DEUXIÈME PARTIE
permissùm, VautoritoHon, Vaveu^ le congé et Vagrément.
1* Approbation , tufttage.
Approbation est absolu, suffrage relatif. On aime l'approbatoon d'un connaisseur; et on aime mieux , entre les suffrages , celui-ci ou celui-là , celui, par exemple , qui doit en entraîner d'autres. «C'est à yotre illustre suffrage^ monseigneur, que Rodogune est obligée de tout ce qu'elle a reçu d'applaudissements. » Corn. < Mes confrères et le public m'ont paru contents du discours que j'ai (ait en cette occasion à l'Académie ; mais je désirerais encore plus, sire, qu'il fût digne de votre suffrage, » D'Al. (au roi de Prusse). « La yéritable gloire est dans Vapprobation des maîtres de l'art.... J'aimerais mieux le seul suffrage de celui qui a ressuscité le style de Racine dans Mélanie, que de me voir applaudi un mois de suite au théâtre. «Volt. — De plus , Vapprobation peut être tacite ; le suffrage est toujours exprimé hautement. Ce qui fait le prix de Vapprobation , c'est presque toujours la compétence de la personne d'où elle émane ; ce qui fait le prix du suffrage , c^est quelquefois sa publicité. « Je suppliai le ministre de vouloir bien s'expliquer de même au sortir du bal , un peu publiquement . pour disposer le gros du monde à penser de même, et l'entraîner par l'autorité de son suffrage. » S. S.
2* Consentement^ permission^ atUorisation , aveu, congés agrément.
Le mot consentement se distingue de tous les autres par sa généralité. Il se dit IndifTéremment quel que soit le rapport qui existe entre la personne qui le donne et la personne qui le reçoit, rapport de supériorité, d'infériorité ou d'égalité. Tous les autres désignent le consentement d'un supérieur à un inférieur. « Le consentement des deux parties est nécessaire pour un mariage. » Acad. « Je suis embarquée dans la vie sans mon consentement. » Sëv. « Je demeure maître de frustrer de son effet l'actuelle inspiration de Dieu, et de lui refuser mon consentement. » Fén. a Nestor dit : Nous acceptons la paix. En même temps , tous les chefs tendirent les mains en signe de consentement. » In. « Etre à l'extérieur dans une communion socinienne , c'est y assister au service , aux prières , comme font les autres , avec les marques extérieures de consentement. » Boss.
La pen^ission part d'un supérieur quelconque. Vautorisation est une permission qui donne, non pas la liberté ou le pouvoir, mais le droit de faire , permission légale ou valable en justice» qui concerne des affaires ordinairement importantes. (Voy. Permettre, autoriser.)
L'at^eu est la permission d'un supérieur, qui ne désavoue pas, qui accepte ou veut bien reconnaître pour sien , prendre sous son nom. L'Académie se tient pour offensée d'une dédicace qui lui est faite sans son aveu (D'Al.). « Il est peu convenable d'imprimer les lettres d'autrui sans Vaveu des auteurs. » J. J.
Quelle verve indiscrète
Sans Vaveu des near sœurs vous a rendu poêle ?
fiOIL.
« Ronsard parlait français en grec , malgré les
Français mêmes; mais, en fait de langue, on ne vient à bout de rien, sans l'aveu des hommes pour lesquels on parle. » FéR. < Les jésuites ont un ordre particulier de ne rien imprimer saza l'aveu de leurs supérieurs. « Pasg.
Puisque le testament que nous venons de fûre. Où je voos inslitoe unique légataire , Ne peut avoir rhonneor d'obtenir voire mvs , Il fiuit le déchirer et le jeter au feu. Rkgh. Si votre fille ou votre sœur se marie sans votre aveu, vous refusez de regarder comme vôtre, comme étant votre parent ou de wotre famille , le mari qu'elle se donne. -— Vaveu peut être encore la permission du maître de la chose. « Le seul moyen d'être admis chez moi de mon aveu , c'est une réponse catégorique à ce billet, s J. J. « La fille d'Aristodème était fiancée à l'un des favoris du roi, qui accourt à sa défense et soutient qu'on ne peut sans son aveu disposer de son épouse. > Babth.
