‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 296 sur 426 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

à ne pouvoir être séparés Tun de l'autre que par une raison qui sait employer à propos l'analyse , développer et résoudre tous les sophismes , et débrouiller toutes les confusions.

Vous distinguex le sens naturel d'une proposition; vous discernex le sens caché ou détourné d'un oracle; et vous déméUx le sens intrigué d'une énigme.

DISTINGUER , SÉPARER. Oter une chose d'avec une autre ou d'avec d'autres.

Distinguer , dis iinguere , teindre diversement, sentir la différence des teintes. Séparer, sê par rare, disposer ou mettre à part, de côté. C'est l'œil qui distingue; c'est la main qui sépare , comme c'est elle qui prépare. Distinguer consiste à ne pas confondre ; séparer consiste à désunir, à écarter. Un signe, un caractère, un trait, le visage, l'âge, le mérite, le rang, les idées que nous nous faisons des objets, servent à les distinguer; tout ce qui est propre à isoler Les choses ou les personnes les unes des autres, dans l'espace ou dans le temps , comme un mur^ une rivière , un voyage , la mort , un délai , un intervalle , servent à Içs séparer^ Les choses distinguées ne sont plus prises l'une pour l'autre indifféremment ; les choses séparées ne sont plus ensemble ou ne se touchent plus, c Nous voyons tous les arcs diversement colorés qui composent Tarc-en-ciel réunis par des nuances délicates qui joignent leurs couleurs sans les confondre, et qui les distinguent sans les séparer. » P. A. Le botaniste distingue les plantes que le pharmacien sépare en les plaçant dans divers bocaux. « La différence des modes et du langage distingue plus les nations que celle des mœurs ; l'absence sépare les amis sans en désunir les cœurs. > Gir.

De plus, à distinguer, et à distinguer seul, s'attache une idée Ae distinction, d'honneur, de prérogative. « La petite colonne qui sert de tombeau* à Miltiade, n'est distinguée des autres, que parce qu'elle en est séparée. » Barth. « La tendresse fit oublier à J. G. les lois générales de sa justice , pour séparer la vierge Marie de la masse commune des enfants d'Adam , pour la privilégier, pour la distinguer, pour l'honorer. >

BOORO.

Cependant séparer se prend quelquefois dans le sens plus théorique de distinguer. Mais alors il dit plus , il équivaut à bien distinguer , à mettre entre les choses , non-seulement de la différence, mais de la distance. « La raison sépare l'homme de tous les animaux. » Acad. « On doit séparer les rubis , topazes et saphirs des matières transparentes vitreuses , et leur donner une tout autre origine. » Buff. « On doit séparer l'émeraude et la placer à une grande distance de toutes les autres pierres vertes. » Tn.

DISTRAIRE, DIVERTIR, DÉTOURNER. Faire aller ou venir ailleurs.

faisant cçsser l'application de l'esprit; on divertit en faisant cesser la préoccupation. Distrait, on est rendu inattentif; diverti, on est tiré de peiae ou d'ennui. Distraire suppose un travail

intellectuel , et divertir un état pénible de rm On vous distrait de vos pensées , de vos réveria on vous divertit de vos tristes pensées, de vot^ mélancolie, de votre douleur. Un rien distraitU personnes légères; un rien divertit les persoDO^ insouciantes. — Mais détourner , faire sortir ^ la voie ou de sa voie , a un caractère pnxkm indiqué par l'Académie , gui dit : « Déioumi d'un dessein convient mieux que distraire d'o^ dessein. » Détourner quelqu'un , c'est , non p^ comme le distraire et le divertir, l'empéch^ d'être à une chose , mais Fempécher d'aller à ai^ fin , de faire pu d'entreprendre. Distraire et d^ vertir changent l'objet dont on s'occupe ; détouf^ ner change le but qu'on poursuit , la marche , ] conduite. On distrait d'un sujet de pensée ou d discussion, on divertit d'un sujet de chagriz^ mais on détourne du devoir ou d'un projet. j

Au propre et en parlant des choses , on d| également distraire, divertir et détourner de^ papiers, des effets , des fonds. Dans ce cas eDcor« distraire et divertir diffèrent un peu l'un de l'autre , et tous deux diffèrent beaucoup de détourner.

