‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 326 sur 426 · HISTOIRE; — 2* ANNALES, FASTES (AR · texte numérisé non relu

HISTOIRE; — 2* ANNALES, FASTES (AR

CffPFBS) , CniR0!flQrE8; — 8* 1 lIBl'n'AimS, RKLATKMVS, AlVECDOTES,

Écrits contenant le récit d'événements passés.

1* Affetfv, grée Unopia» de la même fnBxOe que les mots fort^p, témoin, qui sut, et loropef», s'enquérir, rapporter, est l'expression onfinaiie et littérahv. On s'en serteontinueUement, et eOe représente ime œuvre d'art, une sorfe d'écrit dont la composition exige l'observatioii de certaines régies. Lucien, dans son petit tnité : Commient il font éerire Vhisiowe. et Fénelan, dans sa lettre f«r UtoeetsipoiionMéiê VAcadémie^ ont écrit sur les règles de l'iktilotrf. « L'objet de celle-ci n'est pas de tout recueillir, mais de choî* sir les faits propres à faire conmAtre l'origiîne des lots , des gouvernements , des arts , des sciences , les usages , le caractère , les mœurs des peuf^es , les causes de la grandeur et de la décadence des empires. Tout y doit être lié , tout y doH prèseDter, autant qu^l est possible, la chaîne des événements; ainsi elle demande beaucoup de méthode ; elle veut de plus des réflexions oomtes, des vues étendues, des narrations cbiies, précises, rapides, et des tableaux hien dessinés et bien coloriés. > Coiin.

Les ofituifer , les fvfes et les chrom^wes sont simples , sans ornement , sans unité, sans ooulear locale; espèces de registres où les faits sont m»gés scrupuleusement suivant leurs dates , et déduits d'une manière sèche, nue, décousue et monotone. Le go^lt n'a rien à y voir; la forme y importe très-peu , et tout autre ordre que celui de la chronologie y est interdit.

Que si les annoXes^ les f<u(ef et les c^vumquef manquent d^art et sont plus ou moins informes, les mémoires. les comrMniaires , les relions, les anecdotes et les %ies manquent de généralité , sont d'un intérêt plus restreint. « Je ne puis souffrir VhisUÀre où l'on s'attache i démêler les causes morales des événements et les réflexions philosophiques ; c'çst pour cela que je préfère les an^cdoffi aux m^motrfs, et le^ m^oires aux histoires. » Dudeff. Les m^motres et les coaimenUkirts ne vont pas au delà de ce que Fauteur a vu , de son observation personnelle; les rdaHons^ au delà de certains faits particulie»; les anucdotes , au delà de certains petits faits secrets , qui en soi ont d'ordinaire peu d'importance; et les ctec , au delà des faits qui concernent l'existence d'un homme. Avant qu'on sût écrire , les peuples ont eu di&i annales , des \asles et des c^oniques, qui sont comme des squelettes d'ht^totre. Un historien qui se borne à quelque chose de partiel pour les faits, le temps, les personnages, fait desai^ m^iresy des tommeniaires ^ des relouons, des anjetdtiUs, des xÀJes, qui sont, par rapport à F^ûtotre proprement dite , des pièces ou des témoignages à consulter, des matériaux, et comme des éléments.

2« AnnaXes^ fastes {archives), chroniques. Catalogues de faits écrits les uns à la suite des autres selon l'ordre des temps.

Les annales rapportent les faits année par année , comme les journaux les rapportent jour par jour, c Qui prêtera aux femmes les annales galantes et le journal amoureux? » Labr. Elles se

SYNONYME» h ftADIC/^UX HVERS.

; lisait i«diflifiMM»6(mdti»«MvR99e«pl0ft^aiietas] ' 9u BMfdenfes, et tcniiminem' èe& fah» de toutes ' sorte». « n ne ntier pesr une ligue des aaiefenites»! ^anntâèr égypfieuaes, cbaidèennes, petunes.... Lear se«lé* oHnalet^ un {MU antiques soBt le* hir ' dienaes, 1^ ohinoîset, les hébraïques, ^rtonr. f « Que de peuples ont subsisté lon^ptemps et sub* sisttost enoore stfls ûnnatm!^* Ito. »Oki «dtpar les atttfolet dltalie <|!it le premier buffle f Ait amené T^rsla flu tetr siècle, ran 595. » Bufv. Les fmtis étaient chez les aiicieiiB Romaras les tables ou les livres dù> calenMerr : le»- jeun s'y titmvaieut distingués en^asier at néfista^ ceux pendant lesquels il était portnl», fat, de vi^ quer aux affaires civiles^ et aeox pendant lesquels cela était déftndu , nêfof; an y Usait également rindicatien des jorura de file». Bo outr», il existait à René, sous Fa nem de tks9$9, un recristre de tous les faits impertanis avao leurs da* tes ,' tenu pat Ïe9 pontife», at pevfont' servir à expliquer à quelles oocasiaos las fitea aifiLvent été • fondées; (/était donc une espèae-dë ceimmentaire : historique du ealandrier. Dans notre lai%ue commune , oe mot désigne quelque cbose de faptmust, de grand, de mémorable. A la diSMren^ desoMiMiJar, les foÊtêâ ne* reoueHtent et na pré> sentent que des fkit» illustres. Les fmtêt de la gloire (AcAD.), de la vertu (d*Ag.)- «-BKen n'était ph» capable de ftira fiare- tant d'efforts at de dépenses (pour être- vainqueur aux jeux (Aympi- (lue^ que Tasaumnce où Yom était d'immortalisé» son nom, qufi, d«a$ 1« suite des siècles, devait se trocver dans tous les faHet et à la tète de touB les actes passés pendJant Vannée de la victoire. » RoLi. « On ne dira pas en prose eoum'ar» peur eftetwM, fagtes pour regitire». » Voit. «Les combats, après timt, nesoniqiaedes chose» Idrt eommunes dans les fUiteê d'un sièale mémorable par tant d'autres endinoits singuliers.» ID. «'La Grèce vous oifre ses fcutet. C'est Ift que vous powe£ faire une ample moisson de v^tés politiques, v GonAi -^ Les fatUs de Pfiglise n'en signalent que les* hauts faâts« les exemples de ses martyrs et de ses saiiits; le» tmntdei de r£gttee par Baronius racontent amiée par amiée tout ce qui est arrivé à l'Église. « Le vainqueur de Friedliogue et de Denain (le maréchal de Villars) appert ent aux fastes de la Franee , et non aux annotes modestes d'une société littéraire. » D'Al. Annctles, latin aimâtes , se dit bien aussi dans le style soutenu , comme fMfr^, mais il n'y annonce rien de distingué ou d'éclatant. « Si on feuillette les annales du monde , on ne trouvera pas aux coffnaissances humaines une origine qui réponde à lidée qu'on aime à s'en former >. » J. J.

