‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 289 sur 426 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

qu'on a faite. » Cond. Gomme on dit rompre un traité, une alliance, une paix, un serment, on dit les enfreindre, « Dieu ne peut enfreindre les lois qu'il a faites. » Volt. « Je n'en dirai pas davantage pour ne pas enfreindre la loi que je me suis faite de ne point entrer ici dans raffaire de la constitution. » S. S. « C'était une infraction à mes maximes. » J. J. a II est contre la nature du corps politique que le souverain s'impose une loi qu'il ne puisse enfreindre. » Id. « Tout pacte dont une des parties enfreint les conditions devient nul pour l'autre. » In. « Les Athéniens refusent leurs secours à Amphipolis assiégée, sous prétexte qu'ils enfreindraient la paix qu'ils ont faite avec la Macédoine. » CoNn.

Oui y nous jurons ici pour nous, pour tous nos

frères, De rétablir Joas au trône de ses pères.... Si quelque transgresseur en/reine celle promesse, Qu'il éprouve, grand Dieu ! ta fUreur vengeresse !

Rac.

' DESSEIN, PROJET, PLAN, ENTREPRISE. On dit

concevoir, former, exécuter un dessein^ un jyrojet, un plan y une entreprise y c'est-à-dire l'idée d'une tÂche , de quelque chose à faire. Il y a des esprits actifs, inquiets, remuants , qui s'occupent toujours de nouveaux desseins^ de nouveaux projets , de nouveaux plans et de nouvelles entreprises ; c'est le reproche que faisait Cinéas à Pyrrhus. Une passion dominante nous met dans la tête mille desseiM^ mille projets y mille plans ^ mille entreprises (Bouan.).

Le mot entreprise doit être écarté d'abord. Il suppose seul un commencement d'action. On dit la suite d'une entreprise (Labr.) , les frais d'une entreprise (y[0L.)i il n'ira pas jusqu'au bout de son entreprise (Montbsq.); mettre ou mener à bout une entreprise (Mol.) ; conduire une entreprise avec succès (Mass.); une entreprise sans succès (Regn.); les entreprises lointaines (des rois) réussissent rarement (Volt.); les entreprises des Perses contre les Grecs (In.). < La peine qu'on prend pour persuader aux autres et à soi-même que la mort n'est pas un mal , fait assez voir que cette entreprise n'est pas aisée. » Laboch. «Combien en verrez- vous qui, frappés d'une maladie mortelle , forment des desseins et s'engagent dans des entreprises? » Bourd. « Jusqu'ici la fortune a favorisé ses plus injustes entreprises, » Fén. « Dans le commencement de son entreprise , c'est-à-dire dans un temps où un échec pouvait le renverser, Alexandre mit peu de chose au hasard.» MoNTESQ. — Ajoutez à cela que V entreprise rappelle parfois le sens Ôl' entreprenant et signifie quelque chose de hardi ou d'audacieux : les conspirations sont des entreprises (J. J.). « Ventreprise d'enlever un homme des mains de la justice est une rébellion. » In.

L'entreprise sans doute est grande et périlleuse :

J'attaque sur son Irène une reine orgueilleuse. (Joad à Alhalie.) Rac.

Lé plan a aussi son caractère bien distinctif . Ce mot annonce toujours une distribution de parties, un système, quelque chose de vaste, de compliqué, de générai. On dira plutôt, par exemple , un projet de discours , le dessein d'un dis-

cours (Mass.) , et le plan d'un livre (Boss.) ou

d'une tragédie (Rac). « D'Alembert donne un

plan de cette célèbre entreprise {V Encyclopédie) ,

et ce pton vaut lui seul une encyclopédie.» Volt.

Je n'ai rien fait en vers ; mais j'ai lien d'espérer

Que je pourrai bientôt vous montrer en amie

Huit chapitres du plan de notre académie.

(Philaminte dans les Femmes savantes.) Moi.