Distraire, c'est détacher, séparer du reste ^ mettre à part; divertir , c'est changer le sens ^ la destination, l'emploi; détourner^ c'est s'emparer, prendre pour soi, dérober. Les actions da distraire et de divertir, celle de distraire sur^ tout, peuvent n'ôtre pas mauvaises. < Sur cette somme il faut distraire tant. » Agjld. «U n'esi resté de riches évèques protestants en Ailenugn^ que ceux de Lubeck et d'Osnabruck, dont I« revenus n'ont pas été distraits. » Volt, c Pai ces ventes du domaine de la république , on n divertir les fonds les plus assurés pour la paj« des légions. » Vbrt. c Le principal embarras ro» lait sur le moyen de fournir à la dépense néoes* saire pour secourir les Olynthiens , parce que les fonds de la caisse militaire étaient dtrertû ailleurs , et employés à la célébration des jeux pablics. 9 RoLL. — Mais l'action de ditoumtr es( positivement et toujours un délit, c Cette femm se tient en embuscade pour tromper son manj et détourner pour son jeu tout ce qui peut veul sous sa main. » Booan. « Les révoltés sceliérol tous les papiers et les effets, et n'en détoutié rent aucun. » S. S. « Si Paul Emile, maître d0 trésors immenses de Persée, en avait d^toura^ une partie pour s'enrichir , pourrait-on dire que ce seraient la vertu et l'houieur qui auiaieol introduit ces richesses dans n maison ?>Roll, <K Le même jour que Lautrec partit de Paris ^ Madame détourna 400000 écus que le roi avail ordonnés pour \fi Milanais. » Boss.

1* DISTRIBUER , DISPENSER ; ^ ^ PARTl^ GER , DÉPARTIR , RÉPARTIR. Donner d'Q»

chose à plusieurs personnes.

Distribuer et dispenser , c'est donner A divei^ ou de côté et d'autre , çà et là, çuivant la valeul de la particule latine dis. Partager, départir é répartir , c*est donner pne part , pour part ou c( faisant des parts. Distribuer et dispenser n'emi portent d'autre idée que celle de dualité , de plU' ralité , de multiplicité ; partager, départir et ré' partir font concevoir des parts, des lots, d« quantités relatives. Distribuer et dispenser éei

lônes, c'est les répandre, les disséminer ; par- T. départir et répartir des biens, c'est les ner par portions , tant aux uns et tant aux res. On distribue et on diipetue bien, en disint les choses, les unes ici, les autres là, ime il conTîenty avec ordre; on poiiage, on art et on répartit bien , en donnant à chacun ant «in'll Saat, en procédant équitablement , c iusllce. Qui distribue ou dûpeme peut mal cer , auquel cas il est exposé aux plaintes de IX qui ont été oubliés, qui n'ont rien obtenu; i partage, départ ou répartit peut commettre grandes inégalités, et alors iL excite les réclations de cenx qui ont été comparatiyement 1 traités.

K Tarquîn arait enlevé aux premiers de la ville ; terres pour les dûm'buer aux personnes de la is Tile condition; les charges et les impositions râtat ({ai, auparavant, étaient réparties égaoent , il les avait toutes fait tomber uniquent s\iT la tête des citoyens les plus considéles. a» R01.X. — Apollon dispense ses faveurs : beaax esprits (Rbgn.) ; En SCS présenta le ciel est toujours Juste; Il ne départ i gens de tous états Mêmes uleote. Lat.

• IHf cribuer, dûpeiuer.

jaoiqae les deux mots soient -tirés immédiate it du latin dûCribuere, dtfpenf(ir«, le premier se partout et en parlant de toutes choses, au lieu )le second convient particulièrement dans le le soutenu et quand il est question de choses nées , de personnages éminents ou d'êtres su leurs. « I^es pharisiens étaient sévères pour IrtlnAer on ùdre distriSbuer aux pauvres ceraes aum6nes.... Ils se regardaient comme les icles du peuple et les seuls maîtres de la vraie ctrioe , se croyant suscités de Dieu pour la dis- \ger. -» Bo uao. « Les fidèles se déchargeaient : les apôtres du soin de distribuer les biens nxnuns.... Le nombre des fidèles croissant, ce poulUement ne fut plus possible : la dispensaû des biens temporels eût toute seule occupé t pasteurs destinés à dt<pefuer les mystères de «u. 9 Mass. — Distribuer semble annoncer as de choses , une multitude de choses à douer \ dispenser se distingue par la noblesse de ces iioses , ou bien par le rang et l'autorité de ceux ai les donnent. « Nous peuplons la terre et les eux de génies, nous en distribuons partout où nature panUammée.... Exerçant une immense itorité, ils ditf^ent la vie et la mort, les ins et les maQx, la lumière et les ténèbres. »

BTH.

f Partager, départir, répartir.

fariager a rapport à la chose ; départir et rénir sont plutôt relatifs aus personnes. On rtofe un tout qu'on divise, dont on fait des Ils ^rfes agere) ou des lots ; partager une tBne, un royaume, un gftteau, une succession , butin, etc. c Les Lacédémoniens fortifièrent «élie , ayant partagé l'ouvrage entre toutes les Vpes pour l'achever plus^promptement.* Roll. il que les choses départies ou réparties fortBt on ne forment pas ainsi une masse suscepie de décomposition , ce n'est pas à cela qu'on

fait attention en employant ces deux verbes, mais à ce qui suit : l'action de départir tombe de haut, vient o'une personne haut placée; celle de répartir suppose dans les personnes auxquelles elle aboutit des droits auxquels on a soin de se conformer. Celui qui partage n'est pas juste, qnand il fait des parts beaucoup plus grandes ou plus fortes les unes que les autres; celui qui départ n'est pas juste, quand il ne consulte que ses prédilections et ses préventions dans la dispensation de ses bienfaits; celui qui répartit n'est pas juste , quand il ne proportionne pas exactement les parts aux droits ou aux devoirs , les gains aux mises ou aux avances, les charges aux facultés ou aux revenus. Pour plus de détails sur ce qui concerne les rapports de départir et de repartir, voy. l'article où il en est question dans la I" partie , p. 125.

