DEUXIÈME PARTIE
cela qu'oa dit' plus propceœent discuter, disputer, disserter longuement^ que parler longuement, « Les philosophes grecs discutèrent longue* ment à leur ordinaire la question du souverain bien. » Volt. « Dans le onzième siècle des gens de beaucoup d'esprit disputèrent solennellement, longuement et vivement sur ce qui arrivait à la garde-robe quand.... > Io« « Corneille disserte longuement sur l'unité de temps et de lieu. » Lab. c Tout cela longuement discuté et à bien des reprises, M. le duc d'Orléans me parla de Rome. 9 S. S. « J'étais surpris qu'il pût être touché d'accroître sa charge de ma dépouille jusqu'à l'avoir si adroitement > si longuement et si ténébreusement ménagée. « In. «Le duc de Noailles a toutes sortes de ressources dans l'esprit, mais toutes pour le mal, pour les plus profondes horreurs, et les noirceurs les plus longuement excogitées, et pourpensées de toutes ses réflexions pour le succès. » Id. « De là s'étant rendu au sénat , Galba n'y parla ni moins sim- ' plement ni plus longuement qu'aux soldats. » J. J. a II ne me dit qu'un mot de ce procès, qu'il croyait infaillible ; mais il me parla longuement de lui , de moi , de vous. «Marm. — Ou bien encore parler longuement, c'est ^rler de manière à être long , c'est-à-dire ennuyeux. « Il a parlé longuement, et a fort ennuyé l'assemblée. « AcAD. « Les régents ne doivent parler ni longuement ni fréquemment des mœurs et de la religion ; ce serait le moyen de rebuter les jeunes gens. » HoLL. « On dirait que le titre de l'article Encyclopédie de Diderot n'est qu'un texte que l'auteur a choisi pour parler longuement et vaguement de tout ce qui peut lui venir dans la tête. » Lah. « Montaigne cause quelquefois nonchalamment et longuement : c'est ce que Labruyère en a copié, le défaut. » Marm. « Tant qu'on intéresse ou qu'on amuse , on ne parle pas longuement , quoiqu'on parle longtemps. » RorjB, ~ C'est grâce à cette double différence que longuement s'emploie concurremment avec longtemps, malgré la condamnation de Yaugelas, ainsi exprimée dans ses Remarques : « Longuement n'est plus en usage à la cour , où il était si usité il n'y a que vingt ans ; c'est pourquoi l'on n'oserait plus s'en servir dans le beau langage; on dit longtemps au lieu de longuement, »
Parler au îong^ c'est traiter d'une chose, la rapporter ou la décrire amplement. « Dans ces mémoires je pourrais parler au long de l'Ecosse.» J. J.
LOUER « VANTER; — CÉLÉBRER, PRÉCONI- SER , PRÔNER , PRÊCHER ; — EXALTER , RELE- TER, REHAUSSIflR. Dire du bien de quelqu'un ou de quelque chose.
Louer, du latin laudare^ donner des louanges, faire l'éloge , c'est trouver bon et le dire. « Il faut savoir louer et blâmera propos. » Acad. « Je ne sais s'il y a rien au monde qui coûte davantage à approuver et à louer , que ce qui est plus digne d'approbation et de louange. » Labr. « Verres pren4 chacun de ces vases l'un après l'autre , les loue , les admire. » Roll.
On ne peut trop louer trois sortes de personnes : Les dteuxy sa maîtresse et son roi. Laf.
OBORIi
Croyez-vous donc avoir tant d'esprit es paitise?
AiiCisn.
SI je lousiâ vos vers, j'en aurais dannlsge.
oaoHn.
Je me passerai fort qae vous les approoTio. Xoi.
Vanter , de venditare , chercher & rendre, e's
faire valoir une chose ou une personne, comms
un marchand sa marchandise, c Je n'ai pas nuiiqaè
\ de lui vanter votre mérite, et l'avantage que c«
lui serait d'avoir un mari comme tous. > Mgl.
, c Vante - lui adroitement ma penonoe et les
avantages de ma naissance.... h te permets de
dire tout ce que tu voudras poar ticber â me
; rengager. » Id. < La belle Nareisameprodi^t
j les plus doux regards. Le marchand de son côté
me vantait sans cesse le mérite de cette &Ue. h
voyais bien où il en voulait venir : il soubitait
qu'il me prît fantaisie d'épouser celte a\ma\)k
personne. » Les. « Les anciens ont cante, corne»
médicament , la graisse d'oie qu'on préparait à
Comagène. » Boff.
En louant , on approuve , on témoigne son estime: en xMntant, on recommande, on trarnlie à exciter l'estime des autres. Qui loue trop est os flatteur ; qui vante trop est un charlatan. Vois louex ce que d'autres blâment; tous ïcxtti ce que d'autres décrient. Vous low; k mduite de (fuelqu'un; vous vankx a a^ciii Nous louoms Dieu en rappelant ce qui! a fait l)Our nous ; nous vantons une chose eo montrant ce qu'on ea peut attendre.
Ensuite, on loue plutôt les personnes, et C3 vante leurs qualités.
Tu les as vus chez moi toujours admis, H'imporiunanl souvent de lecr» mitci, A mes soupers délicats parasiua, '
rantant mes goûis d'un esprit coœpUisint; De leur bon cœur m'étonrdissffll la tête, Et me louant moi présent. '""•
« Jésus-Christ se tait : il ne loiiepasEèToàe-,il no vante pae la magnificence de sa cour, le nombre de ses victoires, U prospérité de «u règne. . Mas», Que si on low aussi les quiOius. ce sont les qualités personnelles, au heu qu on vanU de préférence les a^tages eiuneun.
. Le riche meurt; tout Jérusalem en pare^OB Houe ses vertus; on vante sa magnificcDce. ,
Mass. ^^w rW
Célébrer, préconUer^prùnneXfrm^'^ louer ou vanter beaucoup, c;est^a-diK,no'iF devant une personne ou quelques-unes,^^ publiant, en rtpandant P^rtout^^J^Z dont on parle à la connaissance d«fl g nombre d'hommes. Ces quatre verb«6ipr^^ une action multiple, «>it parce qu on tt^ souvent, soit parce qu'elle se fait eD prj» d'une certaine quantité de monde, àwm tude ou d'une assemblée. -^^^
Célébrer, latin cekbrare.em^J^ ^ ^ de célébrité ou de solennité, cesi qui ne se dit que dans le i?^;^'Z^^ de choses pour lesquelles on éi^wure pu y de l'estime, savoir de l'^f '^*X/ rbci-
que ce qu'on loue, ce f «?.*^Xti'^^ Dieu dans le ciel^ejV. ^^.
