternelles qui les mettaient hors d'état de défendre la patrie. Comme son discours n'avait d'autre objet que de réunir les citoyens pour la défense commune , il persuada. » Cou o. «On ne peut s'empdcher d'espérer quelque chose de grand pour la réunion des chrétiens, sous un tel pape.» Boss. On raccommode des personnes qui sont en mésintelligence , qui ont des altercations , des différends personnels, comme il s'en élève d'o^dinaire entre amis ou parents , entre amants ou frères , entre mari et femme.
Amants , que vos querelles
Sont aimables et belles l
Qu'on y voit succéder
De plaisirs , de tendresse i
Qoerellex-vous sans cesse
Pour TOUS raccommoder^ Mol.
« Prends garde à toi , Scapin , les fils se pourraient bien raccommoder avec les pères , et toi demeurer dans la nasse. » Id. « Les courtisans conduisirent le roi d'Angleterre à se raccommoder avec son fils.» S. S. «Le fils de Vénus ne songeait à autre chose qu'à tirer Psyché (son amante) de tous ces dangers, et n'attendait peut-être pour se raccommoder avec elle que sa guérison. » Laf. « Comnie je ne me suis jamais tenu pour brouillé avec lui , nous n'avons pas besoin de raccommodement, » J. J.
On r^conct^ie des personnes ennemies , qui se haïssent et cherchent réciproquement à se nuire. Néron dit en parlant de Britannicus :
Oui, Narcisse; on jxonêrâconeilic,,..
Je ne le compte plus parmi mes ennemis. Rac «Les Vandales attaquaient partout les côtes d'occident. Il vint une ambassade des Italiens à Constantinople pour faire savoir qu'il était impossible que les affaires se soutinssent sans une réconcUia- Hon avec les Vandales. » Hontbsq. « Je parle d'un homme qui , rempli de fiel et d'amertume , après avoir passé sa vie dans des haines et des inimitiés scandaleuses , meurt sans jamais vouloir se réconcilier,... Combien voyons-nous de morts sans réconciliation , de morts accompagnées de toute l'aigreur du ressentiment et.de la vengeance l»'
BOUBD.
Des personnes accordéee sont désormais d'accord, ne sont plus en dispute pour des prétentions ou pour des opinions; des personnes réunies sont uniee désormais , et non plus désunies , séparées, de partis divers ; des personnes raccommodées ne sont plus brouillées désormais; des personnes réconciliées ne s'en veulent plus , sont désormais amies.
ACCUSATEUR, DÉNONGIATEUB , DÉLATEUR.
Celui qui signale quelqu'un à l'autorité comme ayant commis une action coupable.
En latin, cuicustUor, denufittaloret deUUor,
Mais accusator seul était usité dans l'ftge d'or de
la littérature latine, au temps d'Auguste et ao paravant. C'est aujourd'hui le nom de l'offick préposé dans chaque tribunal pour poursuivre L crimes. L'accusateur s'adresse à la justice, à l'as torité judiciaire, aux magistrats; il le faitoorer tement et donne la preuve de ce qu'il annct. i exerce un ministère, celui de la vindicte pablj que. «En Egypte aussitôt qu'un homme èui mort , on l'amenait en jugement. Vaecusateur p| blic était écouté. S'il prouvait que la conduite dl mort eût été mauvaise, on en condamnait lad moire.» BûS8. «Il arrive souvent dans les États ^ pùlaires que les occu^oltoiif sont publiques , \ qu'il est permis à tout homme d*accuser qui veut. A Athènes , Vaecusateur qui n'avait poil pour lui la cinquième partie des suffrages paya iune amende de mille drachmes. A Kome , Vi] juste accusateur était noté d'infamie. » Roktk «K Pour m'attaquer personnellement ^ il faut ; délit, un crime; il faut que j'aie écrit unlii pernicieux , et que cela soit prouvé , comme i accusateur doit convaincre devant le juge l'a cusé. » J. J.
Le dénonciateur est bien différent. — I* H p? ne pas s'adresser à un tribunal , mais à une iu' autorité quelconque, à l'autorité ecclèslasti(; (Boss.) ou papale (Volt. ) , à un prince (Id.) la postérité (Id.) , à une assemblée (Mokteso) l'opinion. — 2* Il n'est pas tenu à couTaiocre < confondre le coupable; il se borne à révéler avertir ( denuntiat)^ i mettre sur la trace; c à ceux à qui il donne l'éveil de s'assurer è chose. — 3* Il agit spontanément , de son pn mouvement , par zèle , pour remplir un devei conscience , et non par une obligation d'éta qui augmente le mérite de sa démarche, pécheur n'attend pas qu'on i'accuse. il se dénondatewr de ses propres crimes. » Boss esclave fut le dénonciateur de Clnna consp contre Auguste (Volt.) ; Cicéton fut celui de* crable Gatilina. « Quand Clément XI ètavl It dinal Albani , il avait fait imprimer un livn moliniste de son ami le cardinal Sfondrat M. de Noailles avait été le d^iumcialeur c livre. » Volt. — Fénelon ayant porté k Rom affaire avec Bossuet, celui-ci dit qu'il n'est dénonciateur ni Vaecusateur de son advers car il n'est pas celui qui a inforaaé le sainl^i des erreurs de Fénelon ni celui qui s*eât ci d'en établir et d'en soutenir la réalité devi tribunal qui sera désigné pour décider ent deux prélats.
Le délateur est odieux. C'est son caractèn faitement distinctif. C'est sous Tibère que k de delator fut inventé : on le donna k tout ht qui en accusait un autre du crime de lèai jesté, secrètement, calomnieusement , par ou par intérêt : « Alors, on vit paraîtra un d'hommes funestes, une troupe de detQ quiconque avait bien des vices et bien des ta une âme bien basse et un esprit ambitieux , chait un criminel dont hi condamnation pût s^u prince. » Moktksq. Le délateur est m: chant, ou un espion, un traître, qui sacr vérité et tout sentiment d'honneur poar sati sa cupidité ou ses passions les plus basses. |
STNO»TH£S À RADICAUX DIVERS
Nm le métier ftfORTksQ. , Siv.), le métier ini&« (YoLT.) de déUUeur; un tas de fourbes et de ^ktiun ( J. J. ); des délatewrs infâmes (Id.). de ^àélatturt (In.} , de Iftches dékUewrt (Rkgn.) > ïdélatewr misérable ( S. S.)n II ftfkr Unoîre calomnie.
0 dèUtemrt ! monslres de ma patrie , Nés deVeoCcT,1iélas! rentrez- y tous! Yolt. « Le tnlianal de Finquisition , dans la monarlie , ne peot faire que des délateUrs et des traîes. 9 MoTTESQ. < Le métier des espions est de endre le secret de leurs amis : ils subsistent de éîaiions et souvent même de calomnies. » Volt. es tvrans encouragent et soudoient les délateurs. AcixSER, IKCDLPKIL Présenter ou signaler lelqa'on comme étant coupable de quelque ose.
L action d'aeciiser revient ou ressemble à celle
m'mistère public derant nos tribunaux; elle
fait hautement, directement, formellement.
tne manière positive, et étant ou croyant être
tain des &its. L'action d'inculper, de mettre
faute f M euipa), de supposer une faute , est ,
conCraire, conjecturale, arbitraire, fondée sur
raques présomptions , mal assurée.
m aeeuMe en attaquant ; Vaceusation vous dé-
ice comme étant la cause d'un délit. « Les
ihsiens et les pontifes font que J. C. soit déféré
tnbonal du grand prêtre , qu'il y soit accueé
bliqnement et juridiquement examiné.» Bodbd.
'js% Atbénîens dénoncèrent Anaxagore devant
\ magîsinls et Yaccuièrent publiquement. >
jr. « Socrsle ne fut point accueé de vouloir
ider une secte nouvelle. » Volt. « Si j*ai lait
t à quelqu'un, qu'il se présente et m'accuse
atement: je suis pr6t à lui faire justice. »
irjr. « Baxts Jes anciennes républiques, tous
citoyeas exerçaient de droit une censure ré-
'rii\}ie^ et pouvaient être à tout moment accu-
wi les uns des autres ; et les accusations ne
liaient pas seulement sur un fait , mais sur la
sonne. » ï^âm.
Q ùi^ulf^ par insinuation , par des imputa-
s hasardées; l'inculpation vous met seule-
iten cause, fiait seulement planer sur vous
soupçons, c K inculpons pas légèrement les
îles célèbres. » D'Al. c Soit négligence, soil
atûiTopîe , Mézerai adopte trop légèrement les
tirions kasardées et les soupçons vagues. »
B. K Les cTÎtiqaes ont toujours à la bouche des
ièralxtés ^vagues qui leur servent ou à inculper
i looer à toit et i travers. » Id. â Un homme
it ['état est de juger les autres sur des formes
hWes ne devrait pas m'tnculper aussi légè-
eat. « Bmâvm. « Vous n'avez jamais senti la
téçuenee d'avoir accordé à Lejay une lettre
diée qui m'inculpait aussi gravement sur un
^« -votas ignoriez , et qui se trouve faux au-
fbnû. s Id. « Qn peut soupçonner de l'exa-
}ôvti dans les cftconstanees des faits sans tn-
V k bonne foi de ceux qui les ont rapportés. »
''*n m'a toujours paru absurde de vouloir
^ un pair du royaume , quand le roi , dans
cofaol, a déclaré que ce pair n'a rien fait
pàT ses ordres, et a très-bien servi. • Volt.
^ accue quelqu'un de quelque chose j on in-
culpe qnelqu'un simplement, sans exprimer de quoi on le prétend coupable , tant le mot inculper comporte peu de précision. On accuse les actions, la conduite , choses sur lesquelles on peut être exactement instruit ; on inculpe l'intention (J. J.), chose secrète et à l'égard de laquelle les suppositions sont seules possibles.
Outre cela, accuser se dît en toutes matières, et inculper convient spécialement par rapport à celles qui ont peu de gravité , c'est-à-dire quand il est question de fautes ou de défauts, et non pas de crimes ou de vices.
ACHAT, EUPLETTB. Acquisition faite à prix d'argent.
Achat rappelle acheter et marque particulièrement l'action de ce verbe, a Les Anglais nous interdisaient insolenunent l'achat du tabac dans le seul pays du monde où sa culture était en vigueur. » Bbaum.
.VooB pourrions, par un prompt achat de cette esclave, Bmpècher qa*un rival vous prévienne et vous brave.
Mol.
(£ Louis de Germanie se jette sur la France (876) , pour se venger d'avoir été prévenu par son frère dans YacJiat de l'empire. » Volt. « Le baron de Goêrtz négocia en Hollande Yachat de quelques vaisseaux. » In. c Cette métairie vaut le double de ce qu'elle valait au temps de Yachat. » Id.
Un fol allait criant par tons les carrefonrs Qu'il vendait la sagesse, et les morleis crédules De courir i Yachat. Lap.
^Emplette vient bien aussi d'un verbe, le latin emere, emptum, mais il n'y a plus de rapport sensible , et il exprime un objet , la chose achetée, plutôt que l'action de l'acheter, et c'est po tir cela qu'on le trouve plus souvent au pluriel : une emplette utile, une emplette de goût. « Il nous exhiba toutes ses emplettes. » Les. « Je vais vous montrer mes emplettes. » Acad.
De son côté , emplette fournit un autre élément de différence. Gomme il a seul une terminaison diminutive , il s'applique seul aux petits objets , à ceux surtout que vendent les marchands, et qui sont d'un usage ordinaire, des petits meubles, lies habits , des bijoux , des livres , etc. «Cet autre aime les insectes , il en fait tous les jours de nouvelles emplettes, s Labr. « Levez-vous ; j'ai besoin de vous tout aujourd'hui : j'ai mille emplettes à faire, et je serais bien aise que ce soit avec vous.» HoNTESQ. « Si vous pouvcz faire donner à Mlle Levasseur l'argent de sa robe , vous lui ferez plaisir; car elle a de petites emplettes à faire.» J. J. oc Faites-moi YempUtte d'une petite table qui puisse servir à la fois d'écran et d'écritoire. » Volt. « Cette Jeune personne est allée à la ville faire des emplettes avec sa femme de chambre. » Id.— Achat , au contraire, est le mot propre pour les objets considérables , comme terres , maisons , vaisseaux , provinces. Le diamant le régent coûta plus de deux ihillions ; le duc d'Orléans craignit d'abord d'être blâmé de faire un achat si considérable. 9 S. S. « Riperda fit remettre 150 000 livres à Beretti pour un achat de bronzes. » In. A gros achat mon trésor ne sarâl. Laf.
Faire achat d'un château (Id.). « Un grand cabi-
9iê
«EUXIÊMS PART» :
net de physique et quelques aeh^iU de chevaux m'ont un peu épuisé. » Volt.
AGBBVEE, TlftMIflER, FDfm. Faire en sorte
' qu'une chose soit fiûte et non phis à faire , ou bien
à bout et non plus à moitié ctaain, en tcain
d'aller, de se développer.
!• Achever, terminer.
lyabecd aeheser dittre coasidérablement de terminer. On achève un ouvrage, et cela en 7 mettant la dermèi» auni, ea y ajoutant un derjàm trait 0m le c/ief, Ja tète, le foite^ le oomUe , ce qui doit le parfaire. « Tant s'en faut que cela soit contre la gloire de J. C, que c*flst le dernier trait qui Yachève. » Pasg. « Il fallait encore aux cbrétiâns ce dernier trait ( le deraîer supplice ) pour mdimter en eux rimage do J. G. crucifié. » Bosa. cil ne tous manquait plus que d'être hypocvîte pour vous tÊchever de tout point , et voilà le comble des abominations. » Mol. «J'ai tout Cadot, hormis uao seule estampe, ^ui n'est pas, à la vérité, de ses beaas ouvr^^es , au contraire, c'est une -des moindres , mais qui achèverait Calot. » Laoa. •*- On termine une chose qui a un cours ou esten Baouvement, et cela en 7 mettaat un Urme, uns borne , en l'arrôtant. « Les docteun soulèvent entre eux mille questions nouvelles sur la religion : on les laisse disputer longtemps, et la goaireéure jusqu'à ce qu'une déoiaioa rienno k terminer, » Montesq.
