JN
Tout est poar eux bon gîte et bon logis , Sans regarder si c'est Louvre ou cabane. Laf. Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre.
Malh.
krsqu'on veut peindre les deux extrêmes de l'oilence et de la pauvreté, on. oppose le patois bité par l'une à la cabane occupée par l'autre, i
I « Par l'effet de l'enfantement die Marie , les palais • et les trônes sont à bas , les cabanes s^nt relevées. » Boss. c Après avoir vu Jésus couché dans une crèche , jamais nous ne nous plaindrons de notre misère : nous préférerons nos cabanes aux palais des rois. » Id. « La vieille reine métamorphosée en jeune paysanne , charma toute l'assemblée ; mais il lallut qu'elle se retirât dans un village et sous une cabane, étant couverte de haillons. Corysante, la jeune paysanne, au contraire, devint hideuse , et elle demeura dans ce superbe palais^ où elle commanda en reine. » Fén. « Oserait-on comparer les palais magnifiques de ces grands seigneurs avec la cabane de Curîus ? »
ROLL
« Permettez-moi de vous parler de la réflexion que vous faites sur les chaumières des laboureurs , sur ces cabanes , sur ces asiles du pauvre; vous condamnez ces expressions dans le poème des Saisons, Vous dites qu'une cabane ne peut pas être le logement d'un agriculteur considérable. Mais comparez les hôtels des fermiers généraux avec les logements de nos fermiers de campagne , et vous verrez que les termes de chaumière, de cabane ne sont que trop convenables. » Volt.
Hutte et cahute (voy. I" partie , p. 163) signifient des cabanes informes , faites sans aucune industrie avec de la terre et du bois ou de la paille.
Mais les huttes sont plutôt des cabanes de sauvages ou de soldats grossiers , qui ignorent l'art de bâtir ; et les cahutes , des cabanes de pauvres paysans ou de pauvres bergers , répandues dans la campagne ou dans les bois. La rudesse du mot hutte annonce celle du constructeur et de l'habitant de la hutte;, la misère marquée par cahute est telle que ce mot, à la différence de cabane , par exemple , ne saurait être admis dans le style un peu soutenu. Lafontaine le met dans la bouche d'un paysan qui parle patois.
A cahute , dans le langage familier , on donne pour synonymes baraque et bicoque, qui, comme cahute , se disent en raillant et par mépris d'une mauvaise petite maison.
Mais ce qui frappe surtout dans la cahute, c'est le peu de prix de la matière. Ce qu'on considère dans la baraque, c'est qu'elle a été bâclée , faite à la hâte, sans proportion, sans ordre. En effet, baraque, au propre, sert à exprimer, comme hu((e, les petites maisons improvisées par les soldats en campagne; avec cette différence que la baraque est en planches , au lieu d'être en terre , comme la hutte , et que baraque s'applique aux soldats #d'à présent, et non pas, comme hutte, â des soldats barbares ou à des sauvages.
Quant à la bicoque (place de guerre de peu d'importance et de peu de défense), elle est, ce semble, bâtie sur une hauteur ou bien bois d'état de résister beaucoup ou longtemps à l'action du vent et de la pluie.
!• MAISON, LOGIS, HABITATION; — 2» DE- MEURE, DOMICILE, RÊSIDKXCE, SÉJOUR. Ces mots indiquent le lieu ou ont rapport au lieu dans lequel on se tient d'ordinaire. La première condition pour trouver une personne, c'est de
BEUXlfiMB PARTIE :
connaître sa maison ^wa îogity «m hÊhitaiUm, sa demeure , son domicile, sa réMetw on son êéjour.
Maison , logis «t kabUalion eipriment qaéUfoe chose de concret. « Mon logement est tombé par terre; j'ai une autre maison dana le ciel, qui n*est pas bfttie de main d'hommes. » Boas. Demeure, domieOe, résidenie et séjour désignent quelque chose d'abstrait. Changer sa «tataon» son logis ou son hahitaiiony c'est modifier, réparer ou augmenter le local qu'on occupe ; changer sa demeure , son domicile , sa r^denee , son séjour, c'est aller ailleurs. Comme, en tel pays, les motsons, les logis ou les habitations se Tendent on se louent à Til prix, tous y choisissez votra demeure , votre domicile , votre résOenee ou Totre séjour. Un homme a sa demeure, son domtetie, fait sa résidence, son séjour dans une maison, un lo^^ts ou une habitation. «Dans ces mataoïts éparses ' et champêtres je plaçais en idée notre commune demeure. » J. I. « Je passais dans une grande rue devant une maison qui me parut devoir être la demeure de quelque homme opulent. » Lea.
J'ai peur, si le logis du roi fait ma demmure^
De m'y trouver Imp bien dés le premier quart d'heure. Mot.
c La cigogne blanche choisit nos habUaHons pour àomicile ; elle s'établit sur les tours, sur les cheminées et les combles. » Buff.
1° Maison , logis , habitation*
Maison désigne le bfttiment : la medson est grande ou petite (c'est un palais ou une eabane) , vieille ou neuve, faite de pierres ou de briques, couverte de tuiles ou de chaume , ete.
