‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 297 sur 426 · DURABLE, PERMANENT, CONSTANT, STABLE · texte numérisé non relu

DURABLE, PERMANENT, CONSTANT, STABLE

Qui demeure, continue, se maintient : un état, un sentiment durable , permanent , constant , stable. Suivant Heraclite et Platon, tout en ce monde est contingent, dans un flux et reflux perpétuel, rien n'est durable, ni permanent, ni con^' stant, ni stable.

Ce qui est durable ne cesse pas de sitôt; ce

lABUÊVE PARTIE

qui est permanent ne oeue jamais oa ne cesse p» pour reprendre ensuite, ne discoatmue pas; ce qai est constant ne change pas ; ce qui est stable ne bouge pas.

Durable et permanent se ressemblent beaucoup, ih regardent Vétte, au liea que constant «t stabk ont rapport au mode ou à la manitee : oe qui est durable ou permanent subsiste ; ce qui est constant reste le même, et o» qui est stabie reste à la même place. Ouvrage dorsale ou permanent; sentiment constant ou stable.

Durable et permanent diffèrent néanmoins.

Ce qui est éarabie dure , ce qui est permanent , comme ce qui est perpétuel , dure jusqu'au bout, c'est-à-dire tonjoare ou «ms interruption dans un espace de temps déterminé.

D'une part, permanent enchérit sur durable. « Le salut , voilà le bien àarable et permanent que nous devons rechercher. » Bourd. « Ces mots n'avaient pas fait dans sa mémoire des impressions durables et permanentes. • Bvff. La chose durable îst de longue durée. « Quelque solide et durable que soit la matière du granit , le temps ne laisse pas de la miner et de la détruire à la longue. » Burv. « Ce mouvement de Joie, plus rapide que l'éclair, fit bientôt place à un sentiment douloureux plus durable. » J. J. « Un loisir trop peu dwrahle. » YoLT. La chose permanente est d'étemçlle durée. « La figure du monde passe; mais la vérité de Dieu demeure éternellement, et nous serons permanents comme elle , si elle seule nous occupe. 3> FÉN. « L'immuable fidélité que Dieu garde à ses serviteurs s'étend à quelque chose d'immortel et de permanent. » Boss. « La gloire dont sont revêtus les saints n'est point une gloire passagère , mais permanente et qui durera autant que Dieu même. » Bourd. — D'autre part, la chose durable subsiste, mais oe peut être avec des intervalles: folie, peine,. souvenir durable. ]^ermanent, au contraire, annonce expressément une durée continue. « Dans la baie d'Hudson il y a des glaces formées par un hiver permanent de cinq à six ans. » Buff. «c Les cornes de la girafe ne tombent point chaque année , mais elles sont permanentes comme celles des bœufs et des béliers. » Id. « Les causes de ce phénomène nouveau peuvent être constantes ou variables , permanentes ou intermittentes. » Id.

Ce qui est constant ne se dément pas , ne s^altère pas, ne devient pas autre, n'est pas tantôt tel et tantôt tel , aujourd'hui haut , fort , ardent , carré, blanc, demain bas, faible, lAcho, rond, Boir. Santé constants (Volt.); biens constants Q. J.); fluidité contante (Buff.); la vert« est use habitude censta^te (Boss.). c II n'en est pas des animaux domestiques comme des animaux sauvages : leur nature, leur grandeur et leur forme sont moins constantes et plus sujettes aux variétés. » Buff. c Les législateurs ont pris pour modèle, au lieu de cette justice constante, les fantaisies et les caprices des Perses et des Allemands. > Pasg.

Ce qui est stable est fermement assis. « Les principes du plaisir ne sont pas fermes et stables, » Pasg. « Une famille est une société natu-

relle d'astadt plus sêabU, d'autant miens fondée, qu'il j a plus de besetna. » Buff. « Cajoanm sans appui ei qui s'ont 'rien de staUe. » Bourd. c Établir la vertu sur des fondemenlB dabies et inébranlables. « Is« « Yoilà des priaeipes sktbUs Contre lesqucla tons les raiaaanemenis m prévaudront junais. » iD.

WMÉSR, TEItPSw GooditioneaseKtidUe deTetisteoct : tout ee qui est om. arrive m oofiçoît néeesBsdrement en rappoirt avec la dmrée on le tetnps.

Durée est passif et abaoibi; tempê^ actif et rtlatif.

