‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 301 sur 426 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

se forme que dans le temps et par le moyen de rincubation. « L'effet de Tincubation se borne au développement de Venibryan du poulet qui existe tout formé dans la cicatricule de Tœuf fécondé.... Le troisième jour on aperçoit des veines et des artères sur les vésicules du cerveau... : enfin on voit tout le corps du fœtus, comme enveloppé d'une partie de la liqueur environnante. » Buff. « Près du trentième jour, tout le corps (de Ten* faut) s'achève, se parfait, articule, organise, dont il conunence n'estre plus embryon, mais capable , comme une matière préparée à sa forme, de recevoir l'âme. » Ghàrb.

On dira bien qu'un fœtus meurt en naissant (Volt.), qu'il a ou qu'il n'a pas d'idées (In.); c'est déjà un petit homme. Mais le mot d'em- ^on n'est d'usage que pour indiquer le commencement, l'ébauche du fœtus, un point animé et brut où rien n'est dbtinct, et même quelquefois le germe simplement. « Si le Verbe était caché dans le sein de son père , ce n'était pas en puissance comme l'enfant est dans le germe et dans l'embryon, mais en effet et en acte, comme il est après sa conception ou sa naisaance. » Boss.

ÉMISSAIRE, ESPION. Agent secret au service d'une puissance, d'une cour, d'un prince, d'un général d'armée , d'un cher de parti ou de cabale.

Vémissaire, latin emissarius, envoyé de ou par (« missus) , diffère bien de V espion : il joue un rôle moins odieux, pliïs étendu et plus actif.

Ce qui prouve d'abord qu'il est moins odieux , c'est que le mot émissaire ne se prend pas aussi essentiellement en mauvaise part que celui d*eS' pion, c On peut quelquefois , pour de bonnes raisons, aller aux sermons des faux pasteurs : c'est ainsi que nos missionnaires mômes y vont on y envoient des émissaires de confiance, pour savoir ce qu'on y enseigne et qui mérite d'être réfuté. » Fin. Vémissaire agit quelquefois ouvertement; il n'y a de secret que ses intentions ; ce peut être un négociateur subalterne qu'on n'est prêt à désavouer dans le moment, qu'afin de ne pas compromettre le succès de ses démarches. Vespion se cache toujours ; on ne se doute pas qu'il est là , furetant et écoutant tout ce qui se dit; s'il est découvert , il y va de sa réputation ou mime de sa vie , c'est un homme vendu , un délateur , un traître , qui abuse de votre confiance et pénètre dans vos secrets , afin de les révéler.

D'autre part , le métier de Vémissaire n'est pas aussi borné ni aussi passif. Vespion, en latin speculator (de spicere, regarder, ^ter), épie et rend compte. Vémissaire fait des propositions et des ouvertures , sème des bruits et des alarmes , sonde la disposition des esprits, cherche à les gagner, les tourne, les excite, les soulève et se tient prêt à tout événement. Ce n'est pas seulement un observateur et un rapporteur; c'est presque toujours un machinateur ou un intrigant. Qui veut savoir se sert d'espions ; qui veut fomenter se sert d'émissaires, Vespion fournit des rensei* gnements , c'est une sorte d'éclaireur; Vémissaire prépare les événements, le succès des affaires. La police a toujours des espions; la politique exté. rieure a quelquefois des émissaires.

c Jean Lion fit entendre au peuple, par ses émissaires , qu'en ruinant les blancs cfaaperos? on détruirait les privilèges. » Boss. c Nos frontières sont pleines d'émissaires du parti (janséniste), qui font passer avec sûreté, de maia en main, tout ce qu'ils veulent (en fait d'écri s) depuis la Hollande jusqu'à Paris. » Féh. « Par ses émissaires secrets, Louis XI souleva les Gactoa contre Maximilien.»lD. «Les émissaires, postés en différents endroits sur son passage, excife&t la canaille à l'applaudir. » Vaut. « Chrîstiem fii publier une amnistie générale, en forme de manifeste, que les émissaires de l'arcberéque répandirent avec soin dans toute la Suède. > Vert. • L'abbé Dubois n'y voulait pas trop paraître^ mais il faisait agir et se tenait derrière la tapisserie, d'où il dirigeait ses émissaires. » S. S. « Les chefs du parti détachent des émissaires et tournent les esprits à faire tout ce qui leur convient. » In. « Par le moyen de leurs émiisaires les Perses débauchèrent la plus grande partie des confédérés. » RoLl. « Les émissaires que Cyns avait à la cour ne cessaient de répandre dans le public des discours qui préparaient les esprits aa changement et à la révolte. > In. « Il ne manquait à César que le ^dème et le titre de roi qu'il essaya en vain, par ses émissaires, de se bire accorder. » Id. « Lord Hastings fut sondé par les émissaires de Glocester. » Volt, c On acceptait ces conditions , quand des émissaires de HoU lande vinrent en empêcher l'effet avec de l'argent et des promesses. » In. « Les émissaires de Louis xrv fomentaient en Hongrie les tixmbles de cette province. » In.

n est mon complaisant.

Mon émissaire; et c'est loi qai répand Pur son babil et sa folie utile Les bruits qu'il fant qu'on sème par la viDe. b. < Le roi , averti par ses espions du dessein de l'ennemi , se tint en défense. » Boss. c Cet homme vint offrir à Braminte, delà part du roi ennemi, des biens et des honneurs immenses , s'il voulait lui faire savoir par des eiptofu tout ce qu'il pourrait apprendre des secrets de son roi. » Véa. « Narbal craignait que je ne fasse découvert par les e^toiw du roi , qui allaient nuit et Jour par toute la ville. > In. c Ceux dont on avait entouié Julien étaient des espions qui devaient l'observer. > Conn, c De vils eipioM à gages étaient chargés ici même d'épier toutes mes paroles pour les empoisonner. > Lah. « Gustave entretenait auprès du prince Christiern des espions, qui l'avertirent que ce prince faisait des levées de troupes. > Vbrt. c Louis XIV s'étudiait avec grand soin à être bien informé de ce qui se passait partout.... Les espions et les rapporteurs étaient infinis. » S. S. c Le régent fit de ce beau magistrat un très-bon espion qui lui rendit compte avec exactitude de tout ce qui se passait de plus intérieur dans le parlement. » Id. « Joseph traita ses frères d'espions qui venaient pour examiner le pays. » RoLt. c Gambyse envoya des ambassadeurs en Ethiopie, qui, sous ce nom, devaiœt lui servir d'efptoni pour s'informer de l'état et de U force du pays , et lui en donner connaissance. > Id. c Un espion est découvert^ on le

orce d'écrire un iàux ayis. » Yolt. < Il Ait avéré [ue cet tf^oti avait reçu cinquante écus d'or lour rendre compte (aux légats) des secrets du ardinal de Lorraine. » lo.

EMPARER (S'), ENVAHIR, USURPER. Se ren- Ire maître, se mettre en possession. Un conqueant 9*empare des terres de ses voisins , il les en^ 7ahit , ou les usurpe ; un tyran ^empare de la iouveraineté, il Venvàhit ou Yusurp$,

On «'empare de toutes les manières, peu & peu du tout d'un coup, justement ou i tort; on encahit brusquement , et on utwrpe injustement.

S emparer est le terme général , il exprime le fait simple ; envahir et usurper sont des termes spéciaux et représentent le fait, l'un comme un coup de main , l'autre comme un attentat.

Envahir, du latin invadere, se jeter sur, à rimproviste , et se répandre , marque une action soudaine. « Son armée eut bientôt envahi leur territoire. > Acad. « Un £tat d'une grandeur médiocre pourrait être d'abord envahù » Mon- TESQ. < On ne les avait jamais vus envahir Le bien de leurs voisins, comme des bêtes carnassières affamées. » Volt. « Les Romains passé* rent presque subitement de la plus grande simplicité à la recherche des choses de luxe.... Ils s'y portèrent d'abord avec plus d'avidité que de goût... Ils les envahirent avec une sorte de férocité. C'étaient des soldats qui allaient au butin.» CoND. — Envahir ajoute quelquefois i l'idée de la surprise et de la rapidité de l'action celle de l'étendue de l'action. Venvàhisseur vient tout i coup , et tout d'un coup il if empare d'un grand nombre de choses. Voilà pourquoi envahir va si bien avec tout : les Romains avaient le projet ou le dessein d'envahir tout (Mohtbsq.) ; on peut se ligner pour prévenir une trop grande puissance qui serait en état de tout envahir (FtfN.). c C'est ainsi que Henri VIII s'est lait le chef de la religion en si peu de mois en Angleterre, et a envahi les biens immenses des ecclésiastiques de son royaume. • S. S.

Usurper, comme usurpation et usurpaieur^ signifie particulièrement que l'action est illégitime ou inique. « II y a de faux savants qui tuurpent une domination injuste sur les esprits. » }ikL. « Ce que Dieu a accordé à son fils par privilège (de juger les hommes), nous Vusurpons Impunément et sans titre. » Bounn. à Les jésuites, par un attentat criminel , usurpent l'autorité de l'Église. > Paso. < Les maris usurpent un droit qu'ils n'ont pas. » J. J. c Ils détestaient l'imposture par laquelle il avait ufurp^ la couronne. » RoLL. « Philippe n'avait sur ces villes aucun droit par lui-même et les avaient tuurpées par UDe violence ouverte. > In. « César n'avait plus besoin que de titres qui semblassent légitimer la puissance qu'il avait usurpée, s In. 'On dit usur^ ptr sur, comme entreprendre sur, attenter sur, empiéter sur, toutes expressions qui désignent ua tort fait à autrui , une atteinte & ses droits.

EXPHATIQUE , AMPOULÉ , EOURSOUFLÈ ,

GUINDÉ. Qualités défectueuses d'un style qui

affecte une élévation excessive ou déplacée eu

égard au sujet.

Imphatique vient du grec l|&ça(v«» , je montre

Je fais paraître. Ce mot a d'abord cela de particulier, qu'il se dit primitivement de la manière de parler, et non de la manière d'écrire comme les trois autres : discours , prononciation , ton , déclamation , emphatique. •— Ensuite , quand il se dit du style, emphatique marque exagération : exagérations emphatiques (Volt .)t éloge emphattque (Lab.), jactance emphatique (In.). Le style emphatique fait valoir, fait paraître ou briller plus qu'il ne faut les choses que l'on dit. « Supprimez ce titre emphatique , qui promet trop et qui ne tient rien. > Volt. C'est un début emphatique que celui qui est cité par Boileau :

Je chante le vainqueur des vainqueurs de la terre.