Le logis est la maison considérée par rapport à la manière dont on s'y trouve : «a bon logis. Aussi ai^lle-t-on de ce nom les hôtelleries , les matVont où on est plus ou moins bien traité pour Son argent. Mais ce qui distingue principalement hgis^ c'est qu'il est vieux. « Ce fut Anne, duc de Montmorency , qui entra un beau jour à cheval dans la cour du logis du roi , et y monta ensuite, s S. S. Étant vieux , il n'est plus resté usité que dans un petit nombre de locutions du langage familier : garder le logis (Acaj>.); de retour au logis (J. J.): nous reprenions le chemin du logis (Id.); le maître du logis (Mol. , Sév.). « Un infâme eunuque avait fait écrire sur la porte de sa maison * Qu'il n'entre rien de mauvais par cette porte. Diogène dit : Et le maître du logis , par où entrera-t-U 7» Fin. QuelquelNs méma logis est un terme de mépris. Dans sa dixième satire , Boileau dépeint, sortant de leur logis, le lieutenant criminel Tardieu et sa femme , ces modèles de la sordide avarice. « Cette grAce fut proearée à des gens dont le logis était le lieu des assemblées des cabales du parlement et des ennemis de la régence. » 8. S.
Bahitation diffère considérablement de ««ixoa, et par conséquent de logis. D'abord l'habitation comprend et le bâtiment où on est à l'abri des intempéries , et ses dépendances. « Ils entourent leurs habitations de palissades. » Acad. c Je ne sais quelle idée tu as de notre ketbitation; suis si tu t'imagines que c'est une maison magniiique, une terre de graad seigneur « j« favortîs
que tu te tranpis. «tM. Daplns, «ne peut très-bien n'être paa «sa eonatruetios par des hommes aur te sol. « Lea abetlLea se lu des habitûitUms comnodea : on Los détruit, sU les rebâtissent. » Volt, c Fouler au pieds asi habitation de Iwmse. » Id. « Sans la pfaitesopLnous ne serions guère wa-éema* des aniose qui se orenaant des kebitctûmi, ^[uî en éJiéiei ifai «Y préparent leur nourrituro. * li>. tes wmmottei travaiUsDt en eonamui à Innr habûatiF (BuFF.). Chaque couple d'oiseaux travailis 4 Tenvi à VhdbiUUion comanue (Id.}.
3* Demeure, domieile , — rëttàence, s^àmr.
Demeure et domicile sont abeehia, ils marqned quelque ehota de eoostant; résidemee et sé^om sont roialâfs, lia sigotâent quriffue okosa d'acct^ dentel et de paasager. Ou'oa oiasan ait tel \iei pour demeure ou pour donnoiU, o^ suppesd qu'il n'en sort point; maia on dit hiva quM a u\ lieu pour résidence principale (Boff.) ou p^r séjour principal. Après une indiûlenee ou en m'jour do quriquea années aur celte terre, aotr? âme , si nous avons bien vécu , retoame an dd, où elle doit avoir sa demeure ou aon dsoûOr. Après beanooopde voyagea, Pylhagora revint dsss sa patrie , où il ne fit pas un long séjour, li pasti en Italie et fixa sa demeure à Craloae if<su.) Outre eeia, demeure, ataai que d— iiwfc; anneau quelque chose détroii ai de pcéois; résidestee, ainsi que séjour, au contraire, quel<\ue chfi<« d'ét«Adu , de vague. Vous donnez votre adit^s: en faisant connaître votre deaMHra on votre demidle, c'est-à-dire eiactement voCra rue, mi^ numéro; en faisant eonnaftie votre rdsideees ou votre séjour , voua apprenez aeulemeot la jQk ou le pays où tous restez. Enfin dleaieare et demieile sont objeetifi , r^idenœ et t^ur . sul^tife. On a sa demeure ou eoa deeUciée ; on /ait u. résidence ou aon s^otir. « U syna^ogae deva: avoir sa deaMtiins, et Um son séio/ue^ aor h terre. • Bois.
Z^emetire, domieOe,
Demeure, dérivé du latin dnaarart , s'arrêter. est le mot ordsnaine. Dmnicile^ pare reprodaetion du latin datmalMim, qui a le même sens, eR une expression noble. « Le ciel comnie le pie: noble et le principal dowiioUe denenra à /uptter , et le reste échut â ses frèree et à sa sosnr. « Best. « Pour qna le naître lasae chez voas la pique, C faut que votre emur, qui est comme le demkiie et le sanatnaire qu'il a chotai , soit par. » Bouu. € Marseille était dans les Gaules oooame le domicile des muaea et le «entre de la politeese. • Bou. Vous direz, au contraire, dans le langage cqbmun, que Bien promit à Abrabun une teire pc4z , servir de demetire fixa à aa poctériiè (Boss.)- I qu'un maître doit à ses domeatiqjies raiime&î t\ I la demeure (Boubd.), etc. c Voici la chimôv, ^i habite tantôt l'hôpital et tantôt les petites imisons , comme des demeures qui lui sont Cernent propres. • Uohtbsq. Par la môme raison, domieile se dit plutôt en termes de jurisp.'udeDce et a rapport à la société civile et au gouveni: ment. « Des seigneurs voulaient ravir à leurs £ifets le premier droit qu'ont les hommes de chei^ i«»r domiciles ili cnûgiaieiit qu'on no les qwt-
SYNONYMES h JIADICÂUX DIVERS.
Von.
{ de sa majesté dans la simplicité et la frugalité j de ces pasteurs illustres , et si la dignité de
pour aller dans les villes libres, riolation du domicik, » Acad.
