‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 333 sur 426 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

c L'anion tMffablê des deux natures dans la seule personne d'un Homme-Dieu. » Pâsg. « Admirer les ménagements ineffables de la Providence. 9 Mass. — Hors du langage religieux, ineffable équiraut à divin ou céleste :

De vos regards difins l'ineffable douceur.... Mol. « Ineffable félicité. » J. J. Et naturellement il ne se prend qu'en bonne part : on ne dirait pas une douleur, un tourment ineffable, conune on dit une douleur, un tourment indicible ou inexprimable.

Indicible et inexprimable n'indiquent pas, ùomme inénarrable ^ Fimpossibilité de raconter, de rapporter, d'exposer en détail, mais celle de mettre au jour ou dehors , de faire entendre ; d'autre part, ils difliàrent d'ineffable non-seulement en ce qu'ils n'ont aucun rapport particulier à la religion , mais en ce qu'ils se prennent en mauvaise ainsi qu'en bonne part.

De l'un à l'autre la différence est aussi simple qu'évidente. Il n'y a pas de mots pour donner idée de ce qui est indicible^ c'est une chose cachée, inconnue» qui reste en dedans ou renfermée faute de termes ; il n'y a pas d'espr esnon pour rendre ce qui est inexprimable , tant c'est chose forte ou extraordinaire. Des tourments indicibles (Mass., Roll.) sont inouïs, n'ont pas été encore éprouvés, n'ont pas de noms dans la langue; uo diésespoir inexprimable (Volt.) est au comble, il n'y a pas de couleur assez forte pour le peindre, c J'éprouvais (en relisant VUiade) une sorte de ravissement inexprimable*.,. J'avais un plaisir secret et indicible k sentir que mon admiration était égale à son génie et à sa renommée. » Lab.

Evénements merveilleux et inénarrables, ^ Mystère ineffable , joie ineffable ou céleste ; joie ou douleur indicible , c'est-à-dire concentrée et - secrète; joie ou douleur inexprimable ^ c'est-àdire très-grande.

IIŒSPÉRS, INATTBRftU, mOPINÂ, IMPRÉVU.

Ces mots servent à qualifier des événements qui arrivent sans qu'on en ait eu l'idée auparavant.

Inespéré, qui n'a pas été espéré, regarde les choses qui forment l'objet de nos espérances, et par conséquent de nos désirs. Il est le seul de ces termes qui rappelle un mouvement ou une aspiration de notre àme vers un bien, et le seul qui se prenne tovgours et essentiellement en bonne part. Ce qui est inespéré est heureux et produit la joie. « Une nouvelle heureuse et inespérée, » ROLL. « Les moments les plus heureux et les plus inespérés, » S. S. c Les cœurs sont saisis d'une joie soudaine par la grftce inespérée d'un beau jour d'hiver. * Boss. « Source des prospérités constantes et souvent inespérées de ce royaume. » PlAch. < Un bien nous paraît d'autant plus grand, qu'il était plus inespéré. » D'Ao. « Ce conte eut un succès inespéré. » Marm. c Ressources inespérées, * In.

0 d'un État penchant l'inespéré seeours. Coav. « Soulagement inespéré. » J. J. « Les bontés tnespéréet de Dieu. » Boss. « Dieu a rasssemblé les circonstances les plus inespérées pour nous conduire au terme de nos désirs. » Mass.

Inattendu, qui n'a pas été attendu, qui est contre

notre attente, sur quoi nous n'avons pas eompiÉ. regarde les choses qui fonnent Pobjet de ua comptes, de nos calculs, de nos conjectures, ds nos inductions. Un év^ement inaiiendu acm trompe, il met notre jugement sur raveoir ea défaut, nous n'avons pas cru qu*il dût avoir liea. Dans les Horaces , la mort de Camille qui fors* une pièce nouvelle, est inattendue (Volt.). L'apparition d'un homme qu'on croit mort est inattendue (In.). Un service qu'on n'a point deoiandé et venant d'une personne présumée IndifiKrentë ou fâchée, est inattendu, cS'il trouve occasion de montrer à son bienfaiteur par queiqne serrice inattendu qu'il se ressouvient des siens, avec quel contentement intérieur il satisfait alors sa gratitude ! » J. J. La visite d'une personne est inattendue quand on la croyait bien loin^ ou qu'on n'est point avec elle en relation d'amitié ou d'aflaires. Un sentiment de clémence est invraisemblable et inattendu dans Vàme d'un tyran (Lab.). On a pensé à ce qui est titoltendu , mais on l'a trouvé improbable.

On n'a pas pensé à ce qui est inapitié. Nonseulement on n'a pas eu l'idée , la croyance qn'il dût arriver, mais on n'en a pas en Vidée ^ on ne l'a pas conçu , l'esprit ne s'en est pas occupé. En latin , opinari signifie s'imaginer , se former une idée. Une révolution (Mohtesq., Cosn.)) <z&c ^* dition (Volt.), une émeute (J. J.}, une rencoatre (Lab., Scasr.) sont inopinées^ un accident (Boss. , Mal.) est tnoptW, quand ils arrivent sans être tombés auparavant dans l'esprit, soit que dépendant entièrement du hasard, ils n'aient pas pu être soupçonnés d'avance, soit qu'ils soient si étranges , si nouveaux , «. inouïs , si improbables, qu'on n'ait pas pu s'en aviser arant l'événement, c II y a quelque effet du destin dans l'aventure inopinée de notre connaissance.» Mol. « Rodogune , dans la pièce de Corneille qui porte ce nom , passe tout d'un coup de l'excès de la méchanceté la plus atroce à l'excès de la bonté.... C'est un changement incpiné. » Volt. c Tous les jours il arrive qu'un événement inopiné, et qui a quelque chose de terrible , fait perdre l'esprit à des hommes faits, qui ont de l'expérience. » Mal. « Leur présence inopinée (des Romains) glaçait les esprits, s Moirnsc. a La chute subite d'un bâtiment neuf est tnoptnée, 9 RouB. Ce qui est inopiné est un effet du hasard, un effet sans cause, ou c'est quelque chose de prodigieux.

Imprévu, qui n'a pas été prévu, signifie proprement tnoptn^ par imprévoyance. Ce qui est imprévu met notre prudence en défaut. Ce mot s'emploie surtout en parlant de ce qui surrient dans nos affaires, dans nos entreprises, et les déconcerte, parce que nous n'avons pas su nous le représenter d'avance et le prévenir. Tels sont des obstacles tmpr^us (Volt.), des dépenses imprévues, « Nous avons manqué notre coup, et cette bourrasque tmpr^ue a renversé avec notre barque le projet que nous avions fait. » (Don Juan.) Mol. « Te voilà bien intrigué 1 ce retour imprévu ne dérangerait-il point un peu vos petites affaires f » Rbgh. « L'étendue d'esprit se forme de loin on plan , et y fait rentrer les acci-

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

mis mâme subits et imprévus, » Rou.. « Entrerise difficile et que mille accidents imprévus )uyaient déranger. » Cond. « Une seule circonance imprévue qui eût fait obstacle à ce comot, suffisait pour le faire écbouer. • J. J. }mme il faut, à la guerre, que tout soit pres- !nti, deriné, connu d'ayance, on dit, quand on 1 parle, marebe imprévue (Volt.)» attaques nprévues (Boss. , Scarr. , Roll.), l'arrivée mrévue d*uQ général (Volt.) , machines ou ruses npréwies (Boss.) , un assaut imprévu (Lab.)» une barge (Roll.), une irruption (Coiin.) impréuê.

Une mort ne peut être dite inespérée qu'autant n*on la considère comme quelque chose d'heu- 3UX. Une mort inattendue ne semblait pas deoir arriver encore. Une mort inopinée frappe omme un coup de foudre un homme jeune et leia de santé. Une mort imprévue saisît un omme sans qu'il ou sans qu'on s'y soit préparé.

Un bonheur est proprement inespéré (Moh- BSQ. , J. J., Lab. , COHD.); un service (J. J.), la Tésence d'une personne en un lieu (Id.) , le réultat d'une recherche sont inattendus ; un accient ou ce qui passe notre conception est inpiné; rien de plus commun que Texpression, as imprévu,

INFIDÈLE, PERFIDE, TRaItRB, DÉLOYAL.

toi manque de foi ou à sa fol.

InfidèU ^ non fidèle, in fidus^ annonça abanlon , délaissement , défection ; perfide , per /tdtit , !xprime une infidélité pernicieuse , propre à per- We ou k taire périr ^ un attentat. Saint Pierre l'éloignant de Jésus-Christ, qu'il renie, est un h/idéle (Boss.); Henri III faisant assassiner sous es yeux le duc de Guise, qu'il a mandé auprès le lui , commet une perfidie (Volt.). Ariane se ))aint au ciel et à la terre d'une infidélité cruelle Volt.) ; c'est une perfidie de rcHnpre une capituation (Boss.). On est quelquefois infidèle par enralnement, faute d'énergie. « Il n'est rien de dus faible et de plus imbécile, rien de plus infiièle que les femmes. » Mol. « £tes»vous, ô Dieu ivant, de ces amis infidèles qui abandonnent lans les disgr&ces, qui tournent le dos dans l'afliction T » Boss. Hais nul n'est perfide que de lessein formé, c La perfidie est un mensonge de oute la personne; c'est dans une femme l'art de )lacer un mot ou une action qui donne le change, it quelquefois de mettre en œuvre des serments it des promesses qui ne lui coûtent pas plus à aire qu'à violer* » Labr. « La perfidie et le parure ne coûtaient rien à Lysandre pour venir k out de ses desseins. « Roll. — Vinfidèle change , i perfide ou la perfide trompe. « La perfidie est ine infidélité couverte et criminelle. » Va av. Et omme Vinfidélité, quoique d'ordinaire indélibéée, est toujours une faute, sinon un erime, ce ui distingue surtout la perfidie, c'est la dissiaulatîon , le soin de cacher ses desseins. « Une emme infidèle , si elle est connue pour telle de i personne intéressée, n'est qu'in^dèle: s'il la roit fidèle , elle est perfide, s Labr. « Remarquez isqu'où Judas, cet triple disciple, pousse la ' erfidie : il ne vient pas la tête levée se saisir de i personne de son maître ; il cache la noirceur

de son dessein sous les plus tendres témoignages de l'amitié. » Mass. c Tout mari infidèle est in* juste et barbare; mais la femme infidèle fait plus : en donnant à l'homme des enfants qui ne sont pas k lui, elle trahit les uns et les autres, elle joint la perfidie k Vinfidélité. » J. J. « C'est dans la fausse conscience que se forment les p«rfidies déguisées, et, par une maudite politique, artificieusement dissimulées. » Bourd.

La lâche Perfidie, Qui d'abord en rampant se cache et s'hamilie. Puis tout à coup le?ant on homicide bras , Fait siffler ses serpents et porte le trépas. Volt. Lafrafiisofi, de iradere, livrer, est primitivement une perfidie qui consiste à livrer k l'ennemi sa patrie, ou ce qui appartient à la patrie, son trésor, ses places, son secret ou son chef; puis, en général, ce mot signifie une perfidie envers des personnes avec lesquelles on est particulièrement lié : on n'est jamais trahi que par les siens (ÂGAD.). Enfin, les trahisons sont de toutes les perfidies celles auxquelles on s'attend le moins; c'est pourquoi l'épithète de traHre se donne à un animal domestique qui s'emporte et frappe lorsqu'on ne pense à rien de semblable. On attaque en trahison une personne qui a lieu de se croire amie , et qui , par conséquent, n'est point sur ses gardes. L'action de Judas , eu égard k sa scélératesse et à son astuce , est une perfdie ; on l'appellera trahison, si on considère qu'elle fut commise par un disciple , un ami , un confident , c'est-àndire par un homme dont le Maître devait le moins se défier, c II a fait une trahison k son ami. » AcAD.

Déloyal exprime proprement un défaut de générosité ou de reconnaissance; en sorte que la déloyauté est une Iftche infidélité ou perfidie à l'égard d'un bienfaiteur. Telle est celle de Tartufe envers Orgon :

Ce monarque , en un mot , a vers vous détesté Sa lâche ingratitude et sa délojramté. Mol. Ailes faire éclater l'audace de l'ingrat; Et sa déloyauté va paraître trop noire Pour sonfljrir qu'U en ait le sucoès qu'on veut croire.

Id.

Bossuet emploie assez souvent ce mot avec la même nuance. « Elle était belle de la beauté que je lui avais donnée. Elle m'a quitté, la déloyale.,.. Je conçois sensiblement que je suis la plus méchante, la plus déloyale, la plus ingrate, la plus méprisable des créatures, si je n'aime Jésus Christ par-dessus toutes choses.... Toutes les créatures lui devraient ouvertement déclarer la guerre, à ce perfide, k ce déloyal, qui n'aime point Jésus-Christ. Mais, 6 malheur! ô ingratitude 1 c'est nous qui sommes ces déloyaux. »

nVFLEXIBLB, INEXORABLE, IMPITOTABLE, IMPLACABLE. L'idée commune à ces quatre mots est celle d'une persévérance invincible dans des sentiments de dureté et de sévérité envers les autres.

Inflexible , qui ne peut être fléchi ou plié , est le terme général. Vinexorahle est inflexible aux prières (exorare , prier). Vimpitoyable est inflexible aux maux d'autrui , k la pitié. Vimplacàble est inflexible, parce qu'il est en proie à une passien qui ne peut être apaisée (pkûare, apaiser).

Inflexible marque simplement la résistance du sujet; inesoràble et impitoyable expriment les sortes de choses auxquelles le sujet résiste; et implacable , Fétat du sujet qui résiste.

On est inflexible envers tout le monde; inexorable envers quelqu'un qui demande giftce ; im^ pitoyable envers ceux qui souffrent ; et implacable envers un ennemi.

Vinflexible est ferme & tout asssat. H ne connaît ni faiblesse, ni ménagement, ni complaisance; il est intraitable de toutes les manières. Telle est « la rigueur inflexible d'un juge que rien ne touche , ni inclination , ni compassion , ni égards, ni considération, ni crainte, ni espérance. » BoORn. « Phocion était inflexible pour maintenir la discipline dans toute sa vigueur. » RoLL. c Brutus avait une fermeté iii/lesible pour la défense du juste et de Thonnète. > In. c Quant à Vme Levasseur, je lui déclarai qu'il (allait nous séparer : sa fille vaulut m*ébranler, je fus inflexible. » J. J. « La parole de cet homme inflexible est irrévocable. » In. a Plusieurs, dans la crainte d'être trop fiaciles, se rendent inflexibles k la raison, et s'affermissent contre elle. » Boss. « Galiisthèae avait une humeur très-peu complaisante pour Alexandre. Alexandre le haïssait à cause de son humeur inflexible, » Féa . « L'auto • rite doit être inflexible pour contenir des esprits que la moindre mollesse rend insolente. * In. « On pressa Solon d'accepter la souveraineté. Il fut inflexible à toutf les discours. « Id. « Romulus consent à partager sa royauté avec Tatius ; celuici , jusqu'alors inflexible , cède à une offre si généreuse, et lui accorde sa fille. > Lah. « Votre Majesté, sur toute autre chose, s'est rendue facile ettraitable; mais sur le point d« la religion elle 8*eBt rendue inflexible. » Bouan.

L'inexorable résiste aux prières. Vous chercheriez vainement à lui arracher le pardon que vous implores. Telle est la rigueur inexorable d'un homme offensé ou simplement d'un juge qui n'écoute rien , qui est sourd à toutes les supplications. La mort est inexorMe :

On a beaa la prier,

La cruelle qu'elle est te bouche les oreillet Et nous laisse crier, c Les Juges des enfers, ces trois vieillards iiiejorables , ne comptent pour rien l'^oquence. » FÉH. Hégésippe vient supplier Phiioclès de revenir à Salente , auprès d'Idoménée , qui Ta exilé : « Aurez-vous le cœur assez dur, lui dit-il, poar être inexorable à votre roi et à vos plus tendres amis? 9 FÉN. c Vous êtes tnej»rabfe, Seigneur, TOUS avez mis un nuage entre nous et vous poar empêcher notre prière de passer jusqu'à vous. » Boss. « Celui des députés qui portait la parole conjure Coriolan de donner la paix à sa patrie ; mais ib le trouvèrent également dur et inexorable. i> Vert, c Achille voit la Grèce entière à ses pieds, et il est inexorable. » Lah. « Prières inutiles ! Il avait ailaire à un ennemi inexorable. » Les.

