DEUXIEME PARTIE
Informer, c'est avertir ou donner avis d'une manière formelle , comme on le fait devant la justice; c'est rendre compte à qui de droit. On twforme proprement les juges (Acad.), le prince (J. J. , Les. , CosD.) , un ministre (J. J. , Lab.) , un père (MoL.)î un maître (In.). Quelquefob, au contraire , l'information est une communication de l'autorité aux subordonnés, d'un roi à ses sujets (CoND.), d'un ministre à un ambassadeur (S. S.) , etc. Dans tous les cas , informer a cela de très-distinct qu'il suppose entre les deux personnes dont il s'agit une relation hiérarchique.
D'ailleurs, informer dit quelque chose de moins succinct : c'est faire un rapport exact qui met au fait de toutes les circonstances , comme il conyient en administration et à l'égard de l'autorité. On donne a/oit en peu de mots , par dépêche électrique , c'est une simple nouvelle ; mais un général , après avoir usé peut-être de ce moyen pour dofiner cms d'une victoire à son souverain, écrit ensuite , pour l'en informer, une sorte de mémoire où toute l'action est exposée avec détail. « Du fond de son palais Déjoce voyait tout ce qui se passait dans ses Stats par le moyen de ses émissaires, qui lui rendaient compte et Vinformaient de tout. » RoLL. « Ils firent partir Pinto avec toutes les instructions nécessaires pour informer le roi du plan et des moyens de l'exécution. » Vert. < La lettre où madame Guyon m'tn/brma de cette démarche explique amplement toutes les raisons qui l'avaient portée à se soumettre. » Boss. < J'allai voir le licencié don Prosper, pour Vinformer de ce qui s'était passé. Je voulus lui détailler la manœuvre que le jeune don Louis avait employée pour me faire chasser de chez lui. * Les.
AVERTISSEMENT , AVIS , — CONSEIL. Instruction donnée & quelqu'un pour le diriger dans sa conduite.
Le mot eonuU se distingue nettement des deux autres. Il suppose d'abord que l'auteur du conseil est consulté, et qu'il aide de ses lumières un homme qui , ne sachant quel parti prendre dans une affaire, en délibère avec lui (conseil , de cum avec , ensemble). « Il y en a qui consultent pour être trompés, qui ne trouvent de bons conseils que ceux qui les flattent. » Boss. Mais Vanertissement et Vavis ne sont ni demandés ni attendus; on les donne de son propre mouvement , ainsi que l'indique l'expression donneur d*a/vis. C'est pour cela qu'on dit , d'une part , prendre ou de- 1 mander conseil, aider quelqu'un de ses conseils, : un conseil bon ou sage , honune de bon conseil f et, d'autre part, recevoir ou écouter des avertis- 1 sements et des avis avec douceur , en profiter ou , bien y être sourd. Les avertissements et les avis , sont essentiellement charitables. Le prédicateur . ne donne pas des conseils, mais des avertissements ' (Boss.) et des avis (Boaim.) On prenait autrefois , les songes , non pas pour des conseils , mais pour ' des avertissements (Fér.) , ou pour àtsavis (Volt.) du ciel. Un chimiste entreprend de lui-même, sans y être invité, de pubèier, non pas des conseils, mais des avertissements et des avis (J. J.) sur le danger qu'il y a à se servir dans les cuisines d'ustensiles de cuivre. On appelle avertisse-
ments et avis^ mais non conseils , les courtes préfaces de certains livres et les annonces faites au public par une autorité quelconque, a Cornélius, l'un des commissaires (romains) en Macédoine, s'était rendu auprès de Philippe ; et après avoir terminé les autres affaires avec ce prince , il loi demanda s'il était d'humeur à écouter un conseil utile et salutaire.... Il l'exhorta à envoyer des ambassadeurs à Rome pour convertir le traité de paix en un traité d'alliance et d'amitié. Philippe trouva Vavis fort sage. » Roll.
