‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 319 sur 426 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

et sourd, et ces petits agréments ne rendent pas un homme excessivement folâtre * » Volt.

3* Jovial , gaillard.

Javial et gaillard appartiennent an style fami lior.

Mais jovial se prend en bonne part \ il se dit d'un bon vivant , d'un Roger Bontemps , d'un bon gros réjoui à face épanouie, sans façon, qui ne voit daoîs les choses que le côté plaisant, et qui a toujours le mot pour rire, c RuCfin commence à grisonner ; mais il est sain , gai , jovial , familier, indifférent; il rit de tout son cœur, et il rit tout seul et sans sujet. » Lâbr. < Goulange était un petit homme fort gros, de physionomie joviale et spirituelle. » S. S. « La physionomie ouverte et joviale de ce pécheur était l'unage de la franchise et de la cordialité. » Mabm .

GaiUard^ au contraire, qualifie presque toujours en mal, annonce un garnement ou une égrillarde; c'est une idée de gatet^ peu décente 'ou même licencieuse, plutôt qu'une idée de bonhomie, qu'il emporte. «La duchesse de Sault est d'une gaillardi$e qui fait voir qu'elle a passé sa jeunesse à l'église avec sa mère; ce sont des jeux de main et des gaietés incroyables. > S^y. « Une fort boime servante fat mise i la porte pour un mot un peu gaillard qu'elle avait prononcé devant nous, » J. J. « Ses saillies et ses bons mots étaient un peu trop gaillards. » Les.

Itepois que je suis dans remploi, Tai va l'hymen Irailé de gcùUarde manière.

(Là Cartha»al\ Rsftir.

, Dieux, disait-il a« roi, quelle félicité !

Le beau corps!. •••...••

Do ce gaillard eoU*eUen

La reine n*entcndlt rien. Laf«

GAIN , PROFIT , BÉNÉFICE , ÉttOUJUENT , LU-

CHJ^. Ce qui résulte nu ce qu'on tire de bon (l*une chose,' d'une affaire, d'une entreprise, d'une industrie, par exemple.

Gatn, de l'allemand gewinn^ d*où gtwinnen^ gagner, acquérir, exprime proprement une augmentation d'avoir. Profit^ du latin proficere^ être utile, signifie une augmentation de bienêtre. A gain s'attache une idée d'acquisition ou de succès; à profit une idée de jouissance. Il faut s'occuper du gain d'une bataille , d'un, procès . ou du gain des Ames (Mass.). avant de songer aux profits qui en peuveot revenir. L'avare qui veut toujours amasser sans le dessein de jouir , est avide de gain; l'égoïste, qui aspire toujours à se procurer de nouvelles ressources, de nouveaux moyens de bonheur, est avide de profits. Un grand gain est une grosse somme; un grand profit y un avantage considérable. Avec du gain^ vous gagnez au lieu.de perdre, vous obtenez quelque chose de nouveau; avec du profit vous êtes plus à Taise , vous avez quelque chose qui vous profite, et, comme dit Bourdaloue, si on aime le profit de l'usure, par exemple, ce n'est pas parce qu'il est injuste, mais parce qu'il est commode.

Le profit loi semblant (au traflqaant sar mer) une tort doQce chose.

Il risque de nouveau le gai» qu'il avaii ùdl. Lav. «A\â lieu de prêter à usure , il faut aider^son

concitoyen dans ses besoins, on croyant que c'est un assez grand gain d'avoir pour profit sa reconnaissance et la récompense que Dieu donne aux hommes bienfaisants. » Boss. Appliquer un gain au profit^ c'est-à-dire au soulagtement des pauvres. *- Kn second lieu , on £ait des gains comme on fait des pertes , c'est-à-dire par hasard, au moins quelquefois ou en partie ; aussi ce mot se dit surtout en parlant du jea et du commerce où il y a des risques à courir. Mais en tire du profit, c'est-à-dire qu'on le produit par sa seule industrie. Dans le gain H j a de U chance; dans le profit il n'y a que de l'adresse. On fait ou on ne fait pas de gain suivant les circonstances; on sait ou on ne sait pis tirer profU ou du prçfit (profieere signifie aussi avancer , faire des progrès). -^ Enfin le ^m est nu fruit naturel et direct; au lieu que le profit esl quel* que chose de détourné et d'accessoire. Les marchands font des gains (J. J.), les commissionnaires des profits {Conn.) ; on dit le gain du jeu en parlant des joueurs, et les pro/lte du jeu en parlant des personnes qui donnent à jouer, oo fournissent les cartes. Les profUs des doinestiques sont de petits avantages qu'ils savent se procurer outre leurs gages. « Les plus gros gages n'étaient rien (pour les domestiques de Constance), comparés à ce qu'Us appelaient les profits de leur place. > Cûnd.

Bénéfice y de bene/ictum, bienfSut, sigmfie un grand profit. On dit plutôt de petits promis (ACAn.); et de ^sos bénéfices (Id.), des bénéfices considérables (Bbaum.) , immenses (In.). Kéctproquement, un profU est on petit bénéfice. « Vous me faites plaisir en donnant le produit de Timpression de cette tragédie à Lefcatn...^ Vous pouvez promettre le profit de l'édition de Xànerède à Mlle Clairon; ainsi il n'y aura point de jalousie, et Lekain pourra hautement Jouir de ce petit bénéfice. > Volt. Les tribunaux infligent des amendes applicables au profit des pauvres ou des prisonniers; les théâtres donnent des représentations au bénéfice de leurs divers acteurs. Bénéfice est un terme de jurisprudence, de banque et d'économie politique; on l'emploie en parlant de grandes spéculations , de grandes exploitations et de grandes entreprises. « Quand Necker fut ministre des finances, plus de faveurs surprises , plus de moyens de cacher les aréoles secrets d'un bail , les bénéfices clandestins que l'on se serait procurés. » Mark. Un petit industriel fait des profits y une compagnie des béné' fices, — Bénéfice convient particulièrement à l'égard des entreprises qui demandent des mises ou des avances, et marque l'excédant du produit sur ces mises ou ces avanoet. cCe n'est quedaos les contrées où les matières combustibles sont abondantes , qu'on trouve quelque bénéfice à tirer le soufre des pyrites. » Boff.

Émolwnent et lucre , latin emoUsmentum et lucrum , sont peu usités , le second surtout . eu comparaison des trois mots précédents. Émektment désigne un profit Ou un bénéfice qu'on tire d'un emploi ou d'une ohaige, y compris le traitement ou en sue du traitement. « Quelques ecclésiasvi^foes ne s'ingèrent. dans les ministères

SYNONYMBS À RADICAUX DIVERS.

Morés, et n'y donnent leurs soins, que selon la mesure des éwutlumenU qu'ils en peuvent retirer, s BooRD. c Si l'homme avide est en charge et en dignité, rougira-t-il des émoluments sordides qu'il tire et qui déicrtent son ministère? » ID. c Aldovrandi était pressé de retourner jouir des grands émoluments de la nonciature d'Espagne. » S. 3. «e Les titulaires des grandes places ne les possèdent pas toujours pour les remplir; on confient d'une espèce de partage qui donne le pouvoir, les honneurs et les émoluments aux chefs, et le travail aux subalternés. » Lah.

Lucre ne se dit qu'au singulier , dans le style soutenu, pour exprimer le gain d'une manière tout abstraite et générale. « Travailler moins pour le lucre que pour l'honneur. » Acad. D'ailleurs , ce mot annonce presque toujours quelque chose de bas ou d'odieux, a Ne respirer que le lucre, » SCARU. « Cette ardeur , cette ftpreté du lucre est le caractère dominant de^ capitales et des villes commerçantes. » Riv. « Le grand pape saint Léon , dans son épltre décrétale dit : Quiilam lucri furpis cuptdttole capti.,.. Voilà déjà l'usure un lucre malhonnête. » Boss. A Rome on ne donnait à celui qui avait sauvé la vie à un citoyen qu'une couronne de feuilles de chône.... On n'attacha à ce service d'autre récompense que celle de l'honneur, et on crut devoir en écarter sévèrement tout motif de lucre et d'intérêt (Roll.)- Dans la tragédie é'Àgaikocle de Voltaire , le vieux guerrier carthaginois , Tda* san , apporte la rançon de sa fille , et demande s'il peut présenter cette rançon au roi. On lui répond :

A ce détail indigne il ne veut plus descendre;

Sa gnndeur abandonne à l'an de ses enfants

Du lucre des coEibals lea soins avilissants.

