‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 348 sur 426 · IJ · texte numérisé non relu

IJ

&H.)- «c Dans le jardin des Olhres , Jésss n'ap> lepiiSB Dieu son père; pressé d'une détresse royal»1e , il ne rappelle plus que son Dieu. * ss. < Eletombé (ians sa première détresse , sans n, sazns asile, prêt à mourir de Êiim, il se souvient de son bienfaiteur. » S. S. « Lorsque jurth^ eut été ainsi dépouillé d'argent, d'homes et «l'armes, il commença à craindre que les imains ne voulussent lui faire souffrir les supices qa*il méritait. Nulle issue pour sortir de la tresse où il se voyait réduit. Reprendre les ares aprcs tous les échecs qu'il avait essuyés, et ins le dénthnent général où il se tronvirit, lui iraissa.it, de tous les partis, le moins soutenae. » R.0LL. « Marins et ses compagnons ne saient q|uel parti prendre, ni de quel côté tourner urs pas. Tout leur était contraire : la terre , où 5 app-rèbendaient d'être surpris par leurs ennelis; la mer, parce qu'elle était toujours orasuse. Rencontrer des hommes était pour eux un ijet de crainte; n'en point rencontrer , c^était lanquer d'an secours absolument nécessaire, ir ils n'avaient plus de vivres , et ils commenûent à sentir la faim. Dans cette détresse , ils perçurent des bergers. » In.

II. Accident , revers , — ét^ec , tmvers» ^-^tamité^ catastrophe, désastre , ^ mésatefUwre , xilenc^^ntre , déconvenue.

Par 1 z même raison que maïheTtrlignTe le prelier d^ns la classe des mots qui précèdent, aecientfq[Mod aceidit , ce qui arrive , est mis ici à la He de cette nouvelle série : il est plus général u'auc-un de ses synonymes, en même temps que ropre ï les définir tous et presque toujours à ^s re-znplacer, quand on ne tient pas à une rand^ précision. Toutefois il se distingue aussi ar ur» e nuance particulière : il marque un coup e la rortune soudain , inattendu , fortuit , passa-ir, 6:1 généralement peu grave, ce qui foit a'on 3e prend quelquefois en bonne part : occtent l enreux , favorable.

Jlev^^ marque un retour de la fortune, un laog^ment en pis , qui fait voir le revers de la lédaille. On était sur la voie du bonheur, un xidext oblige à retourner en arrière [rétro ver- «); c'est un r«?erf. « Tous les revers ont suciàé à. Tos succès. » Volt. —Il y a donc quelque iseinT)lance entre un revers et une disgrâce. fais le revers est plus borné, plus partie! , plus ccidBntél; c'est un commencement de disgrâce. letuerune vie très-fatigante, Itte exposé à des ontrc-temps très-désagréables, à des revers trèsichenj. 9 Bon RU. La disgrâce est tm renversement ou une ruine : elle détruit toute une situalon et une situation brillante. «Combien d'hernies, après avoir vécu un certain nombre 'années dans la splendeur et y avoir eu tout agrément qu'ils pouvaient attendre, ont été ren- «rsés par une disgrâce /sBouhd. « Il a manqué i la gloire de Cyru^ un trait qui l'aurait beauoup relevé : c'aurait été d'être livré pendwit [iielque temps à quelque grande disffrâce, et l'âToir quelque revers subit de fortune à es- Myer. » Rou.. Disgrâce enchérit sur ret?er«. < Nous veaons de voir le règne le plus long et le '■'■us ;:orieuz de la monarchie finir par des re-

vers et par des disgrâces. » Mass. « Les revers et les disgrâcee , dont les caprices des grands payent ceux qui les servent. » In. « Domitius avait éprouvé bien des revers et des disgrâces. » RoLL. Revers €st opposé à succès, eXditgrâee à prospérité.

Échee et traverse ont cela de commun entre eux et de distinotif par rapport aux autres, qu'ils expriment quelque chose qu'on éprouve, non pas après qu'on est arrivé au bonheur, mais pendant qu'on y tend , des coups qui ne détruisent pas une position heureuse d^à faite, mais qui nous contrarient tandis que noue nous y acheminons.

Leur différence est bien simple. L'échec est une petite perte, et la traverse, une petite difficulté; Yéchec affaiblit un peu et fait qu'on se tient sur ses gardes; la traverse arrête un moment et tracasse. L* échee est une entreprise partielle qui échoue , on la répare aisément ; là traveree eat «n léger obstacle, placé en travers, on l'éLoigneeu on le surmonte aisément. Un échec essuyé n'en, pêche pas toi^ours qu'on ne triomphe ou qu'en ne réussisse en dernier résultat; les Iraverees qu'on rencontre dansées entreprises retordent, mais n'empêchent pas toujours d'en venir à bout.

Calamité^ Catastrophe , difs(u^re. — L'analogie est frappante entre ces trois mots. Ils signifient, non pas précisément comme infortime , quelque chose de grand , c'esA-ànlire d'illustre , mais quelque chose de grand, c'esVÂ-dire de g^ve, de tragique , de terrible quant aux suites. Les accidents qu'ils expriment sont d'ailleurs d'une grande importanee en oet autre sens qu'ils tombent d'ordinaire ou peuvent tomber , non sur un seul homme, mais sur plusieurs, sur un royaume^ ime ville ou une famille.

Caiamité, de caUmus , chaume , tuyau de blé , s'est dit preprement en latin de la grêle, d'un orage qui brise les épis. 11 signifie aujourd'hui tout grand malheur public , la peste , la famine, la guerre, une inondation. La calamité arrive selon l'ordare de la nature ou de la Providence, et elle est souvent un châtiment dans la main de Dieu. « Job déplore les diverses calamités qui ^ affligent la vie humaine. » Boss. « S'il y avait quelque bataille perdue , s'il arrivait quelque inondation ou quel(|ue sécheresse , on chargaait les chrétiens de k haine de toutes les cdiamiâés publiques. >• In. « Le Seigneur nous envoie aujourd'hui comme autrefois il envoyait ses prophètes, non vous annoncer des eaitooMiés fnnestes , mais veus mettre devant les yeux les fléaux ptttbiiBa dont il nous finppe, et la juste punition de vos criines. » Hass. « On avait à craindre quelque surprise de la part des Êques, des Velsques et des Sabine, liais la contagion s'était répsadue parmi eux avec la même fureur : une cedamité commune et générale tint lieu de fonses* et de défense à la république. » Vert.

