DEUXIÈME PARTIE
tention des boni citoyens, dont VeMltation de parti n*à pas égaré les lumières , sur ce décret d'accusation. » Bbauk. c U a toute VexàUatûm des fanatiques. » Acad.
39 Transport, ravUsement, «J!(<u«. « C'est toi qui YÎs , qui causas ce délire , ces pleurs , ces ravusemenU, ces extases, ces transports qui n'étaient pas faits pour un mortel. » J. J. « Voilà ce qui fait le plus doux entretien des Âmes fidèles. De là ces extases, ces ravissements , ces saints transports où elles entrent.» Bourd. c J'en suis ravi , transporté^ extasié, » Dest.
Dans le transjiort^ on est agité . on tressaille , on tempête, on crie, on applaudit, on court çà et là; ce qui n'empêche pas ce mot de différer des précédents, car l'activité qu'il implique est vaine ou stérile. Venthousiasme se saisit de Joad , et lui fait rendre on oracle; les transports d'Oreste, d'Hermlone, des Ifénades, leur font produire , non pas des actions proprement dites et des œuvres, mais des mouvements. Ajoutez que le transport peut être l'effet d'une impression pénible aussi bien que d'une impression agréable : des transports de colère , de jalousie (Acad.); les transports de la douleur (Fân.).
Dans le ravissement et dans Vextase , au contraire, on jouit toujours; ce sont des états essentiellement agréables. Aussi ces deux mots sontils très-usités dans le langage du mysticisme pour signifier les délices d'une Ame toute dévouée à Dieu, c Avant que sainte Thérèse eût paru au monde, il y avait eu des visions, des ravissements^ àe% extases, » Bourd. «Dans le monde, on traite les ravissements , les extases et les saintes délicatesses de l'amour divin, de songes et de creuses visions.» Boss. Il en est de même dans le langage profane : ravissement et extase s'y em ploient assez souvent ensemble pour miarquer le comble de la félicité. « Je m'endormis dans une loge à l'Opéra. Qui pourrait exprimer la sensation délicieuse que me firent la douce harmonie et les chants angéliques de l'air qui me réveilla? Quel révwll Quel ravissement^ quelle. ««(oie, quand j'ouvris au même instant les oreilles et les yeux ! Ma première idée fut de zne croire en paradis. » J. J.
Cependant extase (lx<rraffK, renversement d'esprit , stupeur) renchérit sur ravissement. Dans l'état qu'il désigne , l'âme est totalement absorbée, insensible à 4out le reste, immobile et stupéfaite ; au lieu que dans le ravissement on a en core assez conscience de soi et assez de liberté pour faire éclater sa joie par des transports. «Les corsaires s'applaudissaient de cette prise, en faisant éclater leur ravissement par des transporU inexprimables. » Les. c Les saints dans le ciel aiment Dieu avec un doux ravissement qui leur fait toujours trouver de nouvelles délices dans l'objet de leur amour; et le saint transport dont ils sont animés ne leur permet pas de se lasser jamais de louer et de célébrer ses miséricordes. » Boss. - D'ailleurs, le ravissement et 1 extase ont des causes différentes, savoir, le ravissement l'aise, et Vextase l'admiration. On est au comble du contentement , on ne se sent plus ' de joie, quand on lest ravi. «Lorsqu'on entre dans '
ce temple, mi sent dans le coeur un charme s^ cret qu'il est impossible d'exprimer; rame en saisie douces ravissements que les dieux ne sentent eux-mêmes que lorsqu'ils sont dans la demeure céleste. » Uortbsq.
A tous les cœurs bien nés que la patrie est çhéit! Qu'avec ravissement je revois ce séjour ! Volt. Dans Vextase^ on est émerveillé , ébahi , on o'en revient pas. « La vue de tant de merveilles ravit en extase. > Acaj>. « Je suis dans Vextase de Le> kain. » Volt.
ENTIER , COMPLET CTOTAL). A quoi il ne manque aucune partie.
Entier vient du latin iideger^ i quoi on n'a pas touché , intact. Complet^ completus , est le participe de complere , remplir, achever, accomplir. Ce qui est entier a toutes ses parties, on n^en a rien dté ; ce qui est complet a reçu toutes les parties qu'il doit avoir, il n'est besoin d'y rien ajouter. Votre bibliothèque ou votre garde-robe est entière^ on n'en arien distrait; elle est complète^ si on y a mis ou si vous y ayez mis tout ce qui était nécessaire eu égard à sa destination, fntier se rapporte à la quantité ; complet i là qualité , à l'usage, à la convenance, à la perfection. J'occupe votre appartement tout entier^ mais ce n'est pas un appartement complet. Tvl lu cet ouvrage entier en un jour*, il ne sera complet que quand l'auteur aura ajouté un second volume au premier pour le compléter ou en guise de complément. Une armée entière , c'est toute une armée ou une armée intacte , qui a conservé tous ses membres; une armée complète , c'est une armée dont on a bien rempli les cadres et dont on a mis toutes les compagnies au complet , à qui on a donné tpus les soldats qu'il faut.
De plus , ce qui est entier est tel ; ce qui ef t complet a été fait tel. Complet rappelle seul l'action d'un verbe , action qui a eu pour effet d'achever la chose dont il s'agit , d'en faire quelque chose d'accompli. Vous direz absolument : Ma joie est entière; et avec Mme de Sévigné : « Les trois lignes que vous m'avez écrites m'ont donné l'achèvement d'une joie complète. » Fénelon, parlant du bonheur des justes dans les champs Ëlysées , écrit : « Mille et mille siècles écoulés n'êtent rien à leur félicité toujours nouvelle et toujours entière. > Et un peu plus loin , au sujet des rois qui ont régné avec une sincère vertu : « Us possèdent ici tout ce que la puissance des dieux peut donner pour rendre une félicité eo»plète. 9 De même , Rollin dit quelque part : « La victoire des Romains fut entière. > Et ailleurs : « Les Romains prirent le camp, et rendirent leur victoire complète. » Année, province , foi entière ; fruit entier, œuf entier, le monde entier : ènumération , démonstration , collection , conversion coffipZéfe; habillement complets
4 . Total est un mot abstrait signifiant, qui est relatif à un tout. On ne dit pas une armée totaU^ comme on dit une armée entière ou complète ^ mais on dît le nombre total des soldats. Destruction totaU s'emploierait donc en parlant de choses idéales, la réputation, le crédit y et on préréreraîl destraclîQO entière ou complète quand il serait question de cbosrs matérielles, d'une ville , par exemple; un homme
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
fiNTBEMISB • KEDIATION. Action de s'interposer.
1<> Le secours de V entremise peut être apporté par une chose aussi bien que par une personne ; le serrice de la médiation n'est jamais rendu que par les personnes. Entremise est donc le seul mot qui conTÎenne dans les exemples suivants; on ue saurait y substituer médiation. « L'âme n'aperçoit ce qui se passe au dehors de cette partie du cerveau que par V entremise des fibres qui y aboutissent. » Mal. « Suivant fipicure , les connaissances viennent peu à peu à l'entendement par Ventremise des sens. » Féit. « Que de choses se sont dites sans ouvrir la bouche t Que d^ardents sentiments se sont communiqués sans la froide entremise de la parole! » J. J. « Les instruments peuvent seconder la voiz^ y suppléer, et porter à l'âme, par Ventremise de Toreille , d'agréables émotions. » Marh.
2* Quand il est question des personnes , rentremise moyenne entre elles une communication, ou fait l'office d'un canal ; et la médiation les rapproche , comme le fait un homme qui se jette au milieu de gens qui se battent, pour les séparer, ou qui sert de moyen entre deux extrêmes. — Ventremise est un ministère entre personnes qui ne sont pas directement en rapport, ministère semblable â celui des courtiers : on fait connaissance, on traite, on noue une intrigue galante avec une personne , on lui demande une grâce , par Ventremise d'une tierce personne. « Demandons, implorons par Ventremise de Marie, la grâce et les lumières du Saint- Esprit. » BouRD., Mass. « J. C. se sert aujourdTiui de Ventremise des apôtres pour distribuer aux troupes le pain miraculeux. » Mass. « Combien de trahisons exécutées par l'entremise d'une femme â qui il fallait de l'argent I » BooBD. « Recevoir les révélations de Dieu par Ventremise des hommes. » Id. « Par Ventremise de Thérèse , ce La Roche fit connaissance avec Mme Levasseur. > J. J. « D'Effiat se rendait un personnage par ses entremises entre son madtre (le régent) et le parlement auquel il le vendait. » S. S. « Il fallait que ce fût Daraxa que quelqu'un de ses amis venait voir la nuit par Ventremise de quelque valet infidèle. » Les. « C'était le comte de Lertios qui conduisait cette
totaUmau ruiné serait dans la misère, et un homme «ntièremau ou complètement rainé n'aurait plus le son. Mais entier et complet indiquant la présence , la réunion de loules les parlies d'une chose, sont mal propres â exprimer ranéanlissement, .-a ruine, et en pareil cas on devraii toujours se servir t'e total. Qu'on dise an succès entier (Vert.) ou complet , une vicloire entière (Volt.) ou complète (Id.) , une goérison entière (Ma».) ou complète, rien de mieux; mais on dsTraii toujours faire usage de total , quand on veut inarquer une désunion , une dissolution , une dispersion de parties, qui ne laisse rien subsister. C'est alors surtout que ce mot convient. Destruction totale (Boss., Fiw.), perte totale (Boss., J. J.), ruine totale (BoM.), dépérissement total (Roix.), éclipse totale (AcAo.). Total parait même être en général négatif oa privatif. « L'inutilité totale de mes actions.» Pasc. « Ce qui parait dans le monde ne marque ni une exclusion totale ni une présence manifeste de divlailé. » Id.
intrigue par Ventremise du seigneur de Santillane. » In. « Smerdis le mage affecta de ne se point montrer en public et de traiter toutes les affaires par Ventremise de quelques eunuques. » RoLL. « Les vestales avaient le droit de tester du vivant de leur père, et de disposer de tout ce qui les regardait sans Ventremise d'un curateur.» Id. Dans Andromaquey Pyrrhus dit à Oreste qui vient réclamer Astyanax au nom de la Grèce :
Qui croirait en effet qu'une telle entreprise Du fils d'Agamemnon méritât Ventremise? Rj
Rac.
m. FRAKÇ.
— La médiation est un arbitrage entre gens qui sont en guerre ou ennemis les uns des autres : deux puissances belligérantes demandent, acceptent ou refusent la médiation d'un souverain qui doit rétablir entre elles la paix; et de même vous off"rez votre médiation, pour faire cesser des inimitiés , des haines. « Volckra fut rappelé à Vienne pour faire place & Penterieder pour traiter la paix de Tempereur avec le roi d'Espagne, par la médiation de la France, de l'Angleterre et de la Hollande. » S. S. « Le pape Urbain VIII, qui pressait la' France de se réconcilier avec la maison d'Autriche, offrit sa médiation.... La Hollande et la Suède ne voulaient pas de la médiation du pape. » Gond. « Philippe de Macédoine trouva & Corinthe des ambassadeurs de Rhodes et de Chio , qui venaient offrir leur médiation et porter les deux parties à un traité de paix. » RoLL. Des vautours étaient en guerre ; la nation des pigeons en fut émue :
Elle employa sa médiation
Pour accorder une telle querelle. Laf.
« Le duc de Guise s'était réconcilié avec Henri III par la médiation de la reine mère. » Fén. « J. C. est Tauteur de notre salut, le pacificateur entre Dieu et nous , et le médiateur de notre réconciliation. 9 BoURD.
8» Entremise est un mot commun, ayant été formé de deux mots français, entre et mettre; au lieu que médiation , latin mediatio , de meditis , qui est au milieu, est une expression relevée. (Test ce qui frappe surtout quand on compare entremetteur et médiateur. Après avoir parlé des dieux inférieurs qui, dans le système de Platon, ont créé les hommes et les animaux, qu'ils dirigent spécialement, Bossuet ajoute : oc La religion chrétienne ne connaît point de pareils entremetteurs qui empêchent Dieu de tout faire, de tout régir, de tout écouter par luimême. Si elle donne aux hommes un médiateur nécessaire pour aller à Dieu, c'est-à-dire J. G., ce n'est pas que Dieu dédaigne leur nature. » On dira donc mieux , Ventremise d'un valet , et avec Hassillon : a Un rang d'honneur dans l'Église est une médiation entre le ciel et la terre. » Et c'est parce que entremise est un mot vulgaire, qu'on dit non -seulement l'enlremûe d'un valet, mais encore Ventremise d'une chose , comme II a été marqué au commencement de cet article. • ETnriE , JALOUSIE. Ghagrin mêlé de haine qu'on ressent des avantages et des succès d'autrui.
L'envie est le désir d'avoir; la jalousie, le désir d'avoir à l'exclusion des autres. Venvie est considérée solitairement dans celui qui l'éprouve:
3£|}Xlfi»E PARTIE
la jalouiie l'est plutôt par rapport aux sentiments qu'elle excite contre celui qui en est l'objet. « Retranchez ces envieg du bonheur d'autrui dont TOUS vous fSûtes un supplice , et ces jalousies qui vont Jusqu'à tous inspirer les haines et les aversions les plus mortelles. > Bourd. < Fabius voulut faire passer l'indignation de Papirius pour un effet de jàhusiè : Il vient, disait-il, possédé d'une basse et maligne enwe contre 'le bonheur et la vertu qu'il voit à regret dans un autre. » Roll. < Quoique l'abbé Aiary eût condamné ses talents à un silence rigoureux , bien fait pour adoucir V envie , son entrée dans le sanctuaire des muses avait armé contre lui lajoioime de quelques gens de lettres. » D'Al.