DIURNE, QUOTIDIEN, lOUENAUER. Relatif à cette partie du temps qui s'écoule entre le lever et le coucher du soleil , ou bien entre un lever on un coucher du soleil et un autre.

Dtsme, latin dttfmtix, de dies, jour, signifie proprement d'un jour ou de jour. C'est un terme d'astronomie et d'histoire naturelle, introduit dans notre langue au xyiii» siècle. Le mouvement ou la révolution diurne de la terre se fait en un jour, au lieu que son mouvement annuel, sa ré-^ volution annuelle s'accomplit en une année. Il y a des oiseaux de proie et des papillons diurnes^ comme il y en a de nocturnes (Buff.).

Quotidien et journalier diffèrent considérablement de dttime, d'abord parce qu'ils sont du langage commun, et ensuite parce qu'ils marquent rapport, non pas à un jour ou au jour, mais à la succession des jours , à tous les jours , à chaque jour. Aussi, diurne serait d'une impropriété sensible dans des expressions telles que : journal quolidten , progrès journaliers de la raison.

Qisotidien et josmaZter ont «aussi leurs jiuances respectivement distinct! ves. Quotidien est une épithète déterminative ou caractéristique , et jouffkiJter une épithète circonstancielle. On dit qu'une chose est quotidienne , et on dit ceci ou cela d'une chose journalière, « La réception de l'Eucharistie était quotidienne anciennement. » FÉir. c La communion journalière doit être votre soutien. > Boss. Quotidien fait connaître qu'une chose a lieu chaque jour : fièvre quotidienne. c D'anciens auteurs ont donné aux éléphants une religion naturelle et innée, l'observance d'un culte , l'adoration quotidienne du soleil et de la lune. 3» Buff. Journalier rappelle incidemment qu'une chose dont il est question est une de celles qui ont lieu chaque jour. « Nous pouvons jager du dépôt successif et ;ournaIter des eaux par les feuillets des ardoises. » Buff.

Ce qui est quotidien arrive tous Iqs jours d'une manière fixe et invariable; ce qui est journalier arrive à peu près tous les jours, ' ou arrive tous les jours , mais untôt d'une façon ! tantôt d'une autre. Un journal quotidien se fait remarquer par les différents tons ou les différents tours de ses déclamations journalières. On attend la visite tniotidienne (Bbauh.)

DEUXIÈME FAIlTlfi :

é*u& ohitrngiaii litas «a hôpital, pour être té-^ Boia d*une d« mb «pérattaDJ joumaliir^. Un évêqtt peiinet à uo« penoane l'usage qw>Udien des aaoïMQaats (Fbm.), et lui laoommande 4e bieu'porter sas croix J9umàiiàr9s (lu.). Nous delaandDiis à Dieu notre pain qmtMim^ ot lei isceuirs jfmrM^iêrs (Volt.) de sa grioa. Ija leeture «giiotidifiifis (Rhom.) du bréviaire, aa doit pas empécber un prêtre de ^quer à ses fonotioos jeuraaMrar (Fin.). — La mété^Mrologie étudie l^tal jfouffiolter de Tair (^, J.). Un iionuae jourmtdiir est ineonstant om inégal.

MTORGB^ RÉPUDIATION^ Ces mots senpeati désigner la rupture, la dissolutioa du mariage.

Dimtrtt , latin divorfÛMS» de dÂvertorv, tourner fiui «m atttre saas^ s'en aller, se séparer, ai- ^rtase laaéparatioa dès deux époux. Jl^pudialioti^ latin repudiaiio, de repudtor^» tejeter» renvoyer, aigaifle le tflQToi de l'un p« Tautre* « Il y a catte difléranœ entre le dtrorse et la répudiaU»n , que le dêfofoi se fait par un cOBBentement mutuel à Toccasion d'une incompatibilité mutuelle ;aj^ lieu que la réf^êiatimn se fait par la Tolonté et pour TaTantage d'une des deux parties, indépendamment de la ▼olaoté et de ravantage de l'autre. » JfoirfBaQ*

c Le dteertt ttmbte être tme affatve de cea- «etl« » MoKTiso» « On oonçeit du dégodt l'un |>oar inutile, ut smiTunt on se trouva réduit, pour prévanir de plus grands déMrdres, àees^iarer l'un de raûtn : «c ditm^isr at sépaiatioas que k lai des hoBomes autorise. > .Boom>* ^ « La répuéiatùm semble plutôt tenir à la promptitude de reaprit et à quelque pasiioa de rdme, » MotfTasQ. TeUe Ast la répmddmtinn de Gachenae d'Af^oD par Bemri VIII, roi d'Angleterra.