Boss. c on voit Platon ^^^^*
IDOt
paiement en Dieu telè.
SYiNONYMES À RADICAUX DIVERS.
axé de ceux qui contemplent le beau et le >n ; on Toit Aristote louer ces heureux moents où r&me n'est possédée que de rintelliînce de la vérité. » lo. « Le comte d'Aumaie fut îureusement guéri par ce grand chirurgien, mbroise Paré, digne par son habileté d'être flébré dans toutes les histoires, a lo. c Ce drame lait célébré dans les journaux avec une sorte 'adoration. » Lah. « Comment n*aimerais-je pas i religion, moi qui Tai toujours célébrée? » 'OLT. « Toutes les histoires ecclésiastiques , [>utes les déclamations sur l'autorité de l'figlise , élèbrent la pénitence de Théodose. » Id. « A ce riste spectacle (du cadavre de César) tout le •euple fondait en lafmes : chacun célébrait ses ertus. » Vert.
Préconiser, du latin prxco, crieur public, igniâe crier par les rues. Il se prend pour Tor- Lin aire en mauvaise part. • C'est ainsi que se iont formées les plus grandes réputations : on .ransforme en anges de lumière des hommes très- >eu éclairés^ dans les choses de Dieu. Bu moins li des gens qui se voient préconiser de la sorte ■entraient en eux-mêmes.... » Bourd. « La diète >7tliagorique , préconisée par des philosophes inciens et nouveaux, n'a jamais été indiquée par A nature. » Bdff. « H n'est pas moins étonnant lue le duc de Moailles, qui caressait les gens de lettres et les savants pour s'en faire préconiser , n'ait jamais passé l'écorce de chaque matière. » S. S. « Il y a eu parmi les catholiques un homme capable de préconiser les massacres de la Saint- Barthélémy. > Volt. « L'ignorance préconise mcore quelquefois Descartes. » Id. a Nous avons ètè affligés de voir un Bossuet préconiser la persécution de Louis XIY. » Lah. « Je rirai de l'ignorance préconisant ces puérilités par la bouche des journalistes. » Id. « Il était triste et honteux de voir Voltaire se moquer de Tronchin qu'il avait préconisé si longtemps comme le premier médecin de l'Europe. » Id.
Prôner, faire un prône, ou Caire comme le curé qui prône, est familier. Il annonce une chose risible plutôt que mauvaise ou détestable. K Cela donna de la réputation à Fornaro. K. de Larochefoucauld s'en engoua et le prôna. » S. S. Eu la région d'ilalie , Que l'on nous prâne lant jolie. Scule. Cétait i*honneur du sexe : bearense sa patrie I Chaque époux \k prônait i sa femme chérie. Laf. De leurs femmes toujours ils citent les gaUnU, En font partout l'éloge , tt prônent leurs talents.
Vol.
Est-ce qoe je me mêle D'aller prôner mon sentiment 7 ' Ce sont bien là mes allures, vraiment! (Mlle BeauTal dans le prologue des
Foliée amouremees), RiGH.
En f érité c'est être bien Gaulois De tant prôner sa ridicule fois. J. B. Roust. t La cabale avocassière, convulsionnaire , usurière, prônait dans tout Paris ce Gilbert (un :ocher) comme un Caton. » Volt. « C'est un plaisir de dire à un auteur que je suis un des plus ardents partisans de sa pièce, et que je la prône partout. » In. « Vous n'aurez poinl été ^ràné par les beaux-esprits, leurs bruyantes
académies n'auront point retenti de vos éloges. « J. J.
Prêcher semble équivaloir tout à fait à prôner. Il en diffère cependant en' ce qu'il se dit des choses seulement , et jamais des personnes. « Il prêche ses exploits à tout le monde. » Acad. Montesquieu dit en parlant de l'inoculation qui avait été recommandée en France par l'abbé de Guasco, Italien : a Comment se persuader qu'un usage asiatique qui a passé en Europe par les mains des Anglais, et nous est prêché par un étranger, puisse être bon chez nous? » a Dans un ouvrage où il ne faut jamais perdre de vue l'agrément » rien n'est si voisin de l'ennui que de prêcher la raison. » Lah.
Exalter y relever et rehausser, c'est louer ou vanter beaucoup, c'est-à-dire hautement, sana réserve, avec chaleur. Ces verbes modifient l'idée de louer et de vanter en y ajoutant, non plus comme célébrer, préconiser, prôner et prêcher, l'idée de multiplicité ou d'étendue , mais celle de hauteur ou d'élévation. On exalte, on relève et on rehauue, en faisant sonner haut, en faisant paraître grand ou élevé. L'histoire célèbre les exploits ; la passion ou l'enthousiasme les exalte, A force de célébrer, de préconiser, de prôner et de prêcher , on devient ennuyeux par une trop fréquente répétition; mais c'est l'exagération qui est recueil de ceux qui exaltent, rélèvent ou rehaus^ sent les choses ou les personnes dont ils parlent.
Cette idée d'exagération est toutefois plus particulièrement exprimée par le premier des trois verbes dont il s'agit maintenant , par exalter. On n* exalte guère que d'une manière extraordinaire» extrême, excessive. «Loué, exalté et porté jusques aux cieux, Arsène croit posséder tout le mé« rite qu'on peut avoir. » Labr. « Jamais ces héros que le paganisme a tant exaltés firent-ils voir une telle force ? » Bouro. « La mort ensevelit la gloire des princes , et change en censures les vaines adulations qui l'avaient exaltée. » Mass. « Peutêtre avez- vous trop méprisé cette antique nation (les Chinois) ; peut-être l'ai-je trop exaltée. » Volt.
jleleveret rehausser, outre qu'ils sont moins essentiellement hyperboliques , désignent une seconde action ou une action redoublée. On relève et on rehausse avec soin, avec effort; c'est comme une tâche à laquelle on travaille. Ou bien on rélèx>e, on rehausse ce qui a été déprimé; c'est comme une réparation qu'on opère.
Bélever se dit des petites choses, il se dit même des défauts qu'on fait remarquer. On relève ce qui est bas ou semble bas, les avantages médiocres ou réputés tels. « Ceux qui critiquent Homère de ce qu'il relève dans ses héros la force, l'adresse ou l'agilité du corps , deyraient trouver Salluste bien ridicule, qui loue Pompée de ce qu'il courait et sautait aussi bien qu'homme de son temps. > Montbsq. L'action de rehausser s'applique aux choses grandes, belles, éclatantes, glorieuses , auxquelles on ajoute un nouveau degré par ses louanges. « Persée fit l'éloge des troupes qui venaient de combattre , et rehaussa en termes magnifiques la victoire remportée sur
DEIIXIÈME PARTIE :
la cavalerie des Romains. » Roll. Le mérite qu'on relève est d'une nature réellement ou en apparence peu importaflte , on bien il est tout à fait méconnu; celui qu'on rehautiê est d'une n&^ ture éminente , ou il a été ieulemetit diminué, mis au-dessous de son prix.
lOfTËR, AFFERMER. Ces motS signifient Vtetien par laquelle le propriétaire d'une chose en cède Vusage à quelqu'un pouf un certain temps et moyennant un certain prix.
