‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 242 sur 426 · ANCÊTRES, PRÉDÉCESSEURS, DEVANCIERS · texte numérisé non relu

ANCÊTRES, PRÉDÉCESSEURS, DEVANCIERS

Ceux à qui on succède.

Hais le mot ancêtres difl%r« Uen des deux autres. Nous descendons de nos ancêtres^ leur sang coule dans nos veines; nous tenons la place qu'occupaient nos prédécesseurs et nos demncteri, mais de nous à eux il n'y a pas de lien de parenté. Les ancêtres d'un roi sont les honmies de sa famille dont il est issu ; ses prédécesseurs sont tous ceux qui ont régné avant lui dans le même pays. L'un est dans l'ordre naturel, l'autre est dans l'ordre politique ou social. « Tarente avsit bien dégénéré de l'institution des Lacédémonieos, ses ancêtres. » Hontbsq. « Les Karseillais , comme leurs ancêtres ,' ont toujours aimé Ja liberté. > Gond. « La naissance n'est rien où la vertu n'est pas. Nous n'avons part à la gloire de nos ancéSres qu'autant que nous nous efforçons de leur ressei^bler. * Hol. « C'était une coutume des Romains de porter dans les funérailles les images des ancêtres. » Koutesq. « Dieu permet que vous transmettiez à vos enfants les possessions qui vous sont vennes de vos aiic^;/et. » Mass. « Quelques aïeux ignorés n'ajouteraient rien à la gloire du nom de Boileau; c'est lui qui honorerait ses ancêtres, « D'Al. — Que si qudquefois l'idée de parenté n'entre pas dans celle d'anc^lres, ce dernier mot se distingue alors de ses deux synonymes , en ce qu'il suppose plus d'ancienneté et s'applique à des honmies qui ont vécu il y a bien longtemps. Bossuet reproche aux protestants de faire remonter la secte des Vaudois jusqu'à l'an 120 de notre ère , et d'en (aire leurs préiéceiseurs et leurs aneitres.

Entre prédécesseur et devancier la. différence est légère. Prédécesseur reproduit exactement le Latin prxdecessor ^ dont le sens est le même; au Heu que devancier a été formé du mot français devant. D'où il suit que prédécesseur est an terme noble, de haut style , et devoêcier un mot commun et parfois dédaigneux. Bossuet, prêchant devant Louis XIV , lui parle deses prëd^èesseurs, de ses augustes prédécesseurs^ et, dans le JHscoua sur VHistoire universelle, il reproche à Chûdéric et à ses devanciers, les rois fainéants, d'avoir laissé attacher tout le pouvoir à la charge de maire du palais. — D'autre part, on a plutôt des prédécesseurs dans un emploi réglé, dans un poste qu'on a obtenu par faveur ou par élection , et des devanciers dans toutes les carrières qu'on court de soi-même après d'autres. Un souverain, un prélat, un magistrat, des académiciens , ont des prédécesseurs, a ^zte-Qnint licencia d'abord les soldats , les gardes même de ses prédécesseurs, » Volt. « Malgré tout ce qu'avaient fait ses prédécesseurs, le prélat que nous pleurons y trouva encore beaucoup à faire. • Mass. « Je crois pouvoir dire,' sans blesser le respect que je dois à nos prédécesseurs (les académiciens} que la critique du Cid est fautive en bien des points. » Lah. Mais les écrivains et lesi artistes de toutes sortes ont proprement des de^ vanciers. « Nos devanciers littéraires. » D'Al^ « Les Italiens ont été presque en tout genre lefl devanciers et les maîtres des autres peuples. * In. « Velli , dernier écrivain de l'histoire de France, avait tous les matériaux de ses devancterr. > Volt. « Montaigne fut le devancier et le maître de If on*

STNOimfES À RADICAUX DIVERS*

Zki

tesquisu en nnagination. » Ib. « Tous sentirez la force de celui (Corneille) qui le premier alla si loin dans une carrière que ses defMincien n'avaient l^aère fait qu'entrevoir. » £«aB. « M. Dosaulz a fait un très^bean parallèle de Juvénal et d'Horace, ion decoAcîcr. » Id.

AlfCIENnSHERT, AimiEFOU, JADIS. Dans le temps passé.

Aneienmement représente le passé comme reculé et par rapport aux usages qu'on y suivait; amirefing le désigne comme antre ou différent et suppose des changements qui l'ont modifié ; jadis 2e peint comme meilleur et le fait regretter.

ilttomnemefit , dans les temps anciens , dans les siècles passés , sert à rappeler ce qui se faisait ou se pratiquait chez les anciens ou chez nos ancêtres^ dans l'antiquité, ou au moins dans des siècles bien antérieurs. « La ville de Philippea , autrefois Datus, et fias aneiennement Grénides. » RoLL. « Anciennement on avait coutume d'oindre le corps de ceui qui devaient combattre dans les spectacles publics. «FiSn. « La belle cérémonie qui se faisait anetennement au baptême des chrétiens 1 » Boss. c Le rit mosarabique est celui dont on se servait andennemenS dans une grande partie de l'Espagne. » In. « Anciennement ^ en France, il n'y avait point de condamnation de dépens en cour laie. * Montksq. « L'agriculture était en honneur anciennement à Rome et dans tout le Latium. » KoLL. « Inctennemenl , les habits des Persans et des Jui& étaient de longues robes qui tombaient jusqu'à terre. » Rac. « Dacchus était anciennement représenté avec des cornes. »Volt. « Le titre de dves n'a jamais été donné aux sujets d'aucun prince , pas même anciennement aux Macédoniens , ni de nos jours aux Anglais. » J. J.

Autrefois y une antre fois, dans un temps qui était autre, dans d'autres circonstances ou un autre ordre de choses , s'emploie quand on veut marquer un contraste entre le passé et le présent , fiadre sentir que les choses n'en sont pas à présent où elles en étaient à l'époque dont on parle. Il y avait atitrefois un roi et une reine; autrefois ^ c'est-à-dire dans un temps tout différent de celuici. dans le temps du merveilleux et des fées.

Les déserts , autrefois peuplés de sénateurs ,

Ne sont plus babités que par leurs délaleors. Rac. « iutrefots , on entendait Platon par le nom de prince des philosophes , et maintenant on entend Aristote. » P. K. « Autrefois , notre musique était pleine de f redons; présentement , on a commencé à se rapprocher de la musique des anciens. » Fém. c On dit que l'éducation de la jeunesse est beaucoup meilleure qu'elle n'était autrefois, » J. J. « Athènes avait alors pour alliés ceux qui avaient été autrefois ses plus cruels ennemis. » Roll.

Jadis , jam diu , il y a déjà longtemps , seml^le exprimer que le temps dont il est question est déjà passé , a passé trop vite. C'est un terme relatif au bon vieux temps , au temps de nos bons aïeux. Hors de la poésie, il est très-familier; les plus grands prosateurs du xvii* siècle ne l'ont jamais employé, si ce n'est Bourdaloue, une seule fois : « £st-ce là cette Sglisejadû si florissante et si belle ? »

Ce n'élait pas/«£r> snr ce ton ridicule

Qu'amour dictait les vers que soupirait TUmlle.

Le repos, le repos, trésor si précieux.

Qu'on en îtissil jadis le partage des dieux. Laf.

0 trop funeste hymen I à tem Jadis si doux! YolT.

Hélas ! de celte cour J'ai vu Jadis la gloire. In. « Ne vous étonnez pas de voir devenir aride et froid sous ma plume un pays jadis si verdoyant , si vivant , si riant à mon gré. » J. J. « Et toi . n'astu point changé 7 Combien je t'ai vu différent près d'elle de ce que tu fus jadis / » In. « Français , nation jadis aimable et douce , qu'ètes-vous devenus?» In. « De ce parfait modèle de gouvernement, qui jadis nous faisait si fort estimer, il ne nous reste plus qu'un vain fantôme de république. 9 ROLL.

ÀNE8SE, BOURRIQUE. Femelle de l'ftne, de cette espèce de cheval à longues oreilles, qui brait , et dont on se sert beaucoup à la campagne.

Comme le mot âne a été formé d*asinus , asne , dne, de même dnei^e dérive incontestablement du français dne, ou du latin Oftna. Bourrique, au contraire , doit être un terme de basse extraction.

Anesse est le mot ordinaire, et convient i tous les styles. C'est celui qu'emploie Buffon dans la description de l'âne. L'dnesse, dit il, a la voix plus claire et plus perçante que l'âne; le lait d'dnesse est un remède éprouvé et spécifique pour certains maux; Vdnesse ne produit qu'un jpetit; le cheval avec Vdnesse produit les petits mulets , etc. Dans un de ses sermons, Bourdaloue rapporte que « Satll , cherchant les dnesses de son père , trouva le prophète qui lui déclara les vue* de Dieu sur lui. > Fénelon, dans une lettre à U!i évêque, rappelle que, suivant l'Écriture, un^^ dnesse parla au prophète Balaam.

Mais le mot bourrique n'a aucune noblesse : il ne peut figurer que dans le style commun, où il représente cet animal domestique sous son aspect le plus commun, comme une pauvre bête de somme qu'on charge sans ménagement ou comme la plus vile des montures.

Eh quoil charger ainsi cette pauvre bourrique/

N'ont-ils point de piUé de leur vieux domestique^

Lav.

« Nos critiques ne cessent de s'étonner que l'ambassadeur de Dieu (Moïse) , qui va faire le destin d'un grand empire , marche à pied sans valet , et mette toute sa famille snr une bourrique.» Volt. « Dites à monseigneur don Quichotte que s'il faut aller absolument où les seigneurs alguazils le veulent mener, du moins qu'il ne monte pas sur la vieille bourrique qu'on lui prépare; car elle est plus maigre qu'un carême, et elle ne va plus que d'una fesse. » (Sancho.) Lis. « Je fis présent à mon écuyer de mes armes et de mon cheval , car il était monté sur une bourrique , ce qui n'aurait pas été une monture très-avantageuse pour un chevalier. » In.