1* DvBTée est passif, sa tenainaisoB rindique asseï : laduv^ est qaelqae chose de donsié, de reça , une qualité dont oa possède plus osa moins. vi Vue diarée plxïs longue de dix mille ans que celle que Dieu a donaée à son ouviage «etwl toiLjours égalesMot dispropMtioimèe à Vëlenntè. » Fin. Mais le temps eat un agent ou ià se considère par Tiqiport à des actions , à dea travaux ou à des événements : It temps vole, coule, dévore tout , amène des changements ; ob dit le progrès du tisnps (Bose.). Le tempe a été pexsaninfié par les poètes :

Sur les attes da Tmqfg la liiitesae s'envole. Liv. « L'homme entraîné par le torrent des iwiptne peut rien peur sa propre durée. » Boff. — Les objets inanimés, parce qu'ils sont inadils, etks êtres vivants , lorsqu'ils m'usent point de léor activité, durent, ont une dssrée^ mais le mot ée temps leur est inapplicable. A notre dasrtfe pendant le sommeil ajoutez le temps etupkejè aai fonctioBS animales, et voyes ce qui resàe (Volt.). a Les animaux sont soumis et réduits en sirviuide, oa traités comme rebelles et dispersés; leur industrie est devenue stériie , leurs faibles arts ont disparu; ils ne peuvent que ramper ou fuir, se perpétuer sans se multiplier, perdre en on mot par la durée autant et plus qu'Us n'avaiect acquii par le tempe. »Bufv. — Notre diir^e est tout ce qui nous a été accordé d'existence; notre (empf en est ee que nous employons oa pouvons employer à agir.

2* Durée est absoJn, et tessps relaSi/; de là vient que durée ^ à la différence de tewfps, ne se dit qu'au singulier. La durée est oomne l'espace , une chose indéfinie, illimitée, sasa bornes; le temps, au contraire, est particttUer, c'est une portion de la durée, « Le temps est une partie ou la mesure de la dur^e. » Volt. « Les êtres existent dans une certaine portion de la dmrée qu'on nomme leinps^ et peuvent exister dans tant autre tsmpe; mais une partie conçue de la éarés, un Umpf qeeieonque, ne peut être ailleara qu'oà il est; le passé ne peut être avenir. » in. * Le tetsfs n'est autre chose que la durée de la créature. « P. R, c Voilà deux toMpSy voilà deux eqpaoss de durée que le texte sacré nous force à reconnaître. B B^tff. m Votre chronologie se traîne avec peine à-cinq on six siècles au delà de la guerre de Troie, après quoi les temps finissent pour vous; vous n'apercevez qu'un peint dans la durée ainsi que dans l'eqpace. » Babth.

Lets même que la durée est particnlarisée, conçue par rapport à un oi>jet, eUe reste abso-

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

lue néanmoins en ce qu'elle marque un tout dont le mot temps ne désigne qu^une portion. « La durée totale de la vie peut se mesurer en quelque façon par celle du temps de Taccroissement. » BuFF. Ou bien durée est absolu parce qu'il signifie un temps en soi, indépendant de Thomme et de sa mesure ou de son estimation, t Ce sommeil fut profond, dit le premier homme, mais je ne sais 8*îl fut de longue durée, n'ayant point encore ridée du temps et ne pouvant le mesurer. »Boff. Bnfin , durée est absolu en ce qu'il représente l'étendue d'un événement en lui-même , du commencement à la fin; au lieu que temps exprime ré|K>qu6 de la production par rapport à d'autres

époques, sa position chronologique, où il Terprime avec des accessoires étrangers à l'idée conmiune. La durée ou le temps d'une éclipse, de la guerre de Troie, etc. La durée du règne d'Alexandre a été courte ; le temps de son règne doit être placé entre telles et telles années , il a été glorieux pour la Macédoine , marqué par teb ou tels événements , etc.

Z>ttr^e signifie une qualité tellement pure , abstraite , mathématique , qu'on dit bien la dtir^e du temps , le temps étant supposé par ta même comprendre autre chose. « La durée du temps pendant lequel les eaux couvraient nos continents a été trës-loogue. » Bdff.

ÉftAVCHE p SSOrnSSB , CRAYOIf , GROfift^lS , CANEVAS. Ces termes , tout relatifs aux arts du dessin d*abord et ensuite aux compositions littéraires, ^annoncent quelque chose d'imparfait.

Vébauehe est le tableau commencé , le tableau auquel on a donné la première forme , ou mis la première main. Perfectionner une première ^aiie^(BDFF.}. « Dieu a fait le monde en six jours , lui qui pouvait , par un seul trait de sa miûn, mettre Vébauehe et le fini dans son tableau. »Boss. « Ce n'est là qu^une fauche du personnage; et, pour en achever le portrait, il faudrait bien d'autres coups de pinceau..» Mol. « Cette comédie n'est qu'une ébauche que je n'ai ■ eu ni le temps ni la volonté d'achever. » Volt. « U m'a fallu mettre un an & polir ce qu'une semaine avait ébauché. > In.

Agrées qae m'a muse Achève un jcrar cette ihaoeke confuse. L&f.

Vesquisse est antérieure au tableau , c'en est la première idée qu'on a jetée sur le papier ou sur la toile. « L'auteur ne regardait cet ouvrage que comme une esquiue et une espèce de projet. » D'Al. «Le complot de Minerve et de Junon sollicitant le secours de Vénus, le feu dont Médée br41e en secret (dans le poème des Argonautes d'Apollonius de Rhodes), etc., tout cela est évidemment Yesquisse d'après laquelle Virgile a peinl le plus beau tableau de l'antiquité. > MAaif . «Je vais tracer V esquisse de son éducation, telle que j'en avais conçu le plan sur ce que j'avais connu jusqu'ici de son caractère et de vos vues.» J. J. « Quant à mon buste (qui devait être de marbre) , on s'est borné à une mauvaise esquisse eo terre. » In.