Le dessein et le plan d'un livre en font connaître l'objet, l'un sonunairement , l'autre en détail. « On expose dans cette préface je dessein et le plan de l'ouvrage, dans lequel fi paraît qu'on s'est proposé trois objets. » D'Al. « C'était presque à chaque pontificat, nouveau plan, nouTcaa système. > Gond. « Plan, terme emprunté de l'architecture et appliqué aux ouvrages d'esprit, signifie les premiers linéaments qui tracent le dessin d'un ouvrage , son étendue circonscrite , son commencement , son milieu , sa fin , la distribution et l'ordonnance de ses parties principales, leur rappon, leur enchaînement.» Harm. a Examinons l'ordre et le plan de Tentreprise criminelle qu'on m'impute. > Roll.

Restent donc le dessein et le projef . Le dessein est subjectif et le projet objectif; Tua se considère par rapport à l'esprit , l'autre en dehors de l'esprit. Le dessein est ce qu'on veut exécuter : le projet est un arrangement de moyens pour Tezécution d'un dessein. « Jamais homme ne fut si vaste dans ses desseins (que le baron de Goertz) ni si actif dans ses démarches; nul projet ne l'efl'rayait , nul moyen ne lui coûtait. » Volt. a Or Dieu dit.... Ce mot or suppose des choses faites et des choses à faire : c'e::t le projet d'un nouveau dessein, • Buff. «Quand on a le dessein de s'avancer , on ne manque pas de faire des projets de fortune. » Cond. Il y a de la ressemblance sous ce rapport entre le prqjet et lepZan. alfontesquiou vit jour à donner un combat avec avantage : il dépécha secrètement un courrier avec un plan de son dessein. » S. S. « César projeta de donner des fers à sa patrie : c'est la tyrannie de Sylla qui lui en fit naître le dessein, et il en forma le plan avant même d'avoir passé par aucune magistrature. » CoND. « Je vais donner d'abord un plan général de mon dessein. > P. A. Seulement , il ne faut pas oublier que le pfan est plus vaste que le projet , et aussi moins vague et moins sujet à n'être qu'une chimère.

Pour en revenir au dessein et au projet , ce qu'on regarde dans l'un, c'est qu'il est l'œuvre d'un esprit , d'un agent moral , œuvre bonne ou mauvaise , jouable ou blâmable ; et ce qui frappe dans l'autre, c'est qu'il représente une disposition plus ou moins habile de parties , de préparatifs ou de mesures. On dit de bons desseins et de beaux projets. « Il passa quelques jours à méditer son projet sans me le communiquer , quoiqu'il y eût lieu de penser que je ne désapprouverais pas son dessein. » Las. « Judas conduisit lui-même tout le projet de la mort de Jésus-Christ.... Il ne vient pas la tête levée se saisir de la personne de son maître; il cache la noirceur de son dessein i sous les plus tendres témoignages de l'amitié. » ^ Mass. « Alors Néron se persuada qu'il fallait former quelque dessein grand, hanli, nouveau et

SYNONYMES À RADIGAtiX DIVERS.

mpréTu, dont le projet ne jetÂt pas moins de terreur parmi les Romains que parmi les Carthaginois , mais di$nt Texécution heureuse changeât les alarmes des premiers en une joie aussi grande qu'inespérée. » Roll.

On peut entendre d'une autre manière la sub- JectiYîté du dessein et l'objectivité du projet : le 'dessein est plus réfléchi, le projet plus vague; nouvelle différence tout à fait conforme à Tétymologie du projet (ce qu'on jette pro , en avant). Le dessein est précis et regarde quelque chose de prochain ; les projets se rapportent à l'avenir et sont moins déterminés, ce ne sont le plus souvent que des idées en l'air, des châteaux en Espagne, fruit de l'imagination ou de la fantaisie ^ et non pas de la raison. Aussi ne peut-on pas attribuer des projets à Dieu comme on lui attribue des desseins. « Nous voudrions être la fin de toutes les voies et de tous les desseins de Dieu , comme nous nous établissons nous-mêmes la fin unique de toutes nos voies et de tous nos projets sur la terre. > Mass.