Mon malheur est aa comble ainsi qne ma fOrie :
Terminez met forfims, mon désespoir, ma yie.
¥oiff.
Aa moios, en umùntmt aM^ et monsuppUoe....
Bao.
0 toi qui feux ma mort, me voilà seule, frappe,
Termine, josto «tel, nui vie et mon elfroi. k>.
Vous acheveg un tableau , un édifice , un repas ; vous tertninex une course , un différend , unediscnssion, des peines. Dans la fable intitulée le Benard, les ifouchec et le Bérisêon, le renard étant dévoré par des mouches, le hérisson s'approche:
Se les vais de mes dards euMer par ceolsiaes ,
Voésin Maard, dit>il, et terminer tea peines.
^•râe-t^n bien, dit Taotiie; ami ne le tais pes ;
Lsisse-les, je te prie, achever lenr repas. Lav.
La chose achevée est complète , consommée , a toutes ses parties; Vidée de ce mot est positive. La chose terminée ne continue plus à aller, est suspendue, oeesée; l'idée de ce mot est négative. Icbeoer ses jours ou une guerre, c'est en bien remplir le cadre ou le plan , agir de façon que ce sait une œuvre complète, qu'il n'7 manque rien ; '\m terminer^ c'est les «aapéefaer d'aller encore ou l^us avant. Ai^ever une histoire, c'est en faire le récii en entier , de manière qu'aucun trait n'y manque : lemuner une histoire , c'est mettre un terme aux faits dont elle se compose , les faire Qnir ou cesser.
Là floit de Psyché le bonheur et la gloire :
Bt Ul voire plaisir pourrait cesser amsi.
Ce n'est pas mon talent d'«e4Mwr noe histoke Qoi se termine ainsi. Laf.
— On 9^hève le cours en courant jusqu'au bout, en remplissant tout l'espace, toute la carrière; on (erniine la cours en ne courant plus ou en faisant
qu'on im coure plus. « ThaUe ixa l'année 4 M& joum, et borna chaque mois à trente jours :& h fin de chaque dousaiao de nmis il ajoutait cinq jouis pour achever le cours de l'année. > Pis.
De tes difflcullés urmine donc le coors. Ma. . — Qui achève votre bonheur 7 met le comble, le rend parfait; qui le termine l'anéantit.
FifUr a les deux sens. Il se dit d'un ouixt». comme achever^ et, comme terminer, de ce qui est en train , de ce qui vit, dura, se développf depuis plus ou moins longtemps.
2* Finir, achever.
A l'égard d'achever , finir est subjectif : il se ir^porte , non pas à l'ouvrage, mais au sujet et à AOR travaiL On achàoe ne qu'on a commencé; oc finit comme on a commencé. Il arrive quelquefois que , par paresse ou par hâte , on /Sntt son ouvrage sans l'achever. « C'est aujourd'hui le 19 de mai-, et c'est le 22 d'avril qu'un vieux fou commençai une tragédie finie hier. Vous sentez bien qu'elle! est finie et qu'elle n'est pas faite. » Volt. — Oa achève une chose commencée, ébauchée, qu'on veut voir dans son entier, et , quand on a aehe^, la choee est telle qu'elle doit être , entière, complète ; on finit après av<Hr f.anufnencé et coatinoe, et quand on a fini une chose, on no s'en occupe plus , on n'y travaille plus. « L'abbé de Guéaégaud s'est mis ce matin à vous bégayer un compliment à un tel excès que je lui ai dit : M. Tibbe, finitsex donc, si vous voulez qu'il soit odiere avant la cérémonie. » Ssv. £n termes d'art, un ouvrage achevé est accompli , a tout ce qu'il faut, et un ouvrage fini eat exécuté arec aoin.
» Finir, terminer^
A l'égard de teruUner, finir marque une actiq moins brusque, ou plus douce, plus naturellt En effet on termine en mettant un terme , encou^ pant court; et on finit en allant à ia J(n ou ^ amenant la /in. «c Tous les avis allèrent à dema::] der au pape le concile œcuménique pour finir kj affaires de la religion, faute de quoi on les l^rj minerait en France par un concile national.* Boss. Il vaut souvent mieux terminer les prooà à l'amiable (J. J.) , que de recourir à l'action leo« et coûteuse des lois qui ont été faites pour là finir (FLàcH.). Deux puissanœs fenntJVKt m différend par un combat, ou le /inûisR/ juu- de négociations'.
ACTEUR, COKÉPEEN. Qui joue des ]^àces 01 dans des pièces de théâtre.
Mais on est acteur de fait , et compte» de pro fession. Dans la comédie bourgeoise , les aOenn c'est-à-dire Les personnes chargées de remplir le différents rôles , ne sont pas des comédiens , oblj gés par état à amuser le public , main des ama leurs rassemblés pour s'amuser entre eux. Estk^ et Athalie furent représentées , noa par des c« médiens et des comédiennes , mais par des actr\ ces y prises parmi les jeunes fiUesde Saint-Cyj Voltaire s'étonne que, enFrâuïe, on condanq
t . Coneiurê , du latin contludere , fermer ou dO ensend^le , c'est finir ene afftiire non liligiense , I concert, ea s'arraogeant, en s^ccordaiK 1*ub s^ l'autre, les vos vrec les salves; eu bien , c'est , { pariaat d'an discours, le finir de lelle aone, qu'j voie ce qui en résulte.
STNONYH£S k RA^iCAQX DIVERS.
comme iiqpie un spectacle TcpréMiité ches les religieux et éum les couvents, qu'on désboBore des jeux où de grands princes , tels ^ue Louis XIV et Louis XV, aai été, non pas wmédiem, mais
Toutefois le mol d'octetiri s'applique aussi aux eomidienc^ aux bemmes qui ont pour métier de se ipontrer sur la scène : c'est quand on les codùdère à rawrm, en tant qu'ils jouent, eu égard à la manière dont ils jouent, et par opposition aux spectateurs. Bon on mauvais mUut; un aeieur qui reçoit des applaudissements (J. J.), accueilli et désiré du public (o'Al.) , que la critique épargne ou déchire (Bbst.) ; comparer la déclanurtion àeV^eUur avec celle de Torateur (Mabm.)fttkans nos iiié&tres moderaes les mcUurs paraissent sur la scène dans leurs proporticos naturelles. > ItAnH. « U arrive à plusieurs a€teur$y et principalement i des adrices^ sur le théâtre , de verser efléctÎTement des Innnes. » Volt. Mais comédien est le seul mot propre, quand il n'eât pas question du jeu ou de Pexercice de la profession, c La condition des comédiens était intime che2 les Romains, ei honorable ckei les ûrecs. s Labr. «l'état de comédien est un état de licence et de mauvaises mœitfSv» J. J. «L'figlise condanme les comédietUy les lob civiles les ont toujours flétris. » Boss. < l'allai le trouver à l'hôtel des comédiens. > Les. — La fréquentatiou du théâtre peut amener, par son appareil et la parure des acteurs , le goût du luxe , qui peut être inspiré aussi par la fréquentation des comédiens (J. J.).
Au figuré , odeur se dit de celui qui (ait quelque chose, qui a une part active dans la conduite ou Texécution d'une aâaire, dans une partie àe jeu ou de plaisir; amédien^ de Celui qui a telle qualité , ou pJut^ tel défaut essentiel aux comédiens J celui de feindre artîficieusement des passions ou des sentiments qu'il n'a pas. — Au propre même , comédien est moins noble qu'acreur, qui n'exprime rien du personnage, sinon qu'il est sur la scène où il déploie son talent. K Faut -il mépriser tous les comédiens? Non; quand on se sent un vrai talent, qui peut résister à son attrait? Les grandis acteurs portent avec eux leur excuse, s J. J. «On ne se douterait pas qu'un théâtre établi à Lausanne , des acteurs peut-être supérieurs aux comédiens de Pai'is , etc., m'ont ecnpèché de vous écrire plus tôt. » Volt. âuMî le nom de comédiens ne se donne plus ^ère aujourd'hui à ceux qui jouent la tragédie.
ADflÉRENT, ATtlCHÉ, ANNEXÉ. Ces mots se lisent (Tune chose qui tient et en tant qu'elle lient â une autre.
Ad?i^r^nf, comme Tindique sa terminaison, est un véritable adjectif : ce qui est adhérent tient en vertu d'une propriété. Attaché et anneité tont des participes : ce qui est attaché ou annexé tient en vertu d'une modification reçue. Adhérent marque \ine union naturelle; attaché et annexé^ □ce union qui est l'eflet d^une action , factice par ronséquéût, établie. Ce qui est adhérent adhère; :ie qui est attaché ou anne^^ a été attaché ou annexé. Le caractère propre et distinctif A'adhérerU saute aux yeux: c'est un teitne de physique,
agaificatif d'une qualité origineUe ouessentieUe. « La couleur est une qualité adhérenU an corps. » Cbahr. «Le capuchon des moussee est d'abord adhérent à l'urne, mais ensuite il se détache et tombe quand elle approche de la maturité. » J. J. « La matière est physiquenwat divisible , c'est^ dire ses parties solides adhérentes les unes aux antres sont sépacables. » Volt. « On voit dans ces mines des llsurs de soufre adhérentes à leurs parois. » Bujf. « Les deux paupières des petits chiens nouveau -nés ne sont pas simplement collées, mais adhérentes pat une membrane.*» In. « Dans l'homme et dans les animaux , l'épiderme est partout adhérent à la peau ; il n'en est pas de même dans l'éléphant. » Id.
Entre attaché et annewé la diffé renée est aussi facile à apercevoir. Attaché figure partout dans la langue commune, et il s'applique à tout ce qui se trouve joint à une chose , quelle que soit la cause de cette liaison, et dans quelque vue qu'elle ait été produite. « U n'y a pas de firmament auquel les étoiles soient attachées. » Volt. a L'esprit ne sait comment il est attaché à un corps. » FÉN. « Il y a des malheurs attetehés à la condition humaine. » Volt. « Le bonheur du monde était attaché au sacrifice de Titus. » D'Al. — Annexé, latin annexus, d*adnectere, est, au contraire, un terme de choix dont on se sert dans le langage de l'Eglise, du droit, du droit politique particulièrement, et dans celui de la pratique , pour désigner une liaison abstraite et non pas physique, liaison qui résulte d'une institution humaine et quelquefois divine. « Les grâces annexées au sacrement du baptême. » Boss. « Quelles magnifiques promesses sont annexées à la sainte enfance des chrétiens ! » Id. a Le saoerdoce et ce qui lui est annexé (les bénéfices). > BouRD. ec C'est à ce jeune seigneur et aux enfants qu'il aura de ma fille que je prétends laisser tous mes biens, et les annexer au titre de comte d'Olivarès, auquel je joindrai la grandesse. » Les. a Hircan et Aristobule entrèrent en guerre pour le sacerdoce , auquel la royauté était annexée, » Bos». a Genève fut annexée par héritage â l'empire germanique. » D'Al. c Ces établissements sont dus â des Français ou du moins à des habi> tants d'un pays annex-é depuis à la France. » VûLT. c Je priai le greffier de représenter â Mme Goêzman la copie de la lettre qui a été annexée au procès. » Beaubt. « Cette lettre a été annexée à la présente délibération. » Id. «L'acte, conciliatoire entre les auteurs et les comédiens , tel qu'il a été annexé à la minute de l'arrêt du conseil. 9 Id.
ABIECEtF, ÉPrTHBTB. Mot ajouté M nom pour en modifier l'idée.
Adijectif et épithiu ont le même sens radical, ce qui est ajouté d« Hais l'un est originairement latin» adjeaivum (nomen), d'odjtsere; l'autre, grec, inc^sTov, d'ê«ic(ecvw, équivalent d'o^tcere.
Adjectif est un terme de grammaire.
La grsBmtire dn verbe et du nonônality
Comme de Vadjéetif vfee le snbstanttf ,
Nous enseigne les lois. Mol.
« Notre langue n'ose jamais procéder qom suivtvt
DEUXiËME PARTIE :
U méthode la plus scrupuleuse et la plus uniforme de la grammaire : on voit toujours venir un nominatif substantif qui mène son adjectif comme par la main. > FAn. Esthète , venant du grec , a plus de noblesse : il ne se dit que par rapport à Téloquence et à la poésie. «Les èjptthètes contribuent beaucoup i Télégance et à la force du discours , surtout lorsqu'elles sont figurées et métaphoriques. » Roll. « Nos poètes sont pleins d'épithiUs forcées, d'épithètes cousues , font des vers chargés d'épithites pour attraper la rime. » Fbic.
Quant au sens, V adjectif est indispensable; il détermine , décide et circonscrit l'idée : Vipiihète n'est qu'utile; elle est de pur ornement, elle embellit ou relève l'idée. On ne dit pas, un ad- ;>cf»f oiseux , comme on dit , une épithète oiseuse. Dans ces phrases , l'homme tage est libre dans les fers, l'esprit chagrin souffre et fait souffrir les autres, sage et chagrin sont des adjectifs; qu'on les supprime , on rendra confuse , incomplète ou vague l'idée des noms auxquels ils sont joints , et fausses ou toutes différentes les phrases où ces noms figurent comme sujets. Mais dans pdle mort , Yi^it obscure , tyran cruel , pdU , obscure et cruel sont des épithètes; si on les retranche , l'idée reste entière , ainsi que la proposition dont chacun de ces noms peut faire partie ; seulement , on affaiblit l'expression ou on la décolore. Les adjectifs appartiennent proprement à la diction; ils sont nécessaires à l'intelligence du discours. Les épithètes regardf*nt l'élocution ; elles servent à la beauté et à l'énergie du discours. Dans les sciences , on indique les espèces d'un genre en joignant différents adjectifs au nom de ce genre (Buff.). Les faiseurs de panégyriques devraient toujours s'interdire les mots de \éros , de grand; ils devraient louer par les choses et point par les épithètes. (Sév.).