Venvie produit ses effets dans l'ftme même de Tenvieux. On est dévoré ou rongé par l'envie;, on sèche , on crève d'«nvi>. « Venvie se glisse dans l'âme; elle aveugle les esprits et endurcit les cœurs. 9 BouRD.c On regarde d'un œil d'envie et de tristesse la prospérité ae son frère. » Mass. — La jalousie se signale au dehors par des animosités et par des vengeances. On dit une violente , une furieuse jàlotLsie (Acad.) , une jalousie éclatante (Volt.), une jalousie mortelle (Bourd.). < La jalousie et l'ambition causent dans la société humaine des divisions et des troubles. > Bourb. « La charité est patiente , douce et bienfaisante ; elle n'est sujette ni aux jalousies , ni aux emportements et aux colères. > lo.
L'envie est plutôt timide et honteuse » obscure et lâche; « elle se plaît aux plus secrètes et aux plus noires menées. 9 Boss. La jalousie, quoique aussi soigneuse de se cacher, est obligée de paraître davantage & cause de sa violence contre ce qui en est l'objet.
Ensuite, on peut être envieux de toutes choses, et de tout le monde , au lien qu'il n'y a jalousie qu'entre égaux , entre gens de même profession , ou qui courent la même carrière. Ce mot suppose rivalité ou concurrence , comme le grec Cn- Xoc, italien gelosia^ d'où il dérive. C'est pour cela qu'on àxi jalousie de métier, jalousie de oorps (Volt.) , et qu'on a pu regarder jalousie comme synonyme d'émulation, qui marque un effort pour parvenir â atteindre ou à surpasser un rival. « L'envie est le chagrin que nous donne la vue des avantages des autres , de quelque nature qu'ils soient, fût-ce dans des choses auxquelles nous ne prétendons pas. La jalousie est la coainte de voir passer à. un concurrent ou à un rival un bien dont noue jouissons ou dont nous espérons jouir , et que nous ne voulons partager avec personne. » Cond. « V envie , dit Labruyère, est quelquefois séparée de la jalousie, comme est celle qu'excitent dans notre âme les conditions fort élevées au-dessus de la nôtre, les grandes fortunes,^ laveur, le ministère. > L'envie peut aussi avoir pour objet le bonheur de personnes placées au-dessous de nous de quelque manière : telle a été celle du démon contre nos premiers parents (Bourd.). Mais on connaît la jalousie de Caïn contre Abel (Boss., Mass.), celle des enfants de Jacob contre leur fràre Joseph (Boss.), celle de Saûl contre David (Mass.). Les pharisiens témoignaient leur jalousie contre
J. C. en disant : que ferona^nouBt tout le 1 court après lui (Boss.).
« Les jugements des hommes eont des jugements que ferment Taversion et l'etiote. U n'ai presque pas en notre pouvoir de conserver dei sentiments raisonnables pour ceux qa'ime malheureuse jafotMte nous fait envisager comme »i compétiteurs.» Bourd. « La jalousie suffit pour diviser deux amis qui sont dans la même protosion , et dont l'un réussit, tandis que l'antre demeure en arrière. Mais tous ne sont pas dans les mêmes rangs , et quiconque se trouve annlesBQS des autres n'a pas le droit de les mépriser. Rien n'attire plus l'envie, s lo. «Le monde qui est an* tour de nous excite plus communément nos /is- Umsies et nos animosités. On ne se mesore ni avec les grands , ni avec les petits. » lu. < Qu'un homme de lettres soit élevé au-dessus des autres par la fortune et par ses places , ceux mêmes qui ont reçu de lui des bienfaits portent l'envie jusqu'à la fureur.... Tout homme est jalons de h prospérité de ceux qui sont de son état, ou de l'état desquels il croit être. » Volt, c Point de comparaisons avec d'autres enfants, point de rivaux , point de concurrents. J'aime mieux que mon élève n'apprenne point ce qu'il n'apprendrait que par jalousie ou par vanité. » 3. J.
L'envie donne le regret de n'être point à la place des heureux (J. J.) et les fait haïr. Cest un effet de l'amour désordonné de soi-même. La jalousie se dépite de se voir préférer un linl, de lui voir obtenir un bien ou un succès qu'aie prétendait; elle se trouve par là blessée, déprimée. C'est un effet de l'orgueil. « Les insupportables présomptions de l'orgueil, ses ridicules fiertés, ses basses et odieuses jcUonsies.'» Bonis.
ENVIER , PORTER ENVIE. Envier quelqu'un et lui porter envie, c'est désirer pour nous son bonheur, ses avantages , ses succès.
Mais envier a une plénitude et une rigueur de sens dont porter envie ne représente que laiblement l'idée.
Ceux que nous envions nous causent une sotte de chagrin mêlé de haine , selon la force originaire du mot envie. « Quand vous serez an &tle des honneurs, on vous enviera y et par conséquent on vous contrôlera, on vous traversera, on vous offensera. » Bourd. < Les hommes habiles et intelligents sont-ils aimés , sont-ils es^mèe autant qu'ils le méritent ? on les censure sTils échouent, et on les envie s'ils réussissent» Labr.
Nous souhaiterions pour nous le sort de ceux auxquels nous portons envie , mais nous ne leur en voulons pas pour cela.
Àetolphe était un prince aussi beau que le jour,
El tel que des beautés qui régnaient à sa cour,
La moitié lui portait envie, Lav.
Voltaire écrit au prince royal de Prusse, qui fut plus tard le grand Frédéric : « Votre devoir est de rendre un jour les Prussiens heureux. Ahl qu'on leur porte envie / »
Hélas f ie forte enna
 ceux qui dans ces miira ont terminé leur vie. (Jocaste dans OEdipe.) Is.
1* ENVIRONNER , ENTOURER ; — 2* ENVEU)P-
SYNONYMU A KAHKÀinL DIVERS.
GUOUB, BmOMKt. S'étendre oo étandrt qoeLque clWM àm talte Bumière par nppèrt 4 an iibjet, «foil 86 troore «i ndliea ou m ciDai*.
l*£lR9tf«iififr, «iieiir#r.
Ce qai mvifoiiiie «d objet en «M 4 meoertaine distaooe, est dans les «wiroiit, vle^-vii. Les deaz meinmiMill la terre ; aoes sommes envtromiÀ par rhorixon; de charmants TiUages mmrwmeni Paris, a Saturne a nn grand cercle et un grand anneau assez large qui reftetrofifie et qui est aeeex éleTé povr être presque entière- OHOt bors de Tombre du cerpe de eette pta»èle.« Fomr. Un pays est enetroimtf de montagnes , un Ëtat de pUcea fortes , etc. — Mais oe qui «nloiif e un crtijet est placé Oiflour de cet objet, en suit le comiômi , en est tout près^ y touche, remhEasse. Un anneau enloiire le doigt, une bordure un tableau; on etiloitre une bague de diamants, un enfant de lièges et de bandages (J. J.); les UeteuTB, chez les Romains, portaient des haches 9nt€wrëet de ftisceanx de Tsrges <Rou.); ^^^ Hé est un espace de terre entowé d^au de tous côtés (ACAD.). c Tout à rfaeuré nous n'étions occupés que de ce qui nous touche , de oe qui nous siifo«re immédiatement. » J. J. « Les génies président à la terre , amsi qu'à Tespace dont elle est hsnnédiatement entourée. » Barth. « Gimon et CUtandre ne sent pas les êateliiHsâê Jupiter, je TOUX dire eeuz qui pressent et qui «fifoifPSfif le prince; mais ils TannoDcent et le précédent. » Labb.
Une Yille est fnvvronii^e de belles prdries, et entoura de remparts. Un chef de famille est environna de Yoisins , et entouré de ses enftnts.
Ce qui nous enUmre nous touche , nous intéresae beaucoup, nous menace, nous presse; au lien que ce qui nous eweirimne nous regarde seulement, n'a avec nous qu'un rapport éloigné. « Gémir de la corruption qui nous envtrofine, des pièges dont nois sommes entourée, 3 Fin. « Les comédiennes, sans cesse entouréee d'une jeunesse ardente et téméraire , résisteront-elles à leur flge, à leur cœur, aux objets qui les enfnroiment, aux discoun qu'on leur tient? » J. J. Les peraoones qui nous envtrofinefU conqHM^nt le monde au milieu duquel nous nous trourons; les personnes qui nous entourent forment notre entourage, le petit cercle de gens avec lesquels nous TÎTons familièrement et intimement. On dit qu'un homme est bien ou mal entouré , et non environnéy selon les qualités de sa famiUe , de ses amis, et liniluence qu'il en reçoit.
Snfin , ce qui nous enrtfonne est plutôt grand , beau , pompeux ; et ce qui nous entoure , utile ou nuisible. La nature , pour préserrer les princes des piégea qui les menacent, a envtroftn^ leur ftme d'une garde d'honneur et de gloire, et enfovr^ leur cœur d'un mur d'airain (Mass.).
2» Envelopper,
Envelopper signifie entourer de toutes parts, en tous sens : envelopper des marchandises. Une Tille est environnée ou entourée d'un mur , d'une rivière , d'une prairie , de tout ce qui forme comme un cercle autour d'dle ; elle est enveloppée par un tourbillon de poussière, par des té-
nèbres qui la couTKOt en même temps qu^elles l^toitrent. Dea ennemta emeloppée sont comme pris dans un fitet.
4* Ceindre, «nosindra»
Cemdre et enosindfv , dn latin ctn^ers , mettre une Sféiluf e, n'ont pas une aussi grande étendue de significalûm que les trois mots précédente, «t ne s'appliquent pas comme eux à toutes sortes de choses. Ils Teulent dire primitivement entourer quelque partie du corps de l'homme , les reina ou û tète. « Le firont cstnt d'une couronne de laurier. 9 RofiL. « C'était Myrtia qne l'on voyait enesifte des longe replis de ce serpent qui Tétoufftût. » Maah. — Hors de là, ces deux mots sent pria métaphoriquement, avec cette différence que eeinén n'exprime pas une action volontaire, oa se dit d'un objet moins étendu. « Ce roc était eeml d'un profond abîme qui lui servait de fossé. 9 ReLL. « J. C. a distingué trè»-nettemeBt le siège où la ville de Jérusalem serait seulement enestnfe de l'armée , et plutôt investie qu'iuaiégée dans les termes. » Boas.
4* £VieZors , wnfêtmer^
Mneloft et enfermer ne sont pas du kngage métaphorique et figuré, comme eeindre et sneeindre. De plus, iès emportent l'idée d'une barrière pour empèsber le passage ou l'entrée ; on enelàt en on enferme un espace qu'on entoure ou qWon eoœint de manière à le elare ou à le /Isrmer, Didon commença par enoetndbre ou par emrir ronner avec une peaîi de bœuf découpée en trèspetites bandes la ville qu'elle w>ulait bâtir , et de cette Ikiçon elle la délimita ; ensuite elle l'enferma de murailles pour la mettre en état de défense.
On encldt propiement ce à quoi on met une eUture^ un champ; mais on dit bien enfermer une ville de murailles. — IPitclore s'entend seul; mats avec enfermer il ftiut ajouter quelque chose: on enelât un terrain simplement; mais on l'enferme d'un mur , d'une haie , etc. — On emiôt pour toujours; on enferme quelquefois pour un temps : c'est ainsi qu'une armée enferme les ennemis entre deux montagnes. — Enfin , on enclôt pour empêcher l'accès ou l'entrée; on enferme quelquefois pour empêcher la sortie. On enclôt Tm parc pour qu'il ne soit pas ouvert à tout venant; on enferme un parc dans lequel on tient enfermé du gibier. Quand on a enclos son champ, les bêtes ne viennent plus le ravager (Volt.) ; des assiégeants enferment une ville par des travaux qui mettent les assiégés dans l'impossibilité de faire des sorties (Roll.).
ÉPAIS , DENSE , — COMPACTE. Dont les parties sont rapprochées, serrées.
Épais appartient au langage ordinaire. Dense, latin densus, est, au contraire, un terme de physique, et ne se dit qu'au propre. La signification & épais est moins rigoureuse ; ce mot « dit bien des choses dont les parties sont encore à une certaine distance les unes des autres, séparées par des interralles sensibles : un épais bataillon , une forêt épaisse , une crinière épaisse ; épsns sourcil, plumage épais, fourrure épaisse. On l'emploie bien aussi en parlant des corps liquides ou gazeux , c'est-à-dire des corps
dont la consistance est trop faible poar qu'ils soient solides : yin épais ^ sirop épait, une épaisse fumée, un brouillard ^patf, un nuage épais, un air épais y une atmosphère épaisse. Lorsqu'il s'applique aux solides , épais n'est plus synonyme des deux autres mots, il n'est plus opposé à rare , à lâche , mais à mincp.
