‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 269 sur 426 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

elle a beau user des tenues les plus formels , les plus précis, les plus clairs ^ on y troure toujours ! de l'ambiguïté.» Bourd. « Toute loi qui n'est pas ààirey précise, intelligible à tous les esprits, i^'est qu'un piège tendu à la simplicité. » Volt.

ÉwdefU marque , non plus rintelligibilité, mais la certitude. Ce qui est évideiU emporte conyiction, détermine l'assentiment ou la croyance, et n'a pas besoin d'être prouTé. Vévidence est une qualité relative , non pas à la faculté de connaître ou de concevoir comme la clarié, mais à ceUe de juger» d'affirmer et de nier, à la raison. Principe ëwdefU; proposition, vérité od preuve évidente, c Ce qui est évident est ce qui , étant considéré , ne peut être nié quand' on le voudrait. > Boss. c De ces deux choses incroyables , celle qui l'était le plus ar cessé de l'être, et est devenue , nonseulement croyable, mais évidente, » Bourd. c On ne peut plus en douter après une preuve si ^tdente. » ¥iv.

Manifette, mis sous la main {manus), mis au grand jour, révélé , n'est point , comme les deux mots qui précèdent, un terme philosophique ou de psychologie? Il exprime une qualité objective plutôt que subjective , une qualité des objets plutôt qu'une capacité de faire telle impression sur l'esprit. Ce qui est manifeste est exposé ouvertement , à plein. Lafontaine appelle le milan « un manifeste voleur. > Nous verrons un jour la vérité manifeste (Boss.), c'est-à-dire sans voile. L'existence d'une chose ou la réalité d'un crime est manifeste, c'est-à-dire, pour employer une expression moderne, patente. Un péril manifeste est apparent. « Le premier avènement de J. G. devait être caché, au lieu que le second doit être éclatant et tellement manifeste, que ses ennemis mêmes le reconnaîtront. » Pasg. c Ce qui paraît dans le monde ne marque ni une exclusion totale, ni une présence manifeste de divinité , mais la présence d'un Dieu qui se cache. » Id. En un mot , au lieu que clair et évident font penser au sujet connaissant , au q>ectateur , manifeste regarde davantage l'objet connu ou qui est en spectacle.

On ne peut pas ne pas apercevoir ou entendre ce qui est clair , et ne pas admettre ce qui est évident. Rien ne cache, ne dissimule, n'enveloppe l'objet manifeste ; il se produit ou paraît à découvert.

Fublie .et notoire ont cela de tout à fait particulier, qu'ils se disent uniquement des faits, des choses qu'on rapporte , qu'on cite comme s'étant passées. Mais ce qui est piibUe', connu du peuple ou dans le peuple , est répandu , su de beaucoup de monde, c Ce fait sera demeuré par remarque dans le livre de Moïse comme un fait constant e^ publie dont tout le monde était témoin. n.Boss. c C'est un fait constant , public , universel et sans exception. > In. < Tout le monde sait que Yergier avait été assassiné par la troupe de Cartouche...; le fait est public, » Volt, a II était si publie qu'avec de l'argent on venait à bout de tout dans Rome , que les consuls qui appréhendèrent que les députés ne gagnassent par cette voie quelque tribun , firent défendre par le sénat que personne leur prêtât de Targent. > Roll. » Notoire ^ du

