‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 286 sur 426 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

goût de prédilection , cet intérêt particulier qui fait le fa/oori. La disgrâce est un malheur ou un malheur plus grand et dans ses causes et dans ses suites : dans aes causes , car elle dépend moins, comme la défaveur , de Vhumeur ou du caprice du maître, que de sujets d'une certaine gravité , réels ou supposés , comme malversations , fautes ou incapacité , discours coupables , démarches imprudentes ; dans ses suites, car elle entraîne pour l'ordinaire la perte des biens ou des charges, la confiscation, la destitution et Tezil. *

On peut citer en France, sous le règne de Louis XIV , la défaveur de Fénelon et la disgrâce du surintendant Fouquet.

Un écrivain est en défaveur (mais non pas en disgrâce y ce serait trop dire), quand ses écrits ne sont plus goûtés ou accueillis du public avec une disposition favorable ou bienveillante, ce BufTon voyait que l'école encyclopédique était en défaveur à la cour et dans l'esprit du roi. » Harm.

1" DÉFENDRE , SOUTENIR , PROTÉGER ; — 2? GARANTIR, PRÉSERVER, SAUVER. Mettre k couvert contre quelque chose de fâcheux, ou l'écarter.

Défendre^ soutenir eX protéger marquent l'action; garantir y préserver ei sauver, l'effet. En défendant, ea soutenant, en protégeant, on travaille à empêcher l'approche ou l'atteinte du mal ; en garantissant , en préservant et en sauvant, on réussit à l'empêcher. Le défenseur et le prot«cl«ur vous assistent, mettent leur puissance à votre service , mais ce peut être en vain : le sauveur effectue positivement votre salut , votre sûreté. On lit dans une traduction de P. Syrus : « La fortune protège plus de gens .qu'eue n'en garantit, »

Plures iegit fortona, quam tutt^tfacit.

De plus , défendre , soutenir et protéger se disent absolument : Dieu défend , soutient , protige l'homme de bien. GaranJUr, préserver et sauver ne s'emploient guère que d'une manière relative, en indiquant de quel mal on exempte : Dieu garantit , préserve, sauve l'homme de bien de tels ou tels maux. « La sage piété de nos pères n'a pas cru pouvoir mieux défendre et conserver cette ville capitale qu'en la mettant sous la pVotection de sainte Geneviève , qui l'a préservée de tant de fléaux. » Bouao. « J. C. dit & saint Pierre : J'ai pu vous soutenir sur les flots , et vous garantir de la violence des vents et des orages. » Mass. « Louis le Grand a protégé ses alliés.... Il serait à craindre que le temps ne diminuât au moins l'éclat de tant de merveilles : vos plumes savantes les garantiront de cette injure. » Lafontaine, Discours de réception à l'Académie française.

!• Défendre , soutenir , protéger.

On défend ce qui est attaqué ; on soutient ce qui est faible. « Quand même un voisin injuste attaquerait votre Etat, tous les autres , intéressés à sa conservation , prennent aussitôt les armes | pour le défendre. » Fén. « Le roi revint à son premier sentiment et à la gloire de soutenir des ' rois opprimés.» Volt. On défend en prenant actuel- \ lement les armes pour repousser une agression;

on soutient, en embrassant les intérêts de qœi. qu'un, en les fortifiant de son appui. < C'est rordi« des franciscains qui le premier a fait une professic» publique de reconnaître et de soutenir l'immaculée conception; c'est lui qui l'a défendue dans les écoles et les universités. » Bodbd. Votre défenseur combat contre vos ennemis; votre sotrtiai est votre partisan, il vous anime, il s'intéresse pour TOUS. Pendant que le roi de Navant (Henri IV) défendait la cause de Henri m , Philippe n d'Espagne soutenait celle des ligueon (Volt.). Un accusé est défendu par son avocat, et soutenu par tous ceux qui s'emploient pour lui. L'action de défendre est |dus déclarée , plus ardente, plus forte; mais celle de soutenir est d'ordinaire plus soutenue, plus constante : les martyrs ont défendu la foi chrétienne (Bonan.); les confesseurs l'ont soutenue (Id.). « Ce christianisme doit être en nous aussi solide contre ceux qui l'attaquent, qu'édifiant pour nous qui le défendons,,.. Que Dieu trouve en nous, sinon des martyrs fervents , au moins des confesseurs éclairés , pour soulemV son culte contre la vaine présomption du libertinage. » Boubd. On éLéfend at on souAient une personne ou une chose (Boosn.), quand , après avoir combattu pour la tirer d'un péril, on continue à la favoriser, à s'en montrer Tami. On la soutient et on la défend (Bouan., Mass.) , quand, après l'avoir servie de son crédit , par exemple , on finit , dans une occasion i^rticulière , par la faire triompher de ses ennemis.— D'ailleurs, on défend ce qui de soi-même est sans défense: un avocat défend son client, une lionne ses petits , un amant son cceur , un ami son ami absent ou la mémoire de son ami défaut. On soutient et qui se défend déjà, mais d'une manière insuffisante , c'est-à-dire qu'on le seconde. « Hiéron ordonna aux étrangers de conmienc^ l'attaque; et lorsqu'il les vit engagés, il les abandonna, au lieu de les soutenir. > CoHn. VoOi donc quels vengeurs s^annent pour la que-

reUe, Des prêtres p des enfants, ê sagesse éternelle I Mais, si tu les soutiens, qui peut les ébranler? Rac.

L'action de protéger {protegere, couvrir) ressemble plus à celle de soutenir qu'à celle de défendre. Mais elle part toujours d'un supérieur, qui couvre èonune d'une égide, qui veille sans cesse à la conservation et à la prospérité de ce qu'il a pris sous sa tutelle. Dieu, les anges gardiens , un roi , un homme puissant protègent; les patriciens protégeaient les plébéiens , leurs clients (CoND.)- Dieu protège la France. À la fin des Filles de Minée , Lafontaine dit que ces sœurs , protégées par Pallas , ne peuvent être alors défendues par cette déesse contre les fureurs de Bacchus qui entre pour se venger, c Notre vie même , que nous avons dévouée à l'État , en est continuellement protégée. » J. J. « Par les princes favorables à la piété sont protégés des ouvriers fidèles destinés à répandre la science du salut. » Mass. « Que d'établissements utiles n'ont dû leur naissance qu'au crédit d'une seule personne à qui Dieu avait mis dans le cœur de protéger une œuvre dont il devait tirer tant de gloire I » Id. c La cour de Rome ne cherche souvent qui

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

étabb'rson autorité sotis prétexte de protéger le olergé. » Vert. « Dieu a donné aux saints un plein pouYoir pour nous protéger. » Bourd. A la fin de Britannieus, Junie s*est réfugiée auprès de la statue d'Auguste :

Prince , per ces genoux , dit-elle, que J^embrasse,

Pmége en ce moment le reste de ta race. Rac. c L'ambassadeur des Bhodiens dit aux sénateurs (de Rome): Il suffit aux Grecs que tous protégiex par Yos armes leur liberté , qu'ils ne sont plus en état de défendre par les leurs. j> Roll.

î* Garantir, préserver, sauver.

Selon l'Académie, préserver signifie garantir d'un mal qui pourrait arriyer. En effet, on ga' ranHt plutôt d'un mal actuel, ou certain, immanquable. La laine du mouton et le Tètement de Thomme les garantissent des injures du temps. «Mon palais, dit Télémaque à Ulysse , est rempli d'insolents ; je suis jeune , seul , et il me serait impossible de tous garantir des insultes qu'ils ne manqueraient pas de tous faire. » F An. Mais préserver, c'est-à-dire conserver éPavanee, annonce un danger, un mal futur, éventuel, possible, auquel on ne peut guère s'attendre. « Une bonne éducation préserve la jeunesse de quantité de désordres, v Acad. « Que Dieu àous préserve de tout mal! » Bourd. « Nous combattons sans cesse pour préserver de ce faux goût ceux de nos jeunes écriyains qui donnent des espérances, s Lab. — Garantir marque puissance; préserver, prévoyance. Faute de pouvoir, de moyens, une chose ou une personne n'est pas suffisamment garantie; faute de soins , de vigilance , elle n'est pas sufâsamment préservée. Ce qui garantit est un boucUer , une cuirasse , un rempart , quelque chose de fort dont on s'arme ou dont on se trouve armé de manière à ne pas succomber. « Les monts et les mers qui entourent l'Italie la garantissent à peu de frais des insultes de ses voisins. » Marm. c Le séjour de deux mille ans dans le tombeau n'a pu ga^rantir Homère d'une haine implacable. » Hontbsq. < A Neuchâtel , la protection du prince et du gouvernement ne saurait me garcMtir des fureurs d'une populace excitée. » J. J. Mais ce qui préserve est un pr^^ervatif, quelque chose dont on se prémunit ou dont on a été prémuni par précaution, c Les oiseaux font leur nid sur les plus hautes branches des arbres^pour pr^«erv«r leurs petits de l'insulte des animaux qui ne sont point ailés. » Fén. « Quelles précautions , quelles mesures avez- vous prises pour préserver Tos jeunes filles du faux goût qui les égare? » J. J. « Peuples , sachez que la nature a voulu tous préserver de la science , comme une mère arrache une arme dangereuse des mains de son enfant. » In. « Les désordres et défauts des autres sont nôtres en quelque façon par l'impuissance où nous sommes de nous en garantir , si Dieu ne nous en préserve. » Nie. — On garantit en couvrant, en empêchant l'impression ou l'atteinte d'un objet, contre une attaque ou quelque chose d'extérieur. Un rideau garantit du soleil. «Il est très-difficile de se garantir entièrement de l'impression secrète que toutes les choses extérieures font dans l'esprit. » P. K. Dieu nous garantit de la haine de nos en-

STH. frauç.

nemis (Mass.), de toute oppression et de toute violence (Boss.). Préserver, au contraire, est plus propre à exprimer une action intérieure, qui conserve, qui purifie, en combattant des principes intérieurs de corruption. Un remède préserve d'une maladie. « L'embaumement était le moyen le plus facile de préserver les corps de la corruption. » Bdff. « Le précepteur dit à son élève : Quand tu es entré dans l'ftge de raison, je t'ai garanti de l'opinion des hommes ; quand ton cœur est devenu sensible, je l'ai préservé de l'empire des passions. » J. J.

Quant à sauver, il se distingue par la grandeur du péril qu'il suppose. Sauver, c'est opérer le salut. Sauver des mains de l'ennemi (Acad.), du supplice (In.) , de la potence (Montesq.) , du naufrage (Bourd. , Mass.) , de l'infamie (Acad.), de la misère (Id.), de l'enfer (Pasc.), de la colère de Dieu (Id.), des pièges (Bofp.), du joug d'un tyran (Volt.) , etc.

DÉFENSE, PROHIBITION. Ordre de ne pas fafre certaines choses, de s'en abstenir, de ne pas se les permettre.

Défense appartient à tous les genres de style . ainsi que défendre et défendu. Prohibition , ainsi que prohiber ei prohibé, a cela de commun avec son synonyme inhibition (voy . I~ partie , Prohi: Mtionei inhibition, p. 152), que c'est un terme de législation et de palais, a Prohibé ne se dit guère que des choses qui sont défendues par une loi humaine et de police. La fornication est défendue; et la contrebande , prohibée. » D'Al.

L'espèce d'ordres exprimée par prohibition n'émane pas de la nature, de Dieu, de la conscience ou des lois générales , mais de décrets exprès de l'administration, de la police, ou bien des décisions d'une autorité humaine quelconque , judiciaire, ecclésiastique ou autre. Il y a des livres défendus parce qu'ils sont mauvais , et quand même aucun règlement particulier ne prescrirait de ne les point lire ; il y a des temps pendant lesquels l'Église prohibe les mariages. « Tout est plein , dans le secrétariat des évèques , de permissions à tel et tel de lire des livres défendw , de passer outre aux mariages , nonobstant les temps prohibés. » Boss.

Voltaire parle la langue commune quand il dit : c Le concile de Trente ne permet ni ne défend la communion sous les deux espèces. » Mais il se sert du terme spécial quand il ajoute : <c Son décret porte seulement que l'Église a eu de justes causes de la prohiber. » De même Laharpe , dans le passage suivant : « Quand la publication de V Encyclopédie fut défendue, elle devint plus mauvaise de toute manière.... Ce fut Diderot qui obtint la continuation secrète du dictionnaire publiquement prohibé. »

DÉGOÛTANT, FASTIDIEUIC. Ce qui est dégoûtant ou fastidieux déplaît, produit sur nous une impression f&cheuse.

A peine est-il besoin de remarquer que dégoûtant peut se dire des choses physiques et des hommes physiquement considérés; au lieu que fastidieux sert à qualifier seulement sous le rapport de l'esprit ou les choses de l'esprit. Il y a des viandes et des boissons dégoûtantes (Boss. ,

HEUXlÊUD.milTIfi::

Massj), oomm^'ily eir.ajd'agréâble«; il j) adfr. entTeXien»- fâaHdieux . {^kix.) ^ comiae* il y^enc d'JDtèressantSi Un homme dégoMamt esid'uae laideur oa d'npt malpropreté repovnsante; un homme fastidiewB est ennuyeux , . importwij Àtr" supportable par ses idées-, ses: ddscours oit' ses écrits. « Il ne fantpoiafrt sfepinilitrer ^ fàiie-jgoû; ter aux enfiants • certainefli personnes pMttsce^oa l'extérieur' est.<%ett<dint; ^.FéIr. «Les fatHdinm personnages, avec leur air suffisant et- empesé l Je ne comprends pas comment toi, qui as r«aprit si délié, tu peux Vaceommoder do comrirea. si lourds» Je yeux t'en amener de plus léger s^... J« te promets de» génies supérieurs et dés>plu»omu-> sants. .9 Lb8«

Ces deux mots ne sont- guère synonymes q«* quand dégoûtoM s'applique aussi figuréoieol à «ce qui se rapporte à l*«8prit : un poème -dégoManii ou faslidUux; une pièce de théâtre dégoûisnte.oM fas^dieuse, c'est-à-dire dont l'effet esthétiquei n'est pas non. Mais alors la difi^renoe est enoore bien sensible.'