Le congé est la permission d'un maître, non pis (le la chose, mais de la personne. « M. Bouillon, traducteur de la Joconde de l'Arioste , est un valet timide qui n'oserait faire un pas sans le congé de son maître. > Boil. Au commencement de la Princesse d'Élide , Arbate , gouverneur du prince d'Ithaque , Euryale , dit à son maître : Ce silence rêveur dont la sombre habitude Tons Tait à toas moments chercher la solitode. Ces longs soupira que. laisse échapper votre cflear Bt ces fixes regards 'si chargés de langueur. Disent beaucoup sans doute à des gens de mon ^, Et je pense, seigneur, entendre ce langage : Mais , sans votre congé, de peur de trop risquer, Je n'ose m'enhardir jusques à l'expliquer. Mol. « Dieu , dit^on , t'a placé dans ce monde , pourquoi en sors-tu sans son congé? » J. J.
Vagrément est la permission y le bon plaisir d'un roi , d'un prince , d'un haut personnage , qui daigne l'accorder et de qui on le demande par déférence le plus souvent. « David avait conçu le dessein de bâtir le temple ; mais Dieu lui refusa son agrément. » Boss. « On ne pouvait d'abord être élevé sur le saint-siége qu'avec ro^rement de l'empereur ; il parut ensuite qu'on ne pouvait être élevé à l'empire qu'avec Vctgrément du pape. 9 Coud. « Le saint-père refusa au légat Vagrément nécessaire pour être pourvu de Ja dignité d'archevêque d'Upsal. » Vert. « Je me flatte que vous voudrez bien rendre compte de mon zèle 't Sa Majesté et que je .continuerai (THûtotre ck Pierre /«') avec son agrément. » Volt. « Je ne pouvais sortir de cette province sans Vagrément de M. le prince de Conti. » J. J. « Quoique je n'eusse pas besoin de la permission des seigneurs de Ley va pour me marier , je ne pouvais honnêtement me dispenser de leur communiquer mon dessein, et de leur en demander même leara|?rr
ment par politesse. » Las.
S'APPROPRIER, S'ARROGER, S'ATTRIBITER .
S'APPLIQUER. Se donner une chose de son chef, s'en gratifier , ou seulement y prétendre.
On inapproprié quelque chose dont on fait sa propriété^ quelque chose d'utile ou d'agréable dont on prend jouissance, un champ, un meuble, de l'argent , le bien d'autrui , des dépouilles. « Oxx Inapproprié toujours par la convoitise ce qui cod-
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
Tient i notre bonheur. » J. J. « Un pauyre avait trouTé deux cents pièces d*or , et cette somme , en te Vappropriant j pouvait lui tenir lieu d'une ample fortune. « Bourd. < Flaccus était d'une avarice insatiable qui allait jusqu'à ^approprier, autant qu'il lui était possible , tout le butin. »
ROLL
On ^arroge, non pas un objet, mais quelque chose d'abstrait ou d'idéal, un droit (Bourd., Volt.), une autorité (Boubd., Cohd.), un titre (Volt.), quelque chose dont on fait sa prérogative. En latin , rogare était un terme de jurisprudence . ainsi que la plupart de ses dérivés. D'ordinaire , on blesse des intérêts en ^^appropriant , et la justice en s^arroge^nt. S'approprier , c'est à peu près voler. > Si un homme a volé adroitement trois ou quatre cent mille pièces d'or , nous le respectons ; mais si jane pauvre servante < approprie maladroitement troié ou quatre pièces de cuivre , nous ne manquons pas de la tuer en place publique. » Volt. S'arroger , c'est à peu près usurper. « Au temps de saint Louis , les évêques de France s'arrogeaient la même autorité dans leurs diocèses que les papes usurpaient sur toute la chrétienté. » Cono. — « Pépin ne pouvait s^appnprier ni donner à d'autres la province de Rarenne.... Aucun pape jusqu'alors ne c'était arroge le droit de donner une ville, un village, un ch&teau. » Volt.