Résidenése , séjour. .' Tépiscopat fut jamais regardée arec plus de vé-
L«e mot de résideneê^ par sa terminaison , ex- ! nération que lorsqu'elle ne brilla que par la xne quelque chose de plus long. « Parmi les ; sainteté , l'humilité et la pauvreté évangéllque. » angers qui venaient faire à Paris leur rést- \ Mass. « Dans nos temples la duchesse d'Orléans %ce ou* quelque long s^our^ Mme GeofTrin fai- venait soutenir par la majesté de sa présence la
t un choix des plus instruits , des plus aima ». 9 Màbm. c En 324, Constantin fit quelque four à Nioi médie , qui était en Orient la résinée ordinaire des empereurs. » Gond. « Périls évita de se mêler des affaires publiques , qui maBdaient une résidence ajssidue à la viÙe. » >LL. — Résidence vient du latin residere^ résider, i lieu que séjour a été formé du français jour asser ses jours, à part, separatim^ seorsum). ir conséquent, résidence signifie le séjour Le doit £aiie et que fait dans le lieu de ses ucUoos un «ertain personnage , un évêque ou 1 magistrat , par exemple. « Ravenne, résimce des exarques. » Boss. Conformément à Tuion de Calmar 9 le souverain était obligé « de irtager tour à tour sa résidence dans les trois >yaume8, et de consonuner dans chacun le remu de chaque couronne. » Vert. De son côté , ^jour a cela de particulier qu'il est tout relatif IX sentiments qu'on éprouve dans la situation u'il représMkIe : un séjour agréable (Mol., UFF.), heureux (J. J.), chéri (Burr.), délicieux* .ABR.) , triste (BouRD.) , mélancoliq^ie (lloi..). ~ ^'our se prend aussi dans une acception figurée t poétique, étrax\gère au mot résidence, c Paris st le séjour de tous les arta. » Volt. « L'enfer st UQ séjour d'horreur et de désolation éterlelle. »!]>.« Quitter cette vie înibrtunée pour lU^ dans le séjomrden délices* « Montssq. « Ne aisons point de notre retnaîte le séjour de la aim et de la pauvreté. » Lag.
MAJESTÉ, DIGNITÉ. Ces mots signifient une orte de grandeur ou d'exceUenoa pn^« i attirer m qui attire les respects.
Vais wiaje§té, de WMJor, plus grand, supérieur, itt-dessus des autres, ne se dit que des personnes m des choses les plus élevées , que des classes le personnes ou de ohMes les plus générales , de [>îeu , dee rois, des prûoces, et de ce qui s'y rap- 3orte ; au lieu qu'on peut avoir de la dignité dans tous les rangs, dans le sacerdoce, dans la maglistrature, même dans une condition privée,* parce qu'il y a pour ioa» les états une grandeur relative, une bienséanoe à laquelle les actions et les choses peuvent être conXonnes ou contraires. Les rois portent le titre de sM^estés; on a|>pelle dignités des charges considérables, des postes éminents,inais non pas sapràmes, à moins qu'on Qe le dise d'une manière expresse, «e L'empereur grec et son clergé , dans leur soumission réelle ,
dignité de notre ministère. » Id. oc Quand vous paraissez dans les palais où le souverain se trouve , vous marquez ^par la dignité et la d^ cence d'un habillement grave et sérieux le respect que vous devez à la majesté de sa présence.» Id. «c Seigneur, rendez la majesté à tant de temples profanés, le culte et la dt^ntt^ à tant d'églises dépouillées. » Id. <c Tigrane parut dans l tout l'éclat dont il pouvait briller , pour donner une plus grande idée de la majesté royale à l'ambassadeur, qui, de son côté, soutint parfaitement la dignité d'un ambassadeur des Romains. » RoLL. « Cinéas dit qu'en voyant le sénat romain il avait cru voir une assemblée de rois, tant il paraissait de dignité, de grandeur et de majesté dans leur maintien , dans leurs discours, et dans toute leur personne. » Id.
Pour l'ordinaire et surtout dans les circonstances solennelles , un roi a de la majesté; il a de la dignité dans la vie privée. « De ce fonds de sagesse sortait la majesté répandue sur la personne de Louis XIV : la vie la plus privée ne le vit jamais un moment oublier la gravité et les bienséances de la dignité royale.... Quelle grandeur quand les ministres des rois venaient au pied de son trône! quelle précision dans ses paroles , quelle majesté dans ses réponses 1 » Mass.
D*autre part , majesté est un mot concret , qui exprime quelque chose d'extérieur, de l'éclat et de la pompe. « Le vulgaire appelle majesté use certaine prestance et une pompe extérieure qui l'éblouit. » Boss. « La majesté des cérémonies. » Mass. Dignité, au contraire, est un. terme abstrait, qui a plutôt rapport aux qualités intérieures et essentielles. « Toute notre dignOé consiste dans la pensée. » Pasc. « Il y a tant de dignité et de grandeur d'âme à prendre sous sa protection ceux que tout le monde abandonne ! » Mass. — La majesté de son front (Acad.); la dtgnité de son caractère (Id.). « Faites , Seigneur , que la gloire et la majesté de la dignité royale éclate dans le palais aux yeux de tout le monde.» Boss. « Les saints avaient-ils de la majesté de la religion des idées moins nobles et moins sublimes que vous? Étaient-ils moins instruits de la foi et de la dignité de ses préceptes? » Mass. « Minerve avait mis dans les yeux de Télémaque un feu divin, et sur son visage une majesté ûère, qui prometteit déjà la victoire. Il marchait; et tous les rois, oubliant leur âge et leur dignité.
gardèrent en apparence la majesté de leurem- se sentaient entraînés par une force supérieure pire et la dignité de leur Église. » Volt. « Voilà qui leur faisait suivre ses pas. » Fén. ce qui a rendu si vénérable aux fidèles la majesté i La di^ntt^ du style ne demande guère qiie de des umples, la sainteté des Autels, la dt^/mW 1 la décence et l'exclusion dune ^^OP £ande fades prêtres. « Boord. -c On voU que ces omissions j miliarité ; la majesté du style veut de plus de de l'hUtoire de notre auteur afl"aiblissent la pri- l'éclat. <c L'éloquence de la louange et du biame mauté du saint-siége, la dignité des conciles, ayant reparu dans la chaire, y reprit enfin la l'autorité des Pères, la majesté de la reUgion. . ; décence, la dignité, l'éclat quil avait eu dans Boss. « VQye« si l'Eglise perdait quelque chose la tribune, et plus de majesté encore. » babh.
c Le yieuz naturel du style de tf ontaigae et d*A myot n'était pas propre à la majesté dt l'éloquence et de la poésie. » In.
