‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 262 sur 426 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Entre inUlUgent et enUndu il y a deux différences bien sensibles.

InUUigent, latin intelligent^ est plus noble wq! entendu, participe du verbe français entendre : DU dit des lecteurs intelligenU (D*Al.)> et un ouvrier enttndu dans son métier (Volt.).

Et d'un autre côté, intelligent marque plutôt une faculté naturelle, et enUndu, qui est passif, une qualité acquise ou reçue. — « Le peuple d'Israël n'éUit pas plus inUlligent ni plus subtil que les autres peuples. » Boss. « Le colonel allemand prétendait conduire seul le siège, comme plus entendu dans le métier de la guerre où il avait vieilli. » Ykrt. — Un domestique intelligent comprend de lui-môtoe et vivement ce qu'on lui commande; un domestique erUendu est devenu propre au service à force de leçons ou d'expérience. ___

1* GAPBIGE , FANTAISIE , HUVEDB ; — î* BOU- TADE, SAILLIE;— 3' VERTIGO, QUINTE. Disposition de r&me insolite , étrange.

!•. Caprice , fantaiHe , humeur. « Le prince de Léon était plein d'humeur , de caprices et de fantaitiee. » S. S. « Caprice marque le caractère d'un homme qui se conduit par fantaisie et par ftumeur , non par raison et par principes. » Roll. Une différence considérable sépare d'abord le caprice et la fantaisie de Yhumeur. Caprice et fantaisie signifient une disposition active de l'ftme , une manière d'agir; humeur exprime une disposition passive ou sensible, une manière d'être. Le caprice et la fantaisie font qu'on agit de telle façon , c'est-à-dire arbitrairement; l'humeur fait qu'on est affecté de telle façon, c'est-àdire d'une fiiçon fâcheuse, incommode pour soi, et surtout pour les autres. C'est, d'une part, dérèglement ou licence , et, de l'autre, aigreur de tempérament ou insociabilité. Avec des caprices ou des fantaisies , on n'agit pas raisonnablement; avec de l'humeur, on n'est pas aimable. Les domestiques , souvent obligés d'obéir aux caprices et aux fantaisies des maîtres, ont souvent aussi à souffrir de leurs humeurs. On assujettit quelqu'un à ses caprices et à ses fantaisies , et on se rend insupportable à lui par ses humeurf . « Pensez-vous qu'un eofant puisse assez souffrir de l'humeur de sa gouvernante pour en être incgm- . mode ?... Naturellement les femmes aiment les | enfants. La mésintelligence ne s'élève entre eux , que quand l'un veut assujettir l'autre à ses co- , priées. » J. J. Ce qui me donne une fantaisie me i porte à faire ou à rechercher quelque chose ; ce > qui me donne de Yhumeur me rend maussade. — I On dit les caprius de la fortune (Acad.), et les ; 'antaisies de la mode (Lab.), la fortune et la mode pouvant être considérées comme des agents ; qui font ou décident certaines choses à tort et | à travers , d'une manière extravagante ; on ne dit point Vhumeur ou les humeurf de la fortune, de la mode , parce que la fortune et la mode ne sont point des êtres qui aient une complexion et qui puissent devenir chagrins, impatients, misanthropes. De même, les animaux ont des caprices et des fantaisies; mais l'humeur étant ^ ou impliquant on défaut social ne saurait leur être attribuée.

Caprice et fanlaisU se ressemblent beaucotip. « Périclès ne céda plus comme auparavant «w caprices et aux fantaisies du peuple. » Roii. «Suivre ses caprices et «es fantaisies. » Mohtesq. « Les législateurs ont pris pour modèle , au lieu de cette justice constante, les fantaisies et les caprice* des Perses et des Allemands. » Pasc.

Cependant le caprice est proprement une détermination arbitraire , et la fantaisie un goût arbitraire: les caprices du sort, les fantaisies delà mode. On met, on montre du caprice dans ce qu'on veut, dans ce qu'on résout, et de la fantaisie dans ce qu'on désire. Un ordre sans fondement est un caprice; une envie, qui ne vient pas d'un besoin véritable, est une fantaisie. Dans les letlre» penone», le premier eunuque écnt à Ibbi : « Je suis accablé sans cesse d'ordres , de commandements, d'emplois, de caprices (de la part des femmes du sérail); il semble qu'eUease relayent pour m'exercer , et que leurs fontaôu» se succèdent. » Mohteso. * H m'arrive quelquefois de rompre une partie de pUisir par la seute raison qu'elle m'en fait trop.... le m'exerce à conserver sur moi l'empire de ma loloDté, et j'aime mieux être taxée de caprice que de me laisser dominer par mes fantaisies. » J. I. On dit un impérieux caprice (Mol.) , et un désir de pure fantaisie (In.). — « L'enfant traitera de caprice toute volonté contraire à la sienne , et dont il ne sentira pas U raison. » J. J. « Le goût est aibitraire dans plusieurs choses, comme dans les étoffes, dans les parures, dans les équipages; alors il mérite plutôt le nom de fantaisie. C'est la fantaisie plutôt que le goût qui produit tant de modes nouvelles. » Volt.