On a beau le prier , On ne rencontre en lai qu'un Juge inexorable,

Coair.

VinexormUe Aman est réduit i prier. VUq.

1 C'est nwi qai vous iiqplore^t qal treable a hl

tov.

ScreE-VDOS aBjowd'boà la seule ùuxorahU? Toj I Mais floyes moins ittacaratU

I Aux prières, aux pLows d'an fila i vos fi/enoci.

I L'impitoyabie est sans pitié. Il résista à task cause d'attendrissement. Vous chercheriee vafI^ ment i le toucher. Telle est la rigoaur ijRpilo|s ble d'un créancier que n'émeat point la misera de ses débiteurs. « Les pauvres auxquels Vimptoyabk avarice d'un usocîer arracba tous I& jours les entrailles. » Boss. c ImpitoytMe inh^ manité. » In. « Les souffrances des pauvres à qu le riche impitoyable a fermé son coeur et ses en traiUes.» Maas. « Un censeur iiipitoyablc et bar bare. » In. « Ce maître syrien est-U «mptioyoUe / est-ce une tigresse dont il a sucé ks mamelles dans son enfance ? v Féh. « A force de voir mmrir et soufldr , les prêtrea'et les médecins derieonent impitoyablet. » J* ^.

le serai pina «foe loi emei. im^iMajahU. Voa.

Notre ennenri oniel devant voas se déclare.

Cesthii; c'est ce ministm infidèle ei faaitere

Qui , d'an zèle trompeur i vos yeoz reréui.

Contre noire innocence ama voue verta.

Et quel autre, grand Dieu! qo^on. Bejthe imfh toyable

Aonlt de aut^tmreine dieiéreidai emnjûkt' (Uhar à A«e4ras). ftâc

Vimf/kÊteMe est emporté et dominé pu use paasioo, la colère, la haine, la vensaanoe, la jalousie , la foreur, la nge. Yaaa cheraheria mnement à le fkire revenir; tocs iffll>lieadreaBi paix, ni trftv& Telle est la rigueur intploeaUe de Dieu puniasaat las crimes des koflanea dans lé^ sus^hriat aon fils, fin e^esl lût ootie'rédeBplMr (Boss.), et teUe sera eneare, an JMgfmnet dsnier, aa rigueur imptecaèit (Boas.}. On dît uae haine taipIoeaMe; un ennemi, on Tengaur «•ploeobJe. cCbarlaa 1** était paacsuim à outra» par VimipkaeaJble maiigiiâté ée ta foiton*. » Boa. « La flamme du bèclier ae partageait en deui: L mort même n'avait pu fiai? la haina imphaik qui était entra Etéoele et Folyniea;. « P^. c ias censeurs de ee poète (Homère), fae le aqoar de deux mille ans dans le toadMsu a'a pa gaianfir d'ane haine siintfrfaraMe. » Movmou « Lakai» et la difitton de ces grands hoamms (Aihènie« n'avait rien d'tmHoeaUe. La «leâ de Vâiat ]a léeoaeiliait. * Roll.

le ssis quelle eet m riOleace {ft9tme"\ n est fler, impJoMMtf, eigri pareaBBaHMor; Mgne da.sang d'Atsée, il en a la ftnaar. ¥ov. ■énagcs, évitea voIm fiièpe effBaeé, i

VMent comme voaa, profoedésaMt Jdeasé :

Ne vous eflbfoes point de le readre iwftmdUi iaisses-moi rapaiser. lo.

nruTRHci, ADTmirÉ, rosrem, bpb.

AfiGEHDAMT, CRAmt. Cee mois eiprineDi eel qu'on a d'aetioa sur l'eaprit; ou la volcoité dTav pereouDe. |

Jn/biefiaeeet de tous ces mots criui qui signill i ridée eommaae de la aumière la plas siinpled la pliia faible. Aussi peut-il servir à définir iei' autres. Avec de ria^tieiice, on a quelque part, ell ne laiase pas de eontribuer en quelqae ciiaae nal

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

ntés de quelqu'tm, on y coopère-, c'est une inaction , une action aussi peu contraignante possible et exercée sur fintelligence , et non le sentiment ou sur Tâme. D'ailleurs, c^est out par rapport aux affaires et aux résolus, qui les doivent terminer , qu'on a de Tnince. « Les plébéiens augmentèrent leur innée dans les décisions publiques. » VoirnSQ. m ne laissait au peuple presque aucune inmce dans les sufThiges. » In. « Jean II, roi de (tiUe, n*avait aucune in/fii«ner dans les affaires VEurope. » Volt. « Lorsque Corneille donna le i . les Espagnols avaient sur tous les^ théfttres rCurope la même influencB que dans les afres publiques, s In. < Le régent ne laissa Jais, ni à ses complaisants, ni à ses favorites, :une influence dans les grandes afbires. • RU. « Ce sont tontes oes associations tacites formelles qui modilSent de tant de manières les parences de la volonté publique par Vinfluence la leur. » J. J.

Vautorité est une espèce d tn/fumeetout à fait nincte , celle qui est exercée par des hommes poids et de considération, par les bommes l'on respecte et qu'on honore à cause de leur ractère, de leur âge, de leur Tertu, de leur satsse. Vautoriié d*an père (Lbs.) de Tantiquité Asc.\ de rSgiise (lo.). d'un grand docteuT(FiK.). Quelle prudence doit avoir une femme pour »piènr et conserver sur ses enfants Ponforitif, ins perdre Famitié et la confiance 1 » Tiv. Prêtres, ayez pour tos f^res le zèle et la tenresse d'un pasteur; et vous aurer bientôt sur iix VautoTîîé d'un maître. » Kass. VautorUé ftpose, persuade, et on suit son Impulsion, irce qu'on ne peut s'empêcher de lui fendre ommage.

Le pouvoir est une infhuntcê puissante, prèsmte, qui fait qu'on n'a pas la Ibrce de nous ré* ister, qu'on se rend à nos désirs, et (fest d'orinaire à cause d'un grand' attachement, liais ette influence n'est pas aussi générale , aussi tendue, aussi complète, aussi dominante que elle qui est désignée par emptn. La personne QT qui j*al du powooir ne sait guère me rien re* oser, ell^ me cède presque toujours; la per» onne sur qui J'ai de l'empire est à ma dévotion, e règle tous ses mouvements , Je hri commande , e la gouverne, je la mène riïsolument. L'empire st essentièllemeot absolu. « Quaiid on réfléchit [ue ces hommes , à qui on est si jaloux de faire entir son pûuwir et sur qui on veut prendre un mphe absolu, sont des- hommes comme nous....» V)7XD. € Que me dirait ici la philosophie, de la orce de la puistnncs , de l'empire de la raison , [oi est la reine d% la vie humaine? » Boss. (^empire absolu saî la terre et sur Tende, Ge^>oat(«ir soevendu que j'ai sur tout le monde.

Or, comme Pempire a du rapport au poufoiir, toQt il diffère pourtant d'une manière sensible , 'iueendant a du rapport à l'empire. Ce qui l'en êpare , c'est qu'il est inexplicable et irrésistible. '^tceniant est quelque chose de nital, dont on •c peut se rendre compte , une espèce de charme ^ de fascination , quelque chose qui tient de la

magie et du prodige; effet d'une supérîorîlé plus ou moins vaguement sentie et dont on est comme accablé** On dit qu'une vipère ou un crapaud, fixant I le rossignol, lorequ'il chante, le ihscme par le I seul Oicendani de son regard , au point qu'il perd insensiblement la voix et tombe. » Bupp. VoMcen» \ dont prodigieux que les femmes ont sur les I hommes en Orient (HoiYtbsq.). « Je n'ai que trop i éprouvé , dit le joueur désespéré , VaseendaM af- I freux de la destinée qfui me poursuit, w D'At. ! « Toujours subjugué par l'ejcendont de l'eraiite, Zadig le suivit malgrt lui à la dernièie couohée.» Vorr.

Son cœur (de Bnitas] indépendant . Sur mes sens étonnés prend un Der ascendant, (César, dans la JKbr/ de CéMar). U».

c L'oscendanl de la volupté entraîne une âme mondaine; elle ne peut résister à ce charme im^ périeu^. v Mass. « L'algua^il nous regarda de travers, et nous imposa silence; je ne sais pourquoi ces gens^'là ont un ascendant sur nous (voleurs). 9 Lss. L'empire est quelquefois volontaire de la part de celui qui le subit; avec moins de mollesse et d'insouciance, on parviendrait à le secouer. Mais Vateendant est totalement insurmontable comme la destinée , dont il semble un effet. — De plus , on prend VoKendam comme le dessus , et on exerce l'empire comme le commandement ; l'un se considère au moment où il s'établit, l'autre se considère bien aussi au moment où on en use. < Je laisse la foi prendre sur moi Vascendant et exercer son empire. » Booan.

Le crédit est une espèce d'in/fvence facile à ea. ractériser et à reconnaître, Vinfliuenee auprès d'un prince ou d'un grand , qu'on dirige dans la dispensation db ses bienfliits. c Le erédU est l'usage de la puissanee d^aucrui.... Ausm parie4on du orMft d'un simple particulier anprts dHin grand, d'un grand auprès d'un ministre, de celui d'un ministre auprès du souverain. » DuGL. u Marie de Médicis croyait assurer son crédit en donnant l'autorité à un homme (Richelieu) en qui elle mettait toute sa confiance. La Vieuville, qui avait alors toute la fKveur, était le seul qui pût balancer le crédit du cardinal. » Cond. « Nous employons les talents du ministère à nous rendre recemmandables auprès des grands et des puissants , à nous acquérir du crédit et de la considération dans le monde. » Mass. « Dans eon enfance, Louis XIV avait à peine du crédit : il ne disposait d'aucune grftoe, il n'avait que la voie de la recommandation et des prières auprès du cardinal et de la régente. » Volt.

IMIiffilTÉ, DÉSfiRT, gOLITAIRE, SAtIVAiSS. fipithètes applicables à des lieux où il n^ a pas d'hommes.

Les liettx inhabités mantnxent d^habifuntSj ne sont pas occupés par des hommes. Les lieux déserts (ée deserere , abandonner) ont été d^erfiéf ou abandonnés; on lésa fuis pour une raison quelconque. «Dans ce temps, les terres avancées . étaient encore brûlantes, et sont demeurées désertes pendant un long espace de temps. Il semble même que la mémoire s'en soit conservée par la 'tradition; car les anciens étaient persuadés que I les terres de la zone torride étaient inhabitées. •

DEOXiËME PARTIE :

Barr .— De plus, inhabité eit absolu et n'a rapport à aucun état antérieur, c On a des preuves que ces animaur (les chênes et les brebis) sont naturellement amis de l'homme, et que dans les lieux inhabitéMïiM ne deviennent point sauvages.» BuFF. c Au milieu de ces vallons inhabités et de ces roches escarpées, saint Bernard se choisit encore un trou profond. » Boas. Mais ce qui est désert peut être devenu tel , avoir été évacué. Bans les grands froids , la campagne est déserte (1. J.); à l'époque où les ascètes se retiraient dans les solitudes de la Thébalde , les villes entières étaient presque désertes (Boss.). Après la mort de Louis XIV , « la cour ne parut plus à Madame qu'une solitude affreuse; elle crut vivre dans une terre déssrte et abandonnée. » Mass. La ville de Revel ayant été prise d'assaut par les Russes, oeuz-ci furent fort étonnés, en y entrant, de la trouver déserte. Les habitants avaient pu s'embarquer sur quelques vaisseaux de Suède (volt.). Vous appelez inhabité un quartier peu peuplé d'une ville; un quartier d'une ville vient-ilà être frappé d'une contagion, il est bientôt désert. — Enfin, inhabité est un terme de géographie qui n*a aucune signification accessoire , qui ne donne des lieux dont il est question aucune idée avantageuse ou défavorable ; tandis que désert les représente dans un état de délaissement , de désolation , comme incultes , nus , vides , dépourvus de tout. Dans le Télémaque^ Philoctète, déposé par les Grecs dans 111e de Lemnos, voit arriver à lui Néoptolème, et lui crie : < 0 étranger, quel malheur t'a conduit dans cette lie inhabités? 0 qu'il me tarde de trouver sur tes lèvres cette langue que je ne puis parler à personne depuis si longtemps dans cette solitude 1» Plus haut, il avait raconté comment « il demeura seul, sans secours, sans espérance , sans soulagement, livré à d'horribles douleurs, dans cette lie déserte et sauvage. »

Solitairs a aussi son idée propre, comme désert; mais ce n'est pas celle d'abandon et de dénûment, c'est celle de solitude, d'éloignement du monde. Un lieu solitaire est écarté ; on y vit retiré, tranquille, loin de la fréquentation des hommes ) des regards et du, tumulte. « Je m'asseyais dans les réduits les plus riants et les plus solitaires pour y rêver à mon aise. » J. J. « Paul £mile, malade, s'embarqua pour Vélie, où il demeura assez longtemps près de la mer, dans une maison fort solitaire et fort retirée. » Roll. « Ce sont des trembleurs, ainsi nommés pour avoir pris la fuite dans un combat. Leur extérieur sert à les faire reconnaître, et les humilie si fort qu'ils ne fréquentent que les lieux solitaires. • Barth.

Sauwige réunit les deux nuances de solitaire 9% de désert. On l'applique à des lieux solitaires en môme temps que sans culture et affreux , comme sont ceux qui servent de retraite aux animaux sauvages. J. J. Rousseau dit en parlant de l'Ermitage , petite campagne charmante et très-bien cultivée qu'il habitait à quatre lieues de Paris : « Ce lieu solitaire plutôt que sauvage me transportait au bout du monde. » On dit un asile folitaire (Acad.), et un sauvage désert (Fân.).

BRTEMLER. CEXHUXEl, Kai|| 1ER). Mettre en tecre un corps mort.

Stymologiqaement, ces deux mots cgLiii exactement la même chose , mettre en tem: ^ tnftiMMr se compose de t», en, et himwx.ïEa Seulement, inhwmer est de fonnation latas^i enierrer de lionaiUon fjnnçûae : de U tKx ) différence.

JfiMiflier l'emporte en nobleae : c'est eaUm avec des cérémonies leligiensee , rendre \ais niers devoirs ou les honneurs funèbres; n U qu'enlerrer exprime simplement l'acte mstsn de déposer dans la terre. Le prêtre tnhuwu 4 morts , le fossoyeur les enterre. Oa n'inkmwu pa on enterra les corps des animao; on assassi n'inhume pas, il enlenre le cadanne de U penooa qu'il a tttà.

Toutefois, on n'use pas d'une n grande péd non dans le langage commua; on se sert assi d'enlerrer pour dire mettre en terre swniA ca tains rites. C'est qn'alors on ne veut expiice aucune solennité, mais indiquer antre cisese l'endroit de la sépulture , par emspfe. Yàtm traite d'inl&me l'ancienne ooBlnBe d'ealrrrer k morts dans les églises , pares qa*H s'en ezhak un I odeur pestilentielle, c Abraham, étant dans li Palestine, demande aux seisneon du payi jus qu'à la terre où il enlerr» sa foBDeSeia. > Boss « Je mourrai dans la terre où vcasverct nt<m< et j'y choisirai ma sépulture, disùX ÏJSJi^iSQé mi. » In. « Encore qu'il soit écrit qa'A&b^ fi enterré dans la cité de David , r&ffitnrc msr^^i expressément qu'on ne le reçut pas dam le sa pulcre des rois d'Israël. » Id. « MneUpriaces^ d« Gonti veut être enierrée à sa paiosst simple ment, comme la moindre femme.» Ssv. ^M cardinal de Toumon fut snlerrë dans l'église ^ la Propagande sans aucune pompe. » S S. A{fi le combat on enterre les morts sar te champ 4 bataille. « Le carnage fut si graad el U ivùse 1 prompte, qu'il ne resta personne pour esimi les morts. » Roll.

