DEUXIÈME PARTIE
qu'an de supériear qui protège , sous Tabri duquel on se met en quelque sorte : Vappui de la justice (lioL.)f de nos parents (lo.) ; Vappui de la sainte Vierge auprès de Dieu (Bourd.); Lafontaine a recherciié l'appui de Mme de Montespan (Laf.); Louis XIV donna appvt à la cause de Jacques II, détrôné etchassé d*Angleterre(LABR.). « Un émir musulman , qui commandait à Saragosse , vint conjurer Charlemagne d'appuyer sa rébellion contre Abdéramé , roi d'Espagne. » Volt. Maisi'atde, au contraire, peut être donnée par un égal , ou même par un inférieur. Dans VÉeole des Femmes , Arnolphe dit à Alain et à Georgette , ses domestiques :
Mes amis , c'est ici que J'implore Tolre àUe. (Pour dresser une einbuscade à Horace.) Dans une comédie de Lesage, une suivante dit à un valet : « Je t*ata«rat, si tu veux. » A quoi il répond : « J'ai bien affaire de ton aide! tu n'es pro pre qu'à tout gâter. » «On attaque Lubeck , et le roi de Danemark Waldemar aide l'empereur dans ce siège » Volt, c Le chien sait concourir aux desseins de Thomme , veiller à sa sûreté , Vaider, le .défendre , le flatter. « Boff.
3* Âuiiiance, secours,
Vassistanu , du verbe assister^ se tenir auprès de quelqu'un, veiller sur lui, pourvoir à ce qui lui manque, annonce un simple besoin; secours» du latin «uccurrere, courir à la défense, y aller avec empressement, y voler, suppose qu'il s'agit d'un besoin pressant, d'une nécessité, d'un danger.
Vassisiance est seulement bienfaisante, elle tire de peine, elle soulage. « Les grands ne manquent ni de biens ni de domestiques pour les assister en leurs besoins. » Pasc. c J'aime les biens , parce qu'ils donnent moyen d'en assister les misérables. » lo. « S'incommoder pour assister le prochain dans ses besoins. » Buuad. « Thaïes disait qu'il fallait cusister son père et sa mère , pour mériter d'être assisté de ses enfants. » FÉN. c Si l'homme naissait grand et fort, sa taille et sa force lui seraient préjudiciables, en empêchant les autres de songer à VassUter. » J. J. — Le secours est salutaire, il arrache au péril , à la mort.
Lorsque la main du ciel semble me secourir.
C'est alors qu'il s'apprête à me faire périr.
(Jocasle dans les Frères ennemis.) Rac.
«11 va périr, il vasuccomber,sivousnele<ecourejr.» ÂCAD. «Si j'étais que des médecins , quand Molière sera malade , je le laisserais mourir sans secours. » Mol. «Les sangliers au-dessous de trois ans forment des espèces de troupes, et /est de là que dépend leur sûreté ; lorsqu'ils sont attaqués , ils ' résistent par le nombre , ils se f eeourenl , se défendent. » BUFF.
D'autre part, iusistance a plus de rapport à l'action et à la personne qui agit ; secours en a davantage à l'effet et à la personne qui est le but de l'action : un homme prête son assistance , Vassistance d'un frère (Mol.), et il vole au secours (et non pas à l'assistance] de quelqu'un, au secours des lois violées. « £n volant au secours de Claude Anet , qui s'était empoisonné , Mme de Warens poussa des cris qui m'attirèrent; elle
m'avoua tout , implora mon ûssislanu , et parvint à lui faire vomir l'opium. » I. J. Vassistanee d'un médecin s*entend de ses visites , de ses soins et de ses assiduités; son secours fait plutôt penser i l'efficacité de son art et de ses remèdes pour la guérison du malade.
A PRÉSENT, PRÉSENTEMENT, ACnJELLBIlEIfr, MAINTENANT, AUJOURDHUl. Adverbes qui signifient tous le temps où nous sommes.
À présent et présentement ont été distingués dans la I" partie , p. 95. — A présent est relatif, et présentement absolu. A présent arrête moins rigoureusement l'esprit sur le moment même où on parle, il indique un espace de temps plus étendu , et en outre il a rapport à un temps antérieur. « Elle croit se porter mieux d présent, » SÉv. « Elle est mieux à présent. ^ J. J. Présentement est plus strict, il signifie à l'instant même où on est , et ne marque pas expressément de rapport avec le passé. «Je reçois tout présentement joire lettre du 7. 9 Sir. «Il fait souvent des voyages à Paris , et je crois même qu'il y est présentement. > Dbl\f.
La synonymie parait très-étroite entre présentement et actuellement. La famille qui règne pr^ sentement k la Chine (Mohteso.) ; le roi actuelle ment régnant (Volt. , Roll.) ; avoir une lettre de quelqu'un présentement ou aetuellement sous les yeux (J. J.). La différence doit être la m^ine qu'entre présent et actuel.
Ce qui est présent se trouve là, devant nous, en présence , prse. Actuel signifie qui est en acte, actu , et non pas en puissance , potentid , suivant le langage de l'ancienne métaphysique ; de sorte que ce qui est actuel n'est ni en puissance , ni en idée , ni en expectative , ni à venir en général. Présent se rapporte sans doute à l'avenir comme au passé; cependant, il parait être encore plus propre pour le passé, comme le témoigne à présent. Quoi qu'il en soit, actuel se trouve caractérisé par cela seul qu'il emporte une idée de réalité en opposition à ce qui pourra ou pourrait être. On oppose le siècle présent aux siècles passés (Volt.), l'état présent d'une personne à ses calamités passées (Vàuv.); mais d'Alembert a dit avec une parfaite justesse : « Les académiciens, tant actuels que futurs. »
Présentement s'emploie donc d'une manière tou\ absolue , et il aurait plutôt rapport au passé , comme à présent^ dont le radical est le même; actuellement est relatif, et marque quelque chose d'opposé à ce qui est idéal , hypothétique , possible ou futur.
« Notre nature est pr^fenlemenl corrompue. > Mal. c Nous nous disposons actuellement à régner un jour avec les saints dans le ciel. » Booan.
Le roi qui règne présentement , se dira d'une manière absolue ou par rapport aux rois , ses prédécesseurs ; le roi actuellement régnant , s'emploiera plutôt lorsqu'on aura égard aux rois qui doivent venir après lui. J'ai présentement sous les yeux votre dernière lettre que j*ai reçue i telle époque ; si j'avais actuellement sous les yeux votre lettre qui ne m'est point encore parvenue , je pourrais y répondre.
Présentement, dans les exemples qui suivent.