S'otlrthuer, c'est s'adjuger, se donner en partage. Ce mot a cela de particulier , qu'il est relatif: il suppose des rivaux ou des contendants; au lieu qu on peut s'approprier et s'arroger des choses non disputées. Des rois se sont arrogé le droit d'altérer les monnaies ; c l'édit par lequel Louis le Hutin c'était atêrilmé à lui seul le droit débattre monnaie trouva beaucoup de résistance parmi les barons. » Cord. On s^altribue exclusivement, a Au moyen Âge . chaque évoque finit par s'attribuer toutes les affaires de son diocèse à l'exclusion des autres seigneurs, s Gond. On s'attribue la victoire (Acin.) ou la supériorité (Boss. , d'Al.). «Il parait que les deux partis ^attribuèrent la victoire. « Roll. Sept villes se sont attribué rhonneur d'avoir donné naissance à Homère. Plusieurs villes d'Allemagne s'attribuent l'invention de l'imprimerie. Le lion de Lafontaine s'attribue Vune après l'autre les quatre parts du cerf pris dans les lacs de la chèvre.
S'appliquer, se faire V application, c'est «'approprier ou ^attribuer une chose susceptible d'une fin, d'une destination. Nous noiu appliquons un dépôt (Volt.) en l'empêchant d'aller à son but, en le tournant ou en l'affectant à notre propre usage, comme nous nous appliquons un discours en nous en faisant l'objet. « Les états de Suède ordonnèrent que les évêques ne s* appliqueraient plus les amendes ni les confiscations , qui étaient des droits de la couronne. > Vbrt.
1» APPROUVER, GOÛTER, APPLAUDIR; — 2« CONSENTIR, ACQUIESCER, SOUSCRIRE, AC- CÉDER, — ADHÉRER, TOICBER» D'ACCORD, - E.\TENDRB À, DONNER LES MAINS , — PERMET- TRE, AUTORISER. Etre pour quelqu'un ou pour quelque chose se décider ou se déclarer en sa Caveur.
Approiwer, goiUer et applaudir forment un« classe à part : ils marquent shnplement l'estime et signifient trouver bon ; eonsefUir et les autres expriment un concours de volonté et signifiant vouloir bien. D'ordinaire on consent^ parce qu'on approu^ :
Vous penses ^'approupomt vos desseins odieax,
Je vous laisse immoler vou-e fille à mes yeux?
Qae ma foi, mon amour, mon honneur y eantaUêP (Achille k Agamemnon.) Rac.
Mais on peut consentir sans a^pprouver , par faiblesse ou affection ; c'est ainsi que Ghrysale , dans les Femmeff saKanXef , coment au renvoi de Martine :
Vous êtes satisfaite, et la voilà partie;
Mais je n'approuve pomt une telle sortie. Il arrive quelquefois que c'est par raison d'Etat qu'on coment à ce qu'on n'approuve pas :
Il approuve un hymen devenu nécessaire ;
Il y consent du moins : la première des lois ,
L'inlérèt de l'État lai parle à haute voix. Volt. On peut , d'autre part, approuver, et néanmoins ne pas con^ena'r ; on peut approuver, par exemple , un mariage qu'on juge convenable , et s'y opposer pourtant par haine ou par caprice. D'ailleurs, approuver se dit souvent, non pas relativement à une action à Caire, mais relativement à une action faite % ou en matières purement théoriques.
1* Approuver^ goûter, applaudir. Trouver bon.
approuver a le sens le plus étendu en comparaison , non-seulement de goUiter et d'appZaudtr, mais aussi de tous les autres mots de cette famille , à la tète de laquelle il figure justement. Il est opposé à blâmer. Il désigne le résultat d'une appréciation sérieuse et réfléchie ; c'est la raison qui approuve.