La chose dégoûtante provoque le vomissemsnt, selon la/opce du mot'; ^le rérolte^ parce qu'elle est moralement sale ou grossière^ la> chose fa9ti' dieuse ennuie, lassa, à cause de sa monotonie ou. de sa longueur. I/une blesse en noos* U délica*tesse du goût ou des moeurs, eHe« est fade, basée ou indécente; l'hotte nenoucamuse pa&, neinnis intéresse pae.

Ce qui est jd/go)lla»( soulève l'âme, excite 5on aversion, a Dans le iVirAd^ perdu, le mariage ^u péché et de la mort, et les couleuvres dont le péché accouche font vomir tout honmite qui- a le goût un peu délicat : c'est un poème obseuf-, bizarre et dégoûtant. » Volt. « Noua verrions quelles archives possèdent la suite la plus com> plète de fadaises dégoûtantes et de contes , que la plus imbécile et la plus bavarde nourrice n'oserait répéter aujourd'hui. » In. « Racine avait fait ôter à Boileau , de la satire contre les femmes « une vingtaine de vers dégoûtants par la peinture hideuse de la lieutenante criminelle. > D'Al. a Par une plaisanterie dégoûtanfe . Fiiretière avait dédié son Roman bourgeois au bourreau. ■ Id. a Cela est assez nigaud , dit Laharpe en parlant d'une chanson de Sedaine, qu'il vient de citer , mais cela est drôle et n'est pas dégoûtant; Piron l'est souvent dans ses opéras comiques. » Et, après en awir rapporté un exemple, il ajoute : « Cela fait mal au cœur.» « Dans le Théâtre de la Foire , la sottise burlesque et la»grossièreté d(^goûtattte sont à un tel excès , q^ie les citations souilleraient le papier. » Lah. •

Ce qui est fastidieux fatigue l'esprit , qui n'en fait aucun cas. « Les fables dfîsope v.e sont point des recueils de sentences fastidieuses qui lassent plutôt qu'elles n'éclairent. » Volt. «Ces maximes (de Confucius) valent bien les secs et faslidiexix Essais de Nicole. » Id. a La crainte du ridicule suggère les mêmes propos, peu intéressants de leur nature, et fastidieux par la répétition.» DucL. « les enfants nous fati:^uent d'une multitude d'interrogations soties et fastidieuses. j>i. J. «Le fastidieux he^nl de la plaidoirie, » Uah. « De ongues et fastidieuses répétitions. » lo. ci On est

failigué de • la répétition: fmUdUtuê' des.

tournvresi » In. .

Mk sœurtetl doDoereosec Mdt.uDehqtÉeDrpereiito est bienli^ieHMi^ Rien n'est^f^(V2i«iu; comme régiiitéi Dccr., INiGHB, MAttCHB. NomSrdes paxtig» dOBlse

compeee uaiesoaiièr*' Degvëi conse ifraiin' elî /grodet .viest .da htin .

gmdiu V doBt . le > sens, est le raètuo. JfardU, aa

coDtraire j n» parait dériver d'aiMOAiOMl de&lair

gués savantes.' De lâ^ UAepreaière.dtffléreBce; Degré se dit plntdt au figuré, on ea parlant ife

grands édifices^ Emilie dit duuiGiiiiiai.

Quand je -regarde' Augoste an iitflieir de 'sa >gMrej Bl -qve ' Teos^eprocfaM ià ima;>iTiBiei]iéiBoire * Que- par .sa propre main moA père massacré. Du tiôBfiiOlikjfide voiBtraitlepfaûet.<2«gré,^.

Ooax.

Les ditgré» dii palais^Aoux , J« J. , xf AcU , liim.) , d'un temple (Acad.^ VWov;)., de Saim-Pi«frede Rome (VoLT.)> d'un a]apbitiiéàtrd(l4\F., Volt.}. Mais marcfce est le met du langage commun , etil tend de phisi en plus 4 le devenir exclusivtaent. a Cet escalier est compoeé de.marcliec basaei , aân qu'on, puisse monter sans- efforts.. » ¥iii. de schiste spàlhique ee' casse par étages-oa pkas svh perposés, comme les marc/tef d'un escalier.»

BCPF*

Cependant degré ei marche difièrent anssi quant au sens. Degré rappelle nécessairement ridée d'élévatioa^ de m6ntée et de desceale^ au lieu, que marche fait concevoir un endroit où on pose le pied, un piaÎA-pied , . une plaie-forme» « On monte les degrés, dit trèe-bien Beauzée, ei I'ok se tiefLtsur les marchff.» Les degrés sont conane des échelons par lesquels on s'élève ; les marches sont des places où on se met , où on se tient. Un usurpateur escalade les degrés du trône (S. S.); un prince royal est assis sur les rikarclUs du trône (âgai).). — « Lee six.degr^ par oê on mon., tait au trône de Salomon étaient d'or. « Boss. a Les anges mêmes doivent être comtpatissants: le coeur a partout les mêmes devoirs : sur les marches* du trône de Dieu et au fond de l'abîme. ^ Volt. — Sans doute, les marcfcw servent comme les degrés à monter et*à'desce»ire; mais ce n'est pas ce qu'on considère en elles. Dans VOreste de Voltaire , Éi^isthe trouve filectm dans un état de mort, étendue sur les marches àiLAoaibeaLU de son père (Lah.). «t Sertius couvrit du san^ d'un tribun les march'Ss du temple de Castor. » Ir. n Sur les marcfies du marchepied du roi , où on met des carreaux, c'est, la séance du grand chambellan, qui y est comme couché. » S. S. a L'escalier était ma salle à manger , le palier me servait de table, la 'morcfce inférieure. me servait de siège. » J. J.

Outre cela, degré, qui signifie aussi escaiier. suppose un certain nombre , une suite de ces parties superposées en étages; mais il peut n'y avoir qu'une marche ou deux. « Je dis an duc d'Orléans que les sièges hauts du lit Je justice n'auraient qu'une marche par la difficulté de les élever davantage. Il me dit que cela ne pouvait passer de la sorte , que les haut» sièges de la grand'chambre avaient cinq degrés, » S. S. — « Herma-

STNONYHB> A. RADICAUX. DIVERS.

ç^ans (réradft) a* presque tv là' tour de BabeU i)i en- compte lès degrés. j> Lah. Un marobepied ev une estrade ont plutôt des nwprchtorqne des dêgrét: un marchepied de plusieurs' tMinoliM' (S* S?), une estradede trois 'morchw«(lD.).

mÊGinSER, M916QUER, 'niAVB9rnit MlMiifler laî manière d^ètre extérieure d^unepersoimedefàçgn à la faire paraître autre.

C'est eioctement le sens^du mot (Mi^tAfar, le pins général des trois. Il vient de €fe , qui marque ablation, privation, dérangement, et dèTaUemand ttetse, manièrei

ifacTuer signifie d^i^tMr par i'àpplieation d'un masque SMT le visage, on bien déguiser'pouT aller en nuuqiM.pour courir lea bals oulès mes à l'époque du carnaval.

Là-dessus son épouse , en Ikbit d'Àléctoir,

Masquée , et de sa Toijt contrefiÉUsant le ton*.

Vient an préiendn mort. Lav; .

« Dans rantiquitéjes acteurs jouaient mcuquéi, et par conséquent on ne pouvait pas de loin distinguer sensiblement aux mourements de la boncfae et des muscles du visage s'ils parlaient ou s'ils ne parlaient pas. » Roll.

lYavestir , de trans , au delà , en sens contraire , et de restis, babit, c'est déguiser en revêtant d'habits autres que les siens. d*habits d'une autre condition ou d'un antre sexe. <r Tékéli , assiégé , fit évader son fils unique , tra/eeHi en paysan , avec deux gentilshommes déguisée de mème.vS. S. Le déguisement n'est pas toujours , comme le îra^ restissement , Teflet d'un changement d'habits. Une fausse barbe (âcad.) , un coup violent qui poche les yeux, déguise un bornée, mais ne le travestit pas. Se mettre un emplâtre sur l'oeil pour se déguiser (Acad.). Dans un bal, il suffît d'un masque sur le visage , et même d'un faux nez, pour être déguisé ; mais une personne n'est travestie qu'autant qu'elle est habillée autrement que de coutume , en débardeur , en postillon , en homme si c'est une femme , ou en femme si c'est un bomme. Un mauvais traducteur et un parodjste fraresttxsent (et non pas déguisent) un ouvrage : les expressions dont ils se servent pour le rendre sont comme un vêtement qui le défigure. Dans Lafontaine, un chat exterminateur de souris use de stratagème^

Blanchit sa robe et s'enfartne;

El, de la' sorte déguisé, Senlcbe et se bloUit dans nne huche ouverte.

Ce fm à lui bien avisé :

La gent troUe-menu s'en vient chercher sa perte. .

Et non-seuUment le travestissement est toujours un déguisement qui tient à l'habit, mais encore il suppose que l'habit est étranger, emprunté. Un magistrat qu'on a peine à reconnaître dans son costume, tant ce costume le change , est déguisé (Pasc.) et non pas travesti. « Pour mettre sa vie en sûreté, Annibal fit faire des perruques et des habits pour toutes les différentes sortes d'âge: il prenait tantôt l'un, tantôt l'autre, et se déguisait si souvent, que non-seulement ceux qui ne le voyaient qu'en passant, mais ses amis mêmes, avaient peine à le reconnaître.» Roll. —Déplus, le d^()ftme?nent empêche de vous reconnaître , et le traxiesiissemenide reconnaître votre condition.

i' Un homma:qQi aintécèt à ca- qu'on ignore qui il ; eat^ ou.qiia.c!est luii qui a fait, telle chofiOi, par I êKamplft,. se digmis^ « Aatarfaé,.d^^ts^e.en esr clave , voilut se sauver dansi la foule ; maia un I soldat la jeeoimut..» FéK. c/Pour se dérober aux , gens queje lui ai dit qu'on'aarait mit pour l'arré*ter aux portes «de la ville, H. d& Pouroeaugnao s^est résoin à se déguiser. » Mol. c^Adbe^bal, pour sauver sa vie , est obligé de se déguiser, » Vert; « Dansii^énaû (tragédie) , un prince de Perse se déguise pour, aller voir, sa maîtresse à' ht cour d'un empereur romaini » Volt. Mair. un homme qui' a intérêt à ce- qu'on ne saebe pas qu'il est agent de poUce, prêtre*, militaire ^ ou de 'tel 08 tel rang dans- la société-^ se traneêiit. o-Sertorius mérita l'estime de Marras et des récompenses^ d'honneur pour s'être exposé à paner oheE" les Cimbre» travesti en Qauloia« » RotL. «'On\on >ne vous apporte point oes lettres trompent ses, que desr étrangers , travestis en pasteurs^ adressent sous le titre de Lettres ^astoralesûaua^ protestants de France. » Boss. « Les prêtres, et les religieux* vivaient en Angleterre pauvres , errants, travestis. » In. « Les missionnaires se travestis^* sent en laïques pour cacher leur caractère et leur religion en Angleterre. » FtNw Molière' charge sa muse d'aller au Louvre remercier le: roi de ses bienfaits, et il ajoute :

Gardez-vous bien d'être en muse bâtie.

Un air de muse est choquant danf ces lleox;:; On 7 veut des objeu à réjouir leayeuxi; Vous en devez être arertie ; Et vous ferez votre cour beaucoup mieux Lorsqu'ea marquis vous serez travestie.

— Enfin, déguiser, étant le terme général, s'em* ploie d'ordinaire absolument ; travestir^ exprimant le passage d'une espèce d'habit à une autre , une transformation , est plus propre à indiquer d'une manière relative 'en quel costume on se met»

Au Hguré, déguisé et se déguiser expiiment qubn en impose ; masqué et se masquer, qu'on en impose sur ses sentiments; travesti ett se travestiTy qu'on en impose sur son caractère. Celui qui se déguise est faux ; celui qui se ma«qt«e a cette sorte de fausseté qui consiste à affecter de la dévotion, de la vertu ou du dévouement; celui qui se travestit est fitux en ce sens qu'il se donne des airs degrandeur, de distinction, de noblesse, de gravité, ou de modestie, d'ingénuité, de douceur, de mollesse, toutes choses à la connais, sance desquelles -l'habit contribue plus ou moins.

DÉLIBÉRER , OPINER, VOTER. Ces mots signifient ce que font des hommes assemblés pour décider quelque afiaire.

Mais délibérer exprime absolument et collectivement ce qu'opiner représente relativement et distri fautivement, savoir le travail de la discussion, qui a pour but, en éclairant les esprits, de préparer la résolution ou le vote. Délibérer , c'est peser ou balancer les raisons, le pour et le contre, opposer une chose à une autre , comme le fait quelquefois une personne seule dans son for intérieur, a Les pêcheurs de Messène trouvèrent dans le ventre d'un gros poisson un vase d'or. Le sénat de Messène s'assembla pour d^Wb^rer à qui on devait le donner. »Fén. «Le jury, la cour, a

DEUXIËMË PARTIE

délibéré pendant trois heures. « Acid. Opiner^ c'est dire son opinion ou son avis particulier avec les raisons qui le znotiyent. « S*il fallait assister à un conseil , avec quelle force de politique , avec quelle abondance d'expédients, avec quel ton de décision le prince de Gondé n'y opinait-a pasl » BouRD. « Quand c'est à Brutus à opiner^ la prépondérance de son caractère se manifeste d'abord.* Lab.

Le demeurant des rats tint chapitre en un coin

Sur la nécessité présente.

Dès l'abord , leur doyen , personne fort prudente , Opina qu'il fallait, et plus tôt que plus tard. Attacher un grelot au cou de Rodillard. Lav.

Dans une assemblée où. on d^tb^re sur telle chose tranquillement ou en tumulte, telle personne opine la première ou la seconde , ou bien opine de telle manière , dans tel sens. « Cependant , à Bome , on délibérait dans le sénat sur le parti que devait prendre la république (à l'égard de Carthage).... Gaton et Nasica avaient tous deux leurs raisons pour opiner comme ils faisaient (l'un pour l'autre contre la destruction de cette ville).»