On loue toutes sortes de choses, et pour un temps qui peut être court : on loue des maisons , des chambres, des meubles, des animaux, des Toitures, des habits, des livres, des loges au théâtre, des chaises à l'église ou à la promenade , des fenêtres donnant sur une place où doit avoir lieu quelque spectacle. Affermer y donner à ferme , se dit principalement des biens de la campagne, terres, bois, vignes, prairies, dont on abandonne la jouissance pour un temps d'or* dinaire assez long. « Parmi les revenus de la république il faut compter le produit des biensfonds qui lui appartiennent , c'est-à-dire des maisons qu'elle loue^ des terres et des bois qa'elle afferme. » Barth.
Ou , pour réduire les deux mots & leur etaote valeur, on loue ce qui est mile, on afferme ce qu'on donne à exploiter. On dit partlculièfement bien lowf ses services (Volt.)- Et pour ee qui concerne affermer^ non«seulement on afferme des propriétés rurales, on afferme aussi d'autres choses dont on transporte le profit à une personne qui les fait Valoir comme elle veut et en retire ce qu'elle peut. « Il y eut partout des bu* reaux d'indulgence ; on les affermait comme les droits d'entrée et de sortie. » Volt. Ancienne^ ment on affermait les dîmes et les autres espèces d'impôts. — La louetue de chaises loue des chaises aux fidèles qui viennent entendre une messe ou un sermon; la fabrique lui a affermé à ellemême ce droit qu'elle exerce à ses risques et périls.
LUMIÈRE; - LCEIlR, CLARTt, *dUT, SPLEN- DEUR. Ce qui fait paraître les objets, ce qui les rend propres à frapper la vue.
Entre lumière et les mots suivants se trouve une différence considérable : la lumière est une chose, je ne sais quelle substance interposée entre notre œil et ce qui se présente à lui ; au lieu que lueur ^ clarté, éclat et tplendeur désignent l'effet ou la qualité de cet agent ou de ce principe naturel. Aussi dit-on bien , par exemple, marcher, découvrir ceci ou cela, à la lueur ou à la clarté d'une lumière; et de tous les mots de cet article lumière est le seul qui s'emploie bien pour si^ifier un objet matériel qui répand de la lumière , comme une bougie , une chandelle , une lampe. « La sagesse est la lumière des esprits ; l'ignorance est comparée aux ténèbres. Cest la lumière qui la première embellit et distingue les olifets par ïédat qu'elle y répand. Paraissez donc, Utmière, la plus belle des créatures matérielles, et celle qui embellissez toutes les autres. » Boss. « Lorsque la lumière rencontre un corps transparent, elle y entre, elle s'y unît, parce qu'elle y trouve l'éclat et la transparenee qui approche de
sa nature et a quelque chose de sa clartés » 1d. c La sagesse sortie du eeia de Bien est Yéckt de sa lumière éteraette. » fn. « Il n*ejf poim dlkomme si malade et si aveugle , qm ne marche encore à la luewr de quelque lumière sonibn qui lui reste de ce soleil intérieur des eoD9cî«iM9es. * Fin. « Je cherehe quelque faible lumiète. àk lueur de laquelle Je puisié déeoarrîr les emamencements de la nation Juive. ■ Vatr. m Ih rencontrèrent nne garde de quatre faomse» qui portaient de la lumière*,.* Ils les aperçurent de fort loin à la darté de leur hÊmiêre. »n<XLt. ^ La litmière est comme les ténéèree quelque chose de concret; lueur, c&Mttf , éclat et eplenéeur indiquent, au contraire, comme otanirifé, «{uélque chose d'abstrait. « Nous avons attendu la Itiiincre et nous ne trouvons que les ténèbres; neos avofus espéré la dafié et nous marehoni daas Vcbeeurité. )» PâSC. IHeu sépara la lumfèèrt des téaèbree; depuis lors on voit suecéder à rotecarilé de la nuit la lu9ur du erépusettle, la dorttf da jour, Véekkt du soleil de midi, «t \0ê boasKs penvent.bdmiivr la eplendeyfr éa firmameat.
Touteibis lutMèfe se prend aussi dans le len abstrait de ses synonymes; auquel cae il en dl^ fère par sa généralité. 11 à cela de |»f«pr«, qa'il exprime Tidée commune sans «oeun aceeaieir» particulier, el o'eet par conaiqveiftt le aioC qui convient le ftiieax pour définir aeie quatve syâonyoKs.
La htèuf est tme faible larnidra; la tieiW, uae lumière tnodérée; Védat, une luDiête vive; U rplend^Kf) une très-grande lumière.
La luenr est une lumièpe faible, sombre, un commencement de clarté , un rayon . « On commence à voir quelque lueur du o^ de l'orleùt.» ACAD. c II y a de fausses luarrr, de Taines lueurs, des lueurs trompeuses , qu'on prtnd pour de réri- Ubles lumièrei. » In. « Une forar obscure et ténébreuse. > Bo0lin. « Qu'on se reo«eiYle dans le silence et dans l'obscurité , le plus petit bruit ou la moindre Ineur suffira pour distraire^ • Cosm. c Détruisez cet ordre (des idées), la lumière se dissipe , vous n'apercevez plus que quelques Mbtes Ineurt. » la. c il ût fermer ses fimétres à la 2sfnt^e du soleil; il ne conserva que la sombre lueur d'une lampe. » Les. « Bien loin qu'il suffise de ftiire passer devant tes yeux de Fauditeur la vérité comme une lueur fugitive, il fant l'inonder d*un torrent de lumière. » Lin. < Une vue faible, un naturel timide font préférer aux oiseaux de marais la lueur des crépuscules à U clarté du jour. » Bu pp.
La clarté est uae lumière modérée, douce, pure, suffisante, à l'aide de laquelle eu voit clair, d'une manière nette et distincte, et non pas imparfaitement et confusément comme quand on n'a qu'une lueur. « Si vous ne pourea encore supporter le grand Jour, vous Jouirez du moins agréablement de la deuceur accommodante d^ime clarté tempérée. » Boss. * La vérité de notre doctrine va paraître aveu toute sa lumière, comme la tlàrii d'un beau Jour, quand le soleil a percé les nuages, s In. « /ouir de la ciara^ des cieujk • BAaTR.