En second lieu , non- seulement les avertissements et les avis sont des témoignages tout spontanés de l'intérêt qu'on veut bien prendre & ce qui nous touche , mais ce qu'ils ont pour but de nous apprendre , ce sont des dangers ou des défauts qu'il nous importe d'éviter. Ils viennent d'un homme plus avisé que nous, qui voit mieux que nous par rapport aux maux qui nous attendent et aux vices que nous avons contractés , et qui prend la liberté de nous en instruire. Les conseils n'ont pas plus ce second caractère que le premier; ce ne sont ni des préservatifs ni des correctifs. Ils nous tirent d'incertitude en nous montrant la voie où nous devons nous engager, et non pas celle où nous avons le malheur ou le tort de nous trouver. Alcibiade , voyant les Athéniens dans une mauvaise position à iEgos-Potamos , voulut les sauver par ses avertissements ou ses avis (Fén.). Mais ce sont des conseils que demande et que reçoit Sganarelle dans rîmovr médecin, relativement au moyen de guérir la mélancolie bien connue de sa fille. « Vous êtes orfèvre , monsieur Josse , et votre conseil sent son homme qui a envie de se défaire de sa marchandise. » Mol.
Quant à la différence de Vavertissemenl et de Vavis, elle est la même, soit qu'il s'agisse de dangers, de maux, d'inconvénients, soit qu'il soit question de défauts. Vavertissemeni , de advertere, tourner vers, faire faire attention à, est moins précis, moins décisif; il laisse une part à la réflexion de celui auquel il s'adresse. C'est, en fait de dangers , une invitation à prendre garde à quelque chose de menaçant ; au lieu que Vavis signale un danger ou un mal certain. « Je vendrais que les avertissements publics des philosophes réveillassent les peuples sur les dangers de toute espèce auxquels leur imprudence les expose.... Les sages avis des chimistes n'ont encore fait que peu de progrès et n'ont proscrit le cuivre que de peu de cuisines. » J. J. « Sans les avertissements de l'abbé de Saint- Pierre, les barbaries de la taille arbitraire ne seraient peut-être jamais abolies en France. Sans les avis de Locke , le désordre public dans les monnaies n*eût point été réparé à Londres. » Volt. Il ne faut négliger ni Vavertissement ni Vavis ; mais il faut proprement faire attention à Vavertissement, et se rendre à Va/vis. Vavertissement d'un percepteur tous invite à payer en vous laissant une certaine latitude ; l'ovû de votre correspondant vous prévient qu'il faudra payer , c'est une décbion toute prise sans vous , vous n'avez rien à y voir.
Lorsque Vavertissement et Vavis sont opposés à la flatterie et font connaître des défauts à cor-
SYNONYMES A RAWCAUX DIVERS.
riger, VavmûumerU a plus de douceur et de ménageiaent, c'est un appel à la réflexion et à la prudence; il nous fait rentrer en nous-mêmes. «A l'égard de la femme adultère, J. C. change toDte la rigueur de la peine en un simple averfutemenl de ne pécher plus. » Boss. « Les meilleurs princes sont incapables de porter les cwertissemenU les plus mesurés de leurs plus afQdés personnages. • S. S. < Les aoeriissttMnU sentent moins l'autorité d'un maître que la bonté d'un ami. > RoLL. L'aoû est plus net, plus sec, plus magistral, plus impératif; c'est une leçon qu'on nous fait. « Les discours sacrés sont pleins d'avû pressants.» Boss. a Si votre enfant choisit mal son état, TOUS pouvez le redresser par de sages avù. S'il ne les écoute pas, tous pouvez y igouter le eommaudemant. > Bouan. « Je pourrais tous donner autant de kçons que tous aTez fait de remax(|ues , mais je me contenterai de tous donner en général l'ami d'étudier et de tous repentir. » Volt.
Il y a des personnes assez imprudentes pour n'écouter pas les avertistemenU , et d'autres assez susceptibles pour s'offenser des oûis.
De plus, averiissemeni marque le fût, l'action d'avertir : YaverUssemeni a lieu de telle ou telle manière, et apprend on recommande telle ou telle chose particulière. Kais avis exprime feffet : Varis , inspiré par tel ou tel sentiment , est bon ou mauvais, on le suit ou on n'en tient nul compte. « Certains détracteurs du culte rendu à Marie ont publié leurs plaintes sous forme d'avertissemenU donnés par Marie elle-même à ses dévots indiscrets. Nous qui voulons que notre dévotion soit prudente , qu'elle soit solide , profitons de ces ams : pour peu qu'ils soient fondés , édifions-nous-en. » BovBD. « Les traîtres tirèrent une balle de plomb , où l'on trouva cet avertitiemeni : demain , à une telle heure , l'infanterie tombera sur vos travaux.... Sur un pareil anii^ le con?oi fut enlevé. • Roll.