Mais on préfère et il faut préférer ûOunMr.sl s'agit, non d*un simple enlerreiient, mais de f^ Dérailles, c'est-à-dire d'un enferveafiil ftit an pompe. On enterre tout le monde, cm i^knme k rois; on enterre de toutes les rnsBières, on xi hume avec de grandes Gérèooiiies, de griid honneurs. « Les rois qui ont biti kap^rasà» n'ont pas eu le pouvoir d'y être inlraaiét, d lâ n'ont pas joui de leur sépulcre. » Boss. c ia 1j« de traîner sur la claie ce prétendu sainét.a Vinhuma avec la plus grande pompe. » Te^, c Les soldats russes commandés pour gasic*! dans le château de Mittau , les caveaux où eoi^ inhumés les grands-ducs de Gourlande. > 1^ c Si les Anglais ont tn^um^ le célèbre Oldiel: i côté de leurs rois , ce n'était pas son métier, JSii son talent qu'ils voulaient honorer. • J. J. « tâi honneurs des obsèques de Marlborough ei )^ magnificence égalèrent, à peu de chose p»\ celles des rois d'Angleterre : il fat tnftisw i| Westminster, dans la chapelle de HeaiiVlli S. S. c Ua mère n'était point fâchée qoe ^ mari fût tnAum^ avec éclat.... Scipioa alli <^^ prendre les mesures nécessaires pour re£ib<â>

SYNONYiœS À RADICAUX DIVERS.

^r^îlles superbes. » Les. « François de Borgia déterminé à qiûtter le monde par la vue du ivre d'une reine et d'nne impératrice, qu'il eut 'e de faire aolennellement inhwMr. » Bourd. î corps de Tatius fut porté à Rome, où il fut urne" en grande pompe. » Roll. * <INTEI.I.IGIBLE , INCOMPRÉHENSIBLE , IN- ECEVABLE. Insaisissable à notre esprit.

nintelligible, c'est ce qui ne peut être endu ; car notre verbe entendre répond exacte* Dt au latin intelUgere , d'où rient winteUigi- . « Cela ne s'entend point; cette pbrase> est nleUigihU. » Volt. < II me fait un crime crire pour être entendv; je n'enm à personne profond saToir qui n'engendre que des écrits ntelligxbUs.r^l.J.

Ces trois mots diffèrent donc comme Entendre, fnprendre et concevoir (roy.p. 673).

Inintelligible se rapporte à l'expression seule : rgon (J. J.), style (Volt.), phrase (In.), inriptîons (Id.)^ maximes (Mass.) ininteUigibleM. Entasser sur la Trinité force discours ininteîlù hles. a» J. J. c On a expliqué Âristote de mille çons , parce qu'il était inintelligible» » Volt. Platon fut inintelligible comme les autres tiiiosophes , mais plus éloquent. » lo. « On ne lit ce que c'est qu'une dme légitimée : c'est une xpressioa inintelligible, s Lab. « Ce style brusiie jette beaucoup d'obscurité dans le disours : et c'est ce qui est arrivé à Thucydide , urtout dans les harangues, qui sont, en beaucoup d'endroits , presque inintelligibles. » Roll. Incompréhensible se rapporte à la nature des îhoses. « Dieu est incompréhensible, » Pasc. , V'^oLT. « Le moyen d'union de l'âme et du corps me t>ara!t absolument incompréhensible. » J. J. « L'homme doit comprendre qu'il est un monstre incompréhensible. » Pasc. s Cherchons le repos de notre esprit en nous perdant dans l'abîme sans fond d'une yérité (celle de la grftce) aussi assurée qu'elle est incompréhensible, » Boss. a Quelque incompréhensibles que soient les effets de la nature, quelque compliqués qu'ils nous paraissent, nous les jugerons comme les plus ôTidents et les plus simples. » Buff. « La destruction des templiers est un des événements les plus incompréhensibles, » Volt. « On cherche du merveilleux , il est partout, puisque les moindres ouvrages de la nature sont incompréhensibles. » ID. Voltaire reproche à Lefrane de Pompignan

4 . Enlre exhumer et déterrer, la différence est la même. Le premier est un terme dislingué qui signifie un acte d'auloriié; le second est un mot du langage commua qui désigne l'action matérielle do rouir la terre pour en retirer un corps mort. « Sous Henri II, le seigneur de Monins, commandant de Bordeaux , ayant été massacré par des séditieux , le connétable Anne de Montmorency, gouverneur du Languedoc, vint avec un maître des requêtes interdire le parlement; il fit exhumer le corps du seigneur de Monins, par tous les orficiers du corps de ville, qui furent obligés de le déterrer avec leurs ongles. » Volt. — Au figuré, ces deux mots se disent de Taction de découvrir des choses profondément cachées. Seulement, exhumer est d'un style plus relevé, plus choisi , et déterrer appartient au langage vulgaire : exhumer des titres, déterrer des Utres:

d'avoir, dans une ode, appelé Dieu un. être tV intelligible. Il ajoute avec raison qu'il fallait mettre incompréhensible^ d'autant f\\x* inintelligible exprime toujours un défaut, etqu'mcompréhensible peut être appliqué aux choses saintes et respectables, comme les mystères delà religion. Ce qui est incompréhensible est de sa nature impénétrable à notre raison; nous ne pouvons nous en rendre compte; nous y trouvons une obscurité , non pas de forme ou de termes , mais de fond , essentielle , et qui demande , non pas une définition de mots , mais un éclaircissement ou une explication de chose, un dénoûment, une solution, c Sans ce mystère, le plus incompréhensible de tous (celui de la transmission du péché originel) , nous sommes incompréhensibles à nous - mêmes. Le nœud de notre condition prend ses retours et ses plis dans cet abîme. > Pasc.

Incompréhensible s'emploie bien quelquefois en parhint d'un discours ou d'un livre; mais c'est moins en ayant égard au sens littéral qu'aux idées qui échappent , ou dans lesquelles on croit voir des difficultés ou des contradictions. « Jésus- Christ avait dit qu'il pourrait détruire le temple et le rebâtir en trois jours. Un tel discours était incompréhensible pour les Juifs charnels. » Volt. c II est permis , en lisant l'Ëcriture , de ne pas comprendre les passages qu'on trouve incompréhensibles. » J. J. a Rabelais est tneompr^/iensible; son livre est une énigme inexplicable : c'est une chimère, c'est le visage d'une belle femme , avec des pieds et une queue de serpent : c'est un monstrueux assemblage d'une morale fine et ingénieuse et d'une sale corruption. > Labr.

Inconcevable J dont on ne peut se faire une idée, signifie d'abord au propre ce que l'imagination ne peut se représenter. <c Loin de pouvoir imaginer aucun ordre dans le concours fortuit des éléments , je ne puis pas même imaginer le combat, et le chaos de l'univers m'est plus in-' concevable que son harmonie.» J. J. Mais ensuite et le plus souvent il se prend, comme incompréhensihle, pour qualifier une chose à l'égard de laquelle notre raison succombe , est impuissante.

Alors, incompréhensible est objectif, et marque plutôt l'impossibilité de la chose à être saisie par la raison; de là vient qu'il sert à former un substantif qualificatif, incompréhensibilité. Inconcevable est subjectif, et fait plutôt songer à la faiblesse de notre raison : « Dieu nous est ineon; cevabie, misérables apprentis q«e nous sommes.» Boss.

D'ailleurs, incompréh nsible n'est pas précisément la même chose qu'inconcevable. Je nepuis m'expliquer ce qui est incompréhensible je n'en ai pas une idée claire ; c'est pour moi quelque chose de mystérieux : ce qui est incon" cevàble n'entre pas dans mon esprit , me paraît incroyable. L'un marque l'obscurité de la chose et notre ignorance à son égard; l'autre, l'énormité, l'étrangeté de la chose et' notre étonnement. Votre conduite est incompréhensible; on ne peut en apercevoir la raison ou les motifs,

I^EUXIÈHE f AATtt :

c'est un mystère, un abime. Votre conduite est inconeetàbls ; c'est à n'y pas croire, }• ne Tau* rais jamais cru; cela est extraordinaire, prodigfieux , cela me passe. 1. 1. Rousseau dit d'une chose ineompréhmtiblê, qu'elle est inconnue» obscure, mystérieuse; ajoutez-y embarrassante, inexplicable; et d'une chose tnsoiicetabie, qu'elle est contradictoire, absurde; on pourrait y joindre, incroyable, inadmissible.

1« IHJORES, nfVEGTtVSS; -^ t" fiOmSIS, POUILLBS. Paroles blessantes.

Injuret et inveetites sont de tous les styles , même du plus relevé ; toUiset et f9uUUs , au contraire , manquent de noblesse.

1* Injures , hweetiws.

Injure, latin injuria lin jus ^ eoatie la droit) est un substantif pur; invectives, du latin tu* vehi , s'emporter ou se déchaîner coirtre , est on substantif verbal. Les injures ont rapport au fond, au sens des paroles; les inveeUves, à la forme , à la manière dont les paroles sont eiprimées, ou au fait de leur expression. On dit des injures , on charge ^injures , les tnjuraf sont des choses ; on fait des inveetivês oomme on îsJà des déclamations, les inteetives sont des faits. Les injures sont fondées ou mensongères; on les trouve plus ou moins bl&mables ; on répond à des raisons par des injures. Mais on s'emporte en inr vecHves, ou on en entend ; les inveeHves sont, Suivant ht force primitive du mot, véhémentes, furieuses et quelquefois brutales. On s'est servi d'injures pieuses pour combattre Montesquieu; quel avantage la religion a-t-elle tiré des invsC' fives tant de fois répétées contre l'illustre auteur de VEsprii des lois? (D'Al.). Dans l'antiquité les orateurs ne s'épargnaient pas les injures; quand eXks n'étaient que des mensonges , elles ne eompromettaient que celui qui les avait proférées; et quand elles étaient fondées , on pensait qu'un homme libre avait le droit de tout dire , «t qu^n homme pouvait sans honte entendra des invectives (Lab.)- « Démosthène s'opposa fortement à cette loi, en ménageant beaucoup néanmoins oehii qui l'avait proposée , louant ses bonnea in. tentions, ne parlant de lui qu'avec estime manière de réfuter Lien plus efficace que ces violentes invectives dont le style aigre et passionné n'est propre qu'à aliéner les esprits, et à rendre suspect un orateur qui décrie lui-même Sa cause et en montre le faible en substituant des injures aux raisons , seules capables de persuader. » ROLL.

Injures est plutôt ushA au pluriel pourdédgnerles choses outra^euses qu'on se reprocha, tandis que invective se prend plus souvent au singulier, pour signifier le dit ou le discours qui les produit ou les manifeste. « Afin qu'il ne semble pas que je veuille faire aijjourd'hui une invective inutile (contre les protestants), je conduirai ce discours avec une telle modération que sans les charger d'tnjursf , je les presserai par de vives raisons tirées des écritures divines. » Boss.

Les injures peuvent être modérées , dites de sang-froid; les tnve^tres sont passionnées, emportées, Tîolentes , éclatantes. « Mon Dieu! tout

douz.'Vous alloB d'aboid aux «noecfo'i^ei. h que nous ne pouvons pas raisonner cnâcl sans MU3 tmporterf Là, parlons de saa§-Li (Toine&te à Argaa, Malade imaginaire).

« L'âme de Clytennestre, tourmentée et brasée comme un Tolcan, Tépaad contre h^ BMDnon deatoireots de^tprocbsB, é'itsuôan de douleurs, de fureurs. » Lab. « A peine ïak de Scint-Cyran eut fermé les yeux que lcs{ suites as débordèrent ea une infinité de nounl tflie«el»Mt eontre aa mémoirs. » Bac

Les i^ftr se considéruit essentiellamei quant à leur aflel propre, qai est d'o/fienser • ehagrinsr, ne peiwrent tee ^lî^èes que coi les pamnoea; on ftit anasi des inuectives cont les choses, contre les vices (J. I.), oonXie taina Ifcvxea (In.), contre ka grandenra ou injustices du monde (Mass.), oanUe la. leUgi^ (Boss., Vow.).

Les snvertiMt ne se oonsldémnt que par np* port à lafonne , au mode d'action , oe mot Rp!ésente qnekpsefois un genre de discours piis aa point de vue littéraire, afastraetion faite* dt totf ce qui en- résulle de ftoheux. « Dana les (Aaidoyers romaina on était convenu, aans dôme, de regarder rtavecttee eonune une figuie «»• toire. » Maui. « Chaqw ligne dans Aristophane est une insulte ou ime allusion; et ee n'est pai ainsi que doit inveeUver la TéritaUe comédie. > In. c M. Lefranc de Pompignan a«4«iÈl lait as belles sfHMdiver contre les déistes de nos jo«Js?> Volt. < L'abbé Desfontaines, ne oompllsunr d'invselioeff hébdomadairea. » D'Aï..

f Sottises jpauilies.

Sottises est populaire, et pottiUes Unuto seulement. Les geoa du people étant toiçoun supposés de soffes gens, des gens qui parleat d'une manière impertinente , à tort et à Iraven, on donne le nom de sollûer à leurs injuret. c Dans ce livre de La Beanaéile on tionve queU Discorde va dire des aottûes au pope. L'anteui a cm que solttssr était synonyme d'tfi;«res : c^ est vrai dans la bonche du peuple et sous U plnme des maavais critiques , mais non pas dba ceux qui savent le français. » Lan. > Le jour c» M. le duc d'Orléans fut donner Feao bénite à la danphîne» la foule dn peuple dit tout haut toutea softes de aoKiset contie lui. » S. S. « C'était à son s^jet que j'avais ea, disputa avec l'annurier, et ce misémble nanoBwre m'av». dit de lui mille folfûet que je n'avais pu soaffnr.»LB8.

SlàMMI jàooa

(revendeuse à 1« toilette, dans Tbrem^).

«Une Insotenle! mot! Je sois une taaoleoie...

Jour de Dieu! ne vous j joaes pas! s'tt ne tient qs*!

dire des injurét^ Je m'en ocqoitieni aussi bise qse

voos. »

MAPtmr TUaCABET.

« Oh ! Je n'en doute pes : la flUe d'Un marérfai] de Domfront ne doit pis demeurer en reste de sottiaes. > 1d.

Fouilles; injure qui consiste à traiter de posiî- UuSf est toujours un terme de plaisanterie qui peut se dire ou se trouTer dans la bouche des personnes les plus distinguées par leur rang on par leur esprit. Voltaire écrit au roi de Prusse :

SYNONYMES À ftAQICiaLUX DIVERS.

faste que vous me pardonniez toutes les utiles que j*ai dites à Votre Majesté, et la haine rdiale que j'ai pour votre xoélier de César ! » au commencemeat d'une lettre à un intendant

Moulins, on lit : «c Un peu de maladie m*a ivé de la eonsolattion de tous écrire des poutlles ma main. Hélas 1 cruel que tous êtes, c'est sn TOUS qui faites l'uitendant avec moi , en ne pondant point à mes requêtes ! » c Gomme ne de Thianges était très -propre pour son axiger, le roi prenait plaisir 4 lui fairp mettre is ckeveoz dans du beurre, et à lui faire d'aues vilenies pareilles. Elle voulait s'en aller, tantait poiiiifef au roi, mhj» «ans mesure, et lelquefois, à travers la table, faisait mine de i jeter ces saletés au nez. » S. S.

INQCIBTBR, TODIUlBIi'rER . YEBSR, HOtES- ER, PBaSBCOTBIL Causer de la peine à quelx'iin, lui susciter quelque chose de f&cbeux. Inquiéter j rendre t'ngut^, c'est fafre une pelé peine , ceile qui consiste simplement à trou- Ler le repos, à ne pas laisaer jouir delatranuillit^ ou du calme. « Qu'un hypocrite trouble w ses entreprieee le repos de ceux qu'il lui laU d'inquiéter.,.. » Bo^oan. Jourmeater, de irqttere^ tordre, eiprime, au contraire, la plus >rte des peines, une torlwe. Vo beaoiu nous tqut^e; la douleur nous tcmmmte : « Dieu fait uni i notre ftme nu corps immortel si bien ssorti aTee elle, qu'elle n'était «i imqmétée par ucun besoin , ni tomrmentée par aucune dou. mr. B Boss. « L'figUse fut teufwneKtée d'une ruelle manière sous l'empereur Valens. > Ij>. .Iiomme tnqut^^ n'est pas paisible; ri&omine ourmenf^est an suppUoe, en proie à la aoufrance. Le créancier qui voue énqmiète altère & )eine votre repos; le créancier qui vous leurnente vous traite sans aucun .ménagement.