latin notuSy connu, et de la tonmiiaîaoi& oire, propre aux termes de jurisprudence, n'indique pas l'étendue de la connaissance, mais sa valeur. Ce qui est notoire a un caractère légal , authentique, incontestable, comme un acte de w>tiUre, Et même encore à présent notoire convient surtout en parlant de faits allégués en justice oi dans des conventions, de faits qui sont ou qu'on prétend rigoureusement constatés. Monteoquiea suppose une ordonnance dans laquelle il est dit : « Nous. avons reçu plusieurs requêtes de la part de quelques personnes du beau sexe, qni nous ont supplié de £gdre attention qu'il était notcère qu'elles sont d'un entretien tiè»4ifQcile. » c Le iùX incontestable et nototrt est que ces évéques étaient des évêques qu'on nomme m paitibus, » FÉH. « Depuis ma réunion autbentiqiie à votre Église, et mon rétablisaemenl dans mes droits de bourgeoisie , nioUÀre à tout Genève , et dont j'ai d'ailleurs des* preuves posltires. » J. J. c Ce fut à Rome une cause célèbre que celle que plaida Carbon pour la défense de L. Optimius, accusé du meurtre de C. Gracchus. L'action était naUMe-» Marm. < Ces faita, poar être sllégués (par Eschine contre Démosthène)» devaient être nototret . » In.

Les faits^pudticf ne sont pas particuliers ou sécréta; les faita noVoiree ne sont pas Tagues, incertains, mal observés ou légèrement avancés. — La pi«l>{tetf^ répand les faits, fait qu'ils sont sus de beaucoup de personnes; la noUniHé les constate, les certifie, les met hors de doute. — Et comme ta certitude des faite dépend en grande partie du nombre des témoins, c'est-àdirç ta nxiVofiiti de ta ptî51teiltf , nolotre se met volontiers après prMie : faits publiée et «olotrer (Boss., J.J., Roll.).

CLARTÉ, PEHSPIGUITÉ. Qualités qui contribuent à rendre un discours intelligible.

Clarté, formé du latin claritae, est un mot très-commun. Perspicuitép tatin perspieuitas, est , au contraire , presque inusité ; c'est un terme didactique , consigné idans les dictionnaires, mus dont ne s'est jamais servi aucun écrivain de poids depuis te grand siècle.

Du reste , les deux mote , quand même Us se diraient également, diffèrent beaucoup, en ce que ta clarté est retative au fond, et ta penfncttice à ta forme : ta clarté des idées, U perspicuile du style. La darté, comme l'exactitude, tient aux choses et naît de ta distinction des idées; k periptcuil^, comme ta correction, tient à Texpression et naît des bonnes qualités du style. Dans CondiUac , l'auteur manque quelquefois de darli, il pècbe dans les déductions ; mais jamais l'écrivain ne taisse rien à désirer pour ta perspicuitét il est toujours grammaticalement r^ulier et net.

GLOItRB , MONASTÈRE , GOUTENr. Maisons religieuses dans lesquelles des hommes ou des femmes travaillent ensemble et hors du monde à leur salut.

Cloître , tatin claustrum , clôture , de daudere, fermer, se prend d'abord seul d'une maniè^ ^ straite, absolue et indéfinie pour tout établissement sembtabtai et, en général, pour désigner

SYNONYMES À RA0ICAUX DIVERS

réut monastique ou religieux. « Se renfermer, faire yœn de yivre dans le cioitre.» Bouri>.« Ache- Ter dans le cloUrê une vie déjà arancée. > Fin. « Le serin fait les délices des recluses; il charme au moins les ennuis du cUHtre. » Bvff. < Une espèce de piété enferma plus d'un prince dans le clottre. » Volt, c La dureté d'esprit qu'on puise dans le doUn. > In. « Le eioUre n'avait pas vu de vertu plus consommée. » Mass. Mais, d'autre part, on ne dirait pas, d'une manière déterminée et en laissant au mot l'idée commune, établir ou détruire des c2ollret; le cMtre des Bénédictins, des Capudns, des Petits-Augustins; un supérieur de do4Cre, les ricbesses des cUAtres^ un dottre de filles; des pauvres se tiennent à la porte du cloître. Monatière et couvent conviennent seuls dans ces expressions.^ En second lieu, eioitre tient de son étymologie ime idée propre, celle de eldfvrs. On s'enferme, on se cache, on s'ensevelit dans le cMtre, comme dans une prison volontaire où on vit .séparé du monde. < Cette jeune ûile se présente à vous pour être admise dans votre eloUrê, conmie dans une prison volontaire. »Bos8. « L^ religieuses ensevelissent dans les eiottres la race dont elles doraient être mères. » Volt. « Je suis décrépite , il n'y a plus moyen de me montrer dans le monde. Il faut me cacher au fond d'un cloître. » Lis. « Faire fortune est une si belle phrase , qu'elle a percé les cloitres et franchi les murs des abbayes de l'un et de l'autre sexe, s Labb.c Cruels et lâches persécuteurs. £aut-il donc que les eloitret les plus retirés ne soient pas des asiles contre vos calomnies ! » Pasc. On appelle dottre, dans un inonaitère ou dans un oouveni , la piErtie la plus éloignée du monde, celle où sont les cellules. « Quand j'arrive dans un couvent, la supérieure vient an-devant de moi, pour me recevoir dans la rue. On reçoit tous les étrangers dans des parloirs exté* rieurs. Pour moi , en arrivant , on me mène à l'égUse , au chœur , au dottre , au dortoir , enfin au réfectoire. » Fén.