A dit, ei dans rtnsCanC l'un et Taiotre s*aiiuice
SYNONYMES k RADICAUX DIVERS.
Verfl les lien fortaAés qu'kablte nnaocence. Ce n'est plus des enfers l'affreuse obscurité. C'est du jour le plus pur rimmorlelle ciarti
C'est ce Toile qui les a empêché» d'apercerôir lumière qui les eavironne de toutes parts, se montre & efox dans t«ate sa darté, »
OURD.
Vécka est une lumière Tite, brillaiite, forte, uelquefois éblouissante on diffidls à supporter.
Les oiseau de nuit et les chats M voient mal ne parce qu'ils voient trop bien, puisqu'il ne Hir faut qu'une très-petite quantité de lumière ; u lieu que les autres ont besoin de tout l'édat u joar, et voient d'autant mieui qu'il y a plus e lumière. » Bdff. < La lumière du soleil même *est-elle pas Tévaporation de cette flamme dense ont brille sa surface avec si grand éclata « Id.
Les yeux éblouis d'un éelût si vif. » Boss. : A force de discontinuer de voir la lumière, ils l'en pourront plus supporter IVclol. » In. « En ^aponie on ne peut supporter V éclat de la neige. j>
La ipkndeuT est la plus grande lumière, et »ar rapport à la plénitude et à retendue , eironstance étrangère à Vidée d'octal, et par rapport à rintensité , ce qui fait que la 9pUmdewr enchérit sut Yéclo SEiéme. L'expression, ^«{at du oleil , fait concevoir cette astre comme lançant les traits de lumière; mais on dit la iplendeur hi soleil quand on veut donner une grande idée Le Tespace immense qu'il emplit de sa lumière. z Si Védat et la tplendeur du soleil n'est pas éternelle , c^est que la lumière du soleil ne l'est 3as non plus. « Boss. « Recueillons avec soin ;es rayons échappés de la lumière céleste (détails le la Genèse sur la création) : loin d'olliisquer la rérité , ils ne peuvent qu'y ajouter «n nouveau legré d'éclat et de splendeur, » Bofp. « Sans la ainteté, sire, tout Véclat de votre eourenne, oute la iplendeiff de votre règne , ne sont rien. > )0(7RD. a Qui a donné l'être et le nom à cette Qultitude d'étoiles qui décorent avec tant de pîendeur le firmament? » Mass.
LU8TRB, BRHXANT, ÉCLAT. Ces mots repréentent dans les objets quelque chose qui les ait paraître ou ressortir , qui frappe beaucoup la rue. < Il n'y a ancun oiseau en Europe qu'on misse comparer an martin-pêcheur pour la neteté, la richesse et Véclat des couleurs; elles ont es nuances de rarc-en-eiel, le briUant de l'énail , le hutre de la soie. » Barr.
Lustre se dit particalièrement de la ték et dés tofles; aussi le verbe hutrer ne s'étend-il pas à utre chose. Le hutre tient au poli et au jour ous lequel on regarde l'objet qui , du reste , peut tre sombre, peu voyant. « L'eau fait sortir les onlenrs de ces pierres et leur donne autant de Mire que le poli le plus achevé, a Bapr. « Sous ertains aspects , le plumage de cet oiseau-movthe est d'un vert glacé qui «*a pas moins de lutne que le métid poli. » In. Quelquefois une chose ire son lustre ^ comme son relief, de sa position enle ou de b&û opposition, de son contraste vec une antre ou avec d'antres. Boileaa dit que i satire
Ett «ne ombre au tableau, qui loi donne àa Uêtre. La laideur d'ime femme sert de lustre à celles qui l'entourent (Acad.). -> Que si le hutre a moins de vivacité et de force que le hriUant et Véélat, en revanche il a plus de soUdité; il est moins éblouissant , mais aussi il lui arrive moins souvent d'être vain : vous dites très-bien, avoir plus de brillant ou d'ifciaf , mais non pas de hui^e^ que de solidité. « Tout XéeUA des grandeers n'a point de Uutre pour les gens qui sont dans les recherches de l'écrit» » Pasc. En parlant d'une personne, lutiire annonce dn crédit ou une bonne réputation ; hriilant et écUxt expriment de la gloire, mais de cette gloire qui peut n'être que fumée.
Le hrillara et Viciât dépendent de la grande quantité de lumière. Mais c'est à l'émail, aux pierreries , primitivement et surtout , que le bnilant s*attribne , et de là vient que le verbe hriU lanter est un terme de lapidaire ; an lieu qu'on accorde de Véclat à toutes les autres choses qui resplendissent ou luisent beaucoup , qui se dis- • ttngnent par la richesse des couleurs. « Sitôt que j'eus mon babit neuf, j'effaçai tous mes rivaux ' par son éilat et par le brillant de quelques-unes de mes pierreries. » Les. — Ensuite et en général briUant dit moins qu'^ekit, en ce sens qu'il s'emploie en parlant de choses plus petites ou plus susceptiblÉs d'être fausses. Dans les ouvrages d'esprit , par exemple , hriUant signifie une Iheur, une étincelle : les petits hrillarUs des Isocrates (Volt.). « Les prédicateurs ne doivent pas recherdier un brtUant et un feu d'esprit qui égaie. » Boss. Hais Véclat a plus de grandeur et approche davantage de la magnificence. « Nicole dit que l'éloquence et la facilité de parler donnent un certain éelat aux pensées; oette expression m'a paru belle et nouvelle. • Sbv. — Enfin, quoique les deux mots se prennent dans racception figurée, cela semble arriver plus ordinairement à brillant qu'à éclat, « Le brillant de votre esprit donne un grand éclat à votre teint et à vos yeux.» Dblaf.
1* LDXB, FASTE ; •- 3* MAfiNiFICENGB , SOUP- TOOSrrÈ, gPlENDEUa, POHPK. Tous ces mots signifient le contraire de la sHUplicité dans la manière dont on vit , dont on fait les choses ou dont on se montre.
