DEUXIÈME PARTIE
moins aux préceptes; < il sort quelquefois de l'art pour rennoblir , et s'écarte des règles, si elles ne le conduisent pas au grand et au sublime; il marche seul et sans compagnie, mais il Ta fort haut, et pénètre fort loin. » Labr. Il est comme inspiré , comme poussé par un dieu , par son génie , et semble suivre un instinct. Duclos définit le génie , une espèce d'instinct supérieur à Vesprit, et Marmontel, l'instinct des grands hommes, c Le génie des idées, dit Rivarol , est le comble de Vesprit , et le génie des expressions est le comble du talent > IL y a dans l'homme de génie comme ym rayon de Veeprit divin, ment divinior, un feu sacré qui l'anime. L'homme d'esprit est plus cultivé, plus méthodique; la nature, chez lui, a été développée et polie par l'étude; il a des modèles qu'il ne dédaigne pas d'imiter; ses réflexions l'ont prémuni davantage contre les fautes; et, si ses œuvres sont moins étonnantes, en revanche on y remarque moins d'inégalités.
Du reste , le génie est moins général que Vesprit ; il se prouve comme borné et attaché à une seule chose , mais il l'approfondit. Vesprit , au contraire , embrasse davantage , s'applique à tout; mais il ne fait qu'effleurer. « On rencontre quelquefois des gens à'esptit qui sont plus éclairés que d'assez beaux génies ; mais soit que leurs inclinations partagent leur application , soit que la faiblesse de leur âme les empêche d'employer la force de leur esprit , on voit qu'ils demeurent bien loin après ceux qui mettent toutes leurs ressources et toute leur activité en œuvre, en faveur d'un objet unique. » Vauv.
Génie emporte toti^urs l'idée de puissance, de solidité et de profondeur; souvent, au contraire , esprit signifie quelque chose de superficiel , qui n'a que de l'extérieur et de l'éclat. Un homme de génie est un homme supérieur; un ' homme d'esprit est un gahmt homme , qui brille dans la conversation par ses saillies, ses fines allusions, qui sait donner de la grâce et un tour délicat à tout ce qu'il dit ou à tout ce qu'il écrit Les œuvres du génie sont vraiment grandes , belles , neuves , durables ; celles de l'esprit ne sont souvent que brillantes , agréables , élégantes ou badines. « Un versificateur faible et lâche glace tout ce qu'il touche , met de Yesprit où il faut du génie ^ et raisonne au lieu de sentir. > Mark. Il y a, surtout en littérature , une foule de productions légères qui ne comportent que de Vesprit; mais dans les sciences et dans les arts mécaniques c'est proprement du génie qu'il faut pour imaginer des combinaisons ou des routes nouvelles.
ENTENDRE, Ï^COUTER, OUlR. Ces mots sont relatifs à nos sensations ou à nos perceptions de l'ouïe.
On entend ce qui tnpipe l'oreille; c'est une modification qu'on éprouve. On écoute ce à quoi on prête l'oreille, ce à quoi on donne attention par l'ouïe; c'est un acte volontaire qu'on produit, i D'ordinaire écouter est la condition ou le moyen ' d'entendre. « On entend tout ce qui frappe l'oreille ; on n*écoute que ce qu'on veut entendre par préférence. > Gond. « C'est mal d'écouter? C'est
pourtant ce qu'il y a de mieux pour bien enfa»dre, > Bbaum. « Lorsque le cerf veut écouter, il lève la tète , dresse les oreilles , et alors il entnà de fort loin. » Buff.
Madame, écout€»-moi.
Je ne veux rien entesin.
Rifiir.
M. Villemain a dit du professeur Andrieux , dont la voix était faible, qu'il se fusait entendre i force de se faire écouter.