Enfin , suivant la juste observation de Dumarsais , adjectif s'emploie de préférence en parlant des xhoses , et épithète , à cause de son origine plus relevée, en parlant des hommes. «Même justesse dans le choix des adjectifs pour qualifier les choses et des épithètes pour qualifier les hommes. » Habm. C'est , en particulier , du mot d'<ptthète qu'on se sert , et non pas de celui d'adjectif, pour signifier ironiquement une qualification injurieuse dont on embellit pour ainsi dire le noin de quelqu'un, a Quel plaisir pour un valet de chambre d'appeler impunément son maître maroufle , ivrogne , coquin , paresseux I Je rends aujourd'hui à Monsieur les belles épithètes dont il m'honore tous les jours. » Dsst.
!• AFFAIBLIR, ÉNERVER; -^ 2* AMOLLIR, EFFÉMINER. Diminuer la force ou les forces.
Affaiblir et énerver ont une plus grande étendue de signification : ils ne se disent pas seulement des personnes , mais aussi des choses. Ainsi, par exemple , on affaiblit et on énerve l'autorité , on affaiblit et on énerve des preuves , des pensées , des discours , par la manière dont on les expose ou dont on les rend. — Ensuite , quand il est question des personnes, affaiblir et énerver se rapportent plutôt au corps , au lieu qu'amo^tr et ffféminer regardent l'âme, a Le travail de cabinet
rend les hommes délicats, affaiblit leur tempérament. » J. J. « Ces plaisirs d'Emile irritent son amour sans efféminer son coeur. » Id. « Le luxe fait plus que d*énerver les corps , il amollit et corrompt les Ames. » Mark. — Enfin , lors même qvi^affaiblir et énerver servent à exprimer une action exercée sur Time, ils ne sont relatib qu'à une seule de ses qualités , sa force ou son courage précisément; amollir et efféminer^ an contraire, embrassent toute la personne morale, ses mœurs , ses goûts , ses inclinations. On ne dit guère des peuples affaiblie ou énervés, mais on dit conununément des peuples amollis ou efféminés.
Sout le joug des Tarqulns , U eoar et TescIaTage
Amollissaient leurs moeurs, éaemdem leur eoarage. (Aruns parlant des Romains dans Brutms). Yovr.
1* Affaiblir^ énerver.
Affaiblir marque l'efTet, énerver la cause; on affaiblit en énervant, on est affa/Sbli parce qu'on est énervé <, les nerfs étant ce A q[noi tient la force. De lA vient qu'a/fatbKr se trouve quelquefois après énerver, « L'imagination donne aux sens une activité précoce qui ne peut manquer d'énerver^ d'affaiblir d'abord les indÎTÎdus, puis l'espèce inéme A la longue. » J, S. — Secondement , l'action d'affaiblir est quelquefois produite par r&ge et n'a pas de cause extérieure; celle d'^n«rver, au contraire, est accidentelle et causée par quelque chose d'étranger au sujet. Catilina dit A ses complices dans RoUin : « Ceux que nous attaquons , affaiblis par la caducité , énervés par les délices, sont tombés dans une langueur universelle. > — En troisième lien, on affaiblit ce qui est fort; on énerve ce qui est nerveux^ vigoureux, plein de force. Un acteur qui n'est pas A la hauteur de son rdie, affaiblit Racine et énerve Corneille ; on affaiblit un témoignage (MORTBSQ.) en lui ôtant quelque chose de sa valeur; on énerve la justice (FéK.) ou la discipline ( J. J. ) en lui ôtant quelque chose de sa rigueur.
J* AmoUir, efféminer.
Amollir a plus de rapport A Vincapacité du sujet , et efféminer A son état. L'homme amoUi 1 n'a plus de fermeté ; l'homme efféminé est rendu semblable à une femme. L'idée propre A amollir est celle de rel&chement. « On faisait chanter aux Grecs les vers d'Homère pour leur inspirer le mépris de la mort , des richesses et des plaisirs qui amollissent l'Ame. » Fézr. « Tous les peuples d'Italie n'étaient pas également belliqueux : les Toscans étaient amollis par leurs richesses et par leur luxe. » Montbsq. « Les joies des sens amo^ lissent l'Ame , la rendent légère , ôtent la réflexion , le poids de l'esprit et du jugement , dissipent au dehors et ne laissent ni force ni courage pour Dieu. » Boss. Ce qui caractérise efféminer , c'est l'idée d'un état de dégradation et de honte. « Hercule avait oublié sa gloire jusqu'à filer auprès d'Omphale , comme le plus lAche et le plus efféminé de tous les hommes. » FAn. « Des prioces fainéants et efféminés, » Mass. Les mignons de Henri m,
D'un maître efféminé comipteurt politiques , Plongeaient dans les plaisirs ses langucws léthargiqucf,
VotT.
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
« L'irréligion. attache à la ne, efféminé, vnlii les &mes. 9 J. J. « Corneille se Tante de n*aToir jamais peint rajDOur que mêlé d'fc/roifme , il ne le croit digne de la tragédie qu'avec ce mélange, et il prétend que tout autre amour ne peut qu'affaj^r et effémimer Helpomène. » Lab.
AFFECTATION, AFFÉTERIE. Noms de deux défauts qui consistent l'un et Fautre à s'éloigner du naturel dans ce qu'on fait.
Kais affedaHon exprime le genre, et afféterie une espèce de ce genre. Il y a toutes sortes à*affectaHofUy une affectation de tels ou tels sentiments, une affectaiion de piété, une affectation d'esprit, etc.; il n'y & qu'une sorte &' afféterie, c'est une affetUUion de gr&ces : « L'abus des grâces est Vafféierie. > Yolt.
L'affedalioii est fausse; Vofféterie^ mignarde. VafftUaltion veut paraître ce qu'elle n'est pas; Vajféterie Teut plaire , intéresser, par des mines , en se montrant gentille , agréable , doucereuse. Voffectation peut être gn^e ou en matière grare ; ïafféUrie est un petit défaut, un défaut de petitmaftre ou de petite-maStresse, un goût d'eigolivements. L'une est indigne d'un homme vrai; l'autre, d'un homme sérieux , d'un esprit m&le. « La sévérité des anciens romains donna au mot etegantia un sens odieux : ils regardaient l'élégance en tout genre comme une afféterie , comme une politesse recherchée , indigne de la gravité des premiers temps. > Volt. « En égalant et aplanissant toutes choses par le moyen des liaisons, vous verrez que d'un pathétique fort et violent vous tomberes dans une petite afféterie de langage qui n'aura ni pointe ni aiguillon. » Boil.
Rollin dit des sophistes : « Le grand théâtre où ils cherchaient A hriiier était les jeux olympiques ; là ils étalaient avec affectaiion tout ce que l'éloquence a de plus pompeux ; on sent bien où une telle oifecloiiofi pouvait les mener , et combien elle était propre A ruiner le goût de la bonne et saine éloquence. » Ailleurs, parlant de Quintilien : n 11 ne rejette point , dit-il , les ornements ; mais il veut que l'éloquence, ennemie du fard et de toute grâce empruntée , n'admette qu'une parure mâle , noble et majestueuse ; s'il fallait choisir, il aimerait mieux la rudesse et la grossièreté des anciens que l'afféterie étudiée des modernes. »
Du reste, c'est surtout dans le langage presque toujours fade de la galanterie que le mot d'afféterie convient. AIfété parait avoir été formé de ad et de fattiiu, d'où dérivent fat et fade. « Dans la Plur€Llité iet mondes , l'art de Fontenelle est encore mêlé d'affectation y et même d'une espèce d'afféterie galante déplacée partout, et plus encore dans un livre de physique. • Lâh.
Pour venir à ses fins, l'amoarease Nérie Eut recours aux regards remplit ^affèurU. Lav. Pandra^^il de sang-froid , el sans être amoureux , Pour quelque Iris eu Tair faire le langoureux?... Je laisse aux doucereux ce langage ajfétè Où s^endort un esprit de mollette hébété. Boil. Si fpielque autre , ajfètêe en ta douce malice, GouTeme son oeillade avecq' de Vartiflce , J'aime ta geoiiUeaae. Rafirau.
AFFECTÉ, COMPOSÉ, APPRÊTÉ (ARRANGÉ, CONCERTÉ). Ces épithètes désignent dans les
personnes quelque chose de recherché, de peu naturel.
L'opposition est assez grande entre affe<M et cawpoeé. L'un regarde la manière dont on fait, «t l'autre la manière dont on est. On dit , agir avec a/7ectoftofi,-et affecter de faire quelque chose; se composer ou être composé indique une certaine forme donnée au visage, au geste, à la contenance. L'homme affecté s'efforce de plaire , et il fait tout ce qu'il peut pour cela; l'homme eomposé veut imposer ou en imposer, et il dispose tout son extérieur en conséquence. Là , prétentions et empressement; ici, réserve et froideur. Le but du premier est de se faire valoir, celui du second de se faire considérer. La coquette est affectée, la prude composée. Faites l'aimable ou le gentil , vous êtes affecté; faites l'homme d'importance , vous êtes composé. Les personnes vaines sont d'ordinaire affectées; avec de la morgue on a, on prend généralement l'air composé. Dans un de ses sermons , Bourdaloue dit aux dames qui l'écoutent : « Ce qui m'étonne , c'est qu'après tant de communions on en voie toujours parmi vous d'aussi passionnées pour cette vanité , d'aussi affectées dans leurs personnes, d'aussi curieuses de plaire. » D*un autre côté , dans la Coquette de Regnard , Colombine dit i Isabelle : « Il n'y a que les sottes qui se persuadent d'attraper des hommes par des airs composai. Je te suis caution qu'une fille n'est piquante qu'autant qu'elle a pris sel dans la coquetterie. >
Apprêté, qui a de Vapprét, comme la toile gommée ou la dentelle empesée , exprime de la roideur et de la contrainte , mais sans impliquer l'idée de tromperie. Ce qui est affecté ou composé manque de vérité ; ce qui ^st apprêté manque d'aisance. D^ soupirs ( Yolt. ) et des respects ( Boil. ) afiectés sont faux , et il est rare qu'on se compose sans se contrefaire. Hais ce qui est apprêté est simplement guindé : apprêté signifie un défaut purement esthétique et presque toujours littéraire *. « BufTon n'est jamais ni roide comme Thomas , ni apprêté comme Fontenelle. » Lah. a Cette saillie me parait beaucoup trop apprêtée.» In. « Quel style épistolaire! qu'il est guindé! que d'exclamations! que d' apprêts l > J. J. « Une société plus agréable que le langage apprêté des cercles.» In. « Cela sent trop son rhéteur. Ce tour est trop apprêté, cette expression trop prosaïque » Yolt. « Il eût été mieux que Sertorius eût répondu aux civilités de Pompée sans le dire : cela donne à son discours un air apprél^ et contraint.» In.
Ainsi , on est principalement affecté dans ses
I. Appriii, tout ce rapport, rettenible i twrangè et à eoneerté , qui , comme lui , marquent un défaut de peu de contéquence , un manqua d'abandon ou de laitter aller. Mait il y a eieèt de préparation dant ce qui ett apprêté, excèt d'ordre dans ce qui eei arrangé, excèt d*ajattemenl et d'accord dant ce qui ett oon~ cerîé. L'air apprêté mettied parliculiérement«dant un discourt fanprovité ou qu'on veut faire pataer pour tel; l'air arrangé ett tout à fait déplacé dant l'ode» dont le ttyle impétueux touvent marche au hasard; il ne doit y avoir dant V Iliade aucun air concerté , iHI ett vrai que ce poème toit un ouvrage de pièces de rapport.
dii
»£U]llfi]I£ PARTIE
maaières , composé dans son maintien , apprêté daus ses discours ou dans ses écrits.
L'acteur qui charge at un grand Caiaaur de protestations, 6QDt affectés; l'hypocrite ei rhomme cpd se d^nne un air grave , sont composés ; te âïéteur et TteriTaiiL, chez qui on iie tronve ni flaxibilité ni nen qui coûte de source, sont dfpprêtés.
ÀFFBRKIR. RASVmUR, CeNFIBllER , OOIEII- TER, SCSLLBR. Tous ces verbes, pris ici au. figuré , ¥e«lent dire donner de la conaislanca, rendre durable.
Affermir^ raffermir et sonfirmer ont le même radical , ferms , ou firmus qui en latin signifie la même chose. On affermit ce qui est faible : on raffermit ce qui chancelle ou est ébrtnlé; on confirma ce qui est fort, ce dont on augnente encore la force. Affermir marque une première action; raffermir et con/tnner en désignent une secondé ; mais raffermir U fait concevoir comme réparatrice, et con/irmer comme complétive. — Ce qui est affermi est solide ; ce qui est raffermi est rétabli; ce qui est confirmé est d'une solidité pbine, aoheTée, parfaite, c L'étude 4es preuves de la vérilé de la religion affermit et fortifie notre foi. » D'Àfi. « Les confédérations ne sont qu'un moyen de raffermir et rétablir la constitution ébranlée par de grands efforts. > J. J. « Cela me confirme pteinement dans ma résolution. » In.
