DEUXIÈME PARTIE
antagonisU. » Volt. Voltaire était Vantaganiste de Grébillon (d'Aï.)- Sylvestre de Priène était le grand antagoniste de Luther (Bos8.}« D'Alembert appelle le grand Bossuet Tillustre antagoniste de Fénelon dans la querelle du quiétisme. c Qu'a fait un des antagonistes de rEncyclopédie? Il a prétendu que.... Ce n'est pas l'Encyclopédie, c'est son ridicule adversaire qui accuse saint Augustin d'inconséquence. * D*Al.
En parlant de Dieu, et dans le langage des sciences , on se sert plutôt danfo^fontile , à cause de salioblesse, même alors que, pour le sens., adversaire semblerait devoir être préféré. « L'Être éternel ne peut avoir &*antagoniste qui l'arrête. » Volt. La force centrifuge a pour antagoniste la force centripète (Id ).
ENQUERIR (S') , S'INFORMER. Agir pour se procurer la connaissance de quelque chose.
S'enquérir vient du latin inquirere^ rechercher avec soin , chercher à découvrir. S^informer c'est prendre des informations , demander des nouvelles, chercher simplement à apprendre. Donc , s'enquérir dit plus que s'informer.
On s'informe en passant, sans grande ardeur, par bienséance, par pure curiosité, sans être bien intéressé à savoir, et de choses aisées à connaître. C'est ainsi qu'on ^informe des nouvelles de quelqu'un (Sév. , Mol.), de l'état de sa santé (Les). « Un homme du monde passe sa vie à de ftrivoles amusements , à s^informer de ce qui se dit et à contrôler ce qui se fait. > Bourd. « A peine ai- je eu le paquet dans les mains que, sans payer le port, sans m'en informer ^ je suis sorti comme un étourdi. «J. J. — Au contraire, on i'enquiert avec diligence, empressement, examen, de choses dont la connaissance importe beaucoup et n'est pas facile à acquérir. On s'enquiert d'une personne qu'on doit épouser (Boil.) ; des parents s'enquièrent de la conduite d'un enfluit. « Enquérex-vous diligemment des Écritures. » Fin. « Louis XI s'enqtttt avec grand soin de ceux qui Tavaient ôté de la fenêtre, et les chassa tous. > Boss. a Saint Paul défend de s* enquérir scrupuleusement si une viande a été immolée ou non. » lo. « Les gens de Dan, sachant que la Michas avait chez elle un prêtre, un voyant, un devin, un rhoé , s^enquirent de lui si leur voyage serait heureux, s'il y aurait quelque bon coup à faire.» Volt. < Lorsque Tarquin voulut bâtir le Gapitole, il trouva que la place la plus convenable était occupée par les statues de beaucoup d'autres divinités : il s'enquit par la science , qu'il avait dans les augures , si elles voudraient céder leur place à Jupiter. » Montesq.
c J'aime, me dit Aurore, un jeune cavalier, nommé don Luis Pacheco. J'ignore de quel caractère il est. C'est de quoi je voudrais bien être instruite. J'aurais besoin d'un honune qui ^enquit soigneusement de ses mœurs, et qui m'en rendit un compte fidèle. Je fais choix de vous.... La demeure d'un cavalier tel que don Luis ne fut pas difficile à découvrir. Je m'informai de lui dans le voisinage. » Les.
!• ENTENDEMENT, INTELLIGENCE, CONCEP- TION; — 2« RAISON, JUGEMENT, SENS, BON SENS ; - a« ESPRIT , GÉNIE. Dana le sens absolu
et philosophique, ces mots eq^rimeiit las fSacuhëi de notre ftme auxquelles se rapportent nos opéntions mentales. Dans le sens relatif et oommim, ils désignent des qualités dont chaque homme 'possède plus ou moins, ce qui l'élèTe plus oa moins au-dessus des animaux; car, c'est quand une personne a quelqu'une de ces qualités à un degré éminent, qu'on dit d'elle qu'elle n'est pas bête ou qu'elle n'est pas une bète.