Donnez à Vébauehe toute la perfection possible , et l'ouvrage même sera achevé ; donnez à Vesquisse toute la perfection possible , et vous en ferez un excellent modèle, ou un excellent plan.

Quelquefois aussi Vesquisse est postérieure au tableau, et, au lieu d'être un modèle ou un projet , c'est une copie. Il se peut que mes hypothèses (sur les Époques de la nature) soient contestées, et que mon tableau ne soit qu'une esquisse très-imparfaite de celui de la nature. »

BoFF. c Si le traducteur manque de demiteintes, ou s'il ne sait pas les former du mélange de ses couleurs, il ne donnera qu'une esquisse, d'autant plus éloignée de la beauté du tableau, que celui-ci sera mieux peint et plus fini. » Mark. « Il est impossible de donner la moindre esquisse de la manière d'Anacréon : il y a dans sa composition originale une mollesse de tour, une douceur de nuances, une simplicité facile et gracieuse qui ne peuvent se retrouver dans le travail d'une version. > Làh.

Dans tous les cas, Vébauehe est le tableau, la chose même qui doit rester et qui demande seulement à être travaillée davantage; Vesquisse est , non la chose ou l'embryon , le germe de la chose, mais sa représentation préliminaire ou ultérieure.

A quoi il faut ajouter encore que le mot d^ébauche est relatif à la forme et à l'exécution; et cehii d'esquisse y,^\i fond et à l'idée. Tout n'est que dégrossi dans Vébauehe y tout n'est qu'indiqué dans Vesquisse. Une bonne ébauche annonce une main habile; une bonne esquisse est d'un génie. La fharsak n'est que Vébauehe d'un beau poème parle style, qui est inculte et raboteux, par le défaut de variété dans les tons et dans les couleurs (Mark.). « VHistoire universelle de Bossuet est une grande esquisse où on admire un génie aussi vaste que profond, qui, dédaignant de s'appesantir sur les détails frivoles, voit et juge d'un coup d'œil les législateurs et les conquérants , les rois et les nations. » D'Al.

Le crayon est une esquisse légère; car c'est une esquisse faite au crayon et non pas peinte. Cest un dessin , une ombre , une délinéation , qui ne donne qu'une faible idée d'un projet d'ouvrage. Molière dit de Y Amour médecin : « Ce n'est ici qu'un simple crayon y un petit im-» promptu, dont le roi a voulu se faire un divertissemeirt. v « Je vous ai envoyé une esquisse de VSistoire de VEmpire de Russie sous Pierre le Grand.... Je ne vous ai envoyé ce léger crayon qu'afin d'obtenir de vous des renseignements. » Volt. « De même que ce qui nous parait quelquefois de si subtil et de si inventif dans les animaux n'est qu^une ombre des opérations immortelles

DEUXIËHE PARTIE :

de l'intelligence des hommes, ainsi les connais^ sances humaines ne sont qu*un crayon imparfait de la science des anges. « Boss.

Le croquis est une mauvaise petite esquisse faite ou brochée en courant. « Nous eussions bien désiré que ce dessin (de la girafe) eût été un peu mieux tracé ; mais ce n*est qu*un croquis informe et dont on ne peut faire aucun usage. » BuFF. « Au lieu de ce croquis informe et glacé, il y avait là le sujet d'un tableau. > Lab. « Je ne finirai pas cet article sans déplorer cette misérable ressource.... de s'emparer de nos plus belles tragédies pour les réduire à des croquis informes. » ID. « M. le duc de Richelieu m'ordonna absolument de faire en un clin d'œll une petite et mauvaise esquisse de quelques scènes insipides et tronquées. J'obéis : je fis très -vite et très^mal. J'envoyai à M. de Richelieu ce misérable croquis. » Volt. •

Le canevas ^ à la différence du crayon et du croquis^ ressemble plus à Vébauehe qu'à Yesquisse : c'est le commencement d'un ouvrage et non son idée. Mais Vébauehe demande à être achevée, finie, perfectionnée; et le canevas à être brodé ou rempli. Vébauehe est un premier travail qu'on continue ; le canevas est une première partie qu'on a préparée soi-même, et presque toij^ours qu'on a reçue d'un autre, et sur laquelle on travaille, on distribue ce qu'on a conçu. « Les pièces de l'ancien théâtre italien n'étaient ordinairement que de simples canevas sur lesquels improvisaient les acteurs. » Acad. ft Si ce canevas (de moi) vous parait raisonnable , vous le broderez. » Volt. « J'ai fait une grande sottise de composer un opéra; mais l'envie de travailler pour un homme comme M. Rameau m'avait emporté.... Je lui mandais, il y a quelque temps , que j'aurais plus tôt fait un poème épique que je n'aurais rempli des canevas. » In. « Molière avait au moins les canevas de ses premières pièces préparés , puisqu'elles se succédèrent en si peu de temps. > Id. < Corneille travailla à VÀveugle de Smymey tragi-comédie des cinq auteurs, dont le canevas était de Richelieu. ' Id. < Voilà le canevas de ce que je vous supplie de vouloir dire pour moi à cette dame. » Rac. « Quinault n'a d'autre mérite que celui d'avoir fourni les situations et les canevas auxquels LuUi a fait recevoir la profonde empreinte de son génie. » Vàuv.