Enfin, ravertissemeni n'étant qu'un sujet de ré flexion , quelque chose qui nous rappelle à nousmêmes y peut n'être pas donné par une personne , mais par une chose. La douleur corporelle est un avertissement d'une situation fâcheuse pour notre santé. « Sentir , à chaque péché qu'on commet, un avertissement et un désir intérieur de s'en abstenir. » Pasc. c Quand nous avons la main blessée, nous y ressentons de la douleur, c'est un avertissement que la blessure qui cause de la douleur est dans la main. » Fin.
AVEV, CONFESSION. Action par laquelle on reconnaît avoir fait certains actes, éprouvé certains sentiments.
Vaveu est particulièrement la déclaration faite devant un tribunal de ce dont on est accusé; et la confession , la déclaration à un ministre de Dieu des fautes qu'on a commises. « Saint Ambroise dit que le gr^nd Tbéodose prenait quelquefois plaisir à juger lui-même les criminels d'£tat , et qu'après les avoir convaincus et forcés ^"avouer leur crime..., il les renvoyait sans châtiment. Telle est la conduite de Dieu envers nous. 1 ne Teut pas nous fûre périr, mais il veut set^
STV. FRÀIIC.
lement avoir sur nous gain de cause. Or il l'a par notre confession, » Bouan.
Plus généralement , l'aveu consiste à convenir , à tomber d'accord, à ne pas nier; il suppose qu'on est interrogé, sollicité, pressé; souvent il est forcé , on nous l'arrache. « Ce malheureux étant interrogé avoua qu'il avait pris quelques plats d'étain à vos pères. >» Pasc. Le grand prêtre commande à J. G. de déclarer s'il est en effet le Christ, et, ayant tiré de lui cet aveu, il l'accuse de blasphème. • Bourd. « On le tournera de telle façon, qu'on lui arrachera un aveu forcé.» In. «Jugeons de la force de cette idée par Yaveu qu'elle arrache de nous contre nous-mêmes. » Fin. c On ne put m'arracher Y aveu qu'on exigeait. > J. J. La confession , au contraire , est vo- < lontaire, libre, c'est une révélation faite de notre propre mouvement, une ^action par laquelle nous nous accusons nous-mêmes. « Saint Augustin , qui a si bien distingué l'âme et le corps , confesse qu'il a été longtemps sans pouvoir reconnaître leur différence. » Mal. c Héraclide faisait la cour à Dion, confessait les obligations qu'il lui avait.» Roll. « Thérèse s'aperçut que j'avais quelque reproche à me £a.ire ; j'en allégeai le poids par une franche et prompte confession. » J. J. « Gonzalez , me dit le grand inquisiteur, votre procès est fini , et vous allez sortir de prison tout à l'heure ; mais il faut auparavant que vous confessiez que vous êtes coupable. — Qui? moi? interrompis-je assez brusquement. Je n'avotierat jamais cela. » Ixs
Toutefois la confession peut être aussi arrachée ; mai» c'est par la conscience , et non par les prières ou les menaces des autres hommes. « Est-il probable qu'ils aient avoué qu'ils étaient des fripons, si le troubla et le remords ne leur avaient pas arraché cette confession de leur crime? Et quand ils disent ensuite qu'ils n'ont fait cet aveu chez le premier juge que parce qu'on leur avait donné précédemment un coup de poing chez un procureur, cette excuse vous parait-elle raisonnable ou a^urde ? • Volt.
D'un autre côté, on avoue toutes sortes de choses; au lieu qu'on ne confesse que des choses moralement blâmables, des choses dont on rougit, telles que des torts, des offenses, des fautes . des faiblesses. « La confession est l'aveu d'une offense commise. > Bourd. « Ce culte consiste dans une protestation actuelle que je fais à Dieu de ma dépendance, dans un aveu respectueux de ma misère eV de ma bassesse , et , si je suis pécheur, dans une confession humble et sincère de onon péché. » In. « Je ne puis vous cacher coml)ien vôtre prompte et sincère confession m'a touché ; car je sens combien vous a coûté la honte de cet aveu. » J. J.— C'est sans honte et sans peine que Jésus avoue qu'il est le Christ; mais dans Y Avare , Harpagon dit à Valère : « Approche , viens confesser l'action la plus noire, l'attentat le plus horrible qui jamais ait été commis. » Mol. Et dans George Dandin, Angélique dit à son mari : <c Oui , je confesse que j'ai tort et que vous avez sujet de vous plaindre. > In. — Dans Tancrèâe^ Aménaide avoue avec orgueil et sans le moindre repentir avoir écrit et envoyé le billet qui Tac*
BEUXlËlfE PARTIE
cuse de frabison (TotT.); ratân dans le Misant thrope, Gélûpène dit à Alteste :
J'ai tort, Je le confesse, et mon tme confase
Ne cherche à tous payer d'aucune Taine exenie.