ROLL

Délibérer regarde le fait de la tenue d'un conseil sur tel ou tel sujet : une assemblée est convoquée pour délibérer^ et elle délibère si.... Opiner a rapport à ce que pense et propose spécialement tel ou tel membre : on opine pour ou que... , on opine sensément ou le contraire. « Le roi Archidamas dit à l'assemblée : Délibérer à loisir.... Et qu'on ne dise pas que nous devons délibérer après avoir reçu une insulte : c'était aux autres à délibérer longtemps avant que de nous insulter. Opinex donc pour la guerre , ô Lacédémoniens 1 » Barth. « Les chefs de l'armée s'assemblèrent pour délibérer s'il fallait s'emparer de Venuse.... Un citoyen de Yenuse avait offert secrètement de livrer une des portes de la ville.... Philoctète et Nestor avaient déjà opiné qu'il fallait profiter d'une si heureuse occasion. » Fén.

Voter diffère plus de délibérer et d'optner que ceux-ci ne diffèrent entre eux : il indique une action matérielle qui clôt la délibération, et consiste à donner son suffrage quand, la. matière ayant été suffisamment éclaircie par les personnes qui ont opin^, il ne reste plus qu'à former la décision à la pluralité des voix.

DÉLICAT; — FIN, SUBTIL, DÉLIÉ. Ces quatre mots expriment, par rapport à l'esprit et à ce qu'il produit , des qualités opposées à la grossièreté et à la maladresse.

Une seule et même différence sépare délicai de ses trois synonymes. C'est proprement le sentiment qui est et qui rend d^'cat ; c'est l'esprit seul qui est et qui rend fin, subtil, délié, « Lorsque la fineese est employée à exprimer un sentiment, elle s'appelle délicatesee. » Vàrm. « La délicatesse est-elle autre chose qu'une sorte de finesse appliquée aux choses de sentiment ? » Lab. Ce quiest délicat plaît, touche, est plein de grâces; ce qui est /In, subtil ou délié hriile, est ingénieux, témoigne d'une grande vivacité ou d'une grande dextérité d'esprit. Le mot délicat ne se prend qu'en bonne part : ce qui est délicat dénote d'heureuses dispositions et n'a que des effets

agréables. Au contraire, /in, subtil et délié inctinent plutôt vers le mal que vers le bien ; 1& qualités qu'ils expriment emportent d'ordinaire une idée d'artifice ou de fourberie. Ce qui est délic(U vous charme, loin de vous offenser, vous l'aimez ; ce qui est /In, subtil ou délié frapi>e votre esprit, parfois vous pique, et presque toujours vous inspire de la défiance.

Quant aux trois mots fin^ subtil et délié, h premier est le plus général : l'homme fin a bien de l'esprit, il s'en faut qu'il soit bête.

Pensez- vous, après tout, que ces précautions

Servent de quelque obstacle à nos inCenlioiis?

Et, quand nous (les femmes) noos mettons qaelqae chose à la tète.

Que l'homme le plus^ ne soit pas une bête? Mol.

A l'homme fin appartiennent, en particulier, le don des reparties et le talent de plaisanter spirituellement, c Une raillerie fine et spirituelle. •» Bouan^

L'homme ou l'esprit subtil est fin en matière de raisonnement. « Tant de faits qu'on raconte de la subtilité raisonnée des hiboux. » Buff. Un arga ment, un rabonnement stibtil (Acab.); un homme subtil dans la discussion (Acad.) -, une interprétation subtile (ACAD.); des raisons subtiles (îIol. . « La plus subtile de toutes les nouvelles mèthodes. 9 Pasc. « Cette doctrine est bien subtile, s In. « Les plus critiques et les plus subtils théologiens. « ID. « Toutes les causes que le plaideur subtil aura su couvrir d'un épais nuage. » D'Ag. « Il était bien subtil , ce scoliaste qui a dit le premier que l'origine de bouffon est due à un petit sacrificateur d'Athènes, nommé Bupho^qui, lassé de son métier, s'enfuit et qu'on ne revit plus. » Volt.

L'homme ou l'esprit délié est fin dans les affaires. » Un magistrat allait par son mérite à la première dignité ; il était homme de'lié et propre aux affaires. » Labr. « Mon maître , le plus délié des courtisans. » Les. k En courtisan leste et d^lié, d'Antin dit que.... s S. S. « Ce père d'Aubenton avait une finesse la plus d^^t^e , un esprit le plus dangereux en intrigues. » Id. « Iberville était encore un Normand , et fort déUé et trèscapable d'affaires. » In. s Les Suisses sont adroits et rusés dans les affaires; les Français, qui les jugent grossiers , sont moins déliés qu'eux. » J. J. « L'usage du monde et des affaires rend délxé. » GiR. c Un esprit délié est un esprit propre aux affaires épineuses , fertile en expédients. » Encycl.

1« DÉLICATESSE , FINESSE, SUBTILITÉ: — 2« PÉNÉTRATION , SAGAOTÉ, PERSPlCiCITl Qualités en vertu desquelles notre esprit opère ou se manifeste d'une manière habile et distinguée.

Mais les qualités exprimées par les trois premiers mots se rapportent plutôt à l'esprit qui produit ; si bien qu'avec de la délicatesse , de la finesse et de la subtilité, on se fait remarquer par ses discours ou par ses écrits, s Vous avez des esprits fins , délicats , subtils , ingénieux , propres a briller dans la conversation et dans les cercles, s Labr. La pénétration, la sagacité et la perspicacité se rapportent à l'esprit qui perçoit ou regarde,

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

à l'entendement. Quand on est doué de ces qualités , on voit bien , on voit mieux que les autres , on Toit au fond des choses ou dans leurs conséquences , on voit loin , on prévoit , on découvre. Et ce qui prouYO bien cette distinction, c'est qu'on ne dit pas des pénétraHons ^ des stigacités et des perspicacités^ comme on dit desd^hcatesses^ des finetset et des subtilités, pour des choses produites, pensées ou dites avecdtfh'cateste, finesse et subtilité, Ayec de la finesse nous dressons des pièges; avec de la sagacité nous apercevons ceux qu'on nous dresse. Un homme qui parle de son propre fonds, et un auteur, peuvent avoir de la délicatesse, de la finesse ou de la subtilité ; un observateur peut faire preuve de pénétration y de sagacité ou de perspicacité.

1* Délicatesse, finesse, subtilité. Habileté de l'esprit à produire certaines choses.

La délicatesse a déjà été distinguée , dans Tarticle précédent, de la finesse et de la subtilité. Comme la différence qui les sépare est très-importante , on ne saurait mettre trop de soin à la développer.

Pour ce qui concerne d'abord la délicatesse et la finesse, Tune tient à la sensibilité, l'autre à Tintelligence. C'est du cœur que viennent les pensées délicates ; les pensées fines viennent de l'esprit. On sent ce qui est délicat , on entend ce qui est fin. On sent avec délicatesse; on analyse fiTtement, Quid deeens? Voilà l'objet du tact d'un esprit d^itcaf. Quid verumPYoûk l'objet des recherches d'un esprit fin. Ce qui est délicat est inofrensif tout au moins, conforme aux convenances et presque toujours agréable ou flatteur; ce qui est fin frappe l'esprit par sa vivacité ou sa justesse , et ce peut être quelque chose de piquant, c la délicatesse cache sous le voile des paroles ce qu'il y a dans les choses de rebutant: la finesse emploie des termes qui laissent beaucoup à entendre. » Vauv. « Le duc de Noailles avait une plaisanterie du goût le plus exquis, pleine de sel et de finesse , mais délicate et jamais offensante. > S. S. « Cette lettre raille finement; elle instruit.... Elle est encore une délicate et innocente censure. * Pasg. « Ce trait de louange si délicat avait aussi tant de finesse qu'on le prit pour une bévue. « Mabm. « La politesse exige un tact si fin, un sentiment si délicat siir les convenances , que ceux qui n'y ont pas été initiés de bonne heure font dans la suite de vains efforts pour l'acquérir. » Bogl. La délicatesse convient mieux au madrigal, U finesse à l'épigramme. Tibulle est plus délicat que fin ; Ovide est plus fin que délicat. Térence est plus délicat que Molière; mais Molière est plus /in. — Le goût et tout ce qui s'y rapporte est proprement délicat^ car le goût est une manière de sentir; si on le qualifie de /in, c'est seulement quand il agit comme faculté de comprendre , quand il critique I ou analyse, quand il recherche les raisons des i impressions , et non quand il les reçoit et en tant qu'il les reçoit. « Saint-Ëvremond avait le goût très-/ir» , quand il trouvait ainsi la raison de la langueur de nos tragédies. » Volt.

Un autre trait distinctif , analogue au premier, c'est que la délicatesse regarde plutôt le com-

ment, le tour, l'expression, en un mot ce par quoi les choses frappent les sens; au lieu que là finesse a rapport au fond des choses, aux pensées, à ce qui est du ressort de l'esprit. « Les esprits fins sont ceux qui remarquent par la raison jusques aux moindres différences des choses; qui prévoient les effets qui dépendent des causes cachées, peu ordinaires et peu visibles. Mais les esprits mous sont extrêmement délicats pour les manières. » Mal. r Mme Dacier l'emportait beaucoup sur son mari par la finesse du goût et la dé^ licatesse du style. » Roll. «e Catherine appuya cette supposition de raisonnements si fins , et de tours si délicats, que toute la compagnie fut de son avis. » Volt.

La subtilité diffère de la délicatesse comme la finesse , dont elle est voisine. Mais elle se prend plus ordinairement en mauvaise part : c'est une finesse argutieuse, en quelque sorte, ou l'excès de la finesse. « La finesse de cet écrivain dégénère quelquefois en subtilité. » Acad. « Sénèque a de la finesse, et quelquefois même de la délicat tesse; mais sa finesse devient le plus souvent sub^ tilité, et, pour une fois qu'il est délicat, il est cent fois recherché. » Lab.

Abl les fripons, il tUinljSns et subtilt. Volt. c Fins et subtils détours. » Labr. « La science ne sert qu'à inventer finesses^ subtilités, artifices , et toutes choses ennemies d'innocence. » Charr. — D'ailleurs , le domaine de la subtilité est bien plus restreint que celui de la finesse: on peut montrer de la finesse dans tous les développements de l'esprit; on n'est guère subtil qu'en raisonnant La subtilité des dialecticiens (Volt.). c La plupart des distinctions de l'école ne sont que des subtilités, que de vaines subtilités. » Acad. Pascal reproche aux jésuites de « corrompre les expressions les plus canoniques par les malicieuses subtilités de leurs, équivoques. » « Les détours pernicieux et les subtilités de la procédure. » Fis. « A force de subtilités et de raisonnements, il en viendra souvent à autoriser ce qu'il condamnait d'une première vue. > BouRD. La subtilité en affaires consiste à bien calculer, à bien approprier les moyens aux fins, c'est-à-dire encore à raisonnei* habilement y ou plus souvent à chicaner.

2* Pénétration, sagacité^ perspicacité. Habileté à voir ou à concevoir.

La pénétration consiste à voir au fond. La «ogacité consiste à avoir bon nez; car ce mot a désigné d'abord en latin la finesse de l'odorat du chien. La perspicacité consiste à voir à travers, spicere per.

Ce qui distingue la. pénétration , c'est la profondeur et l'étendue , c'est qu'elle fait connaître les choses à fond et dans tous les sens. Ce mot se dit bien dans le grand , et on attribue de la péné^ tration à Dieu lui-même. « La pénétration de Dieu est infinie et rien n'échappe à sa connaissance. 9 BouRD. « Saint Augustin lisait les Grecs , et les lisait avec une entière pénétration. » Boss. « Il faut beaucoup de sagesse et 4e pénétration , même pour remarquer l'ordre et le dessin merveilleux de la structure du monde. » Fék. « Que servent les grandes lumières, l'étendue du génie ,

la pénétration profonde, si...? » Mass. « Le vulgaire suppose une étendue. d'esprit ipsodigieufle et un génie presque divin .dans ceux quii)nt.gouverné des empires. avec quelque succès. Ge u-eat point une pénétraiion supériauxe qui .fait Im hommes d'État, c'est leur oaraelère. « Volt. ■c.L-étendue et la justesse de l'esprit: du duc d'Oi^ léans , la grandeur de son génie etide ses vues, sa fiingulière pénéiraHon, » 5. S. < L'-abbé de Saint- Cyran avait fait admirer la pénétmiion de -son esprit et la profondeur de sa doctrine, a» :IUg.

Ge qui distingue la .aayadtt^, c'est qu'elle Jftit dépister ou sentir à la trace , c'est-Â^ire dàoou* vrir promptement, vivement, et par une «orte d'instinct presque infaillible. Ce mot -se dit'particuUèrement bien des animaux et des r^eniiants. a Cet instinct des animaux est une sagaMté et une dextérité admirable» non dans la béte qui ne raisonne pas , mais dans la sagesse qui la conduit. 3> FÊN. « L'enÊint lit très-bieadans la pensée du maître ; toute la sagacité qu'il eût employée , livré à lui-même , à pourvoir à la eoneervalion.de sa persomie , il remploie à sau^^er sa liberté naturelle des chaînes deison tyran. » J. J. a Les enfants ont une isagaciié singulière pour démêler à tmvefs toutes les singeries de la. décence les mauvaises imœuvs qu'elle couvre. » lo, « L*boaime,.par ses propres lumières,. 21e sonnait rien.au delà du présent : l'aveatr est pour lui un ablme-fermé. la .fo^neit^iki plus vive et la plus perça&te. '» Roll. k ^e taoufconneimit-il point ma MMMràllepassion ?.Iliest«l'uQe sagacité- que je redoute, «t un. amant malitraitéta^es jbsux d'Argus. » DSST.