Bourrique se prend seul au figuré , et il signifie comme dtte, mais dans un langage encore plus familier, plus populaire, une personne ignare. « A ces paroles , notre petit bossu traita son contradicteur de bourrique; et les disputeurs se prirent au collet. » Las.

OECXIEME PARTIE

AKtlTAt, l*n, IMJIS. fifre dotté ée ^ie, xle sensibilité et de mouvement.

Animal vient d'(ïntmt«* , âme , sôttîfle , respiiration : Vanimal est VèXve qtii Tespire. !Bête paraît dériver da lafin edo, es^ est^ esse y ou vesci, maager , ae nourrir : la hête est l'être qui mange. Or, Taction de manger, à la différence de . Faction de respirer , ayant rapport à un appétit -et à la sensualité y on appelle hêtes les animatm qui sont réduits à leur ventre, en quelque sorte, qui sont privés de raison, chez lesquels l'intelUgeoce est assujettie aux appétits. « Thaïes remerciait les dieux d'être né raisonnable plutôt que bête. » FAn. « Toute la différence qu'il y a entre l'idée à!animal et celle de béte , est que ridée d'animal n'enferme pas la pensée dans sa compréhension, mais ne l'exclut pas aussi et l'enferme même dans son étendue ^ parce qu'elle convijent à un animal qui pense; au lieu que l'idée de béte F exclut dans sa compréhension , et ainsi ne peut convenir à Vanimal qui pense. » P. R. -^ Animal exprime le genre , c'est-^-dire un règne particulier de la nature, différent de ceux qui sont marqués par végétal et minéral , et U comprend Fhonune^ béte signifie une classe à*animaMX de laquelle Fhomme est exclu. Ainsi on devra dire, comparer Fhomme aux autres animaux, et le comparer aux bêtes; de tous les animaux Fhomkme est le seul qui marche droit, et FiroBime est supérieur aux bétes, Diogène disait : Lorsque je vois des devins et des gens enflés de leurs richesses, je ne saurais m'empêcher de croire que Fhomme ne soit le plus fou de tous les Animaux; et quand je considère les gouverneurs, les médecins et les philosophes, je suis tenté de croire que par sa sagesse il est fort élevé au-dessus des bétet (Fss.), — Entre la béte et Fhomme se trouve une opposition qui n'existe pas proprement entre Vatûmal et Fhomme. Aussi dit-K)n , bétes et gens ; il n'y a ni bétes ni gens. « Pythagore tenait que de Féther, qui est Fâme du monde , sont tirées toutes les âmes particulières tant des hommes que des b^tef ;... et qu'une âme sortant du corps de n'importe quel animal entrait indifféremment dans le coips d'un homme ou dans celui d'une béte. » Fén. Béte , d'où sont famés béUM et bêtUàuXy fait partie de beaucoup de locutions <qui servent à caractériser diverses sortes d'animaux dont Fhomme est visiblement exclu : bêtes de somme, bétes 4e trùt, b^es farouches «u jféroces, béta à ^>omes, à laine , etc.

Mais on lie parie pes toujonrs avec cette rigneur. Souvent , an contraire , employant le genre pour Fespèoe>, on donne aux bétes le nem d'smimamx c e<Mnpsner Fhomme aux animamx, Qoelle différence y a-t*tt Aon» entre animal et béU désignant «evienent ceux 4es êtres vivants et sensibles qoi eent irraiscmnables ? — On ne se sert d'animal , en ce cas , que quand il n'<est pas besoin d'cne grande précision^ ou qu'on veut relever et annoUir ces rivaux Ae notre espèce ; au lÎMi que béte lest tonjovre le tenne spécial , et ua leme déppéciatif ou aéprisant. « Rien ne flatte pLua Fi^pétit 4e ces miimaux (les moutons) que le sel.... Tous les ans, il faut trier dane le trou-

peau les bétit 4iui coinmeiM8nt à vieillir et qi^oD veut engraisser. 9 Bdff. « Qvott tant meort, tout est enterré ? Le cercueil vous égale anx bélm , et il n^ a rien en vo«s qui «oit aa-4easT]s ? Vetn esprit est in&tué des sentences de Montaigne, qa préfèrent les animaux à l'homme , leur instinct i notre raison.^. Mais connaître nne pramëre nature , adorer son éternité , n'est-ce rien qui nom distingue des bétes? v Boee. « Sur oes légères reseemblanoes , ks hommes ee comparent em animawt,,., Ils^oèlient leur âign2ié,<t eontent» de oe qu'ils ont de ooBunun avec les bétes ^ ils mènent aussi \gsie vie toute bêstiaie.,., VkammiB. anisMl superbe , qui veut s'attribuer à lui-^aéme tout ce qu'il oonnaît d'excelleQt, fsit des «ffoits pour trouver que les bétes le valait bien, ou qu'il y a pen de différenoe entre lui ^ elles.* In. « On iâdia un seoend taureau pins fort el pins méchant que le premier. Ozmin regarda dans la taprière ; il vit ^e la béie donnait bien ée Fexercice aux cavaliers qui combattaient contre eUe.... Ce fier animal avait déjà mis hors de combat deox cavab'ers. » Les.,

Brute, -qoeUe qu'en ao&t FétyaK>logîe,rancbént sur béie. « .L'amour cbamel ai^ettiei et obraltil toute la sagesse. « Cbabs. <t La brûle est une béte tout à fait d^(e.» Gonn. De là vient que. peur porter au comble la «qualification de béte, nous disons béte brute, « 0 hoaune , qui que tu sois^ qoi te fiches de a'AtM pas une béte brute , à qui û lumière de ta (raison «t l'honneur de ta liberté est à charge....» Boss. C'est le mot pn^re peur exprimer la plus grande distance entne Fhomme et les autres êtres animiés. « il y a probablement une distance immense entre FbomaM et la èmCe. entre Fhomme et les substances supérieures. i Volt, n Le singe et le perrequet ont pam à Fhomme des êtres privilégiés^inlermédiaires entR lui et la bni^e. > B-uvf. « En mettant rhomsK dans la classe des onimoiis, nous ne dècogooK point à sa noblesse, nous n'^ions rien à la supériorité de la natuve humaine sur oeUe des bruêes,* In. « Cette espèce d'intelligence des bnrtee , quoique inâniment inférieure par son principe à cefle de Fhomme^ suppose oependant des projats communs et des vues relatives. » Id. — Mais brute ne dit pas seulement plus que béte , il dit anssi antre chose. Béte ne regarde que Fintellectael; bnttea également rapport au moaral, aux sentiaaents, i la conduite, ainsi que les adjectifs brut et bmtaJ, La béte manque de raison , d'esprit , de capacité^ la brute on manque absolnment; ces qnali^ tés sont chez elle ensevelies, étonflées {obruix), et, de plus., taie se livre d'une manière ■gresâèia., violenike, effpéoée , à la satisfaction de ses eff^ tits, à ses instinciks et à ses penchants ignobles « Les Jili& évasent pins brutaux qoe les brwan mêmes. « Soss. « Quant aoz moeurs des Moscovites^, ils vivaient en drt*fer, ayant mne idée gosh fuse de l'Église grecque , de laquelle ils croyaieni être, s Volt. « On ne trouve à rorigmeqne dei homooes plongés dans la plus allfeuse barbarie, et conduits par des passions brutales dont ili étaient les viotimes. Oes sauvages, pareits au brutes , paraissaient n'avoir oomme elles qa'ua instinct grossier^ » Covd. « LiMvnme an-dessus

STNONyiBS 1 BAmCAUX DIVERS.

de la bèà0 p«r Je dan d'ioAellégeiioe «t par k rayon de U lumière de Dieu qui iui a été commimiqaé, oabliaQt le caractère de sa grandeur, sesthoateosenaent dégradé lui-même, il s'est réduit au rang des brutes insensées par un honteui asfierrisaement à sa chair, en ne lui rofusani rifloa de tout ce qui la peut remplie » Bouaa.

Lorsque ces mots se prennaU comme termes injarieux qa'im applique aux hommes, les diflérences sont ezaclement les mêmes ^ntve bête et IfnUe, Oaant à amimalj il semble exprimer, mais é OB moindre degré, et par rapport aux XoraMe seuiezoent, le sens de Mte ou oehii de hruUy ou tous les deux à la ibis ; en sorte qu'on appelle animal un homme quelque peu stupide ou grossier, ou bien quelque j>eu stupide et grossier.

ARTÊftlEIlll , PUECEDENT, JkNTÉGÈDENT. Adjectifs qualificatifs d'one chose par rapport à une autre qui vient après.

Pour mettre antécédent hors de <|uestioa, il suffît de remarquer que c'est un terme didactique ou d'école, et non pas un mot qui appartienne, comme les deux autres, au langage commun. Voj. première partie, article Àntécédeniy précédent, p. 155.

Quant k antérieur et à précédent, l'un est relatif, Fautre absolu. Antérieur «prime une comparaison formelle et s'emploie i>ien avec un régime : un événement antérieur à un autre. Précédent implique aussi une comparaison, mais il ne la marque pas d'une manière aussi précise , et de lA vient qu'il ne prend pas de régime : le chapitre précédent, cet hiver et le précédent. Étant relatif . uitt^rieMr peut recevoir di£Cérects degrés : une chose est plus ou moins ïmtérienfte à une autre , elle lui est antérieure de tant de mois, de tant d'années; n^on droit est bien antérieur au YÔtre (Volt.). Précédfnt se dit d'une manière absolue , sans aucune addition , sans aucune indicattoa de quantité.

