‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 332 sur 426 · Il est ^ remarquer que incertitude se prend · texte numérisé non relu

Il est ^ remarquer que incertitude se prend

mcLUVATioif , RRCBAirr, pertb, fropes-

SION. Ces mots sont pris ici au figuré, oomsK signifiant une disposition ou impulsion qoi poite l'âme vers certaines choses.

Inelinalion et pencKoKt sont les seuls qui sê disent au pluriel , ceux qu'on emploie le plus sot- Tent, et ceux, par conséquent, dont la distinction importe le plus.

Vinclination est plus faible q^e le pem^Aamt: c'est l'effet d'une simple impression qui Ait plier ou courber la chose d'un côté. L'melémetiûm fait tendre vers un objet, le pendumi j entnSne, On dit que la victoire incline d'un oêtÎ6, quand elle commence â y pencher (Agad., an mol /««Itiser , 1** édition). « Ah! madame, ne m'aîmex point plutôt si vous ne m'aimez que par leconnaissance; et parce que je Toue aime, |e veux tout devoir â votre inclination. U &ut que oe soit un penchant insurmontable qui vous entraîne à m'aimer mên\e malgré vous. » Riozr. « Dieudistrihae aux hommes divers talents et diTersee inclinations, qui sont quelquefois si marquées et si fortes, qu'il est presque impossible d'y résister. On sait quel penchant le fameux IC. Pascal eut pour la géométrie dès la plus tendre enfance. » Roll- — L'tficitfiatûm , étant calme , modérée , ne trouble pas la raison , et de là Tient que oe mot se prend plutôt en bonne part; le peneÊwU, ajant un tout autre caractère, est plutôt eoesdéré comme mauvais, comme nous portant au mal. In clinations heureuses ou fortunées (Mass.). bienfaisantes (Boss.); penchants malbenreox (J./.), infortunés (Mass.), vicieux (ITabh.), les peechants de tous les vices (Vâss.). «Rien n'est plus heureux que de se former de bonne heure des tncliiMftoni louables ; car on porte dans la rieiUesse tous les défauts et tous les pendUmts du premier âge. » Mass. « Quand nous avons mangé dignement la chair divine, il ne doit plus paraître en nous que des inclinations nobles, célestes; et

aussi quelquefois abusiTement dans le sens pratique, el désigne, non plus une suspension de iogemeat , comme doute, mais une suspension de la volonté, comme indétermination el ses trois synonymes. Alon incertitude équivaut presque à imdécisiomf ces deux , mots exprimant une Indéteimiiiatioa q» prarient , d'une cause intellectuelle , ei non pas d^one cause , sensible. « Vincertitude et Vindècisùm que traîne i d'ordinaire après soi une conscienee tûmàe el scmpuleuse. » Mass.

ta seule différence parait être câe-d : dam ' V incertitude on s'abstient de vouloir, parce qn'oa ' n'aperçoit pas la raison de vouloir, et dkns Tàd^ ' cision on s'abstient de vouloir, peree qu'on a'a- ' perçoit pas la prépondérance des raisons pour fur I lea raisons contre. J'irai en Italie, ai Je reçois œe I certaine letU*e, qui doit m'y ianler; tant quelle I n'est point arrivée, Je soit incertain ou dans Vi'tca^ \ titude. Dei raisons m'engagent à aller en Italie, d'au- | trea m'en détournent ou m'appellent ailleurs; uat | que je n'ai pas jugé les unes meilleures qpM les | autres, je suja indécis ou dans Viadéetsitm. Vitcerti- i tude est une position simple, dans laqndle ne sacbaal i pas i'il est possible ou bon de taire, on est releoa i et indifférent à faire; Vindèdsion est nne posibcm double , dans laquelle ne sachant pas s'il vaut miea faire que ne pas faire , ou faire une chose quose autre, on reste entre les deux en balance, parU|é, embarrassé. I