GALUUTIAS, PHÉBCS, PATHOS. Langage obscur par affectation.

Le galimatias dénote un défaut logique, un défaut de justesse; le phébus et le palhos annoncent un défaut littéraire» un défaut de goût. C'est dans les matières de raisonnement surtout que se commet le galimatias; c'est dans les ouvrages d'esprit qu'on met ou qu'on remarque du phébus et du pathos. L'auteur du galimatias croit à tort prouver, expliquer, être vrai ; l'auteur du phébus ou du pathhs croit à tort plaire , frapper , être beau. On reproche du galimatias à un dialecticien ou à un docteur ; du phébus et du pathos à un écrivain dont on critique le style plutôt que la suite des pensées, a C'est là non-seulement un parfait galimatias et une doctrine absolument inintelligible, mais encore une erreur manifeste. » Boss. « Tout nous plaît de Msdebranche , jusqu'à son explication de la manière dont Dieu est auteur de l'action du libre arbitre comme de tous les autres modes; quoique je ne me souvienne pas d'avoir jamais lu aucun exemple d'un plus parfait galifMXias. » In. c Que peut-^on dire des raisonnements d'Aristote , qui deviennent un galimatias impertinent et ridicule lorsqu'on se sert de cette règle ? » Mal. « Il semble que ce soit un gatimaiias incompréhensible de dire , comme le fait Aristote, que....» lo. — Gali'maXiaii a si peu rapport à la forme, au caractère* esthétique,

qu'il se dit même des* affaires. « Pour achever le galimatias qui règne dans toute cette affaire... » Volt.

Le phébus est le langage ampoulé de quelqu'un qui a la prétention d'être sublime ou bel esprit : c'est surtout en poésie et en conversation qu'il s'étale, a Une chose vous manque, Acis, à voua et à vos semblables ; les diseurs de phébus , c'est l'esprit, et il y a en vous une chose de trop, qui est l'opinion d'en avoir plus que les autres : voilà la source de votre pompeux galimatias. » Labr. « La langue .française n'admet point la simplicité majestueuse du latin ^ et, pour peu qu'on l'orne, donne dans un certain ph&ms, qui la rend sotte . et fade. » Boix. c Je vais prendre devant eux un ton si sublime, que mon phébus leur fera croire que je. suis le plus bel esprit du monde. Vous savez que les galimatia* pédantesques imposent infiniment auk provinciaux. » D£ST. <c C'était jeter un comique extravagant sur tout le cérémonial de la cour ,. que d'aller en grand appareil étaler du phébus à un petit marmot (le haranguer) avant qu'il le pût^ entendre. » J. J. « Soupir iUuslre (de Corneille), tient un peu du phébus. » Vol?, a La s^Agni^* cence des paroles avec de faibles idées est pro-. prement du phébus, » Vauv. .a Une pensée triviale, revêtue d'une image pompeuse ou brillante, est ce qu'on appelle du pM^us* jf- Marh. c Voiture trouva le moyen de tomber, dans ce qu'on appelle le phébus, comme tanf . d'autres en voulant être sublimes* » Lab. « La versification de Tarare (de Beaumarchais) e»i l'amalgame- le plus hétéroclite. de la. platitude et du. phébus, « In. « Les poètes, en donnant l'essor à leur imagination , peavent aisément s'éloigner du naturel , et donner dans le phébus. » Les. Ces vers bouffis où sa muse hydropique Nous développe, en style magaiflquo, Tout le phébus qu'on reproche à Brûbcuf.

J. B. KouM.

« Tous ceux qui veulent parler de ce qu'ils n'entendent point ne peuvent pas manquer de donner dans le galimatias. Ceux qui , sans avoir étudié les grands maîtres de l'art, ni approfondi le goût de la nature, prétendent se distinguer par une élocution brillante, sont en grand .danger de ne se distinguer que par le phébus. » Beauz.

Le pathos est le langage ridiculement véhément de quelqu'un qui a la préteaiioa d'être pathétique; c'est une affectation de chaleur et d'enthousiasme qui se montre, seulement dans les discours oratoires, c Je voudrais que les avo* cats de la famille des Calas eussent mis dans leurs mémoires moins de pathos et plus de pathétique. 9 Volt. «Je voudrais bien que l'avocat Beaumont eût un peu plus de goût , et qu'il ne mit pas dans ses mémoires tant de i^athos de collège. 9 ID. <c II lui fit tout de suite lia pathos qui tenait d'un assez plaisant sermon.» S. S. L^harpe dit à propos d'une citation de Senèque : « Voilà de la véhémence. Mais l'auteur n'était pas homme à s'en tenir là; il ajoute.... Voilà le pathos. »

GARDER , RETENIR. Nepas se dessaisir, y^ resteir en possession. .■ ^ '. .

C9tr

SEirXlfiMC. BAATIS 'i

^Mhr,' c'est: mûiflkaHtkt ctootittinr à vrët; mmè^v ^«st te&iif «« av«ir «»Im les miiiii» de manière à empêcher de retourner à un premier miltn; te parât ptiftôt ob q^btk r» tMit pfeis domier; M oa r«l<ni< oe qliTéQ'iMrTetit paÉ ren-^ dre : sens gardant neir» laîw , notis rmmmif ortut (Pantmi.

Xais >^Mrd0r, de rallemftd WdrtteHy iMir(é^^ soigner, teiUerà, attenih^, marque 'du soih^ée< la ffrévoyanee^ ea sorte qu'en §anie poar l'âve^ nir^ en ca» ée besoin, eMaine im» vesgdurce.. Afee oet atMMtooire, en pem dnm^rier le. bien, d^trei. « On dit pebrae dltpeDs«t 4e refeititwr: Je^ BUIS obligé de mainlenir mèn élat; et du moins, dans aa condHiefn , puis-je garéer et <|ni m'eit aéeessaire pour une Mennâte médioerité. » Botrim. Bossuel éetit à Fénelen q«e si. ta lui rendant eee papiera , « il a §ardé eee lettres , e*étaît pour avoir un moyen de le rappeler eneeeret k ses setimteiotte. » « L- fispa^pœ voulait rete^ fi«r la SaiHlaigae. L'Angleterre représenta^ ^'Albéroni roulait garder la Sardaigne eoamMr un entrepôt nécessaire pour ses entreprises. » 3. S. It non-seutemenH on peut dans oe eas ee sertir de garder^ en parlant du bien d'autrui, mais encore cette expression éo\^ être préférée à fêteftir tontes les fois q^on deai^re maître tranquille , qu'on n*a pas à Tftincre des efforts qui fendent à faire rendre, desiéelanations, des al» ta'ques, des poursuites, des vemerds. 'Retenir est le mot propre dans eette phrase de J. J: Rous-^ seau* : * Mon oumige n'est pas à lapera , mais à moi ; je le redemande ; dn le rêtèn&M, on le tôle, v Mats Voltaire a eu raison de drre^et de répéter : « En vertu de la huMe de comp&siHon ii est per^ mis de garder le Men qu'on a volé, pourvu que l'on n'en connaisse pas le BsMre. » Gar dans ee cas on n'a f9s à résister à des instances, à des sollicitations.