2* Boutade, saillie. La boutade et la same consistent dans une disposition non pas seulement active, comme le caprice et la fantaisie, mais

encore productive. Ce sont, non pas des manières d'agir de l'&me ou des principes de conduite, mais des œuvres de l'esprit, des expressions et comme des jets de la pensée. D'aUleurs la boutade et la saillie sont essentiellement passagères : ce sont des accidents, des traits qui échappent une fois; aussi les deia mots ne servent-ils pas, comme caprice et fantaisie y à former des adjectifs représentatifs de qualités du caractère.

La boutade suppose de l'humeur, un esprit fâché ou chagrin.

Ne vaudraii-il pas mieux dans mes lert, moins caustique ^ Répandre de tes jeux (de l'Équivoque) le sel div»-

tissant.

Que d'aller contre toi sur ce ton menaçant. Pousser Jusqu'à l'excès ma criUqae btmtade. Boa.. Yient'il de la province une satire tade y D'un plaisant du pajs insipide bomtads. Pour la faire courir on dit qu'elle est de moi. Id. Dans le Jf itoiahrope Alceste divertit par ses bouladcf (Lab.). « On a passé à ICalherbe, esprit assez bizarre , ce mot qui n'est qu'une houiade de l'homme : Je ne fais pas plus de cas d'un bon poète que d'un bon joueur de quilles. » In.

Œnéas , la voyant sourire ,

Lui qui venait de se fâcher »

Eut grande peine à s'empêcher

De lui lUre quelque incartads*

STNOimiES A RADICAUX DIVERS.

kl\

H était sujet i homtode,- DiAs le moindre ma] qa'il sentait, Ce prince eonrloia s'emportait. Scakr.

M&is dans U taiUie il n'y a que de la YÎTacîté et de l'imprèTu. « Je ne sais si le public , accoutumé aux sages emportements de Malherbe, s'accom< modéra de ces saUlxes et de ces excès pindariques. > BoiL. « Quand on entend ce langage , qui est d'un bout à Tautre celui du Phédon , Ton excuse cette singulière saiUie de Tun des plus spirituels écritains du xvi* siècle, Ërasme, qui s'écrie quelque part : Saint Socrate , priez pofir nous/» Lab. « Quand Agamemnon, dans Euripide , dit à sa fille : Flut wms montrez de raison , plus vous nCaffUgex , elle répond : Je vous dirai des folies si cela peut vous amtuer. Une jeune fille telle qu'Ipbigènie a pu laisser échapper cette saillie qui est de son ftge. » Id. c Je ne garantis point du tout qu'au milieu de la plus profonde métaphysique il ne me prenne tout d'un coup une saillie extravagante, et que je ne transporte tout d'un coup mon lecteur dans la lune, s J. J. « L'imagination est une folle qiii se plaît à faire la foUe. Ses sailHes , ses mouvements imprévus vous divertissent. » Mal.

3* Yertigo^ quinte. L'un et l'autre sont familiers.

Mais le vertigo est accidentel , et la quinte habituelle. On dira dans une occasion unique : quel vertûyo lui prend (Mol.) ? Et en parlant d'un travers auquel on est sujet : quand sa quinte le prend, le tient.... (âcad).

CAPRICIEUX, FANTASQUE, QUINTEUX, BOUR- RU, BIZARRE, HÉTÉROCLITE. Ces mots signifient des défauts qui consistent à s'éloigner de la | manière d'agir ou de penser du commun. des honmies.

On est capricieux dans ses déterminations : un choix capricieux (Mol.), la fortune capricieuse (Acad.). On est fantasque dans ses goûts : « Les sajous (espèce de singes) sont fantasques dans leurs goâts et dans leurs affections. » Buff. T'ai-je encor peint, dis-moi , 1% fantasque inégale Qui , m'aiznanl le matin, aouvent me hait le soir?

BoiL.

On ne goureme pas aisément le capricieux : un enfant ou un animal capricieiucesi rétif, indocile. ' On ne contente pas aisément le fantasque : « Si vous êtes s'i fantasque^ il n'y a pas- moyen de vous contenter. » Regh. Voy. l'article précédent. |

Quinteux se dit proprement de certains animaux domestiques, d'un cheval (Rbon., Mark.), d'un mulet (Laf.), d'une mule (Lbs.). Appliqué à ^ l'homme , c'est un terme familier qui représente \ quelque chose de périodique. i

Morbleu , TOtre raison raisonne en précieuse ,

El je crois franchement qu'elle est an peu quinteuse.

Tantôt elle dit blanc , tantôt elle dit noir;

EUe blAme an matin ce qu'elle loae au soir. I

DiST. I

Bourru et bizarre expriment chacun d'une manière particulière Tun des points de vue du dé&utdont il s'agit, savoir }>ourru^ le mauvais effet, le désagrément qu'il cause aux autres, et hizarre l'étrangeté. Rien de plus choquant que le

bourru, de plus extraordinaire que le bizarre. ^

On dît un chagrin bourru (Mol.), una humeur bourrue (Laf.).

Vuicl notre bourru qui brusque tout le monde.

Dm.