Cimenter suppose des parties entre lesquelles on met du ciment, un lien, et qu'on rend ainsi inséparables, indivisibles. On affermit, ou raffermit , on confirma un sentiment , ou quelqu'un dans un sentiment; on cimente une union, une alliance « l'amitié. « Dieu a doxmé aux hommes divers talente. L'un est propre à une chose, et l'autre à une autre 'afin qu'ils puissent s'entreaecourir, comme les membres du corps, et que l'union soit cimentée par ce besoin mutuel. » Boss. « Le fils de Dieu ayant voulu que son église fût une, et solidement bâtie sur l'unité, a éubli et institué la primauté de S. Pierre , pour l'entretenir et la cimenter, » Id. « Il faut, belle Agathe , cimenter notre intelligence par des liens plus étroits que ceux de l'amitié. > Mahm. « Le tesUment qui doit cimenter un jour nosalliances^
Sceller rs^pelle un acte de l'autorité administrative ou judiciaire qui rend authentiques et inviolables les choses auxquelles il s'applique. Ce qui est scellé a reçu un caractère de consécration. <c Afin qu'on ne puisse douter de leur bonne foi , non plus que de leur persuasion , J. C. oblige sas apôtres à sceUer leur témoignage de teur sang. Ainsi leur prédication est inébranlable ; le fondement en est un fait positif. » Boss. « Charondas, trouvant la ville en tumulte, entra tout armé dans l'assemblée ; ce qu'il avait défendu par une loi expresse. Un particulier lui reprocha qu'il violait lui-même ses lois. Non , dit-il, je ne tes viote point , mais je les seeUerai de mon sang , et 9iiT-4e-champ il se tue de son épée. » Roll. « Bratus crut devoir sceller par le sang de ses enfknts la délivrance de la patrie» et inspirer aux Romains pour tous les siècles , par cette sangtente exécution, une horreur invincible de la servitude et de
la tyrannie. » Xo. « Plisthène rappelle au féroce Atrée les sermente qui ont suUé aa réconciliation avec son frère. » Lah.
Je n'examine peint si les dieux offeasét
Scâllirent mes sermenls à peine commencés. (Érope à Atrée dans les Pèlopidesy Vocr.
1* AFFIRHER, ASSURER, CONFrRMgR ; - J» ATTESTER, CERTIPIEII ; — 5* PRÉTENDRE, ATAircER, SOPTEMR; -r 4* GARAIOIR , RÉ- PONDRE; — 5* PROUETTRE. Présenter une chose comme vraie , dîre qu'elle est, a été on sera.
1* Af^rmety assurer, confirmer.
On affirme d'un ton ferme , et en donnaoït pour certein; on ostwe d*un ten de confiance, et en donnant pour sûr. Affirmer sappose quelque chose d'évident dont on est convaincu ou dont on veut convaincre, c On peut affirmer en tout temps de lliomtme que c'est im être intelligent quand il existe. » PÉtt. c Ce n'est pas que je veofRe ufllrmer qu'il y a des corps; car 9 n'y a encore rien d'évident qui me tire du doute sur cette matière.* In. Hais ùssvrer suppose quelque eiiose ée pteusible ou de spécieux dont on est persuadé ou dont on veut persuader les autres. « Oaand j'ai renversé Péridès par terre en luttant , dit Thucydide , il assure le contraire avec tant de force, qu'il persuade en efDst à tous les assistante contre le témoignage de leurs propres yeux , qu'il n'est point tondié. » Roll. c J'ose presqtie assurer que les hommes savent encore mieux pi^sndre des mesures que les suivre. » Lah.
On affirme qu'une chose est ou a été. « Hubner affirme qu'on ne peut trouver en Europe un terrain d'une lieue d'étendue qui ne soit habité.» Volt. « Le P. Amiot jure- qu'il a traduit ce passage à la lettre, tes ennemis â^ jésuites diront que ce serment même est très-su^iect, et qu'on ne s'avisa jamais d*af]lnner par serment 2a fidélité de la traduction d'un endroits! simple. » In. « Dans la m'affie 11 y a des faits einbamssaiite , aff&més par des hommes graves qui les ont vus.v Lab. Mais, comme on n'est jamais que mmslement sûr de Favenîr, assurer convient saul ou convient mieux en parlant de ce qui sera. «Il fait bâtir une maison dont il assure en totissant, et avec une voix faible et débile, qu'on ne ferra jamais la ftn.» Labb. < Si l'esprit examine i là lumière pure de la vérité qui l'éclafre toutes les sciences humaines , on ne craint point <f amcrer qu'il les méprisent presque toutes. > Mai.
Je vendais vous venir, mais sans nul artifice,
Aêsurst qm je suis tent i votre serviee. Moi..
Affirmer, affirmare, est un tenne de science : ta logique n'en connaît pas d'autre pour exprimer ridée signifiée par tous ces mcrts^; elle définit le jugement une opération de l'esprit par laquelle il affirme ou il nie; te proposition est un discours qnLaffirme o« qui nie (AcàD.). Assurer, au contraire , est le mot commun ; il n'a ni te caractère de rigueur ^affirmer ni son caractère scientifique.
Confirmer, c'est igouter à ce qui a été affirmé ou assuré. Ce mot annonce quelque chose de nouveau qui achève ou accosaplit une première assertion. « Si te corps pèse, si fort à mon oapni , ma raUgion n'apprend, et ma laison an Cênfkr'
SYNONTMBS À AABlCibUX UVEHS.
af5
f me que cet élat midhefEreui ne peut être qu'une peine euToyée i rhomme. b Boss. « Loraque nous assurâmes que Louis XIT n'avait e« aucune part au testament de Charles II, roi d'Espagne, les préiugës de l'Europe et de tous les écnyains a^é- Levaient contre nous ; cette vérité Tut confirmée par les Mémoires de M. de Torci et par le temps. > Volt. Toy.^ dans la l"* partie, Affirmer y eon/lrmer, p. 1)4.
3* jâffeKor, etriifer.
C'est affirmer ou assurer autbentiquement , faire foi, rendre témoignage de vive voix ou par écrit pour ou contre quelqu'un ou quelque chose. Une personne interpellée atteste ou certt|te, donne une ollestalûm ou un certi^aU , qui devient un titre d'une autorité ou d'une valeur plus ou moins grande.
Attester vient du latin tntû^ témoin, et emporte ridée de choses qu'on a vues soi-même. «Le fondement de la prédication des apôtres est un lait positif ( la résurrection } aUuté unanimement par ceux qei l'ont vu. 3> Boss. « Il faut voir ce qu'attestent les témoins, ils déposent que....» Volt. Certifier y iaite certain, deimer la certitude , se dit des choses qoL sent parvenues à notre connaissance. « Je crois qu'il est de mon devoir de dire ici ce qui est parvenu à ma connaissance. Je éettifie que celui qui (fit à Lambert! cette étrange aneoAote , était né en Busne , mais non âTune lamUte dn pays. » Yolt. « Ceux qui érigèrent ce mainte atten^rcnt 146 ans que la chose Ittt bien oenstatée pour la eerft^ à la postérité. » In. « L'ctfeftotîeii , dit Laveatux , en cela d'accord avec Leroy , est un acte anthentique par lequel on atteste la vérité éTua fait dont on a été témoin ; le eertificea est un aeteaathentiqtie par lequel on assure la rérité d'une ehoee dont en a acquis la certitude de quelque manière que ce soit. »
Le médecin donne une atfestfffton au malade qu'il soigne. Le maire eu le notaire délivre un eertifteol sur le témoignage ou l'attestation de certanies personnes ou d'un certain nombre de personnes.
9" JPrdendre , avaneer, toutenir.
Ces trois verbes ont un sens doctrinal : ils impliquent Vidée de faire valoir ce qu'on dit comme une opinion et de combattre le contraire : un philosophe , un contreversisle prétend, evofiee ou souliefit telle chose, c Quant à ce que prétend %. lurieu, que..., outre qu'on lui nie le lah qu'il ûiwjmee , on lui eoutieni encore que la conséquence est directement opposée à la parole de J. C. » Boss.
II y a de Fun à l'autre une gradation sensible. Prétendre marque ce qu'on se propose de défendre ; avancer , ce qu'on propose pour le défendre ; soutenir, ce qu'on défend actuellement. On prétend et on avance. « Je pr^tefuU et j* avance que tonte âme chrétienne doit désirer la communion .» BouBD. On avance et on mmiient. « VoMinee et je tomiiens , dit Cicéron , que dans toute cette lie il bY n aucun vase d'argôxt ou d'ainân que Verres tfart oonvmté. » Roll. « Estron» dans k salle de PiUrte, et voyons avec queDe hardiesse la ealom- ■ie aeanee les plus grossières impostures , et avec queRe Ikifalesse eHe les eemtienê. » Bovno.
OnprdtSNd à tort ou àiaiion; onMOMt plus tm mmm hmrdiiMnt; on tmitimtt aeec plus «u moiiM de force.
r CeiemKtir^p^pgtiâfê,
Ces deux verbes iM sGBrt paa 4e tout les styles ; ils xm«e«vi«iinaDt gvèrs qu'à ealmde la ooorersalioB. Ils ont d'ailleucs leur aens prepM,4|ui eA d'asBorer eu de confirmer une chose en engageuit sa vespcnsahiJité, ens'expoeant,siLa chose n^est pas véritable, à «n ncours, à des vapeocheB,ete.
Ongaiwilflles quaHcés, on r^Hmd des événemems. On iraruiilsi un homme tel ou tel.
l'Ignore oe qn'tn fond le servtteer peut lire ;
Mms pour heouM de bien je garmÊÊiis le mttire. (Madame Peraelle parlant de Taclufo). Mol.
c Parbleu t je vous la garant (cette pièce) détestable.» In. cle vous le §&remtiê trop délicat poirr vouloir se hufller avec des veuves es oomr mandeun. » Les. « Teâà de l'enthoueiasme : il est né poète ;et« àaeseul trait, je vous le^anMlis tel.» Ukmt.
Je ne gmmaais peint sa setaoos pmfonde. Rioe. « Crois-tu qu'il m'aimeT ^ Lut je vous gonmlie qu'il a le goût trop meuvais pour aimer atutrs chose que lui-même. « Dasr.
On répend qu'un homme fera telle eu telle cboee, ou que telle chose arrivera. « Si la petite n'avait les cerises de son goûter que par une opé* ration d'arithmétique, je vous r^iuir qu'elle saurait Meindt calculer. » J. J. « Nous avens des ennemis communs qui cherchent à nous brouiller : je vous f^onds de mon cèté qu'ils auront beau faire. • I». « La leaumeile peut réimprimer... ; . je vous réponds que ses nouveaux chefs-d'œuvre ne me feront aucune peine. » Volt. • Laisse-moi faire, je ter^nds que je le oe^jurerai lui-même (ce devin) , et qu'il sera bien hardi ai }e ne le liais pas mourir de peur. » Dbst.
5" JPromeOre.
Verbe décidément familier , et qui signifie répondre d'un événement dont on dispose , dire ou assurer qu'on le fem arriver. « Je vous promstf qu'il s'en repentira. » Acâd.
Ah ! Je le promets bien que je n'ai pas enrie
Se terôier, riaflme à tes fcnx asservie. Hol. ACAirm.
Mais eonmienoet par avoir mon esUme.
U GBBVAUni.
Cest le s eel bat qee J'aam désoimais ;
/ee serai digne, et je vous le ^rofiMi». Volt.
!• AFFREUl^ , HORRIBLE ; — 2* EFFROYABLE , ÉPOUVABiTildlLB. Très-mauvais.
Affreux et Iwrrihle expriment une impression de peine produite sur notre nature sensible ou morale; effroyable et épwivanUMe une impression d'étonnement et de peur. La laideur et le crime sont phis proprement affrem et herriUst; les grands périls, les bruits ou les faits extraordinaires qui annoncent de giands désastvee sont pktt prepremest effra^lt» et ^yoummloblcs. Affrem et horribie signiâsnt plutôt ttés-mauf als esthétiquement et mocaleasnt; efroyai^ieet^poMeemobie, très-mawvais eu égaré à la «nndeur du mal que l'objet contient et amène.
Ensuite, affrmtm et hmtiMe se«t des<fualifica-
BEUXIÈHS PARTIE
tiens essentielles, absolues. Il est affreux de calomnier nn bienfaiteur. « C'est une chose horrible de tomber entre les mains du Dieu rivant. » Boas. Effroyeible et épouvantable^ qui peut ou qui doit causer de Teffroi et de répouvante, sont des qualifications contingentes : ce qui est ^froyabU et épouvantable né produit pas nécessairement son effet. «Le péché est horrible et Tenfer ^fxmvaiitable. » Boss. De là vient que effroyable et épaur vantable moins stricts , moins rigoureux, se prennent plus facilement par extension pour trèe-gremd^ sans rien garder du sens de mauicaû. Foule (BoiL.), nombre (S. S.) , quantité (Sâv.)i distance (Pasg., Mol.) , différence (P. R.) effroyable; Caim (AcAO.) , étourderie (J. J.) , sabbat (Sàv.) , vacanne (S. S.) épouvantable.
!• Affreux y horrible.
Affrtux , qui cause des affree. Àffre est un vieux mot français qui ne s'emploie plus que dans cette phrase, les affree de la mort, et signifie angoisses, souffrances. Horrible vient du latin horrere, se hérisser , parce que les poils se hérissent à la vue d'une chose horribU, « Le dos de ce sanglier était armé d'une soie dure , aussi hérissée et aussi horrible que les piques d'un bataillon. » Fim.
L'objet affreux est lugubre , triste , noir, sombre ; il abat , il atterre , on en souffre , on ne peut le soutenir, on en est accablé. Tristesse (Rbgn.), mélancolie (MontbsoOi pâleur (Fin.) > obscurité (ID.), nuit (Td.), vieillesse (S^.), pénitence (BouRD.) affreueet; transes affreuses (Boil.); accablement affteux (M0NTE8Q.) , deuil affreux (Id.). Lafontaine parle d'un antre
affrum et solitaire
Triste séjoor de l'ombre.
« Les cérémonies lugubres et aff^eusee employées dans le dévouement. » Roll. « Cette situation triste, pour ne pas dire affreuse. » S. S.
Od sois-je? quelle nuit
Couvre d'un voile affreux la clarté qui nous lait?
Volt.