G*ett de mon jugement avoir mauvaise eslfane.
Que douter si yappnmve un choix si légitime. Mol.
D'un salon qu'on élève il condamne la bice ,
Approuve l'escalier tourné d*aulre façon. Bon..
«c On ne peut pas dire que ceux qui se servent de ces auteurs tels que Nostradamus, les approuvent, ou qu'ils aient pour eux une estime véritable. » Labr.
Mais ce qui goiUe, c'est le goût^ principe de discernement instinctif, variable et capricieux comme la sensibilité à laquelle il se rapporte. Nous ne pouvons nous empêcher de louer ce que . nous approuvons ; ce que nous goûtons nous plaît. L'homme de l'art, qui juge selon les règles, approuve ; le simple amateur , qui juge suivant l'impression , goAte. Au reste, goûter se dit plus particulièrement en matières de <^oiU , dans des matières où il s'agit d'estimer des quahtés esthétiques, c'est-à-dire susceptibles d'être senties. « Pour goûter les vers ou la musique, il faut avoir l'esprit tranquille et du loisir. » Volt. < Ce qui fait qu'on goûte médiocrement les philosophes , est qu'ils ne nous parlent pas assez des choses que nous savons. » Va uv. « Je ne puis godJter les chœurs dans les tragédies. > Fén.
4. n y a néanmoins des verbes spécialement et uniquement destinés é indiquer l'approhation de ce qui a été tait ou dit : ce sont confirmer, ratifier et sanctionner^
MUXlftJIË PÀRTI& :
ce Les lutiioQs qui TÎimK mus an ciel tempéré goûtÊfii moins que les peuplet des pays chauds les ]nétc4)faares dures et taaidies. » In. « La reine de Nav&rre avait gcûtë son esprit (de Montluc)^ polinatumilement et cultivé par les belles*lettres. » Bo£s.
Ap]pkmdir est une BianiÀre d't^pnmver dé^ monstrative , qui se témoigne par des battemenCs de mains, des cris «u de toute autre ftiçon, comme il arrive dans les assemblées; aussi est-ce surtouit eu pariant d'une réunion d'bonnnes que ce mot s'emptoiâ , quand môme leur «pproèuzlion. ne s'exprime pas , n'éclate pas au deliors. « Toute rassemblée des dieux applaudit aux paroles de Ju*pitcr. » FÉN. « Tout le synode de lisle de France applaudit à ce beau projet. » Boss. « L'Académie ayant entendu avec admiration le présent traité , elle a applaudi à tous ses articles. » Volt. — Applaudir est également propre à peindre l'approhaiion empressée et tout extérieure des flatteurs et des courtisans. • Sire , n*avez-vous pas mieux aimé vous servir de certains hommes qui vous flattent, qui applaudissent à toutes vos fantaisies? 9 FÉN. cSurney ne cessait d'applaudir aux dissipations de Henri YlII. » Cord. « Pour gagner les hommes , il faut applaudir à ce qu'ils font. » Mol. « La crainte me réduit d'opptoudtr bieiLsouvent à oe que mon âme déteste. » (Sganarelie, valet de don Juan.) Mol. '« Quand un homme est en faveur, toute la cour lui applaudit. » Aqad.
2* CotuetUir, acquiescer, iDiifcrtf«,aa^der, — ■ adkérer^ tomber d'aocord, -^ entendre à, donner les matfis, -^ permettre, aiilortser. Vouloir bien.
Gonsentir eBt le terme giénéiml, celui qui expoirae l'actioo de la manière la plus simple et partant la plus faible. On peut consentir sans plaisir, malgré soi, se bornant à ne pas empêcher , parce qu*oa n'en a pas le pouvoir.