Dense sert à qualifier les choses tellement épaisses , qu'entre leurs parties , ou plutôt leurs particules, leurs molécules, leurs atomes, ne subsistent plus d'intervalles ou de vides, mais seulement des pores. Aussi est-il le seul mot qui convienne à l'égard des corps solides. La terre est plus dense que le soleil (Volt.). Plus les pierres sont denses, plus il faut de temps pour les convertir en chaux (Buff.). Le fer, quoique trèsdur, n'est pas fort dense (Id.). L'or est le plus pesant et par conséquent le plus dense des métaux (Id.). Le verre, quoique transparent, ne laisse pas d*être dense et pesant (Id.).
Compacte, de compingere, assembler, unir ensemble, ajoute à l'idée commune celle de la liaison, delà cohésion des parties. «Quoique l'or soit le plus compacte et le plus tenace des métaux , il n'est néanmoins que peu élastique et peu sonore. » Buff. « Un caillou est un assemblage de parties homogènes dont résulte une masse souvent inébranlable au marteau. Quelle force avait joint ces petits cristaux 7 d'où résultait ce corps si dur ? Est-ce l'attraction qui rendait toutes ses parties si unies entre elles et si compactes ? ?bVolt. « La matière de la lune est environ un cinquième plus dense , plus compacte que celle de la terre. » Id. a L'or, ce corps si dense et si compacte, contient peut-être encore plus de vide que de plein » Buff. Compacte est opposé, non pas seulement à rare, mais à tendre, à mou, à friable. c Dans toutes les collines et montagnes calcaires, les lits supérieurs sont les moins compactes et les plus tendres. » Buff. « Terre compacte ou molle. 9 Volt. «Terre compacte ou friable. «Id.
ÉPANGHEMENT, EFFUSION. Flux, mouvement ou transport d'un liquide hors de ce qui le contient. Ils se disent aussi l'un et l'autre au figuré, d^s un sens analogue : épanchement ou effusion de cœur , de joie « de tendresse , de sensibilité.
Au propre , ils ne sont pas véritablement synonymes. Epanchement n'est usité qu'en termes de médecine pour marquer Textravasation de quelque humeur dans une partie du corps qui n'est pas destinée à la contenir : épanchement de bile ou de sang. Mais jamais ce mot ne signifie un écoulement hors du corps, et c'est précisément ce qu'exprime, en parlant du corps, le mot effusion : effusion de larmes ou de sang.
Au figuré, la difiérence se déduit de l'étymologie. Épancher y c'est verser en penchant ou en inclinant le vase, doucement, goutte à goutte. Effusion, du latin effundere, répandre, emporte l'idée d'abondance, de profusion, de force. L'^panchement est modéré, naturel, sans effort; ïeffiuion est brusque , impétueuse , pleine , sans réserve. Épanchement suppose des sentiments doux , qui découlent, pour ainsi dire» avec calme et sans secousse; effusion indique des passions violentes qui éclatent, qui font explosion.
Il 7 a épanchement de cœur entre deux amis qui se content leurs peines avec une sorte de laisser-aller, c Tu n'as plus pour moi ces épanchements de cœur, ces manières libres qui lioat le charme des liaisons. » Les. « Si on n'a guère de pensées secrètes pour ses amis, c'est que leur communication est un épanchement naturel qui est un des plaisirs de l'amitié. » Lah. « Louise, dans l'^anc^ement de son âme, confiait à son bon curé le récit de son aventure. > Marm- « Cette confidence intime du sentiment le plus cher, ce tendre épanchement qu'il était permis de donner à ses désirs.... » Id. c Dans les plus doux épanchements de son cœur, je la voyais Jeter sur le jeune homme un coup d'œil à la dérobée. » J. J. — Il y a effusion de cœur dans un moment de transport , de ravissement ou de passion. « La réponse d'Aménaîde à Argire (dans Tancrède) est la plus rapide effusion d^un cœur surchargé , qui cède au besoin de se répandre. > LAU.cLes Méditations sur VEvangiie, de Bossuet, n'ont pas moins d'onction, d'enthousiasme et d'effusion de cœur que les lettres du tendre Fénelon. » Id. « Dans quels termes, avec quelle effiision , Orosmane avoue tout le plaisir qu'il sent à complaire à ce qu'il aime ! » Id. « Tantôt c'étaient des marques d'amitié, des caresses et une effusion de cœur sans borne et sans fin ,* tan. tôt des reproches , des menaces et d» emportements furieux. » Roll. « Nul triomphe n'approcbe de ces acclamations qui partent du cœur, e\ qui en sont une vive et sincère effusion, » lo. « Disons, avec une pleine effusion de cœur, en éclatant en reconnaissance et en action de grftces , le psaume eu. » Boss.
Ce qui est épanchement dans la conversation , dans la comédie , dans l'élégie ou dans les écrits en général, devient effusion dans la tragédie et dans le discours oratoire, où il y a toujours quelque véhémence. ~ « Ce psaume n'est qu'un épanchement continuel d'admir^ion et de recounaissance envers le créateur. » Lah. « La harangue pour Marcellus ne s'annonce que comme Veffusion de la reconnaissance et de radoûration publique pour la clémence de César. • Marm. —
11 faol que Je l'embrasse, et qu'un yaacfewrgf
De joie et de tendresse....
(Crispin à Lisette dans le Légataire.] Regn . c Voyez dans Hermione ce passage si prompt des effusions de la joie aux transports de la fureur. > LAH.»«Tout cet épanchement de bonté naïve et de sensibilité innocente (dans une pièce de Sedaine) fait rire et pleurer. » Lah. « C'est encore un trait de sentiment que cette dernière phrase, un mouvement admirable, digne de terminer cette effusion de sensibilité (péroraison d'un sennon de l'abbé Poule). » In» — Un témoignage ordinaire de douleur est un épanchement de douleur (Fléch.); c'en est une effusion^ si ce témoignage est éclatant : « Angélique ne mit plus de réserve à Veffusion de sa douleur. » Marm.
Les idées de l'esprit en sortent par une espèce d' épanchement; les sentiments, ou mieux encore les passions de l'âme , en jaillissent ou s'en échappent par une espèce d^effusion. <c Le vieux naturel du style de Montaigne et d'Amyot convient
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
dans le libre époHehement des pensées d'un philosophe, s Màrm. c Le langage de Thomme qui ne parle que pour exprimer ce qu'il sent n'est que VeffusUm ou Texplosion de son &me. >
De plus , épancher , c'est non-seulement verser doucement , mais encore presque toujours verser d'un vase dans un autre , au lieu que le mot effusion ne signifie que l'action de répandre, de met^ tre dehors , sans indiquer ce que devient la chose répandue : c'est pourquoi épanehement donne souvent Tidée de communication , de chose donnée et reçue , à la différence d'^/fuiton , qui désigne un simple développement. Un épanehement ou des épanchements de coeur impliquent presque toujours des discours tenus, des secrets confiés; une effusion de cœur est un mouvement de tendresse. Dans un épanehement de cœur, on dit telle chose ; et on dit ou on fait telle chose avec effusion de cœur. Gela est si vrai, qu'^nc^ metit seul signifie confidence. « Louis XIII avait besoin d'un confident qui lui dit du mal de Richelieu , et avec lequel il pût s'en plaindre. Cet épanehement faisait diversion à ses chagrins. > CoND. K Quand, on sent vraiment que le cœur parle , le nôtre s'ouvre pour recevoir ses épanchements, s J. J. « Une confiance mutuelle mêlera ses épanchements aux charmes de nos entretiens, s Karm.
Des épanchements de cœur instruisent, c Alors il me faisait des épanchements de cœur qui servaient à m'initier dans les sacrés mystères de la maitôte. » Les. Une effusion de cœur touche , fait plaisir. « Bienfaits versés avec effusion de cœur. « J. J. c Notre hon roi Henri lY jouit, sans être connu , chez le paysan Hichaut , d'un hommage qui était V effusion du cœur. » Lah.
Les épanchements de l'amitié sont les confidences que les amis se font dans l'intimité ; les effusions de l'amitié, ou mieux des effusions d'>amitié, sont les élans, les transports par lesquels l'amitié s'exprime.
errant; YAGABOND. Qui va çà et là, sans demeure ^xe ou chemin certain.
Errant est relatif, et vagabond absolu. Celui qui est errant s'éloigne du lieu où naturellement il devrait être , du chemin qu'il devrait tenir , du but qu'U se propose : c'est ainsi qu'au figuré errer rappelle l'idée de la vérité dont on s'écarte. Vagabond est dépourvu d'un pareil accessoire : il exprime d'une manière toute générale et sans rapport à ce qu'on a quitté , l'action de rôder , d'aÛer à l'aventure. « Ulysse, toujours éloigné de sa patrie, est toujours errant et contrarié dans son retour. 9 FéN. Didon, désespérée du départ d'Ënée , court vagabonde dans toute la ville , sans savoir où elle va et ce qu'elle fait.
Sans boussole, vous errex; au gré des vents, vous vaguex. Un esprit errant se trompe; les hérétiques sont appelés des brebis errantes. Une imagination vagabonde est volage, instable , sans arrêt, sans frein , se promène incessamment d'objets en objets. C'est pour exprimer ce jeu capri. cieux de l'imagination que Bossuet a employé au figuré le verbe t?a(jrtier.* a Le juge qui se présente à vous par coutume et par bienséance laisse va-
guer ses pensées sans que vos discours arrêtent son esprit distrait. »
On est errant loin de «sa patrie ou de son habitation. « La fortune tenait Télémaque errant dans tous les pays loin d'Ithaque. » Fén. Les villes de la grande Grèce furent fondées pour la plupart par des Grecs errants {^n,), «Les Juifs sont encore aujourd'hui errante, fugitifs, méprisés. > Mass. « Albéroni , chassé d'Espagne , fut réduit , en Italie, à se tenir longtemps errant et caché, s S. 8. Tel fut , chez nous , le sort des Girondins à l'époque de la Terreur. «Les prêtres , pasteurs zélés de ce troupeau affligé, vivaient en Angleterre, pauvres, errants^ travestis. » Boss. « Le séjour de leur presbytère devient insupportable à certains prêtres : ils sont sans cesse errants pour dissiper leur ennui. > ICâss. — Mais on appelle vagabonds les gens qui courent le pays, sans avoir ni feu ni lien : tels sont les mendiants; tels étaient les condottieri en Italie; ils composaient des armées vor gabondes (Volt.). Bossuet appelle les oiseaux les familles les plus vagabondes du monde, et dit des Scythes : « Ces peuples vagabonds erraient de çà et de là sur des chariots, sans avoir de demeure fixe. » Et ailleurs: « Les Scythes vagabonds traînaient sur des chariots leurs familles toujours ambulantes. »
Ensuite , vagabond est absolu dans un autre sens : il est comme le superlatif d'erranl. C'est pourquoi on trouve souvent dans nos meilleurs écrivains ces deux mots ainsi joints : errant et vagabond (Boss. , Fin. , Rac. , Buff. , Montesq., Volt., Mass.). Errant ne donne l'idée que dedei^x choses , d'un chemin ou d'un lieu où on était ou bien où on devrait être , et d'un autre où on est ; vagabond fait concevoir bien des chemins , bien des lieux. D'abord , on s'éloigne du bon chemin ou de sa résidence, on est errant; ensuite, ne sachant plus où aller, on tente toutes les voies, tous les lieux , sans s'arrêter nulle part , on est vagabond, «Un criminel s'étant échappé, se fie à peine à soi-même : fugitif, errant^ vagabond, il croit que tout ce qui luit le décèle.» Boss. « Sans la soumission au prince , nulle union; les peuples errent vagabonds comme un troupeau dispersé.» Id. Les chevaliers errants, les peuples errants habitaient et quittaient successivement différents lieux ; ils n'erratent pas sans mesure , ou n'étaient pas vagabonds comme les condottieri et les Scythes, qui étaient, pour ainsi dire, toujours en course et ne s'arrêtaient jamais.
ESGAUER , DEGRÉ , MONTÉE. Partie d'un bâtiment qui sert à monter et à descendre.
Escalier est le mot ordinaire , celui de l'architecture et du langage commun. Degré et montée , quoique bien plus rarement employés , ont chacun sa nuance propre , qui en rend l'usage nécessaire dans certains cas, et qu'il importe de connaître quand.on tient à bien parler sa langue.