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

cependant je me trouve toujours des désira terrestres, des penchants bas et rampants. » In. — VincUnation est plutôt acquise , c'est TefTet d'une impression; aussi appelle-t-ontncZtnattonle sentiment affectueux qu'inspire une personne dont on est touché : mariage àHnclination; se faire une nouvelle inclinaiion. Le penchant est inné , ou du moins on n'en considère pas l'origine : le penchant de la nature (Moktbso.)-

La pente ressemble au penchant , en ce qu'elle nous vient de la nature et nous pousse d'ordinaire au mal. Mais elle en diflère en ce qu'elle a moins de violence. Au propre, cette différence s'aperçoit sans peine. Une colline a une pente douce , et non un penchant doux ; on dit la pente , et non le penchant d'un fleuve ; mais on dit le penchant d'un précipice. Pente donne l'idée de focilîté à descendre , et penchant celle de chute : SUT le penchant de sa ruine. — D'ailleurs, pente n'est usité qu'au singulier : il exprime quelque chose de général et de caractéristique du sujet. Mes penchants sont différentes manières d'être qui peuvent se combattre, s'affaiblir ou se corriger les unes les autres. « Si les femmes n'étaient entraînées ren les honmies que par le penchant^ peut-être un penchant plus fort pourrait l'affoiblir. » MoHTBSQ. Mais , oomme un fleuve n'a qu'une pente, et qu'elle indique son unique allure , ainsi la pente que j'ai est ma manière d'être universelle, essentielle. «La pente naturelle des femmes au plaisir d'être aimées. sLàrogb.c Nous naissons injustes; car chacun tend à soi.... 11 faut tendre au général, et la pente vers soi est le commencement de tout désordre. > Pasc. c L'homme de bien ramène ses sens au joug de la loi, et arrête la pente d'une nature toujours rapide ven le mal. » Mass.

iVopenmn vient du latin propenfto, comme inclination d*incl%nalio. Mais , au lieu qo*inclinatvon est devenu un mot commun , apparemment à cause de sa parenté évidente avec tnc^tner, verbe d'un usage continuel, propension ^ transporté dans notre langue sans ses analogues propendere, propensus, est resté un terme de science , de physique ou de métaphysique. « Les forces pénétrantes dont les corps célestes sont animés , par lesquelles ils agissent les uns sur les autres, animent aussi chaque atome de matière; et cette propension mutuelle de toutes ces parties les unes vers les autres est le premier lien des êtres. » BoFF. Dans une discussion théologique avec Bossuet, Fénelon dit que, suivant saint Frandbis de Sales, « Dieu est aimable par propension naturelle. » Hors de là, propension peut être regardé aujourd'hui comme un archaïsme, c Cette si grande soudaineté et vitesse de Tesprit , cette pointe et agilité, est chose très-dangereuse, une grande disposition et propension à la folie et manie.» Cbarr. Dans les Chinois de Regnard, un gentilhomme campagnard, qui affecte un langage suranné , dit en parlant d'un comédien qui recherche sa fille : « Ce néanmoins,' je me sens de la pmopeniton pour le jeune homme ; et dès mon premier ftge j'ai pourchassé l'accointance de messieurs du théâtre. »

INCOMMODE, FACHEUX, IMPORTUN. Ces mots

se disent des choses et des personnes qui déplai. sent , qui sont à charge , qui embarrassent , ennuient, fatiguent.

Incommode est le plus faible des trois; il sert à qualifier ce qui gêne simplement, ce qui produit le malaise, c'est-i-dire la peine la plus légère. « Les marcionites établissent deux dieux , dont l'un craignait tellement d'être incommode à qui que ce fût , qu'il ne voulait pas même faire de la peine aux méchants. » Boss. On suivra donc une juste gradation en disant : un censeur inrcommode et fâcheux (Les.), un insecte tnoommode et importun. De plus , incommode s'applique particulièrement bien aux choses dont on se sert et qui sont difficiles à manier ou d'un usage peu agréable, comme un outil, un habit, une maison , et , au figuré , l'humeur d'une personne y un valet, un mari, c Vous ne serez point de ces maris incommodes qui veulent que leurs femmes vivent comme des loups-garous. « Mol. A quoi il faut ajouter encore que , quand il est question des personnes, incommode ne s'emploie pas substantivement , comme ses deux synonymes : on ne dit pas un incommode.