Seul, amtérieur annonae une priorité vague, qui suppose entre les deux choses plus ou moins d intervalle ; précédent désigne une priorité immédiate 3 qui fait concevoir les deux choses comme se touchant. Aussi , antérieur se dit seulement avec l'article numérique tin , et précédent se dit plutôt avec l'article défini le : dans un siècle ardérieur , dans le siècle précédent. Un événement extérieur est arrivé auparavant^ l'événement précédent est le dernier arrivé avant celui dont on parte. Pour découvrir Porigine de notre civilisation, il faut remonter à des Ages antérieurs , et même jusqu'à des âges trèe- reculés ; les âges précédents ont ignoré l'usage de la valeur.

Outre cela, antérieur est plus abstrait, se rsupporte proprement aux actions et signifie primitivement une priorité de temps; un acte (Bbaum.) , un engagement (J. J.), un contrat (Acàd.) antérieur ; une découverte ( Agajx. ) ., une alliance (J. J.) antérieure. Précédent est plus concret, se rapporte davantage aux objets et à leur ordre. « J^ai votre numéro 8 et tous les pr^o^detUs. » J. J. Cela se trouve dans un des précédents chapitres de ce livre. Des prétentions, des liaisons, des habitudes, des idées antérieures (J. 104 ï^^ apposé dams une précédeuta^ lettre qfta^., (in.).

ANTIP«AfiE, G(HV'niE\riBITÉ. Façons de

parler qui ne doivent pas ètie priées au pied de la lettre, parce qu'elles sont employées pour&iie entendre le contraire de ce qu'elles signifient ordinairement

Vantipàraee, du grec àrrC^pamc, eontradiotioa. ou plutôt eonfn diction , contre locution , se réduit à un aeul mot, à une eimple dénomiaatien : c'est par antipknue qu'on impose tel ou tel nom à une chose ou à nae personne , qu'on l'appelle de tel ou tel nom. « Le nom de bcsufqut le roitelet porte dans plusieurs provinces lui est donné par antiphrase à cause de son extrême petiteiaa. » BuFF. c On croit que Ptolémée Philopator avait empoisonné son père , et c'est ce qui lui fit donner le aumom de Philopator (amateur de son père) , par antiphrase, » Roll.

Et le doux Caveirae, et Nonnolle, et tant d'autres. {Yen d'une salire de Voltaire. ) < Le doux Caveirae est ici par antiphroH. Il n'y a rien de si peu doux que son Apologie de la réWH cation de Védit de Nantes et de la Saint^Barthélemy. » Volt. — Mais la contreoérité est une proposition entière : on dit (Sév. , J. J.) ,eu débile (J. J.) des oeutrevérités et non des antiphrases. « Les louanges, dans le style du monde, aont souvent des eontreoériiés déguisées. » Booeu.

Tant que soii ftme -A son cfvrps est eoeniie , Un deiDi-4ii«a peut Mre une souise ; Et tout d'un temps ses éloges vantés Se cenveciir en eomire Méritée. J. B. Boua^ aL'écriteau où vous se louez sur l'amitié , qu'en dites-vous ? J'entsnds votre ton, et je comprends que c'est une satire eninrant votre pensée ; mais vous sevei peut-être le seul qui la preniez pour une 'Contrevérité. » SÉv. c Le hmgage vulgaire , en fait d'astronomie , n'est qu'une contrevérUé patpétuelie. On dit que le soleil chaque jour tourne avec les étoiles autour de La terre , etc... Bien de tout ceàa, n'est vraL « Volt.

ToutefiNs, ûontvef^rUé peut se prendre auflsi dans le sens individuel et solitaire d'antipAfrttie, c'est-à-dire pour représenter une simple qualification ou imposition de nom. Alors la différence qui sépare les deux mots tient à ceile de levr origine. Antiphrase est savant et phis particuliè' reraent usité en termes de rhétorique. « B.ochemore voius apf)elait furie, mais c'était par miltphrase, comme disent les doctes. » Volt, il en est tout autrement de eontrevérité , c'est un mot du langage commun. « Hector Boétius , dans son hieioiiie de rÊoesee, rapporte que l'on canaenie encore quelques os d'un homme nommée par centreoérilé, le Petit- Jean, qu'on croit avoir «u quatorne pieds de bauteue. » Bdff.

AFAttEB , CALMEE , <- PAGff 1ER. Faire ctaMr un trouèle, empêcher un mouvement manvaii, déaagn&able ou dangereux.

Apaiser, de à paia, signifie, àk kitre, induire ou ramener à paix ou è la paix : an «patte proprement la gueive , et des combattants «u des ennemis. Cofaiar, c'est établir le eolme mi la tranquillité qui règne sur la mer , quand lee vents ne soufflent pas : on calme proprement la mar et ses agitations. De là résultent les difiérenoa» suivantes.

DEUXlfaiE PAftTnS

1* Apaiter se dit des personnes aussi bien que des choses; calmer ne se dit guère que des choses :

Dans le temple des Juifs uo insUnet itt*a poussée. Et é! apaiser leur Dieu j'ai conçu la pensée: J^ai cru que des présents calmeraient son courroui. (Athalie.) Rac.

« Une pénitence vaine , bien loin d'opaiier Dieu , outrage Dieu; bien loin de calmer nos consciences, les déchire de mille remords. » Bouro. « Les larmes attendrissent l'époui, radoucissent, l'opai- «ent, calment sa colère, en contentant son amour.» Boss. « Â-paisons le Seigneur par le changement de nos mœurs : caZmoiw nos passions et nos ennemis domestiques ; et nous verrons bientôt l'Europe calmée , les ennemis de la France apaisée et la paix rétablie partout. » V ass.

2* Quand apaiser et calmer se disent tous deux des choses , apaiser s'applique plutôt à celles qui , comme la guerre y arrivent , sont des accidents , des faits , et calmer à celles qui , comme la mer , sont permanentes , subsistent. On apaise l'orage , et on calme la mer ; on apaûe les remords , et on €alme la conscience; on apaise les passions , et on calme l'&me. « A l'instant Dieu apaise Vo~ rage , et commande aux vents et à la mer de se ccUmer. » Hass. « Les remords s*apaisefU , la conscience se calme. » In. « La solitude calme rame, et apaise les passions que le désordre du monde a fait naître. » In.

3* Gomme primitivement calmer ne se dit pas seulement de la mer , mais aussi de ses mouvements , il s'ensuit que ce mot convient quelquefois à l'égard des choses qui arrivent, des événements , aussi bien qu'opatter. Mais , an lieu q\i*apaiser a rapport à des choses qui ressemblent & la guerre , c'est-à-dire violentes et destructives , calmer s'emploie de préférence quand il s'agit d'une simple émotion , d'un trouble léger. On apatfs des querelles (Fân., Rboh.), un incendie (Mass.), des terreurs (In.) , des remords (Id., Bouan.}, la fureur (J. J.); on calme la curiosité (ID.), les scrupules (Volt.), l'impatience (Mass., MoNTRSQ.) , l'inquiétude (J. J,, Montbsq.), l'ennui (Rac). « Vos remords ne sont-ils pas apaises , vos troubles calmés Pt» Mass. « L'aimant peut, en certaines circonstances , suspendre et calmer les irritations nerveuses , et apaiser les douleurs aiguës. V BOFV.

4* Quand apaûer et calmer regardent les mêmes choses, ils marquent des effets un peu différents. Apaiser , c'est faire cesser absolument ; et calmer , c'est seulement modérer ou faire cesser momentanément. La douleur apaisée est cessée ; la douleur calmée est seulement adoucie , ou elle a cessé et pourra revenir encore. On apaise un incendie en l'éteignant , des pleurs et des cris (MoNTBSQ. , J. J.) en y mettant fin, une querelle en la terminant ; on commence à calmer , on calme peu à peu ou un peu (J. J.).

Autant que Je le ptils, je cède i tes raisons,

Elles calment un peu l'ennui qui me dévore. Rac. « Cela calme la douleur pour un instant. » Bupp. « Ces renonciations calmaient , pour le moment présent, une tempête de douze années. » Volt. > Il f-alma d'abord un peu les choses. » Boss.

« Les premiers rayons du sol«l ealwénsnfun pea mes inquiétudes. » Les. « Ces ménagements du consul semblaient avoir U2> peu calmé l'indignation de Philippe. » Roll. — - Les conventions apaisesa les esprits, que les négociations, les promesses, des paroles de douceur n'avaient fiait que «aimer

Pacifier n'est d'usage qu'au propre : on paeife des troubles, des querelles, des diflërends, en les faisant cesser , et en y substituant la paix Mais, au lieu qu'on apaise de toutes les manières, on ne pacifie que d'une seule, par roiede négociation et d'accommodement : Ja pacification suppose un pacificateur , un médiateur. De plus . on apatfe la guerre , et on pacife plutdt avant la guerre et pour la prévenir : on apaise , quand la paix a été rompue; on pacifie, quand elle n'a été que troublée et pour empêcher qu'on n'en vienne aux éclats. Don Juan étant sur le point de se battre en duel avec le frère de sa femme , Sganarelle lui dit : c II vous serait aisé de paci^ toutes choses. » Mol. « Après cette lettre de soumission , les choses n'étaient-elles pas encore en état d'être pacifiées ? • (Affaire du quiètisme.) FéN. « Aucun des cardinaux ne s'employait ipedfier les troubles que les véritables ennemis de la France cherchaient à susciter. > S. S. • Uoe petite guerre s'élève entre l'électeur de Trêves et la noblesse d'Alsace. Charles-Quint est trop occupé de ses vastes desseins pour penser i pacifier ces querelles passagères. > Volt. « Pythagore s'appliquait fortement à pacifier les guerres dans ritalie , et les factions intestines qui troublaient les villes. Il ne faut faire la guerre , disait-il souvent, qu'à ces cinq choses : aux maladies du corps, à l'ignorance de l'esprit, aux passions du cœur, aux séditions des villes, et i la discorde des familles. » Roll. — Nos tribunaux apaisent les différends que les juges de paix n'ont pu pocifier.