STNONTHES À RADICAUX DIVERS.
se montra bien tel qu'il Tient d*dtre défini. « Ce témoignage est celui d'un archevêque de Samos , que noua arons trop tu en ce pays-ci pour compter beaucoup sur sa capacité. II est préientement établi à Londres. > Boss. c Est-il permis présentement de prendre la toque et la fraise , à cause que nos pères s'en sont servis? » Mol. « Les antiquaires ne saTent pas la généalogie des princes qui régnent présenUment , et iis recherchent avec soin celle des hommes qui sont morts il y a quatre mille ans. » lo. «Apprenez-les, ces remèdes, de ceux qui ont été tels que tous , et qui n'ont présentement aucun doute. » Pasc. « Vous êtes vieilli ; tous êtes présentement aussi mauvais juge que méchant auteur. » Labr.
D'autre part, le sens d'actuellement est parfaitement marqué dans les passages suiTants. « Il y a plus de perfection à opérer actuellement qu'à être seulement dans le pouToir d'opérer. Ce qui n'est qu*en puissance n'est que possible , et ce qui est déjà en acte existe déjà actuellement, » Fin. « L'amour de Dieu est plutôt figuré que pratiqué réellement chez le peuple juif : il y est plutôt promis pour l'avenir que répandu actuellement dans les cœurs. > lo. c Quoique je sois convaincu de l'excellence et de' la souveraineté de l'être de Dieu , c'est une conviction en idée qui n'empêche pas que réellement et actuellement je ne préfère l'homme à Dieu. » Bourd. c L'esprit de la prière est un fonds de disposition à l'employer dans les rencontres, quoique octuel^emeni et dans les conjonctures présentes on n'en fasse aucun usage. » 1d. « Mlle Levasseur est actuellement en route pour Paris. Peut-être même au moment où vous recevrez cette lettre sera-t-elle déjà chez vous. > J. J. < Vous cueillez actuelkment les Ûewrs , vous ferez un jour mûrir les fruits. » Volt. • Cette opinion fait de chaque individu actuellement existant une source de générations à l'infini. > Buff. «La femelle est actuellement plusbrunequele mâle ; mais elle deviendra peut-être de la même couleur grise avec Tâge. sId. Maintenant et à présent, de leur côté, se ressemblent beaucoup. Tous deux sont sensiblement relatifs au passé et répondent à autrefois. Mais à présent marque avec le passé un rapport d'opposition et de changement, la substitution d'un état à un autre. « M. de Marsillac,dpr^senl M. de Larochefoucauld.sSév. « L'après-diner était autrefois ma méchante heure , et c'est à présent la bonne. » In. & J'ai corrigé cette tragédie avec le plus grand soin , et je la crois d présent moins indigne de TOUS être présentée. » Volt.
S'il vous meotait alors , à présent il dit vrai. Gosh. Maintenant y tenant la main, pendant qu'on a les choses en main, qu'ouest après, exprime, au contraire , une suite ou une continuation. « Alexandre, tourmenté par son ambition durant sa vie, et tourmenté maintenant dans les enfers. » Boss. > L'orage gronde maintenant plus fort que jamais. » Volt. « Race maudite du ciel et de la terre, vous éprouvez encore maintenant l'effet de Totre imprécation sur vous-mêmes. » Bourd. «Voilà, Mentor, ce que vous désiriez de savoir; TOUS connaissez maintenant l'origine de cette gaerre. » Vkn,
Tous chantiez ! j'en sais fort sise.
Eh bien ! dansez maintenant.
Lo.
Un orateur ou un écrivain indique très-bien par le mot maintenant le passage d'une division i une autre. « Voilà ce qu'est l'homme à l'égard de la vérité. Considérons- le maintenant à l'égard de la félicité. » Pasc. « Voilà ce qui arrive à notre corps , quand les objets nous frappent -, il faut maintenant voir ce qui arrive à notre àme. » Mal.
aujourd'hui s'emploie surtout pour opposer une époque de la vie d'un homme , d'un peuple ou de l'hununité aux époques précédentes sous divers rapports, les mœurs, l'esprit, les modes. «^Les bienséances qui servaient autrefois de rempart à la pureté sont aujourd'hui bannies comme incommodes. » Bourd. « Quand je conçus le dessein de cet ouvrage , j'avais plus d'imagination que je n'en ai aujourd'hui. » Laf. s Les hommes, tout éclairés qu'ils sont aujourd'hui , sont les esclaves de seize siècles d'ignorance qui les ont précédés. » Volt.
ARIDE, SEC. Qui manque d'humidité.
Ce qui est artde en manque par nature et tou* jours: rochers artd^f , déserts arides. Ce qui est sec en manque par accident et pour un certain temps : la terre est partout sèche durant les chaleurs de l'été. Varidité est une sécheresse permanente: «La terre aride y languissait (autour de l'Aveme).» FÉw. La sécheresse est une aridité momentanée : « l!es nuées sont des espèces de mer destinées à arroser la terre quand elle est trop sèche. » Féh.
L'aftdi(^ est absolue , la sécheresse relative. Ce qui est aride n'a point d'humidité; ce qui est sec en a peu , n'en a pas assez , ou en a moins que telle autre chose du même genre , sans en être totalement dépourvue. Un pays est «ec comparativement à un autre plus arrosé ; mais néanmoins les plantes y viennent , les animaux y vivent ou mêmes'y plaisent mieux qu'ailleurs, ce qui n'a pas lieu dans les terres ou dans les montagnes arides. « Les engoulevents semblent préférer les terrains secs et pierreux , les bruyères, etc. » Buff;
Varidité pénètre toutes les parties de la chose , les plus intimes comme les plus extérieures ; la sécheresse, pour l'ordinaire, n'est que superficielle : ce qui est artde n'est pas humide, ce qui est sec n'est pas mouillé. Les sépulcres renfermant les corps embaumés des Égyptiens, se trouvent dans des sables tout arides et brûlants , qui ne sont pas môme susceptibles d'hulnidité (Buff.). Pour se promener dans des allées, il faut qu'elles soient sèches (Sàv.).
Enfin, comme la terre ne produit rien sans humidité , et que l'aridité en annonce la privation complète, ce qui est aride est stérile. Boileau dit à son jardinier :
Tu fais d'un sable aride une terre fertile. «Une foi inculte, aride, infructueuse. » Bourd. « J'entends cette voix qui change le désert aride de l'âme d'un-pécheur en une terre qui produit au centuple. » Mass.
Us n'abandonnent point leur fertile patrie ,
Pour languir aux déserte de V aride Arabie. Volt. Dans une terre sèche la végétation n'est pas impossible , mais seulement en souffrance ; les
DEVX1ÊMC PARTIE
plantes y scFnt maigres , maïs elles y tiennent. Il se peut même absolument que la técheresse ne soi! pas un défaut, c On dit que les années sèchet en ces pays sont ordinairement les meilleures. • Boss.
