DEUXIÈME PARTIE
distinguais, tombés en son pouvoir, avec tous les égards y les complaisances, les politesses les plus prévenantes en tout; et le commun des prisonniers reçut par ses ordres tous les ménagements et toutes les douceurs possibles. » Cette même différence est facile à saisir dans cette phrase de J. J. Rousseau : « En qualité de malade, j'ai droit aux ménagements que Thumanité doit à la faiblesse et à Vhumeur d'un homme qui souffre. Je suis pauvre, et il me semble que cet état mérite encore des égards. *
Attention vient de ad tendere, tendre vers, diriger son esprit vers une chose, la remarquer parmi les autres. Les attentions sont des marques et des témoignages de l'attention particulière qu'on fait aux personnes; elles consistent dans des soins officieux, tendres, particuliers, assidus , empressés , touchants , distingués , qui prouvenjt l'envie qu'on a de se rendre agréable. Elles proviennent d'un zèle affectueux pour les personnes qu'on aime réellement ou dont on veut se faire aimer. De tendres attentions (Mass.); les attentions les plus touchantes (Volt.). « Un favori séitrouve souvent déconcerté des bassesses , de la flatterie, des soins superflus et des allentions frivoles de ceux qui le courent. » Labr. «Je* comblais cette femme d'attentions, de soins , de petits cadeaux , et j'avais extrêmement à cœur de m'en 'faire aimer.» J. J. c C'est un très-galant homme, plein d'attentions et de soins. > In. « Je continuai d'être en liaison avec Jtf. Vernes. Hais je ne trouvai pas dans son conmierce ces attentions qui marquent l'attachement et qui produisent la confiance. » In. c Sylla avait avec lui Archélaûs, qu'il accablait de caresses, et dont il prit un très-grand soin dans une maladie dangereuse qui attaqua ce général. Ces attentions de Sylla.... » RoLL. « César avait une affection particulière pour Brutus.... Il porta les attentions sur lui jusqu'à recommander aux siens , en allant au combat , de ne le point tuer. » Id. c Les plus petites attentions ^ qui semblaient devoir échapper à la supériorité du génie du prince de Conti , n'échappaient pas à la bonté de son coeur. » Mjiss. c Les jeunes m^is ne marquent des attentions et des empressements que pour les femmes qu'ils devraient mépriser, s Dest. — Ce mot, d*ailleurs, se dit 'de choses de moindre conséquence , qui n'ont de prix que par l'intention bienveillante qu'elles manifestent : de petites attentions. « Envoyez l'édition complète de mes œuvres à M. de Laharpe. Je suis bien aise de lui montrer quelques petites attentions dans son malheur. » Volt.
« Les égards ne vont pas jusqu'au respect, mais ils en approchent ; les ménagements ne vont pas jusqu'au sacrifice de nos volontés , mais ils les modèrent. Les attentions ne vont pas jusqvi'au dévouement , mais elles le commencent en quelque sorte. » RouB.
Sans égards^ on est grossier et injuste, on manque aux bienséances, aux devoirs de société , à ce qu'on doit aux personnes suivant les âges, les conditions et les positions ; sans ménagements, on est rude , on manque de modération , de mesure , de retenue , on traite les gens à la rigueur \
sans attentions J on ne connaît vni les soins asàdus, ni les empressements officieux, ni ces distinctions délicates qui flattent tant les personne qui en sont l'objet.
ÉGARDS , CONSIDÉRATION , DÉFÉKENCE , RES- PECT. Sentiment favorable , en vertu duquel noos rendons une^sorte d^hommage à la persoone qoi en est l'objet.
Les égards témoignent de l'honnêteté, la a»sidération de l'estime, la déférence de la docilité, et le respect de la vénération.
Égards est le terme le plusgénëral et le moins significatif. Nous avons des égards pour toutes les personnes auxquehes nous avons égard, auxquelles nous faisons attention, que nous remarquons parmi les autres , sous quelque aspect ([oe ce soit. Ce mot n'emporte pas uèce&sairement l'estime ni l'idée de supériorité, comme les trois autres : il y a des égards qui sont dus à la faiblesse, à la pauvreté, à l'infortune. « Ayez les égards que le sang demande. » Boss. « Etre fort contre les faibles, sans nuls égards pour les petits. » Labh. < Que le roi aime ses sujets : le peuple demande si peu (ïégards^ qu*il est juste de les lui accorder, s Uontesq. « Il ne làut pas insulter aux malheureux et oublier les égards qui leur sont dus. » J. J. — Ensuite , ce mot ne s'employant qu'au pluriel dans cette acoept/oD, exprime moins le sentiment, comme les trois autres, que des procédés, des façons d*agir qui l'annoncent. On a des égards , c'est-i-dire qu'on se conduit de telle manière, par considération^ par déférence ou par respect, c Je jugeai par les égards que tout le monde avait pour lui que c'était un homme de considération, m J. J.
Cofutd^atton désigne le grand cas qu'on fait des • personnes : la considération a pour objet quelque chose de plus considérable , de plus remarquable que les égards. On a de la considération pour tous les mérites, personnels ou extérieurs, réels ou d*opinion, la naissance, la richesse, le crédit, la probité, les talents, les grandes places , les dignités , etc. c Les Athéniens aimaient fort Diogène et avaient beaucoup de considération pour lui. » FAh. c Ce n'est que la seule considération que j'ai pour monsieur votre. père qui m'a fait courir après vous. Je n'ai pu souffrir qu'un honnête homme fAt exposé à la honte de tous ces bruits. > Mol. « Je lui manquais, en toutes choses presque les égards et la coiui'd^ration d'un fils. » J. J. « Tout cela fut accompagné de témoignages d'estime et de considérationjM Id. « La considération devient la récompense du savoir, s Cord. « Lorsque dans la monarchie la profession lucrative des traitants parvient encore à. être une profession honorée , un dégoAt saisit tous les autres états , l'honneur y perd toute sa considération. » Hontbsq. « Il l'assura qu'elle serait toujours traitée avec toute la considération que méritait une fille de sa naissance.» Lbs. «La mort n'a pas plus de cofm'd^ratton pour les rois que pour leurs valets de pied. » In. c H est en haute cotisidération. » Acad.— Ce mot est le seul d'ailleurs qui se prenne bien au passif; en sorte qu'avoir de la consid^ation simplement, c'est être considéré. < L'Espagne eut alors une eonsir
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
fratiof^ cpie les autres peuples n'ayaient point. »