Hais , au lieu d'être passive , l'impression produite par ce qui est horrible est active. L'^rrib^e soulève, révolte, provoque une réaction de la part de notre âme qui s'en détourne avec empressement. On reçoit des nouvelles affreuses ^VoLT.); on frissonne en entendant d'horribles discours (In.). On dit un étata/fr«uar ÇFàn. , J. J. , MoRTKSQ.), et une horrible physionomie (S. S.), un horrible sacrilège (Id.). « 11 tarde à Télémaque de s'éloigner de la présence horrible de Pluton. » PéH.
Je Vai rendue horrible i ses yeox inhumains ,
Et ee fer malheureux prolknerail tes mains. (Phèdre parlant de Tépée d'Hippoljte). Rao.
Bourreau de Totre fille, il ne vous reste enfin
Que d'en faire à ta mère on horrible fettio.
(Cl jtemnestre à Agamemnon). Id. ,
CBgIne, arrache-moi de ee palais horrible,
(Jocaste). Volt.
«La Brinvilliers, cette horrible femme.» SÉv. « Il ne faut pas pousser le terrible jusqu'à l'hor- ! rîMe : on peut effrayer la nature (sur la scène), ' mais non pas la révolter et la dégoûter. » Volt.
Par conséquent, /lomMe renchérit sur affreum. ' Mon ccBur soofCre, à voos voir, une peine incroyable : ! C'est un supplice qui m'accable ;
El Je ne vois rien sous les deox h'^remx, A*horrible, d'odieux.
Qui ne me fût plus que tous supportable.
(Alcmène i Jupiter dans Amphitryon). Mol.
2* Effroyable , épouvantable.
Ils différent comme effï'oi et épouvante. Ce qui est effroyable , glace , confond , rend stupéfait , tout ébahi, a 0 nuit désastreuse , nuit effroyable , où retentit tout à coup comme un éclat de tonnerre cette étonnante nouvelle : Madame se meurt, Kadame est morte! x> Boss. c Des regards effroyables. • Rac. «L'indignation leur fit élèvera tous un cri si effroyable , que l'on rapporte qu'un corbeau qui volait au-dessus de l'assemblée en fut frappé comme d'un coup de tonnerre, et tomba au milieu de la place. » Roll. — Ce qui est épouvantable trouble l'esprit , rend tout éperdu et porte à fuir en désordre. «Les esprits faibles se figurent des spectres épouvantables; ils se troublent et se récrient comme si tout «tait perdu! > Mal. Menaces épouvantables (Acad.). « Les hypocrites se sont armés contre ma comédie avec une fureur épouvantable. » Mol.
ALOublE.
Et moi, partout je vous Ailiti.
epouiH (Amphitryon). Moi..
Effroyable est plus voisin d'étonnant , et épouvanïable d'étrange. Il en est de même dans le sens hyperbolique de ces mots. Effroyable sa dit pour marquer qu'il y a prodigieusement de quelque chose : « Il y avait un monde effroyable à leur assemblée.» Acad. « Une multitude effroyable d'Allemands. » Boss. « Des essaims effroyables de sauterelles. » Roll. « Il en mourut un nombre effroyable, » 3. S. Épouvantable se dit pour signifier qu'une chose est ou se produit d'une manière inconcevable , qui trouble les idées, qui fait qu'on ne s'y reconnaît plus. Désordre(J . J. tBoss.}, carnage (Boss.), confusion (Mol.), faute (1. ).), étourderie (In.), fracas (Agab.) ëpoiMxuUable. Effroyable ne regarde que la quantité seule; épouvantable se rapporte à toute autre chose , la complication ou le mélange. Dépense effroyable , arrête l'esprit sur la grande quantité de choses dépensées: «Huit cents livres 1 Mais voilà une dissipation effroyable. » Dbst. Dépense épouvantable , appelle l'attention sur la manière extravagante, désordonnée dont on a dépensé.^ On dit un bruit effroyable (Boss., Fén.), et un vacanne ou un sabbat épouvantable (Acad. , SÉv. , S. S.). Pareillement, un cri est proprement effroyable:
Un effroyahle cri, aorti du sein des Oots ,
Des airs en ce moment a troublé le repos. Ràc.
Mais une clameur , ou un mélange de plusieurs cris , est épouvatiXable :
Soudain de mille cris le bruit épomvantahle - Vient arracher ses sens à ce calme agréable. You.
Un temps affreux et un temps horribU sont des temps très-vilains, très-déplaisants. Mais l'un afflige, attriste, désespère; l'autre vexe, indigne, et fait, comme dit Mme deSévigné, en employant cette expression, qu'on garde lecoîa de son feu et qu'on ne met pas le nez dehors.^ Un temps effroyable et un temps épouiaontabU sont des temps très-mauvais, à fiûre peur. Mais
SYNONYMES À RAIUCAUX DIVKRS.
Vaà suppose de la grêle , des torrents de pluie , des tonnerres, des ouragans; et l'autre , un dérangement des saisons, un désordre dans les éléments.
AGIR, VATKS. Se manifester comme cause, exercer sa puissance.
Âffir est parement formel ou relatif à la forme : on agit de telle ou telle manière. Faire est , au contraire, matériel ou relatif à ce qui provient d'un développement de force : oi^ fait ceci ou eeb. «L'homme fait ce que Dieu reut, il agit par la volonté de celui qui l'a mis au . monde. » YjLar. « Cest pour Dieu et par la volonté de Dieu qu'un chrétien doit toujours agir,... Tout ce qu'il fait doit se trouver à la place et dans l'ordre où la règle ^ent qu'il se trouve. » Mass. « La sagesse Teut que , dans tout ce que nous faisons , nous agissions avec réflexion. •» Gib. On agit pour faire une chose , et il arrive parfois à*agir beaucoup . de se donner beaucoup de mouvement , sans rien faire.
Agir regarde l'œuvre , la conduite , indépendamment de tout résultat; faire regarde l'ouvrage ou l'effet. Aussi dit-on agir, absolument , le pouvoir d^agir^ tandis que à faire il fiiut un complément qui indique ce qu'on produit en faisant. Et même quand ce complément manque , il est facile à sous-entendre. a Si vous voulez absolument m'envoyer cet écrit , faites. » J. J.
Agir en sage , c'est être sage , se comporter en sage ; faire sagement , c'est effectuer quelque ehose de sage. « Clovis rendit ce pays à Gondebaud. Il fit sagement, v Cord.
AGTTATIOlf, TOUKlfENT. Grande peine d'esprit.
VagiUUUm est une alternative de mouvements contraires; c'est la peine d'une ftme partagée entre plusieurs sentiments , l'espérance et la crainte, par exemple, qui va et vient de l'un ù l'autre, qui flotte, qui est dans une grande inquiétude. Le (ourifMia, au contraire, ne suppose ai pluralité de sentiments ni incertitude; c'est Doe peine causée par im mal déterminé et présent. Roxane qui doute si elle est aimée, qui croit tantdt l'être et tantét ne l'être pas , éprouve les agitaMians de l'amour : sûre de n'être pas aimée , Phèdre souffre le tourment où les townnenis de l'amour. — Une vie d'ogtlafton est une vie sans repos , pleine d'alarmes et de soucis. Une vie de tourment est une vie de souffrances. « Qu'est-ce que la vie de la cour, qu'une agiUUion étemelle surravenir; qu'une révolution fatigante de craintes , de précautions , d'espérances? Mais une ftme soumise & Dieu n'éprouve point ces troubles, ces frayeurs qui agitent les enfants du siècle. » Mass. Qu'est-ce que la vie d'époux mal assortis , sinon un étemel tourment ? — L'avenir nous agite i le présent et le passé nous tofwrmenUnX,
D'ailleurs, tourment dit beaucoup plus qu'ogiloltoii. Le tourment est une torture , un affreux supplice; Va^itaiion n'est qu'une privation de repos , le plus grand des troubles. Dire qu'on est tourmenta de remords , c'est donner une idée de l'extrême intensité de la peine qu'on éprouve; dire qu'on est agité par ses remords , c'est seulement faire entendre que les remords ne laissent
pas un instant tranquille et ne permettent pas tle goûter en paix le fruit du crime.a.Dieu n'accorùe aucun repos au pécheur , et sans relâche i'inquièlc (par lès remords) , l'agile, le Umrmewu. » Bouau. « Ce seul vers (de Voltaire),
Mais s'il n'était Bmtus, il fallait pardonner, en dit plus qu'une scène entière ^agitatUyns et de tourments, i* Lab^
Aussi les grandes passions ne connaissent guère que les tourmnUs et les transports. Le mol A*agitatxon convient mieux pour les sentiments ou les passions plus faibles. Lors même qu'il s'agit d'objets à l'^rd desquels il y a lieu d'espérer et de craindre , auquel cas agitation est le mot propre, on emploie tourment de préférence, si ces objets sont importants , intéressent beaucoup. Dans une cruelle inquiétude, dans une mortelle attente, une amante ou ime mère n'est pas seulement agitée^ mais ftmrmetit^e.
1* AGRÉABLE; — }• DOUX, SUAVE, FLAT- TEUB, DÉLECTABLE, DÉLICIEUX, DÉLICAT, EXQUIS; — 3* RIANT , GRACIEUX , ATTRAYANT , CHARMANT. Qui platt» qui fait sur nous une impression bonne ou heureuse.
!• Agréable.
Agréable est le terme général : il sert à qualifier tout ce qui nous fait quelque plaisir , tout ce qui nous affecte en bien ou d'une manière heureuse. Il a sous lui deux espèces, représentées par les deux séries de mots suivantes.
Dons, suane, ftattewr, délectable ^ délicieux, délicat et exquis se disent des choses qui touchent les sens , produisent des sensations et intéressent la sensualité. Riant , gracieux , attrayant et charmant se disent de celles qui sont perçues uniquement par la vue, quelquefois par l'ouïe, qui produisent des sentiments, et se rapportent à l'esprit ou à l'&me. L'homme voluptueux n'estime que ce qui est doux , suave , etc. ; l'homme curieux de belles choses, l'amateur, est heureux d'apercevoir des objets , des spectacles , des visages riante, gracieux^ attrayants ou charmants. On dit une couleur douce ou suave , un son flat- Ceur, parce que les qualités dont il s'agit frappent seulement les sens ; mais on dit un tableau gracieux y une musique charmante, parce qu'il est ici question de choses qui parlent à l'esprit ou à l'imagination par l'intervention des sens.
2* Doux, suave, flatteur, ~ délectdblef délicieux, délicat y exquis. Qui procure une sensation ou des sensations de plaisir.
Doux s'applique proprement aux sensations du goût; suave à celles de l'odorat; fUHteur à celles de l'ouïe : une sayeur douce , une odeur suave , un son flatteur.
Mais , comme le goût est une sorte de toucher , doux s'étend aux sensations du ti^t. Et même, comme l'action de tous les sens s'opère par un contact avec les qualités correspondantes des choses, l'épitbète de doux se donne à tous les objets qui peuvent satisfaire nos sens, les modifier d'une manière qui convient à notre nature et qu'elle aime. Seulement , il faut ijouter que le doux y à la différence de Vagréàble , auquel il ressemble par sa généralité , exclut tout ce qui peut être piquant ou aigre, c Ce ne sont pas absolu-
DECXIÊME PAftTIB
ment les éhoses le* plus dimoM qui soiit les plus agrëoMeê aux sens, mais celles qui les diatouiilent d'une lÎMon mieux tempérée; ainsi que le sel et le Tinaigre sont souvent plus agréàbiu à la langue que Veau cbmce.B Disc. «C'est autre chose de dire qu'un» eoosomiance est plus douce qu'une autre , et autre ^ose de dire qu'elle est plus agréable; car tont le monde sût que le miel est phis dous que les olives, et toutefoie ftirce gens aimeront mieux manger des oMvas que du miel. » In.
Sutwe a aussi ssn aeeeptiou étendue et détournée. Il fi^emploie à l'égard des qualités senties par la vne, l'ouïe et le goAt, quaiad ces qualités sont d'une douceur particulière , qui demande po«r la rendre une expression extnnrdinaiee. L'eau donee n'est ni salée m amère; l'eau «wMe a une douceur propre. Les vins suaice» ont parmi les -vins doux un je ne sais quoi qui les distingue et que les gourmets savent apprécier. H 7 a des couleurs douces , comme 9 y en a de rudes; la couleur de l'émeraude est «uoes, tel peintre a un. coloris move.
Flatteur ne convient que pour œqui est senti ou perçu par l'oreille : un murmure flaUeur; le son fiatintr de sa voir; le Rhin dort au bruit flatteur de son onde naissante (Bozl.). Flatteur veut toujours dire dquœ à eotendiu.
DéleeiàMe , délieietM , dél4cm et exquis sont par rapport aux mots qui préeèdent des snperlatilis. Ils attribuent aux choses la propriété de causer, non pas du plaisir simplement, mais des; déhcee ou un très-grand plaisir.
Ce qui est diletiable parait devoir être ce qu'est effectivement d^^ieteui;, trè»^réaUe(vo7. I"* partie , p. 248). Ge qui est d^Kcot a lu qualité exprimée par déleetcMe et déUeieuœ, mais fiictice, et non pas naturelle : on dit un fruit dUecêable ou délicieux y et une chère ou une table décote.
£rqt(t> semble équivaloir tout & fait & détient;; étant participe passé comme ce dernier, il représente comme lui une qualité qui dépend de Part et du goût des hommes , qui résulte de l'arrangement des chose», de l'apprêt, et qui est fort estimée, qui a une grande valeur dV>pinion. On dit un. mets e^^itts eu délicat, et, en partant de la faculté par laquelle nous apprécions un mets, un goût exquis ou délicat. Mais ce qui est exquis n'a rien de commun, est choisi ou distingué; ce quf est déKcat n'a rien âe grossier , est fin. Il fallait à Apicius des mets exquiê et redherehés avec soin; il ftnt h certains estomacs débiles dfis mets délicats , tendres , légers.
8* Rtanf, gracieux, extrayant, charmant. Qui excite un sentiment ou des sentiments de plaisir.