Texer et 'moleeUr impliquent l'un :et l'autre 'idée d'injustice. Les choses peuvent noua «V \uiétêT et nous tourmenter; les pexBonnes eeales ont capables de nous vwerétde nensinafavfer. St lorsque nous sommes tn^tiAi^« ou. tounnefii^s, oit par les cboses, sett par les peraoncnes , nous bâtissons , notre âme est désagn^ablement afiec. ée; au lieu que quand on nous ne»e on qu'on lous motesfe, nous avons le sentiment d'un tort )ul nous est lait, et nous éptouvona en conséquence de riadignatien.

Fesper annonce une injuJBtice comnisa par abns l'autorité on de pouvoir; et Molester , une in|aBice commise par la mauvaise foi, qui cherabe ïfaicane et qui querelle kors de propos.

On vetoe en opprimant, on «ese le subordemi, e sujet, le fisàble, le panvre. < Autrement, il n*y i pas d'homme riche on puissant qui ne pdt teeer mpunément toutes les vicSImei qu'il voudrait ae shoisir dans les rangs inférieurs, v Baaon. « tin nuvre peuple te9é et opprimé par rescèe et la loreté de ses exactions (du prêtre). > Mass. « La eunesse patricienne vexait ceux des plébéiens lui étaient les plus faibles et les plus exposés

l'injure. » Rou.. « Le seigneur et ceux qui èvent lee revenus du prince vexeront l'esclave, evr à tour. 9 MoansQ. « Que les souverains éprennent è eui tant de droite (usurpés par le

clergé) dont on a si souvent abusé pour vexer les ujcts qu'ils doivent protéger. » Volt.

Mais on moleste en tracassant , on moleste celui contre qui on élève de mauvaises difficultés, à qui de gaieté de cœur on fait des algarades. «Albôroni publiait que le roi d'Espagne aurait une armée et une flotte nombreuses , pour maintenir ses droits et ses amis, si aucun était molesté en haine de cette amitié. » S. S. « Vous m'apprenez qu'on tourmente les protestants d'Alsace.... Ils sont dessujets très-fidèles, et n'ont jamais remué : je serais bien surpris qu'on les molestât.... » Volt. Descartes écrit aux magistrats d'Utrecht qui l'inquiétaient sous de mauvais prétextes : « Après une telle réponse (de ma part) , je ne pensais pas qu'il fût possible que vous eussiez aucune intention de me molester. »

D'ailleurs, la vexation est plus particulièrement une exaction , un vol fait par un supérieur à im inférieur; Taction de molester consiste à causer du désagrément, des embarras, des tracasseries, c La malédiction prononcée dans l'Evangile contre les publicains ne doit regarder que ceux qui abusent de leur emploi pour vexer le peuple. » Volt. « Je demande comment on a souffert qu'un homme tel que Jurieu mclestât un homme tel que Bayle? » In.

Persécuter signifie tounneuter ou vexer avec persévérance, persistance, opiniâtreté (en latin pertinacia, j^ervicacia). Ce mot enchérit donc sur tous les autres par l'idée de suite, de constance, d'acharnement qu'il exprime. « Payons les dettes d'un .vieil évoque obsédé, tourmenté, persécuté par une foule importune de créanciers. » Les.

Bs (pM diréOens) font des vœux pour nous qui les pertéeiUons f

Et depuis tant de temps que' nous les tourmentons.

Les a-b-oo vus mutins? Couf.

« Alors, disait David à Dieu, je saurai pourquoi voue avez permis que ce juste fût vexé et perseeuté, » Bouan: « Montesquieu ne fut pas persécuté : il ne fut qu'un peu molesta pour ses Lettres persanes. » Voly.

IN8PBUTI0N, INSmUATION, PERSUASION, INfiriGATION, SUGGESTION. (INSPIRER. INSI- IfUBR, JPERfllJADGR, INSTIGUER, SUGGERER). Manières ou moyens de porter, d'engager, de décider quelqu'un A quelque chose , de le faire agir conmie on veut.

Jnsptration (du latin m jptrore, soufiler dans) désigne primitivement l'action de Dieu , qui mit dans le corps de l'homme un souffle de son esprit, ou celle de l'Esprit saint, qui souffle où il veut , on œlle d'un génie ou du génie, qui anime les artistes d'un eouffle divin. Hors de cette application unique , tn*ptra(ioii est de tous ces mots le plus général. Ce qu'on nous inspire, on BOUS le met dans l'esprit; rttuptrotton est un socif/Ze, un principe d'action, et celui qui suit ISnsptratton d'un autre agit par lui, et non par soi. Voilà sur ce mot tout ce qu'on peut dire de plus caractéristique.

Vinsinuation (in sinu , dans le sein) est essentiellement adroite. Elle consiste à s'tTuinuer, à se glisser dans le sein , à s'emparer de l'esprit ou do la volonté d'une manière sitimute ou détournée.

DEUXIÈME PAKTK

La persuasion (de per tuadere , conseiller entièrement, d'une manière parfaite) est essentiellement pathétique ou conraincante. Elle réussit, non pas par des finesses et des détours, mais par la puissance de la parole et la force de Tonction.

Vinstigatùm {à'instigare , exciter, formé du grec <rr(;eiv , piquer) est essentiellement vive et pressante. Son effet est d'exciter , d'animer , de soulerer, de proToquer à agir, en mettant dans 'on état d'irritation.

La suggestion (de subyerere, porter dessons ou en dessous] est essentiellement cachée ; elle agit en dessous, sous-msÂn, d'une manière souterraine , f ubreptice , et par conséquent odieuse.

Vinspiratipn est comme l'âme qui vous meut. Vinsinuation youff gagne par des préparations , des ménagements ou des flatteries. La p^suasion emporte votre acquiescement par la force des raisons ou Tefficacité des conseils. Vinstigation TOUS remplit d'ardeur en tous piquant et en tous sollicitant. La suggestion vous trompe et tous suhjugue par des ressorts secrets et artîfidaux.

hà personne dont vous suiTOZ Vinspiration est le premier mobile de ce que tous faites. — On dit les insinuations d'un négociateur (S. S.) ou d'un courtisan (Mass.). — La p^rfiiamn est produite par l'orateur, par l'homme qui conseille ou qui exhorte : c'est elle qui fait tomber des mains de César la sentence de mort qu'il a signée contre Ligarius. — Vinstigation est comme l'aiguillon aux flancs du bœuf paresseux ; elle presse , elle ne permet pas de rester inactif. « La persécution s'éleva de tous côtés, à Vinstigation des Juifs, qui allaient partout pour animer les gentils, jusqu'à ce qu'ils excitèrent Néron à cette première grande persécution. > Boss. « Sa majesté catholique, irritée vraisemblablement par les instigations de son ministre , Tenait de mettre en séquestre les roTenus des églises. » S. S. — On dit les suggestions du malin esprit (Boss.) , des méchants (Mass.); les' suggestions de Narcisse (Lab.) , le détestable confident de Néron.

Vinspiration , Vinsinuation et la persuasion peuTent être employées à bonne comme à mauvaise fin. Vinstigation se prend ordinairement en mauTalsç part , et la suggestion toujours : la première parce qu'elle est passionnée et Tiolente , la seconde parce qu'elle est fourbe '.

INSTANT, IMMINENT. Ces épitl^ètes senrent à qualifier un éTénement qui est très-proche ou

4 . Des cinq verbes , inspirer, insinuer, persuader, instiguer et suggérer, qui correspondent aux cinq substantifs contenus dans cet article, instiguer ne se dit point, et suggérer n'a pas toujours, ni même pour Tordinaire, le sens odieux de suggestion. On inspire ce qu'on met dans l'esprit; on insinue ce quon 7 fait entrer adroitement; on persuade ce qu'on y met ou ce qu*on y ftiit entrer fortement, par la voix de l'éloquence. Mais que suggère-t'on proprement ?

Suggérer n'a pas de caractère visiblement distinctif comme insinuer et persuader, et semble n'être pas moins général qu'inspirer. Il en diffère cependant de la manière suivante.

Ce qu'on inspire est un souffle, une âme, un principe de vie, de mouvement ou d'action, quelque

sur le point d'arriver : péril instant cm. i nenf , fin instante ou imminente.

Mais instant annonce quelque choie de i^ss immédiat : ce qui est imminent (in , sar , et mnere, faire saillie, aTancer, d'où «itiue. menaces:^ est suspendu sur la tète et près de tomber: u qui est instant {in stare , suivre de près , être rj le seuil], approche. « Effrayés du péril press^^ et , pour ainsi dire , immiiieAf , que courent ce3 qui violent les lois civiles, nous nous accoetamons à penser que ce sont les seules lois qai puissent dominer sur nous par la ciainle. > D'Ao.

De plus, ce qui est immineni est toujours quelque' chose de menaçant et de dangereux, c L'esprit du roi d'Espagne rétabli demeura si frappé de sa fin comme tmmtiieiile , qu'il TOuLait sans cesse son confesseur auprès de luL > S. S. Mais ce qui est instant peut être un bonheur. « Le cardinal de tfailly voyait le sacre {as Louis ZV) instant et un conclave peu âoigné. Ces cérémonies et la figure qu'A y allait faire le transportaient. » S. S.

INSTANT, PRESSAia*. Ces mots donnent l'idée d'impressions faites sur nous par quelqu'on pour nous engager à &ire au plus tdt certaines choss; prières , sollicitations instantes ou pressantes.

La prière instante est faite aTec insistance, redoublement, et remarquable par la perséréraoce ; la prière preuante est forte, ardente, et se distingue par laTiTacité. Poussées trop loin,Vune derient importunité , l'autre dégénère en une sorte de Tiolence.

!• INSTRUIT, ÉCLAIRÉ; — 2* CLAIRVOYANT, INTELLIGENT; — 3* HOMHE DE GÉNIE. Termes relatifs aux liunières de l'esprit.

Instruit et éclairé, étant des participes passés, indiquent des modifications reçues, des iumiéres acquises : nul n'est instruit ou édafré qui n'ait été instruit ou éclairé. Ctotrcoyonf et intelligent, qulToit clair et qui comprend, annoncent, aa contraire, des lumières naturelles, des facultés qui sont dans les personnes sans y aTOir éiè mises. L'homme instruit ou édairé n'est pas un ignorant, tant s'en faut; l'homme clairvoyant ou intelligent n'est rien moins que stupide ou inepte, < Je suis Tenu, dit Jésus-Ghrit, afin que ceux qui ne Toient pas soient éclairés, et que ces superbes clairvoyants qui s'imaginent tout voir par euxmêmes et sans ma lumière soient aveuglés. > Boss. ^ Instruit et éclairé supposent la connaissance du passé , et expriment le fruit de Tétude ou de l^xpérience; clairvoyant et intelUgeià n'ont aucun rapport à ce qui s'est fait, et marquent, non pas de l'acquis , mais du talent Sui- Tant Laharpe , les hommes les plus simples, dans la réTolution de 1789, furent beaucoup plos clairvoyants que les hommes instruits et éetairts. c Ceux-ci, connaissant le passé, réclamaient

chose qui doit se développer ; ce qu'on suggère est quelque chose qu'on jwrte tout fait dans l'espriL Vous inspirez un sentiment, un désir, du eoarage; vous suggérez un expédient ou un parti. Le dcneia qu'on vous inspire n'est eneore qu'une idée; celui qu'on vous suggère est achevé, enlièrement tel qu'il peut et doit eure pour être mis à exécution.

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

)ujour8 le possible et le yraisemblable ; ceux-là, ms avoir rien lu, jugeaient de ce qu'on pouvait lire par ce qu'on faisait. »

1« Instruit^ édairé. Qui a beaucoup appris.

Instruit est purement théorique : Vhomme tnrut'r, instryutus, enseigné, pourvu (de conaissances) , a du savoir ; il est fort sur les scienes, sur la religion, sur l'histoire ou sur la rammaire. « On ne voyait autrefois, entre les hrëtiens, que des personnes trè8-tfu(rut(«f ; au ieu qu'elles sont maintenant dans une ignorance uî fait horreur. » Pasg. « La lumière a depuis eparu sur le sanctuaire : de longues épreuves de cience et de piété ont seules conduit au saceroce.... Nous avons la consolation de trouver les linistres plus instruits, s Mass. « Vous dites ue les hommes instruits sont en état de se forler une idée juste de la divinité. » J. J. « Un sprit attentif, un philosophe instruit reconnaît isément les faits purement controuvés.... Il s'est lit plusieurs voyages , dont quelques-uns ont été ntrepris et rédigés par des hommes instruits. » \urr. c Les fautes de grammaire sont susceptiles de démonstration par tout homme un peu nstruit. 9 Lab. c Claude n'était pas dépourvu e toutes connaissances.... Il fut donc instruit; [ savait l'histoire; il composait lui-même ses haaDgues..:. Mais il ne lui avait pas été possible de e former le jugement. » Gond. — Éclairé se reporte à la pratique : l'homme éclairé a un fonds e sagesse, de quoi le guider dans les conseils tt dans la conduite, c Une sagesse éclairée, s jCad. « Vous êtes éclairé et sage ; je suis très-sûr ue vous prendrez toujours en tout le meilleur arli. s J. J. ii Si' éclairé y que ses décisions paaissalent tOHJours dictées par la sagesse même. » [ass. c m. de Bagnols est très-^cZatr^ dans les flaires. » Fin. « Sur toute autre chose ils sont si claires! Ce sont de sages politiques, ce sont 'habiles ministres, ce sont de grands capitales. » BouRD. < Ceux qui étaient éclairés parmi îs païens adoraient une divinité suprême. > loHTBSQ. ^ « Les Lacédémoniens ne rougissent as d'ignorer les sciences.... Ainsi, quoique ce euple soit moins instruit que les autres , il est eaucoup plus éclairé. » Barth.

D'autre part , instruit rappelle plus instruire , u'^ciair^ le verbe éclairer , d'où il dérive. On lit, en ayant égard à la manière, qu'on est plus u moins bien instruit , et , abstraction faite de i manière, qu'on est plus ou moins éclairé.

Prophète, penses-tu être assez éclairé pour oir ce que fait mon peuple ? Penses-tu en être ien instruit? » Bourd. « Saint Athanase et les rais fidèles avec lui, mieux instruits et plus :îairéSj voulaient.... » Id. « C'est reconnaître u*on se trompait , qu'on n'était point assez ;2atre , ni assez bien instruit. « Id. < La noblesse 'Angleterre est la plus éclairée ^ la mieux inrutte, la plus sage et la plus brave de l'Eu- >pe. » J. J.

2* Clainocyant , intelligent. Qui a du talent ou ss lumières naturelles.

La différence de la théorie à la pratique se ouve encore être celle qui peut le mieux servir

séparer ces deux mots. Pour être clairvoyant^

STN. FBANÇ.

I il faut ootr dair^ être doué de pénétration; pour être intelligent , il faut comprendre (iwulligere) et être doué d'habileté. Rien n'échappe à un homme clairvoyant ; un homme inielligent se tire de tout avec adresse. Le premier sait voir, apercevoir, prévoir; le second sait adapter les moyens aux fins , se résoudre et agir à propos , manier avec dextérité les hommes et les choses. « C'est ce que la simplicité de Geneviève, plus clairvcyante et plus pénétrante , traita d'espérance chimérique. » Bourd. a La ruine totale des Juifs, qui a suivi de si près la mort de Jésus- Christ, fait entendre aux moins ctairvoganls l'accomplissement de la prophétie. » Boss. « M. Arnauld donne sa proposition et les passages des Pères d'où il Ta prise, pour en faire paraître la confonnité aux moins clairvoyant. » Pasc. « Zèle clairvogant à découvrir le mal qui échappe à tous les autres yeux. » Mass. « J'admirai ma bêtise de n'avoir jamais eu le moindre soupçon des liaisons qu'elle m'apprenait. Mais Claude Anet était si discret, que de plus clairvoyants auraient pu s'y méprendre. » J. J. — « 11 est regardé comme un homme inlelUgent, sage dans ses entreprises , solide dans ses vues, juste dans ses mesures. » BoDRD. « Harlai était reconnu pour un homme éclairé , intelXigenl dans les afibires. > Cord. « Ce La Cour s'y était prodigieusement enrichi (dans les finances); il était habile, intelligent ^ plein de ressources, s S. S. « La Bourdonnaie était capable de faire beaucoup avec peu , et aussi intellig^t dans le commerce qu'habile dans la marine. > Volt. « Catherine choisit un officier inielligent qui devait porter les présents au grand vizir. >

ID

3* Bov^'n^e de génie.