Au sort qui m^utraloaii il fkllat censentir. Bac. « Quel juif ! mais j'ai besoin d'argent , et il feut bien que je consente à tout. » Mol. « Quoique oe changement déplût fort au peuple . ily consentU àla^fin, dans l'espérance de nétablir un jour la démocratie. » Roll. Le consentement est quelquefob forcé, arraché, extonqué.
On acquiesce, au contraire, volontiers, aveo un plein abandon, avec une sorte de soumission et de .facilité toute spontanée. Celui qui eon^nl peut àtre un homme vaincu et pressé par la nécessité , qui ne cède pas de bon cœur et sans protestation , ou bien qui (Jbéit à des considérations supérieures d'intérêt. Celui qui acquiesu est un homme doux ^ pacifique , qui plie aisément à œ que veulent les autres , incapable de résistance, qui se laisse aller de lui-même à un coruerUemeiU sans réserve. « Toute la vie de Marie a été une conformité continuelle aux ordres du ciel, tm acquiescemevA imiversel aux vues et aux desseins de Dieu sur elle. D Mikss. « Ce n'est pas à moi à entendre cette parole. J'acçuiasee, ô mon Sauveur, et je ne recherche ce mystère que pour y trouver quelque instruction , s'il vous plaît de me la donner. » Boss. ce Henri VIII voulait que sa fa^n de penser en reli($ion fût la régie de la nation.... Les parlements Gcquiesçaicnt aveuglément à celte doctrine
chaageaale>. v Gofb. < C'est diono U volonté seule qui juge en aoqtUeafanl i ce que l'entendement lui représente , ot en s'y reposant volontairement« » Mal. « Je n'oublierai pas votre demande ni le plaisir <t«e j'aurai d'y acquiescer. > J. J.
Souscrire, écrire son nom au bas d'un acte pour r^>proaver , indique un oonsentement donoé à quelque chose d'exprimé soit par écrit mit de vive voix. On consent^ on acquiesce à un rosu, à un désir, à un sentiment; on souscrit k un livre (Pasc.), à ce qui y est contenu (Boff. , Mal.), i Un arrêt (Bourd. , Fén.), à un décret (Volt.), à des décisions (Boss.), à une confession de foi (Id.), à des conditions (Jv J.). c Je voudrais voir le livre italien , Deila opinione, regina deliRondo, j'y souscris sans le connaître, sauf le mal, s'il y en a. » Pasg. « Je souscris aux savantes étymologies de cet auteur. » Mal«
On ne peut trop louer tfois sortes de pereonnes :
Les dieux > sa maîtresse, et son roi.
Malherbe le disait : j^ touscrif, quant à moi. Iaf. Un jour, il m'en souvient, le sénat éqtrilsbk Vous pressait (Néron) de souscrira à la mort d*an coupable. lUc.
En comsentaM et en acquiesçant , on veut avec un autre, au lieu de s'opposer à lui; en «outcnvofil, on prononce « on s'exprime, on témoigne avec un autre , au lieu de le contredire , de s'inscrire en faux ou de mettre son i>eto. On consent et on acquiesce à toutes sortes de volontés , même à des volontés secrètes : on ne souscrit qu'à des volontés manifestées , à des demandes ou à des ordre& Consetittr et cu^tascer à un mariage, c'est vouloir avec d'autres qu'il ait lieu; y souscrire (Mol.), c'est le vouloir tel qu'il est présenté, avec les clauses énoncées , ou qu'on se propose d'énoneer dans l'acte.
Accéder^ latin accedere , dont le sens primitif «st s'approcher, s'ajouter, est un tenue spécial de diplomatie , qui veut dire entrer accessoirement dans des engagements contractés d^'à par d'autres, ou même simplement consentir aux dispositions d'un souvecain. « L'emperenr d'AUe> magne, Ferdinand II, déclare électeur palatin Maximilien, duc de Bavière. Les princes catholiques accédèrent tous i sa volonté. > Volt. « Le pape donna les biens des Templiers aux hospitaliers de Saint-Jean de Jéfuaadem et le coi acctféo à cette donation » In. « Le traité fut conclu entre les Romains et les Ëtoliens. On y ajouta use clause par laquelle il était lihre aux £léens« à Attale^ etc., d'accéder au traité. » Roll. — IVos meilleurs écrivains ne se servent pas de œmot quand il est question de négociations entre particuliers.