« Rouillé , procureur général de la chambre des comptes, était un rustre brutal, bourru, plein d'humeur, qui, sans vouloir être insolent, en usait comme tous les insolents, dur, d'accès insupportable. » S. S. Bizarre veut dire tout à fait singulier, a H y a encore sur la terre des peuples chez lesquels un singe passablement instruit pourrait vivre avec honneur ; on ne lui trouverait point l'esprit singulier ni le caractère bizarre. 9 Montbsq. « Les coutumes de ces différents peuples de l'Inde sont fort singulières , et même bizarres. » Bbff. — Aussi bourru et bizarre se mettent très-bien après capricieux, fantasque et quinteux, pour les déterminer ou y ajouter. Une femme capricieuse et bizarre (d'Al.) ; un homme fantasque et bourru (Boil., S. S.). « Il est quintetuc, bizarre. » Dbst.

Hétéroclite, du grec iTepoxXiToc, dont la déclinaison est irréguUère , annonce d'abord un défaut 'grammatical ou littéraire : une expression hétéroclite (Lab.); des rimes hétéroclites (In.); le marivaudage est un langage hétéroclite , le mélange le plus bizarre de métaphysique subtile et de locutions triviales (In.). — Ensuite , il se dit familièrement de l'honune lui-même et de ce qui se rapporte à l'homme. Mais alors il indique un défaut de forme, et non pas de caractère, une bizarrerie qui rend ridicule plutôt que déplaisant.

Ah ! te voili , Thaler ! ta mine hétéroclite

Me réjouit Tesprit. RaoN.

c Parbleu , voilà une figure bien hétéroclite, » Dbst. « le crains d'être déplacé au milieu d'un monde que je ne connais guère, et à qui je dois paraître un personnage bien hétéroclite. t> Dudeff.

!• CARESSER, FLATTER ; - 2- CAJOLER , FLA- 60RT<1ER. AMADOUER, Chercher par ses manières ou ses discours à plaire et à gagner.

Mais caresser et flatter conviennent à tous les genres de style ; cajoler, flagorner et amadouer sont du langage familier seulement. Vous trouverez les premiers dans la haute poésie , dans la tragédie , dans les discours de la chaire ; vous ne rencontrerez les derniers que dans Us conversations, dans les poésies légères, dans les lettres et les comédies. DlfféreDce qui suffit pour autoriser entre ceux-ci et ceux-là une séparation capitale. 0

V Caresser i flatter.

Caresser vient de earus, cher : c'est traiter comme un objet qu'on chérit , témoigner à quelqu'un qu'il nous est cher. Flatter est formé de flare, souffier, à cause que le /Zafteur remplit de vent ou de vanité ceux qui l'écoutent , et qu'il les enfle de la bonne opinion d'eux-mêmes. Donc, on caresse en marquant de l'affection, et on flatte en marquant de l'estime.

En caressant, on s'attaque à la sensibilité; et, en flattant^ à l'esprit. « Bientôt les auditeurs con. damneront encore le prédicateur , s'il ne sait pas caresser les tendres oreilles, et flatter par quel*

DEUS1Ë« PMRtm :

que JBoaTel artifice , contenter oa surprendrt leur goût ou raffiné ou bigarre. » Boss. — On caresse par toutes sortes de démonstrations d'amitié; on flinate en louant. Labruyère dit de Richelieu , « qu'il a aimé les ^ns de lettres, qu'il les a caressés , favorisés. » £t , suivaBt Bourdaloue , « tout hemme vent -être loué , flatté y admiré. »

On caresse -en s'adressaut au coeur, et au nom du cœur , par des marques d'attachement. « Ne pouvoir, sans frémir d'horreur, voôr un hoMaie caresser et qhérir le meurtrier de son père. »

VàSC.

Ba jMet aia|oDid1ioi mltenen et me wrsssBf Ses périls ioTjm lei joiurs réfeilleoi sa teadresae. (Acomat dans Bajaatt.) Rac Le lion de Lafontaine laisse logner ses griffes , de peur qu'elles ne blessent la jeune fille dont il«st amoureux, quand il voudra la caresser, — Ou flatte en s'adressant à l'amour-propre et à la vanité , en laissant ou en faisant voir qu'on a une haute idée des qualités et du mérite des personnes. « Nous haïssons la vérité, on nous la cache; nous voulons être flattés, on nous flatte; nous aimcms à être trompés , on nous trompe. » Pasc. « L'abbé Dubois flatta son élève (le duc d'Orléans) du côté de l'esprit, lui persuadant qu'il en avait trop et trop bon pour être la dupe de la religion.» S. S. « Qu'est-ce que cet usage si profaaé d'éloges et d'actions publiques, où le mensonge et la flaPterie tiiomphent impunément de la vérité? » BouRD. « D'ordinaire oe sont nous autres gens de lettres qui flâittons Iss rois; celui-là (le roi de Prusse) me louait depuis les pieds jusqu'à la tête. »

Au propre , caresser^ c'est témoigner son affec • tiôn àe la manière la plus tendre , et particulièroment par des embrassements, oe dernier mot étant pris dans toutes ses acceptions.

Smm oesie, nuit et jour, Je t« car&ssemi^ Je te bouchonnerai, baiserai, mangerai.

(Amolyhe i Agnès, foo^e tUi/emmês,) Ilot, c V«aez çà que je vous embrasse,* que Je vous caresses t» sév.

On le otfrwM (Simm), on Tamadeoe, Notre lol le baise à la joue. ScA&m.