ÉCARTER, ÉLOIGNER, DÉTOURNER , SÉPA- RER. Mettre à une certaine distance.

< Éloigner est plus fort qu'écarter, dit d'Alembert dans VEneyclopédie : un prince doit éloigner de lui les malhonnêtes gens, et en écarter les flatteurs. »

Ce qu'on écarte est mis à une moindre distance que ce qu'on éloigne. En effet, écarter ^ c'est porter ou envoyer de côté, hors d'ici, hors de là, et éloigner veut dire porter ou envoyer loin d'ici , loin de là. Des lieux écartés sont peut-être tout près, dans le voisinage, mais retirés, solitaires, peu ou point fréquentés; des lieux éloignés sont lointains , situés à une grande distance. « Sans . %* éloigner directement du but de son institution, ' le gouvernement peut s'en écarter plus ou moins '

selon la manière dont il est constitue. » J. J. Rollin dit en parlant du péril dont Rome fut menacée à l'approche des Gimbres : c La Providence prit soin ^écarter d'abord et ô! éloigner 2e danger. 9 — On écarte ce qui gêne , embarrasse ou fait obstacle; on éloigne ce qui nuit, ce qui, par conséquent , inspire de Véloignement ou de l'aversion. On écarte un témoin incommode en le faisant mander par quelqu'un ; un prince éloigne un citoyen dangereux en l'exilant.

Détourner^ c'est écarter ou éloigner une personne ou une chose de son but, l'empêcher d'y aller et la diriger ailleurs. On détourne les soupçons en les écartant ou en les éloignant de ma* nière à les faire tomber sur un autre. Pareillement, d^loumer l'orage, c'est non -seulement s'en préserver, mais encore faire en sorte qu'il aille quelque autre part. Vous écartes les jambes , vous détournes U vue. Vous vous ^earte;s ou vous vous éloignes du devoir, en vous en détachant plus ou moins ; si vous vous eu d^toumex, vous êtes dans la voie de perdition , attaché au vice. On dit écarter et éloigner de ou d'auprès*, mais on peut dire détourner sur : « Aristide luimême exhorta les Athéniens à détourner sur lui les peines que méritait leur parjure. » Baith.

Séparer y c'est écarter ou éloigner Tune de l'autre , ou les unes des autres , des choses ou des personnes qui sont en.semble , les distinguer ou les isoler. Au lieu qu'on ^carle , qu'où éloigne et qu'on détourne de , on sépare d'avec r séparer les chairs d'avec les os (Acad.). On s'^carfe, on s^ éloigne et on se détourne d'une personne quelconque; on se sépare de celle avec laquelle on cesse d'habiter , de vivre ou d'être uni.

ÉGLAIRGIR, EXPLIQUER, DÉVELOPPER. Faciliter la connaissance des choses.

On édaircit ce qui est obscur ; on esplique ce qui est non compris ou caché; on développe ce qui est réduit, abrégé, contenu en trop peu de mots. On éclaircit une chose; on explique ce qu'elle signifie , quelle en est la cause , de quelle manière elle a été faite ; on développe une chose tout au long, avec détail. Pour éclaircir^ il iaut répandre de la lumière ou dissiper des nuages; pour expliquer, il faut ou donner le sens, ou indiquer le pourquoi ou le comment; pour développer , il faut étendre ou exposer amplement.

On ^elatrctl des faits douteux, des affaires embrouillées , des antiquités sur lesquelles il reste peu de renseignements. « Une fausse accusation sur des faits peut être aisément ecZatrete. » Moh- TBSQ. « Vous voulez que nous éclaircissions vos doutes. » Mass. « Cette lettre éclaircit les affaires du monde les plus embrouillées. » Pasg. « L'Ëglise a éclaird tous les articles sur lesquels les hérétiques ont voulu répandre des nuages.» Conn.cLes curiosités des rits judaïques peuvent servir à ^ctotrctr l'Écriture. » Boss.

On explique des figures , des mots , des mystères , des secrets , des énigmes . des phénomènes. « Ne sommes-nous pas demeurés d'accord de ne point expliquer ce mot et de 1^ dire de part et d'autre sans dire ce qu'il signifie ? • Pasc. « Mystères, secrets, qu'il n'est pas permis même à saint Paul de nous découvrir , et qu'il est beau-

SYNONYMES A RADICAUX DIVERS

conp moins en mon poayoîr de tous expliquer. » ' BoviiD. c n deyait revenir quatre jours après et expliquer les énigmes proposées par les mages. » ToLT. « Il n'y a qu'à esepliq'uer quelles sont les conditions essentielles d'une communion sainte et utile. » Mass. — c La mort de Jésus-Christ devient la grande preuve de la vérité des Écritures ; c'est elle seule qui en justifie les prophéties, qui en développe les prédictions , qui en éeîaireit les obscurités , qui en explique les figures. » Mass. « La chute de votre frère était publique : c'est-àdire on savait confusément que sa conduite n'était pas exempte de reproches; et vous venez en détailler les circonstances , en éelaircir les faits , en développer les motifs, en expliquer tout le mystère. 3» Id. «Tout parle dans l'figlise : tout y sert à en expliquer les canons , à éelaireir les antiquités , a établir la vérité. » Boss.

