‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 309 sur 426 · FAVORABLE, PROPICE, PROSPÈRE, RÈK · texte numérisé non relu

FAVORABLE, PROPICE, PROSPÈRE, RÈK

Qui est pour quelqu'un , qui lui procure en partie ou entièrement raccompliasement de sas desseins et de ses désirs.

Favornble vient du latin favor, intérêt, inclination à aider, à bien faire. Propice, latin propiUus , a été formé de propê , auprès , et signifie qui est auprès de quelqu'un pour l'assister ou le protéger comme un dieu ou un génie tutélaire.

Favorable dit moins que propice; îl exprime quelquefois tme simple disposition, de la bienveillance , plutôt qu'un secours effectif: des sentiments favorables (AcAn. , Bourd.). « Je ne suis pas sûr qu'ils aient pour moi de fatwni^ler dispositions. » Bounn. Et quand favoràUe marque également bienfaisance, service actuel et réel, auquel cas seulement il est synonyme de propice^ il annonce quelque chos^ de moins puissant et de moins décisif. Ce qui nous est farorsble concourt au succès de nos desseins ; ce qui nous est propice nous fait réussir tout à fait par soi-même, d'une manière souveraine et entière. L'occasion nous est favorable , le destin ou le ciel propice. Un client prie un patron de lui être favorable; le pécheur prie Dieu de lui être propice. Favorable se dit proprement des choses , des circonstances, de ce qui est simplement auxiliaire; et propice, de oe qui par soi seul détermine l'évéoement, de Dieu, de la Fortune, d'un génie, d'un roi.

Que si par extension on emploie aussi favorable en parlant de la divinité ou de quelque autre grande puissance, eijHrôpice en parlant des cho«

SYNONYMES JL BâMCAUX B1¥ER5.

ses, des causes aeeondsins , de ee qui exerce une inftiMiice pea considérable, il ii*e& reste pas moins entre les deux mots une di£Eémaoe analogue k la première.

Les pfersonnes ou les choses , quelles qu'elles soient, nous sont /aooroUes dans les situations ordinaires; elles nous sont propices dans les cas majewrs, dans les dangers, qsand il s'agit de notre salut ou de quelque grave intérêt, f arora&/e est opposé à contraire'; propice, à funeste. Nous nous rendons la divinité ou une personne favorable d'indifférente qu'elle était; nous nous la rendons propice d'ennemie on de courroucée «lu'elle était, s De douter que..., c'est douter que le corps et le sang de J. G. ne soient an objet agréable à Dieu , qui nous le rande fa/oo'rable; c'est douter qse le même J. C , qui intercède pour nous, par cette action ne l'apaise, et ne nous le rende propice, » Boas. Il suffit, pour m'ètre favorable , que vous vous intéressiez à ce qui me touche , à l'une quelconque de mes affaires ; il faut, pour nous être proptcc, qu'on nous tire d'un pérÛ ou qu'on nous fasse avoir un grand bien. Voltaire, ayant parlé des persécutions essuyées par les Juifs au moyen ftge , ajoute : « hes derniers temps leur ont été plus fa/corables. » C'est-à-dire qu'on a été moins mal disposé à leur égard , rien de plus. Mais dans Taneride , le héros de ce nom vient offrir, pour défendre Aménaide , < un bras propice k l'inuocenoe , i> c'est-àdire un secours positif, qui doit mettre hors de danger layie et l'hanneur d'une infortunée. Vous recevez quelqu'un ou quelque chose d'une maniëre fauorable et obligeante (Fibi.) ; vous donnez à une personne des conseils propices (Mol.)) c'est-à-dire salutaires. Une saison favorable est propre pour la chose ; la saison propice est le temps propre de la chose. Il convient d'agir dans le temps favorable^ et ai on ne le fait, on manque une bonne occasion; il faut agir dans le temps propice , aans quoi on est perdu ou on fait uoe foÛe.