Que produira l'auteur après tous ces grands cris ?

La montagne en travail enfante une souris. Bon..

Le style ampoulé <t ainsi que le style hoursoufié et le style guindé, n'a pas rapport, comme l'empholigue , aux choses dites , et ne consiste pas à les agrandir outre mesure , à en grossir l'importance : il a rappport aux mots eux-mêmes , et consiste à en employer de trop beaux , de trop brillants pour le sujet. Ampoulé dérive du latin ampulîa , sorte de vase à large ventre , d'où Ho. race a formé ampullx, qui signifie de grands mots. En sorte que le style ampoule pèche par un excès d'ornements , provenant d'un amas de mots pompeux ou magnifiques. Un style trop fleuri est ampoulé. « On appelle un style, on yers, un discours ampoulé celui où on emploie de grands mots à exprimer de petites choses. » Marm.

Mon esprit n'admet point un pompeux bariiarlsmef

Ni d*un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme.

Bon..

Que devant Troie en flamme Hécube désolée

Ne rienne pas pousser une plainte ampoulée,,,.

Tous ces pompeux amas d'expressions....

Ces grands mois dont alors l'auteur emplit sa bouche

Ne partent point d'un cœur que sa misère touche.

— Un déclamateur est plutôt «mphaf tque : il lui semble qu'il n'en dit jamais trop pour faire concevoir une haute idée de sa cause. Un poète , un poète novice et inhabile, est plutôt ampoulé : il ne songe qu'au brillant. « Je ne trouverais pas bon , disait Agésilas, un cordonnier qui chausserait un grand soulier à un petit pied. » « C'est, ajoute Marmontel , ce que font communément les décUmateurs empluitiques et les poètes ampoulés. »

Boursouflé se dit d'une chose qui a un grand volume , non pas par sa nature, mais parce qu'on a soufflé dedans. A l'égard du style, il exprime une redondance de mots vides de sens et d'idées. C'est le nugx eanorx des Latins, des riens remplis de vent, sonores, retentissants. •« Ces écrivains sont le plus souvent boursouflés et vides. » Lab. c Ces vers boursouflés sont sonores. » Volt. c Imaginations boursouflées et chétives qui n'ont été que trop imitées. » In. « La grandeur romaine ne consista jamais dans de vaines paroles; elle ne fut jamais boursouflée. > Id. « Ce sont là (dans Crébillon) des expressions un peu boursouflées , qui seraient souffertes dans une ode. » In. Dane une ode , on a souvent plus d'égards à la forme et à l'harmonie qu'au sens. — D'ailleurs , Tentaf'

msnflCB CARTH ;

«Hwnt de» ûMg». *« igww , éet pécipfc; angendre Muirenft dwxa le style homwnfiéVmÊ^ bams et la conftiBioiu « Ce gateattias l^oid et htmnaullé est esses ooodamné «^ourd'luil. »

Volt.

euinâé signifie Rebord hinssé ou levé en haut ai«o grand efTort, par le moyen d'ane machine. Au figuré , et particulièrement quand il est questioB du style, ce mot rappeUe le travatt et la peine qu'on s'est donnée pour s*èle?er« Le style gmindé sent la contrainte ; il manque de grlee, il est empesé. < Saint Athanase ne paratt pas s'éle- Ter , parce que , sans se i^lnder ni ftûre d'eflbrt , pvtout il M trouve égal à son sujet. » Boea. «Il ne iÊXA pas guinder Fesprit, les manieras tendues et pénibles le remplissent d'une sotte présomption par une élévation étrangère » Pasc « Les pattes du temps de Marot tetnt dues et «viMi^s sans noblesse. » Volt.

1t «M guindé sans cesse , et tais tous sei impos

Oavettqu'ilsetravsUle A direde bons mots. Moi..

iM Style empfcatf^ue donne trop de grandeur au <Aieses>dJtes, les vante trop : V(mpoulé affecte trop de grandeur ou phitte de brillant ou de Mflbleese par les moto qu'U emploie; le homwn- /trastplehi de figures outrées ou de mots et de tMTS harmomeux, ronflanU, nais inutiles; le gwiwié manque de souplesee, de liberté» d'ai-

Avee de l'eflfbousiasme, de l'exaltation , de la pféeeeupatfon ou d« oharlatanisna , en court risque d'être emphatique, de ne mettre aueune meanse dam ce qu'on dit de son sujet. De grands écrivains ont «u iie Vmnjp^tme, et ee mol ne se prend pas absolument en mauvaise part. « Coagregata nmt ahyssi in medio mari. In meé^ mari est une circonstance qui a beaucoup d*«mpbose; elle attache Timagination et fait concevoir des montagnes d'eau solides dans le centre des choses liquides. » Roll. c Bn marquant ce passage décisif, on aurait fait entendre d'abord, que le terme 4t^ê apptléy loin d'être diminutif, était emiphatiqm ai coafirmatif. » Boss. — Avec l'ambition de briller^ surtout en poésie , on outre les ornements, on devient ampouié. C'est ce qui arrire d'ordinaire aux rhétoriciens et aux jeunes poètes, c Ea général, Claudien est encoN un de ces versificateurs ampouiéi qui, en se aenrant tOHiouvs de beaux mots^ «»l le malbeor d'en- . nuyer. » Lab. « Bt des jeunes gens qui n^t guère fait qu'entasser des lieux communs «hiinw- ^lé$ sur le soleil et la luae, prétendeot créer la poésie descriptive, créer une langue iaeoaflue A BoiUau et A Racine I » lo. «Brêbeuf , Vamfmtié traducteur de l'ampou^^ Lucain. * Volt. — Que si rampou^^ vise au beau , le boursouflé vise au giand, au sublime; et comme l'éclat de l'ampoule n'est que de l'enluminure, la grandeur du howwn4lê est hors de nature, est Cactiee^ Ciganteaque ou aaphigeurique. c £n oommenlant Corneille^ je deviens idolAtre de Racine; je m peut plus souffrir le bourvoi^^ et une grandeur hors de nature. » Volt. « La tragédie nous présento dea élrea gigantesques, bounoufléSy chimériques. • l, J« Dans un aœès ide mauvaisa buf maar^ VoUatsa appelle Pindara « yiniatrfligi*

bla «t bearseu^ Théhihi qti'an dH «ftbfine.» { < Quand Roucher tend au sublime , il est how- Moufté. ■» Las. « Ou irauve dans Ifaaeuron ua 1 amas d'hybeiholes gigantesques, de spècnlatkios ! fantastiques , de plirases ^oirseuj^ss. » A>. ^ Tout écrivain cet guimdé qpand il lasBue veir | qu'il sVst mis A la gène, qu'il s'est torluri en i quelque saits pour s'élever. < Du tempe même de Malherbe, de Balaae et de Corneille, le style noUe était trop gwinêé, et ne se npprochaît pas assex du familier décent, qui lui donae du naturel. » Volt. « Quel style éfistchsie ^ae oeini de la ^owéOe BéU%s$ I qu'il art çuàM/ que d'exc2amatioK 1 que d'appirtei > 1. 1.

Des discours sont pnprement tmpk&0tqum (AcAD..Vtt.T.); desmot^ avfi|MwUt(VoLT., J. J.); des images, binirsot^ldst (Volt.). Rii'y a pas de choae dont guimdé se dise spécialement; mais l*idAe d'eflsrt particulièfa A ee laot loâ donne une nuance tout A fait distinotive.

8VIIB, WHfJÊBWR. Noms qu*on dunae A âïff érenta Ëtatts ^i est des princes pour ebefr .

ffmpira, latia impuritmt, é^hnper&rt, commander, exevcer le pouvoir, désigne un fitat dont le chef commande simplement; et rofcmma, rs- ^«f», de tegems, légir, ériger, guider, un fitat A la tète duquel est un prince qui le règH ou l'administre. VtmifirB est composé de peupH» divers, goawmés par des lois foodasBentales dxffécantes, quoique tous souaua A rautorité ordinsâreaaat militaips d'un supérieur général : le re04waie., au oeatsaifo, est fiormé d'une seule nation; il se dirtnague par runité du gouvernement, «t les lois londamenUlee y sont partout les mêmes. A l'époque où l'fitat iDmain n'était qu'un^voyaume, il ae réduisait A un seul peupla Vais quand il prit et porta le nom à*émpire^ il éwait rangé sous son obéissance d'autres peuples étrangers qui, en devenant membres de oet fitat « ne oeseèmat pas d'être des nations distinctes. La même différence est sensible entre Fcu^irs d'Allemagne, que Charles-Quint obtist parélectiea, et le reynime d'Bspagne, qu'il possédait par droit de naissance. Alexandre avait ua rvyoame, celui de Kaoédoine, «t un empire, c'est-à-dire, outra la Maoédofaie, tous les pays qu*ii avait ooxtquis. c Vous avsE vu le partage de Teaiptre d'Alexandre , et la ruine affreuse de sa maison. La Macédoine , son anolea rvywm» , fut envahie de tous c6tés. » Bosa.