Donc , de toutes les manières , aride enchérit sur tec. « "One terre sèche et aride, 9 Bourd. « Un arbre sec et aride. » Mass. « La sécheresse et Vafidité du sommet du Vésure. » Bopp. * Nous regrettons tant de belles et bonnet choses qui revenaient de votre aimable Comtat et vous voyons avec peine rentrer dans ta sécheresse et Varidité des revenus. » Sév.
Au figuré , les différences sont à peu près les mêmes. Aride regarde le fond , sec la forme. TJn sujet est aride quand on n'en peut rien tirer : « Une matière artd« et infructueuse. > Labh. Un sujet est sec s'il n'est pas susceptible d'ornements : «Je vis bien que je ne rencontrerais pas de médiocres difficultés à mettre en vers un sujet si sec (l'équivoque). »BoiL. Un auteur oridc (Volt.) a peu de génie , peu d*invention; un écrivain sec (Volt.) a peu de cette imagination qui sait embellir les idées et les présenter d'une manière intéressante. — Ou bien la séchertsse est un peu ou un commencement à*ar%âtté. « Un hommage sec et aride, » Uass. « Le poëme de Lucain est sec et aride. » Volt. Un livre sec a peu d'attraits , un livre aride n'en a point. Vne âme sèche , un cœur see^ aiment peu; une &me et un cœur arides n'aiment point. « tf on cœur auparavant si sec , si art'de , si dur , ne résiste plus à l'action de Dieu. » Mass.
ARHES, ARnoiRIES. Signes symboliques ou héraldiques qui distinguent une personne , une famille , un pays , et qu'on a appelés de ces deux noms, parce que primitivement ces symboles étaient figurés sur les armes, sur le bouclier, $ur l'écu, etc.
Armes est concret, et armoiries abstrait. Les armes d'un prince sont représentées sur la porte de son palais (SÉv.) ou aux portières de son carrosse (Volt.) ; il y a eu, dans les siècles passés, des époques où les armoiries ont été sans caractères comme les âmes (Mahm.). Armes est particulier et précis , les armes de France ; armx)iries est général et vague , être versé dans la science des armoiries.
De plus , armss signifie quelque chose de simple , la figure représentée sur l'écusson ; au lieu q\ï armoiries désigne les armes et tout ce qui y a rapport, la devise, l'écusson, sa forme, sa couleur et les accompagnements dont il est omé. On reconnaît un prince à ses armes , qui sont tel animal, ou tel objet naturel ou imaginé; le blason est l'art qui s'occupe de l'étude et de la composition des armoiries. Une couleuvre était les armes de Colbert (Volt.) ; un des souverains du Dauphiné avait mis un dauphin dans ses armot- ' ries (Id.). Les armes de l'empire français sont un aigle tenant un foudre dans ses serres (AcAD.) ; à l'occasion de l'histoire naturelle du coq ou du bœuf, des naturalistes vous racontent toutes les représentations qu'on en faii dans les hiéroglyphes et dans les armoiries (Bofp.).
A ouoi il faut ajouter qu*armoiries étant col-
lectif et représentant la chose arec les accessoires qui la rehaussent, est un mot plus relevé, plus pompeux. « J'entends dire des Sannions , même nom, mêmes armes,... Leurs livrées ne déshonorent point leurs armoirier, » Labh. Les omo distinguent un homme de quelque condition qu'il soit : < Qui connaîtra comme lui un bourgeois à ses armes et à ses livrées? » Labr. Les armoiries font admirer la magnificence et la splendeur d'un grand: «Pour connaître ton peu de vaLenr, ô siècle vainement supert)e , et tes dais , et tes halustres, et tes couronnes, et tes manteaux, et tes titres, et tes armoiries ^ et les autres ornements de ta vanité , sont des preuves trop convaincantes. » Boss.
AROMATE , PARFUM. On appelle ainsi des choses qui sentent très-bon.
Aromate, grec dpwjjuK, vient de «A^-* et de dtffi^ , élever de l'odeur. Parfum est formé de fkxmus et de par^ à travers. Aromate désigne la substance d'où s'élève l'odeur; et ^parfum l'odeur môme, la senteur, le fumet qui s'élève de la substance. L'encens est un aromate : Pexha- Jaison agréable qu'il répand , quand on le hrdie, est un parfum. « Dans cette société voluptueuse, Amazan sentit son cœur s'amollir et se dissoudre comme les aromates de son pays se fondent doucement à un feu modéré, et s'exhalent en parfums délicieux. » Volt.
Cette différence est considérable; car Jamais aromate ne se prend pour signifier les émanations , les vapeurs sorties des corps et qui toachent immédiatement l'odorat : on ne dit pas l'aromate des fleurs , comme on dit le parfum des fleurs. — Mais la réciproque n'est pas vraie : parfum exprime quelquefois le corps d'où s'exhale une odeur agréable. Varomaie alors n'en est pas moins facile à distinguer du parfum : il appartient totyours et uniquement au règne végétal, au lieu que les parfums appartiennent aux différents règnes ou résultent d'une compostion de l'industrie humaine. On compte parmi les aromates le gingembre , le genièvre, l'aloès, la cannelle, le citron, la menthe, le basilic, la lavande, le nard, la mélisse, la violette, la rose, le safîran, le girofle, la muscade, le cumin, ie storax, le benjoin , l'encens , le galbannm et la myrrhe. Les matières animales connues sons le nom de musc et de civette , ainsi que Vambre gris, sont des parfuma; et le même mot s'applique aux produits de la parfumerie.
Enfin , l'idée de la bonne odeur est essentiellement attachée à celle du parfum; c'est la seule chose qu'on considère en lui. Mais l'aromale peut être regardé sous d'autres points de vue , comme végétal, comme condiment ou comme remède. L'Arabie produit des aromates (Volt.) , cueillir des aromates (Masv.); on se sert des aromaus, non-seulement pour composer des parfums , mais encore pour assaisonner les mets et pour préparer des médicaments.
ARRÊTER , RETENIR. Ne pas laisser aller.
Nous arrêtons une chose en mettant devant elle une barrière, une digue, un obstacle, qui la fait rester là. « La fUrie de la puissance mahométane n'est arrêtée que par des digues enti'-
SYNONYMES A hadicaux biyers.
yttTertes; ce sont lespuisBUices^hrétieniMB, tou^ ^ois cruellement divisées. » Boss. Noos firtmeni L^ne chose en lui mettant un frein avec lequel aous la tinms en arrière et no«» efforçons d'emçècYier qu^elle nous échappe on s'éloigne. « Tons a^ez un penchant au totà qui tous entnltne ; mis TOUS avez aussi un frein bien capable de voua retenir : c'est Totre consdienoe. w Bovaiy.