Ge qui est riant ou gracieux plaît; ce qui est attrayant attire ; ce qui est eharmant plaH ou attire extrêmement , d'une manière merveilleuse , irrésistible.
iltanf regarde l'air, et graeieusD les manières. « Là , toute la nature était riante et gracieuee. > Ttv. Jtiante a rapport seulement à l'aspect, et gracieuse aux accidents de terram , aux sinuosités des cours d'eau, aux agitations des arbres. Ce qui est riant n'est pas triste , mais gai ; ce qui est gracieux 9e mmX, se présente, se tourne d'une
manière aisée et élégante. On dit un aspeel riaiu (iCAD.) , une maÎBon. riaeite (In.) ; et , un tour gracieux (Féu.), de yrucieu» contours (ACAi>.)t^ manières gracieuses (Id.). Pour réussir dan&les arts d'agrément, un auteur doit choisir des nqets ftautf et les traiter d'une manière fradeute. Uo spectacle riemt snppoM des obâels imumbiles ; 110 spectacle gnckm supposa ua certain je« d'acteurs*.
iAttruyonf-marque l'attrait, la propriélé d'attirer, de ftiire venir à soi. Ge qui est dttruyeat séduit, c Bile a la bouche graxkde; mais on y voit des grftces qu'on ne voit point aux autres houehes ; et cette bouche , eu la voyaiMt , ins]Me des désirs; '^le est la plus edUniiifmae , la plas imeoMuse du monde. » Mol. «De là ils iront torr le ¥éauie. Cooçois-tu ce que cette vue a de si ultrafant?» J. J.
Charmanij qui ekarme^ qui enehaMe, qû produit sur nous une impressiou myslèrieeae el surnaturelle, a une force de sigmfieation sagalière. L'objet charmant nous transporte; il n'y a rien au-dessus. «Le paysage de Genève est eàorluonS; il n'y a rieu de siagréaUe<daiis la nature.* J.J.
GemBunt me tRKives««i 7 «— -CAai iiiwip.
Vofee beauté sarfvend, sasil, entèee, cwb—ie.
La colibri et l'oiseau-mouche , ces deux chefsd'œuvre, ces deux merveilles de la nature, sont dana toute la rigueur du terme , et suivant la juste expression de Buffon, de charmants oi-
AGRÉMENTB , GRÂCES > AHÉNITÉ. Qualités qii rendent aimable et par lesquelles plaisent les personnes, les discours, les écrits.
Vémànitér du latin amoMus, riant, doux, consiste dans la douceur. Il y a des ^dcsr piquantes., celles de l'épignunme, par exemple, et les ogf dmenlff dft la. figure ne sont pas incorapatibies avec un ceirtain air de hauteur, d'empire et de fierté; mais Vaménité exclut tout ce qui est de nature à blesser les autres. Les ogr^sMiifs et les
4 . Girard a comparé ensemUe a^ràibUfA graeieax seuls et sans les autres mois considérés dans tout eet artick. Il a été eonduh à la mène dtatineiiau. Ou est agrèakU par toutes aortes de qualités ; ou ■'est graeUm» que par eelles.qoi ae voiant, qui tonbeoi aeos les yeux. L'homme agrèabU peut plaire par oe qui D*eit paa apparent, observable, extérieur, c'esv-è-dire par le fond, par l'esprit, l'homenr, le earacière; l'homme gracieux ne plaît que par le dehors , Vatar, l*abonl , les manières. Oo ne s'ennnie pas evee IVgréabte, il amuse, il iotérease; on est ranri de l'aceocsil et dea fiatons de gradeux, il est ai«nant on poli. On dit d'une manière générale et abatraiie^ il est mgriÊblcée vivre avec aas amis ; gracieux est to^ioors ose expreaakm concrète , relative aux formes ou à la fonne. — D'ailleurs, agréable n'implique aucune action de la part du sujet ; et c'est au contraire ce qoc gracieux suppose, te Gracieux est an terme qui manquait i notre langue, et qu'on doit à Ménage. Il veai dire plus qa^mgréable; il indiqoe l'eavie de plaira. » YoLBr. c Junon emprunte la ceinuire de Vénus poor ae rendre toute gracieuse, » Roll. liais Alcibiade était agréable (Fiir.) naturellement, sans chercher i reire. En matière d'art, la chose agréable agrée ; ]& chose gracieuse est tournée de manière à agréer, mais il est à craindre qu'elle ne tombe dans raffectation.
SYNONYMS& k RAfiiCAUlL DIVERS.
§r M aoni fautif 4m qualités «tbétiqoef on r^ latiTtt à Ul Jieamé; l*amMté est une qaalilé morale, qui se rapport» i l&lMnU, «t qui a aa wttTca daa» le aaracUra. I««s é^^tiunlc tt les 9rûou d'un hMoma galaotou d'oa écriui» ipiâtuel n« nftua touclMoi pM de la nèn* Buuièra que Vgmémité d'un millard koa et iuoSNisiX <m que eeUe d'au auteur jUtia d'onclto, tel ^e Féuelim et queiqiMlbis LafontoiiM.
'^«Aul^, «MBMtor , a été reaouTulé to l4itiDi aa zfui' fléde. Il teit ioopQBn au xior.
«Onappelait ce ▼aUan le £raiptf d« 5tak» i caufa 40 sa riaote mUmU. m Hamc. «L'aai^iltf est dans ie «Kuatère , dam lea lactuni ou dans le langage, une douceur aficompagnée de potiusae et de grlee. j» In. « Gaiulas «rail asIaiU de doaceur et d'awMM dans Vegpril et diua lea mnun que Varius était matique et ttroea » Baix. « La langue tatioe manque de certaiaealelirea , cenne «pfâen et sHa^ qni sooi d'une doueeur extiim», et qui idpndeatdana le discoure je ne sais quelle amémU.9l».9 Fiéfua èsouta cee séflezione avec une faix preiôode, et lea paya de Vamiéndté d'un sourire tcanquilin et donx. » S. S. « Dai» une compagnie 0'Aoadémie] où F4nelea plus gracieux et plus tendre (que Botauel^ apporta cette en«tîon et cette aménité qui nous font aimer la ▼ertu. » TàVF. < Tai qui aa suipaaié BoMuet et Pascal en amMI^ et en grâces (FénelnD) , aimable gèaia; toi fut is r^er la verta par l'onction et par U daooeur. » In. c p<ûat 4*9mémi4, peint de donneur dans les emnagee de J. B. Rousseau.» Vou. «La deueeur de son eonuatrce (de Mari^ ▼aux) et l'omMt^ ëe em meettie laisait aimar et estimer sa personne. > D'At.
Lee gràctti^ à leur tour, dtffèratt dee.apr^^nffHf , en ee qu'eUea sapposent la persomie en action. On dit de cestaine aniauiux , du cheTal et du cer£, per exemple^ qu'ils ont de la girâ4e y et de certains ol^eta ioanaraée, ineapables de ae moDTcir, tels que lieux eu, laaisonB, qu'He ont dea ofr^tn^ala.
Pareillement, les grâces dans rhemme tiennent aux naniéiee^ à la parola, i l'accueil » au geste. « 11 met de la grâce dans tout ce qu'il lait. » Acan. «I^ ^dois particulière!» de la proaonciar tion greoqua aeitt en partie perdues pour nous. » LiB. « h travers des dehors si affreux (de Gléop&tre défigurée et désonaais sans agrémenu à cause de la prÎTatien de nourriture qu'elle s'était imposée pour mourir et des meurtrissures qu'elle s'était faites) percutent les frdct» touchantes qui brillaient dans «tous ses mouvements. » Roll. Les a§fémmU^ au comlraire, dépendent des traits. « Ce Georges ViULers est ce mftme Buckingbara, /iuneux alors dana l'Europe par les agrër memU de sa figure. » You. « Corysante, la jeune fille d'une merveilleuse beauté , perdit tous ses oifrémenti et devint hideuse. » Fén. — « Le cardinal de Rohan, doué de tous les las aqréwsats de la figure, de l'esprit, de l'éloculion, d'un canotère facile et daôx, d'mi aeoncil enchanteur, d'une politesse parfaite, avec des ffréeet naturelles et touchantes. » Vaux.
Par conséquent , les Ufrdces expriment une qualité accidaotelle , fugitive , de circonstance , et les agréments une qualité fiia et permanente.
On admire les gfâ€a d'une femme pendant qu'elle marche, qu'elle se présente ou qu'elle danse-. Us 9gréwiênU des fenunee se conservent micHK dans les pays tempérée que dens les pays ebaads (MoaraeQ.). c Quelque grâce qu'ait aux yeua de J. G. lea humes d'un p^itent, elles aa peuMot jamais égaler lae chastes agrîtoMata d'une amn. teté ton jours fidèle. » B<Me.
BwHiiU, les <^Meate se rapportent aa ted^ sont qual<pie chos^ de plus solide, da plus sè* rieux ; au lisu que les grdces n'aUant pas au deli de la forme y expriment ime qualité puis supedS.* cialle et toute bornée à la ^on. « Boileau a eu plus de force et de vérité que d'élévation et de délicatesse, plus de solidité et de sel dana la critique que dé finesse eu de gaieté, et plus d'a^ flMal que de grdcs. » Yà.m. «Des auteu» sublimée n'ont pas aé^gé de primer enonra par les agrément y flattés de rempUr l'intervalle qui se* pare lea extrémités et de contenter tous les gofils»» la. Ile auraient dédaigné de primer par les grâces : lea ^fidesr ne conviennent guère qu'au petit et au joli, à tout ce qui n'a de valeur que par l'élégance, la délicatesse et le fini.
EniSn^ on dit également les agrémetUs de l'esprit et lea agrémmts du corps, parce que l'esprit comme le oerps, pent dtre doué d'avantagée qui font qu'il agrée, liais comme c'est principalement par le eoepe , par ses actions et aies mouvements , que sa dévelenpani les manières , on dit particulièreatant bien les grâees du corps. « Les chemins qui conduisent les bonunes à l'autorité et àia gloire étant fermés aux filles, elles t&chent dase dédommager par les o^r^ments da l'esprit et du corps: de là vient leur conversation douce et insinuante : da là vient qu'elles aspirent tant à. la beauté, et à toutes les grde^s extérieures , et qu'elles sont si paasiomiées pour les ajustements. » Fiv,. «U semblB, dit Girard, que le corps acùt plus susceptible de grâces^ et l'eqûritd'a^^aiefitf; l'on dit d'une personne qu'elle marche , dansa, chante avec grâce, et que sa conversation est pleine d'o^^meatf . »
AGMCULTEDR , GULTIVATETO , GOLON. Aucun de ces termes n'était usité dans notre langue avant lé xviu' siècle. Ce sont les noms des hommes qui cultivent la terre et habitent les champs, comme L'indique leur radical commun, le verbe latin coiers , cultiver , habiter.
ÀgriaUiory que reproduit exactement notre mot agricuUeter , avait déjà en latin un certain caractère de noblesse, qu'il tenait de sa terminaison ou de sa première partie , ager^ champ cultivable, par opposition aux landes et aux bruyères. Rn francs agriculteur est un terme relevé. Il représente ea bien ou comme considérables les hommes auxquels il s'applique. Les agriculteurs forment un ordre dans l'Ëtat « En Scandinavie, U royauté et la liberté subsistaient ensemble : les agriculteurs avaient part à la législation aussi bien que les grands du royaume. » Volt. «Sn mortifiant le parlement, Louis XIV voulut encourager la nd)le88e qui défend la patrie , et les agrieuUeurs qui la nourrissent. » In. — Un agricuUeur est un propriétaire qui fait valoir par luimême et en grand. « David descendit chex To^ ri-
BEUXiËllE FARTiK :
eulteur Nabal , pour y mettre tout à feu et à eoUmi pour cultiTer srec moi la tem y et je ne sang , parce que Nabal avait refusé des contribu- pourrai acheter librement du blé pour les nourtions à sa troupe de brigands. » Volt. « Un agri' rir , eux et ma familial * Id. cuUeur qui a douze cents liirres de revenu est ; Quand le mot agriculteur n'est pas an titre tout étonné qu'on lui en demande quatre cents général dont on honore tous ceux qui s'occupent pour les impAts. > lo. — Ou bien, c'est un théo- d'industrie agricole) quand on le prend dans un ricien, un o^onome, une sorte de savant qui , sens spécial, il désigne un homme qui s*adonne étudie Tagriculture , ou en donne des leçons, à VagrieuUure , c'est-à-dire un artiste en quel-
Voltaire appelle Duhamel do Monceau un célè bre , un illustre agriculteur ,' et il dit de Xénophon qu'il. était «guerrier, philosophe, poète, historien , agriculteur. »
Cultivateur, quoique remontant, en dernière analyse, au latin colère , est un mot tout français par sa formation : il a été fait du veçbe cultiver. Le cultivateur cultive , il travaille la terre , c'est l'ouvrier des champs. Il est plus ou moins industrieux (Gond.); il se sert de tels ou tels instruments (Volt.); il est en général ignorant, pauvre, malheureux (Id.). «Quelle barbarie domine encore chez ces laboureurs innocents, chez ces honnêtes cultivateurs tant vantés dans des églogués!» Volt. «Des artisans, des cultivateurs qui gagnent leur pain à la sueur de leurs fronts.» Id. Si le cultivateur possède , il possède peu comparativement à V agriculteur ^ c'est un petit propriétaire ou même c'est le fermier du maître de la terre , et il n'a en propre que des charmes , un jardin , et quelques vignobles. « Certains culftooieurs sont des fermiers qui prennent une terre à bail.» CoRD. — «Dans son poème, Saint-Lambert a moins parlé aux simples cultivateun qu'aux seigneurs des terres qui vivent dans lenrs domaines.... Une cabane ne peut pas être le logement d'un agriculteur considérable; il lui faut des écuries commodes, des étables faites avec soin, etc. » Volt.