Une oaresre , surtout quand on parle des enfants , signifie d'ordinaire un baiser. — FIatt«r, c'est seulement toucher doucement de la main , comme le vent qui soufle {fiât) sur lee objets, qui ne fait que les effleurer : on flatte un cheval de la main ou avec la main (Acad.) ; un chien flatte son maître avec sa queue ; Calypso flatte l'Amour (Fén.) , c'est-à-dire qu'Ole lui passe doucement la main sur la tête et sur le visage. — De là vient <|ue caresser eDChérit sur flatter, c Glycère flatte son ntari , elle \e caresse, elle invente tous les jours pour lui de nouveaux noms , eUe n'a pas d'autre lit que celui de ce cher époux. » Làbr. « Elle flattait l'oiseau, le caressait, le baisait.» Volt, a Madame des Ursms était flatteuse, caressante, insinuante, mesurée, voulant plaire pour plaire.» S. S.

Ainsi, les caresses sont des démonstrations d'un sentiment affectueux ; les flatteries , des louanges mensongères, au moins par» exagération. — Les core^aet rénssissent surtout auprès des personnes sensibles, bonnes, aimantes , jalouses d'être ai-

mées ; les flatteries , auprès des personnes avides de louange , ^ni ne désirait rica tant que de s'entendfo Tmter on apfteudir.

2» C&joter, fkiffcmcr, mmadmer.

Caicior, écrit aussi eofeoier, vient do «ogw le GOiciemr est œmne l'oiaBau an stsga, lequd |ir ses diants, attire les adirés oiseaux so«bs Ffletl at sons bt main du ohasssuc, ou eomme le cbasaeor lui-même qui appelle et fût entrer les oisean en tape, « A peine ss-je trouvé quelqu'on qui se s'avilît pas à c^oler fadement \m "koanme qu'îh vonlaient tromper, oomme on cofoiê xm oiseaa niais qu'on vent pfendre.» I. /. — Ct^^er sn dit surtout quaud il est question de leonnes auquelles on eonte des douceùis pour les amener insensiblement dans le piège ; bon de )à ^ il signifie tenir des propos obligeants et agréables pour induire quelqu'un , sans qu'il ^en dîeute, \ commettre une sottise ou une faute. « SI Onnphrese trouve bien d'un boonme opulent, il ne oe^'ofe point salemms , il ne isi {^t du moins ni avance ni déclaration ; il est encore plus éloigné d'employer, «pour la flatter et pour la séduire, le jargon de la dévotion. • Labi. « Tons en avez usé avec moi comme une jeune coquette qvi se pare de tous ses dncirass pour séduire un pauvre vînllard à qui elle donne des désirs inutiles. Voes m'avea ea;ol^. » Volt. « Les Français s'énanoipent un pou trop, et s'attachent en étonréisà oonter des fleurettes à toutes oelles qju'ils rbcodtrent.... L'on n'est pas bien aise de voir sous si moustache cajoler hardnnent sa frame on a maîtresse. » Mol. « Une jeune marchande o^c un homme une heure entière pour lui £ûre acheter un paquet do cure-dents. » Mohtesq. « Poot vous écarter de l'objet particulier, cet écrivais flatte votre amour-propre en étendant vus vaes sur de grandes questions; et tandis qa'il met ces quesitions hors de la portée de ceux qu'il rent séduire, il les cajole et les gagne en paraissant les traiter en hommes d'&tat. > I. J.

Flagorner a au d'abord le sens de dénonœr, et flagorneur celui de délateur (Nicon). Ce nM>t lap- "pelle l'action d'un valet qui s'insinue dans l'espnt de son maître par de faux rapports sur ses camarades. La flagornerie ou plutôt le flagmwige est donc un genre de flatterie ignoble, impudent, maladroit. « Dans la pré&ce de ce livre je vis de si grosses louanges de moi, si mauasadement plaquées et avec tant d'affectation , que f en ftis désagréablement affecté. La rude /lo^omerte tpÀ s'y faisait sentir ne s'allia jamais avec la bienrallance. » J.J. « Des officiers me venaient voir h. Motiers, ayaiot fait, disaient-ils, bien des UeucB pour venir voir et admirer l'homme illnstre, aèlèbre, etc.; car dès lors on n'a cessé de me jeler grossièrement à la fauce les plus impudentes |lagomeries. » In. « On n'obtient jamais par la ^gornerie démagogique qu'une influence épbésère et une longue ignominie. » Lah. « Il n'en coûtait pas plus à Piron pour flagorner md bouffon (Desinique-Arlequin) dont il avait besoin que fonr outrager un bon écrivain^ (La Chaussée) qu'il hnssaiu » In.

jlmudouer, c'est employer de petits moyflin, qu'on a inventés pour mener quelqu'aii où 1*QB

STNONTRB À RABiCACriL DIVERS.

anioB odieux «pK visilfle itéont se serrent a«es sovmt ta Taletsde coiDédie. « Où e^ Merlin (iinYftlet)?je letrovve «dmirabke pour flûpe HM TeiBoarce , pour icavtor les ci^a&ciere , omadÊmer des mûriers, pemftder des nuir* ehuKis. > Rkor. « €es vieittes fittcs sont diantrement dègoixtdies : il n'y a pas moyen de le& amadou», et je TOis que j'aiiwd bien de fat peine ^ gagner cellfrci. « Dbst. « Le peuple d'Athènes va en fosfe aa théâtre d'Artstopliane s'entendre dire qu'il asne à dtie flalté^, atrtné par ses oarateuTs, et que oehii qui «ait le mieu iféModover est son mettre.» Kàih.