1* Ce que nous arrêtmu ne part pas de nomu comme ce que nous refenona. l(ou» ûfHUmt en empêchant de passer outre. «Les Perses cndgoaient peu les peuples du noitl, qui étaient arréPis par TAraxe, ^ère profonde.» Hoittksq. Mais nous retenons en empêchant de sentir ou de partir d'auprès de nous , de nous quitter.
Nous aurons de la peine à rttèjàr Agnès ;
Elle Teui à itius coôpi s'échapper, et peut-^élre
Qn^cAle M pourrail bien Jeier par la feoètse. llob. On arrête un passant en Tempéchant d'aller plus loin; on reft'efiTun ami qui yeut s'en aHer. Vous orTéltx un cheral échappé que vous reneontfeE dans la me : tous r^Mvti un cheral qui veut vous échapper. Nous mréUm* des coups qu'on mus porte; nous ftteiwmt des coups que nous youdhoBs domier. Nous orrètwit la vengeance, la colère , les plaintes de quelqu'un ; nous wt^ noM notre vengeance , notre oolèra , nos plaintes , comme nous r efenof» notre langue , notre main , notre bras , nos transports.
2* Ce qu'on orr^le est déjà en mouvement. • Arrêter un torrent dans son cours.» 'RsGtf. < Ils fuiront jusqu'à ce qulls soient arrttét par des mers, des fleuves, des moatagnes. « Cond. Il se peut que ce qu*on retient ne se meuve pas encore.
CcBt trop noas retour, laiisez-^oas donc partir. Raoïr. «Au premier bruit de la guerre , chacun pense à se mettre en route; point de liaison quilereiienne.it Booan. Cest la différence qu'il y a entre ua cbeval qu'cm fgrréîe et celui qu'on retient Arrêter signifie b.ire cesser l'action comxnencée; retenir ou être retenu , empêcher ou être empêché de commencer une action.
3* Héme quand les deux verbes supposent un mouvement commencé , ils diffèrent toujours en ce que arrêter marque Teffet, qui est d'interrompre ce mouvement , de le ftùre cesser, au lieu que retenir signifie seulement l'action ou Teffort plus ou moins efficace pour produire cet effet. Vous arrête* ou tous i^arrétex pas ; vous retenex plus ou moins. Vous retenex une voiture sur le penchant d'une montagne sans poirroir l'orrrffer. clfa fille, cette lettre devient infinie; c'est un torrent retenu que je ne puis arrêter. » Sév. Et non-seulement il se peut qu'en retenant on n'arrive pas jusqu'à arrêter, mais il se peut aussi qu'on n'ait pas le dessein d'arrtrer , mais seulement de modérer. «Le conducteur pousse ou retient le cheval. > Boss. On se retient en parlant, c'est-à-dire qu'on ne dit pas tout ce qu'on pourrait dire ; s'arrêter, ce serait ne plus parler. — Par conséquent arrêter enchérit sur refentr. « Dieu met entre votre faiblesse et vous une Wrière qui vous refîetU et qui votis arrête, b K&ss. « Retenex , arrêtex les impresnons étrangères.» J. J.
4* On est arrPté par m obstacle , c'est-à-dire par quelque chose d'eztérieifr. On est retenu par quelque chose qui agit à l'intérieur sur la volonté. Vous êtesorr^ par un embarras que vous rencontrez, par ua incident qui survient dans une aHUre; voua êtes ntenu par vos goûts, par des réflezicins , par la criiinte , la pitié ou d'a»troB «mtiiBenta. Vous voudriez vous convertir; mais vous êtes arrêté par des doutes et rstdMi par des vices honteux (Mass.).
ABT, KÉnSR, PROFESSiON, PARTI. Occupation habituelle.
Art, latin art, donne l'idée d'adresse, de ta* lent eu d'habUeté. Jf^iier, fait probablement de mMtstmum, exprime un travail de serviteur, un travail manuel. De là, d'abord entre ces denx mots une grande différence que tout le monde sent et que bien des écrivains ont signalée. Le métier est un art mécanique , un art qui a quelque chose de servile, suivant l'expression de Bossuet*, <m y travaille plutôt de la main que de l'esprit , et le succès y dépend de la routine et de l'usage plutôt que de la science et de l'invention. « La critique souvent n'est pas une science; c'est un métier où il faut plus de santé que d'esprit, plus de travail que de opacité , plus d'habitude que de génie. » Laba.
L'art fait l'artiste ; le métier, l'ouvrier, ilr< signifie le talent qu'on cultive; métier ce qu'on fait pour gagner sa vie , pour se procurer les choses utiles. « Les arte règlent les méliert : ainsi ràrchitectune commande aux maçons , aux menuisiers et aux auties. » Boss. a Qui peut déterminer les soldats, les maçoas et tous les ouvrien mécaniques, sinon c« qu'on appelle le hasavd et la coutume? Il n'y a que les arU de génie auxquels on se détermine de soi-mflme; mais pour les méiiert que tout le monde peut faire , il est très-naturel et très-iaisonnable que la coutume en dispose, v Volt.
L'art est décrié , avili par le nom de métier. On dit un triste (Bbaum.) , un méchant (Bon..) , un vil (Rac.) , un infâme (Volt.) métier. Non , je ne pois soufllrir ces «uteura renomaoés Qai, dégoStéf de gloire el d'argent affamés , MeUeat leur IpoUon aux gages d'uo libraire , Et font d'en mrt dirin un métiar mercenaire. Bon..
Dans le Botir^eots genHlhomme, le maître de philosophie s'indigne que les autres maîtres de M. Jourdain «donnent le nom de science à des choses que l'on ne doit pas même honorer du nom d'art , et qui ne peuvent être comprises que sous le nom de métier misérable de gladiateur, de chanteur et de baladin. » « La littérature de Frèron a toujours été extrêmement superficielle et sa critique très-souvent fautive; la critique est bien rarement un art pour ceux qui en font un m^ter. v Lab.
Toutefois le mot d'orl s'applique aussi à des travaux de la main : l'ait du serrurier, de l'horloger, du menuisier, du boulanger, du cordonnier; mais c'est quand on en considère le génie ou les règles phitAt que l'exécution, ou qu'on veut bien les désigner d'une manière honorable. -^ Ooe si, d'autre part, le mot métier se dit quelquefois en parlant d'occupations «sttmées, c'est
DEUXIÈME PAETIE :
poar marquer U longae habitade qu'on en a : cet officier a yieilli dans le métier; consultez-le sur TOtre tragédie , il est du métier.
