‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 243 sur 426 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

de plus ÎDTincibles charmes que ceux de la

beauté. » Labr.

A des charmas si doni Je me laisse emporter. Mou Ce dédain si fameui (de la princesse pour le ma>

riage) eut des charmes secrets A me Taire arec soin rappeler tous ses traits. .. Entraîné par Teffort d'une occulte puissance. J'ai d'Itliaque en ces lieux fait voile eu diligence. In.

De plus , les eharmet tiennent souvent ou en partie à Tamabilité du caractère et font impres^ sion sur le cœur. C'est , par exemple , le sourire de la bienveillance , le regard de la sensibilité. « Il est impossible de résister aux charmer d'une beauté bienfaisante. » Gia. « Votre portrait annonce les charmes de votre caractère. » J. J. « Ce sont les charmes des sentiments bien plus que ceux de la personne que j'adore en vous. » In. < Les grâces de CléopÂtre et les charmes de sa conversation. » Roll.

Ainsi, les appas tentent» excitent le désir ou la convoitise ; les attraits préviennent favorablement, attirent, inspirent le penchant ou Vattrait; les charmes produisent la passion, l'enthousiasme, l'adoration.

Une femme étale ses appas ; elle platt par ses attraits; elle ravit ou elle touche par ses charmes.

On dit de faux (Boss.), de traîtres (Mol.), de funestes (Rac. , Mass.) appas ; des aXtraits nais sants (Mol.),' de faibles attraits (Mol., Rac), quelque sorte ^* attraits (J. J.), une femme charffée de peu &'attraits (Mol.), la faiblesse (Id.), l'impuissance (Mass.) de ses attraits; et des charmes ravissants (Mol.), secrets (In.) , inexplicables (ID.), invisibles (Reg.i.), tout-puissants (Mol.), invincibles (Labr.).

Ces mots s'appliquent aussi en général, et par extension , à tout ce qui a le pouvoir de nous plaire. On dit , par exemple , eu termes de dévotion, les appas, les attraits^ les charmes de ce monde (Boss.).

Appas regarde ce qui tente la cupidité, ce qu'on désire avoir , et ce qui pourtant est trom* peur, incapable de tenir ce qu'il promet et de rendre heureux. Tels sont les biens de la fortune.

Tous les biens de ce monde ont pour moi peu happas ; De leur éclat trompeur Je ne m'éblouis pas.

(rartu/f.) Mol. Mais l'argent, dont on voit tant de gens lUre cas, Pour un vrai philosophe a d'indignes op/NW. Id. «c La fortune a de puissants appox pour tout le monde. » GiR.

Attraits se dit de ce qui se fait suivre et aimer, de ce qui offre des agréments. « La grftce victorieuse des ottraiis du monde. » Boss. « Quand . dégoûté de vous-même et de votre vie déréglée vous regardez avec complaisance les chastes attraiU de la vertu.... » Id. «Ce n'est pas que cette vie bruyante et tumultueuse de Paris n'ait aussi quelque sorte d'attrattt. » J. J.

Nous avons vu de voiu des églogues d'un style ,

Qui passe en doux attraits Théocrite et Virgile.

Vol.

Pour qu'un objet ait des charmes , il faut qu'il soit délicieux , qu'il touche sensiblement , qu'il transporte, qu'il se fasse admirer, adorer, qu*il

porte dans l'Ame une sorte de ravissement ou d'ivresse. « Les charmes de la poésie. « Yolt. « Trouver des chants dans l'usage des délices vicieuses du péché. » Pasc. « Tout ce qui flatte les sens et les transporte est un obstacle à la sainteté.... Ne vous laissez donc point enivrer aux charmes des sens. » Boss.

1* APPAT, amorce, LEURRE; — ^ EM- BÛCHE, PIÈGE, LACS, FILET, RETS. Quelque chose avec quoi on prend, on attrape, au propre des animaux surtout, et au figuré des hommes.