Mais luxe et faste se prennent d'ordinaire en mauvaise part. « On imputait aux mauvais rois tous les désordres qoi viennent du faste ^ du luxe et de tous les autres excès qui jettent les homknes dans un état violent. » FéN. « Le ravage des guerres appauvrit moins les hommes que le luxe, le faste et la mollesse. » Id. « Cyrus ne comprit pas combien tout cela était capable de corrompre la pureté des anciennes moeurs , et de rendre le goût du faste et du luxe bientôt dominant. > RoLL. « Les censeurs citèrent à leur tribunal M. Ëmilius Lépildus comme coupable de luxe et de faste, parce qu'il louait six mille sesterces la maison qu'il occupait. » lo. c Les peuples de l'Asie , avant Cyrus , avaient des vices , ils connaissaient le faste; mais le luxe n'avait pas encore répand u son poison mortel sur toutes les parties de la sooiété. » C«in>. -- Att contaire, maynt^UsMi,
DEUXIEME PAETI£ :
tomptwsiîé , splendeur et pompe se disent en bien ou ea mal indifféremment, et même plutôt en bien. < Manque-t-il rien dans Tanivers de tout ce qui peut servir, non-seulement à l'entretien nécessaire et commode, mais à la splendeur et A l'éclat, mais A la somptuosité et à la magnificence ? » Bourd. « Nos ancêtres étaient pénétrés de cette maxime , que ce qui est dans les grands splendeur, somptuosité^ mo^ntficenu est dissipation, folie, ineptie dans le particulier. » Labr. — Il n'est pas rare de trouver, dans nos meilleurs écrivains des oppositions telles que celles^i : « La somptuosité du langage de Tite«Live aurait été du faste dans les mémoires de César. » Marm. « Scipion n'était point ennemi d'une certaine élégance de mœurs , ni même de la magnificence , pourvu qu'elle ne dégénérât point en luxe. » Roll.
Un autre caractère distinctif du luxe et du faste, c'est qu'ils sont de tous les états; au lieu que la magnificence, la somptwsité, la splendeur et la pompe ne regardent que les conditions élevées. Le goût du luxe et du faste peut être générai dans un pays ; on n'attribue de magnificence , de somptuosité , de splendeur et de pompe qu'aux hommes ou à ce qui concerne les hommes considérables par leur rang ou par leur fortune. « Le peuple romain , dit Cicéron , hait le luxe dans les particuliers ; mais il aime la magnificence dans ce qui regarde le public. » Roll.
l'' £ttj;e , faste. Abus, défaut ou vice, qui consiste à manquer de simplicité ou à blesser la simplicité dans la manière dont on vit , dont on fait les choses ou dont on se montre.
Luxe, du latin luxus, luxe, profusion, intempérance , mollesse, déi>auches, emporte l'idée d'excès , de superfluitè , de recherche immodérée des aises et des commodités. « Le luxe n'est fond^ que sur les commodités qu'on se donne par le travail des autres, a Montbsq. « Ragoûts, liqueurs, entrées, entremets, tous mots qui ne servent qu'à entretenir le luxe et la gourmandise. » Labr. « Ne souffre point les hommes occupés à des arts qai entretiennent le luxe et la mollesse. « Fén. « Le luxe consiste dans un travers de l'imagination , qui nous fait trouver notre bonheur à jouir des choses dont les autres sont privés : on n'est pas mieux vêtu avec un drap d'or qu'avec un drap de laine ; on ne fait pas meilleure chère avec des mets rares qu'avec des mets communs; et celui qui ne peut aller qu'en carrosse n'est pas plus heureux que celui qui va à pied. » CoHD.
Faste , du latin fastus , orgueil , fierté , mépris , d'où fasiigium, le faîte, emporte l'idée d'efforts pour s'élever et pour paraître , une affectation de hauteur, de l'ostentation. «Ëvilez le faste et l'ostentation dans les œuvres de miséricorde. » Mass. a Une jeune fille qui aime le monde et le faste, » KAC. « Toutes les conditions sont confondues : le faste s'appelle politesse, la plus Colle vanité une bienséance. » Fén.
On dit très-bien le luxe de la table (Acad. , Roll.) : le faste regarde plutôt l'extérieur : « Qu'il ne paraisse dans votre extérieur aucune afiectatioa de parure , ni aucun faste. 9 Fi». « Au
I temps de Cyrus, le hae de la table ooDsîsIsi:
' daûs l'abondance plutôt que dans la délicaiesse.
' Ce n'était pas deux fois par jour une prof iisios
de mets, apprêtés avec élégance, et étai^ ara
faste. » Gond.
« On est parvenu enfin à ne plus mettre le Imsr que dans le goût et la commodité. La fouk ii pages et de domestiques de livrée a disparu , poor mettre plus d'aisance dans l'intérieur des maisons. On a laissé la vaine pompe et le faste extérieur aux nations chez lesquelles on ne sait e»core que se montrer en public , et où Van ignore l'art de vivre. » Volt. « Ce n'est point par J'éciat des richesses, par le faste des équipages, par le luxe et les dépenses de la table qu^un roi doit se distinguer. > Roll.
2* Jfa(^t/lcefice , somptuosité , splendeur , pompe. Ces mots se rapportent à la manière dont les grands , les princes , les États vivent , font Is choses ou se montrent , et la représentent comme large , exempte d'épargne , distinguée.
Magnificence annonce une manière noble , gé> néreuse, belle, «c La magnificence parait dus les grands travaux consacrés à Tutilité publique, dans les ouvrages qui attirent de la gloire à U Dation , qui impriment du respect aux sujets et aux étrangers, et rendent immortels les noms des princes. > Boss. « Les Grecs et les Romaios ont célébré la magnificence et la grandeur de Thâ)es.9 lo. c Tout était grand dans les édifices du pslû» de Salomon.... Tout y reluisait d'or et de pierreries. Les citoyens et les étrangers admiraient la majesté des rois d'Israël. Le reste rqjondait i cette magnificence. » Id. « L'Allemagne est devenue aussi florissante que Tétait l'Italie au XVI* siècle, lorsque tant de prinoes entreCenaient dans leurs cours la magnificence et la politesse. > Volt, c La nature étale ici toute sa magnificence. » Acad. c J'ai été beau, magnifique ^ tout couvert de gloire. » (Aldbiade.) Fén. « Il faut qu'une personne comme vous, qui êtes mag^nifi' que , et qui avez de l'inclination pour les belles choses, ait un concert de musique chez soi tous les mercredis ou tous les jeudis. » Mol.
SomptuMité, de somptuosut ^ coûteux ^ dispendieux, venu lui-même de tum^us, frais, somme employée à faire certaines choses, an> nonce une manière libérale , qui ne plaint pas la dépense, et dans les choses qu'on fait de la richesse, c Dans une cour, tous, à l'envi, cherchent à se montrer, à se signaler par la somptuo. site et la dépense. » Bourd. m Luculle crut devoir substituer à la gloire des armes celle de h magnificence. Il employa des sommes immenses pour ses bâtiments et pour ses jardins : il fit encore de plus grandes dépenses pour sa table; il voulait que chaque jour elle fût servie avec la même somptyuositi^ n'y eût^il personne de dehors. » Roll. c Les préteurs foulaient le peuple par une suite nombreuse de domestiques et d'amis, et par des dépenses excessives en jeux, en festins , et autres pareilles somptuosités. » lo. « La parure des Parisiennes est plus recherchée que magnifique; il y règne plus delégance que de richesse. La rapidité des modes et la propreté les préservent d'une somptuosité ridicule. » J. J.