L'smp^e, admettait plusieurs peuples, est plus vaste que le fuyaiMus. Une ville aveo «n tamtoire de quelques lieues suffit pour faire tu royoïims. Tels ttreiA les tvyawmes fondés par Pfaalante et par Idoméaée dans la grande Grèce (FÉH.). l'emptYe n'est jamais 'si borné, et d'ordinaire^ en parlant de I^uitiqaité surtout , fl est te fruit de la conquête. « Cyrvs, ayant conquis le rajfoumB des rois de Babylone par les farces réunies des Mèdeset des Perses, ii parrft que le grand emptre ^ont il a été le fondateur a dd prendre son nom des deux nations. » Beo. c Combien de nations, combien de nsyouaiar, combien d^nnpiret 1. €. n'a-t^ pas attirés i lui T » BoDRD. Il ne donnerait ou «e html pas I ceèa pour <n ampiiu^ dit pim que il i

SYNONIOOSS A iUHiCAUX il^IVERS.

m^ ItanJt ^u eelâ poar un royAume . — Par is, le mot d'«iiptra <eil» ea général « plus tnd , pl«8 neble que caivi de roj^iime. Bour- Doe dit à liOuis XIV, à la fin d'un sacmon : Bes Bttocès éelaUnts fimt as Totia royaMiM le ts -floriaaant empire du mande. »

Phuîmm vayMimet peuvent être compris dans ^ empire on Mra fonnée de ses dèhria. « -Hous BBS icèe peu de cheeee oectaines ienehant le exmor e»pirB des Assyriens..- On voit durer »p longtemps les petits royaumM dent il le ■dzait composer. » Boas. 5 L'esse d!Aleuna st cslot Aes Bomains s'ôtant fonnés de plu* un rofoumes , ness jugeeas ({a*il «la éaè deiatt da celui d'Assyrie. » Gohd. « Gbarlemagne rtage cesirasteB pro^inoes qui composent son ipire , et qni étaient autant de fos^sumef, entre E trois fils. » YBaT. « Les raymnnes formés du bris de l^empite d'Alexandre. » Boas. < Les yawmes sortis du débris du premier empire des qfTiens. » b. « Ce grand empire Q^empire roân) , qui a englouti tous les empiret de Tuniis , et d'où sont sortis les plus grands royau- « du Blonds que nous habitons. » Id. « Un pire (fe9tpÛP€ romain), tout détruit qu'il est, Êrara toigours les regards de vingt royaumsf vés sar ses débns et dont ohaosn se vante au- (Tdlivi d'sToir été une province des Romains nos des pièces de ce grand édifice. * Volt. Des débris de ce vaste empila (d'Assyrie) se, •mèreat Irais grands reffoumes, » Roll.

I^s enfeis sont appelés poétiquement le foamne des ombses ou de la nuit (Fin.), c'estlire que les ambres et la nuit y régnent, en. 3t en possession, comme un roi de son. {^oMrne. C'est aussi le ra^aume de Pluton (In.) ; lis on le nomme Vem/pire de Pluton, quand on ut, on en faire concevoir la vaste étendue, ou présenter le dieu qui y règne conune redouta- 3, comme y exerçant un pouvoir et y donnant s ordres rigoureux , ce qu'on ne peut dire ni s ombres ni de la nuit. « Télémaque entendit mpire sou tercain mugir. > Féx. « U dit A Plun : Je yiens vous demander si mon père est scenda dans ^otre ew^re, i> la.

EXraiB, BÉfiNB. Ces deux mets signifleat un MKfoir de gouvernement ou de souyeraineté. Uaia ewtpire a pour accessoires les idées de «îssanQB et d'étendue, comme on le voit par ses otEes ancaptienSf suivant lesquelles il est synojme de iseiinafibs et d'aslerit^, d'une part, . de royasmc ou d'État^ d'autre part. Règne, jA vîeot le vseibe réguet, n'a rien de distinctif s son rapport à la durée, «u temps pendant {oeZ le sooneain, le chef de l'empire eu du faume , rSgmêj exerce le pouvoir. « Un em/pire |dus ou moins puissant ou vaste ; un règne est u su Booios long. On -dit l'en^ptf^e de J. G. sur is les peuples ^ st son e-ègma éternel (Bess.). 11 tait enooss, du temps de Tibère, des monu- Ats qui marfiiaieot l'étendue de Vempire de ioAris 9d.I ; de grande ouwagea ont rendu le ine de Salooaon immortel ifjD.^ L'entptse est une «cbose; on Je M(oit, on le ed , en y sesods quelqu'un eu on l'en déaille. La règM set uns épegis, ^éiqm ahois

de parement temporel ou slimaelsgîqBe ;<il commence, il finit» il dure tant d'ssnées, et il est remarquable par les é vénemedis qui s'y passent , glorieux, paisible, erageux>,eto. < On voit dans l'Apocelypse le règne de Ju G. avec ses saints qu'il associe à son empire. » Boae. « C'est de là que les protestants concluent que le règne de l'Antéchrist commence alors.... La prostituée ne peut donc 4tve autre chose que la ville de Rome pillée,. dépouillée de ses provinces et de son empire par Alanic et les autres rois. » le. « Ce n'est ni les longs fégmes , ni leurs fréquents changementa, qui caos^ la chute des smfMrss, c'est l'abus de l'autorité. » G».

£siptre est le mot propre en parlant des peuples : l'emptre des Assyriens, l'emptre des Perses « remptfie des Romains. C'est qu'eu les peut oonndârer et qu'en . les eonsid^e sous le rapport de leur puissance, qni^ un moment^ atout é<Aipsé, tout subjugué, tout réglé seuverainement, et 3'est étendue plus ou moins loin. A Tégard des prinoee, on doit préférer le met <ré9fte,'qui les représente coBuse ayant occupé de trdne de telle année k telle autre. Sous le rêgm de Gallien, Dieu fit fondre sur Teniptrs romain tout ce qu'en peut endurer de calamités (Bœs.). « L'époque glorieuse de l'emptre des Babyloniens est le règne de Nabucbodonosor; celle de l'smptre des Peraes est le règne de' Cyrus; celle de Temptre des Grecs est le règne d'Alexandre; et celle de Vempifte des Romains est le règne d'Auguste. » (ria. « Ctésias écrivit l'histoire des Assyriens et des Perses en vingt- trois livres. Dans les six ppemiers, il traitait de l'histoire d'Assyrie., et de tout oe qui y était arrivé avant l'empire des Perses ; et depuis le septième jusqu'au troisième inclusivement , il rapportait tout oe qui regarde les règtus de Cyrus, de Cambyse, du Hage, de Darius et de Xerxès. » Boll.

Le m<A d'fmpire l'applique bien au gouremement domestique , au lieu que celui de règne est exclusivement réservé pour le gouvernement public : l'empire des pèics , des maris , et jamais le règne. C'est qu'il s'agit ici d'exprimer la manière plus ou moins absolue et plus ou moins étendue dont est exencée une .puissance, et point du tout le temps pins eu moins long pendant lequel on l'exeroB.

Au .figuré^ ladtfféraice est palpable, et entièrement conforme eu plutôt identique à celle qui vient d'être reepunue au propre. On dit ïempire de la Tertu , de la raison^ de la mode , des préjngés, des arts, etc., pour marquer leur domination plus ou moins forte et plus ou moins étendue : Qui peut se soustraire i l'emptre des préjugés ? liais endit le fiépss de la vertu , de la raison, de la mode, des préjugés, des arts, etc., loisqu'on vent parler dm temps pendant lequel ils sont en honneur, en crédit, en vogue, et gouvernent^ pour ainsi dire, les hommes : Quand finira le rèflfne des préjugés'? Quand arrivera ce* lia de la férité?

SKPUII, HfHIflrittB, GBAW», OnNCS , FONCnON. Partie ou branche da service «uflée ou accordés A quelqu'un*

J?aNpMman|u» l'anptiOTtisa A«n coOia tra-

DEUXIËME PARTIE

vail , rasage qu'on y &it de son activité ; en sorte qu'avec un empUn on est déterminé, attaché à tel genre d'occupation. Ce mot est particulièrement relatif à raptitude du sujet pour la place, à laquelle il s'adapte ou s'ajuste, pour ainsi diret plus ou moins bien.

Le ciel, dont nous voyons que l'ordre est tout*

, Pour dilTérents emploU nous Idirique en naissant.

Moi..

« Les Suisses s'offensent d'être diU gentilshommes et prouvent la roture de race pour être jugés dignes de grands emplois, » Pasg. < Je n'ai pas pour mission de former des hommes. Tespère que de plus dignes mains se chargeront de ce noble emploi, > J. J. « Protésilas vous louOi il vous estime, il vous croit digne des plus importants empk»if . » Vèk. < Choisissez quelque fille que vous croirez capable d'être formée : songez de bonne heure à la former pour cet emploi (de gouvernante). » In.

Le minittire suppose un maître dont en est

l'agent, qu'on représente et auquel on obéit.

C'est l'emplot d'un serviteur.

Phérore (tit chargé (par Hérode)da ministère affreox

D'immoler eet objet (Mariamne) de ses horribles

feux. Volt.

c Tu m'as confié tes femmes. Ta! commencé mon ministère par les châtiments. > (Sélim à Usbeck.) MoHTBSQ. « Paul , destiné par J. G. à être le prédicateur des gentils , avant que d'être employé à ce ministère et que d'ezercer pleinement son apostolat, va voir Pierre pour le contempler. > Bo8S. c J. G. dit à son père : Vous m'avez envoyé pour réconcilier le monde , et j'envoie mes disciples avec la parole et le tnttiû Cére de la réconciliation pour accomplir mon ouvrage.» In.

Charge signifie fardeau. Une charge est un emploi public, important, qui fait qu'on porte le poids des affaires et qu'on joue un grand personnage. < Solon donna entrée dans les affaires publiques i tout le peuple , excepté aux artisans qui ne vivaient que de leur travail. Ceux-là étaient exclus des ehairges, » Feu. « Les hommes aiment les grandes charges, les honneurs, le commandement, s Mal. « Plutarque eut dans sa patrie les charges les plus considérables. > Roll. « U y a encore l'orgueil de la vie, l'ambition, les charges, les grands commandements, qui semblent rendre la vie , pour ainsi dire , plus vivante , parce qu'on devient un homme public. » Boss. « Plusieurs rois d'Europe voulant se rendre despotiques ont réuni en leurs personnes toutes les grandes charges de l'Ëtat. » Montesq. « A Rome, les affitnchis pouvaient avoir part aux charges. » Id. c Convient-il que les charges soient vénales ? Non, dans les États despotiques; oui, dans les Etats monarchiques. » In.