Les trois premiers de ces mots se distinguent bien des suivants : ils signifient des choses qu'on montre pour attirer, pour engager à venir; les autres expriment des machines qu'on cache, afin qu'on y tombe sans s'en apercevoir. « Ces oiseaux paraissaient affamés , se laissant prendre à tous les appâts et donnant dans tous les pièges. » Bu FF. L'oppdr, l'amorce et le Xewtre agissent sur nous pour nous tromper , pour nous séduire , il Tant savoir y résister; les emlHtcfier , les pages, etc. , sans agir sur nous , attendent que nous y donnions , non point par faiblesse ou par illusion, mais par inattention ou par ignorance, il faut savoir les découvrir ou s'en aviser. 11 arrive parfois que l'appdt , l'amorce ou le le:wrre est présenté pour faire tomber dans les emhit.hes. dans les pùqes , etc. « Annibai ne fut pas fâché de ce petit succès des ennemis. Il le regarda comme une amnrct propre à les faire tomber dans ses pXets. » Roll.

1* ippdi, amwce , leurre.

Vappàt et Yanwru sont des pâtures dont on se sert pour allécher. Mais on emploie X appât pour toutes sortes d'animaux, même pour les plus gros , comme les quadrupèdes ; X amorce est un appdt particulier qu'on met à des hameçons pour prendre des poissons à la ligne. Au figuré. appùX marque quelque chose de plus grand ou de plus solide', quelque chose dont on se nourrit (a pastv)^ et non quelque chose à quoi on mord \a m(^s\i^ simplement , dont on goûte volontiers. L'appdt est quelque chose d'utile , Xamxi/rce quelque chose d'agréable. L'appdt du gain (Acad., J. J); de l'or (Laf., Boil.); du butin (Cond.); de gros bénéfices (Volt.); d'un évôché (S. S.|; de magnifiques appéXs (In.). L'amorce du plaisir (Roll.); de la volupté (Agad.); douce amorce (AcAD., BoiL. , M0L.);.de légères (Laï.1, de petites (J. J.) avwrtes, A un avare, à un ambitieux, à un homme positif vous présentez un appât ; à un homme sensible ou sensuel, à un enfant, une amorce. C'est par l'appdl d'une somme d'argent que Judas fut amené à trahir son maître (Boss.}; les cajoleries de Madeleine étaient des amorccx dont elle usait pour précipiter les jeunes gens dans le désordre (Bourd.). Annibai jeta un appât à la témérité de Varron en lui laissant remporter quelques avantages (Roll.) ; la parole doit être maniée avec art, l'auditeur n'écoute pas volontiers s'il n'est attiré et gagné par Y amorce du plaisir (In.). 11 y a peu de mérite et peu de gloire pour un roi , à ne pouvoir s'attacher les hommes que par l'appdt des richesses (Roll.); les tableaux immodestes, sous Vamorce d'un spectacle

SfNONYVES À lUDICAUX DIYEKS.

agréable aux yeux , cachent un poison mortel qui pénètre jasqu^au cœur (In.).

V appât est plutôt puissant ; VamwcB peut être tout au plus forte. « Uespéranee du pillage était pour les soldats romains une amorce bien forte, et un puissant appât qui leur faisait soutenir ayec patience les fatigues les plus dures. » Roll.