lA catastrophe est mn événement effroyable, dont la nouveUe fait trembler, anéantit-, mais ce qui la caractérise par -dessus tout , c'est que, GDinms l'indique l'étymologie (xax^tpéçfiiv, renverser, bouleverser, terminer), elle cause dans toul va ordre de choses ou dans

DEUXIÈME PAKTIS :

rexistence des individos un boulerofsemeat corn* plet ou une fin violente. 1a chute de Troie fut une catastrophe (Fén.). La réyolution d'Angleterre fut considérée en France comme une eataitrophe (Volt.). Tout le monde connaît la catastrophe de Fouquet soi^ Louis XIV (Volt., S. S.). c Cela semble devoir produire quelques grands mouvements, quelque changement surprenant de fortune , quelque catastrophe. » Volt. « L'invasion des barbares fut une catastrophe qui détruisit les progrès de l'esprit humain. » J. J. c L'histoire n'est intéressante que par les révolutions, les catastrophes, » Id«

Désastre^ ce qui arrive par la funeste influence dos astres , désigne un grand dommage , un grand dégât , ou bien une ruine totale, irrépara- • ble. « Sainte Marcelle, voyant Rome prise et saccagée par les Goths, dit que le désastre de la ville l'avait trouvée et non rendue pauvre. » RoiL. « Si Rhodes est condamnée au pillage et an feu, du moins le spectacle de son désastre nous sera épargné. » In. « Il était arrivé à Rhodes un grand tremblement de terre qui y causa des dommages considérables.... La perte montait i des sommes immenses. Dans ce désastre commun.... • Id. Le tremblement de terre de Lisbonne fut un désastre (J. S.). « Les Cimbres, qui ignoraient le désastre des Teutons (défaite complète), franchirent les Alpes. » Cord. « Quatorze grands Taisseauz échouèrent sur la côte : le roi Jacques , du rivage , avait vu ce désastre. » Volt, c II m'est arrivé encore de nouveaux désastres. J'ai fait des pertes dans le chemin. » In.

Mésaventure, vMlencontre et déconvenue ap partiennent au style familier et badin : ils expriment des accidents de peu de conséquence et presque toujours risibles ou comiques.

La m^f aventure est une mauvaise et plaisante aventure; c'est, comme l'aventure, quelque chose de prolongé, toute une histoire. Le chien i qui on avait coupé les oreilles vit, avec le temps ,

Qu'il y gagnait beaucoup, ear étant de nature

A piller ses pareils, mainte mésavemmre L'aurait fait retourner chei lui

Arec celle pariie en cent lieux altérée. Laf.

Une banqueroute essuyée (Volt.) , une perte d'argent par escroquerie (MAnif.) ou par procès (S. S.), sont des mésaventures, quand on les tourne en ridicule.

La maienconire est .une mauvaise rencontre, une rencontre qui vient mal à propos, soit pour le temps, soit pour le lieu. C'est une malencontre de rencontrer un homme i une heure ou dans un lieu où il eût été i désirer qu'on ne l'eût point rencontré. C'est en tout temps une malencontre de trouver des voleurs sur son chemin. « Le roi de Léon sera sans doute retourné dans son Sbyaume. Puisse-t-il y arriver sana malencontre I» >s.

La déconvenue, accident qui décomoieni, qui ne convient pas ou déplaît, est un désagrément provenant d'une surprise, d'un désappointement, { d'une espérance trompée. Lafontaine dit i une i femme :

Si quelque ingrat rend ton âme bourme.

Ne t'en prends point à renbni de Cypria; Ganse il n'est point de u tUcon^emme , Quand la dame est d'attraita aasex pourvue. On aime encor comme on sûnail Jadis.

Dans une comédie, un personnage se flatte ffi> tenir la main d'uDO jeune fille; à la fin, il se trouve déçu , c'est une déconvenue (Ljlb.). Vu femme épouse un homme qui la l>at, au liea ii faire son bonheur, comme elle Teapérait; es: encore une déconvenue (S. S.) , au moins dacs :« langage familier et quand ou parie en plaisantant*.

MALHEDUIJX, MlflÉRABLB ; ^ OFMTC^É.

Qui est en proie au mal, ou dans une situalioin fâcheuse.

D*abord on estmalheureus paracâde&t, parce qu'on éprouve des malheurs^ dea revers, qui ruinent une fortune naissante ou étabtie; on pem être miséraible dès le principe , par sa condition ou sa naissance. « On trouvait Peraée si malhewreu» de n'être plus roi , qu'on trouvait étraoge qu'il pût supporter la yie.... L'homme est si grand , que sa grandeur paraît même en ce qu'il se connidt misérable» » Pasg.

* Le mtilheureus est dans le motiketir, le miséràble dans la misère, c'est-A-diie dans un gnnd malheur, dans le dénûment, dans un étât.naB pas accidentel, partiel, passeiger, relatif, a^is complet , constant , absolu , dans un état d^onble , où on est i plaindre , digne de pitié. « Vous ne connaissez pas, monseigneur. le «oOevr. je dirais presque la misère^ de rotre condition. > CoND. c I) n'y a guère de gens si atalftsicrrar, qu'ils ne le soient moins par la comparaBon de quelqu'un plus misérable qu'eux. » Bassr*

Haï , craint, envié , souvent ptos mismmSU

Que tous les malkeiureux que mon pouroir aecaUe. (Aman dans Saàer), JUc.

c César lui-même , dans tout le cours de sa vie . qu'a-t-il vu, qu'a-tU fait? Des malheureux.... Les animaux sont encore plus miséràJbiUs que nous. » Volt. £tre malheureus et misérable (Boss. , Mal.). — On est malheureux au jeu , oc y éprouve de petits coups du sort; on est misérable, quand on est destitué de tout secours. « On refusa l'entrée de Hambourg à plusieurs Aitenois . à des vieillards, i des femmes grosses, et quelques-uns de ces misérables expirèrent sous les murs de cette ville , au milieu de la neige et de la glace , consumés de fh>id et de misère , tandis que leur patrie était en. cendres. » Tolt. « Les maladies, la faim, la fatigue excessire accablent nos jeunes soldats. Misérables! On les Toit étendus, sur la neige, inhumainement délaissés. > Vauv.