On développe ce qu'on étale en quelque sorte sous les yeux, des ressorts « une intrigue, un plan, un système, ou bien ce qu'on éclaircit ou ce qu'on explique longuement. « Dès qu'on fit mine de le mettre à la question, Xychus avoua tout, développa toute l'intrigue* des ambassadeurs. » RoLL. a Sophocle et Euripide auraient admiré comme ce conjuré développe ses desseins.» Volt, c L'Eglise, dans les premiers conciles, a éclairci et développé aux fidèles des révélations de Dieu qui jusqu'alors ne leur avaient pas été à tous si distinctement connues. » Bourd. « Il est bien certain que j'ai expliqué cette vérité avec plus de soin que M. de Chartres ; mais il eût fallu un trop long discours pour d^eiopp^ tout cela.» Boss. « La proposition fut faite au peuple par le tribun. Mais il fallait qu'il se trouvât quelqu'un qui parlât sur ce sujet, qui Vexpliqudtj qui le développât à la multitude avant que l'on allât aux

voix. 3) ROLL.

c Les éclaircissemenU , dit Beauzée, répandent de la clarté; les explications facilitent l'intelligence; les développements étendent la connaissance. «

ÉCOLIER, iLÈVC; — DISCIPLE. Qui prend des leçons de quelqu'un.

On enseigne Vécolierj on lui apprend ce qu'il doit savoir, c Voulez-vous enseigner ce que vous avez appris et devenir mettre de géographie, ou de mathématiques, ou de langues, ou de musique , ou de dessin; pour cela même il faut trouver des écoliers, » Jf. J. « Sur les bancs d'un collège..., qu'importe à un écoHer de savoir comment s'y prit Annîbal pour déterminer ses soldats à passer les Alpes? » Id. « Il y a dans cette traduction des endroits faibles , et même quelques fautes contre le sens que des écoliers un peu forts apercevront. » Roll. — On forme Vélive , on lui apprend ce qu'il doit être, ou la profession* qu'il doit exercer. Un grand peintre , un grand capitaine , les habiles praticiens en quelque art que ce soit, ont ou font des élèves, et non des écoliers. Us les dressent, ils en font de bons peintres, de bons capitaines^ de bons praticiens. « Les Grecs exercèrent tous les beaux-arts chez les Egyptiens sans pouvoir former d'élèves égyptiens. » Volt. «Luxembourg, V élève du grand Condé, » Id. s Élève de Fènelon, le duc de Bourgogne aimait

ses devoirs. » Id. < Parmi les Athéniens , les grands hommes se feront un honneur de former des élèves. » Cond. « Galvia Crispinilla avait eu Néroh pour élève de débauche. » J. J. « Viens chez moi, dit le docteur Sangrado à Gil Blas; je t'enseignerai le grand art de guérir toutes les maladies; tu seras plutôt mon élève que mon valet. » Lbs. «Je veux marcher sur les traces de ces héros, et prouver que j'en suis un digne élève. » Id. « Mme de Soubise remit son fils au cardinal de Noailles pour se reposer entièrement sur lui de toute son éducation ecclésiastique.... Il le mit àSaint^Magloire et choisit des gens pour former et veiller sur ses mœurs et ses études. Les charmes de la personne de Vélève furent secondés. 9 S. S.

Naguère encore les enfants des grands étaient ^ confiés à des gouverneurs, dont ils étaient proprement les élèves^ parce que ces maîtres veillaient sur leurs mœurs et la formation de leur caractère aussi bien que sur leurs études. Alors on appelait écoliers les enfants qui fréquentaient les écoles et les collèges, étant supposé qu'ils y rece* valent seulement des leçons suivies pour apprendre ce qu'ils ne savaient pas, qu'ils y faisaient des cours de mathématiques, de langues, d'histoire , de géographie , de musique, de dessin ; et ce nom s'appliquait aussi à ceux que les maîtres allaient trouver chez eux à aes heures réglées pour leur donner un semblable enseignement. Cette opposition est à chaque instant marquée dans VÉmile de .J. J. Rousseau. De nos jours elle a disparu avec l'usage des gouverneurs. Il n'y a plus guère que les enfants qui apprennent à lire et à écrire chez les maîtres d'école qu'on appelle écoliers. Les jeunes gens de nos collèges portent le nom d'élèves : élèves internes, élèves eiternes; c'est que leurs maîtres sont en même temps leurs gou. vemeurs , c'est que , au lieu de se bornelr à leur communiquer certaines connaissances toutes théoriques et jugées convenables à une belle éduca- « tion , ils cultivent en eux le cœur et les dispositions morales en même temps que celles de l'esprit; c'est aussi qu'ils les préparent à diverses professions, et de là vient qu'ils ont le titre de professeurs , et qu'à l'égard des jeunes gens des écoles spéciales en particulier , le nom d'élèves est seul usité : élèves de TËcole de droit, de l'École polytechnique, de l'Ecole de médecine, de l'Ecole noimale, de l'Ecole militaire.