Leurre y du latin lonini, courroie, pièce de cuir , ou de TaUemand leàer , cuir, désigne d'abord en termes de fauconnerie un morceau de cuir façonné en forme d'oiseau , dont on se ser- ?ait pour rappeler les oiseaux de fauconnerie, lorsqu'ils ne roTenaient pas au réclame. En conséquence , au figuré , un leurre est un appAt spécieux , apparent. « Rendre le plus grand nombre le moins malheureux possible , cela seul est dans la nature; le surplus n'est qu'un faux appât; et le plus perfide ennemi du peuple sera celui qui lui offrira pour leurrt TenVie et l'espérance d'un degré de bonheur auquel il n'atteindra jamais. » Mark. Vappât et Tamorce sont proprement dangereux; c'est le miel répandu sur le bord d'une coupe empoisonnée ; le leurre est proprement décevant, faux, ce qu'il propose d'utile ou d'agréable pour attirer est Tain ou chimérique. Les hommes qui aiment beaucoup leurs aises et leurs commodités , qui sont intempérants , sensibles à ce qui les touche , ne résistent guère aux appâts et aux amorces ; les gens à projets , qui espèrent toujours , les gens téméraires ou préoccupés , donnent aisément prise aux leurrer. L'appdl et l'amorce agissent sur la partie appétitive , passionnée , intéressée de notre nature et l'entraînent; le leurre agit sur la partie intellectuelle, sur l'esprit , et l'éblouit.

Dans VÂrare, Frosine veut détourner Harpagon d'épouser Marianne en lui faisant espérer la main d'une très-riche marquise , qui lui don nerait tout son bien par contrat de mariage; elle croit que , « ébloui de ce leurre , » il se désistera. « L'étalage de l'espérance est le leurre de tous les pipeurs d'argent. » Buff. « L'égalité a toujours été la chimère des républiques et le leurre que l'ambition a présenté À la ranité. > Marm. Saint-Simon dit en parlant d'une création de Boureaux offices qui devaient, disait -on, rendre beaucoup d'argent aux acheteurs : « Les légers et inconsidérés Français n'ont pu se guérir de courre après ces leurres ^ quoique si continuellement avertis de leur néant. » « Les projets éloignés, les projets de longue exécution ne me paraissent que des leurrée de dupes. » J. J. c Alors, à la Toix du deroir, qui ne parle plus dans les cœurs , les chefs substitueront le leurre d'un intérêt apparent dont ils tromperont leurs créatures. » In. « Octave alla jusqu'à faire espérer qu'il abdiquerait le triumvirat de concert avec Antoine : cette promesse n'était qu'un kurre. » Roll.

2* Embûche, piège, lacs , fUet^ rete.

Embûche , en bosc , c'est-à-dire dans le bois ou les bois , à cause que les embûches se dressent d'ordinaire dans les bois , est le seul de ces mots qai , au propre , se dise des hommes. Ce qui le distingue dans tous les cas, c'est que l'homme

Bru. FRARÇ.

auquel on tend des embûches est un ennemi , et qu'on a pour but, non pas de le prendre, de s'en rendre mattite , mais de lui nuire , et même presque toujours de lui ôter la vie. « C'est tuer son ennemi en trahison que de lui donner des coups d'épée par derrière , et dans une embûche. » Pasc. « La mort est dans notre sang et dans nos veines, c'est là qu'elle a mis ses secrètes et inévitables eftibûches , dans la source même de la vie. » Boss. c Peut-être ne reverrai-je plus mon père , dit Télémaque ; peut-être que les amants de Pénélope le feront tomber dans les embûches qu'ils me préparaient. Au moins si je le suivais , je mourrais avec lui. » Fâh. « Malheur , dit le Seigneur , à ceux qui dressent des embûches à mon peuple ! je leur redemanderai le sang de leurs frères qu'ils ont séduits et qu'ils ont fait périr. » Mass. « Caracalla lut tué par les embûches de Macrin. » MozTTBSQ. Tendre des embûches à la vie de quelqu'un (RoLL.); défendre sa vie contre les einbûches de quelqu'un (In.). Au lieu que c'est mon ennemi qui me tend des embûches , il me représente conmie lui tendant des pièges pour le faire périr (Id.). — De même, au figuré, une embûche est un guet-apens contre la chose qui en est l'objet. On dressa vainement des embûches à la modestie de sainte Catherine (Boss.). c Tu vas habiter de grandes villes où ta figure et ton âge tendront mille embûches à U fidélité. » J. J.