En général, et quand if s*agit d'une actibû volontaire , nous gardons comme bon ce qui nous appartient oti ne nous appartient pas : ce qui est bon â prendre est bon i garder. • Toutes les ressourcés du royaume étant épuisées, on parla d'offrir au roi toute la vaisselle d'argent des particuliers.... tes uns la gardaient pour une dernière ressource dont ri tes fâcbait de se priver; à'autres.,.. » S. S. Dans le partage fait entre les barbares et les Romains, possesseurs des Gaules, « le Bourguignon, guerrier, cbasseur et pasteur , ne dédaignait pas dte prendre des fricbes ; le Romafn gardait les terres les 'plus propres à la cul^ ture. « MoirrasQ. « 11 ftiut bien (fne les Anglais trouvent leur profit à garder Bombai , un établissement si triste. > Volt. Mai» nous retenant contre le droit ou madgré des efforts ayant pour but de nous déposséder, c Le superflu est un bien que les ricbes ne peuvent fet«**r sans com-^ mettre la plus crimrnener injustice. » Botfim. «-On ne peut nous ravir ce que nous aimons-, sans que noils pensions à le retenir, » Mal. « Milan (l'athlète) empoignait tme grrtiade de manière que, sans^ l^craser, il kt serrait su'fflisamaitent pour la refômV, malgré les* efforts de ceux qui tActtaieût de la lui arsacher. » Rote.

Ce que vous gardex vous reste , n'est fM» perda

pour ^ou», et. vont panfens ta» an jearv'ee qtbt vvus fetemie se va» est ^int repris ou siai(>kBMBnjt eoleié., gr&oe à ratte réûtance. Ce qui frtppe'dane gmedar^ t^'^eoi la.c«itînuxtioii de pessestiaa pour un usa^* futor^ et dons ratamr» tf est OaMte qaf ti faitt SDatBDîr ptv rertér mtllra. On gorâêcéqu'va a, etc'lsat d'erdinaike pac précautiem; On. teUmê ceqai nMoacs d'écbapper, ce qui est deauiDdé, técÈÊatèy (tisputé. « Les fitats gènâsauK avaieflt ejiiiayé à Mailboroagb les sau^oaduils^ sptc ontara da les remattie- à h raâss. CepeDdant il ne l'avait point âdt : comme il sfavait pasaiâiae da prêtesite pour les rtfsa^, il paraissait qot, dias IbiteBle d^uBe révulotion, il les fardait po«r rauaàsr l'ouverture des oonferences. « CesD.

Garder ses oonqadtes, c'est ne pas lesperdvr, con^uer à les avoir^ les reienir ^efest ne passes laisser reprendre , se nnâatéur ea leur poaecj sioa, malgré toalea ks afttaqaes.

On a tbivjoofRs les habitadas «t les sentiasinfr qu^on gmrdê; on est le même sous ce r^iort : on reiienia des hdiitudee et des santimenls. aii/* gré testes le» oaases qui aaraieat po aa da les faire perdre , comme le ten^pe., Tetemple , linrstruetioa. « Il y a e» Amérique «ne espiica die cbfiens qw reUtnt eneoro la Une qui lui fod m> spilrée>da tsm^ps de la découverte. * Voirr.

FBRtSlfllt. Ces mots signifient, au moial ou dans lesiCboses^de maralt', faére «banger de Me» ennd.

Mai^ gêkr et osrromipi^ exprftaumt ana aetio» qui attaque le fond des choses, leursuli.Éinqt, leur masse, leum qualités essealâellca ; aa lieu que raotion de déjpiîas^r et celle de fwrsaplir «n modifient le sens , les détournent . las iiwtttajf ou ' les font aller de «ra*«rs', leur impriaiditf tiae dijrection mauvaise. Ce qu'on laijiirlin de restar sain« piir,.iatdgie» ea le fdai eu on lacarroai^t; ce qu'on empêche' d'être €« d'aUer dnàt, dTavoir de la régularité ou d»ila rcctttade, oa le d^Msae oa «n 1^ f^neiMt^

OtL gdUe et on cof^aipt propnnaeat le oeenr quf est, osaiiae liVaa ^ la» viaade ou un fruit, vsxe matière- satœptible de a^altéfetv ^'étaaiiimlée et d'entnr en dédettiposition ; en défram et sa psr- «tffftt proprameat le jugement , qui est saseeidibte de déviation, de>dérff»ge«eat, deèèsordra.

La molfesse, la ^lospérilè, le laélHi^ des personnes ou des ehoees' ^tfleiil et oerroaipeiU, eiles agissent- à l'inférieur', elles minent, oonettDaat, font dépérir^ mû» les aiauvais aoaseils» 1er ma»* vaie etemples, les'pastions, lesfeassee-doctnaei déprarfent et ptf^miktmt e» détaamaiit^da bisa» ea débaacbant, erpdérégiaat.

Dtes- moeurs , des peftonnes gàtéêm eoaeijaai puer no' soM pas iitaotes, puros, innoeaates; des moeurs^ des-persemMs dépi^a&éet ou jsefuer* Hét ne stttt fas. régaléèras, dpsitea, feiea eido&« nées.

%2t dorraplîoi» esiF une sorte de gao^idot (Bos».>; elSe^a pear effet d'iafBeter^^(To&'9.>;'aB an prend Ib germeio?oU'ià(B!ftaTa'.). Maislad^nisw9ion et Hr fei*osnt'ofr sent un ranverstaieat ou se-manifesteo:! par des désordrts. « Lfiivéguiaxiel

SYNONYUSK JL HADICAXTX J^IVERS.

de la condtaite et. \^ déptemâiên des mœurs. » Bajit^.ic Macqite d'uir otrvcMi démonté et d'mie raison dépravée , que de ne youloir pas guéfii . m Moi.. « Tout son mal ner vient qi» dfuiie imaskiation déréglée et d'ni» déait déprmé' dv YCJtkàr être mariée. » Id,

L'action de ^dftr ei de!<ewiein|in>'èet pivs^ ciaiemesM «eatnuni à la besté -, ortie de ^éépnnmr et de pervértwf , à Ifr beaiitè et à ISLiiietesar. « t»franc de PompignMi dii, dent sa harangue ià> l'Acadèaiie, que lont perte rampceidCe: d^nnv mùnktœrrompuie'tX d'une' littévstnn d^NMV^et»; VoLt. « Si le naterel du. peuple ee eerreeipi, si son bonsBn»8^d4"^«— «'tfiait 1« €dtef, cerrempeew

«dter, faire lert., eaueer en detannifa, na changement désavealagenx, aananoà tkne altéoution légère eu peetieUa, «ti eommenbement.da corraplion. Corrompre, nrrumpwt^ n>ra{ire intérieurement, ioBt à fait, nian|»e une défsempe^ sithm des parties-, uaè altèratiea iDlime, pcofondb y complëtB , 9.^ déaeAaDB' ïa oheee ^ qnitsnd à la pourrir, à la détruire. Asuei eerfewfiv ee met d'erdioanre après ^dtor nomme aagmentalif. c Vo9 actnns daae la subetance sont les mêmes qne celles des joteâ; maas ce pédié's^erat , dont Totre consdénse estinfntée, ydeetout, corwompt tout, s BooRO. c Lee âyeeetisnics étaient §dték et corrompm par les.dâsooRiiRr flatteurs, e9 cotefriai* sants des orateurs. » ReuL. «t Akamidre y non enœre gAé et cùrrompu par le prospérités 9 lo. On ne désespère pas tant de ramener an bien tbs prince 9Û<i qu'un <pnno6<rCDfnroiiqi«v î» I>épra(ctVr pervertir, rentre ces deux verbe» la différene» est la môme qu'entre les deux précédents; le second enchérit sur le premier. La dl^avotion éloigne da bien eu de ht droite Toie; la pervertion met sens dessus deaaouB. L'homme d^praotf ne- pense pins, ne sent pins, n'agit plus d'une mamére juste on convenable ; l'homme perverti est une espèce de monstre moral ddot la raison est i l'envers , et^qui agit tout dh travers,, d'une ma-^ nière ^^ctraTagante. « Que votre élève sache que rhognaoe est naturellement bon^ mais qu'il voie comment la. société dépinnee et pervertit lee hommes. > J. J-. « Burrhus , dass une cour dé-premée y résiste à Ifambitien; inquiète d'Agrippine , et à la pervensUé de son maître. » Lmh.

f GEttmSBMmSl, FLAINTB, lAlieVlATIOOl ;

-* 3* eoMRAiem, tÈBmuwm, wohtAWE.

SâfTérentes manièess d^eipviner par la voix nn sentiment de donleac.