Toutefois on peut écouter sans parvenir à entendre, d^ même que souvent on entend sans écouter, c'est-à-dire sans feire effort pour entendre, « Il s'arrête, il /coûte, et n'entend plus rien. » Lis. « Vous écouterex^ dit saint Paul , et vous n'entendrex pas. » Boss. — c Mèrope entend, sans V écouter , tout ce qu'on lui ^t de ses prospérités et de sa gloire.* Kakh. Dans un sens dérivé, entendre marque seulement une impression reçue, et écouter y ajoute l'idée de la dis. position favorable avec laquelle on entend. Telle est la différence qui existe entre entendre et écouter des plaintes. « Il faut que l'audlteiir non-seulement entende ce qu'on dit, mais qu'il V écoute volontiers. Or, comment l'/eoutero-t-Uioloutiers, s'il n'est attiré et gagné par l'amorce du plaisir?» ROLL.
Ottir est un vieux mot qui ne s'emploie plus guère qu'A l'infinitif et au prétérit, pour d\R, d'une manière absolue, recevoir des sensations^ mais non pas des perceptions, par l'ouïe, attendre des sons ou plutôt du bruit , indépendanunent du sens qui peut y être attaché. Aussi ce mot ne se prend-il jamais de même qo^entendre, son synonyme , conmie signifiant comprendre. < Yoir les couleurs, ouir les sons, goûter le doux et l'amer, sont autant de censations difiérentes.» Boss. c L'œil voit, l'oreille oit. » P. R. «Cela est aussi absurde que de vouloir outr des couleurs, et voir des sons. » In. c Les cartésiens répondront que Dieu m'a donné une âme pour fl^rer par mon nez et pour ouw par mes oreilles. > Yolt. «On s'assemble pour exécuter ma pièce; delà vie on n'ouii un pareil charivari.» J. J. c ils ouirent un bruit confus de téorbes et de guitares. > Les.
Dieu pour s'y faire oaw* (dans Paris), toanenit vainement. Bon..
Que si parfois ou/ir a rapport au sens, comme entendre , il marque une perception plus confuse, quelque chose qu'on a entendu vaguement et dont on ne conserve pas une idée bien nette. « A ces paroles , que' plusieurs n'avaient ouies qui demi à cause du bruit qui les .interrompit.... » Koll. c Je vois bien que vous en avez oui quelques mots. > Mol. On n'est pas sans savoir quelque chose de ce dont on a oui parler. « Quelle partie du monde habitable n'a pas oui les victoires du prince de Coudé? » Boss. Socrate dità Confacius, dans un Dtaio^ue de Fénelon : « Les Chinois, sur le portrait que j'en ai oui faire, me paraissent assez semblables aux Égyptiens. > Mais on est bien instruit de ce dont on a entendu parler. Montesquieu dit qu'à l'égard des vertus héroffu»
SYNONYMES A RADICAUX DIVERS
des anciens , nous ne les pratiquons pas , nous nous contentons d*en avoir entendu parler.
Enfin , c'est surtout en termes de palais que ce Terbe a continué et continue encore à se dire. « Si un honmie qui a reçu un assigné pour être ottft est absent du royaume*... » Volt. « Pourquoi [dans Tafiaire des Calas) ne Toulut-on pas outr la demoiselle Bon et ces deux gargons? >Io. « Clo* taire fit une loi pour qu'un accusé ne pût être condamné sans être oui. » Montbsq. « Le sénat supposa qu'ils âTaient été ouù et condanmés dans rassemblée des Acbéens. » Roll. « Emprisonner sans raison les innocents , flétrir un citoyen sans Vouir. » J. J. a On me décrétait de prise de corps , au lieu de m'assigner pour être ont. » Ib.
Qu*on appeUe la reine. Oui, sans aller plus loin.
Je renz Yoiur :*mon choix s'arrête à ce téknoln. (Mitfaridate.) Rac.
ENTENDUE /comprendre, CONCEVOIR. Ces mots expriment l'action de l'esprit saisissant ce qui lui est présenté.