Piège , latin pedica , de pes , pedis , pied , désigne un instrument pour prendre par les pieds certains animaux subtils , tels que les renards et les loups. Aussi l'accessoire de ce mot , c'est la finesse. Un piège adroit (Boil.), fin (Mol.); un tissu.de pièges et d'artifices (J. J.). « On répand que J'ai donné dans un piège si subtil. » In. a Vous allez juger de la finesse de ses pièges. » In. « Vous m'avouerez que si c'est un piège , il n'est pas fin. » Id.

Va, d'un piège si lourd l'appât est Inutile. Corii. « Vous avez tendu vos pièges si subtilement qu'ils sont imperceptibles. » Boss. c Les avocats connaissent mieux que personne les pièges et les évasions de la jurisprudence. » Volt. — La haine, l'envie de détruire» tend des embûches; la ruse, des pièges.

Les lacs , les filets et les rets sont des espèces de pièges. Ils ne sont ni en bois ni en fer , mais en fil, en corde, en liens de toute nature, soit employés seuls , soit entremêlés et tissés. Chacun de ces mots a d'ailleurs, au figuré, une nuance caractéristique.

Le lacs , latin laqwus , esi un simple lien , une simple corde disposée en nœud coulant ; il ne sert jamais à prendre qu'un seul animal à la fois. Le filet et le rets , au contraire , sont des machines compliquées, des ouvrages à jour et à maille, destinés à saisir plusieurs animaux ensemble , et des animaux généralement plus petits, des poissons et le menu gibier^ — Au figuré , le lacs lie , attache , serre ; au lieu que le filet et le rets enveloppent , enferment de toutes parts. Celui qui est dans le laa est retenu , et plus il se débat , plus il resserre son lien; celui qui est dans les filets ou dans les rets est entouré , circonvenu , et plus il se débat, plus il s'embarrasse. Dans le lacs, vous

l^EirXlfiHfi PAftTIE «

vous efforcez Tainement de rompre; dans le fila ou dans le refii , vous dierehee Tainevient de tous cdtés une issue par où sortir, t^n homme tombe dans les Uies d'une femme qui lui inspire de V attachement, de Tamour; «ne i^mme tombe dans les filets é*\m lovelace , d'un sédocteur, qui Tenveloppe dans des intrigues (Toù elle ne peut se tirer. D'inextricables filets (J. I.).

Filet et rets se ressemblent beaucoup. Toutefois y le fiUt se considère au moment de Taction , quand on le jette; et rets, après l'acrtion, quand l'animal est dedans. Le filet prend, on prend tant de pièees d'un cowp de filet, et non d'un coup de rets; le rets arrête, garde. On échappe au fUet en fuyant , et au rets en passant à travers. Compère André, c'était un maître sire : Il ne tendait guère en vatn %e%JileUf Sage eât été Toiaeau qui de ses nés Se fût sauvé sans laisset quelque plume. Lav.

EwMche a été distingué d*em&ttfoade ^. 195} , et lacs de lacei (p. 219).

APPÉTIT , FAIM. Disposition i manger.

Apfétit, latin a/ppeiitus, de ad pefer» , chercher à prendre, s'approcher de, rechercher, désirer,' exprime un attrait. Fatm, de famés ^ d'où viennent aussi faméli<pie et famine , marque un besoin. Avec de Vappétit, on mange volontiers, on trouve le manger agréable ; avec do la faim , on est pressé de manger, il faut qu'on mange. «Quand nous serons pressés de la faim y nous mangerons notre morceau de pain avec un appétit qui nous le fera trouver excellent. * Las.