Ge qui distingue .\sLpêrspi6asité,\xifesi qu!elle fait oonBftitre>'de».ehe8es>difficiles , etoela à forse dr'examen, de ràflexions , de eomparaisoDs.ic Je me suis toujours étonné qu'un homme d^autent d'esprit ,■ de psrsfHoocti^, d'application que GeUamare se, trompât si iourdement' dans ses conjectures et dans ce qu'il > croyait avoir .pénétfé. » S. B. a Beaumarchais avait' vu avec;frfrsp«oacit^ jce que le^ouvemcment et Ifespritpaiblic.rencourageaieot À hasarder. 9 Xah. *« On ne trouve point dans .est .ouvrage .octte .Ibroe de génie qui saisit tout un sujet ,. ni, -si j'ose me servir de cette expression , cette perfptsosiïi^.géoniètriqMe qui. le pénètre; on-^y Yoit,.<au oontcaire, quelque .chose de lâche, et, si j'ose le dire, d'efiëminé. s.Mon-

TESQ.

\U DÉilRE» Éfl«UlBliBNT,«0U£,'OBHEK<Q2, AIANIE; ^ 2''F0ftEUR,.IRAG£; — l3°rflRÂNÉ&i£. £tat anormal de l'esprit, état dsxis lequel uu esprit n'est pas maître de soi ou ne -se possède ^as.

Bans le délire, V égarement, Isk- folie, ia démence itt la tuante, c'est sous le rapport de .l'intelligence qu'on est hors de soi, c'est de.l! usage. de ses facultés mentales Qu'on est ipUs ou^nmins privé.. Mais dans la/tMrsMr-et la fxi^, c^t -son activité .qu*-on ce gouvecoetptois , c'est-de^sapuissance qu'-oase dispose pkis. ;Ce ijuLcBmctériae le premier^tat , ic'est.la déraison -y et , .te isseand , ia violence* a,Ona pjùè.d'ualbu; mais, qusadiia démence devient /u^eur ,>4)n le lie.-» Volt, a La foUeybsi .une .maladie.quiifimpêdte luiiiDJiiiDe .de

penseT'ftt d^gir comme, les autres.. ...61 le /bu est /•irràtsBfOnle lie. »ilD. «^La réponse fut qu'on ne pouvait se défaire .trop tôt des Sousqui portent k A)Wejusqu'à.lai/ttrsiir. •.S..6..a>*irev^gowmf«l, folie, éémeme'.eX manie annoncent qu'mi est boR de «eus, qu'on «a lecenscau analade; /Ttirsvr et rage- expriment d^oidiDaire un* grand 'xaouvomeot de colAre qui fait, qu'on .ne peut se contenir.

Quant à frénésie j il réunit les idées distindîves des deux tprèeédentas séries de mots : il signifie un état où on /a perdu le -sens et où on.De'CommaadeipIusÀ aesmoufements.

{• MéUre.,.égatemeut, — /Wie, d^mems/mo- ^ie.

lâ délire rst V égarement sont passagers. Gansés par quelque chose d'accidentel, comme .un transport ou une forte émotion , oe sont des «ecès , et non des maladies 'ohn>niques.'K Un moment de déHre , û*égaieemie»t. » Mjom. Un homme qui éprouve du éSélire ou de Uégarement n'est pas mis ^ en traitement A .l'hôpital des .fous, comme •s'il.était alAeint de /bl«e, de démence jou de manie.

Délire y du iattnuiMfrtis,'qni délire, mot qui a du oapport'avec.SkiDfEfv., dire des niaiseries, mat^ que proprement Télat d'un -malade ^qvi, dans l'ardeur de la. fièvre, b«t fta campagne. Végarement 4st le )trcHible .qui sVnsuit et qm se manifeste .principalement dans îles "regards «t sur le visage. Le dëHre est de rm:aitatioD ,*Vé§emaMeai du désordns. «Ibe délire deia fièvre.- > J^J,'^ Vé- ^arement des 'yeux. '» .Boss. Au délire s'attache .l'idée d'activité .ou d'une plus grande -astiritè : PboniBse en t délire > est dans P<agitatioQ. « Pour concevoir jusqu'oui mon d^Z»r«; allait, Il laiidrah connaîtfe .à .quel point mon «sur est sujet A is'jêcfaauffer <et avec /qvdte force 'il we pkmge dans l'imaginaiian de l'objet qui Itetttre. :» J. J. 'V égarement se .présente -plutôt (canmie>iine modification ou une impression .reçue : Vhomme égaré est comme frappé de vertige ou confondu. « Une taraante épeidue n'a pas besoin d'être ,parée»pouriattendTiren saJfavear.: son désordre, son -^faTsment «t .k pftleur .de son (risH^e, les ruisseaux de larmes qui AMlleot de* sas yaox sont les armes :de sa deulêur. s^lfAinr. c Prends ptti^ de ^égarement où :tu m'-as ijeté, a» J. J. — Une antne dliféreace bien importante, au figorè, caoeiste an^ee qued^Uire désigne l'état seul, ou Ixbq .que ^^oreaieat y:joint Iniàe de déféglement on d'éoait. Il n'y a «que de ia chaleur dons l&iWlite;X\ y A de.rerraor dans l/^fgafsaieal. Là, an n'est pas de .«sens «rassis , .la tète est échanfTée et L'imagiantion .en jeu; ici, on s'éloigne en bien, on:pèfliie contre lâisagesse soit par sa^faute. sait par malheur. «, Que devient tŒsone pendant k d^iire ide ^Phèdre^i» .Mabjc. « Dans CrébîIlMi. l'amour. de :Béminunis pour «on Als est'un^ar»- •ment odieux- jet indécent. j> Lah. • Ge qu'on considèr6<densie.tde^'ff»n<estrintansité; dans Végaretiwnt»' c'est .la diztctian.-uun^grand d^ltre est au .plus faaat .point; lun grand égarement est une .grande laber ration^ MB Oserai^-je ite dire un ééUrt de ma fièvre ?.Gonnats.etipiains VégaremmU d'esr prit>de ta Dmlëauiieusecamie.-i} J.;J. — DéUrc eftt;piirefflcatifaimAl,isi9aiiiBatif >saaleiaent de

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

TexereÂcé de la pen^àeet rectifia ia théorie; • f /;arefn€iit est nafeériel, moral, relatif à Ui pratique ou â la conduite. Le déUre fait le rêveur, le penseur înctthéreBtf inconséquent; il est- quelquefois absurde, k II ne put rien eemprendre à mes discours, illes prit pour «n tteI déUre. > cJ^ J. .« Quand. les idées sont -. danses , le doute rsecait , non un usage de • la r^son , mats un dé- Un. * Fin. c Les insensés même, dans leurs pkis -grands « d^tres ,' ne disent point tout eiiBMnble (bnnellement le oui et le nao.» Id. «Les opi- 'BîoQs de Platon ne paraissent qu'un délire. » CoND. Végarement fait le coupaUe ou l'infortunè , Thoflame qui se jette ou est jelé hors de la iLonne voie, Qui est extravagant. < Vous lisez Murait. Voyez comme il a fini , déplorez les égarements de cet homme sage. » J. J. « La prudence regarde comme un é^QrHMut la bienheureuse folie .de la croix. » Fbn. « On ne peut, sans égarement, cesser de croire Dkuibon.i» Id. c Faitesmoi -sentir de plus en plus, ô mon Dieu , la folie (et le déploiable d^afstitmt des jugements du *moode. »!lli5S. — «Enfin, le mot 'délire peut. se prendre en bonne>pert, janais celui d*é!^arraienl. a Ge 'n'est ^s ainsi i|ue l>âme s'échaufie et se .livre à ees transports sublimes .qui font le d^ltre ides, amants» et le boefeeuride leur passion.»!. J. <L On appelle enthousiamMM délire ou la passion véritable qui se communique d'un homme à Vautre , et quelquefois é. tout un penaple , lors- .qu'une ima^ation^exaiiée se rend maltresee des ^esprits. -» Marh. «l Le déUre poétique , un beau délire. 1» AcAD.

FoUe, démence et monts expriment des: mala- . dies de. Tesprit ou Faliénation mentale .

. Fùlie , quelle qu'en soit Fétymologie ,'est le mot ^én^al et conmun, celui du langage ordinaire. ^Déœnee, iatin «iemenlta , est, au contraire, un terme médical et légal , qui signifie , non pas à peu près ou hyperholiquement , mais positivement et à la rigueur, un dérangement de l'intellîgenoe , une maladie bien caractérisée. Folie se prend souTent dans une acception morale ou affaiblie poirr marquer simplement de l'imprudence, de la légèreté, de l'extraTagance. Mais démence se prend toujours dans le sens étroit, comme indiquant, non pas le peu de sagesse, mais la privation formelle de la raison. On interdit pour cause de démence (Acao.). a En Angleterre, on ne. peut pas plus punir l'homicide de soi-même -qu'on ne piiuit les effets de la démmicejm MotinsQ. « Une trop longue continence ipent causer de grands maux d'esprit ettde corps, .h'déenence et FépHepsle. » 3off. a Bn 1992, Charles Vr tombal tout à 'fait en éUmenee^ pour <nf avoir plus quo^des intervalles dezai8on.<» Coirn. 'KLes cas où on peut être- sauté.saas croire en Dieu ont lieu,. soit dans l'enfuiGe, soit dans la déMii<^, quand. l'esprit est incapable des opératieiK nécessaires r pour reooanAÎtre la dÎTinité. » >7. J. « Philippe de tfacédeàne employa, contre le . fiis d'AxaUis , non lea poisons ^ mortels , maisi ceux qai'fiint perdre .la 'raisonet qui jettent dans la démence. ^» Roxo.. — Au fi9ueé,.la<d^siefi«e est uae haute foHej le comble de la fôUe^ et une feiiettoujours fteh«iise.ouidépU»able. « Il regar-

dait comme la dernière démence de penser autreacnt. sS. S. « Toutes les guerres de- François I*' en Italie sont conduites avec d^eHce.» Volt. « La Ibéocratie a poussé la tyrannie aux plus horribles excès où la d^mejice humaine puisse parvenir. » Volt. « Si on avait dit à Gicéron que... , ne se serait-il pas tenu à cette' supposi • tion d*uoe démence absolue et d'une punition divine (infligée aux Français pendant la Révolution) 7 » Lab.

If anie , grec yayia , est , comme éUmence , un terme spécial : mais il annonce une privation de sens moins; absolue , une espèce de démence impar£ùte, intermiiteoie ou relative à un seul objet. <c Uue passion sans intervalle- est démence . et ritatde« dffmMee est pour Fâme un état de nort.*».BuFv. On ne saurait en dire autant de la «laiite. a Vii^jle «voue qu'il n'a entrepris VÉnéide que par une espèce 4e manie , pêne wtio mentis. » Boes. — Au figoré , le caractère propre de la-monte , o'est qu'elle «st bizarre , singuli^e , c'est qu'elle exprime un goilt ou une habitude risible pliitdt que grave et blÂraable.

Faut<41 d'en froid rimear dépeindre U«mwue? Bon- Jadi» ceriain bigot, d'ailleurs homne sensé, D'un mal assez bizarre- cul le cerveau bleasév S'imaginant sans cesse, en sa douce manie,. Des esprits bienheureux entendre l'harmonie. Id. La plaisante manié/ Dest.

La moitié des humains rit aux dépens^dc Vautra. Monsieur a sa manie, et vous avez la vôtre.... Xetridicule suit ses façons aingullères. b. « 6ophie aimait Télémaque. Sitôt que son père et sa mère connurent sa manie ^ ils en rirent. » J.J. c La pauvre: maman n'avait point perduson ancienne fantaisie d'entreprises et de systèmes.... Le progrès des ans ne faisait qu'augmenter en elle cette trume. » Id. « Une de mes chances était d'avoir toujours dans mes liaisons des femmes auteurs.... Mme de Luxembourg ne ftit pourtant jamais Atteinte de cette même, » In. « L'ambition était irritée par l'étrange mante de ce tepms-là : chacun avait quelque prédiction qm lui promettait l'empire.v Mohtssq. — La folie est un défaut, et à plus forte raison la démènes; la 'maate- est un travers.

2» Fureur, roflfe.

La fureur est moins forte que la rage, a Voilà ce qui me jetait dans des accès de^ fureur et de rage, » J. J. « Ils avaient conçu une haine qui allait jusqu'à la fureur et à la rage. » Roll. « Il a été abandonné à la /tireur et à la rage de ses ennemis. » Mol.

On lit dans ses regards isa^^reur et sa rage, Bio. 7e ne suis plus A 'moi, je suis tout A la rage. Trahi de tous côtés , mis dans un triste état , • '11 faut que mon amour se venge avec éclat, ' Qu'ici j'immole tout à xba. fureur extrême. Moi..

.D'autre part , la fwreiar se développe «ans doute, puisque c'est un mouvement; mais elle peut ne pas porter, au moins actuellement , contre tm objet , au lieu que la ruge est toujours agressive, appliquée à mordre ce à quoi elle s'attache, a La fureur du tigre n'a d'autres intervalles que ceux du temps qu'il laat pour dresser des.embûobes; il saisit et déehire une nouvelle proie avec la même -ragfe qu'il -yieiit d'exercer en

BEUIIÊME PARTIE

dévorant la première. » Boff. « Ulysse est sem- ; blable à un rocher, qui, sur le sommet d'une montagne , se joue de la fureur des vents et laisse épuiser leur rage, pendant qu'il demeure immobile. » ¥Ès. c Vous aimez avec fureur, vous êtes jaloux avec rage. » Làr. K

La rage est une fureur obstinée , tenace , pleine d'animosité , qui ne démord point. La fureur frappe, la rage s'acharne. < Il ameute les paroisses après moi, il me poursuit avec un acharnement qui tient de la rage. » J. J.

3« Frénésie,

LtL frénésie, çpivïîaiç, est tout à la fois fureur et folie , la perte de Tempire sur soi-même , sur ses mouvements , en même temps que la privation de Tusage du sens. Les animaux sont suscepr tibles de fureur et de rage , mais non pas de frénésie, pas plus que de folie, parce qu'ils sont irraisonnables, a Ce n'était plus ce sage Télémaque instruit par Minerve; c'était un frénétique ou un lion furieux. > Fén. D'un autre côté, il n'y a pas non plus frénésie dans le délire ou la folie tranquille , qui ne s'emporte point. A la violence la frénésie joint l'irréflexion et l'aveuglement. « Fureur de remuer , frénésie d'ambitio0. » Volt. « Louis XIV vit dans son enfance toutes les folies et toutes les fureurs de la Fronde.... On ne rechercha pas les corps du royaume qui commirent des excès dans ces temps de frénésie. » In.