Entendre, de in iendere, qui équivaut & peu près â ad tendere, tendre vers, être attentif. prêter l'oreille, c'est se bien représenter des sons , des paroles , des écrits , en bien saisir la signification , en sentir toute la force ; ce mot n'a rapport qu'à la valeur des termes et aux circonstances du discours , comme les tours et le ton.
Comprendre, cum prehendere^ prendre plusieurs choses ensemble , ou une chose tout à fait , entièrement, dans tous ses détaib, c'est saisir une chose dans toutes ses parties, s'en rendre raison , la pénétrer par son esprit , en apercevoir le comment et le pourquoi, les principes, les causes , les motifs : ce mot a rapport à la nature des choses qu'on explique ou qu'on s'explique.
Concevoir, eum capere, prendre avec soi, en soi, produire par voie de génération en parlant des femelles des animaux , c'est , intellectuellement, imaginer, créer dans son esprit, se faire une idée : ce mot a primitivement rapport aux formes, et tout ce qui dépend de l'imagination est de son domaine.
« Le courtisan entend le langage des passions. L'homme docte comprend les questions métaphysiques de l'école. L'architecte conçoit le plan el Téconomie des édifices. » Gia.
Je vl entende pas ce que vous dites; je ne comprendt pas votre raisonnement; je ne conçois pas votre dessein, votre description.
On entend ce qui est dit 01^ écrit, le sens des paroles ou des mots ; on comprend les sciences, les spéculations, les calculs; on conçoit tout ce (|u'on se représente en idée dans les sciences dans les arts et dans quelque genre que ce soit.
Lorsque entendre et comprendre se disent tous deux des livres et des discours , entendre est plutôt relatif aux mots, au sens grammatical, et comprendre aux idées, à leur enchaînement, au sens logique. Les écrits philosophiques de Condillac s'enfendent aisément *, ils sont d'une correction à peu près parfaite. Mais ils se comprennent difficilement; ils laissent beaucoup à désirer pour l'exactitude et la clarté intrinsèque. D'ailleurs comprendre enchérit toujours sur entendre. Cornprendre un passage, ce n'est pas seulement l'en-
lendre, en saisir le sens véritable, c'est en avoir une intelligence raisonnée , de manière à se rendre compte de tout , i apercevoir les raisons et les conséquences, à tout concilier, à sentir et à résoudre toutes les difficultés, m Mme la Dauphine a les yeux vifs et pénétrants; elle entend et comprend facilement toutes choses. » Sév.
D'autre part, comme concevoir signifie ultérieurement se faire ou se former des idées quelconques, aussi bien des idées abstraites, des opinions , que des idées sensibles ou des images , sa synonymie avec comprendre est quelquefois trèsétroite. En conséquence de telles ou telles choses , vous concevex ou vous comprenex que Je dois agir de telle façon, a Tout est dit , quand on a dit de Dieu qu'il est. Celui qui demande encore quelque chose n'a rien compris dans l'unique chose qu'il faut concevoir, » FÈv.
Mais comprendre désigne toujours une intelligence plus complète, plus détaillée, plus approfondie. Suivant Fénelon , Dieu non-seulement se conçoit lui-même, c'est-à-dire «en sait assez sur lui-même pour se distinguer de tout autre être, a mais encore se comprend , c'est-à-dire « connaît distinctement toutes ses perfections autant qu'elles sont intelligibles. » En ce sens on peut dire que nous concevons Dieu et l'infini , mais ' non pas que nous le comprenons. Nous nous en faisons une idée quelconque, comme de quelque chose qui doit être. Mais nous ne poavons-en développer les qualités dans notre esprit.