]• Géknisâewemt, piaimte^ lamentûtiUm:

Dans le gdmiseeseeittvle voix n^est pis airlieur lée ; elle l'est dans la plainte. On pousse des gé'missememtr; on profère des piaieiêtB, lea bftles gémiseeiu: ainsi que l'homme^ ta. douleur leur arraehe aussi des cris et des soupirs ; gémir se dit même, dans certains cae, des objet» inaai^ mes. « Le chien est le seul animsl quir loi^qu'il a perdu son maître et qu'il ne peut le retrouver l'appelle par ses ^^imsieiiienls. > Buvf. liais rhomme seul se plaint , parce que c'est le scrU animal qui parle. On ne peut guère défendre à l'opprimé les ^^ôfcmenlr, ils sont comme l'efiàt

involontaire dè^ la sÉuffranae^ mais on lui interdit bien les piatsSea ,. o!est*à-diES le» diseonr» pleins de- vepsoobss, dot réckumtiouff on de malidic*

ftearek erat^ienl asvleiil le vepiocbe «et la pUitue.

Bac.

« Mon intention n'est pas de me plaindre : quand oa souffre de l'oppnesBSMi , osi gémêi et on neise pledht pas. 9 Basthi Venduni l'eiébution de» oheiB d'une aèdUiap ^ « lenos complices deaaeu* rsrenttinsnobiks, e(t tellement saisis de eralatUv qufB OBiLeur éèhapfÀ^ni auoune pla,iede aimtea aucun. giméeÊemmU*.m Roll. On géwi^ dans la nudhenr; ont se plaint dn malàeur. Les ir^mûsa» mmtasQotplus en m^ins pitoyables; lesjpJoMsf, ph» ou moins .fi)odàss.

Zàmeusaltoni euchétit sur génUeeemen^ el sur piaitttm, mais plutdt encore quant à. l'éUtaduq et à la montre que (pisMt à rintensiié: la ia-t «sntufief»' eac un grand ptfmtaMsieHt eu una gmnde piaéate, une gnande démenatratioa de douleur , on la démonaCratiea d'une gjwnde dqu- 'leur, d'une désolalioa>, ou^bien de la doukur de tout un peuple , causée :pac une calamité. Loraqne les Carthaginois enroyèrenS aux BomaidQS lee otages demandés, par eeua-oi , « jamais spaetaele ne fut plus touohantv on n'entendait que cris, «a ne voyait que pleurs. Tout retentissait de gémiê^ eevÊOUe et de lamenieMone, » Boll. « Les ma* ladesret les blessés^ sentant qu'on les abandonnait,. remplirent le^ camp de tnmulte et de confosion, avec des oris, des hurlenents et des &imenfe(i^toiis faoïnibles. ii^In. « On n'entend par* 1er que de caJflmitéset de misères : chacun tient le même Itogage^ et ee ne sont partout que •plaintes et lamentatione. » Bonan. « J'appelle piété atérile et. infrueUieose pour les mort» selle qui ne Qonaiste qu'en de vains regrets , qu'en d'inutiles lamgfiMêwe, qu'endos oris lugubres, qn/en des transpûrts de douleur , qu'en des torrents de. liâmes, qu'en des emportemenls et des déseqsoios. 9 In., « Jèrémie a pu seul égaler les jontenialteilr ans calamités. » Boss. Quand la bœnf Apis mourait^ « tout le peuple prenait le deuil, pleurant et. faisant de grandes (lunentalama. »' Bac

2* Comp{otntf:,i^«àn«ade, dofe'once.

Con^IatfUe.,. jMmiade et do/éotuw 8ont.faiai- UerSh

La eomiplaiiitei ei lujéréwdude sont lastidieuse», impoctunesj, f^ti^te» ^ mais la ^mplainte VwH i cause de rins^pidité de&>p2«mleft, des griefs., des raisons. qM,:elle- oontient^ et. la iérétniwk, é oauoe de sa longnaue ou. de ia. oépétitioK des môm^s ehosee.

q'est une oomposition^ une pièce/ ou une raquête pitoyable que la ixmplainie, elle fait baus^ sec les épaules. « L'Académie ne fît pas plus dfatttfition 4 cette apologie que lea magistrats nSeafooljaax sofi^latnisv de .ces criminels, dt)nt la répense ai» preuves, qui: les condamnent est qu'ils OBt le malbeor d'avoir des. ennemis. » û'Alembert, de qui est cette phrase , dit aiUeuss, en parlant des repcoohes adressés au^ anciens par La Monnaye : « Peutrêtre cette iomplwae anoottcentrella plutôt .le cbagria d'un savant que

DEUXIÈME PAETIE:

la délicatesse d'un homme de goût. » Dans sa critique des Moit de Roueher, Lahârpe signale un morceau moins maUTds que les autres, mais mauvais encore : « Je m'arrêterai à la complainte de l'auteur sur la destruction de eeâ bols ^>aiis qui couvraient autrefois la fontaine de Budé , à Hières. »•

La jérémiade n'en finit pas, ou elle rabichè. Une longue jérémiade (Volt.)» de ^ong\ie& jérémiades (J. J.). « La jérémiadi sur Lisbonne est QCtueliement un poëme de deux cent oinquante vers. » Volt. «Ces scènes (du cin^ quième acte des Guèbres) n'étaient que dçs jtfr^miades où Ton ne faisait que répéter ce qui s'était passé , et oe que le spectateur savait déjà. J) ID. « Pardon, prince : voilà trop de jéré" miaâês ; mais c'est on peu votre faute si je prends tant de plaisir à m^épancber avec vous. » J. 1. « Soyons court, mais pas ennuyeui. OppO' sonë ces lettres aux narrations du libelle que j'attaque , aux jérémiades hypocrites qui en accompagnent les récits. » Bbaum.

La doléance est peu grave : c'est une petite plainte , ou une plainte relative à un petit chagrin , par laqfuelle on cherche à se rendre intéressant. « Il n'y a rien parfois qui soit si touchant qu'un amant qui vient chanter ses doléances aux gonds et aux verrous de la porte de sa maitresse. V Mol. Dans SganareUe, Gorgibus dit à sa fille , qui tefuse l'époux qu'il lui destine :

Trêve donc, je vous prie, à vos imperllnenoes :

Que Je n'enlendo plus vos selles doléances. li>. Et', dans une des fables de Lafontaine, un mari ne se croyant point aimé de sa femme,

n en faisait sa plainte uue nuit. Un voleur Inierroznpit la doléance.

GÉNIE, GOÛT; — S.4VOni. Qualités qui ont le\>r application et sont des conditions de succès en littérature et dans les beaux-arts.

Le génie, de generare, engendrer, est une qualité de la même espèce que l'esprit et Timagination : il invente, il crée. Le goût, comme le goût physique, est un moyen ou une faculté d'apprécier les choses par les sensations de plaisir ou de peine qu'elles nous causent ; c'est le discernement esthétique. De là vient d'abord que génie se dit toujours par rapport à ceux qui imaginent, qui composent, qui sont auteurs, au lieu que souvent le goût se prend pour la qualité de <^ux qui ne font que juger, qui se bornent au rôle d'atnateurs ou de critiques. On admire les productions du génie; on se rend aux décisions du goût, c Chapelain , avec une littérature immense, avait du goût , et il était un des critiques les plus éclairés. Il y a une grande distance de tout cela • au génie. » Volt. « Vous avez un goût infini -, je suis charmé de vos judicieuses réflexions sur ma tragédie. Si j'avais autant de génie que vous avez de lumières, on venait beau jeu. » Id. « Le goût et le génie sont distingués l'un de l'autre en ce que le génie est le sentiment qui crée, et le gcûi^ le sentiment qui juge. » D'Al. « Il y a loin du goût qui analyse avec justesse au génie qui analyse avec chaleur; le plus grand tort de La Hotte rfest pas d'avoir critiqué l'Iliade , c'est d'en avoir fait une » lu. < Lç poète est aujourd'hui soumis

à des lois plus sévères : le gnûty phis frotd. plus dédaigneux , ne pardonne rien au génie, a Uabm.