jrotuMtére, grec liovaarfj^ev , de |&6vo«, seul, est un mot venu de l'Orient , ainsi que l'idée qu'il exprime. Les moines ont été d'abord* dans la Thébaîde , la Palestine et la Syrie , de pieux solitaires, isolés les uns des autres et voués à la contemplation des choses divines et aux exercices de pièlè. Û se réunirent bientôt et formèrent loin des villes de vastes établissements dont chacun était comme un monde à part. C'est ce que nous appelons en style historique des monastères. Ce sont; surtout dans les premiers siècles du chris^ tianisme, et an moyen âge, des eotwents de grande étendue, formant dans r£tat des ordres tout à fait distincts et possédant , en général, de grandes ricbesses. « Trente-deux monastères dans les principales villes d'Espagne ont été l'ouvrage des mains de sainte Thérèse. » Fém. c Les évéqaes obtenaient alors de semblables concessions des papes , parce que les monastères commençaient à être inquiets et à se vouloir rendre indépendants, comme il est constant par l'histoire. » Bosses Us voulaient ressaisir des biens que leurs ancêtres avaient donnés pour la fondation de tant de riches monastères dont le royaume était rem-

pli. » ViBT. c Chassons les jésuites, afin qu'on rende à l'Etat des biens immenses engloutis dans tant de mofuuléres. » Volt. « Dagobert passa pour un prince très-pieux , car il donna beaucoup auxmoiiMl^ef. > lo. « Le titre d'abbé, qui signifie père, n'appartenait qu'aux chefs des monastères. » lo. c Carloman prit le parti de renoncer au monde et de s'enfermer dans un dottre, après avoir régné cinq â six ans. Il bâtit d'abord un mofioif^re près de Rome, et quelque temps après il se retira dans celui du Moht-Cassin , de l'ordre de Saint-Benoît. » Conn. — D'un autre côté, l'idée propre de monastère est celle d'isolement et de solitude. On se retire dans un monastère pour n'être distrait par rien , pour mourir entièrement au monde , pour être tout à Dieu , pour s'occuper exclusivement de l'affaire de son salut. « Où se sont confinés tant de pécheurs revenus à Dieu ? dans des solitudes, dans des déserts, dans des monastères. » Bouan. La reine de France , Marie- Thérèse d'Autriche, se relirait de temps en temps dans un monattère pour y être seule et y faire librement, une revue de sa conscience (Flécb*). Monastère est proprement le nom qui convient au lieu où se trouvaient réunis les solitaires de Port-Royal (Pasc. , Volt. , Mark.). — Enfin, monastère est plus noble ou signifie un établissement plus considérable. < Le roi demanda une bulle au pape pour la suppression du monas' tère (de Port-Royal).... Toutes les religieuses furent enlevées et mises chacune dans un eouteru moins désobéissant. » Volt, c Henri VIII détruisit les moines, parce que une infinité de gens oisifs, gentilshommes et bourgeois, passaient leur vie à courir de couvent en couvent. Il ôta encore les hêpitaux*, où le bas peuple trouvait sa subsistance , comme les gentilshommes trouvaient la leur dans les monasUres. » Montbsq.