Fâcheux et împorfun diffèrent aussi , quoique moins sensiblement. D'abord, s'agit-il des choses , elles sont fâcheuses par leur présence ou par leur nature , et importunes par leur action : un voisinage fâcheux, un chemin fâcheux» un état fâchetuf; un bruit , un vent , un babil importun, une pluie, une cloche, une voix, une demande importune. La chose fâcheuse est pour nous triste et source de déplaisir; la chose importune nous agace, nous agite, nous tourmente et est pour nous une cause de déplaisir. On cherche à adoucir ce qui est fâcheux, et à faire cesser ce qui est importun K D'ailleurs, une chose fâcheuse l'est absolument et toujours : un mal, un accident fâcheux^ une fâcheuse nouvelle; au lieu qu'une chose importune ne l'est que relativement, parce qu'elle agit hora de propos et nous interrompt, ou parce que son action choque et lasse par sa ûréquence ou sa continuité.

. Mais c'est surtout i l'égard des peraonnes que cette dernière différence est à observer. On est fâcheux absolument, importun relativement ; fâcheux par nature , constitué et reconnu tel , importun par accident, de fait, en raison d'une inportunité. « Un homme qu'on éveille en sursaut se lève en murmurant : 0 homme fâcheux, quel importun vous êtes! » Boss.

Ny la pette, la folm, les Urrons, ny lei Iods, Ne tuerons cestuy-cy ; mais Vim^rtun langage D'MXl/atcheux, RaGHua.

Pour exprimer le genre, on dira les fdc^ eux; Molière convient que , dans sa comédie des Fâcheux . il n'a pas peint toutes les espèces de fâcheiuo Mais on traitera d'tmportttn un homme qu*on a

4 . Cette idée d'action, propre à importun , pdarrait également serrir à distinguer ce mot d'incommode , S'il n'avait déjà été établi entre l*ua et Taulre des différences aurasantea. « Strabon rapporte que les ibia remplîasaient les ruea d'Alexandrie juaqu'é Vimportunité et i Vineommodité, attaquant ce qu'on mettait en réserre et souillant tout de leur fiente. » Burr.

DEUXIËHS l>AIiTi£

vu effecllwment importuner, ou dont on a wimâme essuyé les importnnités dans telles oircon* stances. « Aristote rencontra un jour un homme qu'il connaissait pour un importun. H aurait bien Toulu l'éviter-, mais.... » Lis. — Au reste, c'est aussi par sa présence seule qu'un homme est (àcheux, et par son action, ou intempestive ou réitérée, qu'il est importun. Un homme mrvient tout à coup là où il est de trop et Où il dérange par conséquent , c'est un fâcheu». On est importun quand on obsède les gens, qu'on les persécute, qu'on les sollicite : des créanciers t'mportuns (BouRD.); les poursuivants de Pénélope étaient des importuns, « De vouloir toujours re* prendre, corriger, exhorter, ce sentit pour un prêtre se rendre odieux et importun, » MaM.

mCROTABtE, PAUAHOXS. Diacre à ad* mettre.

IneroyahU , non croyable , se (fit en Wt d'é?é* nements. J^aradoxe , ou , suivant la manièM aietuelle de parler, pùraàoxâH, grée it«fA9s|Dc (de itapà , contre , et oô?« , opinion) , contraire à l'opinion commune, se dH en matière d'opinions ou de doctrines. On raconte des choses ineroyahUt; on avance des ehoses patadosei ou paradoxales.

Ce qui est ineroyahu ne parait pa» réel ou possible. « Cet auteur rapporte des taMê ^lorof^ hUs, 9 ACAB. c Le fils de Dietl a prédit que les corps devaient ressusciter , cela tous parait thcroyable. » BoaaD. « La superstition est venue de ce penchant qu'ont les hommes à croire ce qui leur est avantageux , quelque incroyable qu'il puisse être. > Id. < J'aime mieux vt)us parler de la hausse de nos (bnds publics, qui est ineroya- 5/e, depuis que le nouveau contrôleur général e^ en place. » ITAl. « Nos grande seigneurs font ici des banqueroutes scandaleuses et incroynMes.» Id. « Vous trouverez toujours dans l'histoire des justes je ne sais quoi ûHntroyable et de singulier, qui a même révolté la crédulité des ftges suivants. » Mass. « Les tnis qui se font à lever la taille vont à des excès incroyabks. s Boss. « Les habitants de Pormose sont excellents nageurs, et ils courent avec une vitesse incroyable. » BoFF. « Je trouva! le maréchal dans des transes et dans un abattement ^ttroyabks. • .â.S.

