‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 270 sur 426 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

<iu'un homme ne £ût point par raison. » Féh. « Ne doit-il pas se préparer tranquillement à la perte de son procès, loin d'en marquer d'avance un dipit d'enfant? » J. J. « Je n'ai plue ni humeur ni dépit contre les pagodes au milieu desquelles je vis. » ID. < Je me suis crue abandonnée, et, dans mon dépit, j'ai reçu la main du eonnétable que mon père m'a présentée. » Las. c Je fis des réflexions, sans toutefois mépriser moins les menaces de la colère du roi et du dépit de Mme de Maintenon. » S. S.

Ira , nom latin de la colère , nous a donné tr« , autrefob usité dans les cas où nous employons à présent courroux. On a dit Vire comme la fuperhe, dans le grand, en parlant de Dieu et des souverains , par eiemple : « Vierge sainte , apaisez sur les ennemis de l'Eglise Vire formidable de Dieu. » Boss.

Quand quelque Dieu , voyant ses bontés négligées, Nous Ikit sentir son ire, un autre n'y peut rien.

Laf.

puis , passant d'un extrême à l'autre , comme il arrive presque toujours à l'égard des plus belles expressions qui tombent ainsi en désuétude , on ne s'est plus servi du mot ire que par forme de badinage dans la poésie familière ou hérol-conrique. Dans l'Amour médecin de Molière , un marchand d'orviétan dit :

Admires mes bonlég, et le peu qu'on vous vend Ce trésor merreilleux que ma main tous dispense. Vous pouTez arec lui braver en assurance Toas les maux que sur nous Viré du cieL répand.

On lit dans la Pucelle de Voltaire : Tels La Trimouille et le ùm Tirconel Se préparaient aa terrible duel Par ces propos pleins d'irtf et de menace.

La bile est proprement le symbole physiologique de la colère : elle ne se prend pour la colère même que dans le discours commun, et encore il est bon que le mot hiU soit mis avec d'autres mots qui rappellent sa signification originaire : émouvoir la hiU , décharger ou retenir sa bile.

COLLECTION, RECUEIL, COMPILATION (RAP- 80DIB, RAMAS, RAMASSIS). Assemblage de choses qui sont ou qu*on donne pour être belles ou curieuses , propres à plaire ou à instruire.

Collection et recueil ne se disent pas proprement des mêmes choses. On fait collection d'objets, tableaux, armes, médailles, antiquités de toutes sortes, coquilles, minéraux, insectes, ou ohoses semblables, c'est-à-dire qui ne sont pas de nature à composer un tout. Mais on fait un recueil de pièces, d'écrits, d'actes, de discours, d'anecdotes , de chansons , de lettres , de contes ; choses qui peuvent être jointes ensemble de manière à former corps. < Collection se dit des choses qui continuent d'être autant de touts séparés , et qui ne sont réunies que parce qu'elles sont renfermées dans un seul lieu; recueil se dit des choses qui sont plus faites pour se réunir en un seul tout. » Cond. La colUdion vous présente des objets étalés les uns à côté des autres dans des galeries, des cabinets, des rayons, des cases; le recueil vous présente réunies en un seul volume , en un seul cahier , différents fragments , morceaux, extraits ou opuscules de littérature

ou d'art Une bibliothèque est une coOectio» de livres ; un livre est un recueil de pmaées.