^ APATHIB, INDOLENCE; — 2* INDIFFÉ- RENCE , INSENSIBILITÉ. Ces quatre mots représentent tous l'âme comme n'étant point émue et comme ne se portant point à agir.

Vapalhie et Vindolence se distinguent de l'tndifftrence et de l'tru^fwi&tltl^ par deux caractères frappants. EUes sont d'abord plus générales et plus absolues ; ce sont plutôt des dé&uts du caractère , des qualités permanentes qu'on considère en elles-mêmes et indépendamment de toute application. V indifférence et rtn<ffistbiltf^ oni quelque chose de plus déterminé , de plus acddentel , de phis relatif; on ne les conçoit quepai rapport à des impressions particulières qui devraient agir sur l'âme. On n'est point npaCÀtgue et indoleiU k quelque chose , mais on y est tndiYférent ou insensible. On languit dans l'apaf^te et Vinà4)lence; on ne languit point dans Vinéiffirence et Yinsensibilité,

Ensuite , bien que l'effet de toutes ces qualité soit l'inaction, c'est ce côté qu'on considère principalement dans l'apalhte et l'indolffice, au lieu que, dans l'tndt/fi^efice et l'tfMenftbtltV, c'est surtout l'inaccessibilité de l'âme aux impressions. L'apa^Mqueet Vindolent manquent de mobilité: Vindifférent et rttwenWble ,' d'irritabilité. Apathie et indolence s'emploient plutôt quand il s'agit

STNONnraS A RADICAUX DIVERS.

d'actions à tùre; ils signifient des qualités morales qui ont une grande affinité avec la panœ. Indifférence et imsêiuibUité se disent bien aussi q;uand il s'agit de simples impressions à reoeroir , au théâtre , par exemple , sans considération de conduite à tenir ultérieurement.

1* ipatfcie , indolence,

Vapaihie (du grec dhcdOtui , impassibilité , stupeur) est plus absolue encore que Vindokneê (du latin M doUre, ne pas éprouver de douleur). Ce n'est pas seulement comme un sommeil, c'est uoe léthargie complète , une sorte de maladie , de paralysie, qui engourdit l'&me durant toute la fie et la rend morte pour tout ce qui tend à la pousser à Paction. Il ne manque peut-être à Vindoleni que d'être plus^animé; l'apat/iigiM est inanimé, c'est une souche ou une bûche. « Essayez d'animer Vindeknt d'une activité suiyie; de glacer par Yapatkie l'âme bouillante de l'impétueux. > Volt.

A la rigueur, et quoi que semble en penser Voltaire, Vindoleni peut être tiré de son état; un grand malheur domestique, par exemple, peut l'en fiufs sortir; mais VàpcUhie est incurable , et c'est ce qui la rend si dégradante. « Ces études retirent un prince de l'oisiveté , de Vindolenu et des vains amusements de la cour. » Roll. Saint- Simon dit de Monseigneur, fils de Louis XIV, « quHl était tout noyé dans la graisse et dans l'apathie. »

L'apathie tient an tempérament, et c'est un état où on est pour ainsi dire pétrifié , dont on , n'a pas conscience et dont on ne jouit pas. « G*est aux extrémités du globe que la nature engourdie par le froid laisse encore subsister cinq ou mîx espèces d'animaux ; ils y vivent dans un caime apathique, qu'on peut regarder comme le prélude du silence étemel qui doit ré gner dans ces lieux. » Boff. Vindolence^ au contraire , est quelquefois un état choisi ou gardé à dessein , daiis lequel on se complaît parce qu'on y trouve son bonheur : un tndol^nl épicurien (Roll.) y un voluptueux indolent (Volt.).

2* Indifférence , iaseiiiiht^^.

Vindifférenu se rapporte plus à l'esprit, l'ti»- «nsthiiit^ à la tentibUité et au ccsur. La première consiste à ne pas mettre de différence entre une chose et les autres, à ne pas la distinguer de la foule*, la seconde à rester froid aux impressions , à ne pas Us reesent^. Vindifférenee a lieu à l'égard de tout ce qui pourrait ou devrait intéresser, fortune, entreprises, spectacles, découvertes, sciences, matières religieuses, philosophiques ou politiques; VimeneibiliU a lieu à l'égard de tout ce qui pourrait ou devrait affecter, émouvoir, comme maux, coups , reproches , plaintes , railleries, et autres choses semblables. D'ordinaire, les vieillards deviennent indifférents , ce qui les empêche de prendre aucune part aux affaires, d'en faire cas , de s'en soucier ; les personnes qui ont beaucoup souffert deviennent inuntiblei^ c'est-à-dire inaccessibles à la compassion , à l'humanité , et par suite à la bienfaisance. Vindifférenee touche au mépris; V insensibilité est plus voisine de la dureté.

Ed philosophie morale, Vindifférenee est une

qualité de l'esprit, Vinsensibiliié une qualité du cœur. Pour être indifférent en ce sens , il faut que la raison demeure dans un état de neutralité et d'indépendance par rapport aux passions, qu'elle ne prenne le parti, qu'elle n'épouse les intérêts d'aucune, mais qu'elle les juge toutes avec impartialité et en retranche l'excès; ritiseii* «t^th'l^ ferme l'entrée du cœpr à la tendre amitié, i la noble reconnaissance , à tous les sentiments les plus justes et les plus légitimes. L'une établit dans vime le calme et la tranquillité de la sagesse; l'autre détruit l'honune lui-même, en &it un être sauvage et isolé, presqu'un monstre. « Vindifférenee de saint François de Sales n'était pas une indolence , ni VinstnsibUité des nouveaux mystiques, qui se glorifient de voir tous les hommes, non pas malades , mais damnés, sans s'en émouvoir. Le saint évêque demande partout qu'on désire pour un ami, pour un père, ce qui convient. 9 Boss.

APOCRYPHE, SUPPOSÉ. On qualifie ainsi un écrit qui n'est pas authentique, c'est- à -dite de l'auteur et de l'époque auxquels on le rapporte, et qui par conséquent ne mérite pas de créance. Ces épithètes s'appliquent ensuite à l'auteur prétendu lui-même et aux faits qu'il raconte , ou à des faiu semblables.— «Ces quatre Evangiles furent appelés authentiques , par opposition aux autres nommés apocryphes. » Volt, c Quelle justesse de critique m'est nécessaire pour distinguer des pièces authentiques des pièces tupposéat » J. J.

Mais apocryphe vient du grec &icé«^fo<, caché, ignoré, dont l'auteur est inconnu; tupposé est le participe d'un verbe français. On se sert plutôt d'apocryphe en termes d'érudition et relativement à Tantiquité ; et de supposé en parlant d'écrits modernes. Outre les Evangiles véritables, il y en a eu d'apocryphes (Volt.) ; le Testament du cardinal de Richelieu est un livre supposé (lo.). Il y a une histoire apocryphe du procès que les Egyptiensfirent aux Juifs par devant Alexandre lorsqu'il passa par Gaza (Volt.) ; Voltaire se plaint d'un libelle imprimé de son temps i Lausanne et qui contenait des lettres supposées sur quelques pairs anglais, sur le roi de Prusse, sur Calvin. Ou bien , par rapport au même livre , on préfère apocryphe ou supposé suivant qu'on se place au point de vue des anciens ou au nôtre. « Busèbe de Césarée ne s'avisa jamais de soupçonner que Sanchoniaton fût un auteur apocryphe.... Sanchoniaton ne peut être un auteur supposé. On ne pouvait avoir aucun intérêt à faire cette lourde friponnerie. » Volt.

D'autre part , ce qui est apocryphe se considère en soi, comme devant inspirer de la défiance; ce qui est supposé a rapport à un agent et à sa çianière d'agir : un écrit ridiculement (Volt.) , effrontément (In ) , odieusement supposé. Ce qui est opocryp'ie est d'une main inconnue ; ce qui est supposé est de la main d'un fripon. Tenez pour suspect un écrit apoer^fphe , et pour faux un écrit supposé. cAubéri, biographe de Richelieu, traita le prétendu Testament de ce cardinal de livre apoe^/phe et suppqsé. » Volt. Un fait (BaFF.)) une anecdote (Volt.), un conte

BËOXIËKE PAATIE :

(Laï.)î ^e histoire (Labr-, Voet.) apoenfphe excite et doit £xcitdr des doutes; un miracle (BouRD.), un acte (Acad.) Mupp^eé^ use lettre (Volt. , s'âl, , Mj^bm . ) , me pièce (J. J. , Cord. , Lab.), une Id (Volt.), une charte (Jd.) sufpoiée, ont été oiuitrouTés on ^Bbriqnés. r

APOIOGiE, nÉPSnSE, fUSUFlGATIOlf . :àction de soutenir ou «e qu'oa dit pour «outaDir une cause quelconque , i^noeenoe , le droit de quet» qu'un.

Apologie , mot geec, se ditpacticulièremeait'eB tennes de Iittéf»kuTO<eitde Aoctrines. La plupart des pré&ces sont des opoto^'av ^i ne réussiBseot guère (J. J.). aOnlakse imprimer *u milieu de Paris, et arec approbation de certeÎDs docteurs, la théologie de JC. Habert, ei -ensuite ses apohfieg. > Féir. a Le iâvre ées Maximes n'est 4|u'une ofologie cachée eu qtdétiflae. » Bose. tens ses Éloges M9ioriBpi.ts^t'IJKBi^sBTim^ÈjA à M. de Glermont- Tonnerre , dit : « L'opinion puiiLique traite avec si poi de fairavr l'é^ôque de Moyen , qu'il a mallieareiBCBient beaucoup plus tbesoin d'une ajTofo^te que d'un éloge. 9

Vais ce luot aj^avtenant «usai au langage •oommon , c'est corame tel mmtout qu'il demande à être examiné.

dl a d'abovd fsigosfié spéeialeinent des écrits composés par tes premiers cfarétians pour la ééfenee <du «faristianiaae , en vue de détinûpe les impHtations vegnes, tes .calomnies dont jl était l'objet.