Le degré est un escalier distingué : il lait par» tie d'un édifice, d'un temple, d'unpalajs, d'un château, ou le précède à découvert et en amphithéâtre. Entre le degré et Vescalier se trouve par conséquent la même diff'érence de noblesse qu'entre les degrés et les marches (voy. Degré, marche). On dit le grand degré du palais (Agad.),
SM
BEUXIÈXE PAA13E :
et on doit dire le àê^ré. àok Baatbtei, It d^i de la Madeleine, etc. « On mtnte à ce tenpl« (le Caiito&e) par ua ét^ à» cent mardies tiès-lar- 9m. » ROLL. Moi* de SMgné, déieignant lee beautés du chàteMi de Grignan, éctit : »Ce vilaîa defftfpar où IHm montait idans la aecoiide ceur eetentiàrcaHent reaTersé, et bit plaiceau pins agiéable (pi'on poisse imagioer*» Elle écrit des Redbef s à sa fiUe : « Jevoudnit qa» tous eossiea àirrignan une aussi belle allée; j'irai tantôt au beut de la grande allée Toir Ptioif qol 7 fait un baau degrtf de gason pour descendre à la porte qw.Tadans le grand chemin. » De son cAté, Laàntaine dit dans une description dee merreilles des jardins de Versailles :
JMi bis de ee dûgrè, Latone et ses Jeneanx
Jle gcDAdurs et groeaien fttnt de vils aninsns..^ AiUsttrs, le même écrimin, si^oiUoit ce qu'il T a4ie phis remarquable dans ie cbâteainie Ricfaelietà , s'arrête particulièrement à un grand éê^fé de marbre jaspé, au ïm& duquel étaient deux statuas d'esclayes, Tune d'un côté du vestibule, Tautre de Tairtre. « Mme la princesse de Contt lo^sait en haut au ohâ^eo. Le roi Talhi ¥Oir. Le ÔÊ^fé était incommode ; il le fit rompre et en fit un grand et commode. » 8. 8.
La montée est tout le contraire du àêgré, un petit escalier dans une maison de peu de valeur et conduisant à un tandis , à on logement de 9sns pftiiTres ou qni viient dtns la crasse, c Le roi et la reine (d'Espagne) nontèient un dtgré dahoÎBi.... Il était en dehors appuya eontie le pigDflu, et en Tair ecmme la montée d\m paysan dams son Tîllage. » S. S. La femme avare , dont Boôkan a iàit la peinture dans sa x' satire, n.'h(abitait point un palais; aissi le poète dit-il :
AtvH servanles déjà, largement soeflelées,
ATaient à coups de pieds descendu ks motaéâK, De même , pour monter àla cbambre occupée par les femmes de manvaise vie obez lesquelles Régnier se rendit un jour ,
h^ montée était terte et de fàdieax aoeès;
BKLAVS, CAPTIP, mSONNIBB. Veedaite, le cop^ et le jTftsetmisr ont oela de commun qu'ils ne sent pas libres.
Le mot esclave est absolu; les deux autres sont nflatife. L'esclave n'a peint de liberté; le captif ert le prisonnier ont perdu la leur. On considère l'éKat de Veseiane en lui-même , et celui du captif, oomme oelui du prisawiier, par rapport au fait qui Ta produit. Aussi peut- on bien être esclave volontairement, et c'est ainsi que ce mot s'entend d'ordinaire au figuré; au lieu que le eojrttf (de ccqMre, prendre) et le prisonnier (qui a été pris) subissent toujours une situation où ils ont été mis malgré eux.
. Etant absolu , esclave indique une privation de liberté plus complète , un état constant eu égard à l'avenir comme au passé. Quoiqtfe rescloëe paisse être affranchi , le eapHf est plus sûr d'être renvoyé ou racheté, et le prisonnier délivré, re- Iftohé, échangé ou rendu. Ensuite, Vesdavage est la privation d'une liberté plus essentielle. L'efclaee ne s'appartient pas, n'est pas une personne, ne possède aucun droit civil; il a un maître qui dispose de kû absolument oomme
d'une oboae, qui en tût un înstnmAnt de tia- VBil, une serte de bête de somme. Le cmptif et le pmoHiiter, outre qu'ils ne le sont que momentanément, n'oBt penlu que la liberté nsivretic, celle qui consiste à aller ici ou là : au lieu de mahfes, ils ont des gardes.
César, car le destin , que dans tes fers Je brave, lie Mt ta pnwnmète, et non pes ton eseUve^ Bttu ne prétends pas qeTU a*abatte le cour Jeaqs'à U rendre hammsge, et te fumnersei^ ^esr ;«.• (/Carnélie à t^ésar.) Cons.
iratteCois , on fiitsait eteUvoes les prùommârs de guerre(VoLT. , Rou.). Les Hébreux furent etctovee en Egypte (Bomm.), et «optifr à Babylooe (Rou..).
(^■ant à cnpfîf et à prisemniêr, ife ont dTabord une difl^érense évidente. Le oepCif est dans fêtât d'un bomnae pris ; on ne le laisse pas aUer : tel est Tétémaqne dans l'Ue de Caiypso (ftn.). Le prifonitter est en prison, sous les Terrons, enfermé entre quatre moraillea, en un mot, teoa pins étrofftemeKt cRêgulus prtssmsiîer A Cartbage, ce seia saint Louis ettpeif à la Ifassoors:' VojLT. Charles XII , réfogié en Turquie iprès la bataille doPultanra, nf était en effet qn^ tapUf henonblement traité (In.). Main e^ant défendu avec ftinur oontreies troupes qui veolaieBt le forcer à retourner en Suède , il fiti ftitprifoiinier (Id.).
Cependant, loraqin ettpHf et jwrisojwifr Màr gnent.des hemuMS psis en bombaltniit, priasnnier ne garde pas sa signification rigoumose, et la distinction devient difficile.
Capêife^ un adjectif; il marque «n étaLMsonnter est un siAstantif; il dénonaxne. Un ni, un peuple capâi/; les femmes capettaes. Après une bataille, en compte les morts, les blessés et les prisonniers, «Cyrua, dans une bataille coatre les Scythes., fit un grand nomàve de prûewMn. Le fils de la renne Thomyris, que Cyrus avait refusé de rendre à sa mère, ne pouvant souffnr de se voir captifs se donna la mort. » Roxl. « Dans ce triomphe , on voyait le Rhin , le Rhône et VOcéan captifs représentés en or. Un grand nombre de pmonnterv précédaient le char. » In. « Le roi captif (Gui de Lusignan) fut étonné d'élre traité par S^adin comme aujourd'hui les prtsonmiers de guerre le sont par les généraux les plus bu* nmins. » Volt.
Que si on emploie eaptif et prisonnier tous
deux adjectivement on substantivement, il reste
toujours entre eux une différenœ. Capti/exprime
I un état^ et prisonnier un fait. Le prûensf er est
I pris; le eoptt/est dans l'état qui suit le fait d'être
Ij^is, c'est-à-dire retenu. PrtsoiMter à Parie,
François 1** fut captif à Madrid, c Télémnqueayant
fait sur les DaunioDs quelques prûoimtefs, Pfaa-
lante prétendit que ces eoptt/s devaient lui appar- .
tenir. » Fis.
Dans PEurope moderne , les hommes pris à la guerre étant presque aussitôt rendus ou échangés , le mot de captif ne trouve guère d*appUcation. Mais dans l'uitiquité et aa moyen âge, smtout chez les musulmans, £ y eut toujours des captifs, c'est'-à-dire des prisonniers de gneitt retenus plus ou moins longtemps, jusqu'à ce
SYNONYMES À AAI^IGAUX PIV£RS.
qa'<m Tint le» nehâtar oa 1m dâÎTr«r àe quelle antre manitoe.
▲u figuré, êselave annonce un déyooement flans lionies» et eapUfime violenta attache.
SSPÉEER, ATTBNimK. Ces mots expriment une certaine disposition ou manière d'être de ikOlr« esprit par rapport i quelque chose qui doit arriT«r.
Vapéranee «ontient deux faits distincts , Tidée qa^nn év^ement arrivera et un sentiment par lequel nous y aurons. Le premier de ces deux éléments, réiément intellectuel, se trouve seul dans Vattenie, Ce que nous espéront tA pour nous Tobjet d'un souhait, nous serions heureux qu'il eût lieu , et Vespéranoe mdme a une douceur qui diminue noi peines et noua console. Xone leh ecsoie troufeot doux le succès qu'ils êtpèreiU. Goen.
Ce que nous otlendot» , nous croyons qu'il arrivera, mais nous sommes indifférents à ce qu'il arrive ou n'arrive pas, nous Tenvisageons sans le désirer ni le craindre. « On est penmadé que je vaux vivra i la cour sans intérêt» II est juste de tiwrailler à. remplir cette attsiite. 9 Fin. ^ BosBuet a très-bien marqué cette différence en disant de Louis 21 V que, lorsqu'il fui privé de ses deux grands capitaines , Turenne et Condé , sil s'éleva au-dessus de lui-même, il surpassa et YespéroHce des siens , et VatlstUe de Tunivers. » Ce qui surpasse notre ssptfrafMS va au delà de noa iMsux; ee qui sunpasse notin attente va au delà de notre opinion.
Bnsuite et en eonséquenœ , c'est toujours quelque chose d'heureux, de favorable qu'on espère, c Les chrétiens sentent quelquefois du plaiair ou de la joie, lorsqu'ils espèrent d'être récompensés comme ils le méritent. » Mal, Ce qu'on attend peut être quelque chose de fflcbeux. ReoBVoir tout son bien d'où l'on attend son mal.
Mou «Ils n'ont à aUendre que l'enfer ou le néant. » pASC. « Il attend la fièvre. * Acko. — On espère un succès, une vkloire; on attend un événement, une bataiUe. Le viai chrétien espère une sainte mort; tout homme en danger de périr attend la mort. L'âne chargé d'épongés, s'étant plongé dans l'eau , L'teier (qui était dessus) rembrassidt dans VaHenta D^une prompte ei corlaine morU Lav.
En&i, quand espérer et attendre se disent l'un et l'autre en parlaicit de quelque chose de bon ou d'avantageux, comme une récompense, espérer est comme osptrer, qui a le même radical : il a un air d'humilité et de soumission qui sent la prière , et a plutôt une faveur pour objet : on espère de la complaisance de quelqu'un qu'il voudra biea faire telle chose (Bac). Attendre, au . contraire , comme prétendre , qui est de la même bmille , signifie plutôt une réclamation , une denumde , et pres(pie une exigence fondée sur un droit. «Lajustioe que j'altend« du public.» Jf. Jf. « L'armée d'Annibal attendait de grandes récomlieuses après la guerre. 3» Moutesq. Le bien Qu'en la succession mes soins pouvaient prétendre, Si que le testameol me donnait lieu ^'attendre,
Rion.
— Espérer va bien dans la bouche d'un ialërieur, d'un homme faible qui est dans le besoin, d'un coupable : ils aiment à croire, Us ont la douce confiance qu'on voudra bien les aider. Attendre convient seul à un supérieur , à un maître qui peut dire : J'attends beaucoup de vous. « Vous savez ce que Dieu attend de vous , ce qu'en attend rSglise. » Masb. Nous espérons de Dieu ; il attend de nous. Un débiteur espère une remise ; un créancier - attend un payement prompt et exact. Vous espérex un bienfait d'une personne aux bontés de laquelle vous n'avez aucun droit; vous attendez un service d'une personne que vous- avez obligée. —Il suit de là qu'espérer témoigne plus d'incertitude. Ce qu'on espère paraît simplement possible, on se promet , on se flatte de l'obtenir, on espire même contre toute vraisemblance :.
Je n'exanûnais lien, yetjférais l'impossible. Rac. Mais on compte sur ce qu'on attend , et on regarderait comme injuste ou extraordinaire qu'il n'arrivât pas. On espère la vie éternelle , comme on se promet et comme on se flatte de la gagner ; mais pez^nne ne peut dire qu'il l'attend, parce que personne ne sait certainement s'il en est digne. -^ Il suit de là aussi qu'attendre enchérit sur espérer.
Ce Dieu , depuis longtemps votre uidqae feAtge, Que deviendra Teffet de ses prédlcUons?
Qu'il vous donne ce roi promis aux nations , Cet enfant de David, voire espoir, votre attente,. ., (AtbaHe.) Rac.
S8TiaiERr (ÉVALUER), iPPRÉGIER, PRISER.
Déterminer la valeur d'une chose.
Estimer, c'est déterminer U valeur intrinsèque, le mérite, l'utilité. Apprécier et priser, c'est déterminer le prix, c'est-à-dire la valeur vénale, ou la valeur dans l'opinion, ce que coûte la chose. En estimant une chose , vous décidez combien elle est bonne * ; en l'appr^cûint et en la prisant^ combien précieuse. On estime une tevre en raison de son rapport , un (Ugàt en raison du dommage causé; on apprécie ou on prise des marchandises , des bijoux , des objets de mode suivant qu'ils sont plus ou moins recherchés. On dit d'une chose excellente , qu'elle est inestimabie; et d'vme chose rare y courue , qu'elle est inappréciable.
Apprécier et prtMr diffèrent aussi l'un de l'autre. Appréeier est formé du latin ad et prettum; priser dérive du français priw. En conséquence apprécier exprime une action plus difficile et portant sur des cfaoees plus relevées» Tout
4 . Estimer ne signifie pas seulement Juger combien une chose est bonne ou utile, mais encore Juger combien elle est grande. Aussi ce mot a du rapport avec évaluer. Mais on estime tout d'un coup, à l'œil , et quelque chose de simple; on évalae par une opération mathématique, i l'aide du ealcnl, et quelque chose de compliqué. Un maquignon estima la force d'un cheval; un ingénieur évalue la force d'un va peur. « S'agit-il de porter un fardeau? L'enfiuit ne sera-t^il pas forcé d'en estimer le poids à la vue? 9 ;. J. «Les croisés entrèrent dans Constantinople et la pillèrent; Nicétas assure que le seul butin des seigneurs de Fnmce fut évalué deux cent mille Uvres d'argent en poids, v Y01.T.