SYNONYMES A RADICAUX DIVERS
Dn homme fait de granaes dépenses, il est Titiimblable qu*il est libéral ; mais peut-être que ce est pas taot libéralité qu'une somptuosité mal glée. » Boss. « L'excès vous est devenu nécesire , vous estimez pauvre tout ce qui n'est pas mptueux. » lo.
Splendeur, grand éclat de lumière, annonce le manière brillante , illustre, c La reine d'Aûuterre , arrivée avant son mari (Jacques II) , fut :onnée de la splendeur qui environnait le roi de rance, et de cette profusion de magnificence u'on Toyait à Versailles. » Volt. Quand il est uestion de quelque chose d'éblouissant , de caible de frapper vivement les yeux, splendeur ^nt le mot propre renchérit naturellement sur ^nificence, « L'ordre corinthien fut inventé îndant la magnificence et la splendeur de Goothe. 9 RoLL. « Tout ce qui avait servi en Italie tait comblé par Vaudemont de politesse , gorgé 'argent, et charmé de la spUndeur^ car ce irait peu dire de la magnifieenee ^ dans laquelle vivait. » $• S. I
Pompe ^ du grec icot»cv), mission , envoi , cortège, procession, marche triomphale, annonce quelque chose de solennel , comme est une cérémonie dans laquelle un personnage principal a une suite belle et nombreuse. Les pompeê^ triomphales, l'entreprise des pompes funèbres (AcAD.); dans la pompe d'un convoi (Roll.). « Ces combats étaient suivis d'une procession générale , où Ton portait avec grande pompe et grande cérémonie un voile brodé d'or, où étaient tracées artistement les avions guerrières de Pallas contre les titans et les géants.» RoLL. « La pompe et la grandeur des anciens rois de l'Asie n'approchaient pas de l'éclat de ce voyage de Louis XIV. Trente mille hommes précédèrent ou suivirent la marche du roi. Il menait avec lui la reine sa femme, toutes les princesses et les plus belles femmes de. sa cour.» Volt. « L'orgueil des grands parait jusques après leur mort en la pompe de leurs funérailles , et surtout en la' magnificenee de leurs tombeaux. » Bous. >
MACÉRER, FORTIFIER, MATER. Ces mots ne )nt synonymes qu'au figuré, dans la langue icétique, où ils signifient s'imposer des châtilents , des austérités par esprit de pénitence. Macérer ne se dit que du corps, et c'est le mdre maigre (macer) , l'affliger par le jeûne rincipalement. « Prendre le sac et le cilice , se auvrir de cendres, jeûner et macérer son corps. » ou RI». « Les schismatiques ont aboli la confeson, supprimé toute l'austérité de la satisfaction , écrié les macérations du corps, fait cesser Tobliïtion du jeûne. » Id. « Les austérités et les ma- ^rations de la pénitence. » Id. « Se macérer par ss jeûnes et par d'autres austérités. » Boss. « Je 3 vous demande pas, pour cela (pour venger îsus-Christ) , ni des jeûnes continuels, ni des acérations extraordinaires. » Id. Massillon apîlle les jours de carême « des jours de macéraon et d'abstinence. » — Au propre, macérer is substances, particulièrement des plantes, est , en les faisant infuser à froid dans l'eau ou ms quelque autre liquide , les amaigrir en lelque sorte comme on le fait à l'air en les asséchant, c'est les décharger de ce qui est »mme leur graisse , de leurs sucs , de leurs incipes solubles. « Après avoir bien bassiné ma aie , elle y appliqua des fleurs de lis macérées us Teau-de-vie, vulnéraire excellent et trèsité dans notre pays. » J. L On mortifie proprement la chair; carprimitiment mortifier , c'est faire que la viande demne plus tendre. « Les Calmouks mangent la air de cheval, de chameau, etc., crue ou un u mortifiée sous la selle de leurs chevaux. » FFF. Or, la chair, en termes de l'Écriture, se end pour la sensualité; si bien que la mortifilion attaque et affaiblit, non pas le corps préiémeaX, mais les désirs, les passions, l'amour
du plaisir. Si on se macère par le jeûne , on se mortifie par des déplaisirs , des dégoûts, desxshagrins , en réprimant ses appétits , en se refusant ce qui plaît le plus et en pratiquant ce qui cause le plus de répugnance. Au lieu d'ôtre purement corporelle comme la macération, la mortification regarde aussi l'esprit : on macère son corps ou sa chair seulement ; on mortifie aussi ses sens , ses passions, ses vices, son esprit. « Tout ce que nous faisons pour le salut est inutile , s'il ne se rapporte au règlement du cœur , et à l'entière mortification des vices et des désirs. » Mass. « Obliger les pécheurs à tout ce que l'Évangile a de plus austère, aux rigueurs de la pénitence,
4 . Pompe et magnificence en parliculier se disent aussi de la manière de s'exprimer, et la font conce- Toir comme grande et éclatante. Idais pompe est plutôt concret, et magnificence abstrait. « Ne semblait-il pas qu'un mystère (celui de rincarnation), dont les flgures mêmes avaient été si pompeuses et les promesses si magnifiques, aurait dû s'accomplir avec plus d'éclat? » Mass. s Dans tout le reste (du discours de Mithridate dans Racine) la magni/icence du style, la. pompe des Images, est égale A rélévalion des pensées. » Lah. On dit bien la magnificenee (Aca©.), mais non pas \k pompe, des idées. D'autre part, dépeignant surtout rélalage et l'appareil, pompe est propre A renchérir sur magnificence et se prend plus ordinairement en mauvaise part dans le sens d'emphase, de grand faste, ou Néfaste dans un genre élevé , od on vise A être sublime. « Parlons sans figures , et ne cherchons point de magnifiques et de pompeuses expressions pour soutenir un sujet qui par lui-même est au-dessos de toute expression. » fiouRD. < Les apôtres n'ont point cherché la vaine pompe et les gr&ces fdvoles des orateurs païens i ils se sont contentés de prêcher Jésus-Christ avec toute la force et la magnificence du langage de l'Écritare.» Fia. Pompeux galimatias (Acao.).