I. MAL, PEINE, DOULEUR, SOUFFRANCE, AMERTUME, TOURMENT, AFFLICTION , DÉSO- LATION. — IL TRISTESSE, MÉLANCOLIE, CHA- GRIN. — m. ENNUI, MALAISE, INQUIÉTUDE, DÉPLAISIR, MÉCONTENTEMENT. Tous ces mots représentent notre âme comme passive et comme pâtissant, comme étant soumise à quelque chose de fâcheux qui Taffecte désagréablement et met obstacle à son bonheur. Pour être véritablement heureux , il faudrait n'éprouver jamais ni mal ni peine, etc.
Mais d'abord et pour commencer par la fin, les cinq derniers mots , savoir , eunui , malaise , inquiétude, déplaisir et mécontentement diffèrent bien de tous les autres. Ce sont visiblement des diminutifs. Ils désignent quelque chose de vague ou de léger qui ne fait qu'effleurer Tâme , et qui est de peu de conséquence. Ils sont moins forts et moins expressifs ; ils nient le bien-être plutôt qu'ils n'affirment la peine. Ils signifient l'idée conunune d'une manière indirecte et marquent un vide , une absence de bien plutôt que la présence positive du mal ou d'un mal. C'est ce qui résulte même de la manière dont sont composés malaise^ inquiétude y déplaisir et mécontente ment.
Ensuite , tristesse , mélancolie et chagrin sont à Leur tour bien distincts de tous les mots \iui les précèdent, mal^ peine ^ douleur , souffrance^ amertume y tourment, affliction et déso' lotion. Ils expriment, non pas, comme ceux-ci, des coups dont l'âme est frappée, des impressions passagères reçues immédiatement des objets, mais des situations ultérieures qui se prolongent et durent , et qui se distinguent moins par la vivacité, par une sorte d'aiguillon, que par l'abattement et la langueur. « Idoménée s'apaisa. Il restait seulement en lui une douleur douce et paisible -, c'était plutôt une tristesse et un senti ment tendre qu'une vive douleur. 9 Féif. Les philosophes qui ont traité de la sensibilité, et notamment Bossuet et Malebranche , ont regardé la douleur et tous les phénomènes semblables, lapetfie, la souffrance ^ etc., comme l'effet immédiat produit sur l'âme par quelque chose de fâcheux , et la tristesse avec ses variétés , la mélancolie et le chagrin, comme une passion ou mieux conune un sentiment , comme une manière d'être subséquente, qui est la continuation af faiblie et durable des sensations marquées par mal, peine, et les autres mots de la même classe. — D'ailleurs, mal, peine, douleur, etc., sont plus relatifs aux objets avec lesquels ils nous supposent actuellement en rapport; aussi les adjectifs qui en dérivent, mauvais, pénible, doulouretix , amer , affligeant , servent-ils à qualifier ces objets. Au contraire , tristesse , ntëlancolie et chagrin ne regardent que l'âme , que le sujet, à distance, ou même indépendamment des impressions; témoin les adjectifs correspondants, triste, mélancolique et chagrin, qui se disent bien du caractère et des dispositions intérieures. I
I. Jfûï, peins ^ - douleur, souffrance, amertume, tourment , afftietion, désolalion. L'idse commune à tous ces mot» est celle de la première modification produite en notre âme par h présence, par l'action vive et sensible d'objtts nuisibles ou fâcheux.
Mais mal et peine ont l'on et Taiitre cela ù particulier, qu'ils indiquent, non pas U rni^fication elle-même, la sensaUon désagréable, mais ce qui en est l'occasion on la matière. JTji vient de malum, fléau, malhenr, mauvais traitement, coup, tort, dommage; et pemf, d« pcena , punition , ce qu'on donne à souSiir aux coupables, comme les fers, les werges, l'exil. Montrez-moi votre mal , dit-on à quelqu'un qai souffre ou qui parait souffrir ; nn homme qai est tombé s'est fait du mal ou ne s'eA pas fait de mal. «Atosse , fille de Cyrus, et Vnne des femmes de Darius, fut attaquée d'un caneer an seia. Tant que la douleur fut médiocre, elle la supporta avec patience, ne ponvant se rèsoodre, par pudeur, i découvrir son mal. » Roll. CTest dans le même sens , qu'on dit , conter ou confier ses peines à quelqu'un, épancher ses peines dans le sein d'un ami. C'est en faisant du mal ou de la peine qu'on cause de la dealeiir, de h souffrance, etc. C'est en enlevant le malonb. peine qu'on peut faire cesser complétemeoi k douleur, la souffrance, etc. Le mai et la peine appellent des remèdes , comme les blessures et les maladies; la douleur, la souff^oMce, tes omittûmes, les tourments, VaffUetion et la désolation excitent la pitié et demandent à être calmés. Dans le mal et dans la peine , on est dans une situation anormale, diCficUe, qui ne convient pas à notre nature; dans la douleur y dans la souffrance, etc., on est en proie aa tnal on i la petne , la sensibilité est offensée.