I. n est i remarquer que les mois de la pnmkt dasse ne si^iflent pas seulement des étais, mût aussi des faits eooune ceux de la seconde : «a da. par esemple , éprouver un malhemr ou une ditgrma, ainsi qu'on dit, être ou tooAer dans le mafkrmr oa la disgrâce. Mais, par cela seul qu'Us désignent proprement et primitivement des états , ils ont cela dt particulier, dans le cas od ils marquent des faib. qu'ils les représentent comme quelque chose ai constant C'est un caractère disiincUf de grande valeur, comme on peut le voir par la c( dessus établie entre digrdee et rews.

SYNONYMES A RADICAUX DIVERS

falheureux est subjectif, se rapporte entièreit au sujet, qu'il représente comme souffrant; lieu que misérable fait penser aux sentiments commisération , et quelquefois de pitié , de pris, que l'état du sujet inspire ou peut inspi- . « L*unau et l'ai (deux pauvres animaux que lature semble avoir traités en marâtre) parais- Lt très-mal ou très-peu sentir.... Ils sont misé- Aes sans être malheureux, » BoFr.

Si Ton peut pardonner l'essor d'un mauvais livre, Ce n*est qu'aux malheureux qui composent pour

vivre....

El ii*a11es point quitter, de quoi que Ton vous

Le nom que , dans la eour, voua avea d'honnête

homme y Pour prendre de la main d'un avide impriiyor Celai de ridicule et misérable auteur. Mol. Un philosophe dit à un financier, qui se plailait que les pauvres riches ne fussent pas heutux malgré leur opulence : Boni qui est-ce qui ^t heureux? Des misérables, » D'Al.

Quelquefois malheureux et misérable signifient , on pas qui est, mais qui mérite d'être en proie 1 mal ou dans une situation fâcheuse. Dans ce îns ils se disent , par exemple, d'un homme qui fait de mauvaises actions.

h» malheureux a eu le malheur de se rendre oupable, sa faute est légère, ce n'est qu'un ccident auquel il a été entraîné. « S*il arrive ix'un maître livre son serviteur à la justice iour un vol léger, et qu'on ôte la vie à ce nalh€ureux.„*9 Volt. Mais le nom de misédbles ne se donne qu*à de grands criminels, i des gens qui commettent le crime habituelement, par état, par penchant. « Pourquoi ap- ;>eler un maréchal de France et sa femme, dame retour de la reine , ces deux misérables? Le maréchal d'Ancre qui avait levé une armée i ses frais sontre les rebelles, mérite-t-il une épithète, qui n'est convenable qu'à Ravaillac , i Cartouche , aux roleurs publics, aux calomniateurs publics?» Volt.

Des écrivains et des écrits , dont on fait peu de cas, sont traité» de misérables; on ne les qualifie point de malheureux ^ parce que ce n'est point par malheur , fortuitement , qu'on écrit mal, et que d'ailleurs il s'agit d'exprimer, non l'état de peine d'un sujet, mais le sentiment de pitié qu'il inspire aux autres.

Infortuné, non fortuné^ non favorisé de la fortune , ne s'emploie que dans le style soutenu , et presque toujours en parlant d'un malheur ou d'un ipalheureux illustre. Beaumarchais appelle heureux infortuné un paysan qui, ayant été blessé par un cerf d'un parc royal, fut comblé par la cour de présents et de soins. Piiam, le plus infortuné de tous les pères (FéN.) , Yinfortuné vieillard (Lab.); Fouquet, Yinfortuné surintendant (d'Al) . « Infortuné chevalier de la Manche, que la fortune seconde mal vos grandes entreprises 1 » Les. « Alcyons, plaintive et solitaire , semblait encore redemander aux flots son infortuné Céyx que Neptune avait lait périr, s Boff. « Poursuivi à toute outrance par l'implacable malignité de la fortune, trahi de tous les siens, Charles I*'ne s'est pas manqué à lui-même. Malgré les mau-

vais succès de ses armes infortunées , si on a pu le vaincre , on n'a pu le forcer. » Boss. « Darius , qui s'était vu , peu d'heure» auparavant , une si nombreuse et si florissante armée, et qui était venu à la bataille élevé sur un char, plutôt en Appareil de triomphe qu'en équipage de guerre , s'enfuyait à travers les campagnes. Cet infortuné prince courut toute la nuit avec peu de suite. »

ROLL

HALINICimorCKÉS , MÉCONTENTS. Les maUntentûmnés et les mécontents, sont dans un État , des ennemis du pouvoir.

^ Les malinientionnés ont de mauvaises intentions; les mécontents ne sont pas contents. L'un de ces mots regarde l'avenir, l'autre le passé. Il faut prradre garde i ce que les malintentionnés veulent faire, à leurs desseins; il faut, s'il est possible, faire droit aux griefs des mécontents.

Ensuite, comme les intentions sont quelque chose de caché et de vague , les malintentionnés agissent dans l'ombre, cabalent , et sont seulement disposés à mal. « Quel est le motif de la révocation des conseils? On s'efl'raye de l'ennemi , des malintentionnés, des cabales. » J. J. « Le frein du saint office retenait encore les manutentionnés, et les obligeait à se cacher, » S. S. « Le duc d'Orléans dit qu'il avait estimé devoir tenir le lit de justice fort secret pour ne pas donner lieu aux cabales et aux malintentionnés d'y essayer i continuer la désobéissance. » In. « Mairan dit à Mme du Chàtelet qu'elle n'a commencé sa rébellion qu'après avoir hanté les malintentionnés leibnitziens. » Volt. Voltaire a écrit , au sujet de la prétendue conspiration d'Alexis Pétrowitch contre son père et de ceux qu'on supposait y avoir adhéré sous main : « Il était important de connaître les malintentionnés; et le czar menaça son fils de mort, s'il lui cachait quelque chose. » Ailleura , il assure que le czarowitch « ne fut coupable que d'une espérance chimérique dans quelques mécontents secrets qui pouvaient éclater un jour. » Mais en général les mécontents ne sont pas secrets, ne se cachent pas; il se peut même qu'ils témoignent leur peu de satisfaction par la révolte, en se ralliant sous des chefs et en faisant actuellement une guerre ouverte. « On apprit les mouvements des mécontents de HoDgrie.r s S. S. « Le gouvernement (d'Espagne) étant si faible, les mécontents devinrent très-forts en Castille. » Volt. Richard II d'Angleterre fit enlever et exécuter le duc de Glocester , son oncle , qui ralliait tous les mécontents contre son souverain (FiN.). c Les soldats que Démétrius avait cassés, et un grand nombre d'autres mécontents, se rangèrent en foule auprès du prétendant, et le proclamèrent roi. » Roll.

MANIE, TIC. Habitude bizarre et ridicule.