Cffiee, du latin officium, devoir, exprime une obligation , c'est-à-dire quelque chose d'onéreux comme la charge. Office et charge se ressemblent beaucoup : ils désignent l'un et l'autre des emplois publics qui attirent plus ou moins d'honneur. « Qu'on ne se moque pas de ceux qui se font honorer par des charges et des offices. »

Pàsc. Mais Voffiee est quelque chose de moins considérable , c'est une charge subalterne t autrefois on disait avoir une charge de président an parlement, et un office de greffier. D'ailleurs, presque toujours Vo^ce est une petite charge anprés du prince ou dans la maison dn prince, une charge domestique. Il y avait anciennement dans les cours des offices de boulfon (Mai..). « Le jour commençait à paraître; les fenunes altament du feu (dans le palais de Fèaélopei) et et distribuent dans les différents offices dont elle étaient chargées. > Fén. c On sait quel crédit les empereurs donnaient à leurs demesti^es, que leurs offices appelaient pins souvent prés de leurs personnes. » Boss. « Tigrane ne paraissait jamais en public sans avoir quatre roi».... Il en avait toujours quelques^ins à te nsrnt aux offices les plus bas. » Roll.

Fonction , de fungi , s'acquHter , exècuUtc , est un mot distributif. Il représente seulement un acte, une opération de l'emploi, du ministère, de la charge ou de Voffiee ; remplir les fonctions de son emploi, de son ministère, de sa charge^ de son office, c La principale fonction de cet emploi consiste en.... » AcAn. c Faire les fonctions de son ministère , de sa charge. > Acad. c Pélopidas éleva à une grande digidté eei of/îce (de téléarque), dont les fonctions ne consolaient qu'à faire nettoyer les rues, emporter les fumiers et prendre soin des égouts. > Roll.

Emploi est du style ordinaire. MinMrt , Utin ministeriiim , apputient toujours au langsge soutenu, particulièrement à celui de r£glise. Charge et office ne se disent plus guère, office surtout, parce qu'ils ont rapport à un passé politique qui est loin de nous. Fonction est comme emploi, d'un usage fréquent; mais, outre quil est un peu plus relevé, il exprime quelque chose de partiel et se met d'ordinaire au pluriel.

EMPREINDRE, IMPRIMEE. Appliquer un corps sur un autre de manière que le premier modifie le second et laisse en lui une marque de son action.

Mais on empreint avec le cachet ou le burin. c'estrà-dire de telle sorte qu'il reste une image dans le coi^s modifié , ou qu'il reçoive une trace profonde. Au contraire , il se peut qu'en tmprimont on produise une simple msrque , au lieu d'une inoage, et, d'autre part, Vimpresston est plus légère, plus faible, plus superficielle que l'empreinte.

1* Quand une chose est empreinte sur une antre, la première est représentée dans la seconde par une image. C'est ainsi que des pas sont empreints sur la terre molle, sur la neige ou sur le sable ; c'est ainsi que l'efBgie du prince est empreinte sur la monnaie. Mais oe qui résulte de l'action d'imprimer peut n'être pas une image ou une figure : vous imprimex un mouvement i un corps, c Nous ne trouvions aucun champ où la main du diligent laboureur ne fdt imprimée. • FÉN. Une estampe est bien ou mal empreinte (Volt.); un livre est bien ou mal imprimé.

2* Ce qui est imprimé sur une chose , c'est-idire ce qui y est mis par la pression, tient i

qae ca qni y est mprêint , c'eat-à^re gitvé. Ub Idées des choM» que nous ayons perçues sont tm-

'^.'^ ,.P?."^^•^^® ^^'^P* d«M nos esprits: mais « 1 idée de celui qui nous a créés est em^ pretnte profondément au dedans de nous; rien n est graré plus avant dans le cœur de l'homme.» Boss. Les objets se trouvent un instant imprimés dans la glaee devant laqueUe ils paraissent ^Boss.) ; Il y a des lois empreintes dans toutes les têtes et dans tous les cœurs, comme il y en a de gravées sur des tables (Volt.). Pour ôter ce qui esttmprtmé, il suffit d'effacer; pour faire disnaraître ce qui est empreint, U faudrait briser ou airacner.

vJ^'* f«pr«»fidre est tout relatif à l'effet, à létat, et la preuve c'est qu'il ne se dit guère Ki^^*T Pf**' imprimer, au contraire, Remploie à tous les temps à l'actif, et indique particulièrement l'action même. Cette différence est sensible et importante pour les substantifs empreinte et impression. Vimpression des plantes et du coips des poissons sur certaines matières

«Danslecenreau de l'éléphant plusieuii sensations combmées et contemporaines font des tml^esstons profondes et des empreintes étendues.»

mPfiESSEBŒNT, ZiuL Ces moU donnent l Idée du som et de la vivacité qu'on met à embrasser ou à servir la cause de quelqu'un. . Vempressement est extérieur, et le xèU intérieur : 1 un consiste dans le mouvement qu'on se donne, 1 autre dans le sentiment dont on est . anuné. Avec de Vempressem^mt, on s'agite, on se Mte de se porter au-devant; avecdujr^te, on brûle d un désir affectueux d'être agréable ou utile. Empressement n'exprime que la diligence D est relatif qu'à la promptitude, i l'inquiétude, à lunpatience avec laqueUe on vient ou on va on accourt, on prévient, on accueiUe; Mile exprime 1 ardeur de l'âme, le dévouement et le tendre intérêt qu'on prend aux personnes. On dit ûes airs d'emprwsemenr (Sév.) ou empressés, et la chaleur du zèle {J. J ). On peut tromper par 1 son empressement, et sur son Mêle, Trop d'empre»- ' tement fatigue; trop de Mêle aveugle et égare « Tous coururent en foule vers Denys , et lui deinandèrent avec empressement ce qu'il avait appris des Carthaginois. U leur répondit que ceux qui étaient chargés du commandement (à Syracuse), au Ueu de réveiUer le xèle et Inattention aes citoyens, endormaient la ville en l'amusant par de vains spectacles. » Roll.

D ordinaire, l'empressement est la suite et la manifestation du Mêle. Aussi, dit-on bien un Mêle mp««^(BouRn., Reqn.), et l'empre««nent du *««.€ /attends vos mémoires avec Vmpreue- ^t du Mêle que vous m'avez inspiré. » Volt. «Marthe est si Mêlée pour servir Jésus, qu'elle passe jusqu'à un empressement excessif, et jusqu à une inquiétude dont eUe est reprise. » Boss. Ktquand les deux mots se suivent, c'est empres^ «mm qui vient le second, parce qu'U marque

SYNONYMES A RADICAUX DIVERS

Hi

Vous connaiiaes mon zèh et mon ^f ressema.

Riav.

«TH. FBAKÇ.

« Il s'est'acquitté de cette commission avec Mile et empressement, » D'Al. « Le peuple s'acquitta de ce devoir avec un MiU et un empreuement bien louables. > Roli.

Toutefois, il se peut aussi que Vempressement , qui est extérieur, ne soit qu'extérieur, que, au heu d'être causé par le Mile, U n'en soit qu'une vaine démonstration.

D*im sèie Bimnlé J'ai bridé le bon sire; Avec empressement je suis venu lui dire, fi'U ne songeait i lui. que Ton le surprendrait. (IfascarUle dans VÊtourdi,) Moc.

Ainsi, en général, rempreMsmenl peut avoir divers motifs, le caractère, l'intérêt, la flatterie, la politesse ; le MiU n'en a jamais qu'un , le succès ou la prospérité de la chose ou de la personne * qui en est l'objet. On a de Ympressement pour une personne qu'on veut gagner, et du Mile pour une personne ou pour une chose qu'on aime pour . elle-même.

ÉMU, TROUBLÉ, AGITÉ. Une eau , tranquille d'ordinale, devient tout & coup, par l'effet de certaines actions, émtke, troublée, agitée. Ces mots se disent aussi et surtout au figuré d'une ftme que certaines impressions ont mise subitement dans une situation analogue. Un homme ^Wtt, trwaié, agité, n'est pas de sens hissis, a été tiré de son assiette ordinaire par des modifications qu'il a reçues, des influences qu'il a subies. Je le trouvai encore tout ému, tout trovhlé, tout agité des reproches ou de la scène qu'on venait de lui faire.

L'idée propre d'^mu est celle d'une impression et d'un changement d'état doux et modérés : l'eau est émue, quand elle commence à être ébranlée, mise en mouvement, poussée hors de sa place. Troublé emporte l'idée de désordre : l'eau est troublée lorsqu'elle est mue tumultueusement, ou que , sans mouvement et en vertu de toute autre cause, intérieure ou extérieure, elle devient trouble, elle se mêle , se charge de matières limoneuses ou terreuses. Agité indique toujours quelque chose de violent : l'eau est agitée, lorsqu'elle éprouve des mouvements en différents sens, alternatifs et contraires, lorsqu'elle est boule* versée et rendue comme furieuse.

Ces nuances se conservent au figuré. Et d'abord Vémotion diffère bien du trouble. :

Vémotion est un £iit de sensibilité par lequel on est porté pour ou contre une personne ou une chose. Le trouble est un fait relatif à l'esprit, et en vertu duquel on se trouve embarrassé , interdit, confondu. On peut être ému jusqu'aux larmes, et <roub^ jusqu'à ne savoir que dire ou que répondre. On est ému par tout ce qui va au cœur, par tout ce qui touche ou intéresse; on est troublé p&r tout ce qui peut apporter le désordre dans les facultés intellectuelles, ou causer un dérangement, un égarement d'esprit. Les âmes ou les cœurs sensibles sont faciles à émouvoir; les esprits faibles sont faciles à troubler. On est ému du spectacle de la misère; Cicéroiî venant plaider pour Uilon fbt troublé à la vue des soldats de Pompée. — Troublé signifie aussi quelquefois inquiété, dont la paix est altérée, et dans cette acception comme dans la précédente

Mft

BEmaïai partie t

il M dMagne bien d'^tt^ h dédgar uè» modi' lleaiioa solitaira, toute rclativo «1 bcrnét au n^; «k sorte que K^iMIiOfi faitptrdrs Findiffèrence , fait aimer ou baîr , et c^ne le ênmbié ùài peidm k ntpei ou la tnaqttUité. Oft est émm de ûompMNOD ou à» oolève; on a la consaieiice troublée, • Jt tfuis irovibléê de yotf» santé et du ▼oyage que tous faites.... Je rom mmn que mon cœur ne tegarde point- cet éioignement avec tranquillité* » Sbt.-— Au reste V^netiofi, conane tout U( q«i tient à la sensibilité, psvt c<»daire au trmtble , o*e!ft«à-dire an1t«r à empêcher plus ot m^ine las foaetMn» de Vespril ou à dàmimier la paix de rftma; mais ceauae elle est de sa na« ture paisible et sans violenee , elle ne produit cet eflét qu'à un ÛUble degré, peu k peu» k la leagoe. » Je Yoâe avec douieur Us >alonsies» les dJTisions, les iaqttiétttdes s'aocTdtredaas Qwève : nen<rue je craigne que ces petites émoiiom aillent jusqu'au trouble et au tumulte, mais il est triste de Toir cette ville ne fas jcuif de sa prospérité. »

VagiêaUim eacbérît de toutes aiaoîéiea mu Yémotùm et sur le trwMe.