Sol»
Une des qualités essentiellesde l'ovat, c'est qn'il soit rentable ou sincère; la confes»ion doit être surtout humble. « YoiLà le comble de notre misère, confgttons-le humblement, et avouons- le de bonne foi. > Bourd.
AVISÉ, PBUDENT, — CIRCONSPECT. Ces mots désignant des qualités qui font qu'on agit bien , c'est-à-dire, non pas au hasard, mais arec précaution, de manière A éviter les fautes, les dangers, les surprises.
U y a d'abord une grande différence entre avisé et prudent: avisé signifie une qualité de l'esprit, et prudent une qualité du caractère. L'homme aicisé est ingénieux à découvrir les inconvénients, les pièges ,' et à trouver des expédients pour y échapper; l'homme prudent procède avec poids et mesure, et emploie pour ne pas faillir des moyens convenables* La finesse fait l'homme avisé, «ej'aî eu, dît David, de grands démêlés avec de vieux et rusés courtisans ; mats j'ai été plus avisé qu'eux ; je me suis ri des raffinements de ces vieillards expérimentés. » Boss. « Tartufe ne commet pas une faute ; il est le plus fin et le plusaoïV^de tous les hommes. »Lah. <k Leduc de Savoie employa le comte HafTeî , homme de beaucoup d'esprit et délié.... Il étak souple, avisé, insinuant. » S. S. «J'avais im laquais aussi avisé que le valet de chambre de Verville était maladroit. » ScARR. La réserve fait l'homme prud9nt. «La conduite de ce serviteur qui, sous prétexte que son •maître tardait de venir , et qu'il ignorait l'heure de son arrivée , usait de ses biens comme n'en devant plus rendre compte , vous paraît-elle toTi prudente? 9 Mass. <c Craignez ces dangereuses rencontres dans lesquelles votre innocence a déjà tant de fois fieiit naufrage : que votre expérience vous fasse prudents et vous oblige à une précaution salutaire. » Boss. Se restreindre dans le boire et dans le manger « à la juste mesure d'une discrétion prudente et sage. » Boitrd.
Au moins soyez prudent , et vous conduises bien.
Mol.
On plaint quelqu'un de n*6tre pas avisée comme on le plaint d'être borné , de n'avoir pas d'intelligence ; on lui reproche de n'être pas prudent , comme on lui reproche d*être léger ou téméraire. Moins on est avisé, plus on doit être prudent.
n faut bien aussi de l'esprit pour être prudent^ pour savoir à propos commencer , se retenir , appliquer des moyens ; mais ce n'est pas du même esprit , c'est de l'esprit de justesse et de conduite , et non de l'esprit d'invention et de clairvoyance ; c'est du jugement, du bon sens, et non de la vivacité , de la pénétration , de la sagacité. V avisé est prompt à imaginer, à concevoir, rusé, subtil; le -prudent est posé, judicieux, réfléchi. « Je te' donne, ma fille, au seigneur Anselme , un homme mûr , prudent et sage , qui n'a pas plus de cinquante ans. » (Harpagon.) Mol.
D'ailleurs , avisé, comme /in , se dit plutôt par rapport aux petites affaires, au lieir qu'on est
prudent dans toutes, même dans le» pins grande: avec des intrigants et des fripons, il fimt être avisé; et, avec des méchants ou des eonenis, prudent. Avisé suppose si peu de l'impoTtanae aux personnes ou aux choses, qu'où s'en sert ntee pour qualifier des animaux. « Les singes swt trop avisés pour venir dans un pays aride (l'Ai^ déserte) où il faut ftiîre vesir de loin le man^ff et le boîrsr. » Volt. « La aière oie , pkas orârfe que la poule , reflEne , dttHm , de oonw d'autm œufs que les siens. » Bon.