De là le sens ordinaire du mot apologie , et ce t|ui le distingue de défenm*

Vnpoîogiv «appose des reproches généraux qui font tort à la réputation, des bruits répandus dans le public , des rumeurs; la défense répond à une accusation expresse et pi'éciae 'qui la rend nécessaire. Vapologie n'attend .pas ia, prarocation , c'est une sorte d'éloge spontané , comme on peut le Yoir par le passage de d'Alembert rapporté ci-dessus ; l^défense^ au contraire, rq>ousse une attaque , c'est une réfutation catégorique. Vapolo§ie s'adresse au public , la défense aux juges. Un homme contre lequel il existe des préventions dans le monde a besoin &*€ipolcgiei un homme cité devant les magistrats a besoin de défense. V apologie a un champ plus vaste ; vous faites V apologie d'un homme dont on pense etdant on parïe mal ; vous en dites du bien , et vous t&càez d'en donxherune benne opinion. lAdéfense osi^Uis resserrée : vous prenez la dé(jGnwe d'un accusé, et vous combattez les inculpations dont on le charge. Une bonne opola^fte Mi estimer; une bonne ééfense fait absoudre. — De plus , comme l'apologie se propose d'édaiier le publb^ c'est {dutftt un écrit , quelque -ciiose que l'impcession fait 8id>sifter et qu'elle répand. Laharpe uppelle apoUgies les défenses publiées par Péltason en isveur de Fouquet. « Lee plus savante ministres protestants entreprirent k 'défense ée la doctrine de la grftce universelte. Daiillé en fit Vmpoiogie , où Biondel «dt ma préface.» Bobs. « On tcemble que ^an- Jacques n' écrive paor aa jdéfense; chacun paraît agité de l^effroi de ?oir p&aitre de lai quelque apoiogie, » JL J.

V'opeiogie ^ la <ééféim ^Ulèreotda mène de

I la jutiifioo/Ucn: oe aont des moyans emptoyés pour y arrixrer.En faisKkt l'apoloyie, et en prenant la défenee, on tcavallle à la fusUficalion, Vapohgie et la d^<fue sont habiles ; la, jusii^ tùm est pleine (Pasc.) eu entière (Boss.) < iL'i^elogie en Sait de procédés qui n'est pas fonée n'est dans l'esprit du public que la fipécautioû d'un coupable : il en résulte tout au plus uoe exouse, rarement une îioét/iiMtfMi. « Dqbl. «CîoéroQ àéf'enda Miion^ mais il ne putparrenirà le;/ttftt/isr«» D'Al. Cette distiactien est si vraie, qu'il y a d^-autres OBwyens de justifumiion que V apologie «t ila éifense, «t, par exemple, ^es pièces justi&catcres, des déposhions de témoins, des indices de toutes sortes, le temps, etc. — Hais/itfti/ioalten.ae prend aussi, comme ses syncmymes, pour désigner le trarail et les efforts qud tendent & blanchir , A disculper, à taire voix qu'on est juste ou qu'on a saison. AiLocs il annonce seul une preuve , une démonstration complète, on rasBucanoe du suçote. « Une justifkatùm fil évidente ne fixt point reçue, s Volt, aie roi , à qui ses grands enq)lois ne laissaient pas k temps de live, Jes nombreuses justifioaiioat des jansénistes , ccat qu'ils étaient dans l'enear. » RAa

1« APOPOTHEGIIfi , APBQBiffllS, AXIOMK ; ~ 2* lIAXaiE, SKNTENCB; — 8* PRO¥BBBB, AD!i4G|B. Penséeremarquafale, brièvement énenoée.

!• Àpophthegme ^ aphorisme, axtome.

Ces trois mots sont pris du grec, AKof^eypA, àqpopiopoc , &Çn»(tau Gela seul sùdSi pour les fiaine mettre A part , l'ancienneté et la noblesse de leof origine devant nécessaorement produire quelque effet BUT leur sens.

Apopkthegme, de AsoçiOBinrtoftat., pisnoDoer avec emphase^ signifie une parole ezoallente, un dit mémorable d'un ancien ou des anciena. < On pourrait donner & traduire aux enfants qui commencent A étudier le latin quelques apophihegmes des anciens, quelques histoires tirées de l'ficriture sainte, comme celles d'Abel et de Joseph. » Boll» « Diogène Laërce a écrit en dix livres les vies des philosophes, dont il rapporte avec soin les sentiments et les apoph- Uiegmes, » Id. c Quelques-uns ne godient que les €ipeplUkegmBs des anciens , et dss ejcea»ples tirés des Romains , des Grecs , des JSgyptiens. » Labs. « L'illustre don Ignaoii) , professeur «t compilateur, passait presque loule la journée à lire les auteuss hâbreux , «grecs et latins, et à mettre sur un petit carré de papier ^aque apophthêgme ou pensée brillante qu'à f trouvait. > Lbs. « Il possédait, depuis «on jeane âge, cent dix-huit apopluhegtnes tirés des moiens , qu'il employait dans îee oooasions allantes. « JfONTCSQ. — Que si Vapop^Uhegme m vjeoit pas de l'antiquité, U est digne d^ea renir, il a été dit A la naanière des aociena. «Sofez ànrf , tranchezHBQoi votre discours d'un apopkihegaÊe A hL lanonioinB. » (Le docteur Pancraoe à SgoAlelle. Mofiage forcée Kol. «Xe roi de Prusae dit au ei^tft de ma fawur et de ma fortune : Laîaaez Xûre^ fin presse l'orange «t an la jetàe quand an a avalé le jus. La Métrie ne manqua pas da me .nftdM «e bal apùphtkegme digue de Benjrs de

STOONTHBS Â HAWCATO DIVEUS.

SyneatB. » TbtT. « Je préfère à ce beau Aiacour» i^pof^heffme de Hontaà^e : Ne reganle pas qai est le plus saTaot , mais <^i eA le mieux savant. » Td. — Quelquefois ce mot "se prend en maiiyaise pan, eftenpoite xine idée de pédantisme. « Nous ne pouTîons nous tenir de rire à la grarlté «ftgistrele avee laqaette K. Varcel (célèbre danseur) prononçait ses «avairts apophthegmes, « 7. 7. Vontesquieu, ayant appris <iu*un ambassadeur s'était déclaré contre VEtprit des lois , écrivit à ce sujet : « H iknt pardonner à des Tnifliaftres , souvert nribws des principes du pouvoir artitnin , de n'avoir pas des notîoBs bien justes svr certains points, et de basanrder des apcph^tegmes. » «Un^des ûptfphthegmes de la "vanité gothique , c'est qu'en France on ne connaît de noblesse que celle de Vépée. v D'Al.

Aphoriame , prâmtivement distinction , détermination , définition , a désigné ensuite et désigne encore awjounTbui des décisions ou des prescriptions contenues dans des traités scientifiques , principaJernent dans des traités de médecine: les aphorismes d'Hippocrate (Acad.), de Boëi^aave (Volt.). « Les médecins nous enseignent qne ces Aurestes complications de symptômes et de m^afies qni déconcertent leur art et déméritent si souvent leurs anciens op/iorismes , ont leur source dans les plaisirs. » Boss. « On a de WAomet quelques aphorismes de médecine. ■» Yolt. « On peut appeler ht définition que Platon a donnée du plaisir et de la doulear un eicellent aphorisme de physiologie. « Lah. «4'fci fait souvent sur moi rexpérienoe de cet opharisme d'âvieenne ou de Oalien , que de manger avant rentière digestion des premiers alimeztts, c'est exposer sa santé. «Les. « Pour peu que Ton mange, disais-je, ne mange-t-on pas toujours assez? 7e louais , dans ma mauvaise humeur, des ophori«in«s que farais jusqu'alors tort négligés.'* In.

L'ostome, du -verbe S|eo3v, estimer, Juger, tenir pour constant , n'est ni un dit notable d'un ancien ou tel que ceux des anciens, comme V<rpo^thegme , ni un précepte, une proposition dogmatique Telative à la santé surtout, comme l'aplierisme, mais une vérité générale qui fait autorité , un •principe évident par luim%me, qui n'a pas besoin d'être démontré, qui sert de point de départ à un raisonnement ou dans une science de raisoraiement. «Les propositions universeHes , connues par eUes-mêmes , s'appellent tmiomes , ou premiers pnncipes. » Boss. «L'art de persuader exige qu'on propose des pnncipes ou eupiomes évidents , peur prouver les dioses dont il s'a^i» Pasc. «Les définitions des dioses sont de rentables proqpositions qui ewt besoin if être prouvées , k moins qu'elles ne soiem daires d'elles-mêmes comme des cmome».* P. R. «Nul axiome n'a Jamais été plus universellement reçu qoe celui-ci : Rien ne se fait de rien* » VoLf. «ToTftes vos -preuves contraires tirtes de plus loin se brisent contre cet axiome qui ra'entmtne irrésistiblement , qse la même chose ne "saursH èlre et n'être pas. » J. )f .

}* Wcopime , leiflsfics.

Ces deux «eits m Tseinmt pDMt éhi grée

connue tes préoédofts ; anssi n'ont-ils aucun air d'antiquité ni de science. Ib «priment le résnl^ tat d'observatioûB faites sur les hommes dans la commerce du monde , et se rapportent à la con^ d^iHe de fe vie.