Colon y colonuSy a cela de particulier qu'il rappelle une autre acception du verbe colère que celle qui se retrouve dans agriculteur et cultivateur. Le colon est celui qui halnte et non celui qui cultive la terre, ^s pays continuellement exposés à des débordements ne peuvent avoir de colons y repoussent les colons (Volt.). La Corse a des colons qui vivent de châtaignes et du produit de la chasse, elle manque à*agriculteurs et de
q|ue sorte, ou «n puissant propriétaire qui préside à l'exploitation de ses biens, qui guide le$ travaux, qui calcule, combine, spécule, expérimente. Le cultivateur s'adonne à la culture; c'est un artisan, un producteur; il laboure, sème , plante , taille , récolte. Le cekm Ait partie de la population des campagnes : c'est un paysan, ou , pour parler latin , un ruricole , mris ineola r il occupe un lieu , s'y fixe , ou s'en va aîUeurs '.
f AIGRE, ACIDE, ACERBE, ACRE, ACRQIO- NIBUX; — r AMER; — 3» RUDE, ÂPRE, AUS- TÈRE. Ces mots désignent au propre une qualité opposée à la douceur et qui .affecte l'organe du goût d'une manière toujours très-sensible, sinon toujours désagréable; au figuré, tous, à l'exception d'acide, qui ne se dit qu'au physique, marquent dans les dispositions de l'âme , les manières on les discours, quelque chose de fâcheux qui déplaît, choque, offense.
1* Aigre , oetde , acerbe , dore , acrimonieux.
Aigre vient du latin acer, comma maigre de macer, Acer a également servi à former 4ere. acrimonieux et acerbe : lui-mèma dérive du grec àxTJ, pointe, qui est évidemment la racine d'scide , latin addus. En sorte que les cinq premiers mots de tout cet article remontent étymologiquement A la même origme.
Mais aigre , acide et acerbe se distinguent par la faiblesse de l'impression qu'ils expriment : un fruit, par exemple, aigre y adde ou acerbe y est piquant , rien de plus ; il produit une sensation de déplaisir légère et fugitive , qui lie va pas jusqu'à nuire , jusqu'à fûre mal , et qui n'a ni ampleur ni durée.
Aigre est très-usité en comparaison d'adde et d'acerbe : on s'en sert au figuré comme au propre, et c'est un des plus anciens mots de notre langue , au lieu que acide n'a pas l'acception figurée
cultivateurs, « J'ai trouvé dans un très-mauvais et que acerbe n'a commencé à être reçu en France
pays un vaste terrain inculte qui appartenait à que vers la fin du xviu* siècle. Mais pour en
des colons; je l'ai fait cultiver. » Volt. « Sodome venir à des déterminations rigoureuses, ce qui
et Gomorrhe étaient habitées; les colons de ces est aigre n'est plus doux, ce qui est act'de n*esl
villages préparaient l'asphalte , et en faisaient un point doux , et ce qui est acerbe n'est pas encore
commerce utile. » Id. « Soliman tenait toujours la campagne, habitée d'ailleurs par des colons musulmans. » Id. — Ce mot signifie collectivement les gens de la campagne et comprend même les journaliers et les valets des cultivateurs. «Les guerres de religioif ruinèrent l'agriculture. Sully trouva une grande partie des terres en friche. Il était dû par les colons plus de vingt millions pour trois années de taille. » Volt. « Les terres données , dans l'Inde , aux grands de l'empire , aux raîas , aux nababs , sont cultivées par des fermiers qui s'y enrichissent et par des colons qui travaillent pour leurs maîtres. » In. « Je suis laboureur; j'ai environ quatre-vingts personnes à nourrir. Quoit dis-je, j'aurai rassemblé des
doux.
Vaigreur est 'souvent un dé&ut postérieur àU qualité de la douceur, le résultat d'une altération , comme ce qui arrive au lait et au vin y par exemple , quand ils tournent. V acidité est le
4. Voltaire et Man&onlel ont employé subtlaniirement agricole dans le sens à^agrieultêur, « Ne parla de moi que comme d'un agricole qui aime la vertu et la Térité autant que la campagne. • Volt, c Pour diriger ces tniTaux champêtres, AcéUe imagina de le former un petit conseil ^'agricoles. » Marm. Il résulte de ces exemples et de la terminaison d'ufrKaicou', qui marque un agent, que YagrieoU se borne devan tâge à la théorie, au goût, que c'est lon|)oun el aim plement un amateur.
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
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débat de douceur, sans rapport à ce qui a été ou peut être. Vaeerbité^ au lieu d'être postérieure à rétat normal et bon , lui est antérieure. Aeerhe sert uniquement à qualifier les fruits qui ne sont pas encore mûrs : tous les fruits avant leur maturité, dit Tréroux, ont un goût acerbe; et il ajoute : les médecins appellent vin acerbe du vin fait de raisins qui ne sont pas encore mûrs. En latin, acêrbus veut dire quelquefois prématuré. Ainsi, le vinaigre^ le petit-lait et le levain sont aigres; l'oseille est acide; la nèfle non encore blette et tous les fhiits verts sont aeerbet, — Au %aré, eotre aigre et acerbe la diffërence est aussi simple que certaine : des paroles aigres . un ton aigre, sont d'une personne aigrie^ indisposée, irritée, f&chée ; des paroles acerbes^ un ton acerbe sont d'une personne qui parle d'une manière verte ou crue , sans ménagement , qui aurait besoin d'être adoucie.
ÀcreeXaaimonieuat^ distingués l'un de Tautre dans la première partie , p. 209 , ont cela de propre l'un et l'autre, qu'ils annoncent une impression forte, violente, qui blesse, déchire et emporte la pièce. Si on trouve ensemble dans nos meilleurs écrivains at^reet piquant (Bourd.) , on y trouve aussi Acre et mordant (J. J. , Marm ), acre et corrosif (Bdpp., Roll.), Acre et violent (Volt.). Ce mot ne convient guère en parlant des fruits dont la saveur, si mauvaise qu'elle soit, n'est pourtant pas caustique et délétère; mais c'est une èpithëte qui se donne bien au venin des serpents (Yolt.), à la saveur de l'arsenîc (Bupf.), au suc des cantharides (Rôll.). —Au figuré, ce mot conserve la même énergie : YAcreié dénote, non pas de la pique seulement , mais de la méchanceté ou de la haine,- elle mord au vif. Moins brusque, moins emportée que l'aigreur^ elle n'éclate pas autant, mais elle fait d'une manière plus concentrée et plus noire de plus profondes blessures, f Amer,
Amer a pour idée caractéristique celle d'une sensation remarquable par retendue et la durée. Au lieu de piquer seulement , de chatouiller désa7rèablement l'organe du goût comme la chose aigre ^ acide ou acerbe^ au lieu de prendre fortement au gosier et d'emporter le palais comme la chose Acre , Vamertume est une saveur pleine , '\ui empoisonne pour ainsi dire , toute la bouche ; elle excite abondamment la salive , qui s'en imprègne et la répand de tous côtés. Elle dure quelque temps , on a de la peine à s'en défaire malgré 'le continuels crachements. Et ce qui ne lui est \ias moins particulier , c'est qu'elle n'est pas absolument malfaisante, c'est que souvent elle se trouve jointe à quelque qualité salutaire qui rachète ce qu elle a de désagréable au goût. Il y a des médicaments amers; la chèvre aime le saule et le cytise amers (Marm.), elle s'en nourrit; l'utilité d'une médecine nous en fait digérer Vamertume (Boss.).
Au figuré, la chose amère nous^ cause, non pas une douleur cruelle comme la chose acre , mais Gne longue souffrance , du l'affliction , une sorte de mélancolie durable. De plus, elle n'est pas sans compensation et elle suppose d'ordi-
STR. PRAKC.
naire dans la personne de qui elle nous vient de l'intérêt pour ce qui nous touche : réprimande amère.
A quoi il faut ajouter que de tous ces mots amer est le plus subjectif, le plus relatif à l'effet produit dans l'âme par la qualité qu'ils signifient : une critique aigre , acerbe ou Acre cause une douleur amère; laigreur et VAereté sont dans les choses la propriété de blesser, Vamertume est dans l'&me ou dans le cœur le mal éprouvé, la blessure; on oppose les plaisirs aux amertumes de la vie. Corneille a dit dans Pompée : Il est de la fatalité
Que Vaigreur soit mêlée à la félicité.
Le mot propre était amertume , au lieu d'at^eur; c'est Voltaire qui en a fait la remarque.
3** Rude , Apre , ati^rérf .
Rude, Apre et austère vont ensemble. Ils ne se disent pas primitivement des choses sapides comme les précédents , et quand on les applique au goût, ils en indiquent une modification toute particulière. La chose rude^ Apre ou austère a une saveur, non pas humide, mais farineuse; au lieu de faire venir l'eau à la bouche , elle dessèche cet organe; elle produit sur lui l'effet, non pas d'une pointe, de quelque chose d'aigu ou d'acéré, mais de quelque chose de contondant. Au figuré, même nuance: au lieu de piquer, d'irriter, d'exciter, ce qui est rude^ Apre ou austère résiste , ne cède pas , est dur , réfractaire , intraitable.
Rude et Apre ne diffèrent guère l'un de l'autre que par le degré. Rude vient de rudiSy brut, non poli, qui n'a pas reçu de façon. Âpre, aspre, latin cksper, a été fait du grec àairopo;, qui ne peut être ensemencé à cause des aspérités , des rochers, veut dire en général quelque chose dont la surface n'est pas lisse , est raboteuse. En parlant des choses du goût, rude qualifie elles qui ne coulent pas aisément, qui passent avec peine , comme est un vin de mauvais cru ou du vin nouveau qui n'a pas encore eu le temps de se faire , et Apre est l'épithète qu'on donne à celles qui raclent la bouche comme font certains fruits sauvages dont l'efl'et est d'engourdir les gencives et d'empêcher la langue , devenue presque blanche , de glisser sur le palais. — Au figuré , rude donne aussi l'idée de quelque chose de moins sauvage , de moins inculte que le mot dpre. L'homme rude a l'abord choquant: l'homme dpr« est inabordable ; le premier est sec , impoli , le second rébarbatif. La rudesse peut n'être que dans la forme, Vdpreté tient souvent au caractère, a Le goût, chez les Romains, fut d'abord analogue à la rudesse de leurs mœurs, à Vdpreté Ae ' leur génie , à l'état d'inculture de leur société. » Marm. «La dédaigneuse hauteur de cet enfant peut être l'elTet de Vdpreté d'un caractère indomptable et fier qui ne veut céder qu'à luimême ; alors il faudrait bien vous garder de heurter la rudesse avec la rudesse. » J. J.
Austère, austerus, aùff-nripoc, d'aÛEiv, dessécher ,' convient seulement à l'égard d'une saveur proprement astringente , qui produit dans la bouche un resserrement , suivant l'expression de Trévoux. L'Académie définit l'alun, un sel de
MUXIÊMS PART»
saveur auttère et aeiiiageoie. — Au figuré , am* ière rc^gerde, nan pas i& manière de tniler les autres , mais la manière de vivre avec soi-mâme, Vmutériié oonaistaiit à é4re sec poar «oi, à se «eeierrer , à se réduire , à fl'abataw de iMauooup
da «ho88s.
AOlEa, CHÉBIR;— AFFECnOMNBR. Avoir ou éprouver une dispesition favorable , uaaeatimeiit qui nous JAGline «t nous {wrte vers «on objet. ÀimeTy chérir,
Aimer comporte tous les <iegré8 et toutes les manières, saas désigner, spécialement et sans exclure tel degfé eu telle manière ; chérir marque un seul degné, le phis baut, et me seule aaniàre, celle qui est exprimée par le met le«dresse. Nous aimons ce qui nous iatt plaisir: nous chérissons ce qui nous est cfcer, nous Tosmofu chèrement ou tendrement, par pré- Ailection. Aussi chérir s'emploie bien comme egaobérissantsur aimer, comme superlatif d'iumer. « Loin de déplorer leur -erreur, ils ïniment, ils ia chérissent, » J. J. « Les Ames du purgatoire •ont plus tiim^ eit pUis ehérie* de Dieu que oeUes des paseas.» Bouan. «L'bomme, image cli^rie fit bien stimée que Dieu avait établie dans son .paradis de délices. » Boss. «Jérusalem que j'ai toi^ours si tendrement aimée^ et dont j'ai Aéri les habitants , comme s'ils eussent été mes propres frères. » In. « Athéniens, dit Socrate, je vous aime. et vous chéris^ mais j*aime mieux obéir à Dieu qu'à vous. > Lab. « iltme les hommes en génésal, dit Confucrus; mais eb^rtf les gens de bien. » Volt. «Ses sentiments sont si confor mes aux miens qu'il chérit tout ce que j'aime , comme il hait tout ce qui me déplaît. » Las. Ne fait point â'aoirc crime, et J'aUetle les dieux Qn*an lieu de te haïr, je l'en aimerai mieux : Oui, je le chérirai. CORX.
On aime tout ce qui plaît, les personnes et les choses : on chérit surtout les personnes et ce qui s'y rapporte, parce qu'on n'a véritablement de tendresse que pour les personnes. — ^tmer n'emportant par lui-même aucun degré ni aucune manière , il peut y avoir des préceptes qui déter minent de quelle manière et jusqu'à quel point on doit ou on ne doit pas aimer. « L'évangile commande d'atm«r le prochain comme soi-même et défend d'aimer la créature plus que le créateur, a GiR. Le degré et la manière de chérir sont toujours les mêmes et n'ont pas besoin d'être indiqués.— Ce qu'on aime est agréable simplement ; ce qu'on chérit est cher, précieux, réputé de grande valeur. Ce qu'on aime procure ou même seulement promet des jouissances; ce qu'on chérit est un trésor auquel on tient infiniment. Si on fait quelque chose pour ce qu'on aime , on se sacrifie pour ce qu'on chérit.
On ne peut trop chérir Totre chère santé. Et pour la rétai>Ur j'aurais donné la mienne.