DEUXIËME PARTIE :
le monde ne sait pas apprécier , et les objets de Vappréciation sont considérables; mais il n'est pas besoin d'être fort expert pour prùef , et ce qu'on prise peut n'ayoir qu'une valeur médiocre. Apprécier semble aussi être plus rigoureux : c'est taxer, mettre un prix qui fait loi. « IL y a plus de rétribution pour un mariage que pour un baptême ; on dirait que ce soit un taux sur les sacrements, qui semblent par là être apprédéi, 9 Labr. c Eutiphron trouve que tous êtes heureux avec dix mille livres de rente , pendant que lui a cinquante mille livres de revenu , et croit n'avoir pas la moitié de ce qu'il mérite : il vous taxe , il vous apprécie , il fixe votre dépense. » Id. « Les fonctions ecclésiastiques les mieux payées sont les plus courues : on apprécie les fonctions sublimes du sacerdoce comme des ouvrages vils et mécaniques. » Mass. Priser signifie plutôt une décision d'arbitre qui indique à peu près le prix de la chose , mais sans en faire une règle. « Je dis au maquignon que je m'en rapportais à sa bonne foi; qu'il n'avait qu*à priser la bête en conscience , et que je m'en tiendrais à la priiée. > Las. » Le fripier me proposa un autre habillement qu'il prisa dix pistoles. j> Id. « Qu'on ne juge du travail d'Emile , devenu menuisier, qu'en le comparant à celui des bons maîtres.... Que son travail soit prisé par le travail même, et non parce qu'il est de lui. • J. J.
Au figuré , on estime ce qui a une valeur essentielle , principalement une valeur morale ; on apprécie et on prise ce qui a une valeur d'opinion. On esiime la vertu ou un homme vertueux; on apprécie et on prise les choses et les personnes susceptibles de bonne et de mauvaise réputation, de vogue ou de décri, un écrivain, par exemple ou ses ouvrages. Une personne estimée est jugée avoir du mérite et on la respecte; une personne appréciée ou pm^e est en renom , à la mode, et on la recherche.
Thaïs veut qu'on V estime y à parler franchement :
Peu voudront toutefois qu'elle entre en leur Tamille;
Yeuve, on la ^oiK priser un peu moins qa*one fille.
Lav.
Quant à apprécier et k priser , l'un est plus usité que l'autre. Néanmoins Voltaire a tort d'affirmer absolument^ à propos de ce vers de Corneille,
Vous me faites priter ce qui me déshonore, que prûer n'est plus d'usage. Voltaire lui-même en use quelquefois, comme d'autres bons écrivains, pour dire attribuer une petite valeur, c Ces coquins de convulsionnaires n'auront pas grand crédit au parlement, où ils sont prisés ce qu'ils valent, s Volt. « De tous ceux qui prisent ces bagatelles (pièces de théâtre) ce qu'elles valent, je suis peut-être celui qui y met le plus bas prix. » Id.
Qoe me servant ces vers avec soin composés?
M'en altends-Je autre fruit que de les voir prisés?
Laf.
liais monsieur TrissoUn n*a pu duper personne....
Hors céans on le prise en tuas lieux ce qu'il vaut.
Mol.
c On prétendait que la poésie avait un vice essentiel qui devait la faire réprouver ou du moins priser fort peu par les gens sensés. » Lah. « Au-
tant les arts qui sont proprement de l'esprit om été peu prisés en Italie, autant iU ont été honorés en France, s lo. « Des histoires peu prisées. > Boss. Mais apprécier se dit plutôt en bonne part, et en parlant de choses dont on fait grand cas. En outre, ce qui le distingue éminemment, c'est qu'il suppose de l'habileté, de la finesse. < JI ya peu de gens qui sachent apprécier la métaphysique, s BuFF. < Où est l'homme qui sache apprécier le temps? » Lab. « Le mérite de la difScoité vaincue (dans cette ode de Lefrane de Poffi|Hgnan) ne peut être apprécié que par ceux qvi connaissent également notre poésie et celle de l'Bcriture. » Id. « Corneille et Racine n'avaient peut-être jamais été appréciés avec tant de sagacité et de justesse que dans Les RéfUxùme critiqties de Vauvenargues. » lo. c U est aisé de critiquer un ouvrage ; mais il est difficile de l'apprécier. » Vauv.
Enfin, non-seulement apprécier indique un travail difficile et qui demande du savttr, mais il est tout relatif A ce travail ; au lieu que priser et estimer regardent le sentiment de Vime qm s'ensuit, le cas qu'on fait de la chose ou de la personne. Celui qui apprécie cherche à fixer sa croyance ; celui qui prise ou estime a nne opinion faite , une opinion favorable , et éprouve de la bienveillance. On apprécie bien ou niai; on prise, on estime beaucoup ou peu. On a ou on n'a pas le talent d'apprécier certaines choses; on a ou on n'a pas tort de priser ou d'eslt mer certaines choses.
ÉTABLIR, INSTITUER, FONDER, ÉRiGER.
Créer ou donner l'être à une chose nouvelle.
Entre établir et instituer il y a d'abord cette difi'érence , que instituer , venant du latin ou plntôt étant le latin instituere, établir, est un terme plus noble ou une expression consacrée dans quelque science : instituer des magistrats , un ordre religieux, instittier un héritier; ^lohiir des commis, un gardien, etc. Ensuite ëtobUr, c'està-dire mettre , installer, asseoir, se dit des ebjeti ou des choses considérées comme telles , et a rapport au lieu: instituer, régler, disposer, oonvieat davantage en parlant de pratiques , de coutumes , et se rapporte au temps : on établit an impôt, une société, un corps, une secte; mais on institue des fêtes, des juridictions , des offices. « Il fallut un prodige sans doute pour instituer l'oracle de Dodone.... Une colombe s'ètant posée sur un chêne , prononça ces mots : iuiblissex en ces lieux un oracle en l'honneur de Jupiter.» Barth. Ou choisit tel lieu pour y tflohttr un ordre religieux qu'on vient d'truttluer.
Fond/er fait concevoir quelque chose qu'on commence à b&tir, dont on pose les fondements y ou pour quoi on fournit des fonds : on fonde une ville , un empire , un système , ou bien des prix dans une académie, une messe, un hôpital, etc. Ériger t latin erigere^ dresser, se dit de quelque chose qu'on élève : on érige des statues, des autels, des tombeaux, ou bien on ^rt^e une terre en duché , une église en cathédrale , etc. c 11 y a un autre tombeau érigé à la reine Brunehaut, au xv« siècle, dans l'abbaye de Saint -Martir d'Autun qu'elle avait fondée, » Volt.
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
58tJ
Le chrâtianisme a été ékibU à diverses époques dans les difTéreats pays de rsnrope ; les sacremtpts , oa au moins quelques-uns , ont été insiû tués par J. C. , par celui-là même qui a fondé la religion chrétienne, et au nom duquel ont été partout érigéei des chaires, d'où découle la parole diTine.
Le czar Pierre I" établit des manufacturas dans ses Stats, y intiUua dilTérentes cérémonies, y fonda des Tilles, y érigea des monuments.
lÈTAT, CONDITION. Position d'un homme.
État, latin status^ participe passé de stare^ être, se tenir, a un sens absolu. Condition ^ de eondere, fonder, établir, est un substantif Terbal à terminaison active, qui a, par conséquent, un sens relatif. L'état d'un homme se considère en lai-mème; la condition d'un homme se considère par rapport à celle des autres ou par rapport à une autre. Chacun est mécontent de son état; chacun trouve sa eondtftbn pire que celle d*autmi , aspire à une eondtfton supérieure. « Les pécheurs sentent tout le dégoût de leur étcU, et tout le bonheur de la condition du Juste. » ICass. c Plus un pécheur examine la condtfton des gens de bien, plus son état lui paraît insupportable. » ID. L'homme, déchu de son état naturel, s'est précipité dans la condition des bétes (Pasg.).
Dans tel état on est bien ou mal; dans telle condition on est mieux ou pis qu'ailleurs ou que les autres, au-dessus ou au-dessous. État marque plutdt la manière d'être ou le genra de vie; et condition, le rang, c'est-à-dire une position relative, de convention ou d'institution. Vétat est heureux ou malheureux , pauvre ou aisé , à envier ou à plaindre, sûr ou chancelant; la eondi* f ton est basse , vile , obscure , médiocre , ou bien grande . élevée , brillante. « Les diverses «mdt* ttonx des hommes, qui sont reconnues dans une nation, établissent des différences dans leur Vtaf . V D'Ag. On est dans un état de maladie ou de santé, de pauvreté ou d'opulence; on cherche à s'élever au-dessus de sa eondttton. Le mariage, le célibat, le veuvage, la jeunesse, la vieillesse, les diverses professions sont des éUU$ ; la robe et l'épée, la noblesse et la roture, la bourgeoisie, Udomestidté, l'esclavage, sont des eondtlûm^.
VétaX est plus général, la condition plus particulière. « Soit que nous ayons égard aux obligations générales que la loi de Dieu impose à tous les itou ; soit que nous considérions les règles particulières qu'elle trace à chaque cond^ion^ elle est partout souverainement raisonnable.»
BODRO.
Vétat est aussi plus relevé que la condition. Si, dans l'application de la loi du jeûne, TËglise devait avoir des égards , ce serait plutôt pour les personnes qui sont nées dans une condition obscure et dans une fortune médiocre, que pour celles qui vivent dans un état brillant et dans l'opulence (Mass.). « Certains prêtres ont du zèle et quelquefois du zèle le plus violent pour certaines condtltonf , et en manquent pour d'autres iUiU plus relevés. > Bourd. k Je veux tirer la bergère de cette condition trop malheureuse et trop indigne d'elle.... Mais, hélas t ces dons qui
ne lui sont qu'inutiles feraient peut^re son malheur dans un état plus élevé. » Marm. < Il y a, en France, trois sortes A'étatt, l'Ëglise, l'épée et la robe. » Montbsq. Trois sortes d'états^ c'est-à-dire évidemment de condtttont considèrâbles.
Vétat est plutôt idéal , et la condition réelle. Suivant Pascal, plusieurs jeunes seigneurs se laissent emporter dans des voies brutales « faute de bien connaître Vétat véritable de leur condition. » On dit les devoirs des différents états ^ et l'inégalité des eondtttonf . Tel est votre étai^ c'està-dire tel il est essentiellement, voilà ce que vous devez faire : « Laissez les dévots mentir, médire, cabaler, nuire; c'est leur^tor. » Labr. Telle est votre condition, c'est-à-dire telle elle est de fait ou effectivement, voilà à quel degré de la hiérarchie sociale vous vous trouvez.
Enfin , Vétat se conçoit comme étant , la condition comme donnée et obtenue. « Les premiers chrétiens , mécontents de leur état , ne pensaient qu'à s'assurer une meilleure condition dans la patrie céleste, » Mass. La condition humaine est la destinée assignée par Dieu aux hommes. « Nous passons par trois états y la naissance, le cours de la vie, et sa conclusion par la mort. Plus je remarque de près la condition de ces trois était , plus je suis convaincu que la nature n'a pas voulu qu'il y eût grande différence d'un homme à un autre. « Boss. La condition de ces trois étaU , c'est-à-dire le sort relatif fait à chacun d'eux par la nature.
ÉTERNEL, PERPÉTUEL, CONTINUEL, IMMOa- TEL , SEMPITERNEL. Sans fin.
Étemel est le latin xteinue , contraction d'«vitemuit qui a été formé d'a?t7um, la durée infinie, et de la désinence temporelle lemui ou miu. L'être ou l'objet étemel est absolument sans fin, et par conséquent subsiste par delà même le temps ou les siècles; aussi oppose-t-on bien éternel à temporel : apprendre à souffrir des supplices temporels pour éviter les étemeU (Boss.); préférer les choses visibles et passagères aux invisibles et aux étemelles {lu.). Étemel^ éternité, réveillent seuls cette grande et effrayante idée d'un toujours ou d'un avenir tout à fait illimité, c Tout arrive par les ordres immuables de Véter^ nel souverain de la nature. » Volt. « Un miracle est la violation des lois mathématiques, divines , immuables , étemelles. » Id. « Les dieux lui ont voué sans doute une haine étemelle, » FàN. Que si étemel se prend parfois dans un sens affaibli, on conçoit aussitôt et sans peine que c'est une exagération et qu'à la rigueur il n'y a d*étemel que Dieu et ce qui s'y rapporte : reconnaissance étemelle y par exemple, est comme reconnaissance infinie, une expression sensiblement hyperbolique sur laquelle personne ne se trompe.
Perpétuel, perpettkus, de perpeti, endurer ou durer jusqu'au bout, signifie sans fin, relativement, c'est-à-dire par rapport à un but fixé, à une époque déterminée, dans un certain espace de temps, c Qu'est-ce qu'un esclavage perpétuel? N'est-ce pas une espèce d* éternité P^ Bourd. c Que ne fait point la médisance , lorsque pour se
DSUXIME PÀRtn:
répandre, et môme, autant qu'il lui eat posabW, poar se perpétuer et s'éiemiter, elle se produit dans des Ubelles? » lu. « Le w» Charles VU fit un londs pour la subsistance des gens de guerre, 0t pour cela il imposa" la taille, qui, depuis oe temps-là, a été perpétuelle. » Boss. « L'édit du préteur fût alors appelé perp^fiie} , comanae n'étant plus sujet à variation pendant toute l'année pour laquelle il était dressé. » Roll. Un dictateur perpétuel, un secréuire perpétuel^ sont à TÎe; les décrets étemels et les flammes étem^ee ne supposent dans leur durée aucune sorte de bornes.