DEraiËHE PAKTIE:
au crucifiement de la chair , à la mortificaiion de Tesprit. » Bourd.
Mater, c'est, au jeu des échec«, réduire le roi, par l'échec qu'on lui donne , à ne pouvoir sortir de sa place. Ensuite , c'est , en parlant des animaux, les réduire, parvenir i les dompter, à les apprivoiser. « Après qu'on a maté ces éléphants sauvages (qu'on vient de prendre) pendant quelques jours par la faim et par la soif, on entre dans l'enclos. Comme ils sont extrêmement affaiblis, ils ne résistent pas longtemps.... Ainsi domptés, ils se laissent conduire.... On les apprivoise.» RoLL. Enfin, dans le style de la dévotion, c'est soumettre le corps et la chair, les réduire en servitude, les assujettir, après avoir abattu leur âerté et leur arrogance. « Notre chair est une chair rebelle , et il n'est pas possible de la tenir dans la soumission et dans Tordre, û l'on ne prend soin de la réduire sous le joug, à force de la châtier et de la mater. » Bourd. « Combien en voyez -vous qui , dans l'opulence , s'étudient à mater leur corps et à le réduire en servitude?» Id.
Ainsi y on macère son corps en l'exténuant ; on le mortifie en le chagrinant , en le tourmentant par la répression de ses désirs , par l'extinction du feu de la concupiscence ; on le mate en le subjuguant , en le rendant docile et désormais incapable de résistance. Les saints se sont macérés, il ont châtié leur corps par le jeûne , les privations , les veilles , les disciplines et les autres exercices de la pénitence ; ils se sont mortifiés, ils ont renoncé , non-seulement aux plaisirs du corps, mais encore â ceux de l'esprit et du cœur, ils ont combattu toute leur nature sensible , ils l'ont affligée de mille manières , et l'ont traitée avec une impitoyable dureté ; ils se sont matét , c'est-à-dire domptés , et par là ils ont acquis sur eux-mômes un empire absolu.
V MAGIE, CHARME, ENCHANTEMENT, CON- JURATION ;— 2» SORT , SORCELLERIE, SORTI- LÈGE, MALÉFICE, ENSORCELLEMENT, FASCI- NATION. L'idée commune à tous ces mots est celle d'un art prestigieux , d'un art prétendu , auquel la superstition ou l'ignorance attribue le pouvoir d'opérer d'une manière occulte et surnaturelle des effets réels ou imaginaires.
Mais les quatre premiers n'expriment rien de fâcheux , au lieu que les six derniers se prexment en mauvaise part. Ce peut être tout a« moins sans préjudice pour personne que le moffieien emploie les charmes, les enchantements et les conjurations; mais le sorcier tient ses pouvoirs du diable, du génie du mal, et c'est d'ordinaire pour nuire qu'il emploie le sort^ la sorcellerie^ U sortilège, le maléfice et la fascination. Ua affranchi, 4 force de soin et de travail, avait rendn son champ bien plus fertile que ceux de ses voisins. Ceux-ci l'accusèrent d'user de magie pour procurer à sa petite propriété une fertilité si étonnante , et d'employer des sortilèges pour rendre leurs terres stériles (Holl.). Les verbes éharmer , enchanter et conjurer marquent figurèment la production d'un effet agréable ou avantageux; enscrceler et fasciner, au contraire, signifient agir sur Tesprit d'une manière mauvaise ou funeste. ,
1* Magie, charme, enchantement^ eonfunilMa
Magie est générât, et désigne l'art même : a dit absolument, la magie, croire à la magie, ^ curiosités , les opérations de la ma(fie, « Dans h pouvoir de (Yasser les démons était compris cebs de détruire les opérations de la magie; car b magie ftit toujours enseignée chex toutes les Bâtions. M yoLT, ff QœlquesHms ont sonpçoiisé Empédocle de magie..,, U semble qn'fl ait ro&h lui-même marquer dans ses poésies qa'U arait quelques connaissances secrètes de cette nature, lorsqu'il dit à Gorgias qa^l ne real oppreDân qu'à lui seal les secrets dont U dut se servir pour guérir toutes sortes de nmladies, rajeunir les vieillanls , exciter les ?ents , apaiser les tempêtes, faire venir la pinie et la chalnir , et enfin donner la Tie aHx morts et les faire reTenir de l'antre monde. » FÉir.— Charmé, endianiemeni et conjuration sont particuliers ou relatifs à des applications de cet art : faire ou rompre ur charme, un enchantement, une conjuraUen. Ith Juifs ont dit que Jésus-Christ avait fiût ses mi:^ des par magie , par des charmes , des enchaniem^nts, des conjurations (Boss.). « Les deux partis croyaient fermement à la magie.^ . On faisait plusieurs conjurations par le moyen du mol Ahrcuas, » Volt.
Charme et enchantement se ressemblent beaucoup. L'un vient de carmen , chant , et ravtre de cantare in, chanter dans, sur ou contre. Cess en chantant et plus tard en prononçant eerlaias mots consacrés ou certaines formules qoe les magiciens étaient supposés opérer leurs prod^. On trouve dans Virgile :
Carimna vH cœlo passant dedmeere Imnam^ et
Frigidus in pratis cantando naipitar anguis.
Hais i^rme est un substantif pur : au Heu de dériver d'un veibe , il sert à en former un , charmer. 'Enchantement^ au contraire, est un snbstantif verbal.
De là il suit que le dharme est une chose, an objet , et \eindhanXem.ent un fait , une action oc un état. On porte sur soi un charme ou des charmes [Acad. ), on en atta<die ao coo de quelqu'un (FéK.), les Juifs au moyen âge rendaient des philtres et des charmes (Volt.) , Socrate disait qu'il en avait pour gagner et s'attacher la jeunesse athénienne ; mais Venùsantemad commence ou cesse , on est dans X enchaniemgnt «i on en sort. « Les pavots que le sommeil répand sur la terre apaisent tous les noir» soucis par leurs charmes^ et tiennent toute la nature dans un doux enchantexMnX, » Fân. Le charme est plus ou moins fort ou efficace; VenchanXemaA dure plus ou moins , est plus ou moins long. On lève un charme comme on lève un emplâtre \ on rapporte des enchaniemenU comme on rapporte des miracles on des faits quelconques.