Si Vappétit n'est pas satisfait , on e^ privé d'un plai«r; si la faim n'est pas satisfaite, la santé ou le corps est en souffrance. Il est doux de manger quand on a appétit , et nécessaire de manger quand on a faim. La variété des viandes qui viennent l'une après Tautre a pour inoonvénient de soutenir Vappétit après que la faim est apaisée , après que le vrai besoin démanger est fini (Fén.). On est bien aise d'avoir appétit , c'est une marque de santé et la condition d'une jouissance; nul ne se soucie d'avoir faim , !a fetim est toujours douloureuse. On cherche à avoir appétit , on excite , on réveille son appétit , on achèterait de Vappétit, si on pouvait, il y a des appétits artificiels (FiîN.); on est tourmenté de la fatm, en proie à la faim , on meurt de faim. Les gourmands ont souvent apprfttt sans avoir fatm; on peut, au contraire , avoir fatm sans avoir appétit , si on est en présence de mets pour lesquels on éprouve du dégoût : oc Le muletier ne m'eût pas plutôt dit qu'on lui avait fait manger du chat pour du lapin que , malgré la faim qui me dévorait , Vappétit me manqua tout à ccup. i> Les.

La fatm est plus pressante, c'est un appétit dévorant. « 11 fallut me remettre en marche à jeun avec un appétit qui croissait de moment en moment. Vers le midi ma faim devînt telle , que je ne pouvais plus avancer, tant j'étais faible. » Les. Le héron n'étant pas encore à l'heure de son repas, ne voulut prendre ni carpes, ni brochets. Vappétit rinX y et l'oiseau dédaigna les tanches et le goujon.

Layôim le prit ; il fut tout heureux et tout aise De rencontrer un limaçon. Lap.

Vappétit ft tonte la modératioii d'un désir, la fatm toute la violence d'une passion. « VéppéUt facilite la digestion, parce que ot désir vioit dans le temps que to«t cet pré* dans le corps à la digestion.... 11 es etit de notre eovps dus ks passions, par exemple, dans une fatm, ou dus une colère viotente , comme d'un aie fauidé , deoi toute la disposition tend à décocher te trait» Boss. « Partout où nous Teesentons on imaginons le plaisir et la douleur, nous sonmies attirés ou rebntés. C'est ce qui nous donne de VappéêH peur une viande agréable , et de la répngsance pour une viande dégoûtante.... Si j'ai /btm, je chendie avec passion la nourritare néMssaire. » Jd.

Enfin VappétfU choisit et savoure; la faâ» n'est pas M délicate , elle prend et avale. L'un tend à flatter la sensnalité , l'autre ne va qu'à remplir un vide naturel, pour ainsi dire. «Hermippe mange quand il a /Sam, et les mets seulement où «on mppétit le porte. » Labm.

APPLIQVn , APfOSRR. Mettre une cbese sur une avtre.

Mais appHquer est un mot du langage commun , qui se dit dans une foule de cas : ai^liquer des couleurs sur une toile (ÂCAn.); un cataplasme , un empl&tre , un soufflet (Ln.) ; le feu à un ulcère (Rac.) ; vn remède sur une blessure (RoLL.); les échelles aux murailles poar monter à l'assaut (In.); une pièce à un vieux vètemâU (Mass.); des reliques sur un possédé iVolt.); une feuille d'argent sur un ècu de plomb (1b.)-, son pied sur une ligne peur la mesarer <b'Al.\; des huiles à différentes choses (Boss.); un objet sur la langue (In.) ; un fer chaud sur Tépaiile (Acas. ' ; sa bouche sur un objet pour le baiser (In.); etc.