Daçs un auteur et relativeinent à la composition , k génie et le goût font deux choses distinctes : le génie trouve les idées , et le goûi en fait le triage; èelui-là invente, celui-ci r^le; panci les choses que le génie suggère le goût disceme celles qui doivent produire l'effet désiré. « Il faui du génie dans linvention, et du goûi dans le choix. 9 Maric. k Trouver là vérité relative à l'effet que se propose l'art, c'est l'inveotion du génièi la dioisir ou la composer telle que l'art la demande , c'est VinspiratioB du goût et du goût le plus éclairé. » Id. Sans génie on est stérile; et sans goût , plein de défauts. Toutefois une chose faite de génie peut encore être belle , iodépendanunent des règles du goût; mais élLe a quelque chose de négligé, d'irrégulier , d'inculte ou. de sauvage. La beauté que donne la conformité aux préceptes du goût est finie, correcte, élégante. K Racine a beaucoup plus dé goût et autant de génie que Corneille. > Volt.

Le génie est \m pur don de la nature. Le goût s'acquiert; il est l'ouvrage de l'étude et du temps ; il se fortifie et se perfectionne par Thabitude de réfléchir, de considérer et de comparer les bons ouvrages , et de fréquenter les personnes de goût. Or, c'est comme conmboant à cette formation du goût que le savoir a aussi son prix sous le point de vue esthétique; il donne la connaissance exacte des règles suivies par les artistes , et des moyens qu'ils ont employés. En sorte que toutes nos principales &cultês spirituelles concourent dans les productions des arts : le «zvotr y représente l'entendement ou Fintelligence, le goût le jugement, et le génie l'imagination. Le goût profite des instructions du savoir , et empêche les écarts ou les chutes: du génie.

GÉNIE, TALENT. Di^osition naturelle à réussir dans un art.

Mais avec du génie on a de Tinvention , et avec du talent de l'industrie. Le génie implique la faculté de concevoir, d'imaginer, de crée^, et le talent regarde l'exécution seule. Le génie produit proprement; le talent met en oeuvre. On a Je génie de la poésie, et le talent des vers; du génie pour composer, et /lu talent pour débiter ou pour écrire, k J.B. Rousseau n'a qu'un talent de détail; c'est un ouvrier, et je veux ua génie. » Volt. Un homme de génie est fécond, original: un homme de tarent est habile ou adroit. « Les singes sont tout au plus des gens à talents que nous prenons pour des gens d'esprit. » Boff. A la place d'esprit ^ on peut mettre son syn<»iyEie génie.

Hais autant le travail de la tête l'emporte sur celui de la main, l'inspiration sur le savoir-faire, autant le génie l'emporte sur le talent. Aussi Voltaire le définit41 un vrai fuient, un rare talent^ un talent très-supérieur dans lequel il entre de l'invention. « Son père était un petit ^'nie; mais il avait le talent de bien gouveiDer ses affaires. » Les.

Sojes plulèt maçon, si c'est votre taiemt. Bon.. Un grand auteur a du gésUe; un écrivain es-

imé a du talent On a du génie pour les scienes , et du talent pour écrire : « Du génie pour 2s sciences , du goût pour la littérature , du to- ?nf pour écrire. » Bn^p. Avec du talent on peut tre un bon militaire; avec du génie un bon militaire devient un grand général.

1-e talent n'est pas aussi essentiellement natucl que le génie. On dit acquérir des talents , et lonner des talents à ses enfants. « L'étude avait ionné à Boileau tout le (aient qu'on peut avoir sans la sensibilité et la chaleur de l'âme ; il lui xianquait ces deux éléments du génie. » Marm.

Considérés par rapport i un même art, génie désigne quelque chose d'intérieur, qui n'est encore i^u'à l'état naturel , et en puissance , au lieu que le talent signifie la même chose , mais extérieure , effeclive, et actuellement appliquée. Un roi doit favoriser le génie, afin qu'il se développe, et exercer les talents. « Envoyez chez vos alliés qui ont la guerre ceux de vos jeunes gens en qui on remarquera le génie de la guerre et qui seront les plus propres à profiter de l'expérience. Par là, sans avoir la guerre' chez vous et à vos dépens , vous aurez toujours une jeunesse aguerrie et intrépide. Quoique vous ayez la paix chez vous , vous ne laisserez pas do traiter avec de grands honneurs ceux qui auront le talent de la guerre ; car le vrai moyen de conserver une longue paix , c'est d'honorer les hommes qui excellent dans cette profession. » Fén. « Si une jeune fille a de la voix et du génie pour les beautés de la musique, n'espérez pas de les lui faire toujours ignorer, » Id. Une jeune fille qui a du talent pour la musique ou le talent de la musique excelle dans cet art, est bonne musicienne. Le génie promet un talent ou du talent. « Le xvr siècle était grossier, le dernier siècle a amené les talents, et celui-ci a de l'esprit. Si par hasard il y avait quelqu'un aujourd'hui oui eût du génie , il faudrait le bien traiter. » Volt.

Enfin, génie et talent représentant la même chose, l'un par rapport à l'âme, comme faculté, l'autre par rapport au dehors comme puissance d'exécution, il s'ensuit que génie est général, et doit toujours être employé au singulier, au lieu que talent est particulier et peut très-bien se dire au pluriel ; car la faculté d'imaginer est une, et, pour se produire, leti* conceptions des arts , même celles dé chaque art , ont besoin de divers moyens, de plusieurs talents. Un bon poète doit avoir le génie de la poésie , et ensuite réunir le to^n( de la versification, le talent du style , et le talent d'observer la nature et de l'imiter fidèlement. De là Vient qu'on dit , avoir du génie, et avoir des talents; homme de génie, et homme de talents. « Les projets et les négociations passent pour étendue de génie et pour supériorité de talents. » Mass. • Louis XÏV n'avait peut-être pas le génie de son caractère , ni les talents de son ambition. » Marm.

GENS , PERSONNES. Des hommes.

Gens a pour singulier gent , peu usité , et qui rient du latin gens, gentis, race, espèce, famille, nation. Personnes est le pluriel de personne , latin persona , personnage , rôle , indiridu. Au singulier, gent signifie une sorte, une

espèce , une classe ; et personne, un individu : U gent moutonnière, la gent trotte-menu; la personne du roi , une personne éclairée.

Au pluriel , les deux mots , par cela seul qu'ils sont au pluriel, marquent une reunion. Mais alors personnes est distribu lif et relatif aux individus , au lieu que gens est purement collectif et indéfini. C'est pourquoi d'abord personnes est capable, et gens incapable, de s'unir avec un nombre. On dit trois , quatre , six personnes , et non trois, quatre, six gens. Vous dites indéterminément, il y avait en tel lieu beaucoup de gens ou bien des gens , et précisément , il y avait plusieurs personnes ou tant de personnes. Que si on exprime aussi quelquefois combien il y a de gens exactement, c'est quand gens est précédé d'un adjectif avec lequel il s'incorpore et se confond de manière à perdre son caractère propre d'indétermination et à prendre celui do l'adjectif qui l'absorbe , pour ainsi parler : on dira donc trois braves gens, quatre sottes gens, six pauvres gens , comme on dirait trois braves , quatre sots , six pauvres.

Même différence relativement aux qualités que sous le point de vue du nombre. Gens n'a rapport qu'à l'ensemble , il est synthétique , général elYàgue; personnes fait penser aux individus dans l'ensemble , il est analytique ou particulier. Comme gens désigne la quantité indéfinie, de même il n'indique que l'espèce , la qualité générique ou commune ; et comme personnes signifie des individus qui se comptent , d'un autre côté il p:>rte l'attention sur la personnalité, sur les qualités propres ou particulières des. hommes dont il marque l'assemblage.