DÉTESTABLE , ABOMINABLE , EXÉCHABLE.

Très-odieux.

Détestable , de de testari , témoigner contre ou d'une manière défavorable, c'est ce qui est digne d'un mauvais témoignage, condamnable, ce qui inspire la détestcUion^ sentiment de haine tout intellectuel en quelque sorte, qui résulte de l'anlmadversion , du mépris. On trouve détestable l'action, la chose ou la personne qu'on regarde comme devant être fort désapprouvée et haïe. Des maximes détestables (Bouan. , ¥iv.) ; faire de sa fortune un usage détestable (Boss.); la manie de plaider est une folle et détestable envie (Laf.).

Qui dit Ih>id écrivain dit détestable auteur. Bon.. « Dans ce concile' on condamna la sculpture et la peinture comme des arts détestables . » Boss. c Ces éyêques condamnèrent la détestable hérésie d'Ëlipandus. » In. « Les enfants par Voreille (de VÉcoU des femmes ) m'ont paru d'un goût détestable. » Mol. c Comment ces détestables fadaises ont-elles pu s'accréditer? » Volt. « Un assassinat rapporté dans l'Écriture est aussi détestable que s'il se trouvait dans les histoires des sauvages. » In. « La forme de l'injustice la plus odieuse et la plus détestable est la fraude et la perfidie.'» Roll.

Abominable , c'est ce qu'il faut avoir en abomination. Or, dans le style de l'Écriture, une abomintuion est une idole , et avoir en abomination , c'est baîr comme une idole , comme idolâtrique , comme impie : des abominations sont proprement des impiétés. « Le mot d'abomination, dans l'usage de la langue sainte, signifie idole. 1» Boss. On qualifie donc d*ahominable ce qu'on déclare devoir être fort haï comme contraire à Dieu , à son culte , ou comme offensant ce qu'il y a de plus saint, de plus sacré, de plus inviolable , c'est-à-dire , après Dieu . l'humanité , les parents ou la patrie. Déicide (Bourd.), temple (Marm .) , autel ^Boss.) , théologie (Pasc.) , sacrifices (Id.), prières (Bourd.), holocaustes (Volt.) abominables; un parricide (Volt., Roll.), un inceste (PéN., J. J.), un infanticide (Boss.) abominable. « C'étaient (les habitants de

Ghanaan) des nations abominables^ adonnées à toutes sortes d'idolâtrie, d'injustices et d'impiétés. » Boss. « Les extravagances impies de cette abominable secte.... » In. « Le Seigneur dit à Moïse : Menez le blasphémateur hors du camp.... Chacun se doit purger de la part qu'on pourrait avoir à un crime si abominable. » In.

Un sentiment injuste , impie , abominable.

Bon..

« C'est ce qui rend vos irrévérences (à l'église) si criminelles et même si abominable; : c'est ce qui en fait comme autant de sacrilèges. » Bourd. « Il a fait un livre abomintible : c'est un impie , un athée. » J. J. « On leur a assuré que j'étais un homme abominable^ un impie, qui disait qu'il n'y avait point de Dieu. » In. Dans Esther, Hydaspe dit que Mardochée

Est le chef d'une race abominable , impie. Rac. Et, d'autre part, on traite d'abominables les festins des anthropophages (Mark.], l'esclavage des nègres et les sacrifices humains. « La traite des nègres et leur escl^age sont abominables devant Dieu et devant les hommes. • Lab. « Cet avilissement honteux (de l'esclavage) est révoltant pour l'humanité, mais abominable surtout aux yeux de la religion. » Marm. « On sacrifiait aux morts des hommes vivants.... Les Indiens ont été les premiers à introduire sur la terre , sous prétexte de religion , ces meurtres abominables. » Boss. « Les habitants (de cette ville assiégée) se portèrent jusqu'à cet excès abominçble de tuer et de manger leurs femmes et leurs enfants. » Roll. Clytemnestre dit en parlant du sacrifice d'Iphigénie demandé par les dieux :

Les cieax ordonneraient ce meurtre abominable/

Rac.