I . Cvrconspest dèrïfe do cirewjyûCTg, regarder tout autour de soi. La M'reoiwpMfû» est une sorte de prudente, uae prudenes attentive, qui prend garde à toutes les cireonstuiceft, qui ne néglige rien. • La eireenspeUien la plus attentive. » Mass. c Bon Dieu I quels puissants motife de vigilance, d^attention sur moi-mène, de c«rcùnspectUm , de frayeur, en approchant des aatelsl » iD. « Plus vous êtes êlové, phia vous devez Mre religieux et circonspect sur la réputation de vos ffféres.» Id. « lési»<Chri8t nous a lecoamanêé de nova donner de garde de l'hypocriaie , d'y apporter tout le soin d'une sainte àreonspediim et d'une exacte vigilance.» Booan. c Le moindre soufOe venu au roi des sentiments favorables de M. de Fénelon poux Mme Guyon eût produit d'étranges eflets dans l'esprit d'un prince si rdigieux y si déUcai sur la foi, si ctrcofuped i remplir les grandes places de l'Ëglise. » Boss.«Ko\is mîmes toute notre attention à ne rien dire et a ne rien faire qui pût blesser leur vanité. Avec cette circonspection nous gagnâmes leur amitié. » Lbs. Renfermée dans de justes bornes, c'est4-dire quand elle ne va pas jusqu'à être minutieuse, méticuleuse, pusillanime, la orcoi^ spection est la plus grande prudence , ou la manière d'agir de la prudence la plus soigneuse, la plus exacte. « Je suis inexcusable si jje viens i mépriser l'intérêt d'autrui, et si, dans lecoxamerce de la vie, je n'y apporte pas toute li circonspection que demande la prudence chré» tienne.» Bourd.
AYOm , POSSÉDER. Nous avons et nous potsédons un bien qui est à nous.
Maïs ce que nous avons est peut-^re à nous en puissance seulement, nous appartient sans que nous en ayons la disposition on Ttzsage ; au lieu que ce que nous possédons est à nous efîectivement, est entre nos mains, en notre possession, nous le tenons et avons. la liberté actuelle ifea disposer et d'en jouir. On a des rentes , quoique non payées, ou même saisies par des créanciers; on possède des trésors. Ce n'est pas posséder un vrai diamant que de l'ovotr , mats confondu smc un grand nombre de faux, d'avec lesquels on ne sait pas le distinguer (Pasc.). Vous avts des terres dont vous touchez le revexkd; tous passédex celles à la culture desquelles vous présidez et que vous parcourez sans cebse avec bonheur (J. J.). ae Un avare peut oootr des richesses dans ses coffres , mais il n'en est pas le Hiaitie : ce sont elles qui possèdent et son cœur et son esprit. » GiR.
Avoir se dit de toutes sortes de biens ou de choses utiles; mais fwaitfiifr conmm surtoul
SYN0NYU5 A RâilGàUX DIVERS.
à l'égaid dflB faÎMM-fiimds, «*es4-à*dir0 de ceux dont ott a yéritablement le domaine ou la propriété. « Cftrtb9ge omit alars nae.poisaaBt» fiotte sur les odtes ée Sicile , et poM^latl wm gnnde partie de cette lie. ^ Roli.
On a les «tantages dont en est deué; en poi- 9èdê l'art et les laWts ({n'en a ea qu'on fait valoir à m degsé 8U|>érieiir, dftne tes<fnoU od excelle. « Jugurtha ooatl des manières préwnanteSy et pOÊÊéàait pttfaitement Tart de s'insinuer dans les esprits. ■ Roll. « Gliton n'a jamais eu en tonte saiie tpaa éemx affaires , qai est de dlœr Je Matin et de eeiuper le eeir r il nVi qu/un entretien : il dit les entrées, les potages.... Il foêtUe le langage des csiaineB antaat qu^l peut s'étendie. » I«a«u
Avoir regarde plutôt Tacqnisttioit, et pouédêr rètat ^ û soit, la eoaaervation. « Toutes les occupations des bonnes sont à avoir dn bien , et le titio par Joquililslo ponèdenl n'est, dans son
origine, que lafwtatsie de ceni qui ont iait,les lois. Ils n'ont aussi aucune forée pour Uposc^^der sûienenL » Pasc. « Deux sortes de eonmeroe parmi les hommes : un commerce de besoin pon^r emprunter ce qui nous manque; un commeroe d'amitié et de bienveillance pour partager avec nos amis ce qu^ nous avons. Dans le premier , on a le plaisir d'acquérir ce qu'on n'omit pas*, dans le secoAd., le plaisir de jouir de ce qu'on pM-
Bnfin, pomédtr enchérit de tontes mwiâres sur avoir, puisque c'est acotr pieinement, sa maître., d'une manière actuelle , propre et absolue. « C'est dans la religion (dans l'état .religiena) que par choix et même par vœu , on se fait un Jbonheur de n'avoir rien , de ne posséder rien. » Bouro. « Ces savants auraient été recherchés de tous : chacun se serait empressé pour les orotr, les pouédex^ les retenir chez soL» J. J.