Manie^ grec |Miv£a, signifie une maladie de l'esprit Ttc, onomatopée, comme tac et toc, représente le bruit que font en touchant ou en frappant leur mangeoire les animaux qui ont quelque tic; car ce mot se dit primitivement des chevaux et des bêtes à cornes. Ainsi la manie regarde les travers de l'esprit, et le tic les mauvaises habi- \ tudes du corps; la mante est déraisonnable, le ' ttc désagréable. On a la mante déjuger de tout,

DEimËME PARTIE

et le (te de ronger ses ongtes. Une passion singulière, un goût immodéré, reçoivent le nom de manie; celui de itc conyient pour représenter des mouvements convulsifs et fréquents , de mauvais gestes habituels, ou des grimaces qu'on fait et qu'on s'est accoutumé à faire sans s'en aperce- Toir ni le vouloir. « La duchesse de Chitillen avait acquis , en contrefaisant une religieuse , un tic tel que , à toutes minutes , son visage se démontait à effrayer , sans qu'elle-même s'en aperçût le plus souvent par la continuelle habitude. > S. S. « Mme de Nemours avait une figure fort singulière , et un lie qui lui faisait toujours aller une épaule. > Id. (Voy. des exemples de manié à l'article Délire, égarement y etc.)

Toutefois tic se dit bien aussi familièrement au figuré; auquel cas il exprime proprement une coutume, et non une habitude comme fMnie, la fréquente répétition d'un même acte, et non un penchant. « Les avares ont le tic de dépenser pour l'ostentation. » J. J. Us n'en ont pas la mante , car ils répugnent à toute dépense. Tous vous portez par besoin, par attachement , arec attrait , à ce que votre vfutnie vous fait faire. Tic n'annonce autre chose qu^un pli pris. « Cette manière sèche d'interroger les gens pour les connaître est un (te assez commun chez les fbnnneâ qui se piquent d'esprit. » J. J. On contracte des mantef par engouement , et des tta par routine ou par imitation.

MANIÈRE , FAÇOn. La synonymie est trèsétroite entre ces deux mots , mais (ffî&cile à exprimer. De cette manière ou de cette façon, c'est-à-dire ainsi ; de quelle mant^e ou de quelle façon, c'est-à-dire comment et comme. Us désignent le mode ou le comment.

Hais, à la rigueur , manière répond i comment , et façon à comme (voy. P* partie , p. Î91 , 792). Manière convient pour marquer comment on fait une chose, et façon pour dire comme elle est faite. Le premier de ces mois signifie un mode d'agir, et le second un mode d^étre. Manière , de maniM, main, indique une opération, une méthode ; c'est un mot actif qui se rapporte à tme action et à l'agent : je n'aime pas sa manière. Façon , de facere, faire , forme dSine chose fkite , annonce un effet, un résultat; c'est un nrot passif et tout relatif à l'état : la façon d^xn habit , la façon d'une terre, c La Holinière trouva quelque chose d'extraordinaire à la manière dont cette lettre lui était venue; elle trouva de la différence dans la façon dont elle était pliëe. > Dklàf.

Toutes les fois qu'on veut définir un adveite , c'est-à-dire un mode d* agir , on se sert de manière, et non pas de fo^on ; sagement, d'une meh nière sage. C'est, au contraire, le mot façon qu'on, emploie quand il s'agit de signaler une personne ou une chose par son mode d'être , et non d'agir , c'est-à-dire en la qualifiant, en disant ce qu'elle est , et non ce qu'elle fait : un homme de sa /)»pn, c'est-à-dire ainsi fkit; un trait de sa façon. On se défend de toutes les manièru en employant des moyens de toutes les façons. La maniée caractérise la main , tfndustrie, Fesprit de Touvrier , et la façon l'ouvrage : chaque ouvrier a sa mor nière et chaque ouvrage sa fa;çon. Dans un bien-

fait il faut distinguer Tobjet donné et U «snière de le donner, dAns un discours les dKse dites et la manière dont on les dit; le prix d^s objet d^art dépend de sa matière et de sa ftç^ Il y a plusieurs «animer eu méthodes pour cskh ver un champ , et on champ reçoit pinsieurs kçons; ce sont des modifications qu'on lui f&t sibir. Un homme a une manière d*éerzre lento « rapide, et il est taieile ou difficile de reccmoaïbs sur le papier sa façtm d'écrire. Dans les Mé^ neehmei de Regnard, le cheTalier dit ea parlst d'une valise :

De la BMeone eUsn'a ni l'air ni lafiem. Puis, regardant l'adresse :

Je ne aeooiiBaâ peint «eite /Sm» d'éoir^ Selon Labruyère , l'usage a' préfère façons de faire hmanièns de fkire, et maniera d'agir à façons d'agir. Kien de plus raisonnable que ce choix. On dit plntOt ptçtms de fiure , parce qu'ca ne faft pas sans faire quelque chose qâ reste après Faction, qui peut 6tre dit vroirwKfaçm, une forme , une empreinte qu'il a racne par le travail de faire. Hais manière d'agir oonfisa mieux que façon d'agir par la raîsoa ooniru?e, c'est qu'en employant agir on songe seuluKat i la conduite, au procédé, et non point du tovt ai modifications qui en résultent- pour td oa tel «i>> jet. On dira donc aussi de préférence la ma^mt de traiter quelqu'un , et les nunnérev d'an pes^^e pour ses mœurs. On dira également foèm da penser , c'est-à-dire de produire telles ou tdks pensées , des pensées qui présentent tds ou tels caractères , et moniire de sentir on de vivre. < 1 la cour, l'honneur, se mfiant partout, eotie dau toutes les façons de penser et toutes ïssmamèm de sentir. » Mo5TKso. < On prendrait nécessairement d'autres façons de penser en prenant da manières de vivre abschunent dâfëTenfes. » J. J. a Périclès changea toutes Ses façons de fair^et sa manière de vivre. » Roll. — Toute action parament formelle , comme celle de vrrre ou de se mouvoir, ou bien qui produit une deatructies. un anéantissement, se fait d'une certaine ma-' nière : « On avait mis de la discipline dans la manière de piller. > Vohtbsq. Vais toute actîOB d'où résulte quelque chose qui a certaias car»» tères, qui est d'une certaine sorte, se ihit d'une certaine façon^ Ainsi , on doit toujours dire , entendre une chose *de telle ou telle fofon. « Ifeb que l'un entend d'une façon, Fautre <f une autre.» P. R. « Qui m'a dit que cet endroit obscur éort être entendu d'une façon et non pas d'une antrel^

BOUKD.