Exécrable, d'eacsecrari, maudire, c'est ce qui est digne de malédictions. Il se dit des choses , des actions et des personnes qui méritent d'être poursuivies, exterminées , foudroyées , accablées d'imprécations et d'anathèmes. En nous elles excitent ce sentiment d'horreur et de grande indignation qu'on appelle exécration. C'est un mot • qui convient surtout & l'invective. Dans le Ctd, Chimène s'adressant à don Sanche lapostrophe ainsi :

Exécrable niMSÙn du héron que j'adore! Cors. Va-t-en , monslre exécrable/ Rac.

Ah! supp6t de Satan 1 exécrable damnée! Mol. 0 luxe! maudit luxe! invenUon du dia))Ie! C'est toi qui corromps tout, perds loul, monstre

exéc/able/ Volt.

0 Corinlhe! 6 Phocide! exécrable byménée! Id.

«Il est démontré que les anciens Romains ne persécutèrent personne pour ses dogmes. Cette exécrable horreur n'a jamais été commise que par des chrétiens, et surtout par les Romains modernes. » In. a Les premiers fidèles, regardés partout comme l'horreur de l'univers, et devenus exécrables à leurs amis. » Mass. « Exé^ aable lampe! maudite lampe I » Laf. « Que tous les maux horribles de la guerre retombent sur la tète parjure et exécrable de l'ambitieux qui foulera aux pieds les droits sacrés de cette alliance! » FéN. Bossuet, parlant de l'assassinat de Henri IV , peint « l'étonnement , l'horreur et

DEUXIÊMS PARTIS :

rimagnartion qae dmU iaspirer ua coup m soaâain et si exécrable. 9

Ua crimo détestable est tout ce qu'il y a de plua bl&mable , de plus répréhansibla; ua crime abominable^ tout ce qu'il y a de plus impie, de plus sacrilège, ou de plus dénaturé, de plus inhumain V ua ciime exécrable ^ tout ce qu'il y a de plus horrible, de plus ré?oltant, de plus propce à nous souleyer. — On dit un jaloux détestable CLaf.)i ^ jalousie est insensée; l'hypocrite Tartufe est un abowinalbie homme (Mot.^ , etClyteomestre, meurtrière de son mari, une abominable femme (Fâh.); le soélérat est proprement exicfoble (J. J.). — Saint*Simon appelle les dragonnades de détettablet moyens de con* TarsioB » et il dit : c Je tiens l'inquisition abominable devant Dieu, et exécrable aux hommes. > — L'ambition qui Ta follement ravager les provinces est una détutable injustice (Fân.) ; ee fût une action abominable que celle par laquelle Judas trahit le fila de Dieu (Boq2U).); et le massacre de la Saint -BarthéLsmy est un forfait à jamais exécrable (Volt. , n'A?.).

Ges trois adjectif)» se prennent aussi dans un sans moiiM strict pour attribuer à certaixtes choses y par eiagération, des qualités très-mauvaises. Alors déteMtaible garde sa nuanoe particulière. Il se dit de préféxeaoe des choses qu'on apprécie intellectueUement, qu'on juge , dont on peut &ire plus ou moins de cas : écriture, vers, style» version déteeiàble; expression d'un goû^ détectable. Quant i la différeofie entre àboeMmable et exécrable^ elle dépend moins d'obomtnahU 4ui perd ici son caractère religieux , que &*aûécrable auquel reste inhérente l'idée d'une iorte excitation produite dans l'Ame par la qualité qu'il désigne. IJa chose abominable se considère en elle-même, et la chose exécrable par report à la sorte de réaction qu'elle cause dans r&me de ceux qui la perçoivent : temps abominable, ragoût exécrable. Un connaisseur déclare déteetable un vin qui n'est rien moins qu'excellent; les autres hommes, ne le trouvant rien moins qu'exqais , disent qu'il est abomtnaU« quand ils veulent simplement marquer sa nature, et exécrable quand ils ont dessein de faire concevoir combien il provoque en eux de dégoût ou de répugnance.