(Tartnfe à Elmire). Mol.
« Il me semble que pour cette foi que je chéris, et que je garde comme mon plus riche trésor, je ne craindrais point de donner mon sang et de sacrifier ma vie. « Bodrd.
Mais chérir ne dit pas seulement plus qu'aimer, il dit autre chose. C'est par goût, par en-
traînement, par une sympathie ou une oenspooduiee naturelle, par un acoès de oensibibte ou par d^trice qu'on otme; et c'est {mr cheix. par estime, par x*espect, en oonsAquence é\xa jugement de l'esprit qu'on chérit. Chérir k. mémoire 4e quelqu'un (AcAn., Gonn.) ; un peuple qui chérit son roi (Boas.). « Cette princesse aura tontes les vertus que nous chériuone avec respect dans les prinoesses de nos joues. » VeLX. « Cembien nous devons respecter et thérir de tels jagesl • In. « Beapectable vieiUard^ ekéri et estime généralement. » iD.^Bn coBséquenoe, on pmit chérir des choses pour leequeUss en a aatureUemeni de la répugnance. C'est ainsi qu'un nateiir chérit la critique (Bqil.). C'est .ûnsi ^ue J. G. et ses disciples ont dUri l'abaissemeni et les sonf- Xrances (Volt.). •— On peut «imer , mais non pas chérir ce qu'on désapprouve. Aimer eet opposé à haïr , et chérir à détester. « M. de Sales dëAeste la persécution et chérit la philosophie. » Volt.
Je chéris Alcméon , je délesie Hermogiâe. In.
Affectionner n'exprime ni un amour ë'eatra&aement, de sympathie , comme^mer , ni on amoar de choix , de prédilection , d'estime , comme chérir^ mais une sorte d'amour, un simple intéréi pris -aux personnes ou aux choses en vertu de l'habitude. « CornetUe parait a/fec(«miter les vers d'antithèses. » Volt. « On a remarqué que €icéron affectionne certaines formes de constructioD ou d'hannonie qui reviennent souvent.» Lan. «Je ne sais point si le chien choisit, s'il m reesouvient, s'il alfectxonne, s'il craint, s'il imagine, s'il pense. » Labr. « On a lait construire pour & paca une petite loge en bois dans laquelle il demeurait assez tranquille pendant le jour.... 11 semble même affectionner sa retraite tant qne k jour dure.» Buff. «I^s maîtres ont peu de fantaisie et d'humeur, et leurs domestiqaes le^ c^actiannent promptement. « J. J. — AffeatiomieT se dit surtout d'un supérieur à l'égard d'un inférieur qu'il protège , qu'il favorise , à la ibrlune ou à l'avancement duquel il cherche à contribuer. «Certaines lumières paraissant la nuit donnent sujet aux peuples oisià d'imaginer des escadrons de fantômes qui combattent en l'air , et auxquels ils font présager la perte ou la victoire du parti qu'ils a/fecttonfienC » Dbsc. « Soyez persuadée que j'a/fectionne cette œuvre (celle des filles charitables de la Ferté), et que j'en prcEodrai un soin particulier, surtout quand....» Boss. «La reine d'Espagne dépêcha au roi le marquis de Grillo , qu'elle affectionnait et qu'elle fit gracù d'Espagne dès qu'elle s'y fut rendue maîtresse. ^ S. S. «Le roi Louis XIY, pendant le travail, demandait l'avis de Mn^ de Maintenon. Jamais elk ne paraissait «Sectionner rien , et moins encore s'intéresser pour personne.... Quand elle n'affectionnait personne , c'était le ministre mâme qui disposait des gr&ces et des choix. » In. « Son £iceUence lui témoigna de la joie de ce qu'il avait choisi pour gendre un homme qu'elle affeetûnuuùi beaucoup et qu'elle prétendait avancer. » Le&, — On o/fectionrle aussi les affiûresqu'on a k cœur. «Je forçai le duc de Noailles de rapporter une aflaire que je savais qu'il oflectÀonnait , et sur laquelle je l'avais entsepris sans mesure. > S. S. « Bm-
SYNOMÏlfiB k MMCkm, DIVERS.
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pressé pour engager «dsos tui6 ttnnK éss pcwunnes qui ne l^af^iarmant -pas nVnent pourtant reftiser d'y entrer. » JASk. __^
MBfSi^iciR, VE ■ÊKQm,tG9UR. Terttes àe cmnpBTûsoii.
AfÊtH qiÊê et de même qw wnit bien distincts Yusi de l^amtre. .i«fwt <9«e se rapporte k la réalilé ou à Tévénement-, de m^me quê , an mode. Paire une ^oee onui ^un ftoftie , e'eift la ftiire aussi ; la fisdre d» m^ne ^'un autre , c'en la faire de la mtaie uamière. Lors de la conqaftte de VAménque, les iiabitants du pays se battirent aimi que^ mais non pas de méHne que les Espagnols. Un bean paysage nous charme iitfin ^'une musique délicieuse, maîa non pas de m^iae qif nne musique déliciense. Les abeîÛes construisent atgourd'hui des céltules ainsi qu^autrefois, et elles construisent au^oord'hui leun cellules de même qu'autrefois.
De son cM, wnime est d'abotd l'expression générale et s'emploie continueHement sans qu'on ait ^ard aux dieux points de me qui -séparent ainn que d'aroc de "même que : fkire une chose eomnm un autre; les Indiens ee battirent comme les Sspaqgools; Un beau paysage nous charme eamme une munque délicieuse, ttais indépendamment de celte aptitude à remplacer les deux autres mots , eoimne a aussi une application spéciale qui lui assigne un domaine propre, n est seul de unae quand il s'agit d'une comparaison enlre qualités on sous le rapport des qualités : c'est pourquoi on dit hardi comme un lion , effronté comme un page , bianc tomme neige , doux cotmne miel , et non pas batAi ainsi que , ni de imiême ^u'un lion, etc. «le bois du cerf est, comme le bob des tofèts, grand , tendre et assez léjger tians les pays iramides et fertiles. « Bopf.
Sn d^utres termes , otn#t que marque une comparaison entre choses qui arrivent ou se font , saiBTapport à la manière : « Ainsi que le gouvernement iidlue sur le caractère des peuples , le caractère des peuples infhie sur cehii des langues. » Coud. — De même que sert à comparer des faits ou des actions qui ont lieu de même , qu'on considère quant à leur manfère ou à leur façon: cDe même qu'une vapeur pestilente se coule au milieu des airs , et imperceptible à nos sens, insinne son venm dans nos cœnrs; ainsi Tesprit malin, par une subtile et insensible contagion, corrompt la pureté de nos ftmes.» Boss. — Comme annonce une comparaison qui tombe sur la qualité d'une chose ou d'une personne :
Comme on Toii un torrent...
Tel BonrboD deeeendait i pas pfëdpilés.... Teinr.
C'est la distinction de Girard, qui Fexprime de la ftçon snivante. « Ainsi que marque particulièrement une comparaison qui tombe sur la réalité de la chose ^ ce qu'on peut nommer comparaison de faits ou d'actions. De même que marque proprement une comparaison qui tombe sur la manière dont est la chose; ce qu on peut nommer comparaison de modifications. Comme marqua mieux une comparaison sur la qualité de la àiose; ce qu'on peut nommer comparaison de qualifications. >
l«Am, IIDVE, rarrsioROHOB , TKAGE; —
2« PORT, MBITiiafCC^ KBniÉHMTATION. MAIN- TIEN» GONTENAÏVCB. Itoiière d'être eitértoure d'une personne.
Mais les quatre première mots , air, mtne, physionomie et tiUage , forment une classe à part , parce qu'ils se rapportent k la face particulièrement, et même deux d'entre eux à la fbce setde. Tons les antres , poft , prtstanu , repris enlutiOf» , maintien et contenance , doîveiït être d'abord séparés des premiers, et mis ensenA)le, parce quHls regardent l'habitude entière du corps ».
VAifT, mine ^--physionomie^ visckge.
Air et mtne ne se disent pas aussi exclnsirement de la face seule : Voir guerrier et la mine guerrière s'étendent à toute la personne. KoQin dit de Socrate : « Tout l'air de sa personne , qui n'avait rien que de très-commun et de très -pauvre , répondait parfaitement à l'atr de son vtsikge. a> — Ensuite at'r et mine marquent plutôt un état apparent : avoir Yair ou la mine d'être ou de faire quelque chose, c'est paraître ou sembler l'être ou le feiire. Au contraire , physionomie et msage indiquent un état ou une qualtté qui ne laisse aucun doute. Rhadamante dit k Caton arrivant aux enfers : « Tu as la physionomie assez mauvaise , un visage dur et i%barbatif. Tu as Tatr d'un vilain rousseau ; du moins , je ereis que tu l'as été pendant ta jeunesse. » Tèjx, Dans Crispin rival de son maitre , de Lesage , Oronte est affirmatif quand il dit à Labranche : « Viens çà; je te trouve une physicfnomie ^'honnête homme.» Mais il doute et il irterroge, lorsqnru ajoute : a Ëcoute : ton maître a la mtne d'un vert galant. » Un homme qui a l'fivr on la mine triste paraît triste; xmt'prhyrhnomie'cnxnBAv^age triste -annonce phitêt une tristesse on tme inclmafion à la tnstesse sérieuse , véritable , certaine. On a moins de confiance dans celui qui fait bemie mine que dans celui qui fait bon visage; on est moins assuré de sa bienveinance.
Air, mine.
Mine , en allemand miene , «st pkis familier et se prend plus volontiera en mauvaise part : avoir une mina patibulaire, la mtne d'un malfàiteor, une mtne k faire peur, une laide mtfie-, une dr6le de mine. On ne dit guère une mtne noble. « Dans l'état de natura, l'homme aurait aussi une mfine bien étrange. » Buff. Lafontatne dit de Louis XI , tel qu'il est représenté en marbre sur son tomfbeau à Gléry :
Je hd trouvai la miiMd'iin matois.
4 . Toalefols eoauae Voir et la mina ne se bornent pis cmenlielteHient à la foce seule , et qu'ils eomprement quelquefois le corps et ses situations , et que, d'autre pari, maintien el contenance ne se disent pas seulement des altitudes du corps, mais aussi des traits de la face, il faut disiioguer air et mine de maintien et de contenance. Outre que Voir et la nùne ont toujours plus de rapport i la face, el le maintien et k oontenance an corps, air et mine désignent l'extérieur qu'on a, au lieu que maintien et contenance expriment l'extérieur qu'on se donne en se composant, lequel montre qu'on ne se laisse poinl aller, qu'on sait se matiriser, ne point êUre embarrassé. L'air et la mine indiquent la manière dont on est ; le maintien et la contenance la manière dont on se tient^ l'attitude qu'on prend avec empire sur soi^Dème.
Comme le Toili fait (le joueor) !
DélsraUI6 , mal peigné , l'œil hagard ! A sa mimé. On croirait qu'il viendrait, dans la forêt Toisine, De faire un manTaia coup. Régit.
c Cet oiseau (un calao) se haussait, se grandissait , et semblait prendre quelque air de fierté ; cependant sa mine en général est basse et stupide. » BuFP. « Les tamatias (autre sorte d'oiseaux) ont une mtfi« triste et sombre ; on dirait qu'ils affectent de se donner un air grave , en retirant leur grosse tête entre leurs épaules.' ■ Id. '-Secondement, on considère la mine relativement à la conformation , à la santé , à la taille ; et Yair relativement aux actions et aux manières. Avoir bonne mine , ou même simplement de la mine (Mol.) c'est être bien de sa personne , ou paraître avoir de la santé. Avoir bon air, c'est avoir bonne façon. Une femme a une jolie mine ; et un air aisé , gracieux / affable , obligeant , toutes qualités qui se manifestent en partie par des actions , des empressements , par la manière dont on se présente ou dont on parle. On dit aussi, air provincial, bourgeois, écolier, parce qu'il s'agit d'exprimer un manque d'usage , de manières ou de formes. « C'était un homme fort grand; il avait le visage long, avec uq nez de perroquet , et quoiqu'il n'eût pas mauvaise mine , il ne laissait pas d'avoir l'air d'un fripon. » Lbs. On a plutôt la mine , et on prend Vair : Ulysse avait la mine d'un héros (Laf.) , et ses compagnons ayant avalé le breuvage de Circé , Quelques moments après leur corps et leur visage Prirent l'air et les traits d'animaux différents. Id. (Yoy. encore ci-dessus les deux exemples de Buffon.) — Quant aux qualités intérieures dont Vair et la mine sont les signes , l'air les représente toutes , et particulièrement celles de l'esprit : un air spirituel, fin, niais, railleur; mine paraît convenir surtout pour les sentiments : mine haute , fîère , bassse , ignoble , méchante , insolente, hypocrite.
Physionomie^ visage.
Ils se disent seulement de, la faco : physionomie ouverte, visage o\ïverX y' physionomie ou visage rude ou comique. La physionomie et le visage sont le miroir de l'âme ; ils donnent sur ses différents états des indications, et non pas seulement des apparences. Mais d'abord on interprète la physionomie , on l'observe trait par trait , en l'examine , on l'analyse , et il y a des personnes qui se connaissent mieux que d'autres en physionomie; le visage et ce qu'il révèle se voit au premier coup d'œil. «Cela est propre à désespérer les traducteurs de Cicéron qui voudront fbire passer dans notre langue , non pas seulement les traits grossiers de son visage , mais le caractère intéressant de sa physionomie. » D'Al. — Ensuite, la physionomie dépeint les qualités constantes de l'esprit ou du caractère, et le visage les états passagers de l'âme : on a la physionomie spirituelle , et le visage content ; on change de visage, et non de physionomie, à chaque émotion un peu violente. « Son esprit est comme sa p/iysionomie , fort doux et fort aimable. » Volt. « Hazael , en me regardant avec un visage doux et humain , me tendit la main. » Féif. Un homme