•OHMAGS, JSikTIL Privation de quoique cboee de boa oa d'utile qu\>a avait.

Le dDanNa90 «st partial et oonaisie dans un déchet; la perte est totale et consiste daas la iuppressieti. Le 4ofMna§e eeaaé à uae fortune la diminue; la pérrte d'une lertnae l'anéantit. On lépare le dommage eu la ofaoM 4wiomMi§éei on lemplaee la perte oa la ofaOM pwâw^

De plus, dommage est relatif à ia oaasa; et perte, à l'effet seul. Qui lait du dommage est atgent^ qui &it uae perte est patient. Oa reçoit da domaiagFe : ce aaot sappom (oujoars uae peraonie ou une ohose qui donne , qai oecastonne , qui oause, qui produit le i&it; maii «n «pcouve vm pevts, la perte étant plutôt quelque chose de fatal, dent on ne eonsidère que les suites fil- ■uheuses.

t«MIDUQB, TORT; ^2* 9AÂHJDIGE, DÉtfRBIBNT, DAM. Atteinte •portée aa l»iea d'autreti.

Ouoique ^^mmmge et tort dédvent du Utin^ ils n'en Tiennent pis aussi direotemeat que leurs aynonymes prijmdim^ détHmetU et dom, ea latin pr«:;ttdsctNm, delrtmeatum etidaauittm. fin- Mille ils ae s'emploient pas de la même façon et «le désigaant pas ia même sorte de aaal. Noua disons qa'uae obèse nous fait beauoeap dedom- «M^f ou de <oft, et qu'elle tounie à notre prédise, A notre d^erànmt, à notre dam,- aous dieeas d'une manière précisa, oaaser un 4oai-

mage ou un tort, réparer des dommages ou ( torts, et d'une manière vague, sans l'emploi l'article et du pluriel , porter préjudice. D*oi suit que domvMigê et tort expriment un mal i médiat; et pr^udiee, détriment et dam^ un 2 ultérieur, plus ou moins éloigné. Ce qui no fait un dommage ou un fort nous cause u perte; ce qui nous porte prèfjudtce comproc nos intérôts. La chose danMna^eob^ a pour et actuel de nuire.

Dans les terèia il (le eerf) t'empone s

Son beis, iMmntigÊaUe eniement,

Lta^Uot à chaque momtmt^

Nnii à TotAce que foi rendent

Ses pteds , de qui ses Joers dépendent. £jtv

La chose pr<;'udictal)ls est propre à nuire , pe avoir des suites f&cheuses. « Toute erreur c dangereuse , mais il n^j en a point de plus pi judidMe ni de plus pernicieuse dans ses suit que celle qui s'attache au principe et à la règ môme des meeurs, qui est la conscience. «Bocraj l*IV>mniage,tort.

Domv^age est un terme générique; il anaonc un mal, un déchet, un dépérissement, prodai par quoi que ce soit, même par on objet in animé. Le tort , au contraire , est toojoun foit pa une personne avec l'intention de nuire; c'est prc ppement une injustice. — Le doaisM^ peu résulter d'un incendie, d'une inondatina, de de gftts oommis par des animaux. Aa travers d'un mien pré cercain tnon passa, S'y vautra, non sans faire un notable dommagt A deux bottes de foin le dégât estimé.... lUc. Quittei-moi votre serpe, Instrument de dommage.

Uv.

«Loia de venger, avec une sainte compla'sance sur notre corps les dommmgei qu'il a causés! notre Ame , hélas I les plus légers sacrifices qof nous fiaisons i Dieu nous coûtent tant ! > Ïi5| Mais le tort suppose toujours quelqu'un qû i êort^ qui agit contre le droit. Aristide dit il a connu qui lui présenta une coquille , afin qu'il] inecrivtt le nom d'Aristide lui-même:* Voasa-ti &it quelque lort?»BARTB. « Ces gens si paisiUei sur les injustices publiques sont toiyours cea qui font le plus de bruit au moindre iort qu'ffi leur fait, a J. J. « Si j'avais quelque tort A me r procher ^ j'espérerais , en le repamnt , parvenir! le leur faire oubiier. • In.

Et lorsque le dommofs est aussi du fait d'à homme, on le considère en lui-même, comme plus ou moins grand, par exemple « plutâtqa« comm» une entreprise Tolontaire et coupable a G. Caton fut accusé et condamné pour caua de concussion, hes dommages qu'il avait ùiM au sujet de l'empire étaient pourtant bien pet da chose, puisqu'ils ne furent estimés qaelJ

valear de dix-huit mille sesterces Mais alon

on examiaait la qualité de l'ii^uslice commise, et aon pas jusqu'où allait le tort que Tiiyastice avait oausé. » Roll.

3* iPre)'iidise« d^frimsat, dam.