Ensuite, concevoir est subjectif, c'est-à-dire relatif à l'esprit qui produit l'action; c'est pourquoi on appelle conceptions, et non pas compris hensionSf certaines pensées , certaines créations de notre esprit. Comprendre est objectif et appelle l'attention vers la chose soumise à notre intelligence ou vers celui qui la propose. Que nous ne puissions concevoir ou comprendre quel^ que chose , cela prouve, d'un côté, la faiblesse de notre conception , de notre faculté de concevoir, et de l'autre l'incomprébensibilité de la chose, sa difficulté essentielle ou la faute de celui qui la présente mai. C'est que nous avons une conception difficile , ou que la chose est d'une compréhension difficile. Nous concevons par nous-m^ mes : «Le duc de Bourgogne concevait sans peine les principes les plus abstraits. » Fsn. On nous fait comprendre, « Si ce n'est pas ainsi que vous avez conçu la chose , il est du devoir de mon ministère de vous la faire comprendre, » Bouan. oc J'espérais que ce que j'ai dit suffirait pour bien faire comprendre que c'est Dieu qui nous éclaire. Mais il y a des personnes qui ne sont f as capables d'une attention assez forte pour concevoir les raisons que j'ai données de ce principe. >* Mal. flc Je ne sais si vous concevex ce que je veux vous faire comprendre, » In. « Ce qu'un homme a pu concevoir, un autre peut le comprendre, » JouF- FROT , traduction de Reid.
ENTERBEMENT, CONVOI , OBSÈQUES , FUNÉ- RAILLES. Derniers devoirs rendus aux personnes qui viennent de mourir.
Enterrement désigne l'action finale , à laquelle aboutissent ou que précèdent le convoi , les obsèques ou les funérailles^ l'aotion de rendre à
DEUXIÎKB PARTIS* :
li tem la dépomi]l« marteile du défaut. Assister sa eomfoi , tèsèttues et enUrrement de quelqu^ia. De ph» , ce mot w coofTient qne par rapport aux pays où Cest Fusagef de mettre en terre le cadftTte, et non pas de le brûlev, pav ocemple, et il est retetif au Meu o* le corps est d^sé. «Vous aurei sa V9iétvrme$U deVettaire Bût à tveate lieoes d* Paris , pw une espèea d'escamotage, dans raMnye de sod neveu. » IVAx.. -^ •Rmtefeis eaterrement se prend aussi pour signifier en somme tout ce qu'on fait à l'égard d'une personne dèftinte dont on rend les restes à la terre. Alors c'est le mot simple et oommuut on m mot qui exprime quelque chose de simple et de commun et d'uniquement triste. La police des tmtêmtMntt (Volt.); YaiUrrement d'une sertante (Rbwi.); un mtemmeni modeste (Las.), c Depuis quatre jours , j« n*ai vu que des larmes, du deuil, des services, des «alerrc- «Mnts. » Sév. « Mme de La Popelinière m'accusa d'avoir fait une musique d'enterremeut^ » J. J. ».
Le «wwOT, de cum, avec, et de tna, route ou ehemin, au lien d'ôtre le dernier aetô funèbre, eowme VetUêrremêtU , en est le premier ; c'est le transport du défont de la maison mortuaire au lieu où doit se fiûre rsalerrsmeflU, avec accompagnement d'un plus ou moins grand nombre de persomies. Dans tes premiers tunps, lea conr VOM en Gréée se faisaient toujours la nuit. Tenir d*nn convoi (Rbor.). Le jour du convoi (Volt. , d'Al.). « Les principaux de la nation anglaise se sent disputé l'honneur de porter le poêle au cetioot de Newton. » Volt. • La marche avait quelque chose d'auguste et de majestueax, et ressemblait plutdt à un glorieux «iomphe qu'à un lugubre convoi, v Roll. c Dion fit à Héraelide des funérailles magnifiques, et suivit son cofivot avec toute son armée. 9 Ix>. -^ Quelquefois, mais non pas toujours, comme le prétend FAcadémie, le convoi est la réunion des personnes qui assistent ou prennent part au convoi , c'est-à-dire qui accompagnent le corps jusqu'à la tombe. « Le convoi passera par tel endroit. » ACAD. Mener le cofioot (S. S.). « Le convoi s'arrêta. 9 Volt. « A mesure qu'ils arrivaient , ils prenaient leur rang, marchaient en ordz^», et formaient plutôt une nombreuse armée qu'un convoi. 9 RoLL.