D'ailleurs, le terme d'écolier est très-peu noble, à cause de sa terminaison qui indique un métier : on afl'ecte de ne pas prendre et de ne pas donner la qualification qu'il nprime. Autrefois, et l'Académie parait penser que cela convient encore aujourd'hui , il se disait particulièrement bien de ceux qui étudiaient un art non libéral : un maître d'escrime , un maître de danse , un maître d'équitation avaient des écoliers.

Deux autres caractères ont distingué et distinguent toujours ^coïier. —D'abord il représente les habitanU ou les habitués des écoles et des collèges sous le rapport de leurs mœurs . de leurs habitudes et de leurs jeux , plutôt que sous celui de leur instruction ; c'est comme une nation ou une classe à part: physiologie de l'écolier ;de$ écoliers

D£UXIEX£ PART» i

en prwiiOMàêy m réeréitioD , en faeaares. « Je suis en la meUletire santé du noade, et faisant quatre i«pas par jour oonmeun Aïoitsf. » Busst. c Dans cette plaine des iooliên s'aMuaaieat à giûr der des cerfr-ToUnta. » J. J. < Il manqua à l'Italie la police générale. Les éeoUên de Padoue t'étaient accoutumés à assommer lea passants, » Volt, c Lorsqu'il se mcontre quelque juif à VarsoTie hors du temps des diètes , on lâche Us écoliers dessus, qw ont droit sur leurs porionnaa.»

RiOR.

j^nsi lorsqu'ln un eotai, qui leur tient lieu d'tsfle, lyécoli^rt liberUoi une troupe indocile.

Loin des yeux d'un préfet an trai ail aasiiu, Va tenir quelquefois, on brelan détendu^.. Bop^

« n te donne six réaux par jour, arec la liberté de te promener et de le dîTertir comme un éeolier dans les Taeances. » Lbs. * Ensuite, ^eolter désigna celui qui étudie seulement pendant qu'il étudie, pendant qu'il est sur les bancs, au lieu que la qualité à^iUtte et de dffoi>2s desMure toujours. Aussi icoUtt a-t«il souyent le sens de novice, d'enfaat ou d'homme qui sur un certain objet en est «icors aux éléments, qui apprend encore et «a a besoin. « Youa n'êtes qu'un éeo- Iwr auprès de lui. » S| S. « Il eut toute sa TÎe le style le plus écolier, » Boil. c Isocrate, dit Longin , est tombé dans une foute de peth éeolior. 9 7ÈK. c Sertorins dit qu'il apprendrait à Yéooliêr de Sylla, c'était ainsi qu'il appelait Pompée» qu'un général doit plus re^mler derrière que devant

soi. 9 R(M.L.

Discipts , seul traduit exadement d'us mot latin ayant la signification commune aux synonymes comparés ici , est le plus noble des trois. Il marque adhésion aux principes , aux sentiments d'un maître, soH qu'on l'ait entendu lui-même , ce que supposent toujours ëeoHer et élhe^ soit qu'on n¥n ait connu les opinions et les pensées que par écrit on par tradition. Ce mot s'emploie 9 en matière do doctrines : il se rapporte à la croyance, et non à la science comme les deux autres. «Un dssetple de Gorgias , nommé Callidès.» Vin, « Plus de trois cents diteipUi s'attadièrent à Pythagore. » In. « Les philosophes avaient un lieu fixe où ils asesmblaient leurs disotptst. m Id. c Arnaud de Brescia, diteiple d'Abélard. s Volt. «Xérême de Prague, dûeipU de Jean Eus.* Id. c L'ambition d'avoir des diidfies s'empara tout entière du cœur de Mme Guyon. » In. « Des dis^ eiples de brames se brûlent pour rendtre bienheureux, s In. « On distinguera toujours le diteiple des philosophes à l'abondance de ses moyens.» Mabv. -* One s'il se dit aussi en général de celui qui apprend ou a appris d'un maître les sciences ou la littérature, c'est dans le grand, ce n'est jamais en parlant d'une profession , c'est sans aucun rapport à l'éducation morale, et c'est toujours aveo désignation du maître. < Je respecte les Italiens comme nos maîtres (en littérature); mais il fkut avouer qu'ils ont fait de bons dûeipies, ik Volt. « Tous les parlementa du royaume, dont les membres avaient été pour la plupart les disciples des jésuites, ont saisi la première occasion de les anéantir. » In. « Les Bemouilli ont été les dignes disciples de ce grand homme (New-

ton). » In. « Les saints sriitasres iUnstrea de Port'Royal, qui firent de si grands di«cipief.» S. S. « Dana l'art de parier et d'écrire , aprèa avoir été les difsiples des Grecs, les Romains ma devinrent les rivaux. » Uxvit. «Pétrarque «t Boccaoe lîtrent les disstjtkt d'un savant du Thanalonique; mais, à la prise de Gonsftantt&opla » ce M une émigration de gêna de lettres, échappés des minaa de leur pairie et réfugiés en Teeoan«. » lo.