Manière de parler a rapport i la ferme eo à renonciation, au style. « Chilon élaM ftft court et fort serré dans tous ses discours; sa s«nière de parier passa en proverbe. » Fin. c Ces légères attaques regardent phitftt la mamèrt èe parler que le foud des choses. » Boss. Façon de parier se rapporte au fbnd même de^ eboses. lu sens, «n semble, de la façon que vous pHies, que la vérité dépende de notre volonté. » Pmc^ Manière de parler et façon de parier désignsat aussi l'un et Pautre des locutions ou des pbrasss. Mais manièfB de parier convient nieux pourosc locution particalière, en rapport avec qoelqu^a

SYNONYMES i RADICAUX DIVERS.

i 8*en sert et donl elle «xpone le procédé » la §thode. la numiàre propr» d!agir. Façon de rler sjgniâe, au conâraire, une locution généle , établie, cansacrée. <c La dérotion «t la gÀ»îtrie ont leurs façons de parler, ou œ qu'on pelle les termes ds Tart i» Lauu C'est paur-: oi les faç4Mt^ dans le 'Seos où ce mot se prend • ur marquer les procédés d*una personne , ezr iment quelque chose qui tient à un cérémonial ibli , quelque chose d'emprunté, de peu natu- L; au tia« que les inaïuér^x sont de la personne 6me , et jm sentent, pas autant l'élude et Ysff»tion.

En second lieii« /iiyim «est plus ftmilier ou plus s. Cela doit étx^, Sa.tennmaison est celle d'un and nocoJwe de mots fcaasaisquî appartienneut L langage oomnnn ou même populaire. D'ailiirs , façon est passif, signifioaUTd'un césuUat ; se dit d'abord en termes d'art, at xaQpelle des aérations puremeht mécaniques.

En conséquence, on dica plutôt nna façon de vre étrange, aiuguliàre^ ezIraTagante^ xidide, et une manière de Tirre réglée» sage, Jairée, admirable; de petites /iifions de parler ABB.), et des matiièru déparier distinguées. 9n a en latin fit en Uaaçfiifi des maniérée i parler plus fortes et plus pcécises..^ Je ne t)is point nécessaire d'introduire dans la Pression de loi une façon de parler peu natuille à la langue. > Boss. « Je laisse à juger à \ux qui se connaissent aux belles âgures et u belles manières de parler, si ceUe-ci est 1 nombre.... Il suffit que plusieurs des meilurs j\iges de U langue rejettent une façon i parler , pour nous obliger à ne nous en servir lus. » Vaug. Bossuet prend en mauvaise part la »cution à sa façon dans las phrases suivantes. Chacun se représente Dieu 4 sa façon particuère. » « H. de Cambrai restreint ces articles , ou is enlend et les tourne i sa façon, » « Voyez dam-, voyez- moi ce nouveau Dieu; U s'est fait ieu à sa façon; voyez comme U est savant. » II uploicy au contraire, la locution à sa meiuére ins aucune idée accessoire défavorable. « Tous s fidèles ont part aux grâces divines, chacun à L manière. » c Saint Joseph était père de Jésus sa manière : par l'adoption, par le sentiment, ir le soin, par la douleur.»

MANIÈRES, FAÇONS i - AIR. Ces BoU âgnimt les formes du corps, l'extérieur d'une per* »nne, par rapport aux impressions qui en résul* nt pour ceux qui les voient.

Los mêmes difiérences séparant les mamires les façons de l'air ou des airs.

Les tnantéref et les façons indiquent comment i agit; et Voir ou les «trs, comme on est. ralr de bonnes moatérec ou de bonnes fa* fis, c'est se bien présenter, se bien cornrrter . faire les choses à propos et comme il at; en sorte que les manières et les façons nsifitent dans les procédés, les discours, les tstes, le Ion, les compliments, les sahita- )ns. Ifais l'idée d'action n'entre pas nécesirement dans l'idée d'atr : l'at'r provient de ipparence ou de la configuration du corps\ et xtout du visage , sans que ni l'un ni l'autre soit

en mouvement. Le corps est Tiastrument desinanières et des façons; il n'est que le théâtre' de l'atr ou des airs. Les manières et les façons de* mandent quelque temps pour se montrer, ponr se développer; au lieu que l'air frappe la vue d'abord , au premier coup d'œil : tel platt avec le temps par ses monièr4s ou ses fofiosis qui avait déplu d'sbord par son air. ^ Ensuite, les mor niàrûs et les fofons sont toutes relatives aux autres et expriment comment nous sommes pour eux, par suite de notre éducation et de notre usage du mande; l'air n'a rapport qufi nous, et maoilieste ce que nous somuMs izUérieuiemeot, notre caractère, nos qualités, nos émotions, nos pensées. On a des moaséras eu àts façons rudes ou insolentes; on a l'air résolu. Des maniètes polies ont été acquises far la fréquei^ation de la benne société, et neus rendent aimables; un air poli donne à penser que nons avens de la. politesaa. CondiUao présente cette différence d'une fa§on on peu énigmatique : « Les mcmières^ ditil» sont en nous pour les autres au contre les antres; l'air est en nous pour ou contre noua. » Un eer mélancoliq^, des airs évaporés font concevoir ce que nous sommes sans rapport ami activa.

Quant à la diflérenee de fnaaièr^s et de façons^ fiiçons est moins noble que maniéré; il se dit plutôt dans le langage familier de la conversation, et il est particulièrement propre pour représenter destWHttérsf petites ou pan. distinguées. « La reine (rsjeuaissanttaut à coup) reprenait un bon teint frais et Tenneil , elle se redressait avec mille petites façons. » Fân. « Barbésieux avait les maniàrss d'un grand seigneur et les façons les plus polies. » S. S, « Harconrt mariait merveilleusement l'atr, le langage et les snontéresde la cour et du grand monde avec les propos, les façons et la liberté militaire. » In. On dira plutôt «voir des manières douces, agréables, polies ( ACAn.) , et avoir des façosu bizarres , extrava^tes, hardies (Id.), grossières. « Elle a de petites façosu enfantines qui la rendent fort ridicule. » ACAD. —* D'autre part, Ws façons ont moins de r^^rt au sentiment ; elles sont plutôt l'effet de la civilité que de la politesse, elles marquent conformité i un cérémonial établi. C'est souvent une imitation imperfaite ou affectée des manières. < Les maniées de la cour deviennent façons dans la province. » Gnu

MANQDB. DÉFAUT, PlIYATIOlf. (VARQUE- MENT, FAUTE.) Ces mots servent à exprimer qu'un s^jet n'a pas une certaine chose , qu'il en est d^urvn.