Couvent , au moyen âge covent ou eonvent^ du latin convenire, s'assembler, a été d'abord le nom vulgaire des monastères. On ne le trouve même guère employé au xvu* siècle que dans le style de la conversation. Bourdaloue ne s'en sert jamais, ni même Massillon; on le trouve trèsrarement dans Fénelon et dans Bossuet. Il s'applique aux monastères modernes, lesquels n'ont point de revenus considérables et conservent beaucoup de rapports avec le monde. Les frères mendiants, les franciscains et les dominicains appartenaient à des couvents; ils se livraient à l'enseignement et à la prédication. Il y a encore de nos jours, en France , des couvents de femmes qui, comme au temps de Louis XV, s'occupent de l'éducation des filles. < Ce fut le couvent de Saint-Cyr qui ranima le goût des choses d'esprit. Mme de Maintenon pria Racine de .faire une tragédie qui pût être représentée par ses élèves. > Volt. « Confier aux couvents le soin d'élever ses filles.... Je craindrais (pour elles) un couvent mondain encore plus que le monde même. » Tiv.

Il nous faudrait toutes dans des couvent*

Qaqaemarer jusqu'à notre hjménée. Lat.

Quant à l'idée commmune, elle se montre dans

couvenlt moins rigoureuse, comme désignant

moins d'austérité. Le couveni n'est ni une prison

BEUXtËHE PAUTIE :

comme le clodre, ni un. désert ootame U monastère^ c'est iu^ lieu de retfaite eu. ob se met pour vivre eu commun sous uae même règle avec d'autres perseunes qui vous édi&ent;. on évite par là le tracas des affaires , les embarras du ménage , le» iufliieaces du uioode et ses exemples funestes. « L'eiitheusÂasme et la sottise firent des fondations immenses. Combiea d'officiers lassés sont venus demander l'aumâneÀ la porte des opulente monosléref fondés par leurs ancêtres ! On nous cite les cowaenU de TÊglise grecque.... Les eauventSy citez les Grecs, sont les séminaires d'où Ton tire tous les prêtres, les curés et les évêques. Étant curés, ils se marient. ^Yolt. COEUR, GOUBÀGE, YALEUft , YAILLANGS, BRAYOURE, INTRÉPIDITÉ, HARDIESSE. Chacun de ces mots représente , contre les dangers et les accidents . une disposition de Tâme ferme , assurée , exempte de làiblesse et de crainte^

Cœur et courage ont été distingués Tun de Tautre dans la T* partie, p. 183. Ils différent des mots suivants par leur généralité , eoiur , d'où vient courage y signifiant l'organe ou le siège de tous les sentiments , de toutes les passions : on a du cour ou du courage dans tous les événements de la vie-, et par rapport à toute espèce de maux ou de dangers. Au contraire , wUewr, vaiilance et bracoure ne désignent qu'une sorte de eourckge , le courage guerrier, celui qu'on montre dans les combats. « Il n'est pas vrai qu'Auguste manquât absolument de taleur : il fit voir en plus d'une occasion le courtine guerrier , et , ce qui est plus rare, le courage qui dicte une grande résolution dans un grand danger.» Lah. «Mazarin ne manquait pas de valeur à la guerre, mais il manquait de courage^ de fermeté et de grandeur d'âme dans les afiaires. » Id. « Louis XIII avait de la bravoure, mais n'avait nul cou/rage d'esprit. » YOLT. « Il faut du courage; et il ne suffit pas d'avoir celui d'affronter la mort : c'est la bravoure d'un soldat. y> Marx.