Celai qui soiole est doueerevx «t séduÂBant; celui qui flamme n'a rien ^qne de bas et de grossier -, oelni qoi omodou^ est subtil et iodustxieux.

GAKNAGE, BODGBEBIS , MiUB&DatE , ^ TUS- RI£. IfteruTtre oa mise i mort d'un certain nombre d'hommes i U ftns.

CVifiM^v, da iatifi caro, tarwis, chair, erprime jtTOpTBVieDt Faction de faire dimr , de tail^r en pièces, eu nmrceairr, de répandre le sang. C'est vn feeme éaergiqm qui mentre à l'œuvre, qui peint la destruction de la Tie , furieuse , achwmée, < Pourvu qa'il s'affermisse la couronne sur la tète, Hérotfe ne compte pour rien de remplir de saoaget de canuiye tout un pays. » Bourd. « Des iKRmnes de guerre , gens de tamagt et de sang. •» Bcyes. « ¥otIà, oe me semble , assez de earmofe , assez de sang répandu , assez de chairs dévorées , assez de feox allâmes. » lo. « Mare, qui favorisait le cruel et 'intrépide Ad raste, voulait, par hii, prolonger les horreurs de la guerre et multiplier les eoriia9es. « Fftn. « PbilodMe tapandait autour de lui le comajc et l%oiT«ir pour popouaser les eUbrts d^Adraste. >2to. « La rage sinoéda i la paUeoce (chez les protesUnts); ils imitèrent ks cruautés de leurs ennemis ; neuf guerres (rifiles remplirent la France de eamage. » Volt. « Les Sarramns, voyant le catma'^ que Bodomont faisait des chrétiens , seoeadèrent oe furieux. » Les.

Une litfBoe vient, menstre liaprimaQt la mainte ■;

B'mi emnka^ eécoit sa gaeule esl twile leiate. Laf.

Baueherit^ action de tuer comme un himther ou comme dans une bonehtfie^ suppose des bom- OMS sans défanse réimis en un même Heu, espèce de troupeau qui est sous la main et qu'on n'a rpi^à égorger. « Ces malheureux ne poutiieiit se défendre , on en fit une horriUe beMiberte. » ACAD. « les Beèsee avaient Ikit une borrible boucherie des lansquenets , quoiqu'ils eussent mis les armes bas. » Bods. « Jénrusalem ayant ^té prise î>ar les croisés, qoelqwes chrétiens donduisirent les vainqueurs dans les caves les plus reculées , où les mères se eacbaient avec leurs enfants, et rien ne fut épargné. Après cette &e«cAme.,.. » Volv. « CamiUe sortit d'Ardée pendant une nuit ob* scure , et surprit les Gaulois enseveMs dins ie vin. n en fit une borrible betioberie. » Ybat. « Camille **hord fait jeter de grands cris à tous ses sol- ^, et commande aux trompettes de eonoer

Poijr effrayer lee barbares qui, à ce grand bruit, ."Jeûnent à peine de leur sommeil et de leur f^^^Bsse. Ce ne fiit point un otHDbat, mai» une

Moêmcft, aetfon de tuer en moaie , donne à entendre qu'on. n'épargne personne, qu'on immole tout ie monde péle-mèle , indistinctement , et à ce mot s'attache l'idée d'un grand nombre» d'un amas, d'une multitude de gens. « Fatale journée dans laqueBe les soldats romains, étant entrée de force dans la viUe de Jérusalem , sans faire aucune diatinctioo de seie ni d'âge, les enveloppèrent tous dans un massacre commun. » Boss. « Les Irlandais complotèrent d'assassiner tous les protestants de leur île, et en effet ils en égorgèrent plus de quarante mille. Ce tmwsacre.... » Volt. « Ce fut à Santon que se donna la plus sanglante bataîMe qui ait décuplé l'Angleterre. Il y périt plus de trente^six mille hommes.... On combattait alora de près, et rachamement produisait ces grands massacres dont il y a peu d'exemples depuis que des troupes réglées combattent pour de l'argent. » In. a L'erreur d'un roi qui se flatte sur ses prétentions cause souvent des' ravages , des famines, des tnassacres, des pestes. » Fén. « On n'osait d'abord proposer au roi (Charles IX) un si grand carnage, et on ne lui pariait que des principaux; mais il répondit en jurant que , puisqu'il fallait tuer, il ne voulait pas qu*il restftt un seul huguenot pour lui reprocher le meurtre des autres. Ainsi , on conclut un massacre universel. » Bofie. «— n se peut que le massacre ait lieu , comme la beuchert> , à l'égard de gens désarmés , qui ne se défendent point; mais cela n'est pas aussi essentiel au massacre qu'à la botic^erte, et d'ailleurs dans le massacre les gens ne sont pts comme dans la bow^^erie rassemblés en un mémo lieu, en une enceinte, et , par conséquenf , en nombre assez limité. Lorsque l'empereur Théodose fit égorger par ses soldats les habitants de Thessalouiqae, dans le cirque où ils avaient ét^ invités k venir assister à des jeux, ce Ait une boucherie (Voit.); s'il est vrai qu'une légion, touteoomposéede chrétiens et appelée Thébéeone, ait été massacrée par MaximiHen Hercule dans une gorge étroite du Valais , ce fait mérite encore preptement le nom de boucherie (Volt.). Mais le mofiocre de la Saiat-Barthélemy, le massacre des Innocents, celui des Vêpres siciliennes, oehti des Romains répandus dans les fitats de Mithridate , ont eu un champ plus vaste et ont fait périr de plus nombreuses victimes.

