‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 334 sur 426 · BARR · texte numérisé non relu

BARR

La iumfm BB Toil qo» le fait et n'entre pM lans la coBtiâératioB dea intentiMia al dea circeop îtancea; Yé^itiÊé, au ooBtraiie, meioi étroite at phisdélieste, tfent compte de la ftéMene, de i'errrar, en mérite ou du démérite particnliar. Un père désaturè éériiérite een tladont fl s'a Téâlemeot pu Uen de ae plaindra : la juêHêê doit eonflimer ses diifxwtiona; mais ï équité défend de les eiéenter. J'ai promâe à cm ouvrier un certain salaire pour une Journée de travail*, quoi qu'il fuse, il est jtwie q«e je lai paye la somme convenue. Mais li , grâce à scm ardaer, il a (ait bien plus d'ouvrage que je ne devais misenna* blement en attendre, ne lui lirai^je pas tort et enus-je équHabiê de m'en teaér an termes de notre eagagessent?

Gemme la juitiêe se rapporte à das lois écrites et d'înstitatioB Ikomaine, ce mot convient perticolièrement aussi pour exprimer rapplicatien de cet lois, Faetien des magistrats dans les tribunaoz. L'#9«Mttf, au contraire, se montre dans la conduite ordinaire et dans les Jvgements qu'on porte coBununémeni sans être revêtu d'aucun carutère. « Des magistrats qui n'ont point mis Yéqmîé dsns les plus petits événements de leur vie courent risque de perdre bientôt cette JMSti^e même qu'ils rendent sur le tribunal. » Mon tesq. « Gomme Aristide se portait pour aribitre dans les différends entre les particuliers , la réputatien de son équité faisait déserter les tribunaux de justice.» Barth. < rai prononcé des jugements, di« sait David , maïs ces jugements ont été accompagnés d'une justice exacte.... Un des désordres où tombeat eaux qui jugent du prochain , o'eat le dé&Qt d'^tW et d'intégrité. » Boobd.

Une autre différence provient du sens primitif à'équité. Vous êtes juste envers l'homme dont vous ne violez pas le drpit , et équitable envers celui dont vous ne violez pas le droit au profit d'un autre homme. Un juge est juste quand il juge conformément à la loi, et équitable quand 11 ne fiùt aoceptioB de personne, quand il «st égal pour celtti«ciet pour celui-là, c'est-à-dire iuquir-* tial. Une impartiale équUé (àcan.); un partage, une distribution équitable (In.). On. est jmste en traitant un homme comme on le doit, comme il le mérite *, et équdtaJ^, en le traitant comme les autres, égaUmenijOn. bien en lui asaignant une part ou une place ooavensble. La jutfies anlut rofEBnss; Véquité^ la faveur ou le passe-droit « Ces secours se dispenssnt aeee é^iU et avee bonté , sans que penonne se puissa plainâm. > Boss. « Je lui voyais remplir si dignement sa place (au f^ére de Mtoe de Pompadour), qu'à son égard la faveur me semblait n'fttm que In sisq>In éruiié. » MAnv. • A forée d'être éqmtaèl^ Mmên lui, elle était inifoe envsn eUe, et ae fÛBiit tort pour lui ftére honoeun » J. J. ,

La drothtrs , comme Véqwi^, consiste à suivre envcKs autrui les leia eu les inspiraéiotts de la consdenee. Haas, au lieu que Véquité est douon» attentive à réparer, à eieuser, et impartiale, la ânOure est inflembla (d'Ag., Lab. , Mark.) et sincère (MAas. , S. S.), fille est inflexible , o'est-à* dire qu'elle ne se laisse détourner par rien de la dretle voie ou do la droite ligne; éû» esl inanoeesible aux sollicitations tendant à nuire à autrui» et inébranlable aux assauts de l'intérêt ou de la passion. En sorte que, si l'homme ^futlaèiis ne favorise personne, l'homme droit ne se favorise pas lui-même et peut aller jusqu'à ae condamner. Une droîhirs inébranlable (X.J.) , à tenta éprenne (In.), invariable (ID.). pe oe côté, la dvetAnoe touche à la fermeté. De l'autre , elle tmiehs à la bonne foi : elle ne biaise pas, alla ne dissimula pas , elle ne cache pas sous l'apparanee du déaÙD^ téressement des yues personnelles; alla veut la bien pour le bien. « Que signifient cca précautioina» ces retar^mentSy ces mystères? Bst^ce ainsi qu'on répond à la confiance? Cette allure est-eUe celle de la droilufe et de la bonne foi? >X. J. < Vous attaques la probité des gens de bien et la drotttirs de leur coeur; vous les soupçonnes de noirceur, de dissimulation, d'hypocrisie; de faire serrir à leurs rues et à leurs passions les choses les plus saintea, d'être dea imposteurs pubUos* » Mass.