Professiou, de profiteri^ déclarer, est le mot qui exprime la classe à laquelle on appartient par ses occupations. Celui qui a telle profession se donne et est connu du public et des magistrats pour se livrer à telle sorte de travail. La profession est comme une enseigne qui indique la corporation, pour ainsi dire, dont on fait partie dans le corps de la cité ou de TËtat. Molière a mis sur le théâtre les diverses professions des hommes (Mol.)- «Le point d'honneur est proprement le caractère de chaque profession; mais il est plus marqué chez les gens de guerre. » Moh- TESQ. < Tous les habitants de cette côte sont fort adonnés à la piraterie, et n'attachent à cette j^rofession aucune idée d'ix^ustice ou d'infamie. » Bàrtb. ce Ascagne est statuaire , Hégion fondeur, Eschine foulon, et Gydias bel esprit, c'est sa profession. Il a une enseigne , un atelier , des ouvrages de commande. » Laba. < Les professions les plus élevées sont les plus dépendantes; et dans le temps même qu'elles tiennent tous les autres états soumis à leur autorité, elles éprouvent à leur tour cette sujétion nécessaire , à laquelle l'ordre de la société a réduit toutes les conditions. > D'Ao.
Parti j dans cette acception, n'est d'usage que pour exprimer une profession qu'on embrasse , et seulement au moment qu'on l'embrasse , après avoir délibéré , après avoir balancé divers partis, divers motifs de détermination. < Mon mari me fit tant d'instances pour prendre le parti du théâtre , qu'il vint à bout de m'y déterminer. » Lb8. < En France l'ancienne noblesse a souvent pris le parte' de la robe. Presque tous les autres Etats ignorent qu'il y ait de la grandeur dans cette profession. > Volt. « Cratès se trouva un jour à une tragédie , où il remarqua que Téléphus quitta toutes ses richesses pour se faire cynique : cela le toucha; il résolut aussitôt d'embrasser le même parti.» Viv.
ASILE, REFUGE. Lieu de sûreté.
ÀsUe , latin asylum , est le grec aau/.ov , formé de l'adjectif £avXoc, intact, inviolable, qui n'a rien à craindre; de à privatif, et de ovÀàw, dépouiller , piller , ôter , arracher : chez les Grecs et chez les Romains , la loi ne permettait pas de toucher à ceux qui étaient dans un asiU; leur persoime était inviolable.
Laissez- moi ce refuge: il est inviolable; N'enviez pas, ma mère, on utile an coupable. Volt. Hefuge, refuginm^ vient de refugere , fuir à toutes jambes, se sauver, se réfugier. «Ils s'enfuirent épouvantés, et l'Afrique fut leur refuge.» Marm.
1* L'idée essentielle de Vasile , c'est qu'on y est à l'abri , hors d'atteinte ; celle du refuge , c'est qu'on s'y retire ou qu'on s'y jette. On est en sûreté dans Vasile; on se met en sûreté dans le refuge. Trouver un asUe contre quelque chose , c'est en être préservé par sa position , et sans chercher à y échapper : « Les morts mêmes dans le tombeau ne trouvent pas un asile contre la mauvaise langue du médisant.» Labb. Trouver
un refii{jre contre quelque chose, c'est au contraire parvenir à s'y soustraire par effort ou par adresse:
N'en ries pas , Félix , Dieu sera votre juge ;
Vous ne trouvères point devant lui de re/uge. Coaa.
Asile ^ substantif pur, marque un état; refuge j substantif verbal, désigne un état où on s'est mis par une action volontaire , celle de fuir. Cest une différence considérable. « Cruels et lAches persécuteurs, faut-il donc que les cloîtres les plus retirés ne soient pas des asiles contre vos calomnies l » Pasc. Dans cette phrase refuge serait très-impropre , parce que les religieuses de Port-Royal n'étaient pas entrées dans ces cloîtres pour échapper aux calomnies des jésuites.
2* Âsik y substantif pur , exprime comme essentielle l'idée que refuge, substantif verbal, ne signifie que comme accidentelle. L'oitle est fait ou disposé pour nous mettre à l'abri; c'est notre sauvegarde , notre rempart ; il arrive au refuge de nous mettre à couvert; c'est notre retraite. Dans Vasile , on est hors de danger , on n*a rien à craindre; dans le refuge , on échappe à la poursuite , ce mot n'en dit pas davantage.
ÂsUe enchérit donc sur refuge; il annonce plus de sûreté ou une sûreté plus durable, plus entière. « Cette princesse sera la mère des pauvres, le refuge et Vasile des malheureux. » Booao. « La cour de Ptolémée Soter était le refuge et Vasile de tous les malheureux. » Roll. < Plus d'asile, plus de reftige assuré pour lui. » Mark.
3* Befuge suppose des maux devant lesquels od fuit , et encore à pas redoublés , des maux présents et pressants ; oftZe'suppose des maux quelconques , et , par exemple , des maux seulement possibles , ou de faibles maux , des troubles , des inconvéoients , de simples incommodités.
Le danger qu'on craint fait chercher un asile. oc Je balançai si je ne chercherais pas moi-même un asile hors du royaume, avant les troubles qui semblaient le menacer. > J. J. «Le lapin se donne la peine de fouiller la terre et de s'y pratiquer un asile. » Buff. Le péril qui assaille fait chercher un refuge. Les Suédois ayant incendié Aliéna pendant la nuit et au milieu d'un hiver rigoureux , les Altenois vinrent à Hambourg demander un refuge (Volt.). « Les bois et les montagnes servirent de refuge à tout ce qui (des combattants) put s'échapper. » Mark.
C'est plutôt repos qu'on trouve dans Vanle . et salut dans le refuge, c II faut un asile pour le besoin ; dans la nécessité , un refuge. Un port est en tout temps un (uile; dans la tempête , c'est on refuge. Le voyageur égaré cherche un asile; et, poursuivi, un refuge. » Roub.
4* Enfin , comme asile indique primitivement un lieu sacré , où on est inviolable , Vasile^ ne se prend que pour une retraite honnête. La solitode est umasUe pour le philosophe. Marmontel dit en parlant de l'Elysée : « Le calme et l'innocence habitèrent Vasile des ombres heureuses. » Refuge, au contraire, s'emploie bien en mauvaise part pour exprimer une retraite de brigands , de jpueurs, de vagabonds. « Votre maison e>t le refuge ordinaire de tous les fainéants de la cour. > Mol. c Las cafés et autres refuges des fainéants
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
aen
et fripons du pays. » J. I. « On renouyelle sou- ▼ent cette accusation cruelle d'irréligion , parce que c'est le dernier refuge des calomniateurs. > "Voit.