Ce qui est paradoxes toe paraît pas trai ou conforme aux principes de la raison, c On dirait d'abord que cette propoishion a quelque chose de paradoace. Nullement; elle est fondée sur les principes les plus solides , les plus naturels et les plus simples de la raison. » Bookd. « A cela je Àis une réponse qui paraîtra d'abord avoir quelque chose de paradoxe , mais dont on reconnaîtra bientôt la solidité et l'incontestable vérité , pour peu qu'on entende ma pensée. » In. « Proposez à un mondain de ce caractère lés opinions les plus paradoxes d'une nouvelle philosophie. » Ifi. « Proposition qui , toute paradoxe qu'elle paraît, ne laisse pas d'être exactement vraie, tant par le foit quo par la démonstration. » J. l. « J'avais trouvé dans ees écrHâ des idées «t des maximes très - paradoxes. » In. c Ce livre de , Hegius ne contient rien touchant la physique, j

sinon- mes assenions aîsts en mmiTais otdr», ei sans leurs vmies pmares, sn sorte qu'cllas paraissent pairadoxes. • Dtsc « Tonte opiiMu nouvells et pmudtmê doit être proscrite par k seule nisoa qu'elle est nouvelle. » D'Aï*. « Plam a Uniessus Un système qui tous psraSlia ssbs doute bien paradoxe, » P. A. « Halvétius prétend qu'on no peut expliquer io délice de l'avare qu'en supposant qu'il regarde au aoini l'argent eoaims la repréieiitatieB de tosu les plaisirs qu'il peut acheter. Cette idée n'est point paradMoIff.... Celle opinion psoSt pteostbie; cependant je ne la crois pas fondés. > Lak,

INCUMION, iHUrnON, nrriiW!!. Action dé troupes qui entrent dans un pays eancmi.

Jkuursim^ du latin imcurfwe, osorir dans, courir sur, exprime une eoerss, une aciwa pa»> sagèie pST eoùéqueiit, m coup de aân pour piller, comme font les eorsaires, qui se leiirmt aussitât aveo ctqu*ib ont pris. « Quant à la aautém de combattra des Moscovites , au zvi* siécl% tout se disait par ^neursioe; et quand il n'y avait plus rien à pitisr, la boyard raaiaasit ss troupe. Ta Vol*. < tes guerres des Saaoas contre les Praaos n'étaient guère que des tacamsas de hsrbarssqui veaaieat enlever des troupeaux.» Id. c Les gueives entre les cieée primitiv«s de , ritalis n'étaient que des <aoiriiam pasasgèies. > COMD. « Les Tarures . prélénmt le bnlia à Vagâ- ' culture , fMsaiUBt coatinueilemcnt des «MarMom chex leurs voisins. » In. « Terrèo ne se aût pss en peine d'eaposer la Sicile aua iwc ■riisai des ' pirates qui infestaienl les mers. » LàM. « Le préteur fut ofaangé de défendre les cdtas eoatts ïmeur9iûn des pirates. » KoLt.