De ces trois mots» empruntés du latin , le premier est le seul dent on se serve communément; on dit un préjudice ^ an grand pr^udice, et s prëfudiee correspondent pr^judidàbU et pr^s-

3YN0NY1£S À BADIGAUK DIVERS

i^^ q«ii ma ont été fomé*. Mais àHtvmmiX et •I, auQs Ikmiile dans notre langue, nes'emvuBoX plus qa'ATec la préposition d : i son d^ffi€ia , à scm dam. Eneore oe dernier , dont on !Dt quelqna usage dans la poésie ])adine du nr ei du xvsr siècle , peut-il passer à préut pcnir «a archaïsme *.

Reste à découTrir quelle diflTérence il peut y oir entre préjudice et détriment, précédés de : an pn^/adsos, aa iétrimmit de telle penonne I da talla choM.

Fr^wdice, prsQiàdieimn, jugement anticipé,

éj9gé^ prévention, implique, ainsi que lovt,

dée d'usurpation, de la vioktion d'un droit ;

iliea q[ua d^irtflMMl, de deterere, user, dimi-

OK, dé:trmre, exprime sûaplement, comme

vrnmaffBj une dtft^oralton, un désavantage,

nepes-te. — Tarquin obtint la couronne au pré-

vUce des anfuotts du roi Ancas (Gond.); après la

lii d'Jkiz-la-ClMKpeUSp en 1T48, les puissances

\rélîeiuQas de rEorope eurent euTiron un mil*

m. d'boanaes sous les armes, au détriment des

ks et des professions nécessaires (YoltO.—Pss-

\ cntique Injustice de ses contemporains, qui

oient établir Tautorité seule des anciens au

i^icdsca da raisonnement, et, suivant Buffon ,

inomanclateurs ne multiplient les livres qu'au

IKmeitl de la science.— Les parents sont injus-

I quand , aa préjuiite de leurs enfants, ils

tr assignent arbitrairement un état (Bourd.) ;

' sénat ordonna au consul Lévinus d'accorder

XL Syraeasains tous les soulagements qui n'i-

lient point aud^Crtmenf de la république (Roll.).

Wm , FBÈSERT, 6BATIF1CATI0N, CADEAU. Ce

ifon procure, ce qu'on accorde ou ce qu'on cède

quelqu'un.

Quoique don et présent aient une signification lus difficile à déterminer que griOi^coXion et 9deau, il n'est pas néanmoins impossible de les istinguer d'une manière nette et sûre, ainsi que es nkots latins donum et VKVLnus^ auxquels ils «/respondeiit eiactement.

C'est ce que G ondillac a très-heureusement fait Isns le passage suiyant : « Le don est fait , dit-il, pa.r un supérieur qui n'est tenu à rien et qui ne donne que pour donner. Cest pourquoi nous nous serrons de ce mot toutes les fois que nous parlons des biens que la nature ou Dieu dispense : la beauté est un don de la nature ; les don$ du Saint- Esprit; le dos de sagesse, de science, etc. Le

4 . De rergent, dites-Tous ? Ih ! voili l'enclotiotre ! A y&tit dam, Vol.

Mmmm, qui n'est pas sage à ton dam? ScatKR. U j Tîeodn le drèle fxin renard i son terrier) 1 11 j vint â son dam, Làv.

n est fol i sea dmn. lo.

n se ptoarity dans m Jasteeolérey Be se Teoger dn tour qu'on loi Jouait, De biea punir tout Français indiscret.

Qui pour son dam passerait sur sa terre. Volt. iidlwrbe a dit en prose : « Si tous tous êtes mal «9>liqiié, ce sera à TOtre dam, » Et J. 1. Rousseau : a Si les hommes empoisonnent et tonroent à mal ^•01 ce que le désir de leur bonheur m'a fait dire tl fore d'utile , Cest à leur dam et noh pas au

pressai se (kit par amitié, par recosaaîssanee ou dans des vues d'intérêt. »