Accessoirement on peut encore remarquer ced . Carnage fait penser à l'action et à ce qui en ré* snlte : -encourager au carnage , échapper au cornage, le-sorruige dura jusqu'à la nuit; être altéré de catmage, remplir to«rt un pays de sang et de cami^ge, certains animaux vivent de camoft. BomehBfie se rappporte au lien : conduire dee soldats à la bmicherie; sous la Terreur, on >a vu traîner les citoyens à une boncfeerie toujours ouverte; dans la Saint-Bartbélemy toutes les rues de Paris n'étaient plus que bomehmist (Bobs.). Maèsacre emporte une idée de confusion ^ de mélange , de désordre : on appelle massaere un ouvrier qui bousille , qui gâte la matière, (Saute de savoir lui donner une forme convenable. « Ce n'était plus , dans cet amas confus d'hommei acharnés les uns sur les autres, que magsaarBf vengeance , désespoir et fureur brutale. » Feu*

DRUXIËHE PARTIE

Tuerie est un mot à part : il ne se dit que dans le style familier et à cause de sa terminaison qui est familière et parce qu'il a été formé de tuer, le plus commun des verbes , qui , dans noire langue, signifient donner la mort. Dans une épître familière à M. de Turenne , qui venait de battre , à ^ntzeim , le prince Charles ^ duc de Lorraine , et le comte de Caprara, général de l'empereur, Lafontaine dit :

Vous avez (ait , seigneur, an opéra.

Quoi ! le vieux duc , suivi de Caprara :

Quoi ! la bravoure el la matoiserie?

Grande est la gloire , ainsi que la tuerie.

Mme de Sévignë se sert aussi volontiers de ce terme peu usité : « Vous avez jugé très-juste et très-bien de Bajazet.... Le dénoûment n'est point bien préparé , on n'entre point dans les raisons de cette grande tuerie, » « On perce M. de Longueville de cinq ou six coups. M. le duc le sui) , M. le prince suit son fils, et tous les autres sui- Tent M. le prince (à une attaque) : voilà où se fît la tuerie qu'on aurait très-bien évitée, si....» — C'est parce que tuerie n'est pas noble, qu'il se dit de» meurtres qui arrivent ou peuvent arriver dans une grande foule, dans une grande bagarre.

CARNIVORE, CARNASSIER. Ces deux mots se disent des animaux qui se nourrissent de chair.

Carnivore est un terme savant , traduit du latin eaimivorus , qui mange de la chair , et adopté au xviii* siècle par les naturalistes , pour distinguer les classes d'animaux par leur nourriture. Carnatsier marque par sa terminaison le métier, l'occupation exclusive , l'habitude constante et le goût particulier. L'animal Carnivore mange de la chair , mais il n'en fait pas métier , pour ainsi dire , comme l'animal carnassier. Celui-ci ne vit que de chair; celui-là peut aussi manger des productions de la terre. L'homme , le chien et le chat sont des animaux carnivores; le tigre, le lion , le loup sont des animaux carnassiers, La . chair est une nourriture de camivore , et la nour- ! riture propre du carnassier. !

Toutefois , cette différence n'est pas toujours ; observée dans le langage commun , même dans celui de l'histoire naturelle. Ainsi, on appelle assez souvent carnassiers des animaux qui ne sont rigoureusement que carnivores, l'homme, par exemple. Mais il existe , entre les deux mots , une autre différence à laquelle on se conforme plus généralement.

Devant la terminaison ter, carnassier, écrit aussi camacier, contient la syllabe ass ou. ac, latin ox, laquelle exprime la ténacité, la rapacité y Tachamement. En conséquence, camiffore, terme scientifique, désigne ; carnassier qualifie. Un animal est ou n'est pas Carnivore , il ne l'est pas plus ou moins. L'animal carnassier l'est plus ou moins, tt Et moi , dit l'ours , je suis fort, courageux, carnassier , tout autant que le lion. » FéN. « Ces corbeaux ne sont pas aussi carnassiers q\i*on le croit communément. » Buff.

Camivore indique à quel genre appartient un animal , et ce mot ne s'applique pas à autre chose qu'aux animaux : on ne dit pas la dent camivore comme on dit la dent carnassière (Buff.) du loup, du renard, de la fouine, de la belette.