La différence entre valeur et vaillance a étéindiquée dans la P* partie, p. 215.

Quant â celle qui les sépare l'un et l'autre de bravoure , elle consiste en ce que la valeur tient plus au désir de l'estime et de la gloire , et la bravoure au tempérament : la valeur esc plus éclatante, c'est la- qualité d'un héros; la Sravoure est plus impétueuse , c'est la qualité d'un soldat. — *< Le héros est jeune , entreprenant , d'une haute valeur. > Labr. « Christian lY était brave, actif, entreprenant, mais plus soldat que capitaine. » Coud. — L'homme valeureux, suivant l'expression de 9aint-Simon, c a une extrême envie de faire et de se distinguer. > Un homme brave est naturellement porté â affronter les périls de la guerre. — Il entre un peu de vanité dans le caractère d'une nation valeureuse ^ telle

«Êpamînondas avait l'extrême valeur jointe 4 l'extrême bénignité. » Pasc. « Philippe fut vainca à la journée des Cynocéphales; et cette victoire fut due â la valeur des Etoliens. > Hortesq. < Ua soldat nouvellement arrivé dans Tannée des Bactriens fit des prodiges de valeur. » Id. « Ondît que M. de Grignan , dans le passage du Rhin, fit encore des merveilles de valeur et de prudence.» SiY, m Charles XII avait une valeur persanneHa dont aucun prince n'approche. » Yqlt. < Ces témoignages solennels et perpétuels dliooneur, d'estime, de reconnaissance envers les soldats morts pour la défense de la liberté , contribuaient à relever le mérite de U valeur et des services rendus à la patrie. > Roll. « L'amour de la gloire , la crainte de la honteL, le dessein de faire fortune , sont souvent les causes de celte taleur si célèbre parmi les hommes. * Ljaoch. < TTn certain esprit de gloire et de valeur se perd peu à peu parmi nous. > Montesqw — c K. de Saint- Castin poussait la bravoure jusqu'à la témérîté. > Les. « Le libertin incrédule est un lâche qui cache sa peur sous une fausse ostentation de bravoure. » Hass. « Une pareille générosité ressemble fort à la bravoure des fanfarons , qu'ils ne montrent que bin du péril. » J. J*. « L'excès de bravoure de H. de Longue ville lui a causé la mort et à beaucoup d'autres. » Str. c Cromwelî était brave, sans doute ; les loups le sont aussi : il y a môme des singes aussi furieux que des tigres. % YoLT. « Ainsi fut pris le roi Jean, après avoir fait le devoir plutôt d'un brcM?e soldat que d'un capitaine prévoyant. » Boss. « Kicipsa se flattait que Jugurtha , brave comme il était , pourrait bien s'engager mal à propos dans quelque action périlleuse, et y laisser la vie.» Roll.— * Cyrus était à peu près dans sa seizième année lorsque le fils du roi des Babyloniens , ayant iàit une partie de chasse, s'avisa , pour faire montre de sa bravoure , de faire une irruption dans les terres des Mèdes. Ce fut pour lors que Cyrus fit son apprentissage dans la guerre. Il s'y comporta si bien, que la victoire, que les Mèdes remportèrent sur les Babyloniens fUt principalement due à sa valeur. » Roll.

Intrépidité et hardiesse expriment aussi une sorte de courage , savoir : intrépidité, un courage passif, celui de la défensive , celui d'un patient , d'un homme qui a à souffrir , et hardiesse ^ un courage actif, celui de l'offensive, celui d'un homme qui entreprend ou attaque. VinJtrépidité ne tremble pas , elle est tranquille ; la hardiesse n'hésite pas , elle est résolue.