Obsèques et funéraHles ne s'emploient qu'au pluriel , et marquent, non pas l'action spéciale de mettre le trépassé dans la fosse , ni celle de raccompagner jusque-là , mais en général quelque chose de solennel , des cérémonies en l'honneur d'un moit. On célèbre des obsèques ou des funéraiiUes, C'est, en termes de religion catholique, le service. Mais si obsèques et funéraiUet différent bien des deux premiers mote , ils ont entre eux la plus grande ressemblance , comme on le
4. Inhumation, exprime toi^eurs précisément la mise en terre, et cela avec des circoastanoeB qui relèvent le fsit, avec él après des eérémonies, sprès que des obsèques ou des/unérailUs ont été célébrées. « Le fils de la veare de Ntïm était sur le point d*ètre inhumé f car on le portait en terre, et on faisait actuellement la cérémonie àuJuniraiUer, 9 Booai»» Voy. InkitmcTf enterrer.
peut voir par cet ansiple da f ottaira : «l Di^nii les funéfmUkê d'Aloaaéfa, rîcu de phia mipabe que leaoba^aes de Cbaviea^iat. «
Cepandanb éboèqum ^ du ktia obseqtmmL, eomplaisaiic», dfefésene», dToù natn* not ohéquisaor, qui an trep da^ mpeot ou Régates, a rappatt an santimanl^au dcnfl; au lian <|iie /knéraUlês^ dm tstàm pm»^ qaî a basiÉMa sens, avec la tMmânaisan eoUactiM ailla, na rep» sente que la coHsctioft dea oraemanta, ds chante , des flambeaux , dse éiacoats et da toia œ qui son en un mo€ à solenaiser aatérieavement la mort d^un grand. On Aooara das 061^ qnes par de trietea regrets (Mias.); mais Ifafvpar reil des fmiérQiUes^ (Mas»., Fiicn.) n'est souvent qu'une vaiiM lepcésentalioiu (^ se fhit uu dstoir d'assister à des dMifÊSs; e'«A un «énoignage de tendre souvenir et de vénération. On assiste à des fméraOtês comme à ou spectacla ou i une fête. « A la mort de Pélopidaa, les TheaBaliens, pénétrés de la plus sensibla douleur et de b plus vive leconnaissanoa, éemaadèRnt qu'il leur fût permis de célébret seuls ai à leurs dépens les obsi^s d'un général qui s'était dèrouê pour leur salut , et l'on ne put refuser à lear zèle cet honorable privilège. Ses t^métoiXku funnt magnifiques, surtout par la douleur sinoè», tant des Thébains que des ThassaiiaBs; oar, dit Plutorque, cette pompe extérieure da dsoil, et ces marques de douleur qui sont de rpaminAn, et que l'autorité publique impose au peuples, as sont pas toujours des praores carfeatnesdt Isois vrais sentiments. » Roli.
£a second lieu, oMq««r est piss syalhéliqaa, plus sommaire; il ne peint pas, il ne met pas sous les yeux, il ne déteilla pas oamme /ua^ rcÀllet. < Le sénat ae crut obligé de permettre qu'on fît lea cèsèq^im de César.. „ Or, c'était ane coutume des Romains de porter dans les (wéraiUes les images des ancêtres, et de faire «asuite roiaison fhnèlir» du défunt. » Mohihq- I>ans l'IKf totre du porleineBr de Paris^ par Voltaire, le chapitre xlv est intitulé OM^mt à» grand Bemi IF, et il commenoe par c^te phrase : • C'eat an usage de ne célébier tes funéraiUes des rois de Fiaaoe que quaraite jours après leur mort. >
Enfin, funéraHUs renehérit sur eMques. On fait dee ebs^qitff à un partiooMer, «l des ^inéraUles à un roi. Les fimérai&ks aonl des ièsèques pompeuses. L'Sglise emplMe simptanent et sans difficulté le mot d'oMgner; mais il est rare qu'elle n'attache pas une idée de ftste à celai dé funéTaUles.0* Alors on demandait en Angleterre, comme nous fidsona encore aijeard'hui dans les obsèquet, pour l'âme qui venait ée sortir du monde , la rémission de ses péchés. > Boaa ct Les Suédois dépensent ieufa bieaa en fMrmir les, » Raew. ^
ElfTÉTES , BVATBlll , VASCDIBE, BVCMIfit Eimcram. Prévenir ou préoccuper à fetoèi.