« L'unau et Ta! ont les intatCina très-petîu et plus courts que les animaux eomivoref . » Boff. « Les vautours paraissent être conformés nonseulement pour être carnivores , mais gramTores et même omnivores. » In. < La longueur de l'intestin du corbeau est moyenne entre la longueur des intestins des véritables aimt«ores et celle des intestins des véritables granivores. » In. « La nature a organisé l'homme pour être également et camivore et frugivore. » Maek. « La conformation des dents de l'homme prouverait seule que la nature Ta destiné à être Carnivore, » Lab. — Carnassier représente ranimai comme ayant le goût ou la passion de la chair, Comme avide de chair, comme vorace et féroce. « Ceux de ces oiseaux (les chouettes , oiseau canutore) qui sont les plus vorace^ , les plus carnoaters , mangent du poisson, des crapauds, des repililea , lorsque la chair leur manque. » Bdff. « J'ai vu encore, en Ecosse, des restes de l'ancien fanatisme qui avait changé si longtemps les hommes en bêtes carnassières. » Volt. « Y eut>il jam^s an brigand qui respectât moins la foi publique , le sang des hommes et l'honneur des femmes, que ce Bernard Van-Galen, évêque de Munster.... Il passait du lit de tes concubines aux champs du meurtre, comme une bête en rut et carnassière.* Id. « Je vois s'allumer entre vous les feux d'une haine infernale : armés l'un contre l'autre , vous vous déchirerez comme des bêtes comonièret. > Marjc.

De même, entre les hommes, qui tous sont carnivores , on appelle carnassiers ceux qui aiment particulièrement la chair, qui la recherchent avec un violent appétit et s'en nourrissent uniquement ou à peu près.

CAS, CIRCONSTANCE, CONJONCTURE, OCCA- SION, OCCURRENCE. Tous ces substantifs, selon l'expression de Romani , sont phénoménaux , c'est-à-dire qu'ils servent à indiquer où , quand, dans quel état des choses, et dans quel cadre ^ en quelque sorte , ont lieu ou ie passent , ou bien doivent avoir lieu ou se passer des phénomènes, des faits , des événements. Une chose arrive ^ ou on fait une action dans tel cas , dans telle circonstance, dans telle conjoncture , dans telle occasion , dans telle occurrence. Comment agiriez-rous en pareil cas^ dans une pareille circonsiance , dans une pareille conjoncture , dans une pareille occasion, dans une pareille occurrence?

Le mot cas, principalement usité dans les sciences et dans les disputes , se distingue nettement de tous les autres en ce qu'il se dit dans l'ordre des idées et non dans Tordre des faits. Il convient dans les matières abstraites , dans les sujets de discussion où il s'agit , non pas de ce qui est effectivement arrivé , mais de ce qui est casuel, de ce qui pourrait ou pourra arriver. En cas de inalheur*, dans ce cas, il faudrait.... « Quand on raisonne, on doit tout prévoir, surtout les cas les plus naturels, conséquemment les plus possibles. » S. S. « Il attend que les hommes préfèrent à Homère les poètes modernes ; il se met en ce ccu à la tête de ces derniers. » Labb. Le cas étant quelque chose d'idéal , d'hypothétique , de purement conçu , on ne dirait point ;

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

profitez du cas; ni, dans ee eu, il fit marcher ses troupes ; ni, je viens de trouver, pour agir, un cas favorable. Danus ces phrases et autres semblables on doit se servir des synonymes de coi , touscapables d'exprimer quelque chose d'eflectif. — Ensuite , le cas a rapport à une règle : les moralistes , les législateurs , les médecins prescrivent la conduite qu'il faut tenir dans tels ou tels cas. « Il y avait des cas particuliers où les rois déféraient au peuple le jugement souverain. » Boss. « On ne doit pas employer le châtiment des verges sinon dans certains eat dont je parlerai. » Roll. «Tibère n'appliqua point cette loi aux cas pour lesquels elle avait été faite, s Montbsq.

Les drconstanees et les eonjonetures sont des choses ou des faits accessoires par rapport à un fait qui se trouve comme placé au milieu ; elles influent sur lui et peuvent contribuer plus ou moins à le prodaire. Elles difl'èrent de deux manières.

!• Conjoncture, concunus r^rum, en vertu de son initiale eum, avec, ensemble, signifie une rencontre de dreonstances , une complication d'événements, d'affaires ou d'intérêts; si bien qu'on ne dirait pas un concours de conjonctures ^ comme on dit un concours de circonstances , ce serait un pléonasme. On se sert bien de ce mot quand des partis sont aux prises, quand une querelle ou une guerre est engagée , quand deux événements se rencontrent , comme , par exemple , la mort d'un général et la défaite de ses troupes , ou bien une victoire sur terre et une autre sur mer ; on dit alors : dans cette ou dans ces conjonctures..», « Dans la chaleur des conjoncture; présentes. » Volt. Les conjonctures sont, d'ordinaire, embarrassantes et perplexes : « Il n'est ni conjoncture difficile , ni perplexité où il soit permis d'adoucir la loi de Dieu ; mais les conjonctures les moins embarrassantes nous fournissent des prétextes pour la violer. » Kass.