Sn d'autres termes, le don est un bienfait, an acte de libéralité; le pr^seiU est une offrande, une sorte d'hommage ou de tiibut, ce qu'on présente ne sachant pas si on l'acceptera et déairaot qu'on Touille bien l'accepter. Le don Tient d'en haut et n'a d'autre caractère que celui de la gratuité, d'autre objet que le bonheur de celui qui le reçoit; le pr^ietil Tient plutôt d'en bas, et toujours il se rapporte aux sentiments ou aux desseins particulien de oehii qui donne, sentiments d'affection respeetueuse , de déférence y de déTOuement, de gratitude, et desseins particuliers qui tendent à plaire , à gagner la fa- TOUT ou la bienTeillance» On comble, on enhchit quelqu'un de ses don» ; on s'empresse de reconnaître un bienfait , de témoigner qu'on aime une personne, ou on cherche. à corrompre un juge, par des présents. Le ciel Torse des dons sar la terre ; et la terre euToie dans le ciel d^ offrandes, oflre à Dieu des présents ^ ecmime l'ont fait au commencement Âbel et Gain (Boss.)» et, lors de la naissance de Jésus-Christ, les mages (Volt.). Orgon fait des dens A Tartuie (Mol.); un amant fait des pr^senlsà sa maUresse (Id.). Ghezles Romains, cehii qui triomphait distribuait des dons aux soldais (MoNTXSQ.), et une loi permettait aux magistrats de prendre de petits présents , pourra qu'ils ne dépassassent pas cent écus dans toute l'année (Id.). Vous direz très-bien un don du ciel, de Dieu, delà nature, et, en opposition, un prêtent des hommes, dutrsTail ou de l'expérience. Sui- Tant Donat, sur l'eunuque de Térence, le ion, donuin, est des dieux, et le présent^ maavs, est des hommes. « Les hommes préfèrent l'honneur àlaTerta même; et jugez quel égarement l La Tertu est un don de Dieu , et c'est de tous ses dons le plus précieux; Tbonnear est un présent des hommes, encore n'est-ce pas le plus grand. » Boss.

Vous Joignes à ces doiu (talents natarels) l'amour

des beaux ouvrages; Vous y Joignez un goût plos sûr que nos sdtfirages ; Don da ciel qui peut seul tenir lieu Ae% présents Qae nous font à regret le traTsil et les ans. Lat.

Cette première différence en amène une antre , qui a été signalée par d'Âlembert. Comme le don Tient de Dieu, de la nature , d'un roi, d'un homme puissant, d'un supérieur en un mot, il doit être par cela même , au moins pour l'ordinaire, plus considérable que le présent. Calepin aTaitdit que denam, le don, s'appliquait à de pins grandes choses, et inant4S, le présent, à des choses de moindre importance. « Quoi I Ton préfère des présents si Tains (du diable) à tant de bieitfaits si considérables (de Jésus-Christ)! Jésus- Christ fera comme un amant passionné qui, Toyant celle qu'il recherche gagnée par les présents des autres prétendants» multiplierait aussi les siens.... Pour détourner nos yeux et nos eceura des libéralités trompeuses de notre ennemi, a redouble ses dens jusqu'à l'infini. « Boss. Dans Gil Bios, don Alphonse donne à son ancien intendant la petite terre de Lirias, et lui dit modestement : 4 C'est un prdreni que noua poaToas vous ^

DEUXIËME PARTIE

faire sans nous incommoder. » liait GtlBIof, pins

charmé de son bon cœur que de son bienfait, lui répond : « Seigneur , le don que tous me faites m'est d'autant plus agréable , qu'il précède la connaissance d'un service que je tous ai rendu. » Lis.

Si, par exception, on peut dire f^éufU du ciel , comme le prétend le Dictionnaire de l'Académie depuis 1836 seulement, c'est quand il s'agit de choses peu importantes, agréables plutôt qu'utiles : les dotu de Gérés et de Pomone , les présents de Flore (d'Al.)- La raison est un don et l'amitié un présent du cieL Dans les Lettres persanes ^ une femme indienne, prête à se brûler pour son mari qui vient de mourir, apprend qu'elle va le retrouver dans l'autre monde et recommencer avec lui un second mariage ; elle se ravise et s'écrie : « Si le dieu Brama n'a que ce présent à me faire , je renonce à cette béatitude.» M0NTB8Q.

La gratification est un don , le cadeau un présent. Ce sont deux mots très-propres à bien faire .sentir et à confirmer au besoin la distinction cidessus établie entre le don et le présent,

La gratification , ce qu'on donne de son plein gré y spontanément, sans y être obligé, est un don en argent, une sorte de salaire surérogatoire qui dépend uniquement du bon plaisir et de la libéralité, c Louis XIV envoya une gratification à Corneille dans sa dernière maladie.» Volt. «Colbert fit donner mille francs de pension à qui aurait eu dix enfants. Cette gratification fût accordée aussi aux pères de famille taillables. » Id. « J'ajoutais à la somme que feraient mes gages au bout de dix années de service les gratifications que je recevrais de mon maître. » Las. < Julie donne toutes les semaines vingt batz de gratification à celui de tous les travailleurs , journaliers ou valets qui durant ces huit jours a été le plus diligent au jugement du maître. » J. J. c Un noble romain ne pouvait attendre pour récompenses des services qu'il rendait à l'Etat ni gratification, ni pension , ni aucun de ces bienfaits que les officiers ont coutume aujourd'hui de recevoir de la libéralité de nos rois. » Koll.

Le cadeau est un petit présent , et, en tant que présent , il a pour objet de plaire , d'être agréable, a Les cadeaux sont un petit commerce d'amitié fort agréable quand ils sont réciproques. Voulez.-vous me faire des présents qui soient pour mon cœur d'un prix inestimable, procurez-moi des loisirs , sauvez-moi des visites , etc. » J. J. « J'aurais fort soupçonné Mme d'Epinay d'avoir arrangé ce voyage pour donner au baron d'Holbach Tamusant cadeau de voir le citoyen amou> reux. » In.