Manque et défaut se ressemblent beaucoup, sans éqnivaloir pourtant l* un à l'autre. Le manque regarde la quantité; il ne doit y avoir dans une choee rien de trop ni rien de manque (Pasc); on dit le manque d'une partie : «Les choses particulières étant partagées affligent plus leur possesseur par le manque de la partie qu'il n'a pas , qu'elles ne le contentent par la jouissance de celle qui lui appartient. » Pasc. Le défaut est plutôt relatif à la qualité. « Le défaut d'une seule de ces qualités rend un homme inca{)able d'ètze ee qu'il prétend. > Pouan.

DEUXIËHE PARTIE

Le manque rend la chose incimiplète, mais non pas peut être moins parfaite ou moins bonne, c Qu'on ne nous reproche plus le manque de clarté, puisque nous en faisons profession. » Pasg. c Le manque d'oreilles extérieures est un des traits par lesquels les phoques se rapprochent des cétacés.» Bqff. « L'usage de la main , le mangue de queue, etc., ont fait donner au singe le nom d'homme sauvage, » In. Avec un défaut, au contraire, le sujet est toujours défectueux. On a reproché à VBsprii des Une le défaut de méthode (Lab.). — Le manque d'argent est sans ipcouTénients dans certaines situations , dans l'état religieux , dans l'état saunage; mais en général le défaut d'argent fait échouer les plus bdies entreprises. Le manque de mémoire , pour ce qui concerne les injures et les causes d'affliction, est un bien ; mais le défaut de mémoire, pour les enfiants qui ont tant à apprendre , est un rice des plus fâcheux. « Certaines vérités de géométrie ne se peuvent démontrer; et, comme ce n'est pas i cause de leur obscurité, mais à cause de leur extrême évidence , ce vitnque de preuve n'est pas un défaut y mais plutôt une perfection. > Pasc.

D'ailleurs, manque est objectif, c'est-à-dire tout relatif à ce qui ne se trouve pas ou à ce ^ui se trouve de moins dans le svyet ou à sa disposition ; au lieu que défaut est subjectif, c'est-à-dire qu'il appelle toute l'attention sur le svjet luimême. « Ce tigre fut enfermé dans une loge étroite où le mangue d'espace et le d^'aut de mouvement ont abrégé sa vie. » Buff. Quand nous n'avançons pas dans la voie du bien , nous nous plaignons d'un mangue de secours de la part de Dieu (Boss.); nous ne devrions nous en prendre qu'à notre défaut de courage. « Il nous suffit d'avoir vu que c'est par le seul défaut de leur volonté , et non pas mangue des secours absolument nécessaires pour pouvoir éviter tous les péchés, que les plus justes pèchent quelquefois.» Boss.

Je veux bien avouer qu*un manque de couronne Est l'unique tU/aut qui soit en sa personne. Raoïr. Comme le défaut rend défectueux, imparfait, incorrect, la privation rend malheureux. Cest un mangue auquel on est sensible , le mangue de chosçs dont on a joui, dont on devait ou dont on pouvait jouir. La privation de la vue (Acao.), des plaisirs (Montbsq.); le séjour de cette ville parait triste par la prti*a<ton des spectacles (d'Al.). « Les seuls biens dont la privation coûte sont ceux auxquels on croit avoir droit. » J. J. « Athènes , délivrée du joug de la servitude , goûtait en paix les avantages de la liberté , dont cette longue prtï'atton n'avait servi qu'à lui fiûre mieux sentir et le prix et la douceur. » Roll.

ifanguemenf et faute sont synonymes dans le sens d'action mauvaise ou répréhensible.

Mais le manquement n'est pas aussi grave , ce n'est qu'une faute légère; car manquement, comme mangt»e, signifie seulement un déficit , au lieu que faute , comme défaut , annonce quelque chose d'essentiellement fautif, défectueux , imparfait. « Je ne crois pas qu'on doive employer le châtiment des verges pour les manguemente où

les enfants peuvent tomber en apprenant à lot; 1 écrire, à dansef. Il doit y avoir d'antres pst i tiens pour des fautes où il ne paraît m maras i disposition du cœur, ni envie de leconer le ^ de l'autorité*. » Rou. ' i

lfARCHAia>l8E, DERUfiS. Ce qui se vend.

Jfarcfcandûe, la chose du marchamd . se dâ à i tout ce qui se vend. Denrée^ aatrefbis dettiitiL ce qu'on vend pour un denier, indique prisbvement une chose de peu de prix. « Toîlà ce |i chassa Law du royaume , ce qui sextupla tesis morehandtees, toutes éatrées jojgii'aiiz jks viles. » S. S. « n faut qu'il y ait quelque rappœ entre la marchandise et Yimpàt^ et que, sur ùb denrée de peu de valeur, on ne mette pas m droit excessif. » Mortbsq. — An figntè, denré signifie quelque chose de vil td de méprisabk. « Nos frères ont fait au pape des plaintes éa opinions probables, et d'antres demies de cetti fkçon. » SÉv.

Hais ensuite denrée exprime , dans une acn^ tion moins étroite , ce qui se vend en détul oas débite pour les besoins de la Tie, ce qu'os si procure en petite quantité ponr Tnsage da esoment, surtout et presque nniqnement ei fâ de choses qui viennent des champs , en fsît & subsistances , de fruite de la terre, c Les dorés sont chères en ce pays, parce qu'U en prodiâ peu, et qu'il est fort peuplé. » J. J. « Lorsque j'a recueilli d'un champ que je cultive ks denrài nécessaires à ma consommation, le surplus da productions m'est inutile, si je ne puis ptsFèchanger. » Goim.