Mais tous ces mots se ramène at aisémeni à trois chefs. D'abord, il y a une différeoce assez grande entre Ventendement^ Vintelligence et la conception d'une part, et la raison, le jugement, le sens et le bon sens d'autre part. Les premières de ces facultés, nos facultés intellectuelles, ont rapport à l'instruction : par elles nous comprenons. Les autres , nos (acuités rationnelle et judiciaire, ont rapport aux affaires et & la pratique : par elles nous déterminons ce qu'il faut croire, et ce qu'il faut (aire, nous pensons et nous agissons droitement; aussi emportent-eUes nécessairement l'idée de rectitude : une raison droite , un jug^ ment ou un sens droit; elles supposent des règles auxquelles on se conforme. — Sans entendement, sans intelligence et sans conception, on a peu d*aptitude pour apprendre , on a besoin de b^ucoup d'explications ou d'éclaircissements. Quand on manque de raison, de jugement^ de laii ou de bon sens , c'est un défaut tout autrement grave pour les conséquences ; on est incapable de se bien conduire, on a besoin de conseils, on na prend pas soin ou on n'a pas le talent de régler ses croyances et ses démarches, de décider ce qui convient et ce qui ne convient pas , d'apercevoir et de balancer les avantages et les inconvénients des choses , de prévoir les fautes k éviter, de calculer les meilleurs partis à prendre. Avec beaucoup d'enleiidemefit , d'intelligence et de conception^ on parvient à savoir beaucoup, à réussir , par exemple , dans l'étude des sciences. Avec beaucoup de raison, de jugement^ de ttns et de bon sens, on a l'avantage de la solidité et de la sagesse , on pense sainement et on agit comme il faut. — Les animaux ne sont pas totalement dépourvus d'entendement^ d'intelligence et de conception : ils se font certaines idées des choses ; ils paraissent comprendre jusqu'à un certain point les leçons de la nature et les nôtres. Mais ils n'ont absolument ni raison^ ni jsgement , ni sens, ni bon sens; car n'ayant ni règles à suivre, ni conduite à tenir, ils ne réfléchissent pas, ils ne savent pas prévenir et éviter les excès, ils n'examinent pas les rapports de leurs pensées et de leurs actions avec des règles ou des lois primitives. — Enfin , les enfants donnent de trèsbonne heure des preuves d'entendement , d'tatelit^ence et de conception; la raison, le jugetmt « le sens et le bon sens ne se montrent que plas tard , ils sont plutôt l'apanage de l'âge , de Texpérience et de la réflexion.
Quant à l'esprit et au génie , ce sont des facultés productrices. Avec de Vesprit et du génie, on se fait remarquer par ses œuvres , on crée*, on compose : un trait d'esprit, un trait de génie; on dit de Vesprit et du génie qu'ils sont féconds ei inventifs.
SYNONYMES A RADICAUX DIVERS
Un enfant a de YenUndement, de VifOeUigmce et do la conception; un personnage grave et éclairé, un homme de bon conseil, a de la raison^ ànjugement , du tens ou du bon sens; un auteur ou un artiste a de Yesprit ou du génie, — Avec peu d'entendement y àHnteUigence et de conception, on est borné; avec peu de raison, de jugement, de sens et de bon #«n*, on est un esprit faux, ou bien une tdte légère et sans cervelle, on est presque absurde et extravagant; avec peu d*esprit ou de génie , on est stérile , sans originalité, presque incapable de rien tirer de son propre fonds, en un mot un pauvre esprit.
Notre faculté générale de connaître a reçu différents noms. La plupart des philosophes , surtout dans les temps modernes , lui ont donné celui d*entendement ou à^intelligence : c'est que, préoccupés de la question de Torigine des idées , Ils n'ont guère considéré notre âme, sous le rapport de la connaissance, que comme s'instruisant , comme recevant les manifestations des choses et recueillant des idées. D'autres ont préféré le mot de raison : ils ont appliqué au tout le nom de la partie la plus excellente , c'est-à-dire de la faculté qui nous guide, nous indique la bonne voie, nous empêche de nous égarer, et nous met en communication avec Dieu par les règles immuables du vrai , du bien et du beau. Vais, dans le monde, c'est le mot esprit qui a nrévaltt, parce que la faculté mentale qui frappe le plus le commun des homnes, c'est celle qui se produit par des effets, par des œuvres, dans les sciences, dans les arts, dans les lettres ou dans le discours.