Entêter, mettre en tête qurique ebesa, fidre qu*on en soit entêté ^ qu'eu y tieme opmiitrément, est relatif A la force de rattachement H à rimpossibilHé de le rompra. « Ce seat les perdu taxe fttf i^mtêken dtefutege ^
SYNOMtW» k BAmCAUX DIVERS.
monde , et qui y demeurent attachées arec pitrs d'obstination. » Bourd. Ventêtement est TefTet d*ane impression dont on ne rcTient guère, qui rend indocile , incapaMe d'entendre raison.
Infatuer^ latin infatuare, signifie à la lettre rendre fou, insensé, déraisonnable, sot, et il est relatif à Tétat de folie dans lequel on met les personnes ou à l'extraTagance des choses qu'on leur met dans Tesprit. « Entretiens particuliers dont le secret, la familiarité, la douceur affaiblit les forts et infatué les sages. » Bourd. c Les mondains ne sont-its pas les premiers à déplorer leur folie lorsqu'ils se sont laissés infàtuer d'un fantôme qui les trompait ?* In. « Après que Ton toit tant de gens infatués des folies de Tastre^ logie judiciaire. * P. R. « Houcy infaiua Monseigneur par ces sottises-là que lf« de If etr étant prêtre , éYêque^ ne pouvait être duc et pair.... » S. S.
^«ctner, du latin fcctcthAfff, feire des ch^T»mes, des enchantements, jeter un sort, est re^ latif à la manière extraordinaire, prodigieuse, inexplicable, dont on a été prévenu ou préoccupé- La fascmcuion est comme un ensorcellement. Saint-Simon dit au sujet de la prévention du régent pour Dubois : < Cette fateinaHon ne peut paraître qu'un prodige du premier degré. » c A quel point une erreur scientifique peut être conta^euse, et combien le charme du merveilleux peut fasciner les esprits ! » Bvfr. < Saint Augustin se laissa préoccuper de différents systèmes.... Quelles actions de grâces rend-il à Dieu d'avoir rompu le charme d'une science profane qui lui fosctnatt les yeux t » Bovrd. c Des amig négocient en laveur de cet homme , parce qu'ils sont pour ainsi dire fascinés par le charme de son hypocrisie. * lo.
Mngouer, ou plutôt s'^nsfouer (car ce verbe ne s'emploie qu'avec le pronom personnel ou au participe passé) marque du goût : s'engrouer, c'est prendre en goût ou du goût^ se prévenir ou se préoccuper par humeur, arbitrairement, sans raison. « Aisément engouée , Mme de Maintenon l'était à l'excès V aussi facilement déprise, elle se dégoûtait de même, et l'un et l'autre très-souvent sans cause ni raison. > S. S. c Je nem'engùuai pas, mais je m'attachai par Festime, et peu à pen cette estime amena l'amitié. » J. J.
£nttcher, qui parait être lemôm»mot qu'enfocher, veut dire d'abord commencer à gâter, particulièrement des fhiits; et, par conséquent, au figuré, ce verbe annonce qrfon est prévenu ou préoccupé de choses mauvaises, qui proprement corrompent. Des femmes snHchées du bel esprit (Lab.), du pédantisme (Jù).} ; entîcft^ du vice d'ingratitude (Lap.).
Mon frère, ce dîicouTS sentie liberlînage : Youa en êtes un peu dans Totre âme eniiM.