C'est un homme d'un talent supérieur ou trans. cendant, un homme chez lequel les lumières naturelles sont aussi grandes que possible, a Milton , qui assista à une représentation d'ildam ou le péché originel, à Milan, découvrit à travers l'absurdité de l'ouvrage la sublimité cachée -du sujet. Il y a souvent, dans des choses où tout parait ridicule au vulgaire, un coin de grandeur qui ne se fait apercevoir qu'aux hommes de génie. » Volt. Mais ce qu'il y a de plus particulièrement remarquable dans l'homme de génie y c'est l'invention , le pouvoir de créer. « Vous que je suppose homme de génie y vous deviendriez créateur dans votre art. » J. J. a Ce n'est pas qu'un homme de génie ne puisse inventer un genre de pièces préférable à ceux qui sont établis. » lo.

INSTRUMENT, OUTIL. Choses faites et destinées pour aider l'art dans ses opérations , pour faciliter le travail de l'homme.

Instrument est le latin instrumentum. Outil est seulement dérivé du latin utile , objet tUile , dont on peut laer , dont on use avantageusement ; encore n'est-ce qu'une conjecture. De là il suit que le mot instrument a plus de noblesse et qu'il doit seul se dire au figuré.

On se sert d'instruments dans les beaux-arts, ou dans les arts les plus relevés, et dans les sciences : instruments de musique, d'astronomie , d'optique, de mathématique, de chimie, de phy-

tBB

DEUilÊtfÊ ^ARtlE

sique , 'de ^ii^ië , elic. IT&ift les gets 'qui eîerceiA des théliétÈ , des irts Aiéeàniquefs , des afts où là maîta "seale agit, qui tiê demandeht ni génie ni 8|)éeu}atic/n , ont des ontils : les cutxU d'un mèttuisrer, d'trti Aaïpenfi^êT, d*ut charron , d'un serrurier, dVn tnâtcon, d'uh bûcbfeton, etc. c les outils de tous les métiers sont déjà f«niliêirs à Emile. » ï. J. XTn piïiceau est un instru- VHêfU dans la ïnafn de Raphaël , un outil dans celle à'vtD. barbouilleur. îl faut être savant ou artiste pour avoir dès inUttuHnerHs ; l'artisan et routrier n'ont que àesùuHh. Par les'iiKrtniWèirtSr d'un peuple , Vous connaissez qtrt^ est chez lui réftat des scTénces et d^es ails proprement dits ; par ses àuiils , vous cô&tiaiBsez son genre À^tidustrle. — l'a ^ciecfce ini^ente des iruttuménU , et ils sont plus où moins ingénieux. « Qne ^ensem Emile , «n voyant ^ue les aMs ne se perfectionnent qu'en se subdivisant, en multipliant à Tinflni les instruments des uûs et des autres t II se dira : Tous ces gèns-là sont sottement ingénieux; on dirait q;n*fls ont peur que lerurs bras et leurs doigts ne leurs setrsnt à quelque chose , tant Ils 'inventent d'instruments pour s^en passer. » J. J. La nécessité se fait des outils, et ils sont d'ordinaire sittiples et grossiers, c On n'a trouvé aux habitacfts de toiites les Iles, entre l'Asie et l'Amérique , d'autres outils que des haches de pierre , des cailloux taillés en scalpel , et des dmoplates d'animaux aiguisées pour couper l'herbe.» Boff. o- Le dultivateur a des outils , l'agriculteur ou l'agricuhure des instruments ; ce que le paysan , qui laboure la terre , appelle ses outils , les autorités , les magi^rats le nomment ses instruments, c Régulus demanda un successeur et son congé , sûr les avis qu'on lui donna que son fermier était mort , et ^ue sdn valet avait dérobé les outils nécessaires au labourage.... Le sénat ordonna que sa terre serait cultivée aux dépens du public, et qu'on achèterait de nouveaux instruments nécessaires pour le labourage. » Vbrt.

Au figuré» instrument est d'un fréquent usage , tandis que outil est condamné par son origine vulgaire à ne pas sortir des limites du sens propre, c C'est adresse à l'ouvrier de savoir bien user et se servir de ses outils; aussi est-pe un grand avantage à l'homme de se savoir bien servir de son corps , et le rendre instrument propre à exercer la vertu. > Charr. « Les chefs de parti se rient et se moquent de ce grand nombre d'mstruments dont ils font la même sorte de es ' qu'un artisan et un ouvrier font de leurs outils.» j S. S. c Cyrus disait qu'il trouvait bien étrange | que les artisans sussent les noms de tous leurs ; outils , et qu'un général fût si indifférent que de ! ne savoir pas les noms de ses capitaines, qui sdnt autant d*instruments doûX il se sert dans toutes Éés entreprises, s IIoll. I

ï" lïîSUKtt^CtïÔN; — r 1?ÉBËLtl<)N, RÉ- | fdVtÈ, ^OlJLÈVÉlttÈM'; - 3« ÉMEUTE, ÊMO- j TION, SÉDITION, MUTfNËRiE; — 4<' TROUBLES i Tous tes mots sîgnifiedt des entreprises contre l'autorité ou l'brdre établi.

1* Insurrection .

Insurrection mérite une place à part à cause ,

de sa généralité. Vinsuttéctifjfh ^ Fitetielk 'a tout un peuple qui conspire «t «e lète (tu su* gère , se lever contre) pour détruire sscm goifïerliemeût. Lar^enton, la révotte. ëtc.^ om d*^'dihaire une portée beaucoup mdfàdre , mo^s ér gens y sent engagés, et elles pe^itetit être âir.gées contre uli chef ou xùi Supérieur d'un éipi peu élevé, Comme un simple magî^rat ou t simple commandant. D'ailleurs , le mot t A^urm** tion e^ houveau et ne s'emploie guère qc*^ boAne pfttt. Oïl a appelé d'abord insurffents certains corps de tfoulpèsbofigitises levées exttaôrdinairèmeU't potir le service èe UStat, pois Je< Américainà du nord, ^ui , à la fin du tviii' siècle , s'affranchirent du joug de Vàn^ètérre. HotitesquieU rapporte, diaprés AïisKAe^ hxl iiio\^ti singulier dont se servaient les Cretois |XHir tenir les premiers magistrats dans la dépeudance des lois; il le nomme trmirrecfû>iiet le UxX consista en ceci : c Une partie des citoyens se soûlerait, mettait en fuite les magistrats , et les obligeait âe rentrer dans la condition privée. » AT^ourdliai. insurgent ne se dit plus, si ce n*est, en termes d'histoire, dans les deux cas ci- dessus indiqués: mais insurrection est très-usité , et H emporte use idée de droit et de justice : Vingurreetùm de h Suisse, des Etats-Unis, des Pays-Bas, rintunntion grecque. Lorsqu\rne révofutiou est devenue nécessaire pour mettre fin à une donûiatiou réellement oppressive et tyrànnique, rùourrtdion , suivant certains publicistes , est le plus saînt des devoirs.

HébélHon y tA>6Ue et souUvemetU , de leur côté . diffèrent beaucoup d*émeuU , d'^iHolidii^ de sédition et de mutinerie. Il peut y avoir YébellUm e: révolte de la part d'un seul homme : la r^r'Uûm . la révolte d'un enfant contre son père ou contre son maître ; le péché est une r^Mion et une révolte de l'homme contre Dieu; la réheUiOK ou L r^ro?^ de la chair contre l'esprit. LVnieuCe et k sédition , toujours prises au propre , supposer toujours une multitude plus ou moins nombreuse : aussi dit-on particulièrement bien une émeute os une sédition populaire. Outre cela, la rébeilton et la révolte sont des attentats contre i'autoi-jé. au lieu que Vémeute et la sédition portent atteinte à l'ordre. Le rebelle et le révolté ne sont poini soumis, mais réfractaires et impatients du joug: le séditieux et le mutin ne sont point paisibles, mais turbulents et brouillons. L'esprit de r/bdlion et de révolte est indocile , indépendant : c'était celui que fit naître et répandit partout h réforme , en affaiblissant le respect de l'autorits et des puissances (Boss.). L'esprit de sédition ês: inquiet, remuant, cabaleur : c'est celui qui régna en France pendant la minorité de Louis XIV, celui qui animait en particulier le Cardinal de Retz (Volt.). La Bible rapporte les rel^eUions^ les révoltes au peuple juif, qui, dans le désert, murmura tant de fols contre Dieu et Hoîse , et voulut tant de fois un autre Dieu et un aoCre chef (l^oi^.). I^ilate abandonna Jésus-Christ ds peur de voir la tranquillité troublée par use émeute ou une sédition (Boord.). c Charles-Qaiîâ mit au ban de l'empire l'électeur de Saxe et Je landgrave de Ëesse comme rebeUes, sédideuM,

SYNONTHES À RADICAUX DIVERS.

oapabJ^s de Use-ioagesté, ^rtvxbateuis 4a reos public. » CoND.

"MébeUion, réwUe^ soulè%emenL Acte d'inubordination , acte par lequel oa brave Ilautoité , on secoue U joug, ou brise ks iieus de la épendaace. «

iiéhéUiotk, f€heUiQ , de rébellare , répondre à a. guerre par la guerre, marque résistance. £^ï)lte, action de se tourner contre ou dans le ens opposé , ezprinie une attaque spontanée. Le ébdk est sur la défensive, il regimbe., il refuse e seryic«; le révolté prend l'ofÉiensiTe, de lui- Dême il se porte contre. L'objet de la rébelUon , r*e5t d'éclu^per à une charge ou à. un ordre ; ;eluide IktAoUb^ c'est de renverser , d'amener m changement ou .une réioolutipn. On lait rébeîion à la juatiee en ^'opposant k Veiécution de ;es décrets; on est en r^xtUé quand om s'Insurge contre une puissance. Envers Dieu , la rébellien consiste à me|>oint garder ses commandements, ii\ai révolte i l'outii^er par des impiétés, des t>Ia5phème0, des sacrilégea. Le refus de Timpôt 2St une simple réheîlion : a L'impossibilité d'o- )éir (à cause é» l'énomuté des chaues) n'a plus l'antre nom aue la rébeUdim et la majnvaise .olonté qui remse. » Masa. Une prise d'armes est proprement une réwUe : < II y avait nn grand lombre de huguenots qui trouvaient la réforme ncompatible avec l'esprit de révoUe qui les faisait soulever contre leur roi. 3» Boss. La ré- Tonne excita les peuples à la rébellion et à la révoUe: à la rébellion y en les engageant à se soustraire à l'obéissance de l'Eglise; à la révolte^ m les armant contre leurs souverains. — D'un iutre côté, rébellion par sa désinence marque l'action, l'éclat, la manifestation, quelque chose l'effectif; au lieu que révolte , avec sa terminaison passive, exprime l'état, le fond ou l'esprit : m fait un .acte de rébeUiûn ( J. J. ) , oi» est [)uni pour une rébellion (Rou..) ; on est en ré- 'solte (AcAO.), on vit dans la révoUe (Boubd.). I Le peuple juif s'entretenait dans un esprit de 'évolte qui éclata bientôt après et en causa la ruine. Les pharisiens fomentaient secrètement :es mauvaises dispositions; mais Jésus-Christ ae veut point partir de ce monde , aans prévenir la rébellion dans laquelle toute la nation deirait périr. » Boss. a Voilà l'esprit de révolte [|ue Dieu envoie quand il veut renverser les irônes. Sans autoriser les rébellions , il les perlât. » In: c La rébellion des Antiates fut pimie 3ar le supplice des prin^paiu auteurs de la yivoUe. » Roix.

JéQ soiilèvement est une rébellion ou une ré- H>Ue naissante d'un certain nombre de peronnes. « Ces maximes eéditieuses ouvrent la torte .«ux souUveraetUs , auxquels les peuples ont ai natureUement portés. » PAsa « Quand >Q verra le roi .ruiner le royaume, le public reommoneesa.à crier.; et il n'est presque pas posible qu'il n'arrive à U longue quelque .«ou^éve- %ettt, » Féxt. «Le sénat voyant que son parti et on autorité diminuaient tous les jours, et crainant unsQti{^i7einent|;énéral (en faveur deUaius) , crut devoir entrer (avec Ginna) en négoiation. • Vert. « Le meurtre commis dans la

personne de Siccius aigrit extrêmement les esprits, et les préparait déjà au soulèvement. « RojLL. a Ce serment fut comme le signal d'un soulèvetnent général. » Id. « L'Eglise va étouffer dans le fond des cœurs , non-seulement les premières pensées de rébeUion, mais encore les moindres omrmures; et, pour ôter tout prétexte de soulèvement contre les puissances légitimes , elle a enseigné qu'il en faut tout souffrir. » Boss. Il faut prévenir les soulèvements (Volt.) pour n'avoir pas à combattre et à punir les rébellions et les révoltes.

Z"* Émeute^ émotion, s^â^tUm, mufinerie. Agitation désordonnée « emportement tumultueux et furieux d'un certain nombre d^hommes réunis pour faire éclater leur mécontentement ou pour obtenir quelque chose par la violence. ' Émeute et émotion , du verbe français émouvoir , n'annoncent rien que de commun et de ipmx important 5^dtfton, latin sedifio, désigne, au contraire, quelque éhose de p9us relevé et de plus sérieux. « S'il y eut bous Louis %IT quelques séditions dans les provinces , ce ne furent que de faibles émeutes populaires aisément réprimées. » Volt. Vémeute se forme dans la rue , et commence par un rassemblement sans dessein préalable , sans chef, et se dissipe comme un feu de paille ; elle se borne d'ordinaire à des cris, ou si on s*y bat , c'est à coups de poing , de pierres ou de bâtons, a Un capitaine autrichien ayant rudement frappé un habitant (de Gênes), ce moment fut vn signal auquel le peuple s'assembla, s'émut et s'arma de tout ce qu'il put trouver : pierres , bâtons, ^ées, fusils, instruments de toute espèce.... Le marquis de Botta crut que cette émeute du peuple se ralentirait d'elle-même. 9 Volt. «Dans une éneute populaire, un jeune homme creva un œil à Lycurgue d'un coup de bâton. » RoLL. Mais la sédition est concertée ; elle obéit à un mot d'ordre , à des meneurs , elle se fait à main armée; Veat l'action, non pas d'une troupe amassée tout à coup, mais d'un parti. Elle produit et entretient les divisions {seditio, se itio , action d'aller à part) ; elle met aux prises les citoyens les uns avec les antres, et, si elle n'est réprimée , eile engendre la guerre civile. « Les Romains prièrent Numa de ne pas les rejeter dans une nouvelle sédition, qui aboutirait à une guerre civile, puisqu'il n'y avait que lui seul qui fût au gré des deux partis. » RoLL. «Alors il s'éldva une sédition qui partagea la Dation en deux corps. » In. « Rien ne doit plus alarmer le roi qu'une sédition presque universelle (des jansénistes réfugiés en Hollande), qui semble préparer une guerre civile de religion. » FéN. Voltaire dit en parlant de la journée des Barricades : « Le cardinal de Retz se vante d'avoir été Tauteur de cette sédition mémorable qui commença la guerre ciTile. »

V émotion est une fermentation, une légère émeute ou une émeute qui se prépare, une espèce d'émeute,. comme la cerporotio» est une espéce^e corps, un corps en train de se former. « Calvin a approuvé ces guerres sanglantes, lui qui 9e vantait que son parti n'était pas seulement soupçonné d'avoir causé la moindre émotion,^ Boss. « L'^moH'on

DEUXIÈME PARTUS

passagère d'un peuple furieux, s D'Ao. « Cléomène s'applique à r^surer les Corinthiens en leur faisant entendre que ce qui venait d'arriver à Argos n'était qu'une légère émotion. » Roll. c La sédition s'allume peu à peu de toutes parts.... Les émotiont populaires deviennent fréquentes. » Fin.