Adhérer t être adhérent ^ du latin adheerere, s'aittacher^^a un sens doctrinal , ainsi que feiit2i«r d'accord. « Us ont plus de rapport à ce qui se pense ; les aatrea en ont davantage i ce qui se fait. » GoXD.
Mais on aâkère en consentant à une opinion d'ane manière soudaine , et en l'embrassant d'une manière ferme. « Croire (dans le langage de la foi), c'est adhérer à ce qu'on ne voit pas. 3) BouRD. « Tout ce que la loi de J. G. me
SYNONTMBS À AAMCAUX DIVERS.
liropose de flogmes à croire soat Autant d'articles de Li aiixqudis je siû indiapensiJblemeiit obligé d^adhé¥*er, <» lo. « Fénelon dit qu'il adhérait de toat son ctBor à lib oondamnation de eaa livre des ffeunmes des Satnte. » S. S.
On tombe d'accord en consentant à une opinion q^'on a d'abord combattue, puis adoptée, mais à laquelle on ne tient pas beaucoup, c J'ai souvent des contestations sur votre sujet avec les jésuites. Ils tombent sans peine d'aeeord de la grandeur de votre génie. » Lettre de Boileau à ictoîDe Jkiaauit. ■ Quand elle eut fini de parler , Galiiopés fOMto d*aceord de ce damier point. »
LàF.
On est le par^san xélé et quelquefois fanatîi{ua de ce à qwi on odhirB; aus ce mot se ptend-ll volontiers en mauvaise part , comme c«^ Im d'adliérent. Adhérer aux erreurs de ses amis (Masa.), à la doctrine do l'impiété (Id), aux sectas et aux hérésies (Bouan»), à la médisance (lo.). On tomte if accord, en finissant par se ranger à un avis, de guerre lasse quelquefois, et sans en être aucunement infatué.
JBnêendre à et cicmiwr let mains ont cela de commun qu'ils sont femiliers et relatifs à des af- Ciires de peu d'importance. Mais on entend à une proposition et on donne les main$ à une entreprise. Entendre à désigne un consenVement qui se borne à ne pas lîermer l'oeeille, à écouter. «Je savais bien que mon Hollandais (libraire qui s'était procuré VAnti^Machiaoel du roi Prusse) n^eniendrait à aucune proposition. » Volt. « César ne cessa de demander la paix; Pompée, le sénats, les consuls, n'y voulurent jamais entendre. y> Maum . < On me proposait souvent des partis sortables. Hais l'espérance que j'avais toujours «ue d'engager eniki don Carlos à m'atmtr , m'avait empéoliée d'y entendre. » Scarr. « Tandis que vos maux n'étaient pas encore tout à foit déclarés, aviez* vous voulu entendre à appeler le ministre de J. C. ?» Mass. »i>onfler les maine , au contraire, annonce un consentement qui engage beaucoup , qui souvent même implique complicité, commencement d'exécution. « Je lui ai donné l'émétiqvie pour finir son agonie , mais le sort n'a point donné Us maint à ce soin charitable.» Regn. Dans le Misanthrope^ Alceste pardonne à Gétimèna ,
Mns pourvu que «on ccBor veaUle dsnner Les mains A« dessein qa^il a Dût de tair tous les humains. Mol. «La posîiion de l'Angleterre la rend inaccessible à l'invasion étrangère , quaaid elle-même n'y donne pas les mains. » S. S.