Continuel, tontinuus, de cwm, avec, et de tenere, tenir, c'est ce qui tient ou se tient enaemble, ce qui forme suite. Ce mot indique, comme perpétuel , une sorte é* éternité , une ëtef nité relative , une durée sans fin dans certaines limites : après avoir essuyé ici-bas une persécution eoniinuelle, les justes tmuveront au ciel une éternelle consolation (Boss.>. Travail, mouvement, exercice continuel; prière, illusion, fatigue , inquiétude cominuelle, « La médisance est un péché dont Toccasion nous est fréquente et presque continuelle. » Bouan. « Dans le monde se voit, en apparence, un conUnuel triomphe, et dans l'Église une conttnueUe persécution. » Boes. — Mais ce qui est perpétuel est un tout indivisible qui dure d'une manière permanente ou persévérante; au lieu que ce qui est eonUnuel est un tout on comme un tout o6mposé de parties qui 80 succèdent sans cesse , sans interruption , sans lacune. Le chêne vert a un feuillage perpétuel (Volt.) ; l'esprit humain fait dans les sciences un continuel progrès (Pasc). On est condanmé à un exil perpétuel (Vert.), on se condamne à un silence perpétuel (Labr.); mais on se fait d'une ehose une continuelle occupation (Mal.), une expérience continuelle nous apprend ceci ou cela (MoMTBSQ.), tous les corps sont sujets à un continuel changement (Acad.). Ce qui est perpétuel est ou demeure toujours; ce qui est continua va ou se fait toujours. Un dictateur perp^tneî , un bruit continuel; un monument perpétuel j une plainte continuelle,
La distinction est rigoureuse ; en conséquence, continuel ne se dit jamais des choses qui sont, des objets. Toutefois , la réciproque n'est pas vraie : perpétuel a quelquefois le sens de continuel et se dit bien des choses qui se font, se passent ou arrivent. Mais alors il les représente synthétiquement, abstraction faite de toute idée de succession, et c'est pourquoi il s'emploie de préférence au singulier. Une guerre perpétuelle est comme un tout sans parties ou à parties indistinctes qui dure, au lieu qu'une guerre conHnuelle se compose de combats continuels, d'actions qui se suivent, qui ont lieu à plusieurs reprises. Le chrétien doit se ûiire une guerre perpétuelle (Bourd.); les saints ont observé des jeûnes continuels (In.). Outre la. circulation perpétuelle de l'eau dans la terre, semblable à cdle du sang dans le corps humain , il y a le flux et le reflui continuels de la mer (Fân.). On attribue à Bémocrite un rire perpétiuel ; oes ris continuels étaient fondés sur une profonde méditation de la fàibLesse et de la vanité humaine (In.).
btmorkiy aoxl anao^HUe de tamulr^ nrtofte aucune diffioulté. C'est une épithète lésccvèi pour les dtres. mante oa penonnifiée,. yoor ma ce qui vit ou sonUe Tiwe sans terne, ^ peipétuité, pour toujours. « Bani sa doulenr, Galyiso se trouvait malheufeuse d'toe émimarteOe. » Fte. c Anaxagoras affirma que l'&me était un eeptit aérien , mais cependant tmmortei. » Voj;t. « Oies rendra à l'âme son carps émmôf«el, pksCôt qnc de Uùeaer l'âme, faute de coi|ft,. dans an élat imparfait. > Boss. c Non loin de là, des ckâcas, qui aendalent tmmorfBiff , portent aa eiel osa tète qui se dérobe aua yeux. » Mi(nT■^^ La Aaîiie vivace et la gloin qui vit dans la mémoire des bomm^ peuvent reaavoir aassi la ifalificatioD d'tffimorlatie». « Les haines (en GeEaame)aRsoiit paa tMaiorleUe«. » Vsaii.
Pour gafner vingt éeei oe IkiB. de La Beanacfia Insolle de Louis la mésooire immauUe» ^o^-r. SempiUmel^ latin aempittmutf de scmpter, .toujoura, eet dans notre langue an. aiot sans Camilte, dépaysé , dont on ne se sart qae Sunilièrement et en plaisantant. Dana une IbUm» i H. d'Argantal, Voltaire écnt : « Qae Dieu aacorde i mes anges (M. et Mme d'Azseatal) la vie sesnpitemeUe le plus tard qu'il pourrai • 11 se dit surtout en pariant dédaigneusonent d'aaa vieilk femme, h B. Bx)usseatt, dana une pièce badine, Implique à Cybèle, amoureuse du jeane àijs. La vieille Mme Dudefiand se traite eUe-mèoae de sempiternelle dans une de ses lettre à Walpole : c Je crois que vous avez autant d'amitié poar moi qu'on en peut avoir pour une sewHpiiirmeUe, > Qui voît«on venir aux bains de Plombièias : P'impotenles tempiunuUm Qui toutes pensent raKunir. Yo».
Il TOUS sied mal, jeune encor, belle cl fraîche, n^aller crier d'un ton de pigriècfae Contre les ris , les jeux et les aarourv , De blasphémer ce Dieu de vos beanx joorr, Dmt des réduiu peuplés de vieilles einbiiea.... Je vais , je vais de oes sempkantUm Tout de ce pas égayer les oerveUea. b.
ÉT0UFi1ER> SUFFOQUEE. Empêcher oa &ire perdre la respicatioa.
Dans toutes ses aoceptions, éÊeuffer, quelle qu'en soit l'étymologie, exprima particuiièienaent la privation de l'air : c'est en inuiceptant l'air qu'on étouffa du charbon on de la braise; et, quand des plantée meuneat ëkeu/fëcs^ c'est que d'autres qui les sarmoatent leur dérobent rair nécessaire à leur végétation, ^u^ofuer, sa/lfbcore, de suk, sous, et de fùM», gorge, aigâifie prendre oa s'attaquer à la gorge. — On éumflt en ôtant l'air qui entretient la respiratioB; on suffoque en obstruant ou en gênant de quelque manière le canal par lequel rair acriva aux poamons. ÉtduffersL rapport à l'alimeat da la respiration} et suffoquer, k l'organoL
On fait l'action é*étouffer toates ka fois qu'oa supprime l'air,' soit au moyen de la machiae pneumatique , soit en couvrant la tête d'an oreâ- 1er, d'une toile épaisee , d'un tas de couverture», soit en embrassant trop fortement et en ceoprimant les poumons. Quand Toinetta , dans ie Malade imaginaire, jette rudement un oreiUef sar la téta d'Aigaa, oelui-ci s'écue : « Ah! i
SYN0NT1[SS k RADICAUX DIVERS.
a weux m'éêouffer. » liOL. « An hasard de mVomffar, ils foulèrent la toile et m'euTeloppèrent ladana. » Les. « Les animauv oamasaiers ne lenvent m violeoter les pengo^ma» ni les écraser. » les éiauffèr en les surehai^eant de leur peide.» )QFF. « Délacez cette femme, eUe Moufle. » kCAD. c C'était Myrtis que Ton voyait enceint les loogs replis de ce sorpenl çui VjétouffaU. » ICahm.
J'embraate mon riraly nudi c'est pour Vkmuffv,
Bac
IL Toate la cour pensa Véiouffer de compliment et d'amitiés, » Siy. — Mais suffoquer rappelle koigoars la gorge : on est suffoqué par des Tapeurs; de longues tour suffoqiterU les enfants (J. J.) ; 1a femme de Constantin^ Fausta, fut suffoquée dans le bain (Boss.). « ^e n'ai jamais vu le chancelier avec de telles vapeurs , ni avec une poitrine si malade. Quel homme I à quel âge l oà eet-il? où devrait*il être? quelle réputation I quelle fortune étranglée, suffoquée! »Sâv. «Le pancratiaste Arrachion, saisi à la gorge par son adversaire, expira suffoqué. » Gond. « Cette pierre passa jusque dans le gosier du monstre, et pensa le suffoquer, » Les. « 11 semble que la nature ait pourvu à ce que le pélican ne fût point suffoquét quand, pour engloutir sa proie, il ouvre à l'eau sa poche tout entière; la trachée^artère se jette en devant, etc. > Bupf.
Vétouffemeut est caractérisé par la suppression de Tair ; et la suffocaiûm par rembarras de la gorge , par l'obstruction du passage de l'air. On étouffe ou on est éloufféj parce qu'on n'a pas d*ùr : « le me trouve étouffée ici, j'ai besoin d'air. » Siv. On suffoque ou on est suffoqué parce qu'une cause quelconque arrête le jeu de l'or^ne par lequel l'air est reçu et rejeta alternativement. Par une chaleur étouffanUy l'air est raréfié et semble manquer; par une chaleur suffocante, on est oppressé, on ne respire qu'a/vec peine.
De là suit une autre difiérence indiquée par TAcadémie. Ce qui nous étouffe , ce qui nous enlève l'air est plutôt placé, en dehors de nous. Au conlraire, la suffoeaUon^ la gène de la gorge, sauf le cas où elle est causée par une vapeur nuisible , provient de quelque chose d'intérie^ , d'une naaladie du corps ou d'une passion de V&me.
Enfin, quand ces deux verbes sont le plus synonymes , quand ils désignent une même action produite par une même cause ^ sans rapport ptédominant à l'aliment ni à l'organe de la respiration, étouffer enchérit sur suffoquer. Faute d'air« la respiration cesse-, la respiration est seulement gênée ou suspendue par ce qui suffoque» « Lorsque ce ballon vient à s'ouvrir» la vapeur qui en sort suffoque, étouffe ceux qui la le^irent. » BuF?. « Mon ami , lui dis>je , la joie me suffoque, ^étoufferais , si je ne déchargeais mon cœur. » Idts. De même au figuré. « Le frémissement public augmenta avec une sorte de bruit suffoqué ^ lorsque les bâtards se mirent A traverser le paiv qoet.... Jusque-là, toute voix avait été étouffée ^ et Jusqu'axu soupirs retenus. » S. S.
ÉTRS , £X16T£R, SUBSISTER. Ces trois verbes ae disent également des choses pour marquer
qu'elles ont l'êtce ou reziftenoa» qu'elles ne sont point à néant.
Mais subsietorj de $ub store, c'est continuer à être ou à eaister sous et malgré les coups, les attentes, les circonstances fâcheuses auxquelles la chose a dû résbter : il a donc pour accessoire l'idée de durée et celle d'un obstacle à surmonter, d'une cause de ruine ou de destruction à vaincre. « Ce peuple (juif) est singulier en sa durée.... Ceux-ci subsistent toujours; et, malgré les entreprises de tant de puissants rois qui ont cent fois essayé de les Oaire périr, ils ont toujours été conservés néanmoins. » Pasc. • Les mœun, les lois, les rites du peuple jjûf subsistent et dureront autant que le monde, malgré la haine et la persécution du reste du genre humain. » J» J, c Si une sagesse imparfaite, telle que la nôtre, ne laisse pas d'Ara ; à plus forte raison devoans-noos croire que la sagesse parfaite est et subsiste^ et que la nôtre n'en est qu'une étincelle. » Boss. « Cette espèce d'éléphants a autrefois existé, subsisté et multiplié dans le nord^ comme elk e«ûte, subsiste et se multiplie aujourd'hui dans les centrées du midi. » Bufv.
Éêre et exister signifient tous deux rexistence. Mais élfû la signifie moins expressément et toujours en relation avec une mo<Jbfication ou qualification quelcenque. Ce qu'il y a de moins essentid, quand on emploie être, c'est l'existence; c^est, au contraire , la seule chose essentielle, quand on se sert d'eaMfer. Ce manuscrit est dans telle bibliothèque, appelle toute l'attention sur le lieu où il se trouve; ce manuscrit existe dans telle bibliotbèque^met surtout en saillie l'esistence, et se dira quand cette existence aura été ou niée ou ignorée. Toutes les vertus sont dans cette personne, se dira pour faire l'éloge d'une per^ sonne, et un oratmir, après la peinture de .cectaioee vertus, lyouiera, pouir montrer que ce ne sont pas des chimères, qu'elles existent dans une personne qu'il désignera. Du reste, malgré l'as* sertion de Girard, exister ne s'applique pas seulement aux substances, mais à tout ce dont on veut j^firmer l'^istenoe avec insistance et force. On dit d'un projet, d'une conception quelconque qu'ils exiHent depuis longtemps ; il n'y a point de couleurs qui n'existent dans la nature ; cette coutume existe depuis quarante ans; il existe des traces de son passage, des preuves de son crime, etc. « La servitude ne saurait exister a9fi& quelque mécontentement > J. J.
L'existence tearquée par être est si peu essentielle, qu'elle semble s'évanouir tout à fait dans certains exemples : alors, être n'est plus que simple copuk ,. il exprime seulement l'affirmation, ou, comme dit Beausée, l'existence intellectuelle, subjective : l'homme est inconstant. S'il n'y avait pas d'exemples, comme ceux qui sont cités plim haut, où. dire oenserv&t quelque idée d'existence objective , il ne serait point syaonyme des deux amlres mots.