Quelquefois cependant on se sert des deux mots en parlant des mêmes choses : coUectû» oa recueil de plantes , de livres , d'estampes, de lois, de vaudevilles, des productions d'un auteur, ^ors eolUetimy en vertu de sa particule initiale cum {coUecUo^ de cum légère^ prendre ou rwp sembler avec, ensemble), marque iitaltiplicbè, grand nombre de choses ; il est coUeeHf ou coapréhensif. Par opposition, recueil exprime queV que chose de moins étendu on de plus petit. On donne la collection des conciles, des pères, de» canons, des classiques latins -, et un recueil de poésies fugitives, ou de bonsmoU. On donne la collection du tout, et le recuea d'une partie. c Nous n'avons pas plus de temps quTilne nous en faut pour rassembler assez de porteieuiltes et de papiers pour l'immense coUeeliom (de plantes] que nous allons faire.... J'ai été assez heureu pour pouvoir insérer dans le petit reeueti (herbier) que j'ai eu l'honneur de vous envoyer quelques pUntes curieuses. » J. J. « Cela se trouTB dans une lettre que j'ai depuis insérée dans la collection de mes œuvres.... De Um^vintle projet de faire cette ode que vous trouverea dans te recueil de mes poénes. » Marm. — La «oHectioa a pour qualités d'être grande, volamineose, riche , complète. Les qualités du recueH se tirent de la nature des choses qui y sont oontenues, ou , suivant la force de la particule initiale re, du soin qu'on a mis à les choisir. « Yoili ce qus j'appeUe les ruses du comte de U Btocfce. Mais cette consultation de l'adversaire ne mériteraitelle pas aussi de trouver place en ce recueti ingénu des rueet , puisqu'elle-même en est la plos ample coïUttionf » Bbàuh. « Lorsque après li mort de Saint-Ëvremond on rassembla dans une volumineuse co2lecltoii tous ces fragments épais qui , séparément , avaient fait tant de fortune ; ce recueil , qui montrait Saînt-£vremond tout entier, le réduisit à sa juste valeur. » Ljlb. Voltaire dit au sujet d'une grande bibliothèque de deux cent mille volumes : « Dans cette immense coUectûm de livres, il y en a environ cent quatre-vingt-dix neuf mille qu'on ne Ura jamais, du moins de suite. » Et J. J. Rousseau, dépeignant les Neuîchâtelois : < Les paysans mêmes sont instruits; ils ont presque tous un petit recueil de livres choisis qu'ils appellent leur bibliothèque. » Pour faire de belles coilecttoiu , il faut du temps, des moyens extérieurs de toute espèce, du saroir, de la patience ; pour Caire un bon recuet^, H fiat d'ordinaire des lumières, du goût, de la critique, du discernement.

La compilation est une sorte de rtemU littéraire. Mais, au lieu que dans le simple recueil se trouvent réunis des morceaux laissés tels queb. intacts, ceux qui entrent dans la compilation ont été employés et traités comme des matériaux, modifiés, abrégés, fondus ensemble, et il en est résulté, non pas un répertoire, mais un ouvrage. Un recueil est bon , si les pièces qu'il contient ont de la valeur et ont été bien choisies; ose compilation est bonne, si elle est bien faite; c Vhiitoire ancienne de RoUin est encore la

etlleii

STNOimiES A RADICAUX DIVERS. ^45

eompOoÊùm qu'on ait en ancone 1 Roll. « Le grand principe de Paul Emile était

Bgne. jmrce qoe les eompOatears sont rarement qu'un commandant, plus que tout autre doit Dquents, et que RoUin l'était. » Volt. « Leju- écouter les conseils. » In. « Les chefs sentent ment q;ae tous portez sur l'œuTre posthume ' dans le fils d'Ulysse je ne sais quelle autorité BeWétins ne me surprend pas. Son ouTrage • à laquelle il faut que tout cède : Texpérience des t plus capable de faire du tort que du bien à . Tieillards leur manque; le conseU et la sagesse philosophie ; f ai tu aTOC douleur que ce n'était j sont dtés à tous les commandons.... JX fait le tour le du fatras, un amas indigeste de vérités tri- j en diligence, et tous les capitaines les plus exaies et de faussetés reconnues. On trouve d'ail- j périmentés le suivent. » Tàn. urs dans eette ccmpiUuUm irrégulière beau- Le capt«otn« et le j^^ral sont des hommes d'ac- >up de petits diamanU brillants semés çà et tion, des chefs qui dirigent dans les opérations

>IlK.