PermeOre et auforinr sont liés par une afSsite , sinon phis grande , au moins plus sensible ; ils représentent sans contredit l'un et Tautre un consentement de supérieur i inférieur. Mais autoriser eofthérit sur permettre: permettre ^ c'est simplement donner là liberté; et outoriter, c'est donner le droit. Dieu permet le mal , il ne l'otitorise pas. On permet ce qu'on laisse mettre de taire : on oMtoriee ce qu'on présente à faire comme légitime. « On permet les épisodes , on les axUa- Tise même dans les poèmes épiques. » D'Al. On peut à son gré faire ou ne pas foire ce qui est permis par l'usage*, l'usage consacre, revêt d'un
caractère respectable de légalité ce qu'il autorîM. On ne vous empêche pas de faire , en vous permellonl; on déclare juste ce que vous allez (aire, on vous décharge de toute responsabilité . en vous^autoriflanf. -^ Outre cela , autoriser est d'un usage plus rare ; il se dit principalement de choses , ordinairement importantes , qui sont du ressort de la justice. On perme< d'aller, de venir, de s'absenter, de voir certaines personnes, le médecin permet tels ou teb aliments; mais on oMtorise à contracter , on autorise des poursuites contre un fonctionnaire , etc.
1* APPUI, AIDE; — 3* AS8IBTAKCS, SECOURS. Chacun de ces mots donne l'idée d'uneiotervention en faveur de quelqu'un dont on se fait l'auxiliaire. Donner ou demander appni , aide , assistance^ secours; n'avoir que faire de l'cyipttt , de l'ocde, de Yassistance^ du secows de quelqu'un ; un homme délaissé est sans appui, sans aide, sansotmtance , sans seoowrs.
Mais appui et aide vont ensemble, comme aussi-, de leur odté , assistance ert secourt, Bn effet, fappiii et l'aide se domient à la faiblesse; Vassistance et le secours , an besoin. Ia puissance appuie et aide; la charité assiste et «eeouft. Nous appmyotu et nois aidons de tout notre pouvoir ; nous oMsittons et nous secourons les indigents, les opprimés. L'appui et Vaide coopèrent et suppléent à l'insuCfisanee ; rossistafics et le secoure font dm bien et remédient i la détresse , à un état fâcheux. L'appui et l'aide importent à la produc^ tion d'nn effet, au succès; ï assistance et le secoure importent au saint ^ au soulagement , au bieorêtrB. Appui et aide se disent aussi des choses, parce qu'elles peuvent être considérées comme faibles : telle muraille , tel arbre ne peut rester sans appui; telle machine ne peut aller sans l'aide de la vapeur. Mats l'asmeonee et le secours ne se prêtent qu'aux personnes , elles seu* les pouvant se trouver dans une position malheureuse et digne d'intérêt.
1* Appui , aide.
L'appui est permanent; l'aide, accidentelle. L'homme qui est votre appui , vient à votre aide^ vous donne aide dans une circonstance particulière. L'appui est toujours là, en puissance pour ainsi dire, attendant l'occasion; l'aide est effective , présentement à l'œuvre, plus ou moins énergique , elle ne doit pas diminuer d'activité jusqu'à la fin. L'appui rend on peut rendre service sans agir ; l'aide ne le pç ut qu'en agissant : un portefaix , qui plie sous le fardeau , cherche unoppin pour se reposer; pour se décharger, il a besoin qu'on Vaide.
De plus, appui, n'impliquant pas l'idée d'ac-. tien, n'exprime souvent qu'une influenoe; aide, par la raison contraire, marque un concours, une jonction de forces. « Cicéron appuya Octave de tout son crédit. » Lah. Dans le Médecin mo^ gré lui, Robert dit à Sganarelle : « Rossez, battez comme il faut votre femme ; je vous aiderai , si vous voulez. » On appuie la demande de quel* qu'un ; on aide quelqu'un pour un certam travaiL
Enfin, comme, au propre, fappui a plus de solidité que l'objet auprès duquel on le place, de même , au figuré , Tappui vient i^utôt de quel-