On appelait les chrétiens des hommes d'airain qui ne sentaient pas les tourments.... Que n'y aurait-il pas à craindre, dit Tertullien, de gens si intrépides ? » Bose. « Pour Ulysse , il paraissait aussi tranquille contre mes flèches que contre

qu'est la nôtre (IfAse., Yoli.); une nation brave , | mes injures; je me sentis touché de cette immfpicomme celle des Spartiates (Montbsq.) , comme | dite et de cette patience. » (Philoctète). Féir. «JTqcelle que commandait Attila (Id.), est belli- i cius Scévola, par son intrépidité, étonne Porqueuse. — La voieur se possède davantage , la seima, qui lui accorde la vie et la liberté.» Cosn. bravoure est plus emportée. — On dira plutôt «On admira le courage intr^jptde avec lequel Mafaire des prodiges (Mohtesq.) ou des merveilles rie Stuart avançait au supplice. » Id. « Les con- (Siv.) de valeur, et un excès de bravoure ÇLns., ' damnés, catholiques ou hérétiques, marchaient ^*^)' I au supplice avec la môme intrépidité. » Volt.

SYNOMMES A BAMUUI DIVERS.

VtntrépiàUé est mie fttft* «îtraoïtfintir» de âme qui Vélèv* au-deaiua ât» troubles, des ésordres et d» èmotioift qne la vue des grands érils pourrait eoBoiler an elle. » LjkaccH.

GiMacoiffvwliiipira ioa A^MMtrépiéUé fM je aefiaift toqb dire s iT«c eet attintt j'ai fiogl Mb Moias d» peur. Rasif . : Hous adBttrâmes la eôDStaaca et VitUrépidité le ces gens allant au supplice. » Ibw — «Clélie, une eane fille , étonna Porsenna par ta kardieise» » to50. « les païens entreprenatent des choses diC<iciles et héroîqneB avec pins de hardieHe.^ ^ouKD. « Le Tiem loup paraisSBit aroic de la luirdteaia et da courage; car il ne balançait pas à ;e jeter sur les cbieos. » Burr. « Bnitus eut la kerdiesse d'attaquer la fortune de César. » Gom>. I AiTronter la mort atec ha/rdieite à une brèche }u dans -une bataille. » P. R. • Swrdiêiêe k mouler à Vaasaut. » Acad» — « On dit que Jeanne l'Are alla au supplice avec tnir^ndtt^; d'autres prétendent qu'elle lena des larmes : faiblesse compatible avec Je coarage que cette fille avait Séplojé dans les dangers de la guerre; car on peut être hardi dans les combats et sensible sur léebafaod. » VaLr.

«Je remasqiM , dit YauEvenaT^nes , beaueaup de sortes de eeviro^e ; un courage contre la fortune, qui est philosophie; un cowrafe contre le» misères , qui est patience; un eowrage contre l'injustice , qui est fermeté; un cmurugê contre le vice, qui est sévérité; un comrage à la guerre , qui est taleur; un eouraçê dans les entreprises , qui est hardiesse.... » Mais la hreeowre est un eouroife k la guerre , awsi bien ^^ la wUtwr, dont elle diffère comme il a été marqué ci-dessus; et en opposition à la UafdUta, qui ose, qui hasarde, qui se jette en avant, il fhut mettre XitUrépidÂté^ qui supporte ou enrisage sans émotion et sans trouble les plus grande maux ou les plna grands périls.

COLÈRB, mirOrtKMWT, CODBROUX, 1^- PIT, IKE, BILB« AgiUtioa impatiente contre ce qui nous affecte désagréablement; passion du genre de la haine, mab plus violente et plus courte.