Arec ces mots Leroj a comparé , suivant l'incation de Girard , n^Modîe et ramof , auxquels •-iiitac a joint romassif. Hais rapjodie, ramoi rsnassts ont oeU de particnlier par rapport à Vftiion , recueil et coa^nlolion , qu'ib se prenf::: toujours en mauvaise part. — Ensuite , pour -^ regarde les différences à mettre entre eux.

de la gi^erre et surtout dans les combats. Ils différent cependant l'un de l'autre de plusieurs façons.

1* Captiatne est qualificatif et attribue de la valeur comme guerrier; au lieu' que général marque plutôt un simple titre. Le général Merci était regardé comme un des plus grands capt- ' tainet (Volt.). « Louvois persuadait à Louis XIV psodie est purement littéraire , comme compt- j qu'il était plus grand capitaine qu'aucun de ses rion , et fiunilier; sans compter que le défaut généraux. » S. S. « Ce député (parvenu au Capilil suppose provient pintdt de l'incohérence et ' tole) annonça la victoire de Camille, et il dei la bigarrure des matières que de leur nature | manda, de la part de tous les Romains qui - J- . 1:*^ * ^* .-. ^- étaient dispersés, ce grand capitaine pour leur

général, » Roll. — 2* Quand général se prend comme captiatne dans le sens qualificatif, il annonce du génie, quelque chose de naturel, et non pas, comme coptlatne, quelque chose d'acquis , de l'expérience. « La plupart des grands captiatnef sont devenus tels par degrés. Condé était né général; l'art de la guerre semblait en lui un instinct naturel.... Il n'y avait en Europe que lui et le Suédois Torstenson qui eussent à vingt ans ce génie qui peut se passer de Texpérience. » Volt. — 3* Capttotne dit moins que général sous tous les points de vue : il exprime une capacité moins haute ou moins vaste , un talent qui s'exerce sur une plus petite échelle , à la tête d'un corps et non de toute une armée, ou bien il s'applique à des hommes dont le nom a jeté un moindre éclat. « Les ministres de

1 de leurs qualités. MamoM et ramauU^ ce ion a ramtassé^ pris par terre, dans la pousère ou dans la boue, se disent, au contraire, ir mépris, et non pas familièrement et par iiUnage , d'une réunion de choses quelconques a même de personnes , par elles-mêmes viles ou lauvaises. — Mamuu et ramassis ont été distin- ::iës Yun de Tautre dans la I*" partie , p. 192.

COMIUHIIAirr, CAPITAINK, GÉNÉRAL. Dans m sens très-êlendu et sans relation au grade tnicuiier, ces mots désignent des chefs miliaires.

Omimmiamij celai qui commande, signifie lans une armée un ofBcier considéré comme un npérienr, et non pas comme un guerrier, umme un boimne qui exerce plus ou moins Hen le métier des armes. Ce qui distingue nettec«»i'ie commusndant du capitaine et du général^ fest qu'on se le représente , abstraction faite de Louis XIV étaient alors les plus forts de l'Europe,

a condmte sot le champ de bataille. « Ces trou- Ks campées autour de U ville, se mirent en aarche sous leurs commandanis. > Vin. « Sparacos fit combattre trois cents prisonniers rouiss aux funérailles d'un des commandants de Lab. « Ni U marche des troupes ,