1* Les circonstances, drcum stantia, choses qui se tiennent autour , ont avec le fait un rapport plus prochain ; elles l'entourent , ou même elles en font partie , elles en sont des particularités : les circonstances d'un fait ; une action a été accompagnée de telles ou telles circonstances. Les conjonctures, conjuncta , choses jointes à ou avec , sont en dehors du fait , et souvent à une assez grande distance. « La conjoncture et la circonstance sont à la chose comme deux cercles concentriques à un point donné : la circonstance est le cercle renfermé dans la conjoncture. La conjoncture influe de loin sur l'événement ; la circonstance touche, pour ainsi dire, à l'action. v Roirn. Des circonstances favorables assurent le succès et en sont le commencement; des conjonc-: tures favorables le présagent, le font présumer, le préparent de loin. Votre ennemi est attaqué par des nations voisines et déjà affaibli par des défaites ; dans ces circonstances , vous lui déclarez b guerre. Votre ennemi a indisposé quelques alliés, perdu un habile capitaine; la saison est belle : dans ces conjonctures , vous lui déclarez la guerre. On profite des circofistances , elles sont tout appropriées au lait; on consulte les conjonctures , il faut savoir en tirer avantage, c For»

ces par les eonjonduret et les dreonstances du temps, malgré leur aveuglement, les Juifs semblaient quelquefois (à l'égard de J. C.) sortir de leurs préventions. » Boss.

Occasion, oh eùAere, tomber devant, au devant, exprime une drconstanu ou une conjoncture de temps favorable pour entreprendre ou exécuter , une opportunité qui nous tombe tout & coup, soit qu'elle arrive inopinément, soit qu'on l'ait attendue ou cherchée. On saisit Voccadon ou on la laisse échapper. L'occonon diffère donc bien de la drcoMtance et de la conjoncture. Celles-ci d'abord ne sont pas toujours favorables : on se trouve dans de tristes , dans de cruelles , dans de pénibles dreonstances ou conjonctures. Les dreonstances ou les conjonctures de la vie. Dans ces phrases, occadon serait impropre.— Ensuite, même quand les circonstances et les conjonctures sont favorables, elles n'arrivent pas tout à coup et ne sont pas passagères comme Voccadon ; ce n'est pas quelque chose de nouveau qui se produit subitement et va s'enfuir, mais plutôt un état fixe des choses dont on peut profiter sans empressement. « L'amour de Dieu vous élargira le cœur et vous fera décider sur-le-champ dans les occadons pressantes. » FéN. « Il y a un temps où les filles les plus riches doivent prendre parti : elles n'en laissent guère échapper les premières occasions sans se préparer un long repentir. » Labr.

V occurrence^ oh currere, courir devant, au devant, diffère de la circonstance et de la conjoncture , comme Voccadon , en ce qu'elle s'offre à nous , nous échoit tout à coup , à l'improviste. c La présence d'esprit se pourrait définir une aptitude à profiter des occasions pour parler ou pour agir. C'est un avantage qui demande un esprit facile , l'usage des affaires, et, selon les différentes occurrences, divers avantages : de la mémoire et de la sagacité dans la dispute.... » Vauv. Voccurrence a même cela de plus distinctif encore qu'elle est toujours fortuite , jamais attendue, ni cherchée. Outre ce dernier trait, 'qui la sépare déjà de Vocccuion, elle n'est pas essentiellement favorable comme celle-K;i; on ne dit pas Voccurrence d'agir comme l'occonon d'agir, pas plus qu'on ne dit la circonstance ou la con' joncture d'agir; mais on dit bien une fâcheuse occurrence , et , dans toutes les occurrences de la vie. « Cependant, le feu (l'amour) s'allumait. C'était un feu caché.... Une fatale occurrence Ta fait éclater. » Bourd.

CAS (A€) QUE... , EN CAS QUE.... Supposé que.

La présence de l'article dans la première locution la rend plus précise : au cas que , c'est-àdire dans le cas déterminé, examiné, prévu, où.... En cas que, c'est-à-dire si par hasard.

Au cas que se trouvera ou se mettra plutôt dans un acte , dans un code, dans tout écrit où on spécifie bien les cas et où on pèse les termes. Une quittance de Beaumarchais porte : «Et au ou que H. le comte de La Blache n'ait pas de peintre du premier mérite , il sera obligé de faire copier ce portrait par le plus habile peintre de Paris, a Les féciaux faisaient des imprécations contre euxmêmes et contre leur cité> au cas qu'il leur arri-

BEUXISIIR FABtIfi :

vfti d'en in^OMT. » Gov». « G«sta?«-Adol(phe stipula qa'a« «i» dfi <U niftrl du deraier duc, il garderiit la Pontémoie en séquMtre Jusqu'au remboursement des fraisée la^orrc. » Volt. — Om dit. au contaum, mi cas éti besoia, en tas d'accidMit, et ma de plna vague que £6s ei^»sieBfl. G'«6t auisi le <»ii0tère d'^ii .cot 41» , dont on se sert surtout dana la conversation •et quand on parla avec peu de liguaur. « Le prince rojal m'a envoyé Ie«osate Bork, pour n'oflfic sa. mai* son à Londres, mi cas qm je voulusse y aller, oomaM le bruit «n a «aura. » Yolt.« Tout ce qu'on peut dire de ce» peisonnea» sn ùm qu'otk Suit obligé d'en parler, c'est qu'elles ant commis telle ou telle ftkute. » Nie. « Harquez ixHites ces jbutes en votre exemplaire^ afin de .nous l'envoyer m cas qu'où Uua une seconde impcession. »

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