L'homme juste ne fait pas de tort. L'homme équitable n'use pas d'une rigueur exacte , littérale, toute judaïque, et n'a pas de préférences. L'homme dtaii n'a pas la faiblesse de se laisser entraîner à nuire , et son attachement à la cause légitime est sans iéinte et sans arriérepansée.

D£UXI£IIE PARTIE :

LABYRINTHE, DÉDALE. Édifice ou lieu plein de détours et tellement disposé , qu'il est difficile , une fois qu'on y est, d*en sortir. Au figuré, ces mots donnent l'idée d'une graiide complication et d'un grand embarras.

iabyrinthe est le mot qui en égyptien , en grec et en latin a signifié un palais ou un endos de bfttiments, dont ceux qui s'y engageaient avaient peine A trouver l'issue. Dédale est primitivement le nom du célèbre architecte qui construisit le labyrinthe de Crète sur le modèle de celui de l'Ëgypte. c Nous vîmes en Crète le fameux labyrinthe^ ouvrage des mains de l'ingénieux Dédale, et qui était une imitation du grand labyrinthe que nous avions vu en Egypte. » Fék. On a ensuite donné à Touvrage le nom de l'ouvrier, et on a dit un dédale pour un ki5yirtfif^.

De là plusieurs différences.

liibyrinthe s'emploie au propre pour désigner des constructions, des plantations, des tienx dont les tours et les détours sont si multipliés, qu'on s'y perd. Dans les Àmaun de FtyM et de Ciipûlofi, une tour enchantée dit à Psyché : « Vous entrerez dans un lalfyrinihe dont les routes sont fort aisées à tenir en allant; mais quand on en revient , il est impossible de les démêler. » Laf. « Je ferais dans une grande salle une espèce de labyrinthe avec des tables, des fauteuils , des chaises , des paravents. Dans les inextricables tortuosités de ce labyrinthe , j^arrangerais au milieu de boîtes d'attrapes une boîte de bonbons.... » J. J. c Le sentier n'aboutissait à la muraille que par une infinité de tours , de détours et de circuits très^ifOciles. Mais bientôt la lune, dissipant les nuages, dévoila à Aratus tout le labyrinthe de ce sentier. » Roll. < J'ait fait planter une infinité de petits arbres et un labyrinthe d'où on ne sortira pas sans le fil d'Ariane.» SAv. — Mais dédale , qui ne signifie un labyrinthe que par métonymie, n'est d'usage que quand on parle par figures ou dans le style figuré. Lors même qu'il se rapproche le plus du sens propre , il conserve néanmoins quelque chose d'abstrait et d'immatériel qui le rend parfaitement distinct, c L'hirondelle semble décrire au milieu des airs un dédale mobile et fugitif, dont les routes se croisent, s'entrelacent , se fuient, se rapprochent..., et dont le plan, trop compliqué pour être représenté aux yeux par l'art du dessin, peut à peine être indiqué à l'imagination par le pinceau de la parole. > Buff.

En second lieu , labyrinthe convient mieux en prose, c J'ai renoncé à juger les hommes, bien convaincu que l'obscur labyrinthe de leurs cœurs m'est impénétrable. » J. J. c II faut donc alambiquer son esprit dans ces questions, c'està-dire dans les plus fines disputes où la raison puisse entrer, ou plutôt dans les plus dangereux labyrinihei où elle se puisse perdre. » Boss. — La poésie, au contraire, préfère dédale.

Le dédale des coeors en ses déioars n'ensene Rien qui ne soit d'abord éclairé par les dinu : Tout ee que Thomme bût, il le fait à leurs jeui

Lm.w.

Le malheur de ta fille au tombetn desoeadae

Par un commun trépas.

