DEUXIÈME PARTIE
moral. « Il ne faut pas beaucoup de probité pour qu*un gouvernement monarchique ou un gouvernement despotique se maintiennent ou se soû' tiennent, La force des lois dans Tun , le bras du prince toujours levé dans l'autre , règlent ou contiennent tout. » HONTESQ.
Le respect des lois sert à maintenir l'ordre ; quand une atteinte grave est portée à l'ordre , c*est au pouvoir à le soutenir. On maintient une personne en place en veillant sans cesse à ce qu'elle ne soit poict déplacée ; on la swUient contre des ennemis en repoussant leurs attaques. On maintient la paix ; on soutient des guerres- Voulez-vous maintenir votre santé, consultez rhygiène ; s*agit-il de la soutenir dans le besoin , ayez recours à la médecine. La tradition maintient la foi (Pasc.) ; les confesseurs de la foi Tout soutenue avec courage, malgré les menaces et les plus violentes persécutions (Bourd.). Un ami vous maintient dans tel état, et vous soutient dans vos entreprises.
lia chose qu'on maintient on la conserve , on la fait durer ou continuer à être ; la chose qu*on soutient on la défend, on la fait triompher de tous les assauts. Maintenons les coutumes qui sont bonnes, ne nous lassons pas de les suivre; soutenons-les j combattons les novateurs insensés qui s'efforcent de les détruire. Une femme se maintient qui reste toujours fraîche et belle ; elle se soutient quand elle résiste aux ravages du temps, aux attaques et aux accidents de toutes sortes. L'ftme du sage se maintient y demeure * égale à elle-même , dans toutes les circonstances de la vie ; elle se soutient , elle surmonte toutes les causes d'accablement dans les revers.
A l'égard des opinions ou dans le sens d'affirmer, même différence. On tnatn(t«nl longtemps , toujours, partout, constamment. « J'ai fait voir combien vous aviez imputé d'hérésies Tune après l'autre à vos adversaires, manque d'en trouver une que vous ayez pu longtemps maintenir, s Pasc. € Je maintiendrai toujours , avec tous les gens de bon goût, que.... » Volt. « Je le maintiendrai partout. » ACAD. Hais on soutient avec chaleur, vivement, dans le feu d'une dispute. « Il s'échauffe ensuite dans la conversation , déclame contre le temps présent, et soutient que....» Labr. « Oui , je te soutiendrai par vives raisons , je te montrerai par Aristote , que tu es un ignorant. » Le docteur Pancrace irrité. Hol. « Le prêtre avec lequel je disputais rejetait toutes mes citations, soutenant qu'elles étaient Causses. » J. J.
MAISON ; — 1- CHÂTEAU , HÔTEL , PALAIS ; — 2* MAISONNETTE. CHAUMIÈRE, CABATfE, HUTTE, CAHUTE, BARAQUE, BICOQUE. Bâtimento plus OU moins considérables qui servent au logement des hommes.
Maison est le terme commun, celui qui désigne l'objet indépendamment de son importance , ou en lui attribuant une importance ordinaire. « Quitter le monde pour Dieu, c'est s'enfuir d'une maison qui tombe en ruine, s Boss. « A ce mot de maison répond l'idée d'un lieu où nous nous renfermons contre les incommodités du dehors. » ID. On dira qu'une ville renferme tant de mat- i
sons (Volt.); c'est le seul mot qui convienK en ce cas, parce qu'il n'y est nullemaat question de la grandeur ou de la petitesse de U chose. « On voit encore aujourd'hui les vcsîi^ de la maison de campagne d'Adrien, qui ne pssae pas la grandeur de nos m4iisons ordinaires. • RoLL. Les hommes de la classe nnoyenne , œsi qui ne sont ni grands ni petits , ni rîcbei m I pauvres, les bourgeois, en un mat, occupe^ des maisons.
1« Château y Mtel^palaû.
Le château , Vhôt^l et le palais sont de grandes maisons. Mais ce qui d'abord sépare nettement le château de Vhôtel et du palais, c'est que le ehdteau est une maison de campagne et zwn une maison de ville. « Il suffit de n'être point ne dans une ville , mais sous une ruine qui trempe dans un marécage, et qu'on appelle didleau, pour être cru noble sur sa parole. » Lâbr. « L'épouse d'Auguste II , roi de Pologne , se retira dans us château^ & la campagne, dès qn'elle sut sa conversion. » S. S. « Regarde , auprès de ee hameau de neuf à dix feux , cette maison qui a quatre petits pavillons; c'est mon château, i» Les. < Cet orgueilleux gentilhomme de campagne habitait une maison qu'il appelait son château ^ et qui n'était qu'une masure. » ID.