Mmxime, mtutima (fv«), ce qtfâ y a de plus grand, de plus important, indique la valeur de la pensée ^our la pititique; -et «nfenoe, de, senîêntia , opinion , proposition , vote , sentence , arrêt, en marque Teipression. On suit une ffMUPMfie, et non une sentmee; un homme a pournuunme et non pour sentence que.... liais on prononce une eentenee: «N'attendez pas ^u prince de Gondé de ces magnifiques paroles qui ne servent qu'à favre connaître les efforts d'une âme agitée ; il ne sait ce que c'est que de prononcer de ces pompeuses sentences. » Boss. On dit une bonne maœime , et une belle sentence; une mosinie pemàcieuse , et une sentence obscure ou équivoque. Relepfer les maximes d'un livre, c'est Tattaquer oomne dangereux, le censurer; en rdever ies sentenees , c'est l'attaquer comme nuA écrit, le oritiquer. La masnme se considère quant au fo«d, quant à l'otithé dont elle peut êtn oanate règle; la •sentence se considère quant à la fonne ,au peint de vue littéraire ou enratoire. «Le mépris que mes méditatrons m'avaient inspiré pour les memirs, les maximes et les préjuges de mon siècle , me Tendaient insensible aux ratfleries de ceux qui les avaient , et j'écrasais leurs petits bons mots avec mes sentences. » J. J. Toutes les bonnes maximes sont dans le monde, on ne manque qu'à les appliquer (Pasc.); Racine fait dire au sentiment ce qu'au temps de Corneille on n'exprimait guère qu'en sentences , défaut brillant qu'on imitait de Sénèqae (Volt.). 8* Prot?CTt« , ado^e.

Latin, prwerVium, ada^ium. Le ppotm^ et Vadstge sont des mammes oosnuuws, qui se trouvent dans la bouche de tout le monde. Aussi ces deux mots ont-ils quelque chose de populaire et de familier, qui les met au-dessous des précédents, et par là même les en distingue. «Un proverbe bss est retenu par le commun des hommes plus aisément qu'une maanme noble. » VoLt. « Il faut distinguer dans les vers de BoUeau ce qui est devenu proverbe d'avec ce qui mérite de devenir maatime. Les matâmes sont nobles , sages et utiles , elles sont faites pour les hommes d'esprit et de goût, pour la bonne OOTipagnie. Les provefl^eff ne sont que po«r le vulgaire, et Voù. sait que le vulgaire est de tovs les états.» In. «Les maenees sont les proverbes des haBnêtos gens , comme les proverbes sont les sentences du peuple.» BooB.

Fro«ii*l» est le mot ordînaiTO, mot auiai fréquemment «site que oek^ de verbe , d'où H dérive : proverim y c'est-à-dire nerbe, pro, en avant, -dobors, en public Àdage^ au oontraire, n'ayant pas d'ànailogue dans notre lao^Be, ne ^'y dit que rarament, sanroir ^uaiid il eiC question d^m prwerbe Ancien. Sous le titw 4'^ da^es , Érasme a fait un recueil des proverbes ée la langue grecque et de la langue latine, c Ne peut-on pas ^rovs appliquer l'ado^i ancien :JOktt oemam sMtis?» BBAtra. «Celaosi incomtest^le

conune cet adêge si connu : StihUUa tama , loUttwr effeetus. » Lâh. Sous ce rapport, il y a de la ressemblance entre Viidage et Vapophthegme, « C'est comme diseur d^apophtegmes et de bons mots que Figaro dit : quand on cède à la peur du mU , on ressent déjà le mal de la peur... , et tous les adages de cette espèce. » Id.

De provetie ancien à yieux proverbe la transition est facile. « On trouve dans d'Alembert de petites idées communes aiguisées en épigrammes, de vieilles anecdotes rajeunies, de yieux adages renouvelés. » Lab.

Au peu d'esprit qae le bonhomme (rsbbé Trublet)

avait, L'esprit d'antnii par supplément serrait; Il entassait aJage lur adage , n compilait, compilait » compilait. Yolt.

Enfin , adage , dans son genre , comme apophthegmê dans le sien, se prend volontiers en mauvaise part : il signifie alors un proverbe de gens et plus ordinairement de savants qu'on méprise , ou qu'on dénigre. « Par bonheur , les adages de cas philosophes, qui arrangent l'avenir comme le présent, ne dérangent point le plan de la Providence. » Lab. et De 1& est venu ce bel adage de Qiorale , si rebattu par la tourbe philosophique , que les hommeé sont partout les mêmes , qu'ayant partout les mêmes passions et les mêmes vices , il est assez inutile de chercher à caractériser les difiérents peuples. » J. J.

APOTBÉOSE. DÉIFICATION. Action de diviniser, de faire dieu, d'élever au rang des dieux.

Apolft^ose est grec , et déificoHon latin ou fait du latin. Le premier de ces mots exprime quelque chose d'éclatant et de solennel; le second signifie un acte, un événement, mais d'une manière abstraite , sans le dépeindre. Après la mort des empereurs romains, on célébrait leur apothéose avec magnificence, et tous les honneurs divins en étaient la suite ; rien de plus inconcevable et de plus absurde que la déi/ieaîion des bêtes et de.s légumes chez les Egyptiens.

On prépare une apotMose, c'est une cérémonie ; on parle du temps plus ou moins prochain d'une déification , c'est un simple fait. « Voilà un homme (Gondé) , le plus extraordinaire qui ait jamais mérité d'être mis au nombre des dieux.... On prépare son apol/iëote au Parnasse: mais, comme il n'est nullement à propos de se hâter de mourir pour se voir bientôt placé dans le rang des immortels, M. le Prince laissera passer encore un nombre d'années avant le temps de sa déification ; car de son vivant il aurait de la peine à y consentir. » Laf.

APPARENCE , AIR , DEHORS , EXTÉRIEUR , ÉGORGE, SURFACE, SUPERFICIE. Ces moU sont tous synonymes quand ils sont pris dans une acception très-générale pour signifier, dans les choses, ce qui se montre d'abord aux regards, par opposition à ce qui en est plus éloigné. Ne voir dans les choses que Vaipparenu , que l'atr , que le dehors^ que V extérieur ^ que Véeorce, que la surface ou la superficie; s'en tenir, s'arrêter à Vapparence , à l'atr, au dehors, à Vestérieur, à Vécarce, à la surface^ à la superficie,

Kais Vapparence , l'air et le dehors ne foot pas

partie de la choie; an Heu que Vextériewr^ IVeorce , la surface et la sufpsrficie sont de la chose : c'en est la partie qui ressort, celle qui se trouve à la plus grande distance du centre et qui sert d'enveloppe aux autres. De là une première distinction.

Apparence, atr, dehors, — Apparence et air diffèrent beaucoup de dehors. Ce sont des termes abstraits, relatifs à l'esprit qui voit, plutôt qu'à l'objet vu : ce n'est rien de concret dans une chose, ^ue son apparence ou son atr; c'est son aspect, c'est sa manière de se présenter A nous Le dehors^ au contraire, a rapport â Vohjet. quoiqu'il n'entre pas dans sa constitution ; c'est quelque chose qui l'entoure et comme son vêtement. A l'égard d'une maison , une apparence ou un atr de magnificence indique l'effet produit sur nous par la vue de cette maison; et des dehors magnifiques se dit en parlant de choses qui environnent cette maison, comme jardins, cours, avenues, fossés. Une maison a -l'apparence ou l'atr d'un château , c'est-à-dire le paraître ; on dirait un château : elle en a les dehors , c'est-à-dire Icf entoura réels. De même, un homme qui a une <q^ parenu ou un atr de piété , semble pieux ; et celui qui a des dehors de piété , pratique certaines dévotions qui sont comme Tenveloiqpe de la piété. Le religion a ses dehou^ ses cérémonies, comme sonexl^'eur, auxquels elle tient; on ne dirait pas en ce sens qu'elle a son apparence ou son air. Cet homme m'a l'atr ou a un at'r prévenant, je ne sais si je me trompe : il a les dehors prévenants, il me platt déjà par cela seul. Vapparence et l'atr peuvent être faux; les dehors peuvent être trompeurs. « Le commerce du monde on la politesse donnent les mêmes apparences^ font qu'on se ressemble les uns aux autres, par de5 dehors qui plaisent réciproquement. » Labr.

D'autre part, il y a tme différence manifeste entre Vapparence et l'atr. L'ap|>arence est plus ince> laine ; elle suppose qu'on voit les choses de plus loin et avec plus de chance d'illusion. Nous ne nous laissons pas prendre à une apparence de bonté ou de douceur ; un atr de bonté ou de don* ceur nous attire. Une apparence de courage annonce un pdltron ; un atr de courage inspire de la confiance.

Dehors , e^rieur. ^ Le dehors , qui ressemble à Vapparence et à l'air, en ce qu'il est hors de la chose , étranger à la chose , et qui en diffère en ce qu'il se rapporte néanmoins à la chose, se rap proche de l'est^^rietir par ce dernier trait. Le> dehors et Vextérieur d'une maison, de la religion , de la vertu , de la probité , tiennent à ces choses , en sont des dépendances : c'est de ces choses ce par quoi elles frappent la vue. Mais le dehors n'est que relatif à l'objet , et l'esr^'enr en fait partie. Les jardins, les cours et le parc constituent le dehors d'un château; les toits et les murs en sont Vextérieur, « L'autel du tabernacle était refétu d'or pur, les dehors en étaient brillants. 9 Mass. « Les Pharisiens étaient soigneux de laver l'axt^rteur du vaisseau. » Boss. « Jamais la montre ne fut si belle ; jamais les dehors du culte plus solennels ; jamais tant d'extérieur de dévotion, et jamais peut-être moins de piété. >

STNONYMES À RADICAUX DIVERS.