Apposer est un terme de pratique et ée cl»ancellerie d'un usage très-borné. Il s'emploie sealement avec soeau, cachet, estampille, f<»rmes. scellé et signature, pour signifier mettre à un: chose une marque qui la rend authentique ou comme sacrée. «Après un compte superficiellement rendu par Aibéroni an roi d*Espagne, Testampille était apposée sur les expéditions. » S. S. «Les ministres du Toi d'Angleterre avaient ojjposé vingt-quatre fois leurs signatures et leur< cachets à ce traité. » In. « La virginité ferme U coeur : elle y oppoM comme un sceau sacré qu: empêche d'en ouvrir l'entrée. » Boss. «Séliciar Âli éleva Jussuf au vieariat; et iussuC, sa créature, n*eut d'autre emploi que d'opposer le^ sceaux de l'empire aux volontés du favori.» Volt. <c Cette question (de la loi salique) est dé<ûdèe depuis longtemps; le sceau de l'antiqiùté y en apposé. » In. « La terre sigillée nous vient des pays orientaux en pastilles empreintes d'un cachet que chaque souverain y fait appâter moyennant un tribut.» Bu-FV. «Monsieur le eoBOle apposez sur ce brevet le soeau de vos arme& ^ BBAUif. (( Le sénat donnait son déeret, et le pea pie y apposait le sceau par ses suffrages. » Boli.

Il Tait, sans en rien dire , un second lestaacm.

Il m'a fallu courir longtemps chat les notairea ,

Pour 7 faire a/fpcser les formes nécetsaîres. Voli « Elisabeth signa l'ordre de mettre Marie à mort et chargea Davison d'y faire aj^poser les sceaux. Coifn. cLea différentes mains que nous aTon

STNONYKS À ttAOICAUX DIVERS*

employées (à VEncffcîùpëdi^onï apposéh chaque article comme le sceau de ievr style partkuUer. »

Que SI on peut égaleiaent se asrrir d*a(ppUquir avec les mots cachet et iceau^ c'est quand il ne s'agit pas d'ezpiimer que cette action imprime à la chose qui la subit une ceptaine valeur ou une certaine autorité. « Lorsqu'un soeau est appliqué sur de la cire , cette cire , sans rien détacher du sceau qm' slmprîme en elle, en tire la ressemblance tout entière. » Boas, c Thrasybule et TanTuio coupent des tètes de parots, Alexandre appliquant son sceau sur la bouohe de son fa< vorf y Diogène marchant devant Zenon , ne perlaient-ils pas mieux que s'ils avaient fait de longs discours?» I. J.

APraENDKB, ENSEIGNER , INSTRUIRE , FAIRE SAVOIR , INFORMER. Donner à connaître , ajouter aux connaissances de quelqu'un.

On nous apprend les choses que nous ignorons ; on nous enseigne les choses dont on nous donne des leçons; on nous instruit des choses que nous devons faire; on nous fait savoir les faits qu'on aoas mande ; on nous informe des faits dont nous avons besoin d'être avertis.

On nous apprend les choses que nous ignorons , des nouvelles, des secrets, des remèdes, ou choses semblables dontnous n'avons point d'idée. i^pprendre vient du latin apprehendere , ad prehendere, commencer à prendre; si bien qu*on nous apprend en nous donnant à prendra , à sai« sir intellectuellement, c'est-A-dire à connaître, pour la première fois. L'action d'apprendre a pour effet d'initier : dans ad prehendere , ad est initiatif ou inchoatif. î(ous cessons d'ignorer ce qu'on nous apprend. Par conséquent apprendre est de tous ces verbes le plus général , celui qui . contient sous sa forme la plus simple l'idée essentielle à tous, celle d'une augmentation de connaissance ou d'une cessation d'ignorance. « C'est lui qui m'a appris tout ce que je sais. » AcAD. c J'ignorais ce que tu viens de m'appremire. 9 Les. Si vous ne le savez pas, je vous lapprends.

On nous en^et^^ne les choses dont on nous donne des leçons. Enseigner exprime l'action d'un mattre qui a des écoliers ou des disciples, qui cMllive leur esprit et travaille à leur éducation. L.* expérience nous apprend beaucoup de choses , que dé son côté la foi nous enseigne (Bourd.). i^nietpner renferme dans son sens quelque chose de dogmatique, et il se dit de ce qu'on nous fait connaître par principes, de ce qu'on nous expose ou de ce qu'on nous explique en matière de doctrines, de sciences ou d'arts.