Un prédicateur prêche contre les gens de théâtre ou les gens de guerre, et cherche à persuader les personnes qui l'écoutent. Pour ne pas accuser les geris sans preuves , il faut dépeindre les personnes, rapporter fidèlement leurs paroles et signaler toutes les circonstances de temps et de lieu. Ces gens-lk , s'applique à des hommes d'une classe , qui ont un caractère commun; ces personnes-\k , suppose qu'il s'agit de tels ou tels hommes ayant tels caractères particuliers. Des gens choisis, annonce des hommes du même ordre ou ayant la même espèce de mérite; des personnes choisies, veut dire des hommes de toutes conditions distingués chacun dans son genre et à sa manière. Les honnêtes gens composent comme une ligue ou un corps; les personnes honnêtes sont considérées chacune à part. On remarque en un lieu toutes sortes de gens , e^ les premières personnes de la ville ou de l'État. Bourdaloue dit d'une manière générale, et en employant le mot gens comme significatif d'une foule, que ceux qui changent trop souvent de donlestiques « font un fiux et reflux continuel de gens qui entrent et qui sortent. » Mais quelques lignes plus haut , parlant des plaintes que nous formons « contre toutes les personnes engagées à notre service , » il continue en faisant l'énumération des défauts particuliers que nous leur reprochons : l'un est un emporté; l'autre es lent et pares^ux , etc. Il faut travailler à rendre les gçns de bien agréables aux enfants; mais il

DEUNlSKS PAITJE;

ne faut point s*opiniâtrer à leur faire goûter oertaines personnes pieufies dont Vextérieuc est dégoûtant (Fen.). Se moquer des {f/gntr se prend, comme $e moquer du monde, dans un sens large et vague, qui n'emporte rien d'ofTensant poUr qui que ce soit; mais se moquer des personnes^ c*est détenninémeni et directement lancer des traits de raillerie contre tels ou tels hommes en particulier. Gens est tellement impropre K particulariser , qu'il ne fait jamais entendre s*il s'agit d'hommes ou de femmes : les jeunes ^enj^ C'est, au contraire , ce qu'oc détennine teès-bien avec, le mot de personnes^ qui, seul, se- dit quelquefois singulièrement des femmes : des pwsonnet de l'un et de Taiitre sexe, de jeunes personnes.

Une dernière différence, extrêmement importante pour l'application , résulte de oe qui pré< cède. I«;ait pour exprimer la multitude et la foule , l'espèce et la sorte, c'est-à-dire quelque chose de commun tout au moins , gens se prend vofion* tiers en mauvaise part, tandis que personnes , par la raison contraire, convient mieux- en parlant d'hommes pour lesquels on veut lémoigaer de l'estime. De petites gens, des gens de néant, des gens de sac et de corde; des personnes comme il faut, des personnes constituées en dignité. « Les personnes d'esprit peuvent toujours tirer quelque instruction des getis les moins éclairés. » Fes. « J'ai affaire i des gens passiomiés, et à quelques personnes de bonne intention qui se sont livrées à ceux qui agissent par passion. » Jo. a j'examinais toutes les personnes qui entraient dans la salle , et quand par malheur il y venait des gens de mauvaise mine, je frissonnais de peur. » Les.

Os ae peut trop louer tMis sortes éApen^nau : Les dieux, sa msltreste «l mu toL*^ Simonide avait entrepris

L'éloge d'un aihlëte; et, la chose essayée,

Il trouva son sujet plein de récits tout nos.

Les parents de l'athlète étaient gem iiiCQnira8;.LA».

GENTILS, PAÏBNS, IDOLIlTRES, INFIDÈLES.

Ces mots nous servent à dénommer ou à quali- | fier les peuples auxquels nous attribuons une , fausse religion. |

Gentils , latin gentiles , est le mot qui répond à celui par lequel les Juifs désignaient les éiran- ; gers , les nations qui n'adoraient pas le même i Dieu qu'eux. Les gentils sont donc tous ceux qui. ' dans l'antiquité, en opposition aux Juifs, ne connaissaient pas le vrai Dieu , et le nom de , gentil ne doit jamais être donné que dans les cas où cette opposition est exprimée ou facile à sous- ! entendre. «Il est prédit que Jésus-Christ serait le ' roi des Juifs et des gentils. « Pasc. «Jésus-Christ : devait être jugé par les Juifs et les gentils, s lo. « Le peuple juif tout entier prédît Jésus-Christ j avant sa venue. Le peuple gentil Tadore sprès qu'il est venu. » Id. « Ce n^fest plus ce sacrifice | qui ne devait être offert que dans le temple de | Jérusalem et en un lieu particulier choisi de ' Dieu ; c'est un sacrifice qui doit être offert parmi > les gentils et dans toutes les nations de la terre. » Boss. <c Les mages viennent du pays de Tignorance , du milieu dé la gentilité où Dieu n'était

pas connu , ni le Christ attendu et promis. > lo.

« Les mystères de la. religion, étaient scaadâlt

' aux Juifs et folie aux gentils, » Ib. « L&s Juifs,

quoique ce fût le peuple réprouvé, entraient dam

r£gtise par milliers.... Combien plus ae nnln-

I pliaient les fidèles parmi les genSils qni étaieat

j le peuple appelé ! > Id. c Les premiers fidèles

étaient reg;ardés comme les balayures du moa<k,

' Itopprobre. des Juifs, et la risée des gentils.*

Mass. c Le caractère le plus essentiel de 2a loi ce

Jésus-Chriist est de réunir sous les mêmes sègles

le J.uif et le gentil , le Grec et le barbare. » In-

JPaten est opposé à chrétien, comme gentil â ' Xuif. Après l'établissement da chrîstiazilsme on I appela pjxxens , pn^anx, c'est-idîne paysans ou i vilhgeois, les sectateurs de l'ancienne religioa, ! soit parce qu'ils se réfugièrent dans les cam- I pagnes, dans les villages ou bourgs (pogf;. soit •' parce que les gens de la campagne persisiêrcc; plus longtemps que ceux des villes dans Tan tien culte. Les paten* sont d'une autre religion que ' la chrétienne, comme les genHîs étaient duns • religion différente de la juive. « Est-ce d^ac que la morale de Jésus-Christ est plus cruelle et moins ennemie du meurtre que celle des païens? y Fasc « Les Français étaient encore païens y et la Gaule était chrétienne. » Boss. « Le dessein du saint prêtre d^Alexandr.^ est d'attirer les patent à la religion chrétienne. » Ib. « tf. Jurieu tsLii rejeter aux chrétiens des trois premiers siècles ce que les païens n'ont pu méconnaUre . l'immutabilité de l'être dWin. » In. « La fureur des patens se rallumait , et tout Tempire ruisselait du sang des martfr». » lo. « Quoique infidèle , qnoique païen , le père dû grand Con- I stantin avait des offîciers et des soldats chré^ [ tiens. » BouBD. « Les païens eux-mêmes, en qui toute vérité n'était pas encore éteinte . rendaient cette gloire i la moKric des chnitîens. » 3tf.*ss. « Kotre religion purifia bewcoup d'instlîucs païens en -les adoptant » Toit. « Les paient chargeaient les mystères chrétiens d'ïmpatations abominables.» la. — Accesseirement , il t%x i remarquer que ^paxen signifie Tuigairement sans religion*., ou qni admet* plusieurs dieux ; aux yeux d'un chrétien apparemment, c'est n'avoir point de rèligioû que da n'apvoir pas la seane , et le trait le plus dlàtinctîf du christianisme i regard du paganisme, c'est que celui-ci est et que celui-là n'est pas polythéiste. « Ils vivent comme des païens , et sans aucun, sentiment de religion et de piété. » Hass. « Jamais peuple ne fut plus éloigné (que les mahométansl de ce que nous appelons improprement le paganisme, et ne fut plus fortement attaché sans aucun mélange i l'Unité de Dieu. » Volt.

Les iâotâtris, ou adbrateurs d'îdbîes, rendent les honneurs divins à autre chose qu*ft Dieu. Us s'imaginent que Tessence dfvine peut être comme liée à dtes temples , à des statues , à la mauère , aux éléments ou â des animaux ; ils Ty adbrent . et se prosternent devant leur idol'e comme devant un dieu présent. « Les païens crojxîènt représenter la divinité par des traits et par des couleurs. Ils croyaient pouvoir reùlfermer la dSvinité dafis leufs idoles ; selon eux, le secours dhrâ

SYNONTHBS À RA9I€AtIK DIVERS.