Quant à la différence de mal et de peis^e ^ elle est évidente : elle consiste en ce que ces deux mots se disent presque umquement, Vun par rapport au corps , et l'autre par rapport à l'esprit ou â l'âme. En latin poena, d'où Tient peine, ne signifie pas seulement punition, mais aussi peine ou souffrance intérieure , comme on le voit par pcrntlere, se repentir, qui a formé pofni- (enfta, pénitence.— Du reste, chacun de ces deux mots, dans sa sphère , savoir, wuU relativement au corps, et petne relattTement & Tesprit, est très-général; en sorte que, lors même qu'es les prend comme signifiant les sensations dèsagréables, ils diffèrent toujours bien des n.ol' suivants , qui expriment des espèces nettejoeû: caractérisées.
Douleur et souffrance sont également propres à désigr.er le sentiment des mattx du corps eu 1: sentiment des peines de l'esprit.
A l'égard du corps , douleur, de dolere. éprouver du mal, être sensible à une chose. indique des maux ou le sentiment de mous aigus, poignants; et souffrance, de sufferre. supporter, endurer , marque l'effet de maui moins vifs , mais qui agissent cootinûmeot. et sans intermittence : un coup, un accès de mal de dents nous cause une grande douleur. mais on vit dans la souffrance ou dans les
SYNONYMES k RADlGàUX DIVERS.
ouffrances. Même différence entre ces deux Qots quand il est question de l'âme ou de l'esrit : la douleur résulte d'une peine, ou c'est ne peine, Tive, cuisante» très - sensible , au eu que la souffrance Tient d'une peine ou est ne peine prolongée , qui a de la durée , et qu'on ndure arec plus ou moins de patience et de ésignation. Dieu nous réveille de temps en emps par des coups ou des éclats (Plâcb.) de lovieur^ et nous éprouve continuellement par des ou/fronces. On a la douleur de voir arriver ceci >u cela; on est endurci à la souffrance. C'est, l'une part, quelque chose d'accidentel et de «ssager; c'est, de l'autre, quelque chose de onstant. « C'est par un chemin tout semé de ces erpents venimeux que Gaton mène ses soldats ndurcis à Ift souffrance, et il a la douleur de les oir périr de blessures presque invisibles et dans les tourments inouïs. » Mark. Jhuleur vive , iguë , violente , immodérée , brûlante , cuisante, iéchirante , atroce ; passer des années dans des ouffrances sans relAcbe (J. J.) , une éternité de ouffranee (Bourd.) , le reste de ma vie me paraît ine longue souffrance (Dblaf.).— Jesuis dans un tat de «ou/frafic«« continuelles; j'aimerais mieux e plus vives douleurs et des intervalles (J. 1.).
Vameriume est le contraire de la douceur, au iguré comme au propre. C'est ici une peine exrémement désagréable, déplaisante, importune, nais moins grave, moins profonde que la doueureilsi souffrance, et ne provenant pas, ainsi n'elles, de causes très-nuisibles qui produisent les blessures et tendent à détruire les princip3s le la vie. D'ailleurs, comme Vamertume est une aveur désagréable qui reste en la bouche après ertain^ boissons qu'on a prises, Yamertume^ au iguré, est souvent une peine éprouvée à la suite t en conséquence des actions que nous avons iites : c'est un regret. « David passa le reste de es jours dans des sentiments de componction t d'amertume. » Mass. « Gémir saintement armi les amertumes de la pénitence. > Boss. ofin il est bon, en employant ce mot, de reposer autant que possible à celui de douceur (les oucenrs et les amertumes de la vie) et de rapeler l'idée primitive de la sensation du goût: breuver d'amertume, c II faut boire toute amertume de ce calice. » Mass. « Attendez ous à des dégoûts et à des amertumes. » In. « Il ous est resté une petite goutte de joie pour ;ndre la vie supportable et tempérer par quel, lie douceur ses amertumes infinies. » Bose. On èmousse la douleur, on abrège la soufance , et on adoucit l'amertume.
Tourment est un mot d'une singulière énergie, vient de torquere, tordre , et rappelle la torture,
supplice qui consistait à tordre les membres. ! tourment est, quant à l'intensité, le comble ! la douleur ou de la peine : il torture. C'est, au lysique et au moral, quelque chose d'extrême, sicessif , d'insupportable. « Les tourmenU des les du purgatoire. » Bourd. « Quel tourment l comparable à celui d'un esprit blessé qu iaime qui s'aperçoit qu'il n'est pas aimé? » In.
Ah! douleur non encore éprouvée I A quel nouTeau tourment Je me suis réservée !
Tout ce que J'ai souffert, mes craintes, mes trans-
poru, La fureur de mes feux, Thorreur de mes remords. Et d*an retUs cruel rinsupporiable injure , N'étaient qu'un bdfole essai du tourment que J'en*
dure, ns s'aiment! (Phèdre). Rac.