DONNER, PRÉSENTER, OFFRIR. Transporter à quelqu'un la propriété ou l'usage d'une chose qu'on a , s'en dessaisir en sa faveur.

Donner exprime le fait lui-même; présenter et offHr en désignent les préliminaires. Nous donnons ce qu'on reçoit; nous présentons et nous offrons pour donner, en vae de donner^ afin qu'on reçoive. L'action de donner n'a lieu qu'autant que la transmission s'eflectue; mais pour quj celle de présenter ou d'offrir soitconsom-

mée, il suffit qu'il y ait prétentaÈim m «^ proposition , hommage , il n'est pas nèeei^^ ' que la chose passe effectivement à celui i qni ^ est présentée ou offerte, c Les gens de ee t^ seau virent six de ces géants (des PaUfais' dont ils s'approchèrent pour leur offrir dopait du vin et de l'eau-de-vie qu'ils refosérest,^ qu'ils eussent donné à ces matelots qui^ flèches. » BuFF.

Entre présenter et offrir la diflëreDce o'estfi moins frappante. On ne prétetite que descha présentes , qu'on met devant les yeux ou soos main; on offre tout ce qu'on met en arant (t /erre , porter» et ob, defiat, eoavaot), tout ( qu'on propose, et, par exemple, des choses sX sentes , abstraites ou à veut. Vont pràentex C bouquet ; vous offres des lenicei. Àncienueme^ on présentait à Dieu des victimes; oa M offu^ des hommages. « Le jour de U ctmsècnUoii , lii Arcadiens pr^ientèreia les victimes: ceux â Thèbes , d'Argos et de la Xeisènie of rtrcsii séparément leurs hommages à leurs divinités tutélaires. » Barth. Ou bien présenter les victimes^ c'était les amener devant l'autel, kur laire ùi»^ acte de présence , et les offrir sigâifiailVoffhM^ l'acte tout spirituel d'en faire homina^il&di vinité. c A Cythère on n'égorge }imais dam l'a ceinte du lieu sacré aucune victime; on jMBà seulement devant l'autel les bètes qu'os o|ri et on n'en peut offrir aucune quint sftitieo&e blanche , sans défaut et sans tac^e.... içn qu'elles ont été présentées devant l'autel, et 1b renvoie dans un lieu écarté où ellfê sont tipX' gées pour les festins des prêtres deUdcesie.> FÉN. oc On dit qu'on offre à Dieu ce qa'oiprf sente devant lui. » Boss. — On préMiûe, dt 11 main à la main , un verre , on mets , un rib(^ des fruits, une arme, une requête, un pla«(; on offre son cœur, des vœux, des honusigev l'occasion de faire telle chose, la liberté, sa p» tection, sa mort, choses immatérielles, et a offre de Caire, de dire, d'aller, etc., choses à i»* nir ou conditionnelles. Dans les tournois , c éul une dame qui présentait le prix de la vaillan» une récompense étemelle est offerte dans le m à qui pratiquera la vertu. Une ville présenktA grand nonibre de monuments; une questioi offre de grandes difficultés. On pràenle de l'argent; on offre un marché, la proprièlé d'iun chose moyennant telle sonmie. Yous préseRftf votre ami dans une maison ; vous o/frei ^ crédit à quelqu'un. Si on vous frappe sar tis joue, l'Ëvangile veut que vous pràêntte; so^ l'autre; c'est quelquefois un devoir d'flj^^ vie pour sauver celle de son semblable.

Une autre différence dérive de la piccêdentl Nous présentons afin qu'on prenne, en teoiii4 la chose simplement; nous offrons afin etifif le désir qu'on accepte ou qu'on agrée. JNk>{J marque plutôt l'action de la main , et offrir tm du cœur. Nous présentons de la nourriture î^ animal domestique ; nous offrons no3 homiDin à Dieu ou à une personne vénérée. Celui  pour remplir la cérémonie brûle de l'enc^ devant l'autel, le présente; celui-là Voffrt qui' présente avec les sentiments d'une piété h^^

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

. ble, tendre et sincère. La terre prétente en différents lieux des retraites aux animaux sauvages; la générosité de l'Angleterre offre un asile aux réfugiés de tous les pays et de tous les partis. On TOUS jprésetUe à boire quand vous l'aTez demandé; on TOUS en offre spontanément, par prévenance , pour le seul plaisir de vous voir accepter. Un domestique vous présente un siège à votre entrée dans un salon; une des personnes arrivées avant vous vous offre sa place. Un enfant présente le coude à qui veut le frapper; on o/)Ve la main ou le bras à une femme pour raccompagner ou la reconduire chez elle par politesse.