Est-ce quelque dè^iale où la raisoo perdoe

Ne se retrouve pas? ,

Enfin , le mot labyrinf^ ooneentre toate l'attention sur la nature de la choie : le labyrinthe est inextricable (Acâd.« Beaux.), inexplicable (Boas.). « Si je sors des voies de la foâ, je tombe dans un labyrinthe où je ne fiais qiae tourner, que me fatiguer, sans trouver jamais d'issue.» BoURB. < J'ai montré à ce miniaire dans son sptème un labyrinthe d'où il ne peai sortir.» Boss. « Qui marche dans les ténèbres ne ait où il va.... Il avance. Ah! quel labyrinthe ^ et combien de fallacieux et inévitables détours il va reecootrerf... > In. « Je voulus fixer une bonne Uk mes opinions, mes principes.... Je me troom d'abord dans un labyrinthe d'embarras , de d J3cultes , d'objections , de tortuosités , de ténèbres.* J. J. «On conçoit dans quelle étrange perplexité, dans quel labyrtfUhe de difficultés et de pèriU jetaient Octavien les intérèU opposés desposM»seurs des terres et d'uy multitude infinie de gens de guerre accoutumés à donner la loi i leurs chel^. » Roll. «L'ignorance de la nécessité de la création, pour les anciens, faisait de U métaphysique un obscur labyrtÊUhe d*où ils ne pouvaient se tirer. » MARM.-4fais le mot dédaU fait penser à l'artiste et à l'art : le dédale est une œuvre d'habileté ou de ruse. Aoiêa^iec et dard»litf veulent dire fait avec ait, indu9^eu.x,Yiabile. «Gomment l'auteur des XélamorpHoses at-il pu , de tant d'histoires difiérentes , former un tout si bien suivi , si bvai lié , et tenir toujours dans sa main le fil qui vous guide dans ce d<*'daie d'aventures merveilleuses? > Lan. « Que llrnpôt soit un , la fraude n'aura plus à se réfugier dans un dédale ténébreux d'édits absurdes et hixar^ res. > Mârm . « Je ne doute pas de la sagacité , de l'adresse avec laquelle vous saisiret le desaân de l'auteur (du Barbier de SéviUe), et mûvTea le & de l'intrigue à travers un léger dédale. > Beaux. c C'est bien assez pour moi d'avoir suivi le comte de La Blache dans le dédeUe affreux de sa politique, d'avoir déveloi^é par quelle suite de roses et de noirceurs il s'est flatté d'en imposer à tous les tribunaux. » In. Dans le Tartufe , Gléante dit en parlant de Tartufe :

Aux menaces du fourbe on doit ne dormir poiat... Ne vous y flex pas ; il aura des ressorts Pour donner contre tous raison i tes efforts; El sur moins que cela le poids d*one cabale Embarrasse les gens dans un fâcheux dédale.

Mol.

Souvent en étudiant ou en raisonnant, on se jette ou on tombe dans des kibyrtnihes , faute <h méthode ou à cause de l'extrême variété et coe-

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

lication des choses auxquelles on s'applique. Pendant que je suiyais cette fausse méthcxle, ! m'aperçus que j'enfilais une fausse route qui régarait dans un labyrinthe immense. » J. J. Je ne vais que tAtonnant dans un petit coin de et immense labyrinthe (la botanique). » In.' oltaire écrit à Mme du ChAtelet : « Gomment yez-YOus pu marcher après Newton dans cette oute obscure du labyrinthe immense où se perd a nature? > « Les Juifs ne connaissent plus rien lans les temps qui leur sont marqués par leurs )Tophétie8 , et ne savent par où sortir de ce laby- 'inthe, » Boss. « En l'étude de l'homme, je rouve une extrême variété de jugements, un )rofond labyrinthe de difficultés les unes sur les lutres. » MoNTAiGM. — Mais si les choses au miieu desquelles on a peina à se reconnaître sont lu nombre de celles que les hommes ont indiscrètement multipliées ou embrouillées par des (ubtilités, elles forment pour celui qui cherche à es démêler, non plus un labyrinthe , mus proprement un dédale. < Avec la folle idée de vouloir tout prévoir, les Anglais ont fait de leurs lois in dédale immense^oùla mémoire et la raison se perdent également. > J. J.

Mail qae Maupeoa tout seul du dédale des lois Ait su retirer la couronne ,

Qu'il Tait seul n^portée au palais de nos rois ;

ToU4 ce que je nis, voilà ce qui m'étonne.

Volt.

Ministre de Thémis , dont la rare prudence

Da dédaU des lois démêle les détours. Dûb. < Âu barreau , on voit tous les jours LMnnocence aux abois

Errer dans les détours d*un dédale de lois. Bon.. Dans le Lutrin, le prélat dit à la Chicane :

Épuise en ma fiiveur ta science fatale ;

Du digeste et do code ouvre-nous le dédale. Id. *

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