Affliction, du latin affligere, frapper, renverser, est le nom d'une peine produite par le vent de l'adversité qui abat l'édifice de notre bonheur, par un revers de fortune, par une catastrophe , par la perte d'une personne qui nous est ch^. De plus, Vaffliction éclate : elle se manifeste par le deuil, par des pleurs et des gémissements; et, dans cet état, la grandeur de la peine qui nous opprime va quelquefois jusqu'à troubler notre raison. Achille, affligé, crie, se frappe, se roule sur le sable , devant sa tente. Cependant , Vafpiction n'atteint son plus haut degré que quand elle devient la désolation. La désolation est l'extrême affliction. C'est Vaffliction inconsolable, comme le dit le mot, de de, négatif, et de solatium, consolation *.
n. Tristesse , mélancolie , chagrin. Etat pénible dans lequel se trouve plongée une âme inaccessible au sentiment de la joie , peu expansive , et pour ainsi dire retirée en elle-même. « Gaspard Bartholin croit qu'une humeur qu'il appelle atràbile est conservée dans les cavités des glandes : pensée aflligeante qui met dans nousmêmes un principe de mélancolie et semble faire
ara, prarç.
4. Girard a comparé ensemble peines, ajjlietiani et croix ^ comme signifiant des maux dont est semée la vie. On pourrait y joindre tribulations.
Berne est un terme général; il n^a rien de particulier qui le caractérise.
Les ajgiictions sont des peines causées par de grands et graves accidents , par des pertes , des calamités, des désastres.
TriMation, trihulatio, vient de tnhnlum, sorte de herse pour batta'e le Né, fléau, de r/^^ccy, fouler, broyer , harceler.
Les tribulations sont des peines qui consistent, non pas, comme les ajfîietions , à être abattu par de grands coups de la fortune, mais A sonlRrir persécution , à éu-e traversé , harcelé , agité , soit par les événements , soit par les hommes. « La guerre de Troie n'est pas plus connue que les succès des révérends p^res Jésuites A la Chine et leurs tribulations. » Yolt. « Je veux écrire dans mes Heures ce que dit M. de Gomines sur les traverses de la vie humaine. 11 y a plaisir de ▼olr que, dès ce temps -lA, il était question de trii»^ lotions et de misère. » Sxt. c Us peuvent choisir de ne me laisser justifier mon livre qu'avec toutes sortes de tribulations, ou de me le laisser JusUfler en paix.» Fin. « Je m*en vais A Jérusalem, disait saint Paul, et l'esprit de Dieu me fait connaître que des tribulatiens et des chaînes m'y sont préparées. a> Bousd. Les croise sont des peines envoyées par Dieu pour exercer les chrétiens, et leur donner occasion de mériter par des souflOrances semblables A celles de leur divin modèle. Ce mot ne s'emploie qu'en termes de dévotion , et presque toujours de manière A rappeler la passion et Tinsimment de la passion de Jésus- Christ. Des croix légères, pesantes. « B y a des croix dont le sort est de demeurer cachées A Tombre de ' celle de Jésus-Christ. » YiixM. « Ces Ames, chargées des mêmes croix que vous, en font un usage bien différent. » Mass. c Dieu nous aide lui-même a porter les croix que loi -même nous impose. » lo.
DEUXTCVE PARTIE
des chagrins et de la tristesse une maladie habituelle de rtiomme. 9 Movtbsq.
Mais d'abord Ul tristesie diffère Um de U m^ lamtoUe.
Triste, latin trfrti», dérive de tritM, écrasé, broyé, foulé, d'où vient aussi notre mot «mtriSion, UélancoUe eet formé de deux mots grecs , ^oiç, noir , et x^^th , bile , et signiae bile notie ou atrabiUs Ia triêtnsê a des causes précises, eelles mêmes de VaffliUiom, c*e8t-4-dir6 de grands malheum, des aocideats funestes -, c*est la suite de Yaffii€ti<m , c» en quoi soichange Vaf^ flidi^n, quand cUe duve, et a|^ qu!elle a un pe» pendu de sa pnemiire Ttolence. € Après que plusieurs mois furent passés, die sertit de cette violenle affticliên où elle était, et passa dans un état de Imfsape et de kmgueor. » Dblaf. La cause de U «wtoiooite est un je ne sais quoi , ou une prédisposition du tempérament « Platon fut natureliemenit m^kmsoftque. b Fin. Ufontaine appeile le lièvre un mélancolique animaL « Peur la tristesse naturelle qui vient de la méUmoolM, elle ne vient que du corps; ainsi le.régime et les remèdes la dimânuent. 1» Vin. Ia triitoité est plutôt aocablante, et la mélancélie , vague : Tune faitgémir« et l'autre, rêver; l'une aooable l'âme par le souvenir douloureux desmalbeurs qu'on, a réellement éprouvés, l'autre n'a pas de cause fixe» c'est une inclination à toujt voix ea noir, une single, disposition A la Irtstesce. « Gommo. le charme de la musique , si doux dans la mélancolie^ a'efllue danj» une profonde tristesse^ ces QW>r« ceaux. me firent peu de plaisir. » J. J. « Sa Irtfr tesse est trop profonde pour laisser plaeeA beau» coup d'entretien . La musique remplin les vides du silence , le laissera rêver et ohangera par degrés sa douleur en mélancolie. » Id. — Un autre caractère commun à la tristesse et à VaffUction ^ c'e8t.que l'une et l'autre se montrent au. dehors, se menifesleot. par dea signes que tout le monde reconnaît; la mélancolie, au contraire, est tout intérieure, resferméoéftns l'âme on- dans le> ea^ raotère. « Les Caraïbes ont le visage frwle, et ils paraissent être m^ncoltqu««. » Bttff.