ses généraux les plus grands, leurs seconds les meilleurs et qui sont devenus des capitaines en leur école. » S. S. « Scipion tenait le premier rang parmi les capitaines et les généraux de la république. * Veut. « C'est dans ces occasions qu'un simple capitaine pouvait quelquefois ù k campement des armées , ni les quartiers faire une plus grande fortune dans ces pays (de lliheT.mle séjour des eommandonU dans une '. llnde) qu'aucun général parmi nous. » Volt. rille nêtaicBt à charge à personne. » Roll. - c Alors les pirates formèrent des années-, leurs t CvTus le Jeune se mêlait avec le simple soldat, ' capitaines devinrent des généraux. » Roll. «Ces oaais sans qne la dignité de commandant en deux capitaines, Annîbal et Scipion, dignes lOuSnt, > Id. « Uéclat des plus grandes victoires , d'être mis en parallèle avec ce qu'il y avait jale mettait point i couvert des recherches des ' mais eu de plus grands princes et de plus fardons le général qui n'avait pas assez ménagé : meux généraux. » Id. « Ces historiens (Thucyaviedeses soldats, ou qui, pendant la cam- ■ dide , Xénophon, Polybe) étaient en même ^u-ie. ks avait traités avec trop de hauteur : ' temps excellents capitaines.... Ils apprennent par i^Laitqu^a sût allier la dignité du comman- l'exemple des plus grands généraux de l'antiia-u avec la modestie du citoyen. » Vbrt. — Que quité, et par une sorte d'expérience anticipée, ri y a quelque chose de remarquable dans le comment il faut faire la guerre. » Id. rvnendoiU, c'est U tête plutAt que la main, . COMMANDEMENT, ORDRE, (PRESCRIPTION), ce «tt les qualités intellectuelles, et non pas ' PRÉCEPTE, INJONCTION. Déclaration de volonté \b Tialités d'exécution, c Ce n'est point de cent qui détermine ce qu'un autre doit faire. cr.é bras qui composent une armée que dépend Commandement est général ; ordre . particu- UTxtoire, mais de la tête du commandant. « ' lier : celui qui a le comm<i^ndement donne un

DElfUÊHE PAitTHS

ordre. «En wn le Sauvear yent imposer silence à la multitude; malgré le commandement qu'il leur iàit, et plusieurs ordre* réitérés de sa part, ils élèvent la Toix. » Bourd. « Le corps est remué et transporté d'un lieu à un autre au commandement de l'Ame : les yeux et les oreilles se tournent où il lui plalt, les mains exécutent ce qu'elle ordonne.... » Boss. Le prince, qui commande à ses sujets, leur ordonne telles ou telles choses , dans tels ou tels cas. Dieu ou la loi commande certaines choses; le médecin ordonne un remède à un malade. — On obéit au commandement y on exécute l'ordre : le eomm€mdement émane de Tautorité, de Dieu ou d'un souverain; et ïordre^ du pouvoir, d'une puissance déléguée et subalterne, qui ordonne^ arrange, dispose selon ses Intentions. Celui qui gouverne commande^ ses agents ordonnent, c J. G. devait paraître dans le temple, comme le fils de la maison^ pour y ordonner ce que son père avait prescrit. » Boss. A la place de pretcril, commandé conviendrait tout autant ^ — Commandement est formel et a rapport à la manière ; ordre est matériel et relatif au fbnd des choses; on commande rudement , on ordonne des cruautés. — Enfin , le commandement étant plus général est aussi plus vague. L'équité commande^ la justice ordonne. On commande simplement ; on ordonne sous des peines. Ce qui comoiande l'admiration ne Texige pas absolument, n'en fait pas un devoir, une loi.

Le précepte est d'un prifcepCeur, d'un homme qui enseigne. Ce mot n'appartient pas , comme les deux précédents, au langage ordinaire, mais au style doctoral. Il signifie une maxime , une règle de conduite. On cède ou on résiste au commandement et à Vordrcy ils sont plus ou moins absolus; on se laisse ou on ne se laisse pas guider par le précepte,^ il est plus ou moins sage. On est sous l'empire, sous la domination du maître qui commande ou ordonne; le précepte suppose un maître qui instruit et dirige. Les préceptes de la religion et de la philosophie nous apprennent Ànous soumettre aux commandemetUe et aux ordres de ceux dont nous dépendons.