1* lÈCONCNttlE, HfcNAGB; — 2» ÉPARGRK, PABfiniOMIB. Qualité inlermédiazro enfn l'avarice et la prodigalité. '*

Économie et ménage marquent de l'habilité et un oertahi talent d'administiaUon. ÉpmrgmÊ et parcimonie se rapportent à la quantité dépensée des objets et au caractère de la personne qui en use. Véeonomie et le ménage peuvent èUe mal entendus; l'^r^ne et la ]Niretuio«îe peuvent ètm immodérées. Un homme cet dconoiie, bon manager, il est trop ou pas assez épafgnasU ou poretmonMUv, il a l'humeur trop ou pas asaez épargnante ou paretmomsute. Il faut savoir éeo^ nomiser et ménager; il faut avoir la force, le eousege d^épargner , et plus on épœrgne , plus il reste. Quand r^oofiomte et le ménage ont vainement inventé ou combiné toutes aortes de moyens pour sauver une fortune, il faut insn, quoi qu'il en coûte, se résoudre à employer Vépargns et la pat^monte. ^ On dit également faire des ^nomtes et des épargnes ^ e'est-à-diie des réserves sur ses dépenses ; mais lea économies proviennent d'une excellente mamitention , et les épargnes des privations qu'on s'est imposées, ou bien ce qu'on en considère uniquement, c'est qu'elles sont plus ou moins grandes. •* On dit aussi ménetgsr et épargna ^ pour user des choses ou traiter les personnes avec mesire; mais celui qui ménage le fait avec dessein et prévoyance; celui qui épargne le fait sans calcul. On ménage les personnes dont on présume qu'on aura besoin; un vainqueur épargne les vaincus , parce qu'il est enclin à la clémence.

1« ^oofiemis , ménagé. Qualité du genre de la prudence, laquelle consiste à savoir régler sa dépense à la manière d'un sage intendant.

j^commHV, en grec elxevofita, du mot elxe«, maison , et de v6(io< , loi , règle. JTi^fia^e , mes* nage , est un mot barbare ou d'origine Tulgaire qui signifie aussi maison. Mesgnîiey dans Micod, veut dire fismille.

Économie se dit de l'fitat ou des fortunes considérsUes. « Malgré lee dépenses que de grandes guerres lui causèrent, l'^iiomie de Louis ZU fat si grande, que jamais il n'augmenti les charges du peuple. » Boss. « On a vu les biens de Le Tellier accrus naturellement par une pré> voyante économie. » lo. < Avee V économie du fils et du petit-fils, il est demeuré aux Villeroy des biens immenses. » S. S. « Les grands négligent de rien connaître à leurs propres affsires, ils ignorent Vécwnomie et la science d'un p^ de famille, se laissant appauvrir et maîtriser par des intendants, » Labb. « Possédant envirea deux millions de rente, le père de Condé donna dans sa msison l'exemple d'une économie que le cardinal Mazarin aurait dû imiter dans le goo-

SYNONYMES À RADIGAUX JNVERS.

Temameat de rËtai. » Volt. « Lm snods étih blinements «a tout genre avaient prodigieusement cûûté (aoua Louia W), et Vécanomiê m lépênix ptt» le décangement de cee dépenaee ibroèea. » lx>. « Une avidité extsloie, jointe à une éeMOVMe pratiquée constamment et avec intdllîgence, donna moyen à Ciasana d'acqnérir ces prodigieuees riehesses. > Roll. — > Le ménage, an contraire, convient anxin^irui^, aux petites familles et aux petites fortaoes. Bossoet écrit à la supérieure d*un couiwnt : « J*ai reçu par ordre de Mme de Mintenon cinq cent soixante livres. Ueez de ménage; ne songez point tant à donner qu'à payer ce qne tous deves. » Sans la fable intitulée le Baua Bt le Ka/rehand^ on conseille à un berger de se délaire d'nn dogue qui mange trop :

Loi berger, pmriilus de ménage , ▲erait deux eo trote uâtlaeiox ,

Qui, lui dépensant notes, veilieraientaus Iroupesm Bien mieoK foe cette bêle seule. JUv. mie ét»ii ménagère,'

Elle eousatt, filait, i^ali IrèMoaigre cbère. V01.T.

c Moi arare / dit Caton. J'étais bon ménetger; je ne voulais laisser rien perdre; mais je ne dépensais que trop. 9 Fim. « les Tyriens sontindustriem, patients, laborienz, propres, sobres et w^énagere, ... Si les premiers de la nation méprisaient le travail et lVcoiio«M0.... » In. — Véeonomie regarde les maris ; c'est à eux à diriger l'emploi des biens de la communauté. Le ménage est du ressort des femmes ; elles doivent veiller à TentretieB de la maison, ordonner des consommations journalières, et empècber le gaspillage intérieur.