DÉTROIT, DÉFIIii, GORGE; ^ PAS, COL.

Espace étroit -et resserré sur la surface du globe.

C'est tout ce que signifie détroit qui , comme étroit^ vient du latin stringere, serrer, presser, étreindre. 11 a cela de tout à fait particulier, quil se dit d'un espace de mer, au lieu que ses synonymes désignent exclusivement un espace de terre : le détroit de Gibraltar, de Magellan, de Le Maire, de l'HelLespont, de Sicile, etc. Que s'il a indiqué aussi autrefois une partie de terre resserrée entre deux montagnes , il a été vague dans cette acception. Il n'a pas eu , par exemple , la précision de défUé , qui exprime un détroit si peu large que les hommes ne peuvent y passer qu'à la lUe, les uns après les autres. Aussi défilé se mettait-il bien après détroit pour le déterminer ou y ajouter. « Bertrand Duguesclin conseillait au roi de Castille de ne point donner de bataille , mais de se rendre maître seulement

des détroits et des défilés par où il fallait entrer dans son pays. ' Boss. Dans le Voyage du jeuns AnacharsiSy on lit cette phrase au sujet des Tbermopyles : « Tout le détroit, depuis le éLéftîe qui est en avant d'Alpénus jusqu'à celui qui est au delà du Phcanix, peut avoir quarante-huit stades de long. » C'est-à-dire qu'on donne le imxib de 4itf(roaà tout le lieu pris d'une manière générale et indéterminée, et celui de défilé à char cune des parties ou des chaussées qui ne peuvent être parcourues que par une seule penMMwe de front.

JOéfUé est surtout un terme de guerre, eomjoe du resta le verbe défiler : l'un et l'autie donnent l'idée de troupes , de gens aUant à la /Ue. « Alexandre battit toujours les Perses eu plaine et en défilé. » Fan. On tient ou on potuase les ennemis dans un défilé; on les poursuit à tcwers les bois et ks défilés , ou on s'y engage soi-même imprudemment; on garde un défilé ou ou est pris dans un défilé. « Montagne ^esque inaccessible dont les alliés avaient saisi tous le passiges> Tenant ces défilés^ ils se croyaient en pleioe sûreté. > Yts. « Il dit avoir été josqu'aupréi des ennemie, et avoir via qn'ii nV vrait encore alors ni retranchements commencés , ni di^, ni bois , ni ombre de difficulté pour secourir la place. 9 lo. « Ges deux grandes années se reftcontrèrent dans les défilés de la MCentagaa» Keire. » Volt. « Le prince de Condé attendit que l'armée ennemie passât un défilé à. Senet • In. « Le comte de Campo-Santo ne piat anifsr à ce défilé étroit et escarpé où ce furieaa oorabat s'était donné. » In. « M. de La Yallièxe tenait ainsi, dans on défilé y les ennemis entre doux batteries qui plongeaient sur eux du rivage. > Id. « Léonidas défend le défilé des Tbermopyles. » CoffD. « Charles XII pouvait marcher à, Moscou par des défilés qui servent de passages aux Tar- Ures : défilés dif&ciles, à la vérité, et qu'U était aisé à l'ennemi de rendre in^rattcabLes. s In. « Minncius se laissa pousser par les ennemis dans les défilés. » Ybbt. « Jugurtha attire Aulus, et le conduit insensiblement dans des défilés dont il avait fait occuper les avenues. » In. « Charles Martel poursuivit les ennemis dans les défilés des Ardennes. > Boss.