D'sterd elle est de plue Icngu» dueée et parait daTandage à l'extérieur. cLm yeux et les sourcils de Piotésilas montraient je ne saie quoi d'ogiiéf de sombre et de flirouebe. » Féff. L'^ntotton et le trtnibk font pâlir et trembler , tout au plus; danaro^tlofien on ^asticylef en se démàM, en Ta et on Tient a^ec précipitation.

Comparée à Vémotion , Vagitâiion est plus forte : Vémêtion aSèete l'âme, et ne l«i penàet pae de rester indifiérente ; Va^itoêion (rappe l'ftme et lui inspire une tïto inquiétude. L'bomme ému se eeot toucbé; Tboaune agité est bors de eoi* c Je Tie un petit coaeiliabule très-^mii...« La eue du Maine pariaè sen frère le cemte de Touletise aTce «gilatiofi. » S. S. On ne ditpee naedovee, une tendre CH^ttotte», comme on dit wie douce, une tendre émotimi VagitoÂûm cet toujours Tîelente etpénible -r D'ailleurs l'ftme émm n'éprouve qu'un seul sentiment,' comme la pitié, l'attendrissemeat , la joie ; au lieu que l'Ame agitée est en proie à des sentiments diTers<iui la batencent^ la ballottent et se la renToient pour ainsi dire, c De quels mouTemeats divers l'Ame est^le agitée dans le jeu^ selon les divers caprices du hasaopd^ » Mass. Dans rineertitudet duis le doute, dans une position ei!k il y a à espérer et à cfaindre , on est agUé.

DcDs le doute mortel dent je sais «gif^. Bâ«. c Malgré toute l'affectation de fermeté et de tant espérer de la guerre, Albéroni éprouTait de grandes eLgitatione intérieures sur l'iaoertitade des succès où il allait se liTrer. » S. S.

k l'égard du troubU de Teeprit, Vag^àiion le cause plutôt que 1' ^olvm , par ee ({u'elle cet pbis Tiolentoi et à l'égard du tr^ubU de I'Aba, de son inquiétude , de l'altération de sa tranquillité , agUaUaii en marque le comblé. La oenseience est trmMée par des stipulée, et agitée par des remords; une oonsoience froui^e n'est pas mt repos ; une conscience agitée est harcelée, tourmentée. « Considères tout ee que l'ambitieftastii^ d'inquiétudes, d'alarmes, de lewiWcf, 4'ivtl».

itMU, é9 datdetfrtlfitérfeam el de dè8eapoiz8.s Ba««D» Antioofrai» linustr« tôt tout à coup saisi de frayeur en entendant parler des Txclotres des JuiliB , et il fui jeté dans un grand trouble. S s'écriait : Mon ooMir est abattu par de cmeDes inquiétudes» Quelle horrible agiîaitioH send-je en moi-mAoR , moi qui étais si hearessf « Bobs.

J'sl TU le fier Airêer; il wtMt qu'il médiie

Qoelqaa pnfSnA dessein qui le temM^ en VsgUe.

Vaut,

iMDLiMolf , lA&OOSIB. SeotfmeBts qui nmts peortant à rivaliser imm quelqtfaa, â faire effort pour l'égaler on le surptfner : ïémuêe^iwn et ia jalousie ne se rencontrent guère que dans les persuoDas de mèdao ait, de mftnies talents et de méaM^coadition.

c VéemUaiUm^ AH Id>niyêfu, est xm sent!' ment Tolontaire, touragevi, aincètu^ qui rend l'Ame féconds, qui b fait profiter des grands exeflsptea, et la porte souv^ettl au-dessus de ce qu'elle admira. La jMiraM, «n contratre , est un meumaunt rioleiit, et comne un aveu contramt dumérite qui eat borud'etle : «11» tu même josgu'é nier la^ertndanalesiiôsts-où elle existe: ou, Ibrcéedelaiiueeiiaattre, «Ueluii^fbselaséloges, ou lui enrie les fécompeusis -* passion ^cile, qui laisse l'homme dans l'état où elle le troure-, qui le remplit de lui-méma, de l'idée de sa répotation4 4uft Is lund fnrid et set sur les actions ou sur les osivrsges d'auto; qui f^t qull s'^omie de voir dans, le moade d'autre» talents qne les siena y e« d*aatnu iMttime» aree les mièmes talents dont il se pique t tiea honteux, qui, par son eaeès, rWMre tonjoaift ianala Tanîté et dans la présomptioD, et ne penuade pas tantà celui qui en est binaé, qu'il a phm d*espril et de mérise que les antres, qu'il lui flot croite qiTKn liri seul de Tesprit et du mérite «

« L'dniulaiion anime Isa esprits. » fiùU. «€*est un sentiment honnête qui Ait naître et déTsAoppe les talents^ V\U nous porte à imiter ce que so«s admirons et noua fkit rendre justice à oeur qoe nous fvttlons égaler. » Cotre, «e Bile nSM est l'homme de ooeur, quand R Toit /aire aux autres de grandes aetiont» » Boss. -^ Mj^ le /aSoueiè est ane passion baineose, iAjuste, aveagie. « Il n'est plus risn de sacré pour un cœur que lajaUmHe aigrit et infcote. s Masb. « Quand on navrFtt contra aan Arèra des seutimeoU de joteuele, ses talents, Sa réputation, sa prospérité sout autant de aers tfol nous rangent» • lo.

• fi^il y a dea ^uiatisas de Turtus, 9 y en a de contention et dejaieujte; «t, pour une Amkrtt'on légitime, il y en a cent de crimteeiles. % Bopttnw^«Ge sujet (ta tengeanee dm meurtre d'égauMasnen) , traité tant de fois parmi les rao^ derae», n'a pas excité moins d'^s»iifttftea chez les anciens. Il a été ua objet de ooncufrence entre Bechyle, Euripide elSÎq)bocIa.... Cette noèle riTalité ne passait pas pour nna bêséo jaUueie. » Lab. «^ « Il y snrail eu de tout temps eam LacuUus et Pompée une ^«nilaiioi» qai approchait fort de la pique ou de la jalousie, s Roub. «-«< n a régné entre tous les ordres religieux une étmih laUoa- qui est soiurent deTcnus une jàhuMie éolatante : lA haine. entre les moines noirs et les

SYNONYn& k tAmCXUX DIVERS.

Bntrons : Sabord oq jvh fa. Jattmsie, Du dieu des Ter» h ÈVh^ ei Feiuieiaie-, Qui, tous les traita de V Émulation , SoiziU«Voi«iMtt«lpoffie Mifione CIms I0W CQs Cooft «QttKiiMiift d'isoUoii* In» CnCORB, JIE9SI. C^ adterbe» seneat à exprimer que, outre ce qur a déjà été fth, dit ou donné, on fait, on dit, on donne quelque eho9Qw

Hais ffteofa «mpoirte una idée didentîté et marque addition ovt âBamératioa , au livii ^ne son synonyme mun impbque «ne idée de dmrr sHè et snppeee eomparaison. J'ai , Je fais , ]e dis, je donne eneon , c'esUà-dire de plua, e^st-àràire que moi , la mtoe penoone , je cemtiaue à avoir, à faire ^ à dire, à doiH&er. J^ai, je (^9, je dis, je donne aimi signifie que moi , de me» oftté , pareillement, é^lemenl, aTeo d^anlpe» pefsomMe, j^, je fais, je dis, je éooB» tetie on telle cbose.

J'ai cité des esemplee, je vais en ett0r ciieore (Pa9C., Tolt.)- « Non-seidenient il est liMral, mais encore il est prodigne. » Aoad. « Je pourraâs contbattre cette pensée par plusieurs raisoBa. Je pourrais tous représenter que. ... Je pourrais ajenter eRcorv qne...* » Boss. Il demandait «eei, il demande encore cela (Volt.), c A^ee ces beaux secrets Koger Bacon possédait encore tons ceux de l'astrologie judieiabe. » h». « Après atoir été ouvertes à la poste , mes lettres le seront encore dans la maison où je vais lofer. »'J. J.

c Cela est (ani ^ que, la défense étant permise , le meurtre soit cmm permis. » Pasg. « Gomme il était naturel que le temps ftt inventer beaucoup de choses, il devait austx en faire oublier d'autres. » Boss. « Ce prélat tartare fut insulté par les caravanes; les Chii^eis }t furent entssi, v Volt. «Les riches ne logent que leurs amis^ mats les pauvres logent aussi les chevaux de leurs amis.v J. J. c Je vous enverrai ce morceau non-seulement pour r^ouir mon cœur, mais aussi peur profiter de vos lumières. » In.

Voilà donc mon paquet, et vous le vôtre me»».

RlON.

ENFANT, ENPAIfTIH, HIÉRlt. (©îFANTIL- LAGK, PUÉRILITÉ.) Ces mots qualifient relativement au premier âge , marquent avec le premier fige de la conformité ou du rapport.

Hais enfant a cela de tout à fait spécial , qe^l s'applique seulement aux personnes, au lieu qu'enfantin ei puéril se disent exclusivement de ce qui appartient aux personnes, de leurs ac* lions ou de leurs discours. Un homme est enfant, plus ou moins enfant, et il se conduit ou parle (fane manière enfantine ou puérile, « Les mystiques sont si enfants i si on les croit, et d'une telle innocence, que souvent ils signeront ce que vous voudrez , sans songer s'il est contraire i leurs lentistients. » Boss. « Je ne puis me corriger de mes châteaux en Espagne. J'ai beau vieiUir , je n'en suis que plus enfant. » J. J. « Le cadet des deux petits du Soussoî paraissait venir à moi si volontiers que, plus enfant qu'eux , je me sentais attacher à lui déjà par préférence. » In. « L'inva*

l&de parai scwble à men attontien. Qoi croirait que j»ias assea enfamà psm en pleai<er d'aise 1 9 In. « C'é«aità qui dw deux serait le pins «fi/'oiil.9^ 1d.