Vinjonction est un commandement ou un ordre exprès , auquel il faut indispensablement obéir, et qui s'éloigne le plus d'un simple conseil, d'une

4. Pimerin aigalfle oommamJer on «vhIpwmt «TW piéeiiioa, mi décvivMil on en «ssigmiil Jle«eiiiBMBt, les limiles, le 4egBé. «Juger selon les formes fretcrises. > Pa«c. «I^ nature ne teui pas que les. animaux passent les limites qu'elle leur h^nscritet, » Id.

ScipioB ne fait- rien qae Rome ne eommanSef lien qui ne soit fitserk pir nos conumms iraMs.

c Le f léflipotentiaiFe a son feit digéré par la ooiir, les mAiodres avances qu'il fiait bit aoot jnweriàÊt, » léuu .11 fiaut Caire docilement ce qui est ■'^•yrtfitrfrf ou ordonné, et exactement» i la lettre « ce qui est prescrii. On suit un régime ordonné , et on le suit loi qu*il t%\ prescrit: «Quaod tous êtes malade, est-tï un régime que vous ne aulTiei tel qu'il vous est ptmoFis ? 9 BoDSD. On peut eammanâet ou ordonner, mais non pas prescrire, en laissaat indécis en Iodéteiminé le lien, le ^emigê, la maiiièna, tes m^j^ens. siiooa Ornes iea libaliiuis ordonnées (par Qmq^ eklei Tmux prescrits pour les ombres. » Fi».

simple invitation. «'Dieu ne conseOle pas seulement au riche d'entretenir le pauvre , ne Yj exhorte pas seulement , mais le lui enjoint , et hii en fait un devoir rigoureux. > Bourd. c L'^glî» commande expressément aux enfants baptisés de garder inviolablement ces dispositions ; et elle enjoint, par un commandement indispensable, aax parrains d'instruire les enbots de toutes co choses. 9 Pasc. M reste « tn;on^tbn et enjoindre se disent surtout en termes de Jurisprudence et d'administration. « Philippe de Valois enjoint, dans son ordonnance , aux officiers des monnaies de tromper les marchands de tacoa qa'Us ne s'aperçoivent pas qu*il j ait mutation de poids. » YoLT. c Le 23 février 1771 , six parlements nouveaux furent institués sous le titre de Conseils supérieurs , avec injonction de rendre gratis la justice. 9 Id. < Si J'avais été juge, f aurais donné toute raison à Beaumarchais, mais f aurais supprimé ses Uëmoires avec injonction d*être plus circonspect. » Lah. «iSatumin fit rendre un décret par le peuple portant injonction aux consuls de faire pubUer jqtf cm interdirait le feu et Teaa à MétéUus. 9 BoLL.

Il est inutile d*%jouter à ces mots, comme Ta fait Girard , celui 4e jussion , qui n'est plus uûtè aujourd'hui et dont les dictionnaires donnent une dé^nition qui ne laisse rien à désirer.

!• GOMHISNCEaiEafT, NAISSANCE ; — 2* OÊl- GINE, SOUEGE. Ces mots sa disent des choses en tant qu'elles viennent i être, et eo marquent le point initial ou le point de départ.