!• DÉLIVRER, AFFRANCHIR; — 2» DÉBAR- RASSER , DÉGAGER , DÉPÊTRER ; — 3<* DÉFAIRE. Oter à quelqu'un quelque chose qui l'empêche, faire en sorte qu'il devienne maître de lui-même et de ses mouvements.

1" Délivrer, affranchir.

Délivrer et affranchir supposent un empêchement considérable , car il consiste dans la privation totale de la liberté : on délivre et on affranchit des hommes qui sont au pouvoir d'autres hommes , et en les délivrant ou en les affranchissant on les rend à eux-mêmes.

Délivrer , c'est mettre en liberté , en latin liberare; affranchir , faire franc , c'est établir dans l'état des Francs , peuple qui n'était pas esclave

I . On dit, aimer k \k folie, à Isi/ureur, i la rage, c*e8l-à-dire beaucoup. Mais ih, folie marque la manière ; à \^ fureur et à la rage expriment le degré ou l'intensité. Qui aime i \^ folie est fou d'amour, en perd l'esprit, aime d'un amour aveugle et quelquefois riaible. oc Savez-vous que ces huguenots m'aiment i \dL folie , et que si j'étais parmi eux j'en ferais ce que je voudrais? » Volt. « Je n'étais amoureux qne par la têle, quoique je le fusse à la, folie, et que mes transports donnassent des scènes k pftmcr de rire. » J. J. Qui aime à \ii fureur ou i la rage aime ardemment, violemment, d'un amour extrême ; avec cette différence , qu'aimer k la rage renchérit encore sur aimer i la fureur. De plus, à la rage suppose de la ténacité, de racharnement. k Malgré vos défauts, je vous aime à la r<ige. 9 Dest. c Je vais trouver ma vieille maîtresse, afin d'achever de la dégoûter de moi et de la déterminer à rompre nos engagements. J'aurai bien de la peine à l'y résoudre; car elle m'aime à la rage. » Id. A la rt^ dénote même une sorte de persécution , comme on le voit par ce dernier exemple. Aussi dit- on être jaloux k la rage IVour.), et haïr à la rap« (kw).

ou en servitude. A parler rigoureusement, <m délivre des prisonniers, on ctffranchit des esclaves. « Le lendemain, les esclaves sont affranchis et les prisonniers délivrés, » Roll.

On délivre de tout ce qui nuit à la liberté naturelle, d'une entrave, d'un fardeau, d'une guerre, d'un travail, d'une peine, d'un procès, d'un péril, des mains ou d'entre les mains de quelqu'un. Délivrer une ville de la peste (Acad.}> une &me du purgatoire (Acad.). « Mon Dieu, délivrex-moi d'un si grand maL > Boss. « Les ennemis sont poussés partout; Oodejiarde est déUvrée de leurs mains. > lo.

Je veux encore un coup te déUvrer de soin. Lat. Un renard blessé étant dévoré par des mouches ,

Un hérisson do voisinage Voulut le délivrer de Timportunité

Dn peuple plein d'avidité. IJlt.

Ta fourbe k cet enfant , trattre , sera foneale. D'un fantôme odieux, soldais, déUvresrmoV.

(Alhalie.) Rac.

« Me voilà délivrée d'un grand fordeau ! > Mol. « On souhaite sans cesse de se délivrer de ses misères. » Mal. « L'enfant en prison se plaint, il gémit ; un domestique se présente . le muxîn le prie de le délivrer. » J. J. « J'ai appris à me délivrer des esquinancies lorsqu'elles commencent, en mettant les pieds dans l'eau chaude. > Id. — Mais on affranchit de ce qui nuit à la liberté morale ou civile , de ce qui soumet un homme à la volonté d'un autre , de la servitude , de la tyrannie, du joug, d'une sujétion, d'une redevance, d'un tribut. « Dieu affranchit son peuple de la tyrannie des Egyptiens. » Boss. « Le doute où vous laisse la violence et l'empire de vos passions , de pouvoir jamais vous affranchir de leur servitude et de leur infamie. » Mass. k H n'y avait ^ue les magistratures curules qui affnmchissaient les chents de la dépendance de leurs patrons. 9 Roll.

Affranchi^ son esprit de Pempire des sens. Regr.

Quand Luther et Oadvin

Vinrent du célibat affranchir la prêtrise. Boiu

Si j'étais cet ami, )^ajfvanchirais mon âme

Des injustes liens de l'objet qui l'enilAmme.

Laf.

On affranchit Néron de la foi conjugale. Rac.

Tu voudras \^affranchir du joug de mes bienfaiu.

lo.

Quel (rein pourrait d'un peuple arrêter la licence.

Quand les dieux, nous livrant à son zèle indiscret,

Vaffranchitsent d'un joug qu'il portait i regrei? (Agamemuon.) Id.

« Notre père Jacob vous a réclamé. Seigneur,

, et vous l'avez délivré lui et sa famille des mains

, de son beau-père Laban et de son frère Ésaû....

Nos pères les Israélites ont pous&é leurs cris vers

; vous , et vous les avez affranchis du joug de fer

. des égyptiens et de la tyrannie de Pharaon. »

Boss. « Les Juifs étaient dans la fausse idée que

I le Sauveur devait seulement venir pour les déli-

I vrer de leurs misères temporelles , et pour les

affranchir de la domination des Romains. 9 Bouan-

c C'est ce qui fait dire à saint Paul : Qui m'en

délivrera (du corps) ? qui m*affranchira de sa

tyrannie? > Boss. « Si ^infidèle en aime un

autre, quel mal lui fais-je en la délivrant de

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

moîT... En yioUnt ses engagements elle m'a/*- i franchit des miens, b 1. J.

Les maladies, les importuns et les curieux nous arrêtent, nous retiennent, ne nous permettent pas d'agir ou d'aller à notre gré; nous nous en délivrons. Le cérémonial , les liens de la reconnaissance ou ceux du mariage , les passions, les intérêts, nous asservissent; nous nous en affranchiuoM. On déliûre d'un obstacle ou d'un mai; on affranchie d'une dépendance ou d'une obligation. On délitre un pays d'ennemis ou d'animaux malfaisants; on affranchit une terre d'une charge ou d'une servitude dont elle est grevée. La fausse politique ne nous délivre d'un danger qu'en nous jetant dans un autre ; La grandeur v^affranchii de quelques devoirs que pour en imposer de plus asservissants.

L'action de délvcrer se fait de toutes les manières et par toutes sortes de moyens; celle d'à/*franchir demande un acte moral d'autorité ou de puissance. L'esclave que vous délivrex n'est pas à vous, et pour le délivrer vous l'enlevez ou vous le rachetez ; l'esclave que vous qffranchissex est à vous, et pour Vaffranohir vous renoncez juridiquement à votre droit sur lui. La mort nous délivre des maux de ce monde ; la raison nous affranchit de tout assujettissement aux sens, de tout attachement crimineL

2* Débarrasser, dégager, dépêtrer.

Débarrasser^ dégager et dépêtrer annoncent un médiocre empêchement, lequel ne va qu'à gêner, à incommoder, à contrarier.

tf ais d'abord , pour ce qui concerne débarrasser et dégager , débarrasser fait penser aux embarras qu'on enlève, qu'on écarte, et dégager se rapporte à la personne qu'on retire de l'endroit où ejle était engagée ou prise. Un homme se débarrasse d'un vêtement; une substance se dégage sous forme de vapeur. — Ensuite , la chose dont ou débarrasse embarrasse, encombre, obstrué ou pèse; au lieu que celle dont on dégage engage, enlace, attache. Donc on débarrasse d'un obstacle ou d'un rival , et on dégage d'un piège. Pareilleinent, au figuré, on se débarrasse d'un fardeau, d'un doute, et on se dégage d'une chaîne , d'une obligation , d*ane promesse. Dans le Jfarto^e forcé, Sganarelle se dit à lui-même : a Me voilà tout à fait dégoûté de mon mariage ; et je crois que je ne ferai pas mal de m'aller dégager de ma parole.... Tâchons adroitement de nous débarrasser de cette affaire. » Mol. On débarrasse l'esprit d'une idée qui l'offusque; on dégage ^'âme de ses engagements , des liens qui rattachent au monde.

Dépêtrer^ tirer des pierres [de petra) ou d'un bourbier, se dit familièrement; ce qui suffit pour le distinguer de ses synonymes débarrasser et dégager. « Se dépêtrer d'un accoutrement » Volt. « Don Quichotte, tombé, se dépêtra de tout ce qui L'empêchait de se relever. » Les. Mon mari, dis-je, est toujours avec moi.... Je ne me puis dépêtrer de cet homme, Sinon la nuit , pendant son premier somme. Lav. « Nous faisons nos efforts pour dépêtrer mon fils d'un engagement (avec Ninon) si dangereux. » Sâv.

$• Défaire.

Défaire signifie délivrer ou débarrasser par la destruction de ce qui empêche. On défait quelqu'un d'une personne en la tuant. « Garinus fut tué.... Ainsi l'empire fut défait du plus violent et du plus perdu de tous les hommes. » Boss. « Quoi I un animal féroce a sucé le sang de mes proches; je vous dis de vous défaire de cette bête , et vous me demandez ce qu'on mettra à sa place 1 » Volt. Un seigneur, appelé par un jardinier, pour qu'il le délivre d'un lièvre, lui dit:

Je vous en déferai. Lav.

Vous défaites aussi quelqu'un de ses mauvaises habitudes que vous anéantissez, que vous faites disparaître. « Il n'y a que le temps qui puisse défaire les Français des idées romanesques. • Volt. « Vous m'avez défait des préjugés «de mon éducation. » Les. « On fait réciter par cœur et déclamer aux demoiselles de Saint-Cyr les plus beaux endroits des meilleurs poètes; et cela leur sert surtout à les défaire de quantité de mauvaises prononciations qu'elles pourraient avoir apportées de leurs provinces. » Rag.

DEMANDE, QUESTION, PROBLÈME. PropositioQ interrogative , ce qu'on dit à quelq#un pour apprendre de lui quelque chose qu'on veut savoir.

Demande , quoique dérivé du latin demandare^ qui n'a point du tout le même sens , est un mot du langage commun. Âu contraire, question, latin qnœsiio, et problème, grec fi^6€h\\ux, sont des termes de science.

Demande est familier, convient dans la conversation , dans les lettres , ou suppose que ce qu'on veut savoir est simple, que la personne interrogée peut y satisfaire aisément, en peu de mots , par un court récit , souvent même par un oui ou un non. « Je ne puis à présent, ma fille, accuser toutes vos lettres par dates, non plus que vous répondre sur toutes vos demandes. » Boss. a La dernière lettre que je vous ai écrite a répondu à toutes les demandes que vous me faites. 9 FÂN. « Ulysse demande à Eumée des nouvelles de sa mère , de Lairte , son père , et sa propre histoire; Eumée satisfit à toutes ses demandes. » In. a Si un étranger avait demandé dans Athènes, quel est votre meilleur acteur pour les amoureux , on n'aurait pas même compris le sens d'une telle demande. » Volt. « Le catéchisme ne sera bon que quand, sur les seules demandes, l'enfant fera lui-même les réponses sans les apprendre. » J> J. « A qui avezvous écrit? — Pourquoi cette demande? » Mol. Le soldat, qui était en sentinelle près du tombeau dans lequel s'était enfermée la matrone d'Ephèse, entend ses clameurs.

1) entre , est étonné , demande i cette femme Pourquoi ces cris, pourquoi ces pleurs , Pourquoi celte irisle musique ,

Pourquoi cetle maison noire et mélancolique.

Occupée à ses pleurs , à peine elle entendit Toutes ces demandes frivoles. Laf.

«c Présentement, ce sont des particuliers qui viennent demander à l'oracle s'ils se marieront, s'ils achèteront un esclave, s'ils réiusiront dans

ÂDfiCXIMEiPAmiE

le trafic; et, lorsque les villes y enrount, «'est tponr ssToir^i Icuns terres seront fertiles ou si Jeurs troupeaux multiplieront. 'Ges dtmanfdêS'Àk (ne Talent pas) la peine qu'on y réponde en -^rs.- > iFoMT. «eSi Jésus-Qbrist nous faisait aQJottrd'hni'la nnéme demonde qu'il fit à saint Tiepre : Wû- «mes^vans^ ponrrionsJ4Wus lui T^entdre : £)ni , Seigneur, je vousaime.DiBovnn. a'Faisens'eeu- >40mcnt --oatCe' dwmnde Àmo6>ad?ersaires^ : ce "pnè- «epte , *Mang9X ceci , '4t buvôf-mi -tous , eomtpread^Mes petit&eiifantsbaptiaés?» Boas.