On nous tn*trut< des choses que nous devons faire. Instruire, du latin instruere, préparer, pounroir (de connaissances), est subjectif ou relatif au sujet , et signifie le former, le dresser, lui donner de Yinstruction , le readre instruit, éclairé, en état d'agir. Aussi dit-on proprement instruire quelqu'un; au lieu qu'on ne dit pas apprendre quelqu'un , ni enseigner quelqu'un , ou du moins cette dernière manière de parler, outre qu'elle est rare, a une signification purement théorique. En nous apprenant et en nous ensei-

gnant différentes cheses, on nous instruit, fjistruire se rapporte surtout au résultat, qui est une certaine disposition ou aptitude à agir procurée au sujet.

On nous apprend ce qui auparavant nous était inconnu ou caché; on nous en^et^ne des vérités, les arts libéraux , des théories , une langue , la géographie, le dessin, etc.; on nous instruit de nos devoirs ou de nos intérêts , on nous instruit aux armes et aux affaires. — Du reste, l'action d'tnftrutre peut être faite par les choses , comme celle â*apprendre , et non pas seulement par les personnes , comme celle d'enseigner.

Faire savoir et informer ont un caractère bien distinct : ils veulent dire porter à la connaissance de quelqu'un, lui annoncer un fait, ce qjui se passe ou ce qui s'est passé. Ce qu'on nous apprend , ee qu'on nous enseigne et ce dont on nous instruit, tend à régler notre conduite, à nous donner des habitudes, des méthodes, des procédés ; aussi dit-on apprendre , enseigner, instruire à faire quelque chose. On ne fait pas wtoir et on n*informe pas à faire quelque chose. Foire savoir et informer ne vont qu'à satisfaire la curiosité ; ou du moins, s'ils influent sur l'action, c'est sur une seule action , sur une détermination particulière : quand il m'eut fait savoir tel événement ou qu'il m'en eut informé , je résolus telle chose , je pris tel parti.

Mais faire savoir est plus relatif au moyen employé , c'est transmettre par lettre ou par message; et informer l'est davantage à Texactitude et à rimportance des renseignements, c'est adresser un rapport fidèle à quelqu'un que la chose intéresse beaucoup. Une personne qui vous quitte pour aller dans un autre pays , vous écrit , aussitôt arrivée , pour vous faire savoir qu'elle a fait un bon voyage; et, de votre côté, vous lui faites savoir de vos nouvelles par une autre personne qui, quelque temps après, se rend au même lieu. « Zenon se trouva un jour dans un festin qu'on faisait aux ambassadeurs de Ptolémée.... Ils lui demandèrent s'il ne voulait rien faire savoir au roi Ptolémée : Dites-lui , répondit-il , qu'il y a ici un homme qui sait se taire. » FÉN. Mais- on informe un général des mouvements de l'armée ennemie; un agent diplomatique informe son gouvernement de ce qui arrive dans la ville où il réside. « Gaultier vint en France chargé d'un mémoire , par lequel la reine d'Angleterre informait le roi des démarches qu'elle avait faites auprès des états généraux. »

GONO.

1» APPROBATION, SUFFRAGE; — 2» CONSEN- TEMENT, PERMISSION, AUTORISATION, AYEU, CONGÉ , AGRÉMENT. Déclaration en faveur de quelqu'un.

Mais approbation et suffrage signifient une déclaration d'estime, qui ne va qu'à témoigner qu'on trouve bon ; consentement et les autres expriment une déclaration et un concours de volonté par lesquels on se prête et on prend une sorte de part à une action. C'est, d'un côté, bonne opinion, et, de l'autre, bon vouloir. On est flatté de Vapprobation et du suffrage; on est rendu libre d'agir par le consentement, la

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