Mais commencement «t naissance représentent les choses elles-mêmes arrivant à Texistence, commençant oa naissant; tandis que ort^ûie et eouroe indiquent d'où elles viennent, d'où elles sortent, d'où elles découlant. J^e commencsmatl de la guerre est un acte dlkostihxè par lequel elle débute; son oripûie, c'est quelque chose «d'antérieur qui l'a amenée. Le oommencemest de nos maux en est la première partie ; kur sawne est ce d'où ils émanent. La naissanàs d'une jpersonne donne Tidée de cette personne «Ue-mtoe venait au monde; son origine lait consevoir le lieu d'où elle est issue. £t, dans le -sens d'extraction ,1a neisfonœ d'une personne exprime la iwblesas de la ftmille où elle est née; son origine fiait connaître l'antiquité de sa race. L'homme né k Paris y a vu le jour pour la première fbis; celui qui est orîfiftiuitre d Pans descend d'ancêtres qui jetaient PaiîsieBs. Nous tenons à jqqs parents par la naicooiwe , à Adam et à Dieu par notre origine. « Comme le sang des rois lait passer avec lui dans leurs en&nts le courage et la magnanimité de leurs Ancêtres et des sentiments dignes de leur nateeance , on voudrait que le sang de 1. G.^ .an coulant dans vos veines au pied dei*autel« vous rendît les imi\ges vivantes de J. C. ^ vous inapirftt des sentiments dknes d'une si hauts sm/ging, » Jfass. — Une <£ose prend eomminoement oo nawswiee cmme elle prend fin ; une ciiose.tijoeâan eirigiae ou sa stmrse de plus ou moins iiaut ou loin.

1* (jommfincèment^.n9mainct, Pranière partie Qu pramièieiyg^parîtion^ premier jclo de prteucf des choses qui viennent à être.

SYNONYMES A KA0IGAUX DIVERS

kkl

Commencement est général; naissance ne se dit qne âee animaux : le commencement d'une cnaladie , la naissance d'un enfant. Le commencement est opposé à la fin , la naissance à la mort.

Lorsque naissance se prend au figuré , il diffère moins , mais il diffère toujours de son synonyme. Il ne conTient qifen parlant des choses qui peuvent être considérées comme ayant une sorte de ne et comme étant susceptibles , non pas seulement de durée et d'extension, mais d'accroissement : la naissance d'un £tat (àcàd.) , de l'Eglise (Paa:.). d'une sédition (Agad.), d'un incepdie (BoiTsn.) , da luthéranisme (Id.). On dit le corn- ' mencement et non la naissa/nce d'une page. — D'ailleurs, au lieu que commencement est un terme abstrait, qui si^ufie, et n'exprime pas, naissance, est un mot concret, qui dépeint un événesent , qiû parle à l'imaginatîon. CommencemeeU du monde ou du printemps désigne une époque : naissance du monde ou du printemps £ût assbter en esprit au dëbroùiUement du chaos et aux premières circoDstaBceSy aux premières scènes, par lesquelles la nature ouvre la belle saison. On fait un YojsLge au commencement Û3i printemp»; nn poêle décrit la naissance du printemps.

2"* Oriffine, eomrce. Ces mots servent à faire eonnaitre d'où procèdent les choses ^ui Tiennent à être.

On'i^fié est pris au propre , jouivc au figuré. Ori^tne se dit à l'égard de tout ce qui s'élève ou se prodmt, /mtOut, camae les astres s'élèvent en partant de l'Orient : Vorigine ^'ua homme, d'une guerre; Vorigiste d'un mot, de Is civilisatiooL. Source , en conséquence de sa signification primitive, qui ne doit jamais être perdue dé vue , peut être employé uniquement quand il est question, son pas de choses individuelles iM. abstraites, insêisissabkM à l'imagination, mais de choses propres à itie r^ésenlées comme se succédant ainsi que les eaux d'une Hautaine, et comme ajaot ^m cours. Une ^eowrce de misères (J. J.). « La tradition est la vrais source de la Yinià, > Pasc. « Il faut remonter jusqu'à 4>ette origùne de la gaeire . de ia Hollande.. ». Cette guerre sst la vnie source de tous les maox que U France souffre. 9 Tin, c Jésus-Christ montrait clairement, par les livres sacrés, que son origine temooU jusqu'A la source du genre bumain. V In. — De plus, l'on^ûM a un caiactèse théorique : on cheicbe à la connaître, elle est phis eu moins 4)bscure,*plis ou moins difficile à4lécouaTir. Lasovrce a nn cacactère pratique, on J pûo« «110 est plus ou moins Abondante. L'historien doit s'enquérir ÔMorigiwSy et puiser dans les sources. On remonte ii Vorigine^ on xeceuct à la^sourcs. « Xa providence de Dieu, étant Tumque et véritable cause de nos maux, l'arbitre et la souveraine, il est indubitable qu'U faut recourir diroctement à la sourie et remonler jusqu'à l'ort^tne, pour trouver nn solide allégement. 9 Pasc Ôrigisie , substitué i sowrce dans la phrase suivante de Massillon, serait d'une impropriété sensible : « Si la justice et la piété daus les grands prennent la place des passions et de la licence , qu'elle^fourcede JténâdiOîons pnor les peuples l»