Question est de tous les styles et suppose- qœlqvce ohose de plus sérieux , de plus oompliqué , 'de^ptus'embamssant, d6s»explioations à donner, tles points à discuter, des diffieultés é éclaircir. « Uimeviant é. Fesprit des-gtiet^iaiw, des objections, des raisonnements où je ine perds et que je ne. pois. démêler.*» Bouan. « Les pbari- *-s»Qs, reconnaissant en ^us^Christ^ime àocitrine' supérieure, lurent bien aises d'apprendre isa résolution >sur la plus importante quêitwn qu^on pût faire snriia toi.» Bess. «« ll-ne*a'agit fipointiJde ces çtia^lionc abstraites où pent' quelquefois se méprendre. rintelligeBee la phis«exerinéç, mais d'objetsA la portée de tous les^kMimmes :un peu instruits. A quoi sert d^c ^esprit, vat*«n dite (et xsette demande n^est* point du tout déplacée), s'il n'empêche pas un homme tel «que Fontenelle de dire trois «otiise8>eni trois lignes ? » Lah . he «nouvelliste , Thomme qui ' f eut isimplement «airoir un nom, obtenir une indioa- .Mon. , fait de» demandes; te philosophe ,• Fbomme curieux de s'instruire, de ee 'rendre- compte des ivboses, d'en connaître te pourquoi et ke eom- 'ment , foit des 'qiêettions,

i 'PrMème , usité d'abord «i mathématiques, s'applique à 'quelque chose • de^ plus «difficite* encore. « Gemme «'il s'agissait 'd'un -prelbnd*froeèlihise-è résoudre. » J. J. «tliO géomètre trewe ' jtisque dans ses songes la 'résolution d^n pmo- Uème dont 'il aurait été occupé durant tout le jour. ■» 'fîoes. » C'est un 'fameux proMème tjui a 'été^ouYcnt agité dans les écolesdes philosopires , 'lequel est le plus désirable à l'homme eu -de *viyre jusqu'à Feitréme willesse, ou -d'être -promptoment délirté des misères de oette^ie. » 'In.'» Ge serait un frMème à résoudre qued'exa- •miner combien l'impression u contribué au pro- 'Iprès'des lettres et des «oienees^-et ^combien elle y peut • nui re . » Ducl . — Ensuite. , le prebUme est -pliTs théorique , -plus scolastique, il appartient davantage à la science pure. « Dans un quart 'd'heure, il décida trois quet(ton< de morale -^t quatre yrohlèmts historiques. » Mouteso. '«X'existenœ de Bieu et l'immoTtalité de l'âme 'étaient devenues des yrohlèmes^ qui , de part et d'autre , n'étaient destinés qu'à amuser le loisir des écoles et 'la vanité des sophistes; ides çue^fton« otseisses où l'on ne «'intéressait pas pour le fond de la vérité, mais* seulement pour la gloire vde l'avoir emporté. » Hass. — Troblème a fini par signifier une question indécise, oÂhuc sub judice , sur laquelle les avis sont et peuvent être 'difi'érents , praM^mottquee. « Si- cette femme fait mal ou bien de consentir à un tel hymen , c'est -ua-fréblème; tes «viB«8o&t^di#éreiit6.-» Dvbbff.

« L'étequeue aeil^aUe im «art qne .l'on doive enseigner? Ce fut un problème cbezies anciens. s aftAHK. «X'est «Musoce .un «|»robiéiiie mi Mme àe -ilfiaiatenenïétait mariée^» 6. &. AXVest nuproblême À fésoudte.>si ilimede MainteBon.iie passa pee mteaz «que teot te cooseil.^ Yo&t. '« Getie 9iiesl«on-e6t-iu:Tmi fwobiée»*.^» AoâD. — Il est à renaarquer auesiifue- problème est objectif : ol fait- une éemande ou une queitionpcaaaa fait pu, •on' prepeee «n ^^Uème .

«nfjumm , (QrasTfomœB, nmmocnDi

On 'ûememde, «on fuaiietme et en ^urroge, 'pour «avoir.

r Quant <au <8enB,'dMiiiiufcr'est im mot gue ne - dietîaggue -avran «teeessoire. !!«»• grammatioalementil^'a cela éetont àfaîl flatBctèTis;liqiie . qu'il veut tonjoursà 8a-«uite un complément exprimant la chose qu'en déaire savoir, au liée qiie'^fiies(toi»n«r>6t interroger e^^nploient ïm d'une ^manière absolue. Ateus'ue demoiùlrjr pas simplement, <¥oas demffi^jrteRe-ou Idte chose: mais ' vous 'foorezerfoir la^mante àequesHoftner "Wi^Winêerroger «ans^^eesae. ^ De jardinier me qnesHmmait de l'air d'un %emmie'e&r àe me ;prenâre*en fattte. Il metiemofùto mue fbiseequ'i! ■ynrait'de remarquflbte au^Harché-Neilf. « ). J. « ll-m^aecoste , «e* sahie , me demande si je sais la musique, "fè répends ,'vn 'peu. 'Il 'oontiime i me questiormer.-» lo. ^'interrogeons le 0ûlosophe^mi 'milieu de ses méditations et àe ses livres.... Après trente uns ,' tous me idemanderûx en vain pourquoi- une pierre^tombe. -» D^âL. « Ce »n^t*pas'àiieus'à imlerroger Dteu^t à hii de- -manlder poiroqtioi !1 'l&it Axron grsnd -pontife immédiatement aprèsqu'il 'a jeté lereau d'or en 'fonte ^t qull'l'a feit ladorer. ■> *Voi.t. "Et quasd queytrofmer et tftterrosferpTeiinentTm régime, v-eelui-'ci signi§e,'non'pas'hL chose 'à apprendre. 'mais la persotme à tequeUe on stresse pour b •savoir.** filtewfètaiftont'teTnonde, demandaRi ee qu'avait dit te médecin ;xeuz qu*eile qvesiisfi- "nait ne lui répondaient lien ijue der favorable. >

'QttetfimMwr, fermé du' mot français qt^estion, 'en'latin9iia5*«o,'de'qtt«r«fe, chercher, appartient-au langage ordicaire, et marque spécialement *un esprit de curiosité. « Il est «ans curiosité , 'jamais ilne quesltonfie. v Boncr r . « Si "Èmik vous ^weUfonne lub-même, 'répondez 4ui auUoi qu'il fan t' pour liourrir sa curiosité, a» J. J. cSur tes grands chemins et dans les rues des villes. les Gmilois aniêtent les voyageurs , et surtout tes^morcbands; ils tes questionnent au sujet des pays d'où ils viennent, et les forcent de leur répondre. *• BttLL . > « Le - comte d^Angers ne reneos- 'trait -personne dans 'son chemin qu'il ne questionnât aur 'sa princesse; mais il n'en put apprendre 'aucune nouveite. v Les. «c Ces canlicrs s^prochèrent demoi, et commencèrent à me ^questionner, "Je leur avouai qui j'étais et où j'allais.-» ID. -^^Intetroger , -pris immédiatement du latin 'irRtrrro^are , a plus de noblesse, se dit seul au "figuré, et convient surtout en parlant de l^ction d'un«upérieur ,-d'un juge, d^un maitze. d'un -père. « Be vtjuèl droit ^enez-'veia m'interroger? Suis-je nne criminelle? £tea-vous mou

SYNONYMfiS A BMIGAUX DIVERS.

uge ? s Vcia, c Quand .tqb 'supérieuro >voa8 <nitrrogent , TOUS n'avax qa'àileuridife^Yec.iogéuiité ce que ieous pensez.»» Fin. .« M. do Meaux reuti^aorer. cela .pour ayoir un prétexte ds«md 7tce«ttofuur.... Mais lui, se. laisserait-il iiaenr^§r«tuonme .un coupable ou. comme .un homne «suspect . sur tout ce qu^'il psuse de eas . Iîyms ?»> Jn. oc. Ils 'VMit.se.reDdre.il la redoutable .prairie, au CEaens les attend pour les interroyer. » Lus. K. Le, prêtre .qui £00h£esBa l?abké iTerraesen-iiBas sa dernière maladie, et q}n Xintem^gêaU sur las péchés qa'ii ayait -pu coBunettre , ne tisa^pas de lui d'autie x^poDie :.:JDemandtf «d MUe .£tt-

.DraiOeuxs, quoique .qumtionuer (qvêereny chercher) ;n!exige,pas<à sa suite , comme denutnlier ^ Vindication de la cbose .qulon ebercbe à coDziàttie, c'est. néanmoins cette càose qui est l'objet direct de ractâm ;.aaooniBaife , imtefrqgêr^ a souvent .pour.but de .coonaltce ia personne .même .qu'on ./ait ^parler. On ^si^tonne un passant, un»Toisin, en lui jdamandaatv des nouvelles; on interroge une. personne, pour découTrir quelle elle est , .coupable ou innocente, ignorante- ou instruite, inepte: ou capable. « Interroger un candidat,. un. récipiendaire.» Agad. «' On choisît les domastJQues jeunes,. AI. de Wolmax les tnterroge, les examine , puis lies présente :à«i lamme. » J. J. !<> .BÈHBSCÙ, îmOUfE; — S* .EXCESSIF , nOIOOÈBE, ODOttÉ; — .8* ÎBXaBBIBélVT , IIONSTRUEUX. Trop grand.

Démemtré et^tfsome.^aontTelatîfiBÀ la ,quantité, et.mgnifient tiop étendu ;ou trop gros. i£reetttf, inmudérë et ouPré «ont relatifs. à .l'intfinsité, et signifient trop fort. Un bomme est déwuÊuré ou énorme par.sa ctatuie.ou sa.corpulance,- Q est êieetsifj .immodéfé^ ouiré i par la maniiAre dont son àme se éévélappe , ee manifeste ou ji^it. On dit un ours d'une. grandeur d^sw- 9urée (YocT.) , ^et un sanglier d'une grandeur énorme (Fis.); mais on,dit une chaleur «reesfiv^ (Féir. , BoFF.) ou tmmed^^ (âcadO) un soin oiflr^ (Bouio.). — fie même, . au. figuré, TenTie d'anroir et l/ambition -se qualifient de . démeturées , parce qu'elles veulent toujom s'étendre ou ajouter à ce qu'elles ont ; mais on«ppelle exeeuwe» les affections de <l»ftme trop mes ou trop ardentes. « Les injustices où : nous engagent une envie déwieswrée d'avoir et un attachement <ea;- CMnYjaux.bisns.de la vîe.A.BoiTan.

BMffbiiafU st -fnofts^tteufl; expriment tout xe qu!2l y a 4ie plusdémtsur^ et de plus exastif. A" Mmesufé, énorme,

.Démuuré^ hùTS de .meswiv ou sans memre, .presque immense, ne regarde que. la dsinsime» , iaJangueor , la largeur 0U «la > hauteur. « On reisannalt .en jner Jes . oiseaux, appelés . frégates  la 'longutar déinsfur^e. de leurs ailes. «s. Buts. ««Les lièvres ont l'oreille d'une grandeur âémesurëe flelativement à celle de leur .corps. -vin. a Télémaque reconnaissait combien il était injuste et déraisonnable dans ses emportements :.il trouvait Je ne sais quoi de Tain, de Êtibleet de;basduis cette hauteur démesurée.» Fin, -^t LIambitioa est une. passion démesurée de se pousser et de:s!éle- >ver.«£ooRD.-nÉiierme, qui s!éoarteidal!é9Mnje,

de la règle ou .du jnod41e, nerma, se rapporte plutôt à la circonférence et au volume. « Une tête d'uQe»greaseur' énorme. ».FiN..c. D'énormes sechers. «» .In. « J^s pyramides, .ces masses énormes de bâtiments. » Roll.>c Un éMrmebloc de granit.» Aqad. «vU ast'iAMfm^mefUvgroa.:»

.AliAD.

.D'alUeuBs , ^nerme remporte par hû-smtee l'idée d'irrégularité, de difiormité, ce qui est surtout sensible au :figaxé, où œtte '^ithète a^applique A des .choses assentielleaient mauvaises, :à .des ^crimes (Aoin.), lA des lautes (iVoLTi), à des ' défauts .(Bo>PF.), A des sottises (Vo&T. , .Ion.) ,. A des abus (Bodrd.) , A la .laideur (AcAu.); une énorme disproportion (Volt.); une dnofvie .«xtiaisagaase (InO; vm luxe, un légarement lénorme ^oss.); une .injustice Paonne (FiHi). «U est iinposBible.qa'A la vue de la crèche neits ^soutenions l'^iiofiMe > contradiction qui se trouve entre œt Ofgueil du inonde et notre fel. » .BooBDi— Auoentsaire, ddmesur^se.ditJde .choses bcuaesouiadifféreales.faTeUiesrmâmes, l'ambition (Mass.), la curiosité (Boss,), une -envie (BousD.) , les louanges (Yauv.). wJiinerve aliène les I esprits des .poursuiiants , et leur inspire une envie idtfiMnifve'de .nre^o» .Fbn. «. Oes* étoîk^ , .si démeswféu .dans lour gnandeur, . ae uoas pacaieseat . néanmoins que « comme 4«S(.étiao^es. » Làbr. « J'ai une passion d^meaur^ :de 4Xinnattre tous les anciens .chemins 'gui' étaient udu-tomps des Romains. s.Hohtboq.

..2* Excessif, im/moAéré,. outré.

. Ssceessif peut nonvenir à quelque > chMe :qui provient • de . la nature comme . à . ce qui .provient de la liberté : un froid excessif, une cbideiir excessive, .«.Il fallait que. le froid fût bien excessif, puisque les deux ennemis furent contraints de s'accorder une suspension d'armes. » Volt. « La diaieur eaeessiee causa A iTbaiès une altération si Tiolente qu'il mourut subitement. » FiN. De plua, ce .mot a rapport A Vefiet du défont, qui est de nuire. « Les iqualités eœusiives nous sont ennemies, et non pas sensibles. » Fisc, c tiab tmmod^^.etotilr^ serrent* exclusivement à ipzalifier l'homme et oe qui provient de Vhomme, et .c'est sur lia jcanse .qu!ils appellent tonte l'attention. La chaleur excettvve lest la. chaleur dévorante ou accablante de . la « température ; la chaleur.iiiisiod^rëe.(AGAi>«) est l'ardeur d'un homme •passionné qui ae sait .pas se contenir. Leê louanges exeesti'^es^saat dango^^^Mes;. telles sont celles que Galypso donne .à Télémaqne (Mr.). Les louanges otilr^ ou \ immodérées sont ' d^un flatteur : «Les lâches flattenra, ces nnnÉanrs ostrtff....» Rkos. «On doit ^souffrir lestéloges immeiérét qu'oUiprod^^A Louis XlY.,d» <VoikT. JmiaeM-^ .marque de l'intempénanoe .: idésir (Paso. , Fbn.). appétit: (Boa5.,:Buf p.) ,fris.(LàM., Reon.)i trasail (.ItotfissQ,) loimodtffièb; usage timmoééfé du vin (J. J.) > des .plaisirs (Bokf.); joie (illAse. , LAaa.) , .crainte (Bouan.) ûnmodétée. i)ulr^annoDee'de.raaagéntion ou de l'affeciation :'iadmirataur ,eu$ré ,(BoiL.) , admiration t om- 4rée (J4AB.); .Alezandse était ioufr^ iiaas.son Jiéroiame (Fâi^.>; .modestie ou^e (Labr.) ; dé- TOte outrée , ( J. J*)-, 4aaaqg«B . J^ypechoUiuas et

ws

outréet (Id.}; maximes outrées (Boss., J. J. , CûND.), « JuTénal est souvent outré ^ mais quelquefois peintre. « Lab. — On est immodéré dans ses passions, dans la manière dont on les satisfait, ou bien dans la manière dont on traite les gens : des peines immodérées (Uontvsq.). On est outré dans ce qu'on dit , dans ce qu*on exprime, dans ce qu'on avance, ou dans la manière dont on se montre.