!• Enfendemenl, intelligenuy conception. Faculté ou qualité qui nous rend capables d'instruction , qui fkit que nous comprenons ou saisissons les objets, ce qui nous est soumis, exposé» enseigné.
Mais, d'abord, entendement et intelligence ont beaucoup de ressemblance entre eux, et diffèrent notablement de conception ; ils sont plutôt absolus que relatifs; ce sont plutôt des termes de philosophie : Veniendementhmïmn,VinteUigence humaine. Voici ce qui les distingue l'un de l'autre.
Par Vintelligence , nous connaissons d'une manière active; par Veniendement, d'une manière passive. Vintelligence saisit, perçoit; ce mot vient é'intelligentia , qui, comme inteUigens, marque Y actif, une faculté. V entendement répond i intelleOus, qui marque le passif, une capacité. Et pour nous servir de termes scolastiques, l'intelligence est l'intellect agent, et Yenr tendement l'intellect patient. Vintelligence est comme la vue, et dans la vue il y a quelque chose qui part de nous, qui exprime notre acti- Tité. C'est nous qui voyons l'objet, et nous pourrions ne pas le voir, en n'ouvrant pas les yeux, Ott môme, ayant les yeux ouverts, en ne le Regardant pas. Ventendement est comme l'oreille qui, pour entendre, n'a besoin que d'être ouverte, et non pas d'aller au-devant des choses à connaître.
Conformément à cette différence, on dit Toeil ou les yeux de YintelUgence ^ la prise, l'action,
l'opération, le développement, la subtilité, l'effort, la portée, les découvertes de YifUelligence. « Vous devez à mon cher oncle l'abbé toute ma gaieté, ma vivacité, le don que j'avais de vous bien entendre, Yintelligence qui me faisait comprendre ce que vous aviex dit , et deviner ce que vous alliez dire. » SÉv. « Nous ne sommes capables d'entendre Dieu que par une entière cessation de toute notre intelligence.... Tout l'effort que nous faisons de nous-mêmes pour connaître Dieu, toute notre activité et notre pénétration naturelle ne sert qu'à obscurcir et confondre notre intelligence. » Boss. « Comment l'homme connaît-il, par l'effort de son inteUigence, les branles internes et secrets des animaux? » Mok- TAJGif . « Je vois ce maître du monde par les yeux de mon intelligence. » Volt. On ne peut, au contraire, se servir d'entendement que dans des phrases telles que ceDes-ci : les idées s'introduisent, entrent, sont reçues dans l'«n««idem«n< ; les objets , les vérités se présentent à Yentendement, remplissent l'entendement (Boss.); les idées, selon Platon, résident dans Yentendement divin (FéiT.); enrichir son entendement de connaissances (Boss.); les lumières dont la foi éclaire nos entendements (Boss.) ; la science est la lumière de Yentendement (In.).
VinteUigence est véritablement une faculté , et comme un ouvrier qui a des instruments. « Pour apprendre à penser, il faut exercer nos membres, nos sens , nos organes , qui sont les instruments de notre intelligence. » J. J. Ventendement est une capacité , un contenant , un réceptacle où les choses arrivent par des portes : « Les sens sont les portes de Yentendement. » Volt, c Au dernier moment, tous nos sens sont flétris, toutes les portes de notre entendement fermées. » Id. « U aurait mieux valu crever les deux yeux aux hommes que de leur boucher l'entendement. > lo. « Tout ce qui entre dans Yentendement humain y vient par les sens. » J. J. « Quand on a une fois l'enlendemenf ouvert par l'habitude de réfléchir.... > In. « J'ai autant d'esprit qu'un autre dans l'entendement » Les.