COHHERCB, NÉGOCE, TRAFIC. Ces trois mots expriment une sorte d'industrie qui consistée procurer des denrées ou des valeurs pour d'autres ou pour de l'argent.

Commerce^ commerciitm^ est le seul traduit exactement d'un mot latin dont le sens reproduise l'idée commune. 11 est formé de etcm, avec, ensemble, et de v^er%^ merces, marchandises: il signifie pn^pement échange de marchandises. Dans toutes ses acceptions figurées se retrouve cette idée d'échange, de communication réciproque : commerce d'idées, de sentiments, de lettres; le commerce de la vie, le commerce du monde; le commeru des savants, de deux amis, des époui. -^ Commeru est le terme général, le seul fk'équemment usité , celui qui peut presque toujours remplacer les deux autres, et auquel souvent les deux autres ne peuvent être substitués. Il se dit seul d'une manière absolue en termes d'histoire, d'administration ou de législsp tion pour représenter simplement et sans aucun accessoire, par rapport à l'humanité tout entière, ou à ime nation, ou aux indiridus, ce développement de l'activité de l'homme qui fait passer et circuler les choses des uns aux autres par échange. *

Négoce vient du latin negotium {nec ottum, privation de loisir), occupation, affaire. H ne désigne pas le fait de l'échange, mais les soins, les occupations , les démarches , les calculs , les combinaisons pour arriver i cette fin. Les acceptions dérivées de ce mot le témoignent comme son étymologie. Négocier^ négociation^ négq^iar' teur, marquent l'action de traiter, de marner, de conduire avec art, avec travail, des affaires publiques ou privées. On négocie un traité , une alliance , un mariage , un accommodement. — Au lieu que commerce exprime simplement le mode d'industrie en général ou en particulier , négoce fait concevoir la profession qu'on exerce avec plus ou moins de talent, et montre la pratique, le détail et le tracas des affîdres commerciales. On s'enrichit par le commerce; ce qui fait entendre uniquement que ce n'est pas par tel ou tel autre genre d'industrie; on quitte te sein de son né' 90ce(lfoL.); on est exercé dans unnéfji'oce (Mass.); on est engagé dans les soins d'un légitime iMfgoee (Boded.); en voyage pour les affaires de son négou (Fto.). « KprèA avoir acquis dans son commerce une fortune honnête « il quitta sur ses vieux iours le négoce et les afiaises et mit un intervalle de repos et de jouissance entre les tracas de la vie etla mocL » J. J. c Colbert étant sans lettres, élevé dans le négoce^ et chargé par Maxarin des détails d'affaires* ne pouvait avoir d« goût pour les beaux-arts; a^ grandes vues pour la finance et ,pour le commerce ne s'étendirent pas d'abeid Jusqu'Aus jrU iimshies, 9 Your. « Comme, en Suisse, les sujets en (g/koèesX ont trè»<pett de commerce, le ii^^oce n'est asei^tt» éaocune chaige« excepté de petits droits d'tnti»^ pôt. » Uo^tf SQ. < Les Phéniciens étaient «es avec «a génie si beoieur pour le mégoce^ ifutts furent regardés comme les inventeurs du «eom* msfvede mer« > BoiL. — -Gemme «ArM^'iifBifie ^Fezercice du commerce, ceux qui sont voués par

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