L'^eonomie opérant plus en grand, n'exehit pas les avances et les combinaisons diipendieusee dans l'intérêt de la recette et de la prodnctioD. Le métage^ au contraire , ne va guère qu'à conserver. — On appelle ^sonofiuéf et non pas ménsgesy les fruits d'une babile conduite des afitairea domestiques; et on dit, d'autre part , èUe ménager^ et non pasiceneme, de sa santé.

2* Épargne , parcMnonie. Qualité du genre de la tempérance, laquelle consiste & modérer sa dépense, à se content» de peu, à la manière . de ces austères républicaine de l'antiquité, obez lesquels la pauvreté et la frugalité étaient en bonnenr.

Ces deux mots ont même racine , parum^ peu , porcMS , qui possède pen , en médiocre quantité. Mais la terminaison de parcimûnie étant diminutive (voy. Jr partie, p. 309), û désigne une petite épeurgme , ou une épargne qui porte sur les petites dièses, qui segarde aux ptu petites ^iépenses. Bessuet dit des Bomaias simplement : « Nourrir du bétail, labourer la terre, se dérober à eux-mêmes tout ee qu'ils pouvaient, vivre éf épargne et de travail : voilà quelle était leur vie. » Mais Montesquieu voulant faire entendre «pie cette épargné élait poussée Jusqu'aux plua petHs deuils, comme il convenait iun peuple pauvre, s'exprime ainsi : « Alors la frugalité , la pardmonie et la pauvreté faisaient le caractère distinctif des Romains. » s Les bras, Femplol du temps, bi vigilance, l'austère parsîmome r Yoilà les tréson des Géoevoia. » J. J.

c La moindre libéralité arracbée i l'anstèoe parenneitte de Galba eût. pu lui concilier les esprits» » In. « Sully enrichit TËtat par une éù^ ftemieeage, que secondait un roi aussi paitei-* moniewB que vaillant. » Volt. Vépargna peut être sordide, la pa/rdmonie mesquine.

D'ailleurs, la parMmonie se prend toujouia pour une qualité ou une disposition , et jamais, comme l'^par^rne, pour un fait, un trait ou le bénéfice qui résulte de l'action d'épargner: faire des épargnes (Boss.), amasser des épargnes (Volt.) , bâtir une maiaon de ses épargnât (Fin.). « Il s'engage à prendre ma fille sans dot. C'est pour moi une épargne considérable. » Mol. « Cet arrangement leur vaudrait des épargnes cooaidérables et de soucis et d'argent. » J. J. « Sur la somme qui lui avait été fournie par l'Etat pour la dépense de son année , Cioéron se trouva avoir fait une épargne considérable, qu'il n'eut garde de s'approprier. » Roll.

ÉCRITBAD, INSCRlPnOH, £PIGRAPEE. Mota tracés, imprimés ou gravés sur une chose pour donner quelque renseignement ou connaissance* aujpubh'e.

Èeriteau est firançais : c'est un petit écrit. InseripSkm cet latin . inseripUo , de scrt&ere tn^ écrire dans ou sur. Épigraphe est grec , im^poifi, de Ypdfccv M , écrire sur.

Eeriteau se dit en parlant de choses vulgaires. On appelle ainsi quelques mots écrits en grosses lettres sur un morceau de papier , de carton ou de bob, et destinés à être exposés aux regards pour un temps seulement. « Voyex-vous, lecteur, ces grosses lettres capitales qu'il emploie en style à*éeriiea» , pour rappeler que..., » BiAUir. On met des écriteaux aux maiaons, aux boutiques, aux jardins, pour indiquer qu'ils sont à vendre ou à louer (Fém. , Mol. , Vaug.). On en pend au dos (Volt.) on en met au-dessua de la tête (Bouan., Boas.) des suppliciés pour faire connaître qui et quels ils sont. « Sept filles représentant les sept péchés mortels, et sept autres figurant les vertus théologales et cardinales, avec des écriteawf , reçurent Charles YII vers la porte Saint -Denis, lorsqu'il fit son entrée & Paris en 1437. » Volt, c Pilate mit sur la croix un écriteau en lettres hébraïques, et Lstiiles et grecques, contenant ces paroles : celui-ci est le roi des Juifs» 9 In. « Ce qui détermina encore plus Tib. Gracchus à proposer cette loi , ce fut le peuple qui , par des écriteaux affichés sur les portiques, sur les murailles et sur les tombeaux , l'exhortait tous les jours à prendre sa défense. » KoiiL.

Inscription et épigraphe venant de langues savantes sont plus relevés; ils appartiennent proprement au langi^e littéraire. « La langue française n'est guère propre aux inscriptions et aux ^épigraphes. » Volt. L'un et l'autre, d'ailleurs, expriment quelque chose de permanent, qui doit instruire une suite indéfinie de lecteurs.

Mais, quoique également littéraire, Vinserip^ tion est moii^ exclusivement relative aux livres et è la théorie que Vépigraphe; elle se rapporte davantage à la pratique et à la réalité. En effet, elle M grave sur des monuments pour trans-

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