En général, les «unrcftandîffef sont des ol^ de commerce, de spéculation; les denrées, &e choses qu'on récofte et qu'on consomme. Les marchandises se coniidèreat en eZles-mèmcs. comme des richesses, dans les maios du mmehand , pendant qu'il les transporte , les Cait d> culer, les emmagasine ou les négocâe; les d» rées se considèrent avant ou après , quant à ks origine ou à leur usage : quant à^ leur origiai, comme des productions de la terre , et quant i leur usage, comme servant à Tentretîen de h vie. On gagne plus ou moins snr des morcàoidûef (ACAD.)*, une denrée croit dans tel ou là pays (La?.), et on se pourvoit des denrées nécessaires à sa subsistance (J. J.). L'impAt snr )s marchandises entrave le commerce-, Vimp6t sgr les denrées gène l'agriculture et empêche la rie i bon marché. « Les effets mobiliers , comme r2> gent , les billets , les lettres de cftiange , ks naseaux, toutes les marchandises appartienneat n monde entier.... Quelques £tats en ont une iflh mense quantité; ils les acquièrent chacun pa: leurs denreet, par leur industrie, par leurs découvertes. » UoRTXSQ. « Le cardinal Mazam augmenta Timpôt sur le pied fourché et sor d'autres denr^i.... La guerre ciyîle qui désa-

1 . Famte est aussi s jnon jme de l'un et l'auire s'emploient en forme de préposiiiâ» Lear ditTérence alors revient à celle do sobjeciif a de l'objectif : on ne peut réQuir Jhute de ssa [La%k.], faute de caractère (Moi..), faute de pénén- Uon f ViiiTV.) ; et manque de moyens (Pasc.), d'insinf tion (b.) 00 de loisir.

SYNONYMES A RADICAUX DIVERS

t alors rAngleterre irait commencé par un )ôt de deux schellings par tonneau de mar- ' indite. 9 Volt. I

Toutes les choses utiles i la yie qui croissent is un pays sont les âenréet de ce pays, et souit il les donne pour avoir en retour des marindises , c'est-à-dire d'autres choses utiles , voit d'aillears , et qui ne lui parviennent que par itermMiaîre des marchandt. « Les Portugais brent chercher des marchandises aux Indes entales et au Japon.... Les Hollandais furent bord obligés de marcher sur la croix pour oblir la permission de vendre leurs denrées. » LT. c Si cette nation était située vers le nord, qu'elle eût un grand nombre de denrées superes, comme elle manquerait aussi d'un grand mbre de marchandises que son climat lui refu- -ait, elle ferait un commerce nécessaire, mais ind, avec les peuples du midi. » IfONTSsQ. :.'huile est la seule denrée que Solon ait permis Changer contre les marchandises étrangères. »

iRTH.

La marchandise implique le marchand et xercice de son industrie ; accessoire tout à fait -anger A denrée. Un propriétaire livre des denes et non des marcluin^ises ^ quand il paye ses ntributions en nature, on qu'il vend lui-même, rectement, ses récoltes. Un marchand achète !S denrées , et, quand il les revend , ce sont des archandises, « Il vaut mieux avoir aflaire à une Ltion qui , par l'étendue de ses vues ou de ses Faires , sait où placer toutes les marchandises iperflues; qui est riche et peut se charger de laucoup de denrées ; qui les payera prompte-

ent. » UOHTBSQ.

Enfin , la marchandise peut être un produit de irt, une chose manufacturée ou propre à l'être; i denrée est toujours un produit agricole. « Les *is multiplient les choses de seconde nécessité; ;, à proportion de leurs progrès, ils mettent ms le commerce une plus grande quantité d% ar^ndises et des marclukndises d'un plus lut prix.... Les provinces manufacturières semt forcées de porter leur argent dans les proinces agricoles, pour se pourvoir des denrées ai manqueront à leur subsistance. » Gond. Sans i commerce , l'industrie languirait , parce que » marchandises n'auraient pas d'écoulement.

Le seul encouragement des cultivateurs est le ommerce des denrées* • Yolt. — On oppose les iarchandises à ce que rapporte la terre, c La omtesse de Fiesque ne comptait pour rien les etites terres où il ne vient que du blé, et royait avoir fait une affaire admirable d'avoir itement donné celle-ci , pour avoir des miroirs 'argent et autres marchandises. • SÂv. On opose les denr^et aux ouvrages de l'industrie.

Liberté du commerce c grand commerce de enrées bonnes et abondantes en France , ou des uvrages faits pas les bons ouvriers. » Fén .

MARCHE, DÉMARCHE, ALLURE. Mouvement es animaux en tant qu'ils vont ou s'avancent.

Marche signifie l'action; démarche et allure épeignent la manière. Oii observe la marche l'une personne, c'est-A-dire cette personne pen- [aat qu'elle marche; une personne a telle dé»

marche ou telle àUure^ on la reconnaît à sa démarche ou à son allure, on décrit, on caractérise, on signale sa démarche ou son allure, c Durant notre marche. » Sgàrh. « Si le roi re. (oit des ambassadeurs, cet homme voit leur marche, il assiste i leur audience....» Labr. Pendant l'incubation , la paonne évite le m&le > et tâche surtout de lui dérober sa marche lorsqu'elle retourne à ses œufs. » Boff. c II va assassiner sur le grand chemin un voyageur dont il avait épié la marche. » Yolt. Tout ce qu'on peut dire de la marche la représente comme un Hait : leur marche fut lente , rapide , longue , de plusieurs jours; ou bien en fait connaître seulement la direction. « L'habesch est un oiseau de passage , mais M. Brue ignore sa marche , et il assure que , dans le cours de ses voyages , il ne l'a point vue ailleurs qu'à Tripoli en Syrie. »

BUFP.

La démarclie est la manière de marcher; et Yallure, la manière d'aller, ce qui est bien différent , quoi qu'en dise l'Académie au mot allure. La démarche est une allure qui consiste à avancer par le mouvement des pieds sur terre : elle est opposée, par exemple, à l'allure des oiseaux qui volent (Buff.) et à celle des poissons qui nagent (In.). Aller en litière (Sév.), en bateau (ID.), à cheval (S.. S.), sont encore différentes allures, et non différentes démarches. L'âne porté comme un lustre par le meunier et son fils(LAF.) goûte fort cette façon d'aller, c'est-à-dire cette allure , et non cette démarche. Tourner autour du soleil est l'aWure de la terre (Font.), et non pas sa démarche. — Hais si allure ne signifie pas seulement, comme démarche, la manière d'aller par laquelle on met tour à tour les pieds l'un devant l'autre, il signifie aussi cela , et dans cette acception il a besoin d'être distingué de son sy« nonyme. Or, l'a«ure, sans doute à cause de la terminaison commune et peu noble de ce mot , ne regarde que le physique , la tournure et l'habitude du corps; au lieu que démarche, qui désigne si*cialement cette allure la plus relevée et la plus imposante , l'exprime en rapport avec les états et les sentiments de l'âme. De là vient qu'on dit une démarche, et non pas une aMure, flère, noble, timide, affectée, contrainte, embarrassée. Avec telle allure on se montre tel à l'extérieur seulement, on a bonne ou mauvaise grâce; avec telle démarche on révèle ce qu'on est à l'intérieur ou ce qu'on éprouve. « La démarche gauche de l'oie et son allure de mauvaise grâce nous font appliquer ce nom aux gens sots et niais. » Boff. — Il suit de là que la démarche est quelquefois variable comme les mouvements de l'âme qui la modifient; mais l'aKure est constante, elle vient de la nature ou de l'habitude. « Prenant le premier chemin, je me mis à le suivre d'une dé^ marche lente et mal assurée qui marquait la défaillance et l'abattement. » J. J.

rAflQum.