Kass. — De même, au figuré, dehors signifie un acGcssoira y quel<itte chose d'ajouté , d'emprunté , une couverture , un manteau ; et ext^mur, la partie Tîsîble de la chose, ce qui de la chose se voit par opposition à ce qui ne se voit pas. Les dehors de \a piété signifie presque toujours une piété affectée-, un dehors plfttré (Mol.)- V extérieur de la piété exprime seulement une piété toute en dévotions. Avec des dehors de piété, on peut n'avoir pas de piété, mais seulement le masque de la piété; arec Yeastérieur de la piété, on peut n'avoir pas l'essentiel de la piété, la piété du cœur, matt seulement les pratiques. L'hypocrite < a des dehors affectés et pieux , par lesquels il s'efforce de duper les hommes.» Rboh. Le peuple ou le vulgaire s'attache à l'eâ^t^'eur de la religion (Volt.). Au premier manque la piété , il n'en a que le masque ; au second manque la piété véritable , il n'a de la piété que la forme visible , la partie extérieure. H en est de même des dehors par rapport à Vegtériew de l'amitié , de la modestie , de la probité. Avec les dehors, on est plus éloigné de ces vertus qu'avec Vextérieur.

Ecoree. — Vécorce est dans les arbres la première partie, celle qui se voit et couvre les autres. Au figiuré, c'est VextMewr^ mais un estérievr vil, nide et grossier, comme est Vécorce relativement au corps de l'arbre. Le paysan du Danube n'avait de grossier que Vécoru. c Le modèle du jeu de l'Arlequin est la souplesse et la genUUesse d'un jeune obat, sous une éeorce de grossièreté. » lUaii. « Le maréchal d'Huxelles, homme d'autant plus délié que , sous une grossière tfcorce de paresse et d'indifférence , il cachait sa dextérité, v In. « Yoilà la vraie immolation de l'homme tout entier (ceUe de l'esprit et du cœur); car tout le reste n'est pas l'homme , ce n'est que le dehors et Vécorce grossière. » Fîh. Bossuet oppose souvent dans des écrits dont il parle ce qu'il appelle Yécoree de la lettre k une autre partie plus relevée, qui est le sens ou l'esprit. « Les JuiCs, trompés par Vécorce de la lettre , attendent le Messie comme un puissant roi. » « Ainsi la note demeure avec Grotius dans l'^corce de la lettre, et les critiques n'en savent pas davantage. » — Au surplus , comme ce mot est assez rare du figuré, il est bon de ne l'y employer qu'en rappelant son origine par le sens de la phrase, «c Les Pharisiens s'attachaient à Vécorce de la pé- .litence, tandis qu'ils en laissaient les fruits. » Uou&D. « U faut aimer cet extérieur de l'église : c'est Yéeorce ; Biais c'est sous Yécoree que se coule la bonne sève de la grâce et ^t la justice , et l'arbre ne se nourrit plus, quand elle en est dépouillée. > Boss. < Dans les grands se cache une sève maligne et corrompue sous Vécorce de la politesse, s Labb.

Surface y super fcie.-^Swr face et superficie désignent, comme extérieur^ la partie extrême, la partie visible, et qui embrasse les autres. Hais, au propre, ils ne se disent ni de l'homme , ni des objets de l'art, teU que les édifices, mais seulement des objets naturels, des corps, de la ma< tière. Ensuite , la surface et la superficie ne sont pas comme des enseignes ou des indices , comme une montre de ce qui est au delà, et c'est pour-

quoi on ne dit point la surface, ni la superficie, comme on dit VestMeur de la piété ou de la vertu. Vextérieur est opposé à l'intérieur; la mrface et la superficie le sont à des couches sui* vantes de plus en plus rapprochées du centre. Ne vous en tenez pas à Vextérieur, voyez au dedans, allez au delà ; ne vous en tenez pas à la surface ou à la tuperfide, approfondissez, allez plus avant.

Quant à surface et à superficie, ils diffèrent comme au propre. Superficie, étant primitivement un terme de science, abstrait, ne se dit figurément que dans un sens tout théorique pour exprimer une légère connaissance des choses, c Si vous voulez étudier le monde , ne fréquentez pas de jeunes étourdis qui n'en voient que la superficie, 9 J. J. « Pendant l'enfance , la puissance de réfléchir ne compare que des superficies, ne combine que de petites choses. » Buff. « M. de Hairan possède en profondeur ce que M. de Fontenelle avait en superficie, » Yolt. Surface, au contraire, rappelle une chose qui, considérée matériellement ,,peut n'être qu'effleurée ou touchée de couche en couche jusqu'à son fond. Ce mot est relatif à l'action et non pas à la connaissance, c La prédication fera entrer dans le fond du cœur ce qui ne fait qu'effleurer la surface de leur esprit. » F^n. « Tout en moi, jusqu'aux meilleures actions, est infiniment éloigné de la perfection , parce que je n'approfondis pas, parce que je ne pratique que la surface des préceptes. » ID. D'Aguesseau dii que l'esprit, le bel esprit, celui qui sert de voile favorable à la paresse du magistrat, « est une superficie agréable, mais sans profondeur et sans solidité. » Ailleurs, il définit la bienséance « la surface lumineuse de la vertu. »

Vapparence et l'atr, c'est le paraître : ne vous arrêtez pas à Vapparence et à l'atr; ils pourraient être faux, Vapparence surtout; ne vous en tenez pas à une première impression, approchez et examinez. ^ Le dehors et Vextérieur, c'est l'enveloppe; tous deux sont opposés au dedans : ne vous arrêtez pas au dehors et à Vextérieur: ils peuvent être trompeurs, le dehors surtout. Pour le dehors, regardez dessous, voyez le contenu et non pas seulement la contenant; voyez la chose elle-même, et non pas seulement ce qui la couvre; ce pourrait bien n'être qu'un manteau ou un masque, une pure affectation. Pour Vextérieur, voyez si l'intérieur, l'esprit, les sentiments y répondent; ce qu'on voit d'une chose n'est pas toujours un bon garant de ce qu'on ne voit pas.— L'^corce est une première partie opposée à une autre plus noble qu'elle recouvre : ne vous arrêtez pas à Vécorce^ pénétrez au delà de cette partie grossière.^ La surfetce et lantper^cie sont le dessus opposé au fond , une première couche opposée à d'autres en allant en bas ou vers le centre. Ne vous arrêtez pas à la surface : approfondissez, enfoncez, ne faites pas qu'effleurer. Ne vous arrêtez pas à la superficie : que votre intelligence approfondisse et pousse ses recherches plus avant.

APPARENCE, VRAISEMBLANCE, PROBABILITÉ, PLAUSIBILITÉ. Qualité des choses qui peuvent

SEBXKKMB PARTIE

être, sinon «ffirmôw et sotttenucB posi^Tement comme éyidentes ou démonstratWement établie», au moins crues avec quelque assvranee et sans beaucoup de chances d*erreur.

Le dernier de ces mots diffère bien des troi» premiers, d'abord en ce qu'il n'est guère msité, non plus que l'adverbe plausibîement qui y correspond; on n'emploie que Tadjectif plmisible. Or , plausible, digne d'être applaudi , digne d'assentiment , est subjectif, il a rapport à l'ebligation où nous sommes d'acquiescer à la chose qu'il qualifie. « Qui ne donnerait de bon cœur son concentement à une opinion si plausible ? »■ Bosa. « Si je dis que Marie aime son fils tout entier, quelqu'un pourra-t-il désavouer une vérité si plautible ? » Id. — D'antre part, plausible n'est pas, comme ses synonymes , relatif Seulement à l'intelligence, mais aussi à la volonté, quelquefois même il se rapporte uniquement à la volonté : ce qui est plausible se montre moins comme devant être cru que comme devant être agréé ou trouvé bon; c'est quelque chose de juste et de raisonnable qu'on aurait tort de»rejeter. Ce mot se dit surtout et proprement d'une excuse : arec quelques degrés de jius , ce qui est plansiblt deviendrait légitime, tandis qu'avec quelques- degrés de plus ce qui est apparent^ vra/iien^l(^>le ou probable serah vrai ou certain. « Excuses vainement plausibles. » Boss. a Jamais chose aucune ne ftit attaquée areo des moqueries plue p^usibles que la Croix. » In. * Toilà tout œ que ces hommes peuvent dire de plus pkmtible pour se justifier. » Pbn. « Le parti de la foi n'est-U pas , non-seulement le plus sûr , mais le pivts plansihle, mais le plus raisonnable?» Bouro. Des raisons (PÉN. , J. J.) , des arguments (Boss.), des conjectures (J. J.), des systèmes» des conséquences, des inductions, des suppositions (Volt.) plausibles sont moins considérés quant à leur valeur logique que quant à rinclination qu'ils doivent produire dans la volonté : ils sont a-dmissibles sans peut-être approcher beaucoup de la vérité et de la certitude ; du moins ce n'est pss ee domier caractère qui ffappe en- eux.

Restent apparence j vraûnnUéiiee et proBodtliié.