L'tnteUt^ence est vive, active, rapide, pénétrante. L'entendement peut ôtre dit seulement ouvert ou bouché (J. J.) , large ou étroit.
En philosophie , Yintelligence est aussi plutôt considérée comme un instrument actif qui produit certains effets qu'on peut étudier; l'entendement est plutôt regardé conome un objet ayant des propriétés, et qu'on peut décomposer dans ses éléments. On observe les phénomènes de Yintelligence; on fait l'analyse de Yentendement humain , on cherche à connaître sa nature , sa constitution. Et ce qui confirme bien la distinction établie entre ces deux mots, c'est que dans les ouvrages de philosophie, dans ceux, par exemple, de Locke, de Condillac et de Maiebranche, où on traite de notre faculté de connaître sous le nom d'entendement, la connaissance est plutôt présentée comme une modification que comme le résultat de l'action de notre âme. L'homme y apparaît comme simple auditeur, comme l'écolier passif de la nature ou de Dieu.
La conception a plus de rapport avec YinteUi-
iEBXl£M£ FAIUB::
genee qv^fc YênUmijmmL EUe etft acthe; elle ne coDsiile pas à recevoir Beulement. Haie l'ûitelîi(fe%eê est pr«|tfeiiieiit péaétcante ; * c'esl raa«f mefl4tf des Latins, la pointe, la finesee ou la subtilité de réagit : la conupUm est prompte. « Le ciel tous a donné un esprit avide de connaisseacas «t «ne €Oiicep<ien prompte. » CoKD. <i L'orateur doit avoir un esprit juste, étendu , pénétrant , uae tomcupUon we et {NTompte. » Mark. VinUUigmie arrive à peaser les mystères, les ^oses les plus difficiles, les plus secrttes, maU elle n'cidut pas la lenHeor si les efforts; la«oficeplto« comprend sur^champ, à demi-mot, et n'a pas besoin qu'on aohève la démonstration ou i'ezpAication ; il suffit , pour ainsi aire, ^'elle ail été fécondée par quelques données pour suppléer d'eUe-Joéme le oeste. -* Ensuite, MMsUt^enee ee dit phitAt quand U est question de ohoaes abstraites, ot ooMMplie» en parlant de plans , de combinaisons, de formes, de toutes les choses, oa un mot, dont en se fait des images; car on sait que dans un antre sens so»esplMm est synonyme û^imaginaiion. Il faui de Vinielkgtnee pour suivra une démonstndioD d'al gèbre , et de la ccmeeptwn pour se faire, en ^métcie, uae idée «Les figuras, de leur position et de leurs divers rapports. < L'Ame SBisonoahle produit nette parole intérieure que «eus «i^pelons la pensée on la conceptien, ou le 4isoeurs, qui est la vive image des choses. Lorsque nouseonoe- «ofu quelque objet, nous nous en faiaoïàs «n jious^nâmes une peinture animée. » Boss.
2* Aaiaott, jugement^ êeru, bon sent,
« L'enlendemene^ dit Bessuet, 'Ost la limîàre que Dieu nous a donnée pour nous eenduire. On lui dodAB divers noms : -en tant qu'il invente et qu'il pénètre, il appelle ssprtt; «a tant qu'il juge et <^'il dirige au vsai et au lûan, ils'ap-^ pelle Tataoa ^fugemênt. m
A ces derniers aiots doivent être joints ceux de ssfw et de bon seiu. En ^fiEet, ils désignent les uns comme les autres une faculté par la- 4pieUe on arrive à eounalt» les meilleures opinions, les meilleurs motifs, les meilleurs partis, les sneiUeucs moyens, par laquelle on se nnd OMttpte ou miûoii des cboses, on les compare, on les ^iseule, on en prévoit les oonsé< quences heurouses ou funestes.