La mutinerie est une sédition opiniâtre ou de gens opiniâtres , comme était celle des plébéiens de Rome qui s'obstinaient à demander l'abolition des dettes : « Tant de mutinerie , disait Appius, ne procède pas de la nusère du peuple; c'est bien plutôt Teflet d'une licence effrénée. » Vkrt. » Appius n'alla point au siège de Yéies, mais il resta à Rome pour faire tète aux tribuns , et pour réprimer les mutineries ordinaires du peuple. » ID. Ensuite mutinerie indique, non pas quelque chose de vulgaire comme émeute , mais quelque chose de petit dans les motifs ou dans les personnes. Elle procède , non pas d'un grand mécontentement, mais d'aigreur ou de dépit, ou bien elle a pour auteurs des gens qu'on considère et qu'on traite comme des enfanu. « Les sujets n'ont à opposer à la violence des princes que des remontrances respectueuses, sans mutinerie et sans murmure.... Les remontrances pleines d'aigreur et de murmure sont un conunencement de sédition qui ne doit pas être souffert. » Boss. «• Les mouvements de la Bretagne rendent cette province peu sûre.... Si le repentir prend à ces mutine , et qu'ils rentrent dans leur devoir, je reprendrai le fil de mon Toyage. > Siv.

4* Troublée.

Les troubles représentent le triste état d'un pays qui est en proie aux rébeUiont, aux révoltée, aux émeutes, aux séditions, et même à des mouvements moins violents , à de simples partialités propres à altérer la paix et l'union, à des discussions trop vives qui divisent le public. < L'empire était tranquille avant Luther-, depuis lui on ne vit que troubles sanglants, que divisions irrémédiables. « Boss. « La révolte devint générale. Ce soulèvement de ses sujets obligea Apriès de se sauver dans la haute Egypte.... Les troubles qui agitaient l'Egypte furent une occasion favorable à Nabuchodonosor pour l'attaquer. » Roll. « Les riches entreprirent de persuader au peuple que Tibérius ne proposait un nouveau partage que pour susciter de grands troubles dans la république , et pour la mettre en combustion. > In.

INTÉRIEUR, DEDANS. Vintérieur ou le dedans d'une chose est de cette chose ce qui est sous l'enveloppe , par delà la surface ou la partie environnante et apparente.

Mais Vintérieur , de l'adjectif latin interior , plus en dedans, plus enfoncé, plus voisin du centre , est de la chose , est la chose même mt^Seure , c'est-À-dire du côté opposé au dehors. lAfdans , au contraire , adverbe de lieu pris substantivement, est une expression abstraite, simplement indicative du lieu. Vintérieur d'un édifice est cet édifice même , vu quand on y est entré , les colonnes , le plafond , les vitraux , les ^ tapisseries et les ornements de toutes sortes; !

le dedans , c'est Ves^ncé contenu 'entre les mois le sol et le toit. On Tante beaucoup Yintérieu de Saint-Pierre de Rome. « Je n'entrevoyais ja mais le dedane d'une église sans un frémisse ment de terreur et d'effroi. » J. J. On connaJ TtiK^teur d'une chose (Féh. , Hoittbso.) , c'està-dire cette chose Ters le milieu; le dedan d'une chose est vide (Mass.), on le remplit (Bcss.] ou on l'ouvre (Les.). Nous disons, mon intérieur ^ c'est-à-dire mon âme avec toutes sesaf fections et dispositions; et, ce qui se passe âs dedans de moi, façon de parler ([ai sert à maiquer le lieu de nos pensées, pour ainsi diiv.

Une autre différence très-Jmportante pour rasage , c'est que intérieur venant du latin , et dedans du français, le premier est plusL noble , plus propre pour le figuré , et mieux placé dans le langage des arts et des sciences. L'tiit^riewr d'un temple (Acao.), Vintérieur d'un Eut (d*Al.). Vintérieur de nos ' ftmes (Bouan.) , un tabJeas d'intérieur (Acad.); le dedans de U bonche, des mains (Buff.), du bec d'un oiseau on de so& nid (Id.) , le dedans d'un fhiit (Yolt.) , Je dedans d'une lettre (Séy.). « Alors récolier lit, comme en plein midi , l'int^rieiir des maisons , de même qu'on voit le dedans d'un pftté dont on vient d'ôter la croûte. » L^^.

INDTILEHEirr, TAINElIElfT, BW TAHL Sus succès.

Inutilement est objectif, a rapport à l'effet, et marque qu'il n'a pas lieu. Yainement et en mis sont subjectifs , ont rapport au si^et, à li cause, et expriment son désappointement Une chose faite inutilement n'est pas suivie de son effet; la chose qu'on fait vainement ou en vats n'aboutit point à l'effet qu'on attend d'elle, déçoit.

Une place imprenable est inutHemeia s:&\égée, et les assiégeants s'obstinent vainement à vouloi^s'en emparer. Si je ferme les yeux, les rayons de la lumière viendront iAttltlement; et, d^autrc part, si les rayons de la lumière manquent, j'aurai beau ouvrir les yeux , je m*efforcerai rainement de voir. Les ronces et les épines occupent inutilement certaines terres; et z^est tainement ou en vain que nous cultivons les terres couvertes d'épines et de ronces , ^es trompent nos espérances.

c Nous négligeons de rappeler en notre mémoire les vérités du salut, et la foi est en soas inutilement, » Ross. « Il pria le Sauveur que soo sang répandu pour lui ne le fût pas taitfïl^ ment. » Id. « Nestor oubliait le danger où il exposait inutilement sa vieillesse. » Fin. < Le temps est si court et nous en avons besoin pour tant de choses , qu'il ne laut pas l'employer tautilement, i^ i.Z. a Vous avez inutHtment en- ' ployé le premier instrument; il n'est pas mi- | semblable que le second eût plus d'effet » Id. , < Marins et Sulpitius promirent inutilement U ' liberté aux esclaves qui prendraient les anas | en leur faveur : personne ne branla. > Vssr. 1 — c Gens rebutés des faux biens vainemeni poursuivis. » J. J. c Le repos après lequel jY' { vainement soupiré , et que je ne cherche piss 1 parce que je ne l'espère plus. » In. « Ceux da ,

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

dedans , après* avoir vainement espéré d'être secourus, se rendirent faute de yiyres. » Boss. n veut, mais pamemem^ poursoiTre son discours.-

BoiL.

C*e8t«ft vain qu'an Parnasse un téméraire auteur

Pense de l'art des vers atteindre la liauteur,

S'il.... Id.

Tantale aux eaux du Siyx portait en vain sa bouche,

£i Sisyphe en sueur essayait vainement

D'arrêter son rocher pour le moins un moment.

Laf.

Et le jeune Agrippa , de son sang descendu ,

Se fit exclu du rang vainement prétendu. Rac.

£n vain VOUS prétendes, obstinée à mourir,

Intéresser ma gloire é voas laisser périr.

(Achille à Iphigénie). lu.

Hais Je me flatte en vain qu'aucun respect les louche. Volt.

Pour ce qui concerne la différence à mettre entre vainement et en vain y voyez I'* partie, p. 97 et 98.

INVITER, PORTER, EXCITER. Agir sur quelqu'un pour lui faire faire quelque chose.

Inviter exprime une action douce; porter, une action puissante; et esctler , une action vive.

Ce qui nous invite à quelque chose nous y attire, a^t sur nous par insinuation ou ^ar persuasion ; ce qui nous porle à quelque chose nous y entraîne , agit tur nous avec autorité , avec ascendant; ce qui nous ea^te à quelque chose nous met en verve pour cela, réveille et dispose pour cela toutes nos forces , agit sur nous en nous piquant et en nous enflammant.

L'action d'inviter réussit toujours & l'égard des personnes qui se laissent aisément gagner ; celle de porter, à l'égard des personnes qui se laissent aisément mener; celle à*exeiter à l'égard des personnes qui se laissent aisément passionner.

Le cœur et la raison invitent; l'instinct et le penchant portent; le désir et tout ce qui nous irrite ou nous soulève excitent.

L'action d'tnvtter peut allet jusqu'à obliger; celle de porter , jusqu'à emporter et contraindre ; et celle d'e^m'ler, jusqu'à exalter.

Inviter a pour synonymes convier , induire et engager (voy.)« Porter se trouve comparé dans un article particulier avec pouuer et mouvoir (voy.). Exciter forme de même une famille à pari avec inciter, provoquer, aiguillonner^ stimuler , ofitmer et encourager (voy.).

IlfYITER, CONVIER, INDUIRE, ENGAGER.

Agir sur quelqu'un d'tme manière douce , par voie d'insinuation ou de conseil , pour lui faire faire quelque chose.

Inviter et convier paraissent dériver , l'un du latin vita, vie, et l'autre du français vie; et c'est apparemment à cause de cela que tous deux se disent particulièrement bien en parlant d'un repas auquel on prie de venir prendre part. Les invités et les conviés sont appelés à une table où ils trouvent leur vie , où ils vivent aux dépens de celui qui donne à dîner.

Mais inviter est le latin invitare; au lieu que contTier, ayant pour élément principal le mot français vie , a une .physionomie plus française. Outre cela , dans inviter , in , en , dans , à , marque le but ; et dans convier, eon ou cum , ensem-

ble, indique le fait ou l'habitude d'être ou de vivre ensemble. Par ces deux raisons, inviter exprime une action qui sent davantage la cérémonie; et convier, une invitation familière ou affectueuse. La politesse invite; l'amitié convie. On invite des gens de connaissance ; on convie des amis. Vous invitex à un grand repas, à un banquet; vous convie f à un régal, à un petit repas entre quelques personnes intimes. On invite à une séance académique, à une distribution de prix ; on convie à une partie de plaisir. Pendant que la Justice invite à la condamnation des cou- 'pables, la bonté convie k l'indulgence. L'Ëvan- ' gile nous invite à vivre chrétiennement; la grâce nous y convie. La grande chaleur du jour invite au repos (Roll.); le beau temps convie à la promenade (AC4D.) , à la danse , aux joyeux ébats. Une Académie invite à triiter de telle ou telle ~ manière un sujet de prix qu'elle propose (Fén.); Dieu convie lui-même le pécheur à lui demander des grâces (Mass.). Dans ce vers célèbre de Corneille :

Soyons amis, Ginna, e'est moi qui t'en convie^ mettez inviter à la place de son synonyme , tout d'un coup vous détruisez le charme du sentiment qui rend si touchantes les avances d'Auguste et qui fit verser des larmes au grand Condé. Dans , cet autre vers du même poète :

Qui pardonne aisément invite à l'oflTenser, convier, à la place d'inviler, serait d'une impropriété choquante.

Induire, latin inâucere, tromper, séduire, a été formé de in ducere, conduire dans, c'est-àdire dans le piège , dans le danger, dans l'erreur ou autre chose semblable , mettre dedans. C'est pourquoi ce mot se prend ordinairement en mauvaise part; induire en tentation, à mal faire, à se relâcher dans une bonne œuvre , à erreur ou à croire faussement quelque chose. « Que vous a fait ce peuple? dit Moïse à Aaron (au sujet de l'adoration du veau d'or); et pourquoi l'avez-' vous induit à un si grand mal ? » Boss. « Si le mouvement seul nous a induits à donner une âme à la matière , la végétation nous y a comme obligés. » Màrm .

Engager a ceU de propre , qu'il suppose des représentations , une exposition des avantages qu'on doit trouver à prendre tel parti. Vous inviter ou vous convier, c'est simplement vous prier ou vous proposer de venir , comme on le fait quand il s'agit d'un repas; mais vous engager, c'est travailler à vous persuader en vous faisant sentir l'utilité ou la convenance des i choses. Un vainqueur invite ou convie une ville ■ à se rendre, en le lui faisant dire, simplement; il l'y engage, en lui faisant connaître les raisons qui doivent la décider à prendre cette résolution, c Pour vous engager à mériter cette récompense , je veux vous en découvrir l'excellence et les avantages. » Boniin. « A la fin , le désespoir contraignit le connétable de se jeier entre les bras du duc de Bourgogne , qu'il crut plus aisément pouvoir engager par son intérêt à le protéger contre Louis XI. » Boss. « Ils tâchaient d^en^^or ger les gouvemeuses à me quitter , leur promettant un regrat de sel , un bureau à tabac et je ne

miixi/ËM pkwtiz:

sais quoi titcdrc* *3.J^*Jk ét&H parti d« Laeè' déBooei das ankiasMitem chargés êe fadiarcher TaJyiiÉSioé du roi dea Perta», et de TM^oger à fovnw de raorgant pour rentratien d#la flotta. » BoLL.— 0A aiitre cartotère di^nctlf dr«fijU9«r , reUutiTanieiit à ittviUf ei à convier, c'est ^'il emporta qfeekfiwfoiB une idée à'engû§emtfit , de devoir ou d*obli|atioiu Uae personne ttwitéê on eonetfa peut refiuery n'eet encore tenue à rien; mêle .une personao engage n'est plue KforB. « Dieu ifucite par ses promesses les pécheun i la réfbrmalk>n de leur fia*, il ks^y mgoffê pef ses bienfûtsw » Boottk

IVU, soûl» Qui a trop Ira de Tin o« de ^elque autre liqueur eemblable. \

Iwe est moins ignoble et moins odiaaz. ' L'iiomme ters est pris d» Tin; Thomma 9oAl est gorgé de Tîn« Le premier a bu Jusqu'à SToir k cerreaa troublé-^ k second, tout son $oùl, jus-

qu'à dire seturt , pkîo, jusqifam rasaaaaeineBt ai à la réplétioB. Dans l't'erttiami est gai, esàtué. ébloui, on réee tout hant, en dMuicalie; qtaad on est soûl^ on n*en peut plus, on tombe poir cuTer son Tin et on reste quelque temps aoserch dans sa crapule. Aussi le mot ivre est-îl de loas les styles , au lieu que soÛl ne conTÎent que dam le moins noble.

Au figuré , ivre se dit de Vespèee de tnzisport ou de délire qu'une passion produit dans Vàme : ivre de joie ou d'ambition.

Voua, dès qna tatte reiaa, wrv àHm M iwgnefl, * De la pasla en temple aura puaé k aaail....

(Joad parlant A'iJbyw)w Bac.

Soûl , dans le langage familier on populaire qui radmet, signifia rassasié, ennnjè, la» d^me cbose.

Du rat , hMe d*iin diamp , rai de peu de vLimMt,

Des l^es palenak un jour sa taouaa jobI. \am.

jon, GtfKrft. ÉItt (M senfMmeitt agfffëaMe A

La jots est dans k «dMV t ^ 9cMé, danf Utilmeur et les manières. La foie est passttv, intime , concentrée, c^est à peina si elle sa peint snr k visage et se témoigne par des larmes; la faiétéj au cenlraive, aat actiTO et eHérieure, elle rit, dansa, folâtre. Dans k je^, an Jouit, on est camcnt, onsavaure tran^ttlement k plaisir de sa situation; dans k gaieté ^ on le dÎTertit et on di*- TOfftit, on es Utto à des mouvements pleins de vivaeilé^ La joie est un effet : une nouvelle agréable donne de la joie, cause une deuee sen* salion ; k gaieté ne se conçoit que comme actire : le vin donne de k ^tet^, excite le bablL

On apprend, on entend, on reçoit quelque clMse avec /ote;oa parle, on agit, on célèbre usa fêta aveo gaieté ^ on se fait remarquer par sa gaieté sur lé tbéàtre, à table, ou dans une partk de plaisir. On est saisi ou ivre de joie , on nage dans k joie ; on réjouit une compagnie par des traits de 9aiet^(BAaTn.).«0n éUve la fauvette pour la gaieté de son chant. » Bufv. < La gaieté est la mère^ des saillies» ■ Yauv. — « Les Suisses sont furieux dans k colère et leur joie est une ivresse. Je n'ai rien vu de si gai que leurs jeux. » J. J. « A travers la railleuse gaieté du baron, on voyait briUer dans ses yeux une maligne joie. »In. c iUe fut pendant k souper d'une gaieté, d'une folie isieoncevable. Le sultan ne se possédait pas de joie, » Hakk. « C'était Socrate qui faisait la joie de k table par sa gaieté et par ses bons mots. » RoLL. • Infoimez-vous comment se passa hkr notre repas, aveo queU éclats de réjouissanoe, avec quels transports d'une o^âtel^ folâtre, à quoi ne contribuait pas pen la jow de ce que, dans ]|» tournoi , notre parti n'avait pas eu du dessous. » In. « Il arrive quelquefok qu« k possession d'un bkn, dont l'espérance nous avait causé beaucoup de joie , nous procura beaucoup de chagrin; il ne faut souvent qu'un tour d'jma-

gittitlcn pmir tùpt siuMéder nna gianés gaUH anjc larmes qaSt panÉaseni! ks pte amène.' Gzn.