DOUCEUR , DOCILITÉ. Disposition à se prêter à ce qui convient aux autres ou à ce qu'ils veulent

Dinueur exprime une disposition active , et se rapporte à la manière de traiter , de se conduire ; doctttf^ signifie une disposition passive, et est relatif à la manière de recevoir des impressions , d'apprendre, de se laisser conduire. Avec de la douceur , on est modéré , paisible , on ne commet pas d'excès ; avec de la doeilitét on ne résiste pas, on se soumet aux idées, aux avis , à la direction des autres. La douceur empêche de malmener, et la docilité de regimber contre ceux qui nous mènent. La douceur défend ses opinions sans blesser personne; la docilité abandonne les nennes pour se ranger à celles des autres. Les chardonnerets sont doux , ils vivent en paix les uns avec les autres , et n'ont guère de querelles que pour la nourriture ; cet oiseau est également docôe, on lui apprend sans beaucoup de peine à exécuter divers mouvements avec précision, à faire le mort, à mettre le feu à un pétard, etc. (Bow.).

La douceur {dulcedo , de duleis , doux , suave, agréable, traitable) regarde les mouvements de l'flme; elle calme l'humeur, l'impatience, et inspire des ménagements. « Bienheureux ceux qui sont doux,... doux même à ceux qui sont aigres, n'opposant point l'humeur à l'humeur , la violence à la violence, s Boss. On loue dans le Télémaque « la douceur d'Idoménée, sa patience pour se laisser dire par Mentor les choses les plus dures, s Fén. « La girafe est un animal si doux , qu'on peut le conduire partout où Ton veut avec une petite corde.... C'est un animal doux, qui ne fait aucun mal. » Barr. «o.Mais la docilité {doeilitcu, de docere, enseigner, instruire) a rapport à l'instmction ; elle fait écouter les leçons et recevoir les conseils, c L'amour de la vérité est un amour humble et doeUe.... H n'y a de désirable sur la terre, que cette docilité humble et constante aux oracles de votre loi, 6 mon Dieu.... Donnez-moi cette doctltl^ d'esprit et de cœur qui soumet la raison aux vérités de votre loi s Mass. c Vous serez mon maître , quoi que vtus disiez. Je sens trop le besoin que j'ai de vos conseils.... Je sens qu'on ne peut guère réussir dans les grands ouvrages sans un peu de conseils et beaucoup de docilité. 9 Volt. « La docilité, qui consiste à se laisser conduire, à bien recevoir les avis des maîtres, et à les mettre en pratique, est proprement la vertu des écoliers, comme celle des maîtres est de bien enseigner. » Roll.

La douceur est plus générale et s'exerce envers tous les hommes, quelle que soit leur position: La docilité n'a lieu que de l'inférieur au supérieur, du disciple ou du serviteur au maître. On dit bien conmiander avec douceur , mais non pas avec docilité, on obéit avec docilité. Souvent douceur marque de la condescendance; c'est toujours de la déférence que docilité suppose. On voit dans une place élevée commander sans douceur ou avec rudesse la même personne qui, dans un éUt dépendant et subalterne, obéissait avec docilité (Mass.).

La douceur est une disposition naturelle ou du caractère, un penchant, un attrait, auquel on s'abandonne avec bonheur. La docilité peut être l'effet d'une résolution , d'un parti qu'on a pris par intérêt ou par raison. Une femme douce Test sans effort, sans avoir besoin de le vouloir, spontanément; une femme docile obéit, mais sans être' douce peut-être , par vertu , parce qu'elle croit devoir le faire.

Aigre, rude, féroce, soilt ^opposés à doux; opiniAtre, indisciplinable , rebelle , le sont à docile.

DROIT , JUSTICE. L'idée commune à ces deux mots est celle d'une manière d'agir envers autrui, drotie, juste, bonne, légitime, prescrite par la raison.

Droit, de direetum, rectum, regere, régir, d'où règle, ce qui sert à guider, à faire aller droit, signifie une chose. Jtutice est un terme abstrait, usité au singulier seulement, et qui exprime proprement une qualité.

Le droit est une chose , et la justice une qualité , la qualité de cette chose. « Y a-t-il un droit qui soit véritablement fondé sur la nature , dont on puisse démontrer la justice par des principes tirés de la connaissance de l'homme? » D'Ao.

Ou bien, et plus ordinairement, le droit est une chose, une chose à respecter, à observer, à suivre, une règle; etla;ux(tce est une qualité, la conformité à cette chose ou à cette règle. Le droit est ce qui est dû à chacun , et la justice consiste à rendre et à conserver à chacun ce qui lui est dû. On vous fait droit en décidant que vous avez droit , que le drot( est de votre côté ; on vous fait jiutice en déclarant que vous avez agi selon le droit. Il faut entendre de même , exposer à un juge son droit et sa justice (Mass.).

Le droit est objectif et a une valeur légale ; la justice est subjective et a une valeur morale. « L'homme voulut , dit M. de Barante dans ses Que:tiofis constitutionnelles, que Injustice, ce sentiment universel, cet axiome ineffaçable de l'Ame humaine , devint le droit , c'est-A-dire lût réciproquement reconnu par tous les membres de la société. »

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