L'ealendament, l'tiileiltjifeaee «t la tomeepUen font considérer l'homme comme apprenant , comme écolier. La taistm at le jugement le représentant oomne un juge ^i, la loi à la main , décide que telles choses y sont coniormos ou contraires. La loi , c'est la raiisoit^ ; Taction ou la faculté de déteisoiner la coAvenanoe ou la disconvenanoe avec la loi , c'est le jugewitnL La raison est la loi non écrite , oomme la loi est la toûoh écrite : la nitsen est un guide , un Hamheau qui nous éclaire , qui illumine tout homme venaat en ce monde , ou, pour parler sans figuras, c'est un ensemble de principes, l'onsemUe des règles du vrai et du bien. Le jugement , reoneillaat les différents témoignages de nos facultés intellectuelles, déclare que telle opinion est vraie ou fàuaae , c'est-à-dire en harmonie ou en contradiction aïOB les principes de la mûoi», ou que telle
actioia lûtè mi i faira est bonaa oa i c'est-à-dire qa'«Ue se xaijpoila ou lépuçaa tm réglas du bien, constitutives de notre raïaaa, oc qui sent dé^sées dans aotrs ratas». — Oa a^ pelle roMons dans une autre acc^iiioa les chaiei alléguées pour servir de iioadements, de régies, de principes justlficatiis à ce qu'oA a ^t on dit; et ra«SQiifier, c*est iager, eu avaBcant, ao pesant d'aboid les principes, les prémisaea cor kaquelles on s'appuie. -* On consulte, on écoatela reûofi ou sa ratseii , ce qu'elle dicte; telle ckooe choque la raison. Le jugement cet la £acnllé de bien voir ce qui est raisonnakle (Com>.) ; on ne le consulte pas, on s'en sert coaune d'un instrument pour découvrir dans les ohoses ee qa'eUca ont de vrai ou de Uxa^ de Uen ou de nal, de beau au de laid, poiiir déteraainer ee qrû y est selon ou eeatre la ration. — BniisoaaaMr eaprime uae qualité absolue, oommane i loua Vas tkommes .par cela aeel qu'ils eont bomMos; jMbcteue, au oostralne, désigne «ne qualité relative., une certaine habileté qui se trouvai davece degrés ehea les difièsents hoauaes, et ^ mèmt parait manquer totalement à quelques-aniL — Oa dit larament perdre la raison , parce qu'il acrîpe rareoMnt de devenir fou-, mais on dit aoB:v«at perdre le jugUmeeU , parce qu*il y a aûHe ctoeea qui peuvent empêcher eu troubler Teierciûe de cette faculté, oompagne et pour ainsi dire aervante (te la reûson, par laquellie nous apprécsona les rapports des i^oaes avec les principes vasàtmnels. — Nous ne faisons pas difficulté d's|ipelv Dieu un être roMoanoMe; mais à la ^lace de ee dernier mot , judicieux serait maniliealemeat ânpropm, tiur il rajN^e uae opécatioa isis laquelle on délibère, on hésite et en e'édaÎTe pn à peu avant de sortir d'incertitude. Dien voit immédiatement et intuitivement toutes cbosea.
Une seconde différence consiste en oe qae la raison a plus de rapport avec la conduite. Ainsi on dit bien, dans le eene relatif , n'avoir pas de mtron , ce qui signifie ne pas suivre la lumière naturelle , n'y pas obéir ; mais n'avoir fns de jmgemeat veut toujours dira ne pas j^neevoir, pv sa fuite , ^ qu'il faut croire au Caire. Ouiconqae n'a pas de raison, dans ce sens, est déraig^tana^ hle et non pas sTretioanaUe; il ee eomporie d'une, manière -contraira à la ratioa, sachant très-bien ce que la raison .prescr^ : quâcanque n'a pas dejs^emefK, ou ue se donne pas la peines ou n'est pas capable de di&tiaguer le vrai da faux, le bien du mal, le beau da laid. L'un manque de sagesse et de force contre ees passions ; l'autre est un homme léger , étourdi, i réfltfdon critique , inconsidéré , ou qui saa juge mal , se trompe , s'en laisse in^^wser.