I Irruption^ du ktin tmia^MM, se jeter ou fondre sur , exprime une action impétnease, qui rompt ou renverse les obstacles, et caosa des ; dégftts eu des ravages, une vifo attaque, un ! choc irrésistible et tenesle. « Us firent une trruplioa si vive sur les Algériens qui leur éaaknt opposés, qu'ils les enlbaoèreat du premier- I choc. * las. Dans U fyt>la de VâigU^ U lak I et la êkatté, la chatte dit à la laie que ai elle ; sort, l'aigle ftmdra sur ses petits : la laie nue ; chez die , afin de secourir ses petits « sa cas { d'irmpafen. » Lav. « De letsur, Sésoslife éisia I un mur depuis Pélusa Jusqu'à Héliopeiis, et ne I parut occupé qu'à mettre ses £tau à rsbti d'une irruption semblable à celle qu'il veam de taise^> Goun. « Les pauvres ne firent aucune iitupHH dans les maAsons des riches.... Ils as se jetèrent point sur les vivres qui étaientexposésen^ate.» ReiL. « Ba défeadflUit Couu et MéliUa, le Ni d'Bspagne préservât le royaume de fdmqMiisa des infidèles. » S. 3.— Dos brigands qui ne cbercbent que du butta feront des incwrwiêm; des ennemis irrités , ou barbares qui veulent se venger ou qui ne sarant que nairs, feroat une tmiph'ea. • A cette époque , riVrapitoa at le mélange de tantxle peuplée féroces avaiaat éliim dans l'occident le goût des lettres. * Uàm* « Les fl&roees habitants du nord ont ftit dnm tous les temps de» ^rmpfimt ds» les eourées d« midi > Volt.

Invasion , du latin intadert, attaquer et s*em-

SYNONWES A RADICAUX DIVERS.

p«rerease répandant dh foutes parts, exprime une action générale par laquelle on s» rend | maître de tout un grand pays. Différente de Vin- \ cursion , qui fait entendre que la troupe s'en • retoorne bientAt, au lieu de rester en possession, i Vinvasion diffère aussi de Tirruption en ce qu'eue suppose des troupes plus nombreuses, une armée, et un plusyaste théâtre, une province entière, un royaume, un empire. L'irruption ressemble à Taction d^n torrent qui , dans son cours borné , mais rapide , brise et emporte tout ce qui se trouve sur son passage ; Vinvasion est parfaitement représentée par l'action d'un fleuve qui déborde, s'étend et inonde toute une contrée. « L'Espagne ne pouvait garantir les princes dltalie de ces vexations de l'Allemagne, ni même d'une invasion totale. » S. S. « Les Scythes se répandirent dans l'Asie, la ravagèrent pendant ▼ingt-huit ans , pénétrèrent dans la Judée et s'avancèrent jusque sur les frontières de l'Egypte. Les circonstances étaient favorables à leur invasion. V CoND. c Le marquis de Ccenvres entre dans la Vaitelioe avec une armée et aftrancbit ce pays de Yinvation autrichienne. « TbLT. «Ces peuples du nord (les Tartares ou les Scythes) firent de tout temps desinvasions vers le midi.... Ils se répandirent , vers le xi* siècle , du cMé de la Hoscovie ; ils inondèrent les bords de la mer Caspienne.» In. Vinfcasion des croisés (Tu.)-, Vinvasion de la Flandre , de la Hbttande , par les armées de Louis XIV (Id.|.

INEFFAÇABLE, imHÊLSnLE. fipithètes applicables à quelque chose d'écrit, d'empreint, de marqué i qu'on ne peut faire disparaître.

Ineffaçable est im mot purement fhmçais , formé du verbe effacer, changer la face, ahérer les formes, défigurer les traits , rendre méconnaissable. Ind^i^Je est un mot tout latin-, tnde- HbUÏSy du verbe deîere^ renverser de fbnd en comble, ruiner, perdre tout à fait, dJétruire entièrement. Par conséquent, ineffaçabl» appartient à la langue commune, et indélébile se dit plutôt dans le didactique ou dans le dogmatique et en termes de théologie. Mais cette difiMreiee n'est pas la seule ni la plus eoBsidénd>]e.

La chose ineffaçabls ne peut dtre raturée) brouillée, confondue, rendue inlisibfe; la ehose indélébile ne peut être dtée, détachée. On peut toujours lire on apercevoir ce qui eHinefj^tfahk; ce qui est indélébit» reste toujours. L'éeriture est ineffaçable , l'encre indélébik.