(Orgon dans Tart»fs.) Mou Ce n'est pas il mon vice ; et loin d'être entkhi I^ déûMil qaà pv vous m'est ici ie|)ro€hé, Je^.. Vow*
l«»TflOimU9HB. nMMXKm;— 3«TEANft- NftT, &AYI8SEMB!fT , BXTASB. Btst eitraordinaire, assez semblable au délire ou à l'ivresse, dans lequel Tâme , préoecopée d'une seule chose ,
absorbée, est pour ainsi dire enlevée au mondev à la réaKté , et comme mise hors de soi.
Venthoustasme et VextiUtation sovt de» éttils actifs , ou qui disposent à agir , à faire des oauvres bonnes ou mauvaises : on ne saurait être plus animé qu'te l'est dans l'enthousiasme et Veatattch tion. Le tnmspert , le ravissefnent et ïevtase sent â^s états purement passib : en ne saurait être plus fortement affecté qu'on l'est dans le trans" port, le ravissement et VexîOH. De quoi n'est point capable l'homme enthovsiasPe ou emtté? Combien a été profonde l'impression produite sur l'homme transporta, fdvv, easteméf Vous parlez proprement de Venthousvums et de Texattntion des auteurs, des artiste» et de» agents moraux; mais 1WUS vous servez des mets de troniport, de fo^Hssement et d*e«ftuepo«r eiprimer ce qWon éproore en voyant, en entendant ou en lisent leurs owrages. C'est , d'un» part, beaucoup d'ardeur, de feu ,^ de vivacité, et, de Favtre, beaucovp de plafsirou de douleur. V enthousiasme du bien porte i faire le bien ; un traniporl ou un ranissament de joie est l'effet de Ut jeie. On agit, on parler, on compose avec enithousiasme ou esni^ talion; onreçoity on v(Ht, on écoute, en apprend, on jouit d'tm j^aisir arec transport , ravisêsmmt^ extase,
1» Enthousiasme, exaltation.
L'Académie définit Vexaltation, un enthour siasme véhément, une sorte de transport, de délire auquel on s'abandonne. De là suri une distinction & peu près vraie, mais incomplète.
Le mot exaltation y pris en ce sens, est neuveau; ii a â peine cent ans de date, c Fénelon n'était point hypoerite, il a été de bonne foi martyr de ses systèmes; c'était ce qu'on appelle aujourd'lnii un esprit exaUé. Ce mot est devenu à la mode peur exprimer rent/totmaitite. » Dudsvf.
Cependant il n'exprime qu'un enthousiasme mauvais on blâmable , c'est-à-dire ou excessif et déréglé, comme l'indique TAcadémie, ou fiictice , à froid, ou employé à mal. V enthousiasme ^ inspiration dirine, est le principe des oeuvres de génie et des actions héroïques ;re9Rx2tatton, surexcitation artificielle ou an moins humaine, non surnaturelle , de l'esprit, ne pousse à îùre que des choses peu merveilleuses, de peu de valeur » ou bien même ridicules ou odieuses, a Diderot a tellement besoin qu*on le croie exalté pour excuser le fanatisme de son livre , qu'il se met à faire réloge des têtes exaltées.... Le bon sens répond au harangueur de place : Vexaltaiion n*est que le premier degré de la folie.... Une tête exaltée s'ao> corde avec une âme froide. II est ridicule que ceux qui affichent la vérité affichent aussi Vexailotion. » Lab. « Vexattation nous abuse en tous sens. » In. « Un des plus mauvais Mois de Roucher est celui d'octobre, et la vendange ne lui a pas porté bonheur, quoiqu'il s'efforce d'y mettre d'abord un enthousiasme factice, qui n'est qu'une froide exaltation de tête. » Ix>. < Il ne peut y avoir aucune espèce de fbrce dans des idées a ridiculement fausses (de Crébillon) , mais seulement une exaltation de tête qui produit l'extra- Tagance, comme la vraie chaleur de Timagination produit la vérité. > In. c II me reste â fixer rat-