Us ëtûeiit en diemin , près d*iin bois qpii ser? lit SovTcnl aux Toleara de refuge, Laf.
En général, le mot asile annonce quelque chose de plus grand et de plus noble. « Voilà ce qui faisait la gloire du peuple et du sénat de Rome , qui était le refuge des rois et des peuples. L'ambition des magistrats et des généraux d'armée était de se rendre les défenseurs des provinces et des alliés. Aussi l'empire romain était-il regardé comme le port et Vcuile de tout l'univers, où les nations opprimées étaient sûres de trouver une prompte et puissante protection. »
ROLL
ASPIRER , mÉTERDRBv Vouloir ayoir et poursuivre certaines choses, une place , un emploi , la gloire , les honneurs.
<c Le premier n'exprime que le désir , le second joint à cette idée une confiance fondée sur des titres yrais ou chimériques. » Coud. Vous aspirez i ia pUce à laquelle vous voudriez bien arriver ; vous prétendez i la place que vous vous jugez digne d'obtenir. Atpirer à une chose est plus près de soupirer et de respirer après un chose (voy. première partie, p. 156), c'est-à-dire en faire l'objet de ses Toeuz ; prétendre à une chose est plus près de prétendre une chose (voy. première partie, p. &4) , c'esirà-dire l'eziger comme un droit. L'ambitieux que rien ne contente , à qui tout fait enyie , osptre à tout; le présomptueux , qui croit que tout est dû à sa naissance, à son mérite, à les services , à sa capacité , prétend à tout. On aspire à la faveur, on prétend à ce dont on se juge digne. « Pour îàin mieux comprendre l'état de la cour après la mort du cardinal Hazarin , il laut dépeindre les personnes de la maison royale, les ministres qui pouvaient prétendre au gouvernement de l'État , et les dames qui pouvaient aspirer aux bonnes grâces du roi. » Dblaf.
On aspire^ mais on ne prétend pas au repos, à la perfection , à vivre tranquillement , à l'affection d'une femme , parce qu'il n'est point ici question de choses qui se donnent à ceux qui les méritent et auxquelles on puisse avoir des droits proprement dits, mais de choses auxquelles on peut avoir le bonheur d'arriver. Suivant les docteurs, qui exagèrent l'action de la grâce , l'homme peut eupirer , mais non pas prétendre au salut.
Aspirer est plus particulièrement indicatif du but, et c'est pourquoi ce mot, à la différence de prétendre, s'emploie bien avec un autre verbe à l'infinitif .* aspirer à régner , à devenir chrétien , à se connaître, à plaire. Prétendre est tout relatif à ce qui rend dig^e du bien auquel on se porte , qu'on demande ou qu'on réclame. « Vous prétendez au salut; mais sur quel titre ?» Mis^
On aspire en secret, timidement, à un but éloigné ou élevé auquel on arrivera peut-être à la longue, a Tous , nous aspirons de loin à quelque repos. V Boss. « Le souverain bien, le salut, est h fin commune et la plus éloignée où nous de- Tons tous aspirer. » Boohd. < Aspirons à ce qu'il T a de plus haut (Boss.) , à ce qu'il y a de plus ex-
cellent dans les dons de Dieu. • Boonn. On aspire même à un but qu'on ignore. < Ce quelque chose où aspirait le réprouvé et qui lui manquait , il ne faisait pas attention que c'était Dieu. Il l'a connu trop tard. » Bourd. — On prétend ouvertement, en faisant des démarches publiques, en se mettant sur les rangs, en faisant valoir ses titres, à un avantage prochain et bien déterminé qu'on espère d'obtenir, c A Rome , il y avait des magistratures où les plébéiens pouvaient prétendre, » ICoHTSsg. « Lucrétius Ofella s'étant mis au nombre des aspirants au consulat, le dictateur lui défendit de prétendre à cette charge. » Roll.— Par conséquent, prétendre enchérit sur aspirer : c'est aspirer , ayant droit ou croyant avoir droit d'obtenir , et se portant à faire valoir ce droit. « Cette paix...; voilà à quoi nous aspiroia. Mais il ne suffit pas d'y aspirer et d'y prétendre. » BouRD. Sostrate dit à Ëriphile, dans les Amants magnifiques : < Tous les princes du monde seront trop peu de chose pour ojptrer à vous ; les dieux seuls y pourront prétendre ; et vous ne souffrirez des hommes que l'encens et les sacrifices. » Mol.
On est affligé quand on n'arrive point au but auquel on aspire. On se croit victime d'une inustice quand on n'obtient pas ce à quoi on iprétend.
Si on veut s'épargner bien des regrets, bien des désappointements, il faut n'oxptrer qu'aux choses auxquelles on peut prétendre.
ASSEMBLER , JOINDRE , imiR. Opérer un rap^ prochement entre des objets.
Àssemhler des objets , c'est seulement les mettre les uns près des autres; les joindre, c'est faire qu'ils se touchent, qu'ils soient contigus et adhérents; les unir y c'est les confondre, n'en faire qu'une seule et même chose.
Ce qui n'est qu'assemblé se dissout de soi-même tôt ou tard ; ce qui est ;otnl peut être détaché avec plus ou moins d'effort ; il en faut beaucoup pour rompre ce qui est uni.
Assembler marque le plus faible degré de rapprochement , celui qui consiste à mettre ensemble , dans le même lieu : on assemble des matériaux pour bfttir (AcAn.); on assemble ses cheveux sur son front (Ra.c.); on auemble dans une diatribe beaucoup de termes injurieux (Pasc.). Mais, du reste , entre les objets rendus ainsi voisins , il n'y a pas de rapport , ou au moins de cohérence : assembUige confus (Fén.) ; des atomes que le hasard a assemblés (In.). Au contraire, joindre et unir, c'est lier, faire que les choses s'accordent, se correspondent , tiennent les unes aux autres : notre esprit est joint ou uni à notre corps; on ne dit pas assembler une chose ou qu'une chose est assemblée à une autre. Les choses assemblées ne sont plus éloignées; les choses jointes ou unies ne sont plus séparées. La colle sert, non pas à assembler f mais à joindre ou à unir ; et, d'autre part , le charpentier ne joint et n'unit pas encore les pièces de bois toutes taillées qu'il se contente de mettre en place , il les assemble. Des personnes assemblées se trouvent dans le même local; des personnes jointes ou unies forment une association.