Entra. en^Militk et jmASJ, entie enfmtiUofe et puérilM lat dHénam eet aaesi proÉOMée que eov. taéne.

MnfanMm et enfcuMlago, dfreetenwnt formés d» français enfant ^ ne fa]n>*l^ont du premier Age que ce qui s'em semaffue i l'eatérievir, safveir des qualités eu indiffésentes ou eslûnables; puéfil et puMiiti, latin pueraif et puêritita», de puer, enfant, ne rappellent de 09 mène Age que ce qui regarde rinténeur ou l'esprit, c'es^^^ra de» défauts, défauts de réQexien, de sens, de jugement, de seiidlté. Enfantin êî enfiintilhge se prennent donc d'ordkiair» en bonne pari , pué" ni étpuéfiHté jamais ou presque jamais.

Des idées de gaieté , de badinage, d'innooence, dMntérét, de vie sereine et de beauté ou de grâces s'attachent naturellement aux mots enfantin et enfamtUla^. • La duclMese de Bourgogne avait amusé le foi par des badioages nouveaux et enfantin». » S. S. « Thomas Diafoirus, étailt petit, ne jouait jamais à tous oes petite Jeux que l'on noomie enfantine. » Vol.

Tenez, tkmffte désolée; YeneZjpauvres enfants, qu'oo 7eui rendre orpheBns, Veoei Mre perler vo» esprin en/untinr.

(L'InUmé préieatani ies petits ehicns dans les Flaidêmr*.} Eao.

c SI quelque chose peut rendre un esprit serain , adoucir la peine par renetion de Famour, c'est cette conduite simple, libre et enfantine entre les bras de Dieu. » FÀh. « Là fût le terme de la sérénité de ma vie enfantine. Dès ce moment je cessai de jouir d'un bonheur pur. > J. J. « Quelle netteté de judiciaire enfantine suppose la réponse de cet élève I » Id. k Cette eau a la vertu de faire d'un visage décrépit une face enfantine. » Les. — c Ne treuves-vous pas que Hme de Saint- Julien a quelque drose de Mme du Châtelet? Elle en a l'éloquence , Venfantillage et la bonté , avec un peu de sa physionomie. » Volt. « On pardonnait ees nafvetés A son ftge (les gentillesses d'un jeune petit -mattre). Il mêlait des sentiments si fiers et si nobles aux enfantillages de l'amourpropre , que tout cela ensemble n'avait rien que d'intéressant. » Harm.

^ qui est puéril et la puériHté se distinguent par un caractère d'étourderie , d'extravagance, d^absurdité, de vanité, de mauvais goût ou de bassesse. « L'imagination ne produit souvent que des idées vaines et puériles , qui ne servent point à perfectionner le goût, et i nous rendre meilleurs. » Labr. « Si Y on faisait une sérieuse attention à tout ce qui se dit de firoîd , de vain et de puéril dans les entretiens ordinaires , Ton aurait honte de parler ou d'écouter. » In. Des principes (Péw), (Jes sophîsmes (P. R.) puérils. « Des législateurs se sont amusés i faire des institutions puérUee. » Uo^tssq. « Ce qui nje choque de ces beaux esprits, c'est quils ne se rendent pas utiles à leur patrie , et qu'Us amusent leurs talenu à des choses puériles, t In. «c Combien l'homme est Ih&le, puisque les plus hautes productions des

DEUXIËHE PARTIE :

, plas grands d'entre les hommes (les philosophes) sont si basses et si puériles! > Pàsc. « Les détails, danf Hérodote , dégénèrent soarent en simplicités puériles , plus propres i gâter le goût de la jeunesse qu'à le former. » J. J. •— c Les plus grands hommes du paganisme ne parlaient qu'avec respect des superstitions de l'idolâtrie , dont ils connaissaient la puérUUé et Textrayaganee. > Mass. « Ces puérilités absurdes (des Êléates) sont abandonnées aux sophistes. » Babtb. « On a de la peine à croire que dans les écoles d'Athènes on daignait entendre de semhishlea puérilités. » llARM. « Dans ce dialogue on trouve les meilleurs principes môles avec beaucoup de puérilités.» DAg. < Que dirait Soorate de Téducation publique qu'on donne à notre jeune noblesse, des puérilités dont on se plaît à la nourrir , comme si on n'avait rien de bon à lui apprendre T> D'Al.

ENFIN, A LA FIN ,•- FINALEMENT. L'idée de fin est commune à ces trois mots.

Pour ce qui concerne d'abord enfin et d la fin, le premier a rapport au discours , le second aux choses^ £n/in, en /in, c'est-à-dire en finissant, pour finir, pour conclusion, en un mot, bref, pour arriver tout de suite à la fin de mon dire ou de mon récit. « Car enfin que pouvait-il faire 7 > Acàd.

Je ne sais pas pourquoi» mais ênfinlt soupire. Raoïr. Après avoir soutenu qu'on ne peut se passer de la mythologie dans les poèmes , et que tainement on pense faire agir Dieu , ses saints et ses prophètes comme les dieux éclos du cervtau des poètes, Boileau ajoute :

Et quel objet enfin à présenter aux yeux

Que le diable tOHJours hurlant contre les cieux ! À la fin y vers ou sur la fin (de la chose) , au bout , sert à marquer que la chose ou la personne même finit , a fini ou finira par faire telle chose, a A kl /In il est convenu de tout. » AcAn. « Les empereurs prétendaient qu'd la fin les religions s'uniraient. » Boss. « Vous connaîtrez d la /In que vous avez parié pour une chose certaine et infinie. > Pasc

Mais enfin se prend aussi, comme d la /in, dans le sens objectif ou en relation avec les réalités. Ce qui le distingue alors , c'est que ne renfermant pas l'article, comme d la fin, il n'exprime rien de remarquable ou de saillant. — Enfin , c'est-à-dire en dernier lieu, opposé à d*al9rd. C'est l'expression ordinaire. « Il arrive quelquefois que des personnes qui aiment extrêmement de certaines viandes , viennent enfin à en avoir horreur. > Mal. « Cette coutume de juger les rois après leur mort .faisait entendre aux rois que , si leur majesté les met au-dessus des humains pendant leur vie, ils y reviennent enfin quand la mort les a égalés aux autres hommes. » Boss. « Abadie, jésuite, puis janséniste, puis protestant, voulut faire enfin une secte. » Volt. « Satellites autrefois de Saturnin , puis de Sulpicius , ensuite de Marins et de Damasippe, et enfin de Lépidus. » Roll. — Mais à la fin s'emploie quand on veut insister, quand il s'agit de choses qui viennent lentement , à la longue , après une longue attente, ou malgré beaucoup d'opposi-

tions, de difScultés ou de peine. Dans la première édition du Dictionnaire de V Académie aa définissait d la /In par après Men du temps. « Tant VST la cruche à l'eau qu'd la fin elle se caaae. 9 AcAn.

Je chante les combats, et ce prfiat terrible Qui, par ses longs travaux et sa forée ievîiidliey Dans une iUasIre église exerçant son gnnd eonr. Fit placer à la fin un lutrin dans le chérar. Boil. Le phis charmant objet k lafitk nous ennuie. Rma. a Me répondras-tu d la /in? • In. cMénalqoe & aifalre à un fâcheux , à un hoaune ovâî^ gui se retirera d la fin^ il l'espère et il prend patience. » Labr. « C'était ponr forcer ma mémoire à prendre de la capacité que je m*Qbslinaia i cette étnde. Il fallut l'abandonner d la fin. « J. J. «la vraie bonté et la vnie vertu triomphent de tout d la fin.» Volt. « Polybe a très-bien conclu que Garthage devait d la /in obéir à Rome par la seule nature des deux républiques. » Boss.

finaXemeinX^ en fin ou à la fin /inole, est peu usité , même dans le langage fomilier , od il convient le mieux. Il a cep<»ndant une nuance particulière. Je vous prierû/lnaletnent de rester chez vous. Finalement, c'est-à-dire -définitivement et sans retour. Nos comptes sont /inalement arrêtés. « Jésus -GhrisI a obtcinu cette grâce anx élus , que leur foi ne défaillit pas à jamais et /inolement. » B06S.

ENFODI (S'), 8'ÉfflAPPER, S'ÉVADER, ffES- QUrVER , SE SAUVER . Se tirer et s'éloigner d'un certain lieu.

On s'en/Uit à toutes jambes : s'enfuir est relatif à la vitesse, à la promptitude , à la précipitation avec lesquelles on s'en va ou on décampe. Le temps s'enfuit; nos faux amis, quand ils nous voient malheureux , s'enfuient; l'enfant prodigue s'enfuit de la maison paternelle, c Antiochus se montra dans la Grèce avec une petite partie de ses forces.... Il fut battu et s'enfuit en Asie.» Moktbsq. « Bias se rencontra à Priène lors de la prise et du sac de cette malheureuse ville : tous les citoyens emportaient fèut ce qu'ils pouvaient et s'et^uyaient dans les lieux où ils croyaient pouvoir se mettre en sûreté. » Viv.

' Leur résistance (des rtif) foi vaine; 11 fallut céder au sort : Chacun t'enfuit au plus fort Tant soldat que capitaine. Iat

On s* échappe des mains , des mains qui ont pris ou.qui menacent de prendre , afin de n'être plus au pouvoir de ce qui a saisi et retient , ou afin de se mettre hors d'atteinte de ce qui poursuit Un prisonnier s'échappe, un voleur surpris cherche à s'échapper: l'un sort de l'endroit où le détiennent ceux qui se sont emparés de lui, l'autre veut éviter d'être arrêté par la police et détenu dans un endroit pareil. « On le retint quelque temps, mais enfin il s'échappa. » S. S. « Je vous recommande de ne. le point laisser sortir de vos mains; car parfois il veut s'échapper. »Mol. «On la voyait faire des efforts pour s'échapper des mains d'une femme qui la retenait. » Les. Arrête! aitèie! attrape!