Le mot sens, au propre, exprime l'use da nos facultés intellectuelles, savoir U moins d"F<;if*gBflf et la moins noble. Jl garde ce mâme caraclèie, quand il est pris pour synonyme de raisea et de jugement. Il désigne quelque chose da oomoum et de vulgaire , qui suppose inoios de lumières que de pratique et d'ej^iérience. Aussi n'est-il pas rare de trouver du sens et beaucoup de sens dans un homme de peu d'eiprtt. « C'était ua homme froid, de peu d'efpnt, de beaucoup de sens, fvt
SYNONYMES A lUfclCATO WVÉRS.
ffe,f(iirtnefm*é,fMsAr. »S.S. a L'at&ée était i sea!e ipii, airee 4e recprti, «ût du «mit et de oonduite; ïts «itres, avec ée l>«pra, étaiest s folles. » Jo. c Sa société était nmple; rien de prétintaille française; «ncore ^lus de sens qjie esprit. » J. J. On dira bien la hante rotsen d'un Jxiistre d'£tat , et le grand sens d'un homme de mdition tyniinaire ou même basse , d'un simple ieiUard (Labr.), d'un domestique (Mol.). J. J. otisseiu dit, nu sujet d'un paysan «n service 'laie dame : «camide Anêten imposaH à sa mat- ■esse, qui connaissait scm grand sent, sa droiire et^n atUdiement.» ^ fin général, le sens, AX par le peu de •onitvre qu'il annonce , soit à ii8e dn peu d'impmtanoe des choses , ées affai- 5 auxquellea il est applicable , Indique «ne rai- PU on HB ju^fiiieiif inftrieur; c'est Comme tm «mnr degré pour arriTer & la raison et «u jumienl , c*e8t en ^âqae sorte l'instiBct de la laton et ào. jvgtmma, c Cette aventure ccmrond sens et ht rttisoii. 9 Ifoi. « H dit foUemeat des loses sensées et rêismniMes. > Labr.
/"snrsiB perdu le weiu et la raison , Be préieofre emprunter êe Tai^ieat d'un gaseon.
H ny a pu de pays dh les tèmam parlent en ènéral plôs «sm tfnwitl et plvs yndtwgjemenl , et ichent d<mBer de meilleiin conseâs. « I. J. « il st impossible de faire une démarche arec sens Ipigemeni, qu'en la Té^flam par la Tue de ce point l^inimertalité Ae rdme). • Pa'SC. « Pouryu qu'on it da amt eA du ju§efnent , il sera aisé de prenrs parti poar rBcritwre seule. » BosB. c Tout ce tfQ a^H d'amis eeiw^ «t juéioieux. v Roll- On èeoute Theome sensé; -on ccmsutte l'homme «dieieuff. » BovB. — €>n préférera donc le mot tns pour mar^ver une raison «m um jugement trdinaire, ou bien peu ou un peu de raison et le jufement , o«i bien la raison et le jugement , ar rsppeit aux affaires les plus shnples, les plus (nomunes de la ^e. « Par un grand bonheur, le Taod art de régner demande plus de ssfw que de lésie, phis de désir d'acquérir des lumières que te grandes lumières , "plutM -dea 'CoonaissaQoes irstiqaes que des oonnaisaancea abetrailes. 1» (oxTBSQ. « Son rnns «st le plus borné du aoDdc. % Vol. « Voue dgurea-veos que ce Turc ût si peu de sens que d'aller recevoir un misera- ^ comne nel à la place de votre fikt > (Sca- }m). Vol. « Maximes que les conquérants euxnêmes, lenqu'ib ont eu le Baoinâre asf», n'ont «nais prises. » Vontesq. « H s'aperçut que la Die d^aSaifeB n'avait pas le sens d'un oison. » ^OLT.v II £int distinguer une 'connaiesance simle et sensée d^nne i^érilé d'avec im approCandis- «nent par lequel, etc. » Fén.