3* Exorbitant , monstrueux.

La chose exorbitante est extraordinaire, incroyable , comme le serait la déviation d'une planète : demandes (Labr., S. S.), propositions (Rac), prétentions (d'Ag.)) dépenses (Volt.) exorbitantes.

Vingt mille écus ! Le legs serait exorbitant. Rbgh. Ce qui est monstrueux étant contraire aux lois de la nature inspire de l'horreur ou de Teffroi : on ne peut rien concevoir de plus monstrueux que la trahison de Judas (Bourd.).

DEMEURER, RESTER. Continuer à être, à se tenir quelque temps dans un certain lieu ou dans un certain état.

Demeurer est absolu ; rester^ relatif. C'est ce que Girard exprime de la manière suivante : « Demeurer ne présente que cette idée simple et générale de ne pas quitter le lieu où Ton est, et rester a de plus une idée accessoire de laisser aller les autres. »

Demeurer , c'est avoir sa demeure , son domicile en quelque lieu, sans rapport à qui que ce soit et à quoi que ce soit; rester, c'est être encore quelque part après que d'autres s'en sont allés. Qui demeure ne bouge pas, ne quitte pas la place*

Où tend Masearille i cette heure? Que fait-Il? revient-il? va-t-U? ou s'il demeuré?

Mol.

Oui, j'aime à demeurer dans ces paisibles lieux.

lo.

1 Dormez votre sommeil (dans la tombe), riches de la terre, et demeurex dans votre poussière. » Bos8. Qui reste ne bouge pas, ne quitte pas la place, mais en opposition à d'autres personnes qui s'en vont, c La compagnie s'en alla, et je restai, v Acad. « Ceux qui meurent et ceux qui restent. > Labr. « Ce serait une chose bien ridi cule, répondit Diogène, qu'Agésilaûs et Epa minondas restassent dans la boue, pendant que vos initiés, qui sont des malheureux, habiteraient des îles fortunées. > FiN. « Je voyais s'éloigner de moi tous mes amis.... Diderot, qui se vantait de me rester, de me rester seul, ne venait point. » J« J. Un historien dira d'une manière absolue , en parlant d'une défaite : Quatre mille hommes demeurèrent sur la place ; et d'une manière relative : Dix mille hommes revinrent du combat , il y eut tant de blessés , et quatre mille hommes restèrent sur la place. On est seul avec une personne qui veut s'en aller : Demeure , lui dit-on , je veux te conter quelque chose; mais on lui dira reste, si elle est avec d'autres qui se retirent. Dans Tancrède , Argire dit à Aménaîde « Demeure. » Elle répond : s Moi , rester! » et ajoute aussitôt : « Je vous suis au combat, s -^ Quelquefois, rester se rapporte à on autre lieu

où on pourrait ou devrait être, ou bien encore { une cause de départ et d'éloignement à lac^eîi on a résisté. « On l'attendait à Paris , mais ii es resté à Lyon. » Acad. « On voudrait le faine recJ voyer, mais il reste en dépit des envieux. « Acai>I Demeurer à son poste , c'est ne point le quitter j s'y tenir ferme, immobile; y reOer, c'est nà point le quitter lorsque d'autres le quittent . g4 bien lorsqu'on pourrait ou devrait aller aîllears^ ou bien malgré les efforts qui sont faits pour notia en arracher. — Quand il s'agit, non pas d'un in* dividu ou d'individus qu'on peut comparer avd d'autres , mais d'un tout qui a difféientes parties rester se dit d'une partie relativement à d'autrei ou aux autres. < Quand j'ai voulu prendre oei outil, le manche m'est rest^ dans la main. «^ Acad. La voiture demeura au milieu du chemin sans pouvoir avancer , et lorsqu'on l'eut retirée, l'une des roues resta dans l'ornière.

Etant absolu, demeurer indique une plus longue durée, une continuité plus constante : c'est rester à demeure. « Le Messie , disaient les Juifs charnels . demeure éternellement , et celui - ci dit qu'il mourra. > Pasc. « Ce qui est écrit dans les cœurs demeure toujours. » J. J. « Ces deux envois ont demeuré très-longtemps en route. » lo. Mais on dira à quelqu'un : Ne restez pas à la pluie, ne restex pas dans la rue. « J'allai à Vevay ; et , pendant deux jours que j'y restai je pris pour cette ville un amour qui m'a suivi dans tous mes voyages. » J. J.

Cette double distinction subsiste quand les deux mots s'appliquent, non plus au lieu, mais à l'état. Demeurer dans un état , c'est y persévérer ou n'en pas sortir, simplement. « Rien oe demeure , tout s'use , tout s'éteint. Dieu seul est toujours le même. » Mass. « Cette foule innombrable d'histoires , depuis la naissance des siècles , est demeurée dans l'oubli. » Id. < Si j'étais né catholique , je demettreraû catholique. » J. J. « L'honune*ne demeure guère longtemps semblaMe à lui-même. » Mal. Mais rester dans un état, c'est y demeurer pour sa part, à la diSkrence des autres, ou malgré ce qui tend à en tirer, ou malgré' ce qui semblerait devoir produire un changement. « Les lois ayant été foulées aux pieds à mon égard , à quoi pouvais-je rest^ engagé de mon côté? • J. J. « Les inventions des hommes vont en avançant de siècle en siècle; U bonté et la malice du monde reste la même. > Pasc. c Quelques honneurs qu'il ait obtenus, il est resté le même. » Acad. « Plusieurs m'ont la, quelques-uns m'ont approuvé même ; et tous sont restés ce qu'ils étaient auparavant. » J. J. Les crimes ignorés demeurent impunis ; ceux qui ont été dénoncés et poursuivis en vain restent impunis. Il y a plus de mérite, en général, à rester qu'à demeurer fidèle , parce qu'il y a plus à lutter. — Et , d'autre part , demeurer indique un état d'une durée moins restreinte. Un enfaot demeure habituellement oisif; on lui reproche d'être resté oisif durant quelques heures. Une nation, pendant longues années , demeure tranquille ; vous dites à une personne qui se dissipe un moment : restex tranquille. La victoire demeura longtemps indécise entre Rome et Carthage; dans

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

b&f Aille la YÎctoire resU quelque temps indéentre les deux partis.

E]CEUB£R, LOGER , (gItER). Avoir sa rési-

DetneursT se dit par rapport au lieu topogralue où ron habite ; et loger par rapport à Téïe où. Von se retire. On démettra à Paris, en rince , à la TÎUe , à la campagne ; on loge au tvre , chez soi, en hdtel garni. > Gir. demeurer est abstrait et purement indicatif du I où on a son domicile. Loger est. concret et penser à la maison où on est retiré.

'agit-il de donner votre adresse, tous dites où s demeurer , à la campagne ou à la ville , à is . à Lyon , dans tel quartier , dans telle rue. %nandre ne permettait pas à tout le monde ifTéremnaent de demeurer dans les villes. » { r. c Vous savez ou elle demeure, > Lbs. < Et 5 quel endroit devMwriej^^vous à Tolède? Dans | ue Neuve , répondit-il. » Id. a II demeurât^ . votre quai. > Volt. « Je ne sais plus où elle | ieure. » Id. c Nous demeurions dans des rtiers fort éiofgoés. > J. J. « On choisit une 3 -femme qui demeurait à la Pointe Sainttache. 3» Id, — Voulez-vous faire connaître le ment, et pour ainsi dire le contenant où vous : à couvert , vous dites où vous logex , dans maison de telle ou telle sorte , au rez-deussée ou à tel étage» Être logé à l'étroit, au mier étage (Acad.). « Elle logeait dans une nde maison où elle occupait le premier aptement. » Les. < Il n*y a dans Tile de Bienne une seule maison, mais grande, agréable et mode f où loge un receveur avec sa famille et domestiques, s J. J. « On reprochait un jour )iogène qull logeait dans des lieux malpro- •s. » Fén. < Syphaz invita les deux généraux ipion et Asdrubal) à loger dans son palais. »

Jae personne demeure loin de nous ou dans re voisinage , et elle loge dans un hôtel ou 1$ une chaumi^e , dans un château ou dans e ferme , dans un bel appartement ou dans un (dis. c Je me rendis où Phénice m'avait enséiéqii*eUe demeurait. Elle était logée avec toute troupe dans un grand hôtel gari^. » Les. Voulant savoir de quelle façon Nunez était }é. je me rendis à Thôtel du seigneur don rtrand , et j'y demandai Nunez : Il ne demeure us ici , me dit le laquais. > In.

D'autre part, on demeure là où on est à defure^ où on est établi, où on reste d'une ma- ^re fixe. Il y a dix ans qu'il demeure à Madrid zs.). « JBUe demeure depuis six ans dans mon sinsLge. • Volt. Mais on loge où on s'arrête en uant , où on descend , dans une hôtellerie , ou lune dans une hôtellerie. « Arrivés à Madrid, a& allâmes descendre à un petit hôtel garni où fion avait logé dans ces voyages. » Les- Unes avait logé chez le père de Démocrite , ^u'il vint faire la. guerre aux Grecs ^ » Fén.

*. Cùfr, synonyme de loger suivant Girard, se dit

i,OQlre qa'il est do style familier et même popu-

^: on remploie surtout bien en parlant des ani-

^1, on, ù on rapplique i des hommes, c'est par

Cernent, c Les pluviers se dispersent le soir sur

DÉMOLIR, RASER, DÉBIANTELER. Ces trois verbes , usités au propre seulement , signifient la destruction d'un édifice ou d'un ensemble d'édifices faite à dessein ou ordonnée par un homme.

Démolir, c'est défaire une masse (moles) , déconstruire un ouvrage de maçonnerie jusqu'à ce qu'il n'en reste plus que les matériaux. Raser, c'est faire comme le rasoir à l'égard de la barbe , enlever un édifice de manière à' faire place nette, à ce qu'il ne reste pas même de trace de la chose.

L'action de démolir peut être tranquille et avoir des vues d'utilité , celle , par exemple , de tirer parti des matériaux ou de l'emplacement.

Telles Ton démolit les maisons quelquefois :

La pierre est mise à part; i part se met le bois....

Lat.

« Les Athéniens , menacés d'un déluge de barbares , avaient démoli leurs maisons pour 'en construire des vaisseaux. > Koll. « On attribua ce mauvais succès d'Imilcon à la profanation des temples et des tombeaux qu'il avait démolis pour fortifier son camp. » In. « Il fit démolir un pan de la muraille pour laisser une sortie libre à ses troupes. » In. « J'ai démoli mon théâtre, j'en fais des chambres à coucher et à repasser le linge. » Volt. « Pardonnons à ceux qui attaquent les fondements d'un édifice que nous démolissons nous-mêmes, et dont nous prenons toutes ies pierres pour nous les jeter à la tête. » In.

Mais l'action de raser est vive et prompte, faite en vue de punir ou inspirée par quelque passion , telle que la colère ou la vengeance. Autrefois , la justice faisait raser les maisons de certains coupables, et il est arrivé à des vainqueurs de raser des villes entières. « Alexandre , dans les violents excès de sa colère contre Thèbes , qui la lui fît raser, n'oublia pas le respect qu'il devait aux dieux. » RoLL. « Sélinonte fut prise d'assaut, et le vainqueur permit aux habitants de demeurer dans la ville , après l'avoir démantelée,... Hy-' mère, traitée avec encore plus de cruauté, fut entièrement rasée. > Id. « Le nouveau gouverneur assiégea Dôle, qu'il emporta de force, et qu'il rasa , après l'avoir mise au pillage. > Boss. « Philippe y avait traité plus rudement la petite ville de Xativa dans le cours de la guerre : on l'avait détruite de fond en comble pour faire un exemple ; mais , si l'on rase une petite ville de peu d'importance , on n'en r<ise point une grande qui.... » Volt. « Charlemagne prend Éresbourg. Il fait égorger les habitants; il y pille, et rase ensuite le principal temple du pays. » In.

Démanteler veut dire ôter le mantelet , sorte de machine qui servait à couvrir une place comme un manteau le corps. C'est exclusivement un terme de guerre. On démantèle , non pas comme on rase , par ressentiment du passé , mais pour préserver l'avenir, par précaution, afin de rendre incapable de défense une ville dont on détruit les fortifications ou les murailles, (c Du

un certain espace où chacun gùe k part. » Butf. « Le roi arriva à Marly et n'y trouva rien de prêt..;. Ce qui avait suivi et qui arrivait i la file , en même désarroi et sans savoir od gtt^r. » S. S. Enfin gUer suppose un séjour de plus courte durée encore , et même, pour l'ordinaire, d'une seule nuit.

5fO

DECXIËHCHARTIH:

Giiart s*empti»:d6 GanliiaQ, penÈAanfcqneîBona- ' tière- ta faisait démcndêkr, et en fit .ràtahUr lee< fortlffcatîons» »^B«8S. a.SylU.aTtit;exen5éisa vengeance suF'(ks<ytllet« entières, dent' il aurait d^mmtêlé les.unes^ détrait tolalennxt les Autres, en sorte'quMli avait oru fiâre grtee àicetlerdonl) il ' n'avait» que» oanfliqué' le» terre*'? ou rasé i les. citadelles^ » Roll. a Cette' âàsmpatàmjm ssuraiti être innocente i pnit^Vella ourrei vvtre oowr,. comme une>i^aoe âimanidéê^\ à toates leeatta-t qnes de l'ennemi. » FÊir. UafODtainetditcdu lien amonraax , qni s'est' laissé' rogner* les §;riffes et. limer les dent» : '

Sans deoUtni-çriflW'ift'VOill .