était afUelé à l0nrs stiiMés, ^f eoirteBaient en elles-mêmes la yerta de leti» dieux : ftmehés de ces sentiments, il y mettaient lîenr eonifeinee; ils leur adressaient lenrs vtevx , et ils leur offraient leurs sacrifices.» Boss. cCes éftnetèfrtfi serrent à nous fkire distinguer dès tdoWirei; puisque, hien loin de croire conmw eux que ^qtMlque di- Tinité habite dans les ima^s, flou» ne leur attribuons aucune T«rtu que celte d^exciler en nous le souvenir des originaux. » Inr. Les Mfs ont appelé les gtnHli, et les chrétiens oivt appelé et appellent les paient ^ des idùlâtr^; ce qui d'ordinaire est moins Texpression d'un feiit cer^ tain qu'une imputation mal fimdée. Def même , les Juifs et les chrétiens, à leur tour, ont été accusés d'tdo7dfn>avec queltfue apparence, aies paient , qui nous verront, catholiques et prolestants, lever les yeux an ciel, pourront croire que nous adorons le soleil et les astres. Vue semblable raison persuadait aux gtntUt que les Juifs adoraient le ciel ou les nues. » Boas. Après qu'un concile eut condamné Terreur des iconoclastes et autorisé le culte relatif des images, «les Français , environnés d'tdoldtrf^ , hésitèrent longtemps. Parmi toutes les hnages ils ne V6u> laient rendre dlionntar qu'^ celle de la croix. • Boss.

Les inftdëUt^ de in, négatif, et/W#*, to», n'ont pas la foi , la vraie foi ; ils vivent dans Terreur , plongés dans îes ténèferes' de l'ignorance- Au lieu qu'il faudrait fffire quitter aux ié^Aires leurs pratiques, leurs idoles ou leurs fétiches, il faudrait éciSiirer, tfonvaincre ou convertir les in^ûèltt; ce sont des méeréant!r;.ils ne etdeïA point à la loi de Dieu, peut-être mène Ae la connaissent-FIspas. « IP serait bien aisé de eonrainere]esflnfldg/«». » ?asis. » ^int I^aee était désespéré de ne pouvoir aller convertir des tn/idèîes : le diable fui apparut, et lui jura que , s'il voulait se doiÀier à lui , il le rendrait le plus sa%'ant faonme de Ffiglise de Bieu. » Yo&r. « Ces témérafnes ehréfiens ne sont pas moins opposés à r&utoritë de F£criture que- les m^dèlH déclarés. V Boss. « Si les protestaosts se veulent ranger parmi les xkfidëUg et refaser leur eroyanoe aux miracles , nous rte votileîfs pas les imfrter. » In. < Oter aux'tn/ld^ffs, qui n'onti jainalB ovï parler de l'évangile, la gtàce immédiatement- nécessaire à croire. *» In. « Il favdfak se promettre W conversion de ces in^dèkt qui n» ccttnaisBent point le Seigneur, v V ass.

GIBET, FOTBNGB. l'idée du sttppBete qui consiste à être pendu est eemmuneà ces deux mets.

Gibet grgiàAe ou a stgnifté d'abord le lieu- où on pend. « Jésus-Christ fut contraint de porter lui^ même au gibH Tiostrument de sa miMt (e'est-àdire sa croix , qui était une vérivable pùfénee , quoique d'une espèce particulière). ■» Boes. «L'Eglise voyait dans to«ale»^«f(^et dans toutes les places publiques, de ses enfants. immolés pour la gloire^ de l*Byangito.» In. FoMtieeest inusité dans cette acception; c'est finstrument même du supplice , le poteau ou la pièce de bois qu'on dffease, aân d'y suspendre le patient, a Nous arrivons au pîeid de cette fiitale «donne qui devaH être le numphn iBtra de nui vie, et

qu'on appelle vulgairement la potence. » Rbon. « M est le fruit de l'arbne de la croix , de la po- <efice qu*on a diyinisée. » Votr. On dira bien , arecBossuet, dans les gibetty mais non pas dans les potences; il faut dire , avec Voltaire et Hmede Sêvigné, aa pied de la potence.

On le menace; on lui dit que , sous peine D'être pendu , d'être mis haut et cotirt fin un gibet, il fliiu que sa poissanee Se manifeste airaot la fin da Joar....

On vous le happe ei mène à la poiente. Laf.

Vais gibet, de son côté, se prend trfes-bten dausle sens particulier de potence^ pour désigner Finstrument qui sert à pendre. Il en diffère alors de la manière suivante ; il exprime quelqi'e chose de permanent et de fixe, destiné à tous ceux qui se mettront dans lé cas d'être pendus. « Le g^et de Hontlaucon. » Volt. « Charles H fit exhumer depuis et porter au gibet le cadavre de Cromwell. > Id. « Les juges seraient presque réduits à la triste fonction d'eniroyer au gibet les voleurs et les incendiaires. « Lacr. Pk^tenee, au coirtraite , est très-propre A marquer un instrument de supplice préparé pour une occasion unique. « On dresse des potences dans les carre^ fettrs peur foire peur à des séditieux. » Taév. « Ce Jacob , qui avait trahi le czar Pierre , était mené dans un chariot sur lequel on avait dressé une potenee, à Mquelle if f^ ensuite attaché. i^Yoilt^ « Leurs effigies forent traînées dans un toraàe^ reau et pendues A une potence. » Id. — On dit mienr le gibet , et une potence. — On bâtit un gvbet (Trév.); on dresse (Volt.), on plante (Hol.) une potence.

Ensuite , et en conséquence, gibet^ retm , diton, del^svalte g^fél^ montagne, élévation, d'où g'^eua, gib^oHi^^ est tellement éloigné de son primitif, qu'il convient très-bien pour exprimer le genre de supplice' d^'une manière* abstraite et idàfe; au Heu ifue potence , qui rappelle peiMw , et désigne dans plusieurs arts un assemblage de pièces de bois qui sert d'appui A drfiërentes choses, estphis partiou fièrement déterminé à indi* quer l'objet physique. On dira donc : condamner au gibet (Acad.), laire périr parle gièet (Volt.), mériter le gibet (Labr.). Hors de ces' locutions ab^ soldes, gibet ne B*empluie guère. H n'en esV pas de môme de ]»otence; ce mot comporte toutes sortes de ddtermiHatif^. « Le marquis de Montrose fat candanmé A être pendu A une potence haute de trente pieds. « Venr. « Papistes , suspendes les hérétiques A des potences hautes de trente pieds.* la*. « François I" ISiisait suspendre les hérétiques à une haute potence dont on les faisait tomber A plusieurs reprises sur le bûcher, v In. Le proeè» fait, une belle potenee Ai mis cêlès fut mist' en plein manM. Ia». Pour faire ftiir H. de Foureeaugnac, on lui ceote qu'on fAit déjA planter A la place de Grève une grande po tança toute neuve pour l'y accrocher (Mol.). — Celui qui est condamné au g^et subit sa peine sur une potence.

Une autre diflèrence tient au sens étymologrque de ^il^ef . ê^el signifie élévation. On plaçait effectivement les gibets sur des élévations, afta àk mettre en vue les suppliciés et d^effrayer par

BEUXIËIHS PABTIB :

Texeixfple. C'est pourquoi, au lieu que la potenee est seulement destinée à donner la mort , le gibet sert aussi et quelquefois uniquement à exposer, les coupables aux regards. Lorsque le supplice rappelé par ces deux mots était en usage , il arrivait souvent qu'on ne portait au gibet que les cadavres des malheureux qui avaient été exécutés ailleurs ; on les détachait alors de la potence pour les porter au gibet. Il paraît même qu'àHontfaucon on pendait sous le gibet, et qu'on plaçait ensuite le corps sur le gibet. Voltaire parle d'un homme qui , ayant été condamné à la potence , «c fut exécuté sous le gibet de Montfaucon. » Les fourches patibulaires où l'on ne faisait qu'exposer les cadavres étaient donc des gibets , mais non pas des potences.

Il est à remarquer enfin que gibet étant plus général est aussi d'un style plus noble. On trouve ce mot, maiâ non pas celui de potence ^ dans Bossuet et dans Massillon.