D'un autre côté, unir renchérit sur joindre;
me
DCIQClfillB PABT9I
ks choses j^iHlév «ntsMadièes las vnBS ans auH tres , dépendantes ks iinss des suives , mais distinctes pourtant; les choses iimar sont tellemeiit jointe qu'elles ne font plus qu^un. « Is. substance du mastic, qui jotnt le verre aux auties matières contiguSs , est très-difiérenta de celle de ces matières. Les cimeiEts de nature sont, au contraire, ou de la m6m« essence ou d'une essence analogue aux matières qu'ils fmisttnâ ; ils pénétrent ces matières dans leur intérieor, et s'y trourent toujours Intimement «Atiis. 9 Bitff. Les spiritualistes regardant l'ftme comme accidentellement jointe au corps; les matérialistes la supposent si étrottementiMte au corps, qu'dkle périt avec lui. Un homme est joint d'intérêt ou d'intrigue (Pasc.), et «ni da ocMir (Boobd.) aveo un. autre.
ik ? que le ckl en toat 1 joint nos destinées !
Qnll a pris sein d'unir nos âmes endhataéesl (Pabnlre à Séide dans le Fanatisme.] Vaur. « Après Umort de Ptoléraée, il restait encore deux des capiUines d'Alexandre, Lysimaqne et Séleucus , qui avaient été jusque-là toujours unis d'intérêt et d'amitié , et joiistf enscBoble par des traités et des confééératioos. » Roll. Que de personnes j0ittêe$ par les liens du mariage ne sont pas pour cela unies par les sentiments f Bans Métope y Polyphonte dit à Mérope , qui va l'épouser, quoiqu'elle Tabhorre :
Le trône vous attend , crt les autels sent prête ;
L'hymen qot Tauons/oifuirt unit nos IniArêls.
Joindre annonce un lien quelconque; et union, une entière conformité , unomême âme , en quelque sorte, c Sous les gouTemements despotiques de l'Asie, le laboureur, l'homme de guerre, le magistrat , ne sont jointe que parce que les uns oppriment les autres sans résistance; et si Ton y ▼oit de l'union , oe ne sont pas des citoyens qui sont unis , mais des corps morts ensevelis les uns auprès des autres. » Moittbsq.
ASSEZ, SUFFigAMMENT. Autant qu'U &ut.
AsseM est absolu , «tt/]tomt7isnl relatif.
Assez fait considérer la chose en soi; suffisamment la fait con»déper par rapport à un but , à un emploi , ou sous quelque point de vue particulier. J'ai assef d'argent « J'avais suffisamment d'argent pour faire commodément la route. 9 J. J. L'avare n'en a jamais assez; le prodigue jamais suffisamment. Un homme est assez vêtu , et suffisamment vêtu pour la saison. — En conséquence, assez dit plus que suffisamment : quand il y a assez d'une chose , ce qui serait de plus serait de trop; mais quand il y en a fu/)tfainsi0n< , il n'y en a assez que sous un certain rapport, pour une certaine fin , et ce qui serait de plus ferait abondance , sans être de trop. « Mme des Ursins laissa ce château à Aubigny , pas assez seigneur peur . remplir le lieu , mais sv/jfUamment riche pour y recevoir le voisinage et les passants. » S. S. j^uand il est question d'une petite portion et d'un revenu médiocre, on dit en avoir su/|fisamfnent , c'est-à-dire non pas assez, absolument, maisoftez, eu égard à sa position ou à ses désirs. On ne dit pas plus qu! assez , ce dernier mot exprimant au suprême degré l'idée dont il est le signe;
mais on dit plus que suffisamment , par la nâsom contraire : « L'athéisme est plus que suffisamment eonfoxMlu par la voix de toute la nataie.a
BOURD.
Hais c^est surtout à un ageot et à sa maxûère d'agir que suffisamment y c'est-Miie d'une manière sulQsante» est relatif. Un enXaut est asse« laborieux , a at<es d'ardeur , et il tnrvaille suffr sammsnt. Je suis souvent assez embarrassé pour exprimer certaines différences; quand j*y rêussii, je .crois avoir suffisamment rempli mon desseia. On ne sait pas assez parce qu'on n'étudie pw suffisamenent. On est assez porté à croire (Mai..), quand on sonda suffisamment l'homme (J. J.), que sa destinée naturelle ne peut s'accomplir ici -bas. Lorsque des mots ne sont pas otscx précis , et qu'ils ne désignent pas suf^mment les objets (Fàii.), en use de circonlocalions. Un ocaleux esl assez sAr de lui^èDae, quand il est suf^sammMâ instruit (J. J.) ou préparé (P, R.). — • En un mot, assez regarde la quantité des choses ou le degré de leur qualité; et suffisamment^ la manière plus ou moins satiafisisante dont on fait les choses ou dent on les préseoêe. Si je me ooatentais de dite que plus de œnt mille personnes oxtt été condamnées à mort sur une accusation de aorceUerie, je n'en dirais pas encore assez (Volt.), et je ae m'expliquerais pas suffUamment (Boubd.). Le règne de Théodose fut assez glorieux ; mais cet empereur ne répara pts su^^mai£fil le massacre des hahstants de Thessalonique, en n'alUnt poitt à la messe pendant quelques mois (Volt.).
ASSIÉGER, OBSÉDER. Être étabU, campé devant, autour; ^tourer, e&viroimer» penir arriver à être makre.
Jbssiéger, mettre le siège, asseoir son caD9. vers , auprès , contre , se dit bien au propre : assiéger une ville ou une forteresse. Obséder , pris iomiédiatement du latin obatdcre, se tenir devant, faire obstacle, investir, a'emploie au £guré sevlement
Or, assiéger ayant aussi l'acception figurée. c'est dans ce sens ou dans ce cas que les deux mots semblent synonymes et qu'il est heso«n de les distinguer l'un de l'autre.
En premier lieu, l'action d^* assiéger peut avùr une chose pour sujet et une chose pour objet. Mille fléaux nous assiègent en cetle vie; des geus intéressés assiègent les portes des palais; des discours flatteurs assiègent les trênes des rois. Hais l'action d'obséder est plutôt faite par des personnes et dirigée contre des personnes. De tout temps les rois ont été obsédés par des courtisaos; des parents, des créanciers, des importuns, d^^ charlatans, des espions vous obsèdent.
En second liea , quand les deux actions partent de personnes pour aboutir à des personnes, une dernière différence subsiste , qui empêche de confondre les deux verbes. Une idée de force est attachée à assiéger , et à obséder une idée de continuité ou de constance. On assiège pour prendre d'assaut, vivement; on obsède comme on bloque, assidûment, sans bouger de là, de manière .^ s'opposer à toute communication et à l'approcha de toute autre personne. Un solliciteur assiégt un ministre à qui il veut arracher une gràc<
SYNONYMES k RADICAUX DIVERS.