ÉTaoïT, STMCT. Ces deux mots formés du latin strietusj resserré, qui a peu de largeur, ne sont synonymes que dans le seul sens où on emploie strict y dans le sens figuré de rigoureux ou sévère.
DEUXIÊUE PARTIE :
Étroit^ qui avec le temps s*e»t traDsfonné de façon à ressembler fort peu à son primitif, est dans notre langue un mot ancien et commun. Strict^ au contraire, est un terme nouveau et savant; désapprouvé par Voltaire, il ne parut dans le Dictionnaire de VÀcadémie qu'en 1762 , et comme il reproduit exactement le type latin moins la terminaison , il a conservé un air de science et d'école , de même que , par exemple , rationnel par rapport k raisonnable.
Étroit est du discours ordinaire.
Hais la scène demande une exacte raison;
Vétroite bienséance y veut êire gardée. Bobl. Stria appartient tu style des logiciens, des ^grammairiens , des philosophes, c La liquéfaction primitive de la masse entière de la terre par le feu est prouvée dans toute la rigueur qu'exige la plus Btride logique, » Bufp. — Une inère exhortera son fils A réduire sa dépense à Yétroit nécessaire (Marm., Lab.);' mais dans un traité de morale on prescrira de se borner , pour la satisfaction des besoins du corps, au ftriel nécessaire
(ÂCAO.).
Bt par cela même que etrici est le mot usité en termes de sciences , il est d'une précision plus énergique quVtrotl , expression plus vague et plus libre comme le style de la conversation. On dira donc plutôt une obligation éXnnie (d'Al.) , et un devoir etrict (Acad.); recommander ^frottement et enjoindre itrictemeiU, Le sens etritX d*un mot est son sens le plus étroit.
Bnfin, étroit est objectif, et ftn'd subjectif; l'un se rapporta aux objets, aux choses en soi; l'autre» aux sujets , aux hommes, A ce qu'ils sont ou A ce qu'ils font. On garde Vétroite bienséance ; on est ttriet sur les bienséances. Une conséquence est étroite^ une conclusion eirieie. Une loi est étroite en elle-même , elle ne souffre ni exception, ni excuse, elle est absolue; elle est stritie eu égard A la manière dont on l'entend ou dont on doit l'entendre , elle a un sens précis, sur lequel il n'est pas permis d'équivoquer.
ÉTUDIER, APPRENDRE, S'INSTRUIRE. Une idée d'acquisition de connaissances ou de saToir est commune A ces trois verbes.
Mais d'abord le premier se distingue essentiellement des deux autres.
Étudier^ c'est chercher A connaître, travailler A devenir savant ; apprendre et ^instruire , • c'est le devenir effectivement. Il se peut qu'après avoir beaucoup étudié on ne soit qu'un Ane; mais quand on a beaucoup a-pprie ou qu'on s'est beaucoup instruit y on est nécessairement savant ou instruit. Plus on étudie^ plus on se fatigue; plus on apprend et plus on tf instruit ^ plus on gagne en lumières. En un mot, étudier marque l'application , la bonne volonté ; apprendre et ^instruire signifient le succès , qui consiste en ce que l'esprit est éclairé ou enrichi de connaissances. « J'ai pris le parti de renoncer A toute lecture et de vendre mes livres et mes estampes , pour acheter des plantes gravées : sans avoir le plaisir d'apprendre, j'aurai celui d'étudier, » J. J. «.Dieu fit sentir par expérience A Grotius, qu'il est naturel A l'homme d'apprendre en vieillissant et en étudiant, » Boss.
I Entre apprendre et ^instruire existe une dilférence presque aussi tlrappante. On travaille, oa étudie , pour s'tnslrutre; pour a|»prendre il n'est pas toujours besoin d'effort : n'est-ce pas involontairement qu'on apprend des nouvelles? ITarrive-t-il pas même quelquefois d'apprendre d£s choses qu'on ne voudrait pas savoir? Nul ae sHnstruit qu'il ne le veuille. On a plutôt le bonheur d'apprendre; on a plutôt soin de s^instruirt. « Il faut plus de docilité pour apprendre y et fl j a beaucoup plus de peine A s^instruire. > Gia.
Apprendre, apprehendere , prendra , saisir, c'est recevoir; et e^tn^lrutre, instruire soi, c'est se fonner des idées; en sorte que l'homme qui s^instruit a une plus grande part d'acUon que celui qui apprend. On apprend d'un mailie qui donne des leçons, ou dans un livre qui donne des résultats , des solutions toutes taiies *, oa sHnstruit par le malheur, par l'exemple , par des voyages , par tout ce qui fournit matière à des méditations, A des comparaisons, A des inductions. Pour apprendre y il n'y a qu'A écouter et A être docile ; pour s'tnffrutre il faut s'en mêler davantage, il faut interroger ^ rechercher, réfléchir, ruminer. On sait d'une manière moins analytique, moins détaillée, et on oublie plutôt les choses qu'on a apprise* que celles dont oo s'est donné la peine de ^instruire.
Par conséquent, s*instruire est propre A enchérir sur apprendre. « Le jeune Denys se livra dès lors avec autant d'empressement au dèsr lïapprendre et de s^instruire qu'il en avait eu auparavant d'éloignement et d'horreur. > Roll.
ÉVÉNEMENT, ACCIDENT, AVENTURE. Faits qui arrivent dans le monde et ont de l'influence surje sdrt des hommes ou s'y rapportent.
L'événement est plus général; ce mot se dit de faits relatifs A tout l'univers, A toute l'humanité, ou au moins A un peuple, A un Ëtat. C'est le mot de la théologie natureUe, de Vhistoire et de la politique, c La Providence divine préside A tous les ^v^nemenff humains grands ou petits. » Roll. « Tous les peuples qui ont paru et disparu dans l'univers, toutes les révolutions d'empires et de royaumes , tous ces grands événements qui embellissent nos histoires.... » Mass. cTous les événements sont produits les uns par les autres.... Il y a un arbre généalogique des événements de ce monde. > Volt. «Si Ton tenait pour vrais tous les prodiges que le peuple et les simples disent avoir vus, il y aurait plus de prodiges que d'éc/nemaiif naturels. » J. 1. Les événements de rhistoire (Mass. , Roll. , Bartb.). « Toute l'Europe a les yeux sur cet événement. » Volt. « Chercher i démêler dans les événements l'histoire de l'écrit humain. » In.
Vévénement étant plus général, s'étendanti un plus grand nombre d'êtres , a par cela même plus d'importance , est plus considérable, c Cet accident (la chute d'une statue de la Victoire) ftit regardé comme un présage funeste. Pour nous , contentons-nous d'observer dans ce petit événement comment.... » Roll. c Dans le poème épique le poète ne fait que raconter les avent^rss de ceux dont 1 1 parle. Il est naturel d'aimer les
eaoz récits dei événemmU. qui intéressent des ersonnes illustres ou des nations entières. » In. Retranchez dans Thistoire tous les détails des uerres, toutes les petites négociations, toutes :s €^enturet particulières qui étouffent les rands événements. » Volt.
Un autre caractère non moins distinctif de ^événement, c'est qu'il a une cause , au lieu que 'accident et Yaveniure n'en ont point, 'sont aeeiieniels ou aventurière, produits par accident ou >ar a/veniure , autrement dit par hasard. Le ;ours, la chaîne, le fil des événements, c Le >OTk historien n'omet aucun fait qui puisse servir i découvrir les causes des événements, » Vin. t Polybe développe chaque événement dans sa cause. * In. « Croit-on que la véritable connaislance des événements soit séparable de celle de leurs oauses?» J. J. « Regardons dans les événemenU les effets visibles de la toute-puissance de Dieu, s Boss. < N'est-il pas plus naturel de penser que cette aventure (le naufhige d'Agrip* pine) était un pur accident et que la malignité bumaine en fit un crime à Néron? » Volt.
Accident et aventure différent aussi. V accident se dit des choses comme des personnes et exprime presque toujours un malheur, tel que la chute d'un édifice, la rupture d*un pont, l'explosion d'une machine à vapeur; Va/centwre se dit des personnes seulement, et en bonne aussi bien qu'en mauvaise part : <»venture galante (AcAD.) , les aventures de Joseph (Fâii .).
Bnsuite , la terminaison à*aventure étant commune ou peu relevée , en même temps que verbale, ce mot se prend plutôt familièrement, ou il s'applique à des faits imaginés, forgés, feints. Toutes les locutions dans lesquelles entre aventure sont familières : tenter l'ovenlure, dire la bonne aventure , cette femme a eu des aventures. Et, d'autre part, c'est le nom d'aventures qu'on donne proprement aux faits inventés par les auteurs de contes ou de romans. « Si quelqu'un récite à table les événements de sa vie , ce ne sont point les aventures merveilleuses du riche Sindbad (personnage des MiUe et une Nuits), m J. J. Ainsi V aventure est du style familier, et c'est d'ordinaire quelque chose de comique, de grotesrque, de burlesque, de romanesque , de drôle, de singulier. « De là vient cette multitude d'incidents, d'épisodes, d'avet»(ure« , dont les pièces de. nos tragiques sont chargées et obscurcies, si contraire à la vraisemblance , qui ne permet pas de rassembler tant d'événements singuliers et surprenants dans le court espace de vingt-quatre heures. » Roll. « L'aventure est tout à fait drôle.» Mol. c Que dites-vous de M. d'Albret qui allait voir amoureusement et noctumement Mme de Lameth à la campagne? On l'a pris pour un voleur , on l'a tué sur la place. Voilà une étrange erenturtf. » Sàv. Ou bien l'aventure est quelque chose de fait à plaisir et de merveilleux. «Quand nous traitons qu^que histoire écartée, on l'attribue tout entière à l'effort de notre imagination, on la prend pour une aventure de roman. » Corn. « Les enfants aiment avec passion les contes ridicules*, on les voit transportés de joie ou versant des larmes, au récit des aventures qu'on
leur raconte. » Fév. « Les filles qui ont de l'esprit se passionnent pour des romans, pour des comédies, pour dbs récits d'aventure< chimériques où l'amour profane est mêlé. » In. « Les fables mêmes, qui ressemblent aux contes des fées, ont je ne sais quoi qui plaît aux hommes les plus sérieux : on redevient volontiers enfant pour lire les aventures de Baucis et de Philémon, d'Orphée et d'Eurydice. » lo.
ÉVIDENT, CERTAIN , SÛR , ASSURÉ , POSITIF , FORMEL, AUTHENTIQUE, CONSTANT, INDUBI- TABLE, INCONTESTABLE. Tous ces mots excluent le doute et signifient propre à déterminer la croyance.
Ce qui est évident emporte conviction d'abord. C'est quelque chose dont la vérité saute aux yeux, en quelque sorte, frappe incontinent , est aperçu par la raison au premier coup d'oeil, sans effort, sans difficulté. Aussi dit-on souvent des choses de cette nature, non-seulement qu'elles sont ^tdentés, mais encore qu'elles sont évidentes par elles-mêmes.
Il y a ceci de commun aux trois mots, certain, sûr et cusuré^ qu'ils servent à désigner l'état de l'esprit déterminé à croire, aussi bien que la qualité des choses qui produisent cet état. On dit, je suis certain , sûr ou assuré de telle chose , comme on dit, telle chose est certaine, sûre ou assurée.
Mais certain a plus de force , il s'emploie seul en matière de science et de spéculation : savoir de science certaine. C'est pourquoi il est plus voisin d'évident que sûr et assuré. Mais il en diflire de même : outre qu'il convient également pour représenter l'état de l'esprit et la qualité de la chose, la vérité qu'il suppose ne se montre pas d'abord. Il faut pour parvenir à l'apercevoir des idées intermédiaires et quelque travail. Preuve certaine. Conséquence certaine. Certitude des démonstrations. « Le principe est évident, la conséquence est certaine. » Boss. « Vévidence appartient proprement aux idées dont l'esprit aperçoit la liaison tout d'un coup ; la certitude à celles dont la liaison ne peut être connue que par le secours d'un certain nombre d'idées intermédiaires. » D'Al. Ce qui distingue l'^tndence, c'est la plénitude de la lumière ; ce qui distingue la certitude, c'est la force de la conviction. Port- Royal reproche aux géomètres « d'avoir plus de soin de la certitude que de l'^tdence , et de convaincre l'esprit que de l'éclairer. ««Lorsque Vévidence de la raison s'accommodera avec la certitude de la foi. 9 Mal. « Hésiter, non sur la certitude de l'expérience, ni sur Vévidenu delà raison, mais sur le moyen d'accorder l'une avec l'autre. » lo. < Dans les sciences -abstraites on arrive à Vévidence; dans les sciences réelles, à la certitude, s BuFF. — Hors des sciences, certain marque entière conviction et se rapporte plutôt au passé, l'avenir ne pouvant jamais nous être connu que par de simples coAJectures. Aussi l'expression latine certior factus signifie- t-elle , informé de ce qui a eu lieu.