\. Le mot archives y pris dans un sens étendu, pirall exprimer préchémenl le coniraîre v^q Justes, cVsi*à-dire un recueil de ftils ha», odieor, crimineh. « On trouve eneore ces Idstolres absurde» dan» nos (licUoniMires, qei onl été loa^leraps, peur la pin part, det arciiivts alphabétiques du mensoDge. » Volt. | « Je me souvions d'avoir lu auirefois riiisioirc du | grand schisme d'Occident.... Puisque les archives de | ces horreurs n'ont corrigé personne , je conclus que j l'histoire n'est honne à rien. » lo. <k 0 muse do Tltis- < loirc \ tu n'as vu qu'horreur et délire. Les annales '

€hmm^qms^, grec ^jfpamaA^^ cki xf^^f» teo^s, exprime une histoire rédigée snivant Tordre des temps» G'eat un tenne érudit qui ne s*appl»|m gtière qu'aux vieilka «muiter européennes, ^ax* tes presque toutes par des prêtres ou de» moins», en gnsc, en latinouenaneienBe langue wlgatre,. de)inH la chuta de l'empir» romain, juaqu'à^ lafln du n»yen fige. • Dans nos cforoniqtMs, les moine» ne peuvent se lasser d'admirer la dévotion et U. libéralité des Pépins. » Montbsq. € Voilà la £fthle qui rendit le prêtre Jean si fameux dans nos an* ciennes diyWques des croisades. » Volt. « Notre savant et sage Viddleton a découvert une shremqiie d'Alexandrie, éorite par deux patriarches d'Egypte, dans kaquetteil est dit que....» In. «Il y a un Geoffroy de La Bruyère que toutes les cM/rofkiq^m» rangent au nombre des grands seigneurs qui suivirent Godefroy de Bouillon à la conquête de la terre sainte. » Labr. « Les plu» aoeiennes oftnm^que^des Vénitiens sont du zi» si^ de. C'étaient des annales écrites en mauvais hhtin^ ou en langue -vulgaire et barbare, sans dia^ cememeut, sans choix et aaas critique. » Gond. — C^nmiques signifie par extension les- prsmièrea • traditions éorite» d'un peuple quel qu'il soît, celles de se» oufiales qui- se rapportent à son ori^ gine, k ses commencements. « C'est ici (à prope» des Chinois) qu'il faut surtout appliquer notie grand principe, qu'unenation dont les première» chroniques attestent l'existence d'un vaste empire, puissant el sage, doit avoir été rassemblée en corps de peuple pendant des siècles anté* rieurs. » Volt. « Toutes les nations ont eu de» historiens qui ont parlé de l'antiquité de leur on* gine avec tant d'exagération» que Pou ne peut gvtéré s'assurer sur ce qa'Gxi disent les auteurs des anciennes chfrwtiquBSu » Vsrt.

3^ MéiMiter, sMtmsnSàiret ,fe)attoiis, onsodotes, vies. Ouvrages contenant' de» particulaiités ou des détldls historiques sur un peint, «a évé^ nemfent, «ne èpoqtie, un homme.

ZtÊmémoifes sootdes dépositions écrite», pro^ pre» à rappeler lanRAilo«fe ou le souvenir de IJail» auxquels l'auteur des «t^inetrée a prie part-ou assisté. On éorit les nvéfmifes de sa vie (BsvrdOi le» mémoires de son temps fVoLï.). En euxHnûémes, les tn^oires sont plus déuillés et plus simples que rhisfoire; mais leur grande utilité consiste à instruire l'historien : aussi dit-on mémoires poui? servir à l'htstofrc de France , pour servir à-rAêsfoire des lettres (o'Al.). « Les mémioires qn^Dn donne pour une kistoireen sont uniquement les matériaus. » In. « Les Grecs voulant divertir par les histoins anciennes la Grèce toujours curieuse , ils les ont composée» sur des m^ot're; confus, qu'ils se sont contentés de mettre dans un ordre agréable, sans se trop soucier de la vérité. sBoss. « Il ne nous reste de César que d«iX' ouvrages.

de chaque empîTe sent les archives des forfaits. » Id; On dira done bien que le nom do Qcéron se trouve inscrit dans \c8 fastes de la gloire, et celui de Catilîna dans les archives du crime. Cette acception d'archives ne vient- elle pas de ce que anciennement la fraude a'rempH les ardiives de pièces fausses, afin de justifier des usurpattont oa des préieoUons injustes 7

Uk

Page 1