Apparence^ ainsi que Padjeetif apparerU et l'adTcrbe apparevMi^eniy annonce la plus Ikibie crédibilité. « Il est traisembldhle ou probaMe qu'il pleuvra, marque une plus grande assurance que, il y a apparence de pluie. » CoKi). Il n'y a pas d'apparence à ce que vous dites, c'est-àdire il n'y a pas la plus légère vroteevt&laficf , pas même un air de frobabiHié, < Il n'y a nulle apparence de croire que.... » FÂir. «e Je demande ai on peut croire arec la moindre apparence que....» Boss. «Quelle apparence que....?»BoDRD., Fén., Volt. — Apparent signifie qui n'est iTratfembieMê ou probable- qu'en apparence, spéeieux, eu au «oins qui n'a qu'une vraisemblance ou une pTùbcbiXité superficielle, de première vue. « Grottus étalait des raisonnements appoitenfi , dont la £iU886fté ne peut soutenir Pexamen. » Volt. s L'hérésiarque Harcion répliquait une chose asier appairmi^ et ânes spécieuse. » Booitn. « C'est un des reproches les plus apporenfr qu'il

me ftiit. » Boss-. « Ji'en- ai iDuciié vne raison qa me semble fort opparenfe. » In. • Ces philosophes ont Ibrgé des systèmes avec lesquels ils se flattaient de pouvoir hasarder quelque explication ceppeerente- des phénomènes de k nature.... Une hypothèse ingénieuse et hafdie , qui a d'abord quelque lueur de vraisemblance ^ intéresse l'orgueil humain à la croire. » Volt. VoiB le met: ce qui est oppoiYnt n*a qu'une lueur de x^rmsemblanee^

Lai^roûem^tence, ft son tour, est logifuement moins forte que la probabilité. Ce qui est rratsew^lable est conforme au train ordinaire des choses ; il n'y a pas contradictioB ni impossibilité à ce qu'il soit : ce qui est prelbehle peut être prouvé (probare), est fondé sur des raisons positives qui portent à y croire, c àa défaut de l'évidence, nous devons appuyer nos opinions sur des pro&a5t7t(K^r ; fl sentit mad de se contenter de vraisemblances et encore phis mal de juger sur rappoTTnce. » Coiro. « TJne lueur de vraisemblance. » Volt. — Une autre différence entre ces deux mots liés par une synonymie assez étroite, c'est que la erot^eniWance approche proprement de la vérité , et la proha^tltt^ de la certitude. La tTateemdîonce- consiste dans le plus^ ou moins d'exactitude d'une représentation . et la probabilité dans le plus ou moins de force des raisons qui portent à croire à une chose : une idée, on récit , un bruit , un poème , un romsn , sont vraisemblaJbieSy ils rendent les choses comme elles sont ou ont été^ une opinion , une doctrine , un argument , sont pràbablet^ ils ont* une certaine force de conviction qui détermine à y croire. On ne dirait pas qu'un poëme et un roman sont probables ^ pas plus qu'on ne doit dire qu^m argument est vraisembMle.

APPARITION, VlSfOff. Manifestation sumatirrelle. Dieu a quelquefois* (kvorisé des honmies d^apparfenmt ou de visiont; PBeriture et les légendes en rapportent beaucoup (Pexemples. Ne pas croire aux appartt«tm« et aux vitions. Avoir une apparition (Sév., S. 8.) ou ées apparitions (Volt.); avoir une vision (Boss., VoLr.) ou des visions (Voir.). On dît bien qu'une apparition (Boss.) ou une vision (9. S.) est arrivée à quelqu'un.

Vais apparition est objectif, et visùm subjectif, apparition, action ou fait d'apparattre, regarde l'objet ou la chose qui se montre , qui devient visible; vision , action de voir, se rapporte à la personne dont la Yue est frappée du phénomène. L'appar%Non*de la croix dans le ciel sous Constantin et la vision de cet empereursont encore un sujet de dispute. La Bible parie sourent des apparitions de Dieu et des vieton^ des prophètes. Vapparitionà^MU saint annoncequ'il s'est présenté aux regards de quelqfu'bn; la viston d*us saint exprhne ce qu'A a vu lui-même ^ étant non plas en spectacle, mais* spectateur.

Lee histoires d'appaWlûmf, de fuitônies et d'esprits (Lap. , Lab.) anrasent toigonrs, même ceux à qui elles fbnt peur; les visions, les ravissements et les extases (Botmn.) , disent les mystiques, ne sont accordés qu'aux âmes qui s'en sont rendues dignes par une longue pratique de

SYNONYMES A BAMCAUX BlYERS.

Foraison. L'artîfîce a quelquefois employé de fousses appariHons ponr tromper des esprits faibles : les fausses visicms sont des illusions ou des rô?es d« cerveaux malades ou échauffés.

ApporiHon se £t très-bien de Tobjet même qui se rend sensible à la vue : prendre quelqu'un pour une apparition (Les.) ; autrefois les apparHioM s'enfuyaient le matin au chant du coq (VotT.), Vision rappelle visionnaire; il emporte platôt ridée d'une disposition à croire aux esprits et à des scènes purement fantastiques : un homme incapable de vision (Séy.).

MPPASy ATTILUTS, GHARUES. Qfnalités d'une femme qui fônt qu'elle plaît.

Appas a le plus grand rapport avec appât , pâture dont on se sert pour allécher les animaux.

I proprement parler , les appas promettent du plaisir ; ils excitent le goût et FenTie de posséder f objet afin d'en jouir. C'est un terme erotique et un peu libre, qui est relatif à la beauté matérielle des formes, à celle de la gorge, des bras et de la taille. Les mots d'attraits et de charmes n*ont pas ce caractère de sensualité ; ils supposent de la grâce autant ou plus que de la beauté; c'est moins sur les sens que sur l'esprit et sur l'âme qu'une femme fisdt impression par ses attrait; et par ses charmes.

A mon retour â*Argo8 Je passai Suit ces lieux , Et ce passafe offrit la princesse i mes yens ; le Yift tDOS le» trppas dont elle est revêtue , Mais de Veôi d«Dl on Toit une heUe staioa : Lear brillante jeunesse observée à loisir Ne porta dans mon ftme aucun secret désir. Vol. On dit bien des afipas flékis :

II faut se marier : vous ètas dans un temps,

Où les a^fos nëirifl s'efiacent peur longlempa. Regm. £a second lieu , quoique les oj^of , à la rigueur, puissent être naturels, ce mot est plus propre que les deux autres à exprimer quelque chose d'emprunté et de factice, des parures, des ajustements, qui font paraître ayec avantage. C'est que V appât est une pâture , non pas naturelle, mais apprêtée paur une fin. <c Les appas d'une coquette. » Gia. k Les dames prennent quelquefois leurs, appas sur leur toilette. » In. «Cette belle n'eut pas le temps de bii faire l'honneur de le ruiner; elle lui tira seulement quelques plumes les premiers jours; mais s'étant aperçu que les appas dont il était épris n'étaient qu'artificiels, il s'en dégoûta, et il en fut quitte pour le vin du marché. > Lrs. Psyché, portant une boite à Vénus de 1& pan de Proserpine,. fait la léûexioa sui- Taute :

Cl ^ÊiaBr é&hmvâé divûie, Qu'en mm main» poar Yém» a remis^ Pioeersina, Eofecme des appas dont j^ pui» m'emparer; £t fécut en doit être extrême, Puisqne Yënuff, la beauté même , tes dsmande pour se parer. Hox..

Troisîèmement enfin, et toujours en conséquence dte fétymobgié, le mot d'appas implique ridée d'une espérance trompée, soit que la beauté de la personne ait Ikit illusion sans dessein de sa part, soit plutôt que la déception résulte d'un piège qu'elle ait tendu ydontairement. Âgl'aure , sœur de Psyché, dit aux prince», amoureux de oeUe-ci :

Vous aimez un objet dont les riaiits appas Mêleront des chagrins i l'espoir qu'ils vous Jettent, £t son cœur ne veus tiendra par Tout ce que ses- yeux vous pronietlenL Mol.

<c Le monde orne de faux appas toutes les créatures- qu'il comprend dans son enceinte pour ta • cher de nous surprendre par ce vain éclat. » Boss.

Il semble aussi que le mot à*app<u est plus fade que ses synonymes. Molière y joint souveut les épithètes de célestes et de'dti;iW.

On croirait d'abord qu'attrat<* et cJwrmes ont plus der ressemblance entre eux. On dit des attraits charmants (Mol.) et des charmes attrayants (Id.). On trouve quelquefois l'un et l'autre de ces mots accompagné de celui de grflces.

De grâces et à! attraits i<^ vois qu'elle est pourvue.

Mol.

« Déployez sans réserve, pour gagner votre mère, les grâces éloquentes , les charmes tout-puissants que le ciel a placés dans vos yeux et dans votre bouche. » In.

Attraits^ ce qui attire, ce qui tire à soi, exprime un effet doux et modéré, et comme le premier degré d'intérêt inspiré par un objet aimable. Les attraits nous inclinent. On dit bien de CciibLes attraits (Mol.).

De mes faibles attraiu le roi parut Drappé.

(Esther,) ÈiLC.

Ce Soliman Jeta les yeux sur Roxelane , A son trône, à son lit daigna Tassocier, SaoB qu'elle eût d'antres droits au rang dMmpératrice Qu'uB peu d'attraits peut-être et beauceap d'artifice.

Ib.

Les sœurs de Psyché, jalouses de leur cadette, conviennent pourtant que Bile a quelque» aMrotV^, quelque éclat de jeunesse.

Moi..

Elles s'éerient dans leur dépit :

Quelle fatalité secrète , Ha scenr, soemel tout l'univers Aux attrmu de notre cadette}

Toutes Les dames d'une voix ,

Trouvent ses attraits peu de chose. &•

Charmes est le pluriel de charme , enchantement. Ce mot marque le plus haut degré de Timpression; c'est comme le superlatif d'at(ratf<. Je ne saia quel attrait et quel charme invisible En un Instael a pu me Bcndte si s«iisiMe. Rbui. Sans Vaitrait du plaisir, saoa ce charme vainqueur. Qui des lois de l'hymen eût subi l'esclava^se? Volt. Ce ne (Urent qfx'aitraits^.eA ne tarent que charmes; Sitdt que ]fi la vis je lui rendis les armes , Un objet si puissant ébranla ma raison. Max.b. a Alclbiade sentit tout le mérite de Socrate» et ne put résister aux attraits et aux charmu de son éloquence douce et insinuante. > Roll. Les c/iarmef nottsr enchantent^ nous tran^ortent par une force secrète, mystérieuse, toute-puissante, ir* résistible. Si les aUraits nous plaisent et nous font aller doucement vera Tobjetf les charmes ntmsetXhywïX^ c'est en quelque sorte l'effet d'une vertu occulte et magique. « Si une laide se fait aimer,, ce ne peut être qu'éperdument, car il faut que ce soit ou par une étrange fkiblesse de son amant ou par de plus secrets et

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