Sûr n'est point un terme scientifique et rigoureux comme certain. U indique moins de force logique , ou des raisons moins décisives, c Quoiqu'on fût à peu près sûf que mon frère était
DEUXlfilBS PARTIE
mort , on n'en crait pohit de prouve juridique. » J. J. ATee une ]yreuYe juridique, on en eût été cfrtain, « La conséquenee du itisonnement analogique sera plus ou moins iûn^ sans cependant être jamais absolument esname. » Bunr. On est «tir d'une chose, ou une chose est tûrêy quand on a simplement lieu de la croire, quand on a, non pas révidenoe et la certitude, mats seule.ment Le pressentiment, la confiance, l'aHaranœ morale qu'elle est ou sera. Aussi dit^m moialement tûr. En sorte que sOr désigne cette certitude morale qui suffit dans lapvatiquB, mais non pas dans la science , et sans laquelie un homme prudent ne doit rien entreprendre. < Ce principe est aussi tût en momie , qu'il est etrftiBi» en géométrie que tous les raycns d'un cercle aont égaux. >DacL. Bn général, $ùr regarde plutAt Tarenir : tous me trouTerex à coup sér. « L'avantage du poste qu'il avait choisi rendait sa victoire sûre. * Volt. On dit bien cependant, être s«rtom, comme être sûr de réussir; mais certain annonce par rapport au succès conviction , croyance démonstratiyement fondée, et sûr persuasion seulement et sécurité. 9ér vient de secmmia.
Âxsuré est presque équivalent à i^, parce qu'il a même radical. Cependant H signifie proprement, qui a été rendu ter; il fait donc considérer la qualité de la chose ou l'état de l'esprit - comme résultant d'une action marquée par le Terbe atturer, Régulus retourne à une mort ossurée (Boss.) , qui lui avait été atturée par les Carthaginois, s'il revenait sans les captifs; on donne à quelqu'un une subsistance ammée (Éon- TESQ.), on la lui assure; les excès des pécheurs font croire leur perte attwrée (Pasc.) par ces excès mêmes. D'autre part, on est oieui^ sur la parole de quelqu'un (Boss.) , sur la foi de Dieu (Id.) , ou parce qu'on a reçu une assurance, une promesse : soyez assuré de mon zèle. Tartufe dit à Slmire qu'avec des gens tels que lui une femme est sûre du secret; et il ajoute, après avoir cherché à la rassurer sur sa discrétion :
Vous êtes atmrèé ici d'an plein secret. Mol. On est encore assuré par des raisons qu'on a bien examinées ou par des fiaits avérés. « L'impie est-il bien ««ur^que tout meurt avec le corps? Quelles sont les grandes raisons qui l'ont déterminé à prendre ce parti afflraux? • Mass. « Il ne faut pas condamner notre prochain sans être bien astwré qu'il est coupable. >• Pasc. On est sur par instinct, par pressentiment , par une persuasion tout intime.
Positif est l'opposé de négatif. C'est ce qui ne peut être nié , ce qui a une grande valeur affirmative , ce qui n'étant hypothétique ni arbitraire, peut bien être posé en principe ou comme fondement d'une thèse , d'une assertion , d'une accusation. «Pour l'astrologie , on m'a dit et fait voir des choses si positives que je ne les puis mettre en doute.» Mol. « Des faits positifs rapportés par les historiens prouvent plus cela que toutes ces lois ne sauraient prouver le contraire. »Moktbsq. «On a fait contre l'Encyclopédie beaucoup d'imputations vagues, mais sans rien articuler de posttif; on a supposé des vues aux auteurs , on a accusé leurs pensées, ne pou?ant accuser leurs
disoouif. » D'âL. « Ou as troaTtn mt du» écrivains d'assez posUif pour coniuter 1 exisd actuelle des Amasenes. • Btm.c La pn^ des apétras est inébranlable; le foul^ad est un fût pcfifff (la rê8tttnctio&). > bJ «Quelles preuves donDS-t-oadskaip^tioâd Evangiles ? de pures visioDs, nuls faits ftsim In. « h6s ennemis des chrétiens n'oot iaiBBi| les accuser qu'en tannes vagau, sus jïa| alléguer an lait posUif qa-'eaisur ait pa 10)1 tsr. » IB.
Formel, en Aime, 4aDtlesteKs,sedit| ce qui se trouve dans une lot, 4aDs bo mtai^ dans un preeès-verbal, atmktosmaèaeii^] lui éonne , et en général de «foiatsiaplic^ et ai nettement exprimé qu'il ut iopoisîble d'| quivoqu»'. C'est surtout au ptlttqaoQenfU ce terme. « Les cocrries «lliieit a mmu l'un A l'autre aaas que PaïuistnanluiaUM suadar , jusqii^A ce que Poly^oidis, eninseÉ du messager de l'amiral rhodien.ifti écrit, id et cacheté de son sceau une leUie ^'11 lui M fia, par laquelle U assurait Pnsistata^ «zécvtatait ee qu'il avait ^mis. Doof^e si formel dissipa tous les doutes.» SfiLiQ passages des anciens sont foriMb, â s» léM mes Y ▼erront du moins ee cÉKiibneir^ lequel ils nous fimt tant de cbioaB6.>B«. j
AuihenUqwB a rapport an tàBoigHi^- «tsq
pose déférence A une autorité. Il i^ H
chose fait foi ou est digne de foi jvtuM
dont elle est revêtue, ou pir celle àspenana
dont «Ue émane. Ce mot qualifie do» DoiiJ
qui mérito d'être cru, ou hiai ceqûertcooM
dans des écrits ou dans des li^^|>^fn
point sapposés, que noossavoDs s^i' ^
ment pomr auteurs les honimei«ndil'»|J
quels on les attribae. « Les hifloiw te m
(uahentiques. « Bocbd. «L'anonyiKw^
j'appuie cette réponse par qaelqw to «"
gnage. n en a déjà vu des plu siiiAtfkpt\
Boss. «Il ne veut pomt otirrir les yenx «
fausseté des livres de chevalerie, V^'^^^
tables et mithenlifuéf . « Les. « le œ"»^
l'abbé Paris ont eu mille foisplas<l'f"" "
ils ont été recueillis par un nugé
d'un nombre prodigieux de téBoi»
Jamais il n*y eut rien de pi» osof^^
Volt. « Abadie est tombé daa»»» «ff«*' Pj
sière, en regardant comme •»«^*"
lettres si ridiculement «opP^'***"*^.^^ g CofwCotU, du latin «enitow.ètredKMre,^
demeurer, persister, être duiable, nnp^
cord et permanenee; c'est^-dire q^ «*
est conttoaee, quand «U^ e»*P®^***17i
qu'on en conTient, qu'on n'eo dwF^ij,
que d'autre p»t sa vérité est ^^f^
Ces deux nuances sont aussi aisées » P (^
des exemples que par l'é^y""^^?^**'^-^^.
choses les plus reçues et les f^^^TZ
cnoses les pras reçu» oi »» LZ^im^ Boss. « On trouve dans le «wsentemtft»"
OfU»^^!
SYNOmMES À 'RAmCAUX DIVERS.
foi égalemefùt mnskmtét j l%in6que...» Tautre.... Ces deux propositions sont également fermes et certaines. » Pasg. « Ce principe est st tcmtant qu'il subsiste malgré toutes les pasrions qui le combattent. » 'Volt.
IndubiUdtletiineoniesîMej qui us peut pas être mis en doute ni contesté, impliquent une idée d'obligation et une sorte de déG. C^ a beau faire; ou ne saurart ui ne pas oroire à ee qui est mdubÛablB , ni élever d'objection sétieuse contre ce qui est tncoiilesl«Me; il faut se rendre. C'est ce qai donne à oes deux mots une énergie tréscaraetéristique. « Il est très-esrftiîn, il est indu- &rla(Fie que.... » TofiTv
Mais ce qui est tndiiWfaèfe sopprîme les sorupules ou le» difficultés qui naissent dans l'esprit, et ce qui est tncontetîtîbie eiclut les oontradictîons Tenues du dehors , les disputes. On ne peut hésiter à croire ce qui est tmMiMIs; on ne peut attaquer se qui est inoontettable , A moins d'être opiniâtre et chicaneur. Indubitable est un terme de logique, et incontestable un terme de dialectique.
«Je ne toux que mettre ici en éfidenoe tous les foudements de cette religion Dfarètienne qui vmtindubiiiable» ^ et qui ne peuvent être mis eu doute par quelque personne que ce soit. » Pasg. c On me propose des choses comme ind^U<dilet; mais je suis résolu d'en douter. » Feu. — «Voilà ce que M. de Chartres reconnaissait non-seulement pour vrai , mais encore pour meoniBstable. Cette proposition , dit-il , ne peut se nier. » In. « Il n'y a rien non-seulement de plus contesté, mais encore de plus fttux que ce que H. Jurieu nous donne ici pour ineanteitabie, » Bobb. — <E Ces vérités sont indubUahUê par la foi, tnooii' testdbles dans l'école : on ne peut montrer un auteur qui les ait jamais révoquées en doute , et tout ce qui s'y oppose est digue de condamnation. » Boes. •
EXAGÉRAT101I , HTPBUIOILB. Idée commune, celle d'un dUscours qui agraiidit les choses ou les amplifie.
Exagération est un substantif verbal qui signi^e l'action d'exagérer et se dit bien avec le nom de la chose exagérée pour régime. « Le vieillard finit (sou diso<^urs) par l'eoKi^ation de son bonheur , et par les louanges de la solitude. » Lav. ft Le diatyrme n'est que Yexagératûm d'une chose basse et ridicule* » BoiL. Substantif pur et sans rapport à aucun verbe, h^erbôle ne s'emploie point de cette façon. Vexagération peut même, à la différence encore de rf»ffper5ols, se considérer dans le sujet qui parle comme une disposition ou une qualité. C'est par eva/gération qu'on se permet des hyperbûlet. «Il y a chez l'Espagnol un fonds de gmndeur qui , bon et louable en lui-même, n'est pas exempt ^exagération. 9 Lab.
En second lieu, exagéraHon est le latin ou vient du latin exaggeratio, et hyperbole est pris immédiatement du grec intpBolii. Par conséquent exagération , mot de la langue commune , se rapporte au sens des choses dites , & la pensée; et hyperbole, de son côté, terme de rhétorique , est littéraire et tout relatif au style.
Une esagéraHon donne des choses une idée trop grande, elle va ou tend à aller au delà du vrai; on la corrige, on la combat, on la réftite. « 8i je ne savais pas que c'ast le Saint-Esprit même qui a dicté cette parole à l'apôtre , elle me paraîtrait incroyable, et je la prendrais pour une exagération; mais elle n'exprime que la vérité pure. » BouRo. «Je vous dis la vérité; je vous b donne toute pure sans exagération, » Fiir. « L'ésa^^ufton , compagne inséparable de la grossièreté, attribua à Salomon des richesses qu'il n'avait pu posséder et des livres qu'il n'avait pu ïaire. » Volt. « Quoique le théâtre permette quelquefois un peu d'exagération , je ne crois pas que de telles maximes soient approuvées des gens sensés. » In.
Vesmgération ftat le meilleur parti.
Il s'en tint donc pour averti ; Bt, MUS faire le fin, le froid, ni le modeste, Cbaqne point, ehaqoe arUde, eut son fiit, fxA hmé.
LàM.
« Une exagération si excessivement outrée- se réfute elle-même , et fait assez connaître oe qu'on en doit penser. » Roll. — Une hyperbole est une figure destinée à embellir le discours, et qui peut choquer, non pas la vérité, mais le goût. Aussi dit-on des hyperboles oratoires (Lah.) , des hypeirboUs poétiques (Id.). « Rien de plus poétique, à ce qu'on dit, que des vers où les inversions, les métaphores, les hyperboles^ les épithètes éclatantes , les expressions étranges et hardies «ont prodiguées. » Maru. « 0 mourantes merveillesl Le bon gotlt a proscrit ces froides hyperboUs , si communes dans nos anciens poètes. -» In. « V hyperbole est une figure défectueuse par elle-même. > Tolt. « Dryden mettait dans la bouche de ses héros amoureux, ou des hyperboles de rhétorique ou des indécences. » Id. « Cette strophe est pleine de fautes. Dix mille Alcides est une froide hyperbole, qui n'est point faite pour le style noble. » Lai^. «Dans cette harangue de Patru on n'aperçoit autre chose que le soin laborieux de construire et de cadencer des périodes et d'entasser des hyperboles. » In.
Enfin y exagération pa^ît être moins forte que Yhyperbole. Exetgération hyperbolique (Bussv). «Je ne sais si ces riolentes exagérations vous plairont, et si vous ne trouverez point que le style de Balzac s'est un peu corrompu dans l'autre monde. Quoi qu'il en soit, Jamais, à mon aris , il n'a prodigué ses hyperboles plus à propos. » BoiL. L'hyperbole est une violente exagé" ration: non contente de hausser ou d'exalter beaucoup, elle hausse pu exalte excessivement, outre mesure.
EXCETTÉ, (A L'EXCEPTION DE), HORS, (HOR- WS), SAUF, A LA RÉSERVE DE, A telle chose Pl^. Prépositions et locations prépositives qui servent également à restreindre quelque chose de général.
Excepté, du latm exeipere, terme de loi qui veut dire excepter, restreint quelque chose de général , une règle , en posant des cas qui y dérogent. « On régla qvCexcepté dans quelques cas particuliers, on suivrait dans les suffrages la division par tribus. » Hontisq. « Il n*a jamais