Frœpère, latin proapentf , qui signifie aussi peureux , n'est guère usité qu'en poésie et dans 1 style soutenu. En outre, à la différence de /a-. •c^\able et de propice , il ne se rapporte jamais à à éviter ou qu'on évite ; mais il indique toujours un événement heureux. Oui a toutes i favorables ou propices échappe aux incon - Qts, aux écueils, aux dangers, aux mal- \ de toutes sortes; qui a toutes choses pror réussit en tout , n'éprouve que du bonheur. ste , prospère est rarement synonyme des I mots de cet article, parce que d'ordinaire il c^t relatif à l'effet et non pas à la cause. On dit pToprement ^ne occasion favorable ou propice [kckn.) , et un succès prospère (Corh. , Mol.). Ce qui nous est favorable ou propice nous aide , nous seconde ; il faut en profiter :

Le moment est propice, U fout en profiter. Vcwr. Ce qui nous est prospère est quelque chose pour nous de bon et d'avantageux ; nous le goûtons : Goûtons en nous aimanl un sort umloim prospère.

"Volt.

Le destin, considéré csmiae agissant, coaune

[ concourant an succès de nos projets, de nos désirs , nous est fanoràble ou propice : Oui, TOOQSiesr, d'aetnnt micox que le destin propics M'offre à me bien venger en vous rendant service.

Mol.

Mais le destin, ou plutôt la destinée, qui nous est prospère , est une suite d'événements heureux pour nous :

Ces Jaifs....

Pondant qu'ils n'adoraient que le Bien de leurs

pères , Ont vu bénir le cours de leurs destins prospères. *• Bac.

« Le remords s'endort durant un destin prospère. * J. J.

Bénin se dit peu. Il semble rappeler l'astrologie judiciaire, et sert à désigner les influences du soleil, des astres, des éléments.

Conti, dont le mérite, avant- courrier des ans,

A des astres bénins épuisé les préscnU. Lav. «c Aimable plante , arbre chéri de celui qui le rend fécond par ses regards favorables , comme un soleil bienfaisant; croissez à l'ombre de sa bonté, et ouvrez-vous à ses bénignes influences. » Boss. ce Dès que cette ardeur (de la terre) se fut attiédie , une chaleur bénigne et féconde succéda par degrés au feu dévorant qui s'opposait à toute production. » BUFF.

FBGOND, FERTILE. Termes relatifs à la propriété de produire certaines choses en abondance.

Fécond, fœcundus, a pour racine foeo^ qui vient du grec çOu, j'engendre, ainsi que foetus, fruit, portée, et foemina, femme ou femelle. Il ne se dit proprement que des femelles des animaux; au lieu que fertile est une qualification applicable seulement aux terres, a Lorsque Moïse propose aux Juifs cette loi charnelle, il leur promet, s'ils l'observent, que leur terre sera fertile n que leurs troupeaux seront féconds. » Mal. a Les mariages des Gaulois étaient très-féconds. De là des émigrations , parce que le trop grand nombre des habitants surchargeait une terre qui était pourtant l'une des plus fertiles du monde entier.» RoLL. — Puis, par extension, fécond s'applique métaphoriquement à certaines choses qui , comme par voie de génération, en produisent hors d'el* ies-mémes d'autres qui leur ressemblent et dont elles contiennent le germe ou la matière. Source féconde, mine féconde; science ou vérité féconde. a Dieu est infiniment fécond. » Fén. « Ou dit : Cette méthode, ce principe, ce sujet est d'une grande fécondité ^ei non pas d'une grande fertilité ^ïa raison en est qu'un principe, un sujet» unemétliode, produisent des idées qui naissent les unes des autres , comme des êtres successive, ment enfantés ; ce qui a rapport à la génération.» Volt..

Mais fécond s'emploie aussi en parlant des terres. C'est alors qu'il devient synonyme de fertile, tout en conservant néanmoins quelque chose de sa signification primitive. « Fécond est le synonyme de fertile , quand il s'agit de la culture des terres : on peut dire également un terrain fécond et fertile, fertiliser et féconder un champ. »

YOLT.

Une terre féconde a en soi le germe et la vertu

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