I^e chagrin, quelle que soit Tétymologie du mot, est toute autre chose : il & d'autres causes et produit d^autres effets. Il ne vient ni de grands malheurs et de VaffMion'y canane la.frtetofss, ni du tempérament, comme la m^faweok'e, mais des tracasseries et des amertumes de la vie , des désagréments, des déboires, des contraria, des mortifications. « Darius était fort affligé de^la mort de celle qu'il aimait le mieux de toutes aeg femmes ç Démocrite, pour le oonsoler, lui* promit de la. faine revivre, en ose que Darius lui pût foumip dans ses Stets trois personnes à qui il ne fût Jamais rien arrivé de désagréable. Darius n'ayant pu venir à bout de remplir cette condition , le philosophe prit, sujet de U dé lui faire connaître qu'il avait grand tort de s'ahaadonner â la tristesse^ puisqu'il n'y airait, aucun homme dans tout le monde qui fût exempt de chagrin. i> FÉH. c Au travers de tout votre courage et de la bonté de votre tempérament, qui se défait aisément de toute mélancolie , il me paraissait que n'ayant pas obtenu ce que vous domandiez à la
cour, il vous en était resté au fond du cceei quelque léger chagrin. » Siv. — Ensuite, la. Irûtesse et la mélancolie sont des états de langnear : lie chagrin est un état d'aigreur , d'iritatiou et de dépit : on est miné , rongé par le chagrin.
Si l'homme (rûte est affligé, consterné, atterré, et le mélancolique sombre et rêyeur , le ehoffm est piqué , aigri , maussade , acari&tie. — Si li cmfM», comme Taffiiction d*où elle dérive, peut aller jusqu'au désespoir, et la méUmecUe jusqu'au spleen^ le chagrin peut être poussé jusqu'à la pdus grande exaspération, jusqu'à Ia rage. —Pour ne point succomber sous le poids de la trùiesre^ il faut de la constance , beaucoup de philosophie ; le seul remède contre la m^ancoUe , ce sont les divertissements et les dissipations; à fioins d'us! grand empire sur soi-même et d'une grande ^aplité d'humeur, on ne saurait écbappet au cfcogrin et résister à son actiou déyorante.
IJL fnaitt, makust, inquiétude j —dépiamr, méoonUntement. Peines légères, soii en ellesmêmes^i soit eu égard aux choses qui ea sont le cliuses ou les objets.
L'ennui est l'état d'une âme rebutée, afiiaée. qui ne prend goût à rien. Ou j' tombe surtout dans la solitude, lom des peisounes qn*on chérit, dans l'abandonnemenjt, dans la captivité, en on mot dans toutes les positions où. rien nïntêzesse . où on regarde tout d!un caU indifférent. Les ennuis de la vieiUes8e,.leaefiiiiAic . du dci&re. « \jt monde a ses soucis et ses caprices; la retraite, ses tristesses et ses eanuis. » ICass. « GommeneeL à; supporter les premiers dégoûts de ladêvoticxn, ai dévorer les premiers eanuis. »Bos& Gil Bîbs parle de ses caiivû. dans la tour de S^vie.
Le malaise est une peine qui consiste à être mal à l'aise, peu. commodément Sans exprimer précisément le mal , ce mot suppose Tabsecce do. bien, et le soupçon d'un mieux p<»sihle, indéterminé. Q!est. une. incommodité l^hre^, eV de toutes les situations pénibles, la moms pénible.
L'tnqitî^rttde, d'tnquielttt, non tranquille, désigne un besoin de mouvement. C'est l'état pénible d^une âme qui , dans Tappiéheasioa d'uu aal à venir, remue, tracasse. Vinquiéiude a donc deux caractères distinctifs relativement à ïaimui et au maiaisc.: elle est active, et eUe a rapport à l'avenir.
L'ennui, le malaise et l'û^ut^lude ont un caractère commun, le vague. Dans TeMMii, on languit, sans trop savoir pourquoi ; dans le malaise, on n'est pas ou on ne se trouve pas bien, sans trop savoir pourquoi; dans YinquiéÉude, en ne tient pas. en place, on s'agite, sans trop savoir poiurquoi.
Vennui est un vide; le malaite , une gêne; e: Vinquiétude , une impatience.
Le déplaisir et le m^fiofitenlement sont jiussi de légères, peines, des peines peu durables, et qui n'ont pas de causes bien graves. Us difièrent de l'enntHf.du malaise et de V inquiétude en ce qu'an lieu d'impliquer quelque chose de vague, ils sont produits par quelque événement fâcheux bien précis , par telle ou telle contrariété réellement éprouvée, s L'ennui doit être bien distingué de
SYNONYMES À RADICAtJX DIVERS.
\ûutnm^€ontig$aêniint qui & une cauie délinée. » Lm*
um pramèFe ^îfiârance enti^ cas deux mots , i que ce* sont les choses qui mous déplaUmi, es personoes qui nous mécofi*enUfU. — Mais lite, déplaisir y qui est un tenue plus genèse dii bien aussi des peines qui nous yien- I des personnes. Il se distingue alors en ce 1 indique des peines reçues de la part de les les personnes queHes qu'elles soient; au que le niée»fUent$ment est toujours causé des persennee dont on avait droit d'attendre az. Le mécontmtêment implique une espé- :e firustrée ou la violation d'un droit. Toute tonne qui nous blesse, qui nour ftehe', noias ue du déplaisir; un fils ou un serviteur qui x>nduit mal, un supérieur qui nous fait un se-droit, nous eauseat du mécontenternent, — illean, 1» déplaisir s'adresse plutôt 4 l'homme sU>le : un déplaisir mortel , un vif déplaisir, se ferme parmi les grandeurs une nouvelle sihîlité pour les d/pIatxm.^Boss. Êécoraentett est plus relatif A l'esprit, et aux raisons m a de n'être pas content. « La source la plus anune des méeonUniemsnts , des froideurs , discussions qui surviennent après le mariage , TopinioD trop flatteuse que l'on s'est faite de lersoDue à laquelle on a'unit. » Mxric. ULABIF, nFnmB, VALÉTODINiURX^ CA- IHTVB. D'une santà délicate et facile à déger.