GlfiOT , ÉCLANCHE. Membre de mouton , séparé du corps de l'animal pour être mangé.

L'Académie définissait d'abord le gigot et IVclanche , la cuisse du mouton , et ne mettait entre ces deux mots d'autre différence , sinon que gigot se dit plus ordinairement q\i*éclanche. Mais dans son édition de 1835 , elle décide qu'^clanche est un terme de boucherie et de cuisine , et quUl signi- Mid , non pas une cuisse, mais une épaule da mouton. C'est effectivement en ce sens qM^éclanche se trouve employé dans Brillât-Savarin, a Nous n'avons rien que de bon , dit l'hôte : bon bouilli , bonne soupe aux pommes de terre , bonne épaule de mouton, bons haricots.— Un frisson de désappointement parcourut tout mon corps. On sait que je ne mange point de bouilli ; les pommes de terre et les haricots sont obésigènes; je ne me sentais pas des dents d'acier pour déchirer Véclanche, »

Ce qu'il y a de certain , c'est qyïéclanche est presque inusité , et qu'il n'a pas, comme gigot , une étymologie incontestable qui le détermine à exprimer spécialement une partie de l'animal plutôt, qu'une autre. Gigot vient de gigue ^ qui veut dire jambe, et, dans l'am'mal, jambe de derrière. On ne sait à quel mot primitif rapporter éclanche^ écrit dans Nicod, dans Hegnier, et même dans la première édition du Dictionnaire de l'Académie, esclanche. Pour justifier tout à faitla disUnction donnée par l'Académie en 1835 , il faudrait que le mot éclanche fût tiré d'un autre qui signifiât épaule , en latin «copula, en allemand achsel,

GLOIRE, HONNEUR. Ces mots signifient « dans une acception abstraite et figurée, ornement, beauté, grandeur, résultant des actions, du mérite , des qualités , et ayant pour efiet de distinguer, d'élever, d!ennoblir, d'attirer l'estime, la considération, les hommages. Acquérir de la gloire ou de Vhonneur, Travailler pour la gloire ou pour Vhonneur de la religion , de sa patrie. Être la gloire ou Vhonnenr de son pays. Avoir la gloire ou Vfionneur d'une action, d'une découverte. On doit dire à la gloire ou à Vhonneur de ce prince que.... Jésus-Christ sortit du sépulcre couronné d'hormcur et de gloire (Boss.).

Quant au degré d'abord, gloire enchérit sur

honneur, il exprime plus d'éclat, comme on k voit par le dernier exemple. On pourrait en â.ux bien d'autres. « A Jésus-Christ appartient toa honneur et gloire. » Boss. « Le premier homi:^ était dans l'honneur et dans la gloîTe où Dis. l'avait élevé par la création. » Bourd. c Tel:: deux petits versets ou couplets que j'ai compascr à votre honneur et gloire. » (M. Tibaudier L Mme la comtesse d'Escarbagnas.) Mol. < C'»i dans toutes ces observances que Ja piété trouT la ^{otre de Dieu et Vhonneur de la religion. * Bourd. c Le jour que U. le prioce me riat entendre , je parlais du mépris de Y/umneur du monde. Je lui dis que j'appréhendais de condamner devant lui la gloire du monde dont je le voyais si environné, j» Boss. « Nous n'avons de zèle que pour les ministères éclatants; nous fuyons ces soins obscurs et pénibles , qui Laissent aux autres la gloire publique du succès , et tout Vhonneur de l'ouvrage. » Mass.

Je vous ouvre à tous deux, et vous devea m'eo croira ,

Une source éternelle el ^'honneur et de gloire.

« Dans le travail, le général , exposé en spectade aux yeux de toute l'armée , y trouve Vhonneur el la gloire. » Roll. — La ^^ot're suppose des actions, des qualités, des efforts, des talents extraordinaires, et c'est proprement radmiration qu'elle excite ; Vhonnewr ne demande pas tant d'excellence, et il produit dans les autres unsenr timent plus commun, celui de l'estime ou du respect. La gloire est plus grande encore , en ce qu'elle n'est pas resserrée en un cercle aussi étroit, en ce qu'elle a plus d'étendue dans V espace et dans le temps. De tout cela il suit qyî'l est plus difficile et plus rare d'acquérir de U gloire que de Tanneur.

Quant à la nature de ces deux choses, l'Iionneur a un caractère moral qui est moins essentiel i la gloire» Ce qui est glorieus nous iliustre. nous fait connaître partout; ce qui est honorabk témoigne en faveur de notre honnêteté , de notre probité , de notre délicatesse , nous fait connaître comme hommes de bien. Aux grandes aciions la gloire; aux bonnes actions Vhonneur, On peut être indifférent pour la gloire; il n'est pas permis de l'être pour Vhonneur. Le contraire de la gloire y c'est l'obscurité; le contraire de l'honneur, c'est la honte. Sans gloire (ingloriiu) , oq vit inconnu ou ignoré ; sans donneur , on est ui: inf&me. « La seule gloire qui ait jamais touche mon cœur, c'est Vhonneur que j'attends de h postérité , et qu'elle me rendra i>arGe qu'il m'est dû. » J. J.

Enfin, honneur a plus de rapport à l'effet, aui marques d'estime données i ce qui est honorable : rendre des honneurs.

' Un autre eu a la gloire (de ce triomphe), et j'&i part à VhonneHr, Coîui.

L'excès de nos malheurs parait un noir abîme ,

Où la glntn est sans nom, la vertu sans hotutcar. (Anliochus à Séleacus dans Rodogune). Id.

GLOSE , COMMENTAIRE. Ce par quoi on éclaircit ou on interprète un texte.

La glose est au cominenlatr« comme la version

SYNONYMES À BABICAUX DIVERS.

à la Iroducliort, elle est plus littérale : elle ne consiste guère qu'à mettre i côté des mots rares , peu usités ou obscurs (en grec 'y>«&aaat), des mots plus connus et plus intelligibles de la même langue. Le commentaire (de eommentari, discuter, disserter) est plus libre , il développe davantage , il paraphrase : c'est une suite de notes ou de remarques sur tout ce qui peut paraître difficile à comprendre. On dit une glose , et non un commentaire , interlinéaire ; le commentaire est trop étendu pour pouvoir tenir entre les lignes du texte. D'un autre côté , commentaire se place bien et se trouve souvent après glose , parce qu'il suppose plus de détails et marque plus d'indépendance relativement à ce qu'on veut rendre clair, c Malheur à tout grammairien dont les productions auront besoin de glose et de cominentaire ; d'autant plus obligé à la clarté qu'il doit l'enseigner aux autres, il.... » D'Al. « Le dessein de l'Exposition n'a rien de commun avec les glous et les cofMMnUiires que ce pape a défendus. 9 Boss. c Quelque sublimes que soient les ouvrages d'Homère , ils lui font moins d'honneur que )ies productions de ses descendants , qui :i'en sont que les gloses brillantes ou de beaux commentaires, 9 Boff.

Il semble aussi que la glose ^ apparemment à cause de son caractère de servilité et du peu de connaissances qu'elle exige, se prenne plus vo> k)ntiers en mauvaise part. « Les lois ont été si équivoques, que mille interprètes se sont empressés de les commenter; et comme la plupart n'ont fait leur glose que conune on fait un métier pour gagner de l'argent, ils ont rendu le commentaire plus obscur que le texte. » Volt. On a toujours dit, et on dit ai^ourd'bui plus que jamais, glose et gloser, de préférence à commentaire et à commenter , pour indiquer 0gurément et familièrement ime interprétation maligne, une critique. « Tous les habitants furent choqués de mon ostentation, et firent là-dessus des gloses peu honorables pour moi. » Les. « Les complices de Nymphidius glosaient sur la vieillesse et Tavarice de Galba. » J. J. « Voilà M. de Metz à s'impatienter , à gloser sur l'inutilité de ce qui se débitait. > S. S.

K qaels discours malins le marine expose 1

Je tais qoe c'est un texte où chacun fait sa glose.

Plus on cmt pénétrer, moins on fut éclairci , Le texte' f^t souvent par la glose obscurci. lo.

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