GoBim» pkae» démamulé^t,

DÉMONSTRATIONS , TÉMOIGNAGES , — PHO- TBSTATIom d'amitié, tfarqnes d^aamtié^ ciiDie» qoi dMmeat(à^penser'qa'on'.aiiDe.

Les àévMmtratix^m et lestAROt^napeodifG&reiit d'ab<»pd'en oe que lest d^tnofutroiMM^ sont ]du» extérieures, consistent :plu».dan8 la laontrev sans qu'on puisse dire absolument qu'elle» ne sont jamais qu'apparentes. «Saint J^ôma. interdisait à la sainte vierge Bustochium les rendes^voita dérobée, les lettres enjouées et mystérieuses % le* àâmwastrations de tendresse et les privautés d'une amitié naissante. » Bouru « La vie de la coflir nous accoutume à ne pas> faire grand ca& des dehors et des dérnowslrotiomi' extérieures de ]*àmitié. » Mass. « Il faut faire sentir à nos confrères par des prévenances et des démomitrationi d'amitié qu'il y a eûcore de la resseurce pour eux : les cœurs insensibles à la vérité ne le sont pas toujours aux tendres l^ntot^nopea de la charité; s Id. C'est une démùmtfaHon d'amitié que d'embrasser son ami ; c'est un t^motf ne^e d'amitié que de prendre ses intérêts , que de lui prêter de Targent ou de lui rendre tout autre service. On ne se fie pas toujours aux démonttraltixmti on est sensible aux témoignaget»

Mais , d'ordinaire, il y a plue : les démonstra^ Kon» sont frivoles , s'arrêtent à l'extérieur et ne supposent pas la réalité du sentiment.

« D^montrratton , dit Bouhours, va tout à Textérieur, aux- airs du visage, aux manières agréables , aux caresses , à des paroles douces et llatteuses, à un accueil obligeant; iémoignagt^ au contraire, est plus intérieur etva au solide, à de bons offices'^ à des services essentiels.... Les d^mon^lroftonf d'amitié sont souvent frivoles ; les témoignages d'amitié ne le sont pas d'ordinaire. Un faux ami , un traître , peut donner des démonHrùtions d'amitié; il n'y a qu'un véritable ami qui puisse donner des témoignages d'amitié. »

On dit bien de feintes (Fén.), de fausses (Lab.), de perfides (Les.) démonstrations; des démonstrations outrées (Les.). <c Tout est suspect à l'esprit chagrin , jusqu'aux caresses que lui fait sa maîtresse : Je doute fort , lui dit-il , que vous soyez sincère et que toutes ces démonstrations d'amitié partent du cœur. » Laba. « Ils s'embrassèrent tous deux avec des démonstrations d'amitié où il y avait plus d'art que de .naturel. » Las. a II était aisé de s'apercevoir qu'Elisabeth serait toujours l'ennemie de Marie Stuart, et que ses

cMnonfCralèoiMtd'aaaitié ne seraient jamais ^^ fausseté et dissimulation. » Cdnd. — On pai faire^his-4e' fond 'son les t^metf nafets, (pii sm comme des témoins dignes de foi , des signes xu équivoques du. sentiment dont il s'agit. « Isaa et .Hébeeoa.oachaienl leurs jeux innocents et U témoisfnojge» mutnefai de leore pudiques tea dreseeei »• Boss. « liy a àe% témoignaçes dlnté rêt et de. bienveillance qui font plus d'cfiét e sont .réellement, i^us- utiles -que ton* leedons. X. LciSar quoi votre imaginatioa est-elle e^ rouchée ? Sur les plus vrais tésMîgfMgts des time et id'amitié. que .TOtta.ayaB jamais reçus i moii a In. • Dana cetteeoéne, Zaïre, en zDuiii pliant les témoignngts de la tendresse la pk vraôei et.^ lai plus; pur? y garde la neble fiertâ qi convient à rinneeence aocnsèe. > Lia*

Mair-8id*aK«œil béniar^Tona voyermeatemma^a

Peurqaai m^ reiOBer d'aiseiés témoi^j»af€» ? n^aitolè à Elmire.) Moi..

Le»fmift»(«t»ena,'deleur c6té , n'équivaieet a aux d^nonsfraftont m aux téwMtgnmgss. Ceseai toujours des discours, des assurances domcei parlaparoèe; au lieu: que les démanstraiioM^m les t^motgiKif er coHiprennent aussi l'air, Tac* cueil, les. manières s les emhrasseiBen&s,les c^ reeses. — Ebsuite , les protetfaltdfttsontbautea, fortes , eiles expriment de l'ïnsietance : on renouvelle (Lab.), on redouble (S. S.) sesprolerte* titms; on se répand en profeftaitoiis(iAfi.). os fait mille proUsUUions (Las.). « Lindor ma cil maintes belles paroles, m'a fait mille proteatotioM d'amitié. » DunsFF. a. Elisabeth d'Angleterre feignil de croire aux pfetesUUions d'amiUé que Ix Fraau ne cessait de lui faire. «-Gonu. c Le raidePmsa( faisait faire à Vienne les plus fortes prointationi d'attachement aux intérêts de Vemperean • S. S « Tryphon tâcha d'attirer Jonathas par de heûs paroles et par les assurances les plus rives d'us amitié sincère.... Il le trompa si bien par ce protestatiom d^amitié, qu'il lui fit renvoyer se troupes. » RoLL. -*- Souvent aussi les protest» tions (pro, en avant, dorénavant) regardent, noi le prient, mais l'avenir, oe sont des promesse d'affection. « C'est une chose singulière que à voir im grand nombre de persennes se répandf en prolesMUtoiie, en promesses, en paroles, c oublier ensuite tout cela pour agir à leur ordi naire. » D'Al.

!« DÉNIGRER, NOIRCIR;—^ BÊGIŒD1TS8 DÉCRIER, DIFFAMER; —3* DÉSHONORER. Dh du mal, imputer des fautes ou des crimes, de défauts ou des vices.

Dénigrer et notrctr diffèrent des mots suinn.f en ce qu'ils bornent l'attention au sujet : ce qu est dénigré ou noirci est défiguré , mis dans m jour défavorable. Décréditer, décrier , diffamer^ déshonorer, sont relatifs à ce que devient le ssjé dans l'opinion : ce qui est décrédité, décrié, diffamé ou déshonoré est attaqué ou perdu àsiii l'esprit des hommes. En dénigrant et en noircis^ sant, on décrédile, on décrie , on diffame, » déshonore.

!• Dénigrer, noircir.

Dénigrer est le latin dmt^rare, qui sigcift exactement noircir. Mais, comme c'est un mot si"

SYNONYMES Ài BAIHCAÏIX, MVERS.

tt d'origine , il 9» dH'^en-s twnre» de^s#imîees»e<' Uttératare-, en matières di^rthôom. «.Boileau eSegrais , aV démgre^Bttàieol. »!Volt. a.Bai^ j a dent gré le> clin quanti du» Tûasa; » Ifiu Srres de oriti^ue, oà.cias bomoeic. incaïuUbiaa m produire , diTiw^rMit lee^p^uetiaos des .Tes. »>li>. «J'ai été un p0ic aifligé;de-yoiir le àu siècle âé Lo«d&\Xm, Je sièel»-des talents en it genres ditngré^dîoa plttûeiir»^ livres nDa> lux. w Id. « Les jansénistes ont voulu: que. les vite» n-'euMent' jamais fail un boa, ouvrage, sjésaites ont dsnigré Bmlfia»:, parcA^ull étaitij d'Amattld^ i» ID;

En vain'EM&lecu , danaAses sétiritéa^.

A de QvâBuiii démgri les heaiMés. Ib. .

«ijrer les taleiiU.(In.), toialCB bona éoriins de son siècle (&>.). <c Aieo n'esi plusordi- ÎK a\ix niauTÛs- écrivains que de piUeT' ceux 'ils dénigrent. » LàH. «Finissons pars un rn»rlu de cette Hennadi: qu'il. est d» moda eut ird*h\ii de déni^nr.slu.-^rli B:.. Rousseau a m^ré :a Sénrwdeei Zaïre. y^l^ÂL., Dénigrer . choix de l'Académie (Idl).

Mais . si dénigrer signifie une cenvra de criti-c. noircir marque une oaovref dft censure; si ction de d^iH'^rer * suppose • dear. défauta de auté., de goût, de vérité, l^oftion de fiosretr Tte contre les mœurs et la conduite; si celui i i^nigre veut faire paraîtra ignorant, sot, iic\ile , celai qui «oîtctI vent qu'on isoit regardé mtne Ticieui, méchant, crinrinel. On dénigre s livres d'xm auteur^ onnoirctlsaperaennaou D taraclère-

Onavifii ees moeurBi on* noircie «Br.ceoèalte; On le rend oàieox à l'Edrope séAnite; Volt. Vous -verre* à quel peint la calomnie m'a noirci n le faisant passer pour impie). Mes ouvrages , ai sont la peinture de mon cœur, seront mes îobgistcs. ■In. « Quand il s'agirait de converr toute la terre , il ne serait pas permis de M'rcïT des personnes innocentes. » Pasc. «t L'enie noircit nos qualités les plus louables. » if Ass. On ne se contente pas d''attaqner mon livre, lû' oublie Tien pour noircir ma persofnne. » PéNw AibtrTcni croyait qu*en vain ses ennemis s'effordent de le noircir, d'employer la calomnie ùTir le rendre odieux. » S. S. « Un ecclésiastique licè auprès de Pénelon pour être son espion, kjserv^ longtemps l'âme douce et pure qu'il était biTgè de Twircrr. » D'Al. « La calomnie peut loircir Vhomme le plus innocent, la conduite la lus pure. » KcxD,

De là il suit qu'en général noircir dit p!us ae dénigrer, exprime quelque chose de plus lieux. Oui d/ntgre veut nuire; qui noircit vent ïrdre. Un simple détr-^cteurd^iâTc; un ennemi oient ou acharné noircit.

l^ Décrëditer, décrier, diffamer.

B' abord décréditer et décritr n'ont pas préciment le même sens. On décrédite ce qui est UTédité ou en vogue , en empêchant qu'on conuûe à y avoir confiance; on décrie ce contre flci on crie , ce qu'on dénonce comme mauvais , SDme méprisable. — C'est la capacité qu'on fcque en décréditant : on décrédite un homme iu'aires (BooH.)» ^^ concurrent (Bourd.,

Mass*),. un remède (AcAD.), un. miracle (dL/Il.), un historien (In.), un. devin (Id^)» en faisant qu-'onoesse d'y croire {crederey d'où crédit), en persuadant qu'ils ne peuvent pas ce qu'on pense , . ce qu'onen attend, en les faisant tomber, a Parce que , dans la réputation de vertu où était Socratô, il eût été trop odieux de vouloir l'attaquer et" l'appeler, enjugement , on crut . qu'il fallait commencer par le décréditer dans le public ; c'est ca qu'on opéra par. la. comédie des Nuées. » Fén. ails ont«coBspir ensemble pour, tâchera décréditer toês écrits; peutrêCre à. cause qu'ils ont ea. paur que^ ,si ma géométrie était en vogue , ce pea. qu'ils, savent.de. l'analyse de YiMe ne fût méprisé. » Dbscl. o-Cetta sauvegarde de l'inoculation, quelle préjugé. et la. superstition s'efforcent tant! de déoréditen » D.'àl. «Le gouverneur de renfkntfit plusieurs réflexions «qui ne me.plurent. point, maie que: j'évitai de comlufttre pour ne pas le décréditer dans l'esprit de son élève. 9 J. J. Maia on décrie , comme on noircit ce qu'on «accuse d'immoralité, d'improbité, de bassesse. «Le. fanatisme peut faire employer de honteux moyens pour noircir et pour décrier un ennemi de . là religion, s Marh* On 4^cris la conduite de quelqu'un (MoNTESQ., Vert.); on ne la décrédite point. « Alexandre VI était un homme d^crt^ par sa mauvaiie foi, par son peu de religion, son avarice et ses désordres. 9 l^oss. « Les- dérisions et les satires sont trop douces pour décrier un vice (l'hypoûnsie) qui mérite l'horreur du genre humain. » Mass. « Peu s'en faut que- le cartésiar nisme ne diccrie ses ad vers ires comme.de manvais citoyens < » D'Al. « Les pharisiens haïssaient J. G., ils le décriaient^ il» le calonmiaient, ils empoisonnaient toutes ses actions. »• Bouan. & Je ne crois pas qu'on puisse en bonne justice, coffrer un homme pour avoir décrié la morale des jésuite*- » Volt.

Pensez-vons aflkiblir ma gloire et ma puissance,.

Bn déeriami mes soiiw, mon élat, ma naissance? (Cicéroa à Catiiiaa.) lo. — On décrédite un ministre en diminuant ou en détruisant la bonne opinion qu'on a de son habileté (Boss.); on décrie un prince qu'on représente comme indifférent aux affaires et comme plongé dans la débauche (Id.). Plus de faveur, d'engouement, de cours, de partisans, de pratiques, pour ce qui est décrcdité; plus d'estime pour ce qui est décrié.

Diffamer, de fama^ renommée, bruit public, c'est décrier dans le monde, au loin, partout. aArchiloque avait si cruellement diffamé Lycambe, qni lui avait refusé sa. fille , que le malheureux se donna la mort. » Lau. « Que la gloire est un pesant fardeau l De quelque côté que je tourne la vue, je vois ma mémoire diffamée. » Don Quichotte. Les. « L'endroit était plus connu et plus diffamé que le voisinage de Scyllà et de Charybde. » Lap. « Il l'a diffama partout.. »

ACAD

3« Déshonorer.

Déshonorer marque l'effet produit par les ac-

j lions de tous les verbes précédents. Gomme on

dénigre et on noircit pour décrédiier^ décrier ou

diffamer^ de même en décréditant y en décriant

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