De leur cêté , Xhôtel et le palais dfilerent en ce que le palais renchérit sur Yhùiel : VMlel est grand et beau , le palais très-grand et très-beau. « Etant à Mexico , j'aperçus une grande maism : C'est le palais du vice-roi, me dît mon hête. Est- il possible , m'écriai-je ? Il y a des hôtds aussi beaux dans toutes les grandes villes d'Espagne. Je m'étais attendu à un bâtiment p<us superbe. » Les. On dit Vhôtel d'un seigneur (Volt.. Les.), d*un duc (Volt.), d'un ambassadeur (Volt., Les.), d'un grand quelconque, d'un ministre; et le palais d'un roi (Lss.), d'un souTerain, d'un prince ou d'tm haut dignitaire de l'Eglise. « L'ambassadeur d'Autriche, à Paris, devait vivre avec plus de luxe et de splendeur; car 11 avait la première ambassade de TEurope; une grande fortune et un palais pour kôul. > ; Mark. « Je ne démentis point dans Vhàtel de Son Excellence (l'ambassadeur) la réputation que je m'étais acquise dans le palais du cardinal par mes espiègleries.» Les. — En fait de aïoisoiu. pa. lais exprime donc ce qu'il y a de plus relevé et de plus magnifique. « Pendant que notre corps est détfuit , maison de terre et de boue, Jésus-Christ nous offre son palais. » Boss. « Les Juifs dos- ' naient i leur Messie de belles et triomphantes , armées, de grands et de superbes palais^ une cour plus leste et plus polie, une maison plus riche et mieux ordonnée que celle de leur Salomon , et enfin tout ce pompeux appareil dont h majesté royale est environnée. » In. « A Florence, les maisons des particuliers , qui pourraient puser pour autant de palais , sont ornées d'une infinité de beaux ouvrages d'architecture. C'est avec raison qu'on appelle Florence la huitième merveille du monde. » In. « Je m'étais figuré Paris une ville aussi belle que grande , où l'on œ voyait que de superbes rues, des palais de marbre et d'or. • J. J.
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
3* MoisovmeUê^ ehawnièrB^ cabane^ hutte ^ ca-
ite, baraque , bicoque,
La maisonnette j la chaumière^ la codant, la
itts , la cahute, la baraque et la bicoque sont de
tites maisons.
Maisonnette est le diminutif de maison. Mais
n'entre rien de mauvais dans Tidée de ce mot
ma4sonnette est de petite dimension , mais non is chétive et désagréable. C'est quelquefois un LOt du style familier ou un terme de modese.
Elle logeait , comme j'ai déji dit ,
Tout près des champs , dans une maUonnetta
Dont la cloison Law,
Allez , mademoiselle , la maisonnette d'un irde-chasse, bon vivant, vaut mille fois mieux ae le plus beau couvent du monde. » Marm. Mon père avait réalisé mon songe. Le moulin , i vigne, le petit verger, bordé de haies et peulé de troupeaux, s'offrirent à mes yeux tels que je ss avais rêvés. Le plus intéressant manquait encore
mes désirs^ lorsque je vis sortir de la nouvelle iaisonnette le meunier, la meunière, avec leurs eux enfants : imaginera qui pourra l'ivresse de la joie en ce moment. » In. Voltaire écrit au résident Hénault : « Honorez-moi de vos remarues sur ce second volume (du Siècle de ouis HT). Vous qui avez bâti un si beau porlis , mettez quelques pierres à ma maisonette. »
La chaumière et la cabane sont des maisons de illage , de méchantes maisons.
Mais la cabane est encore pire que la chauiière. Dans les chaumières on trouve sans oute des hommes peu fortunés, qui mènent ne vie laborieuse ; dans les cabanes on ne trouve u'indigence : c'est proprement la maison du auvre. La chaumière, sans être ni élégamlent bâtie, ni précisément gracieuse, comme L maisonnette, n'exclut pourtant pas l'idée 'une certaine aisance. Gil Blas , après avoir fait gure A la cour, et essuyé une disgrâce, «achète a peu de bien qui lui reste une chaumière Dur y aller mener une vie retirée. » Les. « La leille reine pleurait tous les jours et disait: élas ? si j'étais Péronnelle, à l'heure que je arle , je serais logée dans une chaumière , et je vrais de châtaignes; mais je danserais sous orme avec les bergers au son de la flûte. « Fén. Je ne suis plus qu'un vieux soldat , retiré dans i chaumière. 3» Volt. « Que je voudrais avoir tionneur de vous donner â dîner dans ma chauière, avec des philosophes tolérants qui dallent y venir quelquefois ! » Id.
La cckbane , au contraire , se conçoit nécessaiment comme misérable, c La fertile contrée Arpine , disait-on â Télémaque , doit vous faire iblier la pauvre Ithaque avec ses cabanes. »