—Ah 1 c'est mon prisondier, sans doute, qui i'«cA^^.

VLac.

SYNONYMES k RADICAUX DIVERS.

On peut des pins granâs rois rarprendre U Justice : Incapables de tromper.

Ils ont peine à s'échapper Des pièges de Tarlifice. Id.

c Us étaient une douzaine de possédés après mes chausses; et j'ai eu toutes les peines du monde à m*éebapper de leurs pattes. » Mol.

On s'évade furtivement, en secret. Arnolphe dit à Agnès dans l'école des femmes :

Et TOUS savez deuner des rendez-vous la nuit Bt pour suivre un galant vous évader sans bruit.

Mol. Ils attendent la nuit pour %*évader ensemble. Dest. c Nous nous évadons sans être aperçus. > J. J.

On s*€squive adroitement. « Je m'esquivai en baissant la tête. > j. J.

Je me suis doucement esquivé sans rien dire. Mol. On se sauve d'un grand péril , d*un danger de mort , en pourvoyant à son salut. Se sauver pour n'être pas pendu (J. J.). Saûl envoya ses gardes dans la maison de Dand pour le tuer.... David s'enfuît donc et se sauva, » Volt.

Les princes (des rats) périrent tous.

La racaille, dans des trous, Trouvant .sa retraite prête, Se sauva sans grand travail. Ijur.

« Les Romains entreprirent de faire périr Ânni* bal. Ce grand capitaine , réduit à se sauver de son pays , remua l'Orient contre eux. » Boss.

Ah! monsieur, évitez sa rage furibonde,

Sauvez-vous, Rnur.

cDiogène le Cynique, fils d'Isécius, banquier, iîit accusé d'avoir fait de la fausse monnaie avec son père. Isécius fut arrêté et enfermé dans une prison où il mourut-, Diogène prit l'épouvante et se sauva à Athènes. » FéN.

ENGAGER, OBLIGER. Imposer une sorte de contrainte en vertu de laqueÛe on est tenu à certaines choses , on ne peut s'en dispenser.

Engager signifie quelque chose de moins fort, de moins rigoureux , une convenance plutôt qu'un devoir proprement dit, ce qu'il faut faire plutôt que ce qu'on doit faire. Un bienfait reçu nous engage envers le bienfaiteur; notre parole donnée, ou mieux encore un contrat, nous oblige. L'Église engage les fidèles à communier aussi souvent que possible, et elle les oblige, toutes les fois qu'ils le font , à purifier leur âme par la pénitence (BOORD.).

Ce qui engage peut être un simple besoin , une exigence de la nature ou des circonstances -, au lieu que ce qui oblige est plus ordinairement de nature morale. Ce qui nous engage à une chose nous en fait une nécessité ; ce qui nous y oblige nous en fait un devoir, c Nous oserons ici pour la première et la dernière fois parler de nous à nos lecteurs. Les circonstances nous y engagent , et la reconnaissance nous y oblige. » D'Al. « Ce qui engagea, principalement les Athéniens à condamner Miltiade fut son mérite et mê&ie sa grande réputation, qui fit craindre au peuple qu'il ne voultit devenir tyran à Athènes.... L'attachement inviolable d'Aristide à la justice Vobligea en plusieurs occasions de s'opposer à Thémistode. » Roll.

ENGENDRER, ENFANTER, ACCOUCHER. Donner naissance.

Sngendrer a la signification la plus étendue. Il se dit même des choses : telle nourriture engendre des vers ou des humeurs; les géomètres font mouvoir le point pour engendrer la ligne, la ligne pour engendrer la surfoce, et la surface pour engendrer le solide (Gond.). Quant aux animaux, ils engendrent aussi bien que l'espèce humaine, et, parmi les animaux, les mâles aussi bien que les femelles, tout comme, dans l'espèce humaine, les maris aussi bien que les femmes. Les femmes seules sont dites proprement enfanter et accoucher. « Le fœtus ou l'embryon , c'est-à-dire l'animai qui se forme, est engendré d'autres animaux déjà formés et vivants. » Boss. « Plusieurs personnes ont été persuadées qu'une sole pouvait engendrer une grenouille. » Yolt. « Le mulet n'a pas le pouvoir d'engendrer. » Id.

. Le coursier d'Adonis, né sur les bords du Xanthe,

Ne peut plus retenir son ardeur violente :

Une Jument dlda V engendra d'un des vents. Lat. « Le mot de fis de Philippe signifie celui qui a été engendré par Philippe. » P. R. « Des parents goutteux engendrent des enfants sujets à la goutte.» Mal. — D'ailleurs, engendrer signifie plutôt la conception, ou une formation intérieure, que la production ou la mise au dehors. « Le Père engendra le Verbe éternel en luimême. » Boss.

Enfanter est un mot abstrait qui signifie d'une manière générale , sans aucun rapport à l'époque et au travail de la délivrance, le fait d'une femme qui met au monde un enfant. « Pourquoi une vierge ne peut-elle enfanter ? » Pasc. a Si une vierge devait enfanter, il était convenable qu'elle n'enfantdt qu'un Dieu. » Boss. a Les filles ont-elles pu être enceintes de la façon des singes et enfanter des animaux métis? » Volt. « Pourquoi Sara s'est- elle mise à rire en disant : Puis-je enfanter étant si vieille ?»Id. « La Terre enfanta les géants. » If arm. « Lorsque Rome fut vaincue elle-même , il sembla que la terre eût enfanté de nouveaux peuples pour la détruire. » Montesq. -^ Que si toutefois on dit , en ayant égard à l'événement final, les douleurs de Venfantement et enfanter avec douleur , c'est par exception et uniquement dans le style élevé de rfi(yiture, ou par allusion à la malédiction de Dieu sur la femme. « C'est la malédiction de notre nature , qu'on ne peut enfanter qu'avec douleur. » Boss.

Accoucher est un mot vulgaire qui exprime précisément , avec toutes ses circonstances, d'une manière concrète, l'opération par laquelle une femme arrivée au terme de sa grossesse , et par conséquent couchée ou alitée, met au monde le fruit qu'elle porte. « Pourquoi ne laisseriez>voas pas Mme la vidame accoucher à Chauhies, où elle aura les secours nécessaires ? » Fén. « Tout ce peuple fait des efl'orts inutiles, semblables à ceux d'une femme dont l'enfant est prêt à sortir , et qui n'a pas assez de force pour accoucher. » Boss. « Quand on entend les cris d'une femme en travail , qui sont médiocres et languissants , on dit : elle n* accouche pas encore.» In. « Guillaume le Conquérant était gras et replet; Philippe I"* demandait un jour, en se moquant, quand il aceoueherait : le prince lui fit dir^

SECtXlfin PAATIB :

mie cela ne tarderaît pa«, «t qu'aussitôt qu il serait releyé il irait lui rendre wite awo dix mille lances au lieu de cier^ges. » In. « Il y » de» pays où les femmes accouchtfU presque aana peine. » J. J. « Les femmes ne saTent pas encore accoucher toutes seules. » In. « Marie dit à Joseph que son temps ^'accoucher était proche. » Volt. « Jacob Tint au pays qui mène à Sphrata, Rachel étant prête d'acc<mch0r. » ïn.

Une moniale en mal d'enftmt Jetait une clameur si haute dne chacun , au bruit acc(yurant, Crut qu'elle aceoudurait sans ftcote D'mie cité plus grosse que Paris :

£Ue aecQueka d'une souris. L*».

Au figuré , engmàter veut dire faire nattre au dedans, faire concevoir, particulièrement des sfltttiments , des passions ou des idées. La familiarité engendre le mépris (Acad.); un homme nengendre point, c'est-à-dire n'inspire point de mélanoolie (îd.); l'oisiveté engendre le vioe (In.); les passions en engendrent souvent qui Iwr sont contraires^ comme l'avarice la prodigalité (La- ROCH.); toutes las passions terrestres qu'eng««*^e le tumulte de la vie sociale (J. J.)-, toutes les passions qu'en^ndr«if Tintérèt servite -et le luxe nécessiteux (Marm.). « Un sang appauvri ne porte au cerveau que des esprits languissairts «t morts, et vl engendre que des idées triste». ^ J. J. « Quant à ces fantaisies que la richesse en^em^re dan» un esprit malade de satiété et de languwr, j'en ai vainement essayé. » MABfif .

^/onfer signifie fkire naître au dehOT», donner le jour ou faire éclater. C'est l'amour qui »n- /éinfe la guerre (Bupp.)7 *■ discorde qui enfan$e ton» les crimes (Mark.)- «'Les vastes conns^ssances empoisonnées par l'orgueil ont enfanté ces chefs et ces docteurs célèbres de mensonge qui ont levé l'étendard du schisme et de l'erwur. » Mass. « Si l'orateur chrétien va jusqu'à ce degré d'enthousiasme qui enfante le sublime, il ne mérite que de l'admiration. • Lab.

Bienheureux Scudéri, dont la fertile plume

I^ut tous les mois sans peine en/Mter un volime.

Son..

Âccouefmr s'emploie uniquement en parlant des jfroductions de l'esprit considérées par rapport à l'instant du travail qui les fait éclore avec plus ou moins de peine ou de difficulté. Dans les Femmes semantes, Trissotin, qui vient de com poser une épigramme , la présente à Pinlaminte ^n disant :

Hélas ! c'est un enfant totft nouireau-né , madame ,

Son sort assurément a lieu de vous toucher;

Et c'est dans votfe cour que j^n viens û'accomcker.

IBKLEVEIt ; — 1* AHKACHER , lUTlH ; — 2« EM- PORTER, ENTRAÎNER. Agir sur une chose de

manière à lui faire quitter place en la prenant.

C'est ce qu'exprime simplement et sans aucun accessoire le verbe enlever*

!• Arracher, ravir,

arracher et ravir signifient enlever de foroe. Cest toujours malgré elle qu'on arrache une personne d'un lieu ou qu'on la tcnit : une femme qu'on arrache des l>rB8 de «a mère ou

qu'on fùvit ert inotioM elvA vesem '

n'a point consenti ; une femme urIirrIs peut ne l'être que parce qu'elle l'a voulu, q»e para qu'elle s'est fait enlever. De même, ee qu'on nous arrache, ce qu'on non» roetl est wmjmi un bien, et c'est toujours avec peine que wm nous en voyons séparés; mais le okimi^giea nous enlève une tumeur, le dégndssevr des tâches, etc.