(S. S.) ; un nunictre ou on favon obsède le prince qu'il veut gouverner (Fbn.). Un amant assiège la femme auprès de laquelle il deyient pressant , â qui il donne toutes les marques d'une passion violente (Les.} ; on ne peut approcher d'une femme incessamment obsédée d'une duègne puante ou d'un mari jaloux (lo.). Vous cusiéf^er, c'est faire auprès de vous de grandes instances , chercher à TOUS forcer; toujï obséder, c'est ne vous pas quitter, être sans cesse autour da tous, pour disposer seul de tous.
On assiège pour emporter, en faisant soutenir un siège, « Le duc d*Orléans se trouva assiégé de fens qui voulaient être de ses conseils.» S. S. «Dubois et Law assiégirent le duc d'Orléans (pour obtenir la mort du comte Horn) et le retournèrent si bien, que la premièse nouTelle que j'appris à la Ferià fut que le comte Horn avait été roué en Grève. » Id. « Elle ne put pénétrer jusqu'à Kéron , mats ^assiégeait dès qu'il sortait» et lui criait d'écouter rinnoeence. » D'Ajl. On obsède pour posséder, pour demeurer maître, et de manière à écarter las autres, à leur faire obstacle, c Albéroni persuada à la reine de suivre les traces de tfme des Ursins pour posséder le roi , qui fat de l'enfermer, de l'obc^d^r jour et nuit sans aucnn moment d'intervalle, d'empêcher personne d'en approcher. » S. S. Idoménée , dans le Télémoque, dit au sujet de deux de ses courtisans : c Tant d'années d'habitude étaient des chaînes de fer qui me liaient à ces deux hommes, et ils m'obsédaieiU à toute heure. » JPâif . « Les gens intéressés qui obi^denl les princes sont ravis de les voir inaccessiblee. > In.
ASSIETTE , SFEUA-nON , POSITION. Manière d'être locale, manière d'être d'une chose par rapport au lieu qu'elle occupe, où elle eat mise, où elle »e trouve.
Assiette, manière d'être d'une personne assise ou semblable à celle d^une personne assise , exprime immobilité et sûreté. Une assiette assurée (J. J., COND.); une assiette tranquille (Bourd., FiN. , Volt. , Roll.). Heureux ceux qui sont sur ces /kuves^ non pas plongés , non pas entraînés , maifi immobiiement affermis; non pas debout, mais assis dans une ajssietU basse et sûre ! > Pasc a La république romaine ayant réuni sous elle les peuples et les royaumes, tout enfin a pris une assiette ferme et une consistance assurée. » Roll. L'assiette est essentiellement forte : « Des lieux forts d'ositetle. > Roll. — Elle est aussi stable , habituelle , durable ; c'est ce qu'indique la terminaison passive du mot assiette , tandis que situation et position, ayant une terminaison active, signifient quelque chose d'actuel, de momentané, de variable. Vassiette du pied est plus grande dans l'homme que dans tous les animaux quadrupèdes; quand il marche, il se soutient dans une situation droite et perpendiculaire (Bu?f.). L'honone moralement léger manque d*assiette ^AOY.), et change souvent de situations ou de fùsitions. On est plutôt naturellement dans telle miette , et accidentellement dans telle situation ou dans telle position. U n'y a pour chaque chose et pour chaque personne qu'une assiette, une manière d'être solide, assurée, inébranlable.
< Le corps de la girafe n'a point d*assieUe^ sa démarche est vacillante. » Boff. « Un visage enilammé^ des yeux étincelants, un geste menaçant, des cris : tous signes que le corps n'est pas dans son assime. > J. J. c Tant il est abé de démon* ter un jugement de son assiette naturelle ! j» Pasg. « La vraie assiette de l'âme est lorsqu'elle eat maîtresse des mouvements du cerveau. » Boss. c II n'est pas aujourd'hui dans son assiette ordinaire. » ACAD. Mais il peut y avoir pour chaque chose et pour chaque personne bien des situations et des positions.
Bans telle ou ' telle situation , au lieu d*être forte, ferme, inébranlable ou inébranlablement placée, une chose ou une personne se trouve avec ce qui l'entoure dans* de tels rapports , qu'elle est bien ou mal , qu'elle éprouve ou qu'elle produit un effet agréable ou le contraire. Un château est dans une belle situation , quand il se trouve au milieu de sites pittoresques, ou que les alentours en sont channants : « Vous avez préféré à toute autre contrée les rives de l'Euphrate pour y élever un superbe édifice ; l'air y est sain et tempéré, la situation en est riante. » Labr. Un château remarquable par son assiette est un château fort; il repose sur une base solide et est inexpugnable : c Ajoutez à ces avantages de la ville de Namur Vassiette merveilleuse de son château eecarpé et fortifié de toutes parts, et estimé imprenable. j> Kac. ^ Dans une bonne sitimtion, notre âme reçoit de ce qui nous entoure des impressions qui la rendent heureuse; dans une bonne <ust£tle, ou dans son assiette naturelle, elle est rassiu ou tranquille.
La position se rapporte â un but. Aussi dit-on en position de faire une chose. Chercher, par l'avantage des positions , à diminuer l'inégalité des forces (Ratkal). Position exprime le résultat de l'action de poser, action faite avec dessein; au lieu que situation désigne une manière d'être, telle qu'est celle d'un pays sur la terre , c'est-àdire indépendante de toute intention, de toute tendance ou aptitude à agir. Un animal dort dans telle situation^ et prend telle position pour dormir (Buff.). Le foetus , dans le sein de la mère , peut à chaque instant changer de situation^ et quelquefois le fœtus esf dans une position désavantageuse pour l'accouchement (In.). Un homme se trouve dans la pire des situations , dans une situation affreuse (Montesq.), et dans la pire position où on puisse se trouver pour être jugé équitablement (J. J.). Bans telle sitiMtion on est heureux ou malheureux; dans telle position on est ou on n'est pas en état de faire telle ou telle chose. Quand on n'est pas dans une situation aisée , on n'est pas dans une position à faire du bien aux autres. En changeant de situation, un malade se trouve soulagé ; une armée change de position, afin d'être plus à portée de vaincre. Une. ville est dans une vilaine situation (Acad.) ; la position de Ghambéri, au milieu des Alpes , est très.favorable à la botanique (J. J.). « La situation de Genève est très -agréable ; on voit d'un côté le lac, de l'autre le Rhône, aux environs une campagne riante, des coteaux.... Le port de Genève ' sur le lac , ses barques , ses marchés , et sa posi-