La/oireatàbeelao, solitanv, ff«lifêe;la|Mië . est nistiva, et suppose le eomnaroe 4a )n s»- ' ciété. On est ioyMs poor soi , gai pov «à et pour les autres. « Couknges était là à k joia de son coMir* Il n'est paina enoaro baissé : je crains pour Ivl ea ohan^emant, car in gaàM fut une grande partk de son mérita. > Sàv. • La gaieté de Pomenai* était si axtréma ^a'U munit réjoui k tristesse même.... Sa gaieié a^ymanta en mioM temps que sas afhiras criminoiiea; s'il lui en vient endon une , il msorra de j^èe. » I». Avec beaucoup de jifiê on est un Imaunn ben^ revr ; avec beanaoup de goiaU «nest «naamaîbk homme.

Tellement dépendent» des impression^ qu*ondit au pluriel , les joiee , pour las causes qm produisent k jofs» k jo^e peut être grande, pénétanls; proibnde, poussée Jusqu'à rivressa; mais elk est nécessairement courte, passagère, ascideii» telle. La gaieié, au contraire, tenant, non pas aax événements, mais an oaractèra, au tempètamant, comme l'indique même la terminaison du mot, est plus durable, moins variabk, on k perd et on la reprend ; mais elle est plus superfioieUa» parce qu'eue est tout extérieure, c La premier degré du sentiment agréabk de notre eristenea est la gatel^. La joie est un sentiment pins pénétrant Les hommes qui ont de la gaiaté n'étant pas d'ordinaire si ardents que le reste des hommes, ils ne sont peut-être pas eapabks des pins vires joies : mak les grandes jôiee durent peu, et laissant noftra âme épuisée. » Vaut.

Enfin, lorsque le mot joie se prend ainisiesment dans k sens de gaieté, pour un éckt de bonne humanr, il marque moins de retenna ou une plus grande eflùaion : joi^ Imiyante (ACAn.), la turbulente joie (J. J.). c Honcrif portait dans ces sociétés la variété, les grâces, k gaieté, et

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

uelqnefois jusqu'à cette jeie bruyante que la | >iste dignité regarde comme un plaisip ignoJt>i?.» !

JOINDRE, ABOlDSIl, AGGOSTER. Ârriyer vers ne personne.

On JqM une personae e» iihB% la trouver, a parireiiant à être avec elle. O» aborde et ea ocoste une personue, en lui parlait, en se melint av^e elle par le diecours en rapport 4e pesèes ou de civilité. Un général d*arB>ée eu joiiU m autre du même parti , pour être phie forts nsenble ou l*un avec l'autre (S. S.}; «n guerrier »a jetMl un autre du parti contraire pour se aesurer avec. lui (Volt., Reii.,); u» enfant qui 'ennuie loin de ses parents retourne les joindre KHir Tivre avec e\H (J. J.) ; un voyageur en jotnl l'autres pour avoir moins à craindre en leur ;ompagnie les attaques des voleurs (Les.); un ^rC poursuivi en joint un autre plus jeune et noins expérimenté, pour le feire lerer, ma»- ;her , ftiir aveo lui , et afin de le substilueF à ta Bautaise fortune (Buvf.). Mais toutes tes 1^19 lu'on aborde ou qu'on asMtfe quelqu'un, c'est Hi li|i adressant ou pouf hil adresser 1» parole. Des personnes qui se joignent se renoontrent, ricnneat à être en même teinpe dans le même ieu ; des personnes qui a'a&ordeiM ou sWxiffent ient conversatioii , se disent ou se demandent pielque chose. Qui ne joint personne, qui n'est [otnt par personne , est , reste , marche seul ; qui d'oftonde ou n'cicco^ personne , qui n'est abondé )u acco«(^ par personne, est, reste, marche sans entrer en propos avec qui que ce soit.

Aborder, qui signiée primt^vement l^ction l'un yaisseau d'arriver au bwrd de la m<r, de touoher au port, n*a rien que de relevé, Aocot' ter, au eontraire, nui se dit que familièrement} car c'est, au propre, aller se mettre ou »*asseoir i cété, sans &çon.

On aborde, dans un salon, dans une assem* blée, à la oour, un grand, un personnage, une personne distinguée ou le maître de la maison. % Vais Jésus-Christ, dit Madeleine, est chez le pharisien qui l'a invité 4 manger, et ce sera un contre-temps de Vakorder dans une pareille ooojonoture. » Bourd. c Je Ais le seul qui continuai à voir le due d'Orléans, et chez lui et chez le roi , à l'y aborder, à nous baseoir tous deux en un coin du salon. » 9. 8. «Le comte de Toulouse arriva, et salua la compagnie d'un air grave et concentré , n'obordanl ni abordé de personne. » In. « Ces gens m'a&orderaient sans doute si j'étais ministre. » Labr. c La prompte obéissance du consul , et la respeet avec lequel il abord» Fabius, rendit aux citoyens et aux alliés oette haute Idée de la di^ tature que le temps avait presque effacée. » RoLL. ^ Hais on aeoosU plutôt sur le chemin, dans la rue , une personne qui passe, qui voyage ou qui $e pnonène. « Voilà notre nouveau débarqué , il mut que je V accoste, » Regn. « Tous ces honorables bourgmestres jetèrent les yeux sur nos inconnus. Un lieutenant de prévôt Les vint accoster, » ScàRR. « Ce peuple , hommes et femmes, aeeoelait le soldat, et, le verre à la main , lui présentait Tattrait de la joie et de la

licence. » Mabm. « Quapd on m'oftrait quelque place vide dans une voiture ou que quelqu'un m'occof^cul en route, je reetugnais de voir renverser la fortune dont je bâlvisais l'édiQce en marchant. » 1. J[. « Je me jqtte c|ans une porie ouverte; c'était ua café ; i'y suis accosté par des gepa de ma cojinaissanoe....ai In.

Ensuite , oomme le vaisseau qui ajbord/t^ d^ d^ dangers à courir, peut donner contre des écueils, la personne qu'on aborde ^ mais non pas oelle qu'on Mco^la, pei)t é^^ (^'un afford difficile ou redoutahile sous quelque rapport que pasoilL

m te m&iia él|ii| de titille

Le loai^4o^ V«(jhrdç ^uiçbleqient, Snlre ei^ proposo.- Laf.

u Im harboteusea de ces messieurs prennent des airs de vierges pour ^t^er d'a&ordsr cet ours. » J. J. « Des voleurs , vous voyant en état de leur résister, se retirent, oi^ i^'ils vous obordenl, c'qst aveo heauooup de oivIUté. 9 Boss.

1^ JOLI, )llGI>K)If ; n- r* GENTU^ GRAdEfll^. Beau , mais dans un genr^ iofévieur ; doi^t la vv9 cause du plaisir, mais non pas de Tadm^ration.

Joli et iinignfin, qualifient eu égard à la mar nière d'ète'e; ils ont rs^port à la constitution, ^ la ibnne , aux traits. GmtU et graeieux qualiflep^ eu égard à la manière d'agir; ils sont relatifs à l'air, aux mouvements, aux gestes. Une personne jolie ou mtofiiofifis se présente ou faU xçpA chose aveo gentiHe^e ^^ avec gr^ce. On es^ joli ou mignon; on fait quelquefois le gentil ou lf| gracieux. Sans être ni ;o/te ni uignoime, upe personne peut néanmoins être dite gentilih QVl gracimse à raison de ses i^nièreai % Quoique auoune de ces petites ^ies ne fût io^te, li^ gùntUlôfSù de quelqu^ss-unee faisait oublier leur laideur. » J. J. < Kademoisfille du Ch&telet n'était ni jeune ni joK#., vm ^0 t^^. manquait p^s de grite. ^ I9.

1^ JoH miflUiOA»

Joli, ^l'égaix) de mig9^ et même à l'égard do gentil el de graçifim, p^Ut étr^ conqid^é comme le genre; c'est de c^s qi^itre odots \o pjli^ usité. Ce qui es^ joli inspire de la joie. > du cqntentement, agrée; et l'épit^ète de joli convient à tout oe q^i est siinplement agré^Ie sou? ^ peint de vue est)iQtiqu^. Mais parmi les c^ose? joh'sf , U mgmime platt 4 <^\^e ^^ ^ petitesse; c'est une jolie petite chose, une miniaUtre, Mignon dérive de mnitU) tm'nor, moindjre, d'où viennent aussi mince, minutie, miniature y etç. Sans doute Voi^jet joli ^t plutôt p^tit que ^[raçdi ma>a oe n'^st pas de ^a petite^sse qu'il tire son agrément et sa qualiftcattoft, ou, ce^te petitesse est sorpasiée pAr celle du mignon. « ¥on petit papa mignon. » ¥qi., * La plqu^rette, cettç fleur si pelât^ 9t si ffiignonne. » J. J.

D'ailleuni, mi^on fait poAser A 1» ftS0i>4« l'objet, i la qaauièr^ dont il est travailler « X^a mie 4u Ihpgû étai^ une jeuQ« persopne et s^^ jolies sf^ qoiffUM ^\^\ ^« ^pèce de ç^le à oreilles, des plus mignonnes. » Laf. La chose jolie nous. charme, quelle qu'en soit la cause, et quoique peut-être elle ait quelque chose d'ir-

7iS

DEUXIÈUE PARTIE

régulier et de piquant-, la îAkùsa mignonne nous charme, parce qu'elle est &ite d'une manière élégante, fine, délicate. «Je fus frappé de la beauté de son visage; je n'ai point vu de traits plus délicats : elle avait un air mignon et enfantin. » Lss. « La première de ces deux jeunes filles était encore plus joZie que la seconde ; elle avait un je ne sais quoi de plus délicat, de plus fin ; elle était en même temps très-mt^onne et très-formée. » J. J. c Ces négresses sont si joliei et si mtgnonnes que souvent on les préfère à leurs maltresses. » Lbs. c Mlle de Méri vous envoie les plus jolis souliers du monde; j'en ai surtout remarqué une paire qui me parait ii mignonne ^ que je la crois propre à garder le lit. » SÉv. c Le sa!miri est le plus joli, le plus mignon de tous les sapajous. » Buff. « Allez , dit la corneille à Toursc; léchez doucement votre fiU; il sera bientôt joli et mignon. • Féh. *.

f Gentil , gracieux.

Le latin genus, naissance, famille, nous a servi à faire gent et gentil, c'est-à-dire de naissance, de famille , c'est-à-dire noble ; en sorte que gentil y dans le principe, entraînait, comme beau y une idée de grandeur et d'excellence. Hais il a totalement dégénéré, et à présent il ne s'élève pas au-dessus Aejoli, Ce qui est gentil platt par l'agilité et la légèreté de ses mouvements, c De gentillet gambades. » Regn. Une jeune fille vive et gentille (In.) , gentiUe et fringante (L\F.] , gentille et sémillante (J . J.). « Dans la première jeunesse, l'àne a de la légèreté et de la gentillesse, » Buff.

Gracieux, plein de grdeê, du latin gralus^ agréable : gratior dies, jour riant. Les Grâces avaient le même caractère que les Ris et les Jeux, avec lesquels elles composaient le cortège accoutumé de Vénus : elles étaient gaies et badines. Telle est du moins la nuance propre de gracieux. « Sourire gracieux. » AcAn. « Là toute la nature était riante et gracieuse. 9 Fin. < Molière a donné un tour gracieux au vice , avec une austérité ridicule et odieuse à la vertu. » Id. c Le sérieux n'est jamais gracieux; U approche trop du sévère qui rebute. » Volt.

Je Tcox qu'on soit plaisant sans Toalolr Ddre rire ; Qu'on ait un style aisé , gai , vif et gracieux, Id. D'autre part, gracieux, qui a bonne gràee, exclut la gène et la gaucherie. < Dans l'An d'aimer on sent partout l'eflbrt ; rien ne coule de source. Sans l'aisance et la facilité , il n'y a point de grâce; aussi Bernard est-il joli plutôt que gracieux. » Lah.

JONCTION , tNION. Il 7 a jomttion ou «fiûm entre deux ou plusieurs choses qui se trouvent ensemble , et non séparées.

Jonction se dit de choses jotntes , qui se sont jointes, c'est-à-dire rencontrées dans leur marche ou dans leur course : la jonction des armées, la jonction de deux rivières. Union ne rappelle pas ainsi l'action d'un verbe , et n'implique pas ainsi l'idée de mouvement; il se dit de choses qui sont dans nn tel état qu'elles ne font qu'un :

4. La différence enlre nùgrum et mignard se trouve indiquée dans la 1'* partie, p. 246.

Vunion des couleurs, l'union de F&me avec U corps, Vunion conjugale, l'iuitofi des deux utures en Jésus-Christ.

Ce qui distingue union ^ pour sa psirt, c'est l'intimité du rapport qu'il marque entre les choses ou les personnes. Celles qui sont jointa sont liées, tiennent les unes aux autres; celles qui sont unies se conviennent, s'accordent li bien, qu'elles sont comme fondues enseob^ (voy. Âssew^leT, joindre , icntr). On se joùu pour n'être pas seul, mais en compagnie; oa B'unit pour former une société. la jondûm a ob n'a pas lieu , s'opère ou ne s'opère pas; l'umion est plus ou moins parfaite.

D'ailleurs , jonction ne s'emploie qu*aa propre , au lieu que le plus grand usage d'union est, au figuré. La jonction de deux chemins*, Vunion des cœurs. La jonction des ruisseaux forme les rivières; l'union soutient les ûonîlles, et fait la puissance des ËUts.

JOIIFFLU, MAFFLÉ (ou MAFFIJD). Deux mots familiers qui désignent un honotme ««mwi* ayant un visage plein , rebondi.

Flu , fié, du latin fiare , souffler , annonce quelque chose A*enfiéy pour ainsi dire, de boufiL Mais ce que le joufflu a d'enflé, ce aont les joues précisément; au lieu que ce qu'il y a d*enflé chex la maffié, c'est autre chose, et appaieniment, quelle que soit l'étymologie du mot, tonte la partie antérieure du visage , ou même tout le corps. On représente les vents joufflus; une belette, entrée dans un grenier, y mangea tant qu'elle devint

Grasse , majjlue et rebondie. Lap.

On a peint les anges sous les traits d'enfants joufflus (Volt.) ; on connaît le goût des Asiatiques et des Africains pour les feounes WMffUes., pour les grosses mafflées.

Peut-être aussi que maffle'iieat de WioUflatus ^ mal ou disgracieusement soufflé, et qu'il doit toujours se prendre en mauTaise paît. C'est ce que semble confirmer l'unique exemple que nous ayons pu trouver de ce mot dans nos prosateurs des deux derniers siècles. • La taille de Pontchartrain était ordinaire, son visage long, wMfflé, fort lippu , dégoûtant. » S. S, Joufflu, incomparablement plus usité d'ailleurs, n'iad^iue par lui-même rien de désagréable, c Je rencontrai un homme joufflu et vermeil dans un carrosse à six .choraux. > Volt. «Représenter un beau vieillard avec une grande barbe blanche , vêtu d'unt ample draperie , porté au milieu d'un nuage sur des entanU joufflus qui ont de belles paires d'ailes, ou sur un aigle d'une grandeur ènonne.aln. c L'abbé de Demis était un poète galant, faiea joufflu , bien frais, bien poupin. » ICaui. Et palssiez-vous , detant Vta révolu , Tant opérer, que d'une aimable mère Naisse un beau Jour quelque petit yoif^*. Digne des Tœux de l'aïeul et du père !