Cntre le sens et le honsens, ladiflépencepanH )rt petite. Cependant , le sens a plus de rapport ▼ee le jugement ; il tient à la persomie , c'en est ne fecuUé : le fwm -sens , au contraire , ressem- "le plus à la raisoii; c'est à l>ég«rd de la per- Dune quelque chose dVmprvBié , un fonds ;de riocipes ou de croyamces communes -auxquelies fi« ne fat que se ^oonformer. On dira bien en trlam de quelqu'un qu*on détermine, et daas B« wwption parOcutièie, qu'il a un gnuid «ew .,
nu *ww ou le sem droit, que ara s e«u est bomé, qu il a perdu le sens. Kais on ne dit pas d*une manière générale, le sens-, comme on dit le kon sens : cela est contidre au &on sent (Pisc.) , oboque le ^f> sens (Bouw).); consulter le seul ^on sens (In.) ; les préceptes généraux que le l^ea sens dicte à tous les hommes (J. J.) ; la piété est le bon sens de la raison (Majb.).
J'oppose quelquefois, par une flooble hnage,
le vice il la yerlu, ht sottise «n ion sent. t».
Le hon smt est toujours A son aiae en les ven.
ftiGir.
Un homme de «ertr a une qualité peisonaelle dont chacun se fait honneur, quoiqu'elle suppow peu d'instruction et se rapporte aux choses ordinales de ht vie. Un homme de bon sens est bien au-dessous : il n'a pour se conduire aucune j»souvce qui lui soit propre, mais seulement des lumières communes, <un gros bon sem^ ou, ooBtme on dit encore , un gros bon sans de luture. Philinte, dans le Misanthrope , iâ Gléante.^ dans le Tartufe, sont des hommes de sens^ Sanche Pança, dans Don 'Quichotte, se montre aau- Tant nn homme de bon sens, a Le sens oonuDun ne signifie chez nous que le bon sens^ raison f^rosfiière^ ratsof» commencée^ première notion des chosea orilnaires , état mitoyen entre la fitopidkté et l'esprit, » Volt. K
d* JSsprii, génie. Faculté ou plutôt qualité relati¥e à l'imagination^ mais à l'imagination créa* trice, et non à l'imagination représantative comme laicanseptton. L'honmie d'e«pnt et l'homme de génie tirent d'eux-mêmes qaedqtte chose, produisent ou combinent.
Cependant, esprit, de spiritus, souffle, rie, terme générique, qui comprend dans sa vaste étendue de signification to«rtes nos liacultés et opérations int^ieures par opposition à celles du corps , n'a rien qui marque particulièrement l'Jnvention; au lieu que génie, latin genius, inge* mium, de^enerare, engendrer, indique précisément une faculté féconde et inventive. « L'invention est l'unique preuve du génie, » Vauv. Le génie trouve, enfante , donne naissance.; Vesprit donne la forme, embellii, perCsctionoe. « Noua respeotoiis les ^nter qui ont ébauché les arts, mais les esprits qui les ont perfectionnés soot plus à notre usage. 1» Volt* L'homme de ^nte eat plus original, et doit
1 . De eette phrase et de notn dieUnolion II senbleratt «'ensuivre que le bon sens équivaut tout à Ait au sens commun, Û n'en est rien pourtant. Ils se ressemblent en ce qu'ils ne sont pas, comme le sens^ une faculté ou un talent, mais, comme la raison, une réunion de principes, de maximes, qui servent de règles pour juger. La différence est facile à sentir. Le bon sens est esseniiellemenl bon , exemplaire , et, quoique ce soit une raison de qualité médiocre, ap* piicable seulement aux choses petites , vulgaires et pratiques , il n'est pas si commun qu'on pourrait se l'imaginer : le sens commun (le sentiment commun, ce qu'on sent ou pense communément), au contraire, est essentiellement commun , mais non pas toujours bon : oc On doit être souvent très -incertain quand on est certain , et on peut manquer de bon sens quand on juge suivant ce qu'on appelle le sens commun, s . Tour.