Col^e, du grec xp^^t ^^^i *^^^ ^"^ ^^^ naire , et il représente la chose , dont il est question, subjectivement, dans Tâme, comme un sentiment dont on est animé : allumer, apaiser la totèrt; l'ardeur de la eolèrt; la eolire nous trouble , nous rend tout interdits. JE^mportemenl signifie la colère extérieure, c'est-à-dire non pas le mbuvement de Tâme , en quoi consiste cette passion , mais le mouvement du corps qui enr est l'eflet. Aussi dit-on bien un emportement ou des emportemmii die alère, « Le feu de la eotôri étincelle dans les vers d'Homère* aussi bien que dans les yeux d'Agamemnoo , dont il décrit l'emportemem. « BoLL. « Lentulns, par un eii^K)rtesien< de colère , s'écria qv'on avait i^us besoin d'armes que de snfi'rages pour opiner contre un aussi grand Toleur que César. • Visr. « Il y a des amis qui découvriront les paroles d'emportement qui vous sont échappées dmis votre colère. » Bose. c On a trouvé le moyen de déchirer le prochain, non plue par haine ni par ewportemeiil de colère,

mais par maxime de piété et pour Fintérôt de Dieu. » Bounn. « Juste peine de resipertemeiK de mon or^il et de ma colère, » Mass. k Ce qui caractérise les démêlés de Charles-Ooint et de François I", c'est ce mélaufpe bizarre de fran^ chise et de duplicité, d'emporlemeelf de colère et de réconciliation. 9 Volt. « Charles XI de Smède était dissimulé quand il ne se livrait pas aux emportsmems de sa colère. » Id. -- Le moi eolire nous montre dans tel état ou dans trtle disposition; le mot empertomeni nous fait voir agissant de telle manière, éclatant, tempêtant. Ce n'est pas dans la colère , k proprement parler, mais dans l'emportement (FéN., Vauv.), qu'Alexandre tua Clitus, son ami. On peut être ou n'être pas emporftf dans la colère (J. J.); il y a des personnes si maltresses d'eUes-mêmes , que leur colère ne va pas jusqu'à l'emporlemeia (BouRD.). «Elle avait de remportemeni dans sa colère, » Ham. « Il est naturel que cette colère du misanthrope dégénère en emportement, et lui fasse dire alors plus qu'il ne pense desang-froid.« J. J. '^D'autre part, comme l'emponement est la mamfestation de la colère , il est encore ^oa passager, ce n'est souvent qu'un feu de paille , an lieu que la colère ^ plus concentrée et meine bruyante , peut durer darantage et doit inspirer plus de défiance. « Il la.justifiait areo tant d'emportement « et même de colère et d'aigreur! >

SCABE.

Courrouce, de eoruecare , secouer, brandir,* darder, est un terme noble qui exprime la colère d'un être dfvin ou d'un personnage émiaent, surpérieur. D'ordinaire même il n'a de distinotif que son caractère de noblesse et son aptitude à figurer en compagnie des mots du haut style. Un orage terriUe aox yens dee matelots , Cesl Neptune en «Mtrroaur qui gounoande lesflota.

Bon..

« Calypso dit à Mentor : Vous sentirez oa que peut le eourroii» d'une déesse. > F^k.

BOW DÙOIJX.

Eodrigoe, asi4a du cœurf

DON aooaiGini.

Tout autre que mon père

L'épruuvemlt sur. l'heure.

notr siismi.

Agréable eoièrel

le reeennafe mou sang à ee noble eourroÊue. Coa*.

Et poisqne sans tolère il (mon smoar) est reçu de vous.

En quoi peut-il du ciel mériter le courroux?

(Bémon à Ax^gone dans les Frères ennemU,) Rag. flcFormosante était combattue entre l'envie de pardonner et celle de montrer sa colère,,,, Amaxan apprend l'arrivée de Formosante, le désespoir et le courroMOP de la princesse. » Volt. La colère de Néron ; le courroux de l'empereur (Coan.).

Dépit, deepit, de derptcere, mépriser, signifie la petite colère d'une personne piquée d'un manque d'égards. Le d^pit est plus vif que violent, plus sensible que redoutable ; les femmes et les enfants en sont principalement susceptibles. « Un enfant qui joue dans un chemin, et qui ne veut pas interrompre son Jeu pour laisser passer una charrette, lût par dépit et par mutinerie ce

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