e maladif est s^jet à tomber malade; Vin- \ê est débile. Le premier passe de temps en ips de la bonne à la mauvaise santé; le sed languit tans cesse. lÊdaàif annonce la f renée des chutes; et infirme la continuité de liblesse. Ive» un- enfant makuU^ on est tous en crainte, obligé à chaque instant de Hirir au médecin et atix remèdes; avec un nt M/Inns on ne peut rien entreprendre, on eut rien en faire , il n'a de force pour rien. ûéUÂinairt et casotlmimê ont aussi chacun seos ou sa nuance propre. Le valétudinaire , olffudo, santé, santé bonne ou mauvaise, ODstamment adonné à sa santé , sa santé est * lui l'objet de soins continuels , d'un métier luelque sorte. Le cacochyme^ de^ deux mots B qui ensemble veulent dire mauvaise hur, eit plein de mauvaises humeurs. Mais ce distingae principalement ces deux mots des ède&ts, et ce qui les sépare l'un de l'autre, qu'ils oontrienneni chacun à une espèce parière de style.
lodt/ et infirme sont de la langue commune* valétudinaire^ latin vaUtudinarius ^ d*où Hb'nartwi^, infirmerie, hôpital , ne se dit t qu'en parlant d'un personnage éminent ou I présente dômn» ténémble. «>Sa Majesté R etfi^MMKifttAr». »• Lts. « On lafdtt que le lolt d'une santé psrftdte; Il se souvient que losis. tniTOi d'figji^te, è^XveàéM^'mire.n «FœdlOT'i filii lAné du cfar Alexis, monta trône, ftgê db qtitnte ans; prince d^n tenu tint faible et vaXélSidiwa^fe, » Voit, c On rop firéqueinment dans nos histoires des rois sonnés par des médecins juifs; mais une
constitution valétudinaire est plus dangereuse encore que les médecins. » In. c Hélas ! cette pauvre maman, déjà languissante et valétudinaire^ elle se serait bien passée d'une pareille scène.» J. J. — Cacochyme ^ au contraire, est un mot familier et môme presque toujours un terme de plaisanterie , qui s'applique particulièrement bien à des vieillards catarrheux. « Cela ferait tourner la tète à un jeune homme ; jugez ce qui doit arriver à celle d'un pauvre vieillard cacochyme, » VoLt. « H y a au fond de la Suisse des eaux asses bonnes pour les vieillards caco^ chymes qui ont besoin de mettre du baume et de la tranquillité dans leur sang. » Ip. « Montaigne dit quelque part : Croyez-vous qu'un vieillard rechigné et cacochyme se plaise beaucoup à lire Théocpite et Tibulle ?» In. « Fagon mourut (fans un grand âge pour une machÎDe aussi contrefaite et aussi cacochyme qu'était la sienne.» S. S.
Le beuhomme , chargé de flnsions et d'années.*.
Garde le médecin, et ce corps eacoehjrme
Est à son art fttal détoné peur victime. Rœii. Vothe coi^v eàtoàhynte
N'est peinif fait , erores-moi , peut* ce genre d*escnme.
l'at ht damr BipiiMrate, 11 nlinpofCS eo quel lieu,
Un aphorisme sOr; il n'est point de milieu :
« tout vieillard qui prend fille alerle et trop (ringante.
De son propre couteau sur ses Jours il aileâté. »
Itt.
Quand' la sibylle , interrogée par Énée , se mit sur le trépied,
Sa face devint eaeœhfmey
Et son teint , de pâle minime. ScaKK.
r« ttALAVISÉ, INCONSIDÉRÉ, IMl^ftUDÊNt; — 2« ÉTDDRDI, ÉVAPORÉ, ÉVBNTÉ , ÉGÉR- VELÉ. Qui ne sait pas agir , se conduire ou parler où , quand et comme il convient.
Malavisé, inconsidéré et imprudent' sont dés mots simples , ordinaires et propres à tous les genres de style; étourdi, évaporé, évefité et écervelé sont des termes figurés ou métaphoriques dont on ne se sert guère que dans le langage familier ou voisin du familier.
i'' Malavisé, inconsidéré, imprudent»
Le malavisé manque de finesse , il ne sait pas voir. Vinconsidéré manque d'attention , il ne se donne pas la peine de cotmd^rer , de regarder. L'imprudent manque de réserve, il n'est pas précautionné ou sage.
Le mxUavisé , en tant que tel , est moins à blâmer qu'à plaindre. Il n'a qu'une faible dose de talent, qu'une vue bornée, peu subtile, c'est une sorte d'aveuglement. « Les pécheurs aveugles et malavisés arrivent enfin par leurs désordres i l'extrémité de misère qui leur a été souvent prédite. » Boss. c n pense s'être aflermî contre toutes sortes d'attaques (de la fortune) : aveugle et malavisé! » In. Le malavisé commet proprement des bévues. « La Keynie , lun des présidents de la chambre ardente, fut assez malavisé pour demander à la duchesse de Bouillon si elle avait vu le diable; elle répondit qu'elle le voyait dans ce moment, qu'il était fort laid et fort .' vilain, et qu'il était déguisé en conseiller d'Etat.» Volt, s On falsifia Thistoire de Flavien Josèphe ,