On À de préfiéreoce des caractères inêffaçor hîes.* Cette idée générale de la beauté est gravée dans le fond de nos âmes avec det earaetères inêlfaçabks. » Pasc. « Quelle noble retenue ne doit pas accompagner des actioBt qvî seront écrites en caractères tiie/pipadlet dans le livre de la postérité I m Mass. « Cette empreinte divine est le modèle sur lequel la nature opère , modèle dont tous les traits sont exprimés en caractères ineffaçables et prononcés pour jamais. » Bufp. — Hais on dit mieux un earaetèee indélébile. or Ah l me dit-il , il n'y a qu'un caractère indélébile dans le monde, c^est celui de moine. » Volt. oc rai regardé le caractère d'historiographe comme indélébile. » Ib. « Malgi^ la plus excel-

lente éducation . le caractère de prince est trop souvent indélébile, » D*Al. a On appelle essence la qualité abstraite , qui est la marque propre et distincte du genre ou de l'espèce , son caractère indélébile. 9 M'AVir.

De même, on dira plutôt des principes ineffaçables ^T2if es au fond du-cosur (J. J.), et une tache indélébile (Id.). Un souvenir est ineffaçable (ÂCAD.), c'est à-dire que rien ne peut Tempécher d'être net aux yeux de l'esprit; un naturel est indélébile (Marm.), c'est-à-dire que rien ne peut le détruire, le faire en idler.

Ce qu'il y a proprement d'inattaquable dans ce qui est ifieffàçable, c'est la forme, elle continue à être distincte; dans ce qui est indélébile^ c'est la matière, elle est invinciblement adhérente. Des figures gravées sur le marbre sont plus ineffaçables que celles qui sont tracées sur le sable , le vent ou le pied des passants ne peut les déranger, y mettre le trouble, les bouleverser; Bui^n parie d'un animal <t dont l'urine tache et infecte d'une manière indélébile ^ » c'est-à-dire fy t des taches et communique une odeur qu'on ne peut enlever.

INÉNARRABLB, ««PPABSB, mmCMlM, 01- EXPlHilABtfi. Qu'on ne peut faire coxmattre par la parole ou par des paroles.

fnénarrable , le moins usité de ces mots, est le seul qui suppose des choses à narrer, à raconter , une suite de faits à décrire. C'esst pourquoi on ne (fit pas un sentiment, une joie iménarraMe , comme on dit un sentiment, une joie ineffable , indicible ou inexprimable. « Qui nous racontera sa génération (du fils de Dieu)? BBe est inexplicable et inéwxfrable. » Boss. c Les giftces que Dieu fiût aux ftmes par le miaietère de ses ministres sont inénarraJblet, » in. « Saint Paul , étant tran^orté au troisième ciel , vit des choses • in^narra&Z<;«. » Agad. Laharpe dit au sujet de l'histoire future des absurdités de son temps : « Il faudra bien évaluer quelque jour en langage htimain cet inénarrable excès de révolte insolent et stupide contre la raison des siècles et des nations. 9

Inefftible yieai de deux mois Urtîns , mi négatif, et effari, parler : isteffàbk, c'est-àntife dont on ne peut pas parler. En latin, effari et /^irt étaient des termes coasaorée à In rriigion; si bien que, primitivement, fmffmble s'applique aux choses saintes qfu'on ne doit pas ou qu'on as peut pas réféler , sur lesquelles on est obligé ou loroé de se taire. Le nom mystérieux de Jéhovah était ineffable chez les Hébreux, c Le grand mot devenu ineffable chez les hùià modernes, Jaho, ou 7ova, ou Jaeu, ne peut être à la fois phènieien , syrien et dialdéen. » Volt. « Les Juifs ooi dit que Jésus-Christ eft ses disciples avaient fait des mirades par le nom de Dieu , ce nom inconnu et ineffable , dont la vertu peut tout selon les Juils. et que Jésus-Christ avait découvert, on ne sait coaunent , dans le sanctuaire. » Boss. a Le Saint- Esprit est la dernière des ineffables prodUAliOlis de Dieu en lui-même. » Id.

Source ineffable de luBsièfe ,

Verbe en qui VEiemel contemple sa beauté....

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