BABIL, CAQUET. Goùt, manie des vains propos, ou ces vains propos eux-mêmes.
Babil rappelle la première articulation prononcée par les enfants, et leur première habitude de langage, qui est de parler sans cesse en répétant la syllabe ba, ou ses analogues» formées de la même consonne. Caquet, comme ca9uefer(pour coqueter)^ s'est dit primitivement du bruit produit par le ramage des coqs et des poules. Babil est relatif à la multitude des paroles; caquet, à leur bruit. Avec du babU on parle beaucoup; avec du caquet on parle haut. Le babil fatigue par sa continuité ou sa longueur. « Que de babil! Est-ce que vous ne voulez donc pas vous taire?» Laf. a Chacun mangeait sans rien dire , à la réserve d^un homme qui , parlant sans cesse à tort et à travers , compensait par son babil le silence des autres, v Lns. Le caquet étourdit par son éclat. « Ton caquet m'étourdit. » Laf. « Tu m'étourdis de ton caquet. » ICol.
En parlant beaucoup, on s'expose à parler trop, à dire ce qu'on devrait taire ; et de là vient qu'à ridée du haht7 se joint naturellement celle d'indiscrétion. « Vous aviez grande envie de babiller; et c'est avoir bien de la langue, que de ne pouvoir se taire de ses propres affaires. » Mol. De son côté, parler haut»peut avoir, au figuré, deux signîScations distinctes, et d'abord celle d'ébruiter» de publier ce qui est au désavantage des autres ; c'est pourquoi le caquet suppose souvent une mauvaise langue , et le goût du scandale ou des cancans. « Il y a une chose qu'on n'a pas vue sou^ le ciel , qu'on ne verra jamais : c'est une petite ville d'où Ton a banni les caquets, le mensonge et la médisance. » Labr. Caquet-honbec se dit d'une femme médisante. Les enfants et les femmes ont du babil ; les commères et les membres d'une coterie ont du caquet. Parler haut , c'est aussi faire l'important , afficher des prétentions; aussi est-ce là une des nuances de
caquet: rabattre le caquet; n'avoir que du ca^uef. Qui n'a que du babil, parle beaucoup, aisément, mais sans rien dire. Qui n*a que du caquet, a le verbe haut, un air de capacité et de suffisance, mais manque de mérite.
Le babil se présente donc sou^un aspect nrms mauvais; il peut plaire, il plaît souvent dans un enfant ou dans une femme qu'on aime, c Cette petite fille a tm joli babil. » Acad. «Elle me it asseoir, conter ma petite histoire.... Slle parut contente de mon petit bébil quand je ne fus un peu rassuré. 9 J. J. Mais le eaq^t blesse toujours notre amour>propre et n'impose qu'aux sots. «T a-t-ilde la politesse à étourdir tout le monde d'un vain caquet? » J. J.
Une tète éventée, un petit freluquet , Qui t'adulfe lui seul et n^a qoe du ctufmtt, Ktoii, BABILLARD, BATAITD. Grand parleur, qui a une intempérance de langue.
^a&ti?ard exprime un défaut moins grave.. Le ' babillard a du babil , ne fait que parler comme les onfànts, dit des puérilités, des riens: le bavard, comme l'enfant qui bave, a un flux de bouche , c'est-à-dire une infirmité ou un vice qui choque davantage , il parle d'une maBière inconvenante, déplacée, il dit des sottises. Ltbabillard ennuie, fstigue; le baiMird déplaît par ses impertinences. Il y a tm joli bébU; il n'y a qu'un sot bawirdage.
Le bab^la/fd n'a qu'un défaut de forme ou estérieur, pour ainsi dire, défaut plus ridicule qu'odieux : aussi ce nom s'applique bien à certains oiseaux , à l'hirondelle, par exemple. Mais le bat?ard pèche par le fond ; il a peu de sens. Dans le Mariage forcé deHoUère, Sganarelle trouve que Pancrace, qui ne lui laisse pas placer un seul mot, est un babiUa/rd, et qu'on a eu raison de lui dire qu'Aristote, son maître, mal- I gré sa r^utation de sagesse, n'était qu'un ba- ! vard.