Gorge présente l'image d'an enfoncement, d'un orifice semblable à celui de la gorge , sans ridée de passage , de difficulté et de détresse qui caractérise défilé. « Dès que les collines à droite du vallon font une avance , les collines à gauche du vallon font une gorge. 9 Buff. « Ces oiseaux choisissent pour leur retraite certaines gorges bien exposées entre ces rochers « d'où leur est venu le nom de klaussrappen^ corbeaux des gorges. 9 In. « Le même vent« qui ne se fait sentir que médiocrement dans une plaine large et.découverte, devient violent en passant par une gorge de montagne. » In. oc Le parc de Xontmorency , dans le bas , forme une gorge qui s'ouvre et s'élargit vers la vallée. » J. J. « Ces lamentations partaient d'une gorge de la colline à quel» que distance de nous. » In. c On établit une colonie dans une gorge (du Samnium] , qui tirait son nom de la ville de Vescia. » Roll. — Lon*

SYNONYMES A RADIGÂUX DIVERS,

tue gorge a aussi ra|ipori à un passage de Ironies, il fait eoneeroir 1« lieu dont il s'agit, ealemcnt ùomme poaYaat servir et non comme «mnt actuellement et spécialement à cet isage. < L'armée eanemia êft obligée de passer lansune gorge profonde d« montagnes. "Votre général s'empare des hanteurs, il tient les enlemis enfermés dans nn défilé; il faut qu'ils périssent oa qu'ils se rendent. 9 Volt. On bien ce que le mot gorge représente proprement, ce a*est pas l'espace dans toute sa longueur, ce n'en est qie le commencement ou la fin, rentrée 08 Ja sertie, l'emboucbure ou la déboacbé. i Le consul Minucius s'étant engagé dans un iefiU^ les liguriens s'emparèrent de l'isaue par >ii il lui fallait sortir. Minucius voyant le chemin érmé par devant, se mit en devoir de retourner ur ses pas; mais une partie de leurs troupes valent aussi boicbéla ^or^fe par où il était earé. » RoLL.

Pas et ool n'appartiennent point au langage x>miiiao. Ce soot des termes de géographie qui le se mettent qu'avec des noms propres : le pas le SiMze, le m/ de Tende. On attire des ennemis ans ées défilée, et non dans des pas ou dans Ie5 crek; des proscrits se cachent dans des vergers ée montagnes» et non dans des p<u ou laas <des eo(« de montagnes.

?«a et tel différent aussû Pas est d'un uaage ihis gèaènl. Notre langue reconnaît des pas iaas tons les temps et dans toutes sortes de pap. Le pet des Thermopyles (Volt.), le pas ies Foordws Gaudines (Foht. ), le pas de Socques entre les monts Hémus et Rhodope CoisiD.) ^ le pof de la Gilicie (Roll.), le pas de Sue (JF'sH., Volt.), le pas de ViUefranche en Piénoont (Volt.); il 7 a près de Pietra-Santa, en Toscane, un passage appelé le Piu-de-Biche iBoss.}. Kais on ne se sert du nom de col qu'en pariant d» Alpes et des Pyrénées considérées Uns les temps modernes. I^e eol de Tende y OIT,) et le eol d'Exilés (In.) se trouvent dans les Alpes; \e ûol de Pertuis (Les.) mène de France en Espagne par les Pyrénées. Outre cela, lepdx. lieu où Von passe ^ peut être situé entre les pieds de deux montagnes; le eol , au contraire, comme le cou dans le corps de l'homme , «t^esque an sommet, immédiatement au-dessous de la tète; le eol de Tende a 1795 mètres de banteor.