Arracher tféquivaut pourtant -ptAot à itwlr. ilrracher, de ad, A soi, et de roc, primitif de racine^ veut dire tirer à soi quelque chose qui est retenu comme par des ncines , qui tient beaucoup. Ce mol fkit image et peint lUgBBart du sujet correspondant à la rèsislanee de l'objet : il marque une action faite non-seulement de fort», mais par force on par la foroe, une lutte «&gagée. Jtoetf , du latin retpere^ pewAm prtâpitamment, enlever rapidement, mkir, dfasà^M une action faite tout d'un coup , par use fait» bien supérieure, ou par eurpriee, ataa que k chose soit défendue. Vn con^émni mrmAe en province»* d'ieonemi (VoLt .>-, il a'y a que ceux qui se font violenoe qui roOTMint le luyaume des cieuz (Mass.). On orroohe la victoire des mains des ennemis (Mohtêsq.) ; on twr* les oeu£i d^vn oieean (Bo»p.). On «rvttto «a «Etee^ un clou «nfoneé dan» la muraiUe; le loa^, lauiKi rattt sa proie. Dans le» Fomhwriee es <Sc^Wt ce valet ditde Géronte, de qui il wienide ttier une «omme d'argent avec beaucoup da éfficttlté : c II ne peut digérer le» cinq <«Bto dm» que je lui «rnwhe. > Mai» Géronte , pMlut de la même somme et se plaignant du ymi delenis qu'elle est restée entre se» maittt :«!«■» croyai» pas , dit-il , qu'elle dût ;B'dtva si^

Quelque- oe» deux mota supposant remploi de la force, c'est toutefois l'idée de fdree, d'ene foroe saillante, lente, combattant oonlre des obstiné», qui prédoBÛne dane crrackcr; iwir indique une foroe prompte, qui. prend d'emblée, ou même d'une manière, nen pae violente vAtis subtile ou rusée.

l'apprends que pour rtÊnr son enAmee (ieiyaaii} au suppliée ,

Androma(|iw trempa l'ingémem DlYise, ' Tandis qu'en aulK eniaai, ctraAe de »e» bras^

Sous le nom de sob fils (Ulcoaduiiaa trépas. Rag.

« L'importunité mrraxikê un ooosenlement^ la subtilité le rouet. • Bonn, anciennement m employuift la torture pour mtocher des aveai; à présent les juge» se conlenteoC d'an moyen <i1nterrogations insidieaaes.

LVidôe de vioienoe, et d'une vîolenee i étant ineépamble d'orraefcer^ ce mot »e prend plutdt an propre ; au lieu que rm7ir » par la ni* son contraire, -ccmvient mieux pour le figaié. Grégoire XIV a déclaré qu'on doit cmrachet les assassins d'e» églises où ils se réfugient, et Imr rootr l'asile dont ils sont indignes. L'oratour pathétique m'arraehe des larmes^ et fxM mm admiration. On arrache une chose qu'on tient 1 la main, un enfttnt des bra» de sa mém, on arrache des cris, dee lannee, la vier on vous f&cii l'honneur, la gloire d'une action, la liberté.

STNONYnS 1 BAMGÂUX DIVERS.

resp^nnoB , vm partie Ae t«Ir .temps. Àvradiêr le cœur se piead Aam le eens iitténl; maie, dans le ^aifrffeùit fentUhomme, M. ieudun ▼oadrsit bien « fwm \e cmm de Dorimène. *

Mm^M-im et enlraliier, e'ett enlever >et s'en aller avec. « Dans ce taà>leau on toU Vuloain qvi enidtie ea dÎTine ^poQse pov i'ettpoftnr sor le lit nuptial. > Moutesq. AiUver, arrather et ra««r eoot rdatiis «« point de départ et À la persoinie .dépossédée : on enlève^ on artmcke^ oo ravit à «pieii{a'im. Anperfer et «fitnoiner srai rristifs à un nouTeau lîea aà. on doit parreiur et an mouvement qui y mène : oa n^mnporte pas et on n'emnÂne pas A quelqu'un , maie quoique part.

Pour emporter une chose, U ùmt Yvroix sur soi ; pour refifroCaer, il fisfut la tirer après soi. Pendant le saocagement de Troie , £née £mfioHa son pèfe sur «es épaules, et entraîna ton fils par la main. Le loup emporte la proie sur ie dos , l'aigle dans ses seenee; mais dsms Lalontatne , la grenouilie etUimime au fond de l'eau ie rat qn'eJJea attaché par la paâteet donit elle «oopte se repaître.

L'action d'emporter si lieu dans tous les asns , partiouHèremeni de bas en haut; celle d'erUraltMT, pomme ceile de pr^ctptter, ee fait plutôt ée haut en bae : une chose , en tombant, «n ' enirainef et non pas en emporte une autre dans sa obute. s Le plomb se ecorifiant avec les autres métaux dont il s'est saisi, il les sépare de l'or et M l'argent, les eelrolnei ou plntôt Jes emporte et s'élève avec aux à la surfaœ de la ft»Ate* >> Burr,

«nfin, sMfrelttsr, i la diflërenoe d'empor<er, suppose de la résistance et y est relatif, c Vienton de plaoer quelqu'un dans un nouveau poste c'est un débordement de louanges en ea £aveur; tous se laiseent eslnitear au torrent qui les maporte. « Lamu

SNlIBaiI, ADVERSAIRE, AfnTAGONISTE. Homme qui est contre quelqu'un, «n Of^ositioQ en en guerre avec qui^qu'un.

gtmsmi , «ninitcus, in amieus, non amieus, qui n'est pas ami, suppose un sentiment contraire au sentiment de l'amitié, oelui de la haine. Notre eimevki est animé contre nous, cherche à nous nuire, tend à nous perdre. Un adversaire ou un antagoniste n'en veut pas ainsi à la pvaonae , et ne demande ni son mal , ni sa raine 'f il lui suffit de remporter sur elle l'avantage. Il s'agit pour l'erinemi d'une passion à satisfaire; pour radrer«osre ou YawtagoniOe, d'une cauee.à gagner. Deux enttemir ne s'aiment point on ne s'aimeat plus, se persécutent, aspirent à se détreire; deux edeersatrex ou deux antctgo- «l'aies appartiennent, U est vrai, à des partis divem, mais ils peuvent néanmoins êtçe amis. « Marias était né pour être l'ennemi et le persécuteur de toute vertu. 3» Roll. « Les cruels ennemis de la religion n'ayant pu la détruire , ses amis dangereux n'ont pu la perdre. » D'Al. « Quelques prédicants de Hollande, les ennemt^ mortels de Bayle, furent aveuglés par leur haine, au point de le reprendre d'avoir donné des

Wnangesà4espapes.» Volt. -^ A la fin d'uit discours oontn Vernès, Cicéron s'écrie : « |fa|f quoil me dira^i-on^ voulez -vous donc vops chai^ ger du fardeau de tant d'inimiliés T.... Et pourquoi eratndraie-je d'avoir pour ennem** dédaaép ceux qui sont secrètement mes envieux, ceux qvi, par ja différence des intérêts et des priihcipes, sont néeessaiiement mes adt)^tatres ? » Lab. oc M. de La Chaussée et M. de La Faye m faisaient d'autant moins de peine d'entrer en iioe contm Lamotte , qu'ils n'avaient point i craindre de voir se transformer en ennemi \mx

advertaim dont l'amitié leur était précieuse* » D'Afc.

Mais aéoersaire et antagoniste ^ si faciles & distinguer d'ennemt^ ont entre eux la plus grande ressemblance.

AdverAOùre est le latin adversarius^ et onfagmidgte le gnee hfzacfta^\r^^. D'où il suit que l'un se dit plutôt par rapport à des démêlés , A (les difiérends , c'eat-^é-dire à des discussions d*ineèrête; et l'autre par rapport à des disputes , à des controverses , c'est-à-dire à des discussions d'opinions^ Dans un procès on a telle personne pour aéoersaire: quand on soutient une doctrine ou qu'on réfute un système , on a telle personne pour aatagontVte. Des adversaires s'efforcent de féire prévaloir leurs prétentions, leurs titms; et d£s antagonistes, leurs pensées, leur manière de im. Un cd/versaire est un compétiteur, un émule; un auui^eniste est un contradicteur , un partisan d'idées différentes,

« Nous jugeons équitablement de tout ce qui est au-dessus ou au-idessous de nous; mais de ceux que ia coneurrence nous suscite pour adversaires, noue en jugeons d'une manière à faire pitié. » Bomna « J'a^roue que nos titres (daoïs ce procès) sont £aux eit que ceux de nos adversaires sont authentiques. » Yolt. « Merci fut tué^... Ce digne «deensAtre de Turenne et d'Knghien les tint en échec tant qu'il vécut. » MàRX. Scarron dit des compagnons d*£née qui se disputent le prix de la course sur mer :

Déjà «es amis aduersaires Voyaient qu'ils approchaient le but.

-~ « Carnéade fut Vantagomste dédam des stoïciens. » KoLL. ff Dans le Dialogue sur VéUh quenee attribué à Tacite , Aper est Vantagoniste des anciens. 9 Làs. « C'étaient des philosophes qui commençaient à disputer.... Là -dessus , comme si l'abbé eût dit une impertinence , son antagoniste lui rit au nez. » Les. « M. de Voltaire et M. de Fonoemagne ont donné au monde littéraire un de ces exemples de politesse dans la dispute (sur le Testament politique de Richelieu), qui ne sont pas toujours imitéj par les écrivains. Ces égards et cette décence conviennent également aux deux antagonistes, v Volt.

Toutefois adversaire, qui a une plus grande étendue de -signification, se prend bien au$si théoriquement, comme antagoniste; mais il est plus commun, et ne se dit pas d'un personnage aussi considérable. « Un bon livre fait bien plus sûrement son effet que la dispute sur les gens •entêtés, parce qu'alors ils ne rougissent point d*ètre subjugués par la raison supérieure d'un

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