Je vous ai pris d'abord pour un petit seigneur.

GOBJU.

J'en ai . sans me vanter, et le port et ValUrê* ' Dm.

Au figuré, ces trois mots s'emploient pour ex-

DEinnEiis PAinriE :

primer la conduite. Vais marcKe, q^ est un radical par, se prend d'une manière générale et tout abstraite pour mar(iuer la simple direction ou le cours des actions , la route qu'elles prennent Démarche et allure, au contraire, ne sont pas indicatifs , mais caractéristiques : ordinairement usités au pluriel dans cette acception , ils font concevoir la conduite matériellement , quant à sa nature , comme bonne ou mauvaise , comme digne de louange ou de blâme. Marche se dit de beaucoup de choses idéales ou considérées idéalement, à regard desquelles ne convient ni démarche ni aUure. Observer, étudier la VMrehe des passions, des aiTaires, delà nature, du cœur ou de l'esprit humain, d'un gouvernement, é'une langue , de la poésie , des événements. Et 9»inque le mot marché se rapporte aussi à la onduite d'un homme , il n'en détermine pas les caractères essentiels comme ses deux synonymes, mais il en marque seulement le sens ou le cours , la vitesse, l'assurance, et la qualité d'être plus ou moins aperçue, en un mot tout ce qui regarde la forme et non le fond : une marche tortueuse, rapide , incertaine , cachée.

Ouant à allure et à démarche , Tun signifie quelque chose d'habituel , l'autre quelque chose d'accidentel : on a , on prend une allure ou des aUuret; on fait une démarche du des démarches^ Etudier les ailuret et les habitudes (Boff.)) les àlluret et les moeurs (In.) des animaux; les Romains avaient les yeux ouverts sur les démarches (Boss. , MoNTBsa.), c'est-â-dfre sur les entreprises des rois, leurs alliés.— Ensuite, allure, à cause du pfeu de noblesse de sa terminaison, s'entend pluàt en mauvaise part ; mais non pas toi^oucs et absolument, comme lèvent l'Académie. «Depuis quinze jouis il a pris des aUures convenables. » Volt. — Enfin, allure a quelquefois le sens général et formel de marche, dont il diShre alors, et comme moins noble, comme moins facile à interpréter favorablement, et comme exprimant reflet ou le résultat d'une h^itude contractée , une routine. « Le vers de cinq pieds, qui Br pour ainsi dire une aUwre familière, semble se prêter plus que tout autre au style marotique, » Làh. « D'anciennes traditions, des préjugés forment des mœurs publiques et une sorte de routine et d'allure qui se font respecter jusque par le souverain. » Cosb.

MARI ,. ÉPOIJX4 — FEHBIE, ÉPOUSE. Ces mots désignent, les deux premiers un homme qui s'est lié i use compagne par le nœud conjugal, les deux autres la compagne à laquelle un homme s'est ainsi associé.

D'abord la difiérence entre mort et épou» est aussi simple qu'évidente. Mari^ de mas^ wnarû, un mâle, se dit dans Tordre physique ou sous le rapport physique; c'est un terme qui «n s'éloignent de son origine en a foit perdre le peu de délicatesse, mais sans se charger néanmoins d'aucune idée d'affection ou de devoir. Les Latins se servaient de maritut en parlant des animaux , pour signifier un mâle. La femme n'a pas le pour voir de son corps , ce pouvoir appartient au mart (Boss.). « Dans la résurrection, parmi ceux qui seront jugés dignes du siècle a venir, ni les

hommeff nef prendront des ftmmes^ ni les feames des marii : ainsi , pour conserver ua *, peuple , il ne faudra ni de généralioii ni de s^ ! nage. » Ib. c Autrefois on était pendant toute m vie le mari &e sa femme, bonne on naavaûc: | même table , même demeure , mâzne lit. » LiSL c Sophie n'avait plus ce goût décidé pour la tîi privée et pour la retraite.... Hoî-même je n'étâi plus son émile, je n'étais que son moK.» J. J.Us époux, de tpomut^ promis ou fiancé, représe^kl dans rhomme uni à une femme le poiat de rael supérieur de la moralité ou du droit : ce n'est pas l'union des sexes qu'il indique, c'est ceJl^ des cœurs, avec là foi Jurée, f^^'fédes droits et la réciprocité dés devoirs. Voiitaîgne a dît I finement en' ce sens : c Cest tralûson de se marier sans sVpouser. » c L'effet de cette société mutuelle (du mariage) doit être une union des cœurs si parfaite, que jK>^r un époMm Ton seit disposée & se détacher de tout. 9 Bouan. Cce lemme dit, mon mari, sans rien ajouter, c'est le mot ordinaire ; mais elle em^oie carement ^jpow sans y joindre une épithète , telle que cefle Jt cher, de digne, de fidèle. cQuoîI c'est tous, mon mari , mon cher épùuagl » Volt. cQne Sussions de la Saint-Géran, qui vient de partir avec son gros «larC .'... Voyez quelle Catjgoe i?oar 3& pas quitter ce cher époum, » Sâv. « A qpi iaul-il déguiser mes plus secrètes pensées f 1 K. de Wolmar, à mon mart, au plus digue épous^ àoui U ciel eût pu récompenser' la Tertn d'une SUa chaste !» X. X.

Mari est moins noble qu'^otis; il B*est pas, oomme cehii-ci , du haut style ni applicable xa figuré eu termes d'£criture« « Mme de Haiaunon, n'osant porter les* armes d'un tel ^ous (Louis XÏV), supprima ceEes de son premier 1 (Scarron). » S. S.

Oxiieki que 4

D'un ijHMue (Jupiter sans loslaUad^^Ampl»-

trjon) ardeofUBem chéri \ Et que mon traître de mari (Sosie) Bst loin de Mutes ees tendresses!

(GéamUi diBs