J. B. Roi».

JOTAU, BIJOU. Objets d'ornement, qui font surtout la joie des femmes ou dont les femmes surtout se jouent ou se réjouissent. C^esi ce qu'indique l'étymologie de ces deux mots : ils viennent du latin jocus, jeu, dont on a fait,

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

ans la basse latinité, joealiay joyaux, et d'où érivent aussi joie, se r^ouir ei joujou, Bi , comme ha , est une des premières articulaions de l'enfant et semble propre & exprimer la etitesse ou la qualité de conrenir aux enfants, .es reines ont des joyaux, « Je donnerais tous mes oyaux , dit la reine , pour n'avoir que vingt ans. » ^ÂN . « La reine , Henriette d'Angleterre , abandonne es joyaux pour avoir des armes et des muniions, m BOSS.

On eût dit une reine.

Itien ne manquait aax vêlements, Perles , joyaux , el diamants. Lav.

tfais les petites filles, et par extension les femmes du commun , ont des bijoux, « Les petites filles aiment ce qui donne dans la vue et sert à l'ornement : des miroirs, des bijovus, des chiffons , surtout des poupées. » J. J. « GalanUrie si- ^ifie tantôt coquetterie dans l'esprit, paroles natteuses , tantôt présents de petits bijoux. > Volt. Ce qu'on regarde dans le joyau , c'est sa valeur ; et dans le bijou , sa délicatesse et sa façon. Le Joyau est riche (ÂCAn.) ou précieux (Laf. , Les.} ; le bijou est petit (Volt.) et joli (Hol.). Mais le joyau peut être brut , peut n'être pas taillé ou monté , au lieu que le bijou est toujours un ouvrage travaillé. «La joaillerie j dit Roubaud, se distingue de la bijouterie , en ce qu'elle comprend dans son négoce les pierreries qui ne sont pas taillées ou montées. »

Le joyau ^ plus considérable, soit par sa grandeur , soit par le prix de sa matière. « Là étaient des piles de joyaux , ornements et chaînes de pierreries, bracelets, colliers et autres machines qui se fabriquent à Cythère. » Laf. «Cléop&tre prépara de riches présents pour Antoine et pour ses amis : elle prit avec elle de grandes sommes d'argent , des joyaux magnifiques ; en un mot, elle se munit de tout ce que pouvait .lui fournir l'opulence d'un grand et puissant royaume. » Roll. — Les bijoux sont inférieurs aux joyaux sous ces deux rapports : ee ne sont pas toujours des pierreries, conune les joyatts, mais souvent d'agréables colifichets, de petites boites , des étuis , des tabatières, des cannes. «Le duc de Villars aimait le jeu à l'excès , la parure , les bijoux et les breloques. » S. S. « Le coco fournit une coque très -dure dont on façonne des vases et mille petits bijoux, 9 Volt. « Des quinze mille francs qu'on demande, le prêteur ne pourra compter en argent que douze mille livres; et pour les mille écus restants, il faudra que l'emprunteur prenne les bardes, nippes et bijoux dont s'ensuit le mémoire.... Trois mousquets... ; un fourneau de brique avec deux cornues et trois récipients...; un luth de Bologne garni de toutes ses cordes... ; un trou-madame et un damier, avec un jeu de l'oie, etc. > Kol.

On garde des joyaux , ceux de la couronne par exemple , dans des trésors ; une femme serre ses bijoux dans un écrin. Une riche dame porte des bijoux tous les jours; elle ne se pare de ses joyaux que dans les cérémonies solennelles et d'apparat, et, par exemple, pour un bal à la cour ou dans le grand monde. Un voyageur ou un fugitif emporte avec lui un joyau pour le vendre,

au besoin; un amateur recueille par caprice une foule de petits bijoux dont il est curieux.

Même différence au figuré.

Le joyau est un objet de prix. « A Madrid , on est en fonds, quand on possède un semblable joyau (une femme galante). > Lbs. Un bijou est une chose charmante , mignonne , gentiment façonnée, une jolie petite chose. « Les pierres et les métaux polis ne sont pas comparables à Foiseau-mouche , ce bijou de la nature. » Boff. « Cirey est charmant, c'est un bijou; venez-y. » Volt.

Enfin l'aimable Agnès a su m'assnjettir. C'est un joli bijou , pour ne vous point mentir.

Mol.

n avait un enfant, Un vrai bijou, fille unique vraiment. Volt.

JUGER, DiCIBER, PRONONCER. Déterminer l'opinion qu'on doit avoir, c Le défaut ordinaire des jeunes gens est de juger, de décider^ de prononcer d'un ton de mattre. > Roll. « Aujourd'hui la femme la plus estimée est celle qui j%ige , tranche , décide , prononce , assigne au talent , au mérite, aux vertus, leurs degrés et leurs places. » J. J. « Si vous demandiez de Théodote s'il est auteur ou plagiaire , je vous donnerais ses ouvrages et je vous dirais : Lisez et jugex; mais s'il est dévot ou courtisan , qui pourrait le décider sur le portrait que j'en viens de faire? Je prononce-' rais plus hardiment sur son étoile : Oui, Théodote, j'ai observé le point de votre naissance, vous serez placé. » Labr.

Juger et décider d'abord diffèrent de plusieurs manières. Juger y judicare, jus dteere, rendre la justice , rappelle l'action du juge , qui considère attentivement, qui lècoute, compare et pèse les raisons des deux partis pour délibérer ensuite. Décider y de deddere, couper et faire tomber du coup, marque une action instantanée qui fait cesser le doute ou la dispute, qui tranche la difficulté.^ 1* On juge proprement un homme, sa vie , un ouvrage , choses susceptibles d'être soumises à l'examen et à la discussion, mais non pas résolues ou dissoutes; on décide une question, une affaire, une cause, une contestation, une querelle, choses susceptibles, au contraire, d'être résolues , tranchées , mises à fin. « Dans le moment que notre ftme sortira du corps, elle doit être jugée en dernier ressort , et l'affaire de notre salut immuablement décidée, » Boss. c Nous venons vous proposer les lois immuables sur lesquelles votre vie sera jugée y par lesquelles votre cause (devant le tribunal de Dieu) sera décidée, > In. — 2* Juger annonce plutôt une opération lente, réfléchie, raisonnée; et décider, un acte bref et prompt. « Sire y jugex le procès des anciens et des modernes. Vous qui abrégez les procès dans votre royaume, mettez fin au nôtre d'un mot. Votre Majesté est accoutumée à décider toutes les querelles par la plume comme par répée, sans y perdre beaucoup de temps. » Volt. ! L'homme juge , Dieu décide. < Nous devons suivre ! Dieu, et juger autant qu'il décide ; le commande- ' ment de ne juger pas ne s'étend pas jusqu à nous défendre de condamner ce que Dieu condamne.» ' Boss. A la différence de juger y décider exclut

DEUXIEME PAariE :

sottveat L'ét«<k «1 gtiime», toil qu'oo Q'«a ait pas besoin. Mit qu'oa M ft'«n dons* pa» te peine, qu'on agisse d*autoriti» aEbUraifaneat o« à te léfèreu « Le pouvoir se swbatituecaU aM droit. Leapnwêese teraûnenieat encore; aaie on in» jtffffoti plus, on (i^eûism^ » BBàuu. «Il y a un pnklîQ VH d^'de aven eonniieeanoe et avec é^ità; il est Trti que ee publio qm jfi^e^ c'està-4ire q^ pense, n'est pas nombreux. » D'Aï». « ieteonnaiesears jugent, ka journaliatae 4^^ diRl. » lo. Un é^e raÂionnable jw§9; la aort, un évônement décide,

Qaand les dieux étonnét semblaient, se pafUfer»

Pbeffsals a^UcùU ce ^'Us n'osaient yw^er. Goai*. — 3* L'action de juger étant d'une certaine étendue, et celle de d^icsder courte, la décùion se prend bien pour la fin dv jugemmt^ la résolution, penr le point poéeis eà «a prend paiti ^rie avoir délibéré. On jtfff e4 on ^oûie, < C^* sar blkn» fortement In témèrili al ia n«MÛdit« dnn anldate, qui avaient pria sur eui de iuçfer et de iMetder josqn'où ils devainot alier. » Roi.u c Pnron qu'on eat peètrt « en e'arrog» le droit dejeliPfr de tMtt, de éiiid» de tout » Bouan. « QneUe aéra In d^tien dn ee internent fbrmldable (le jugeasent damier pour cbnonn de. noue) 7 Sva-ee le oieL en l'enfer T t Id.

Ck)nune In d^ciMon termine ]# /n|i<ienl, Tac-* tien de proM>ttcer aueoèdn \ l'nne ei à l'autre. Prononcer, c^eet proolainer ou déclarer In déoisien des jagMi A la rigueur, le ji«0eininl et la déeuitm peuvent être intérieurs et aolitvree; au lien que jmmonMr désigne toujours une assertion, une aenlencn rendue. « Quelque» habiUs prononcent en faTeur des aoeiens contre les ma* demea. > Lau. On juge avec connaiasaaoe de cauee; on éitidé sans belanner ; on pronono^ bautonent. Jh^ét de tout, décider de to«t, est le propre d'un esprit qui ne doutn de rien ; frononc«r sur tout, est le propre d*un hosune afârmatif , dogmatique, qui s'eiprime en moîtie. Comme prononctr acbève entièrement le &it, est défini^ ttf , comme le Juge qui fromtmcê kii aet0 d'auto^ rite , prononcer ee dit bien d'un oracle ou d'une personne qui décide souverainement. « Troîle eet roraole d'une maison; s'il prononce d'un meta qu'il est friand , In mettre le trouve friand , et ne peot s'en rassasier. » Labr. « G'eet le roi qui doit prenoneer sur oettn affufe. » Siv. « C'est nous qui pouvons prononeer souverainement si nous sommée de la terre ou du del. » Boes. s Des wh pereurs avaient osé prononcer anr les queeUona de la foi. » In.

JDfiTBftSK, PfUtelfllOH, KXACriTUDE. Qualités de Vesprit et du style qui ont pour eilbt de bien faire comprendre, par le bon emploi des mots, ce qu'on dit ou œ qu'on écrit. Raisonner (Fsn., RoLL.)> faire l'analyse d'un livr»(BoU.)f parler avec justesse , prifctston et evaetttudê. 8spnt;utte, précis, exact (S. 8.). Esprit de /iMtefie, de precir sùm (Volt.) et d'^sacttlude. «i Vincent de Lériof a dit que la tradition passe d'un état obscur à un > état plus lumineux, en sorte qu'elle reçoit avec \ le temps une lumière , une précision , une ju»* \ iesscy une esactt^ude qui lui manquait aupara* | vaut. 9 Bosa.

La jif«fe<se einploie les moU qu'il îm\]i^ cision n'emploie que 1« mU qu'il H\ â l'ennststude eapk»e tons l«f mats qu'il fui

San» j%tt$ss$, en «etert de lenses iapw qui ne vont pa« bien i la pnese, quiQ]â» viennent pas de tout point, qvii s'y ^m maU ou n'est pas vrai. Sus préwv», va. ki de se réduire aux tenaes proftros, os eo^gi une abondanoe d'expresaioos tpprotet» la troublent l'esprit , on n'est pas net. Sua tmtudCy on ne met |kasaasexdesoiQiréaiiirtQQ les mots nécesnurea pour tendre jtezisit sa penaAe , on n'est pas oomplet.

De aorte que , sans jusUm^ n i&m de m qu'on penae une idée famse; «anp^R.qos idée vague ; et, aans cym^iMi, «b» iàè&iosos)plHe ou iiiaQJb«eée.

La jiMtoMe ett eqnenit es lu iss&é-- ^ exige» s|ue le met 8«it UMÛo«n ^# ^^ '^ pensée. La yr^oieien Qft9iue«i« derestitfrM et de l'obeenrité; elle evlutlMorwaloculicii. lee kM)9ueura« les expvessioos nal ^mm- Ve4WoCttude eal ennemie ds l&M^ligeici.

Avne trop de jnakese U st^bderieidea mtèreettioftidn; onneeepenDittia&iâi]ii(s,iu ittélapjborea, lien qui s*éumuiiuiK«*i<i l'idée. Aveo trop de prrfawmn m i^»

exceanve sobriété, sec, quiipi, wai^^d'w» clarté malbémaiique. ivac tr(«^««M,<)& sera minutieux et ennuyeot.

Jrul€ss0 et pr^ciften se diiaat «nconu fv* lant de la aaniéve doiU on «xé<ote «Deopœ^ ou un mouvement Avec jutkm^ ^^^-^ sana écart» en allant droit oùilfaBiîl«^* mettant chaque Qb<^ justQ à. MToilq<^i^)»i^« sans se tcon^^-, «vecpf^«iii»» c'e*W««* embairas.

JUSTIGB • iQcnv , — Ï«(W» ^^ qualité ou vertu qui ewiste à »p»î«««'^ à autrui. « Voua redemandez votiP»»»»^ hauteur et une exactitude qiie tous W^^ ture, ju9lic0, équité, vm V^ i'appw* '*' inhumanités » Bourd. . .

/neMce, juttUi4k, de jw, droit, d«ua«MamiUe que iu&eo , j'ordonne. «^«1» ««"^^ à non régie poaitive , le respsot d'^p" y reux, dont l'exécution peut ^^^^ contrainte. Véquiié, du Utia W»*. f;^ conaiste à traiter Iv »»<«»«<""*"* S comme nous voudrions en Wfe ^^j,'^droit auquel elle correspond a'»^P»*"*2 preaoHt par leabommas, U l'^^p^l»'»^ ou par 1» raison , et il n'e»port« P«»'**^ pouvoir de contmindjre. On oh»rT«.*J**L accompliasant le» Inii qu9 1> »oci«a»r pour sa conservation ; et V4qm1i,J^ ^^^^ prinoipea de la loi naturrile. ^J^'tK tice sont variable» et dérivées de ceUfâ« fni<«; et parfois le jurisconsulte a h^^ monter à oeUtci H de s'en i^^} ^^^^ ou Qorrigec le droit positif, ou lue» poor J»^

^ «Te mi«i8trat joint à U W souwnmp ^ raie le diKernement ^^^^,^S'^ ajoute & la ;u.ti^ cette éqmU sup^n^ laquelle la duwl* de la lettre»'* v>mW

SYNONYMES À RADICAUX MVERS.

a;ueur qui tue , %t Texcës de la justice devient lelquefois Texcès de Viniquité. » D'Ao. «Quand

loi était trop sévère , Zadig , devenu juge , la mpér^t; et quand on manquait de lois, son 'uité en faisait qu'on aurait prises pour celles i Zoroastre. v Volt. « Les Romains n'avaient )intde lois civiles : sons la monarchie, k» n», ii rendaient seuls la justice « n'avaient d'autres :gles, dans leurs jugements, que les usa'ges, iurs iumièreft et leur équité, » Covd. « Nous ortons en Dous-mêne*, et U loi de IV^iitl^ natuelle , et la kn 4« la jtultM ebrèlioime. * Bocb.

Gomme la mode fait l'iifgrisieDt, ansiî fait- elle ijusticw. Se riMNitMe cosnaiMait réeHenuDt la usHce , il n*afarait pat établi cette nailaie , qoê bacun mare l«f mtemn Aa son psys : l'éclat e la véritaU» éjuité aurait aaiiqetti loua Un lenples, «t ks Iégislat««ra n^w ratent paa pria «ur nodèl», an lieu d« cetta jutHcê constante » es f^Btadsief et ki eaprfcas dat Peraea et dta kllemeAds. » Paae. « Un «g» a dit qae las loia nèmes et la jutticê ont beselA dTétrt aunéee et '.onduTtes /mUMimiiI, e'«Bt4-dirv avvc éfuité. »

Page 1