La cenjuraXion est un enchantement dans lequel on emploie des paroles , des pratiques , des cérémonies, des invocations ou des exorcisme». Un compositeur d'opéras fait des tempêtes , des tremblements de terre, des conjiuraOone magiques (Vabic.). Voltaire rapporte une eonjuraxitm dont on se servait encore au temps de Rabelais
SYNONYMES A RAmCAUX DIVERS.
or se faire aimer des filles. « Le secret consis- 1 Le maîé/ice {makfieiwn , mauvaise action , mé- H à prendre un cheveu de la fille ; on le plaçait ' fait) ne diffère du sortilège que parce qii'on le »bord dans son haut-de-chausse ; oo faisait une considère au point de vue moral ou légal , comme nfession générale ; on faisait dire trois messes criminel. « Ces sciences curieuses (l'astrologie ndaat lesquelles on mettait le cheveu autour judiciaire et la chiromancie), qui servent de son cou; on aUumait un cierge bénit au der- ; couverture aux tortiléges et aux maléfices, sont
ar évangile, et on prononçait cette formule : cierge f je te conjure.... » De plus , la conjuram a pour but ordinaire d'écarter de grands aux , de chasser les démons ou de détourner w fléaux. Que si, au lieu d'être dirigée contre diable, la conjuration quelquefois l'appelle, est moins pour user de son pouvoir contre quell'un que pour apprendre quelque chose de iché. c Le démon, malgré la force des conjuraons quelle employait pour l'obliger à révéler ivenir , avait la malice de la tromper. * Les. ans son voyage en Laponie Kegnard raconte ue , par curiosité, il alla consulter un magicien u pays sur ce qui se passait en France. Celui-ci, uî prétendait avoir un démon à ses ordres, eut »cours à son tambour et & son marteau , qui >nt des instruments magiques ; mais il eut beau Lire des conjurations (Rbgn., Lah.) .et des grikaces, se frapper le visage, se mettre tout en mg , le diable n'en fut pas plus docile. 2* Sort, sorcellerie y sortilège^ malé^e, ensoriUemenî , fasdsiaHon,
Le sort est , comme le charme , une chose ou n objet : on le jette , on le met , on le donne. El quiue ce morveux ei Faraoar qu'il te dooiie. C'est quelque ^ort qu'il Cuit qu'il ail jeté sur toi.
Mol.
La sorcellerie est Part ou le métier : accusation e sorcellerie (Volt.) , histoire , jurisprudence de i sorcellerie (In.), enseigner !& sorcellerie (Id.), avant en sorcellerie (Id.). «On a banni l'astro- )gie judiciaire, la sorcellerie^ la possession du iable, la baguette divinatoire, la panacée unisrselle et les jésuites. » In. « Les protestants du 'ord ont été assez imbéciles et assez cruels pour lire brûler deux ou trois misérables accusés de rrceUerie. » Id« «£rasme lui-môme conte des his- »ires de sorcellerie auxquelles il croit.» Cond. Sortilège se prend quelquefois comme sorcellele pour l'art du sorcier, mais c'est dans un ;yle plus sérieux ou plus noble. « Que penser e la magie et du sortilège? » La.br. c Sous Genis, le sortilège fut expressément défendu, sous sine de mort. Charlemagne ne le punit que par es amendes. » Volt. — D'ordinaire sortilège cprime use application du sort, un fait où ce loyen mystérieux de nuire est employé, une *a tique ou un trait de sorcier. « On ne voit pas idoles en Jacob ; on n'y voit point de présages ipersti lieux, on n'y voit point de divination ni I sortilèges. » Bose. « Borace reproche à Salua et à Canidia leurs horribles sortilèges. » 3LT. « Dans le pays où on cessa d'exorciser . on
condamnés dans tous les Etats. » Boss. « Au concile d'Orléans, en 1017, les manichéens furent condamnés par le roi Robert, autant pour leurs malèlices et leurs sacrilèges que pour leurs erreurs. • In. « Si, depuis 1672 , il y a eu encore des accusations de maléfices, les juges n'ont condamné d'ordinaire les accusés que comme des profanateurs qui d'ailleurs employaient le poison. «Volt. — D'autre part, le maléfice est quelquefois un objet non pas abstrait , comme le sort, mais concret, matériel, c'est-à-dire la drogue ou le composé dont on se sert pour commettre le crime. « Domitins Afer, qui cherchait à se faire un nom, chargea Claudia d'adultère avec Furnius, de poisons et de maléfices destinés à l'empereur. V D'Al. « Cette esclave est une chrétienne ; ces gens-là ont des maléfices , et je crois qu'elle en use pour vous inquiéter. » Mark. « On ouvrit la chambre du sorcier; on y trouvâtes maléfices et il fbt condamné k être pendu. »* Volt.
On la vient voir, cette sorcière,
Pour trouver de Targent perdu ,
Pour de la corde de pendu
Dont elle bit ses maléfica. Sdare.
Vensorcellefment est Faction d'ensorceler, de jeter un sort sur quelqu'un, d'exercer contre lui la sorcenerte , d'employer contre lui un sortilège ou un maléfice , ou bien c'est le résultat de cette action. Pendant V ensorcellement le sorcier fkit ceci ou cela, se tient dans tel ou tel endroit. V ensorcellement de telle personne eut lieu à telle époque , dans telles ou telles circonstances , dura tant d'années, fut ou ne fut pas constaté, causa la mort du maléficié , etc.
La fascination est un ensorcellement partiel, dont l'effet se borne à empêcher de voir les choses telles qu'elles sont. « Écoutez le sage : la vie humaine est une fascination, une tromperie des yeux : on croit voir ce qu'on ne voit pas; on voit tout avec des yeux malades. Mais vous l'aimiez si éperdument, et maintenant vous ne Taimez plus? J'étais ébloui; j'avais les yeux fascinés ;}e les avais troubles. » Boss.
MAINTENIR, SOCTENIR. Empêcher qu'une chose ne tombe ou ne succombe , ne défaille ou ne soit détruite. Ils se disent, au propre, d'un bâtiment, mais plus souvent au figuré, en parlant de diverses choses, et, par exemple, d'un Eut, de l'aulorité, de l'honneur, de droits, d'intérêts, etc. On maintient et on soutient une
ifaintenir autre dans
personne dont on assure la position, et soutenir se prennent aussi l'un et Vi
I , J*fC
marqua que le nombre énorme de possessions i le sens d'affirmer.
de sortilèges diminua beaucoup. ».Id. « Dans Mais maintenir, tenir la main on par la main, s Ensorcelés de Favart, il y a deux enfants à a rapport à la durée, il marque une continuité li on fait accroire qu'on a jeté un sort sur eux , ; d'assistance ; soutenir , tenir par de^otis ou en qui s'en accusent réciproquement jusqu'à ce dessous , se distingue davantage par l'idée de ji'ils en viennent à se guérir du *ortt7^ys comme force , il annonce un secours puissant, plutôt lainet Nicette. » Lah. ! énergique que durable, et plutôt physique que