DÈncnE, BXTEMinnn, abour, anéan-

Tll. Faire qu'ans chose cesse d'exister , ne soit plus. Détruire j de destruere^ défaire, décomposer, léeoostruire, c'est ôter yiolemment l'existence à [oelque chose qui fait corps, qui est organisé iu tonoe un système , en dérangeant l'écoDomie ^ ses parties Y en rompant leurs rapports de ^ère que la chose peiîle sa forme et par conitqneDt ne subsiste plus. Pour cela ordinaire- Dot on fait tomber (voy. Abattre,. renverser, i»Rer, détruire). Détruire un bâtiment ou un ^fice, une TÎUe, une église, une digue, un Tstème , une société , des artifices , la construc- ÏBQ d'une phrase , etc. — Ensuite , détruire se ^reod dans une accaotion très-étendue , exprime

ridée oonumme à tous ces verbes de la manière la plus générale, ot pcnt servir à définir ks trais daimersw

ExiertiKiner vient du latin exterminare^ mtvoyer au delà des confias ou du territoire, bannir , exiler. C'est le sens qiie des poètes lui est encore donné dans notre langue.

Du milieu de men peuple cMêmdmez les erimes.

Exterminez^ gnnds dieux, de U terre od nous

Qniconqne avec pbisir répsnd le sang des hottuass.

Volt.

-^ Le plus souvent on entend par exterminer détruire ou i^tttôt faire périr des hoosmes ou des animaux « Un Etat qui en a conquis un auSne, ou détrmt la société et la disperse dans d'antres, oaeeitermine tous les citoyens. » Montesq.— Mais ce n'est pas faire périr simplement , c'est faire périr sans retour, sans reproduction possible , radicakmant, da façon que la race sost éteinte. *

On doit de tous les Juifs exurminer la raee. R*g.

Ailes, pères conscriu, retournez au sénat,

il ne m'appartient plas d'oser y prendre pkce :

Allez, exterminez ma criminelle race.

(Bratus.) VotT.

« Toute la maison d'Achab fut exterminée. • Boss. <t Les Juifs toujours exterminés et toujours renaissants. » Montesq. c ils conjurèrent contre la roi y le tuèrent et exterminèrent toute la famille royale. » Id. c Ce n'était pas à quelques sénateurs que Caligula en voulait, il tenait le glaive suspendu sur le sénat qu'il menaçait d'eostermtner tout entier. » In. a Jésus-Christ a eQUerminé l'idolâtrie extérieure ; mais l'intérieure repousse encore de tous côtés. » Fin. a Les prévôts, ces magistrats créés pour poursuivre les voleurs et les exterminer. » Labr. « Marins extermina les Gimbres (Volt.). Exterminer les loups d'une forêt, une troupe de malfaiteurs ou d'assassins (Acad.). — Enfin , XexterminoiUon est une action toujours volontaire, faite pour punir, ou inspirée par quelque violente passion, comme la vengeance ou la colère. « Les Romains ont prêté leurs mains à la vengeance divine (contre les Juifs) et ont exterminé ce peuple ingrat. » Boss.

Ma haine est inflexible , ainsi que sa colère ; Pour rentrer dans la Mecque il doit m'exter/niner.

Volt.

0 monstre que les dieux devaient exterminer/ Ip. Je sois exterminé , si Je ne tiens parole I Mol.

c Un accès de fureur me reprit. Ami, m'écriai-je, allons exterminer ces troupeaux. » Montesq.

Abolir, de ad, qui marque privation, et de olor, odeur, exprime, ainsi qu'exterminer, une espèce par rapport à détruire , mais une espèce difTérenie : c'est détruire, non pas des êtres animés, les faire périr, mais des choses qui ont cours, qui sont en vigueur, en vogue, ou prar tiquées, et c'est les abroger, les annuler, les mettre hors d'usage , les effacer, faire en sorte qu'elles ne soient'plus reçues , qu'elles ne valent plus rien , qu'il n'en reste plus d'odeur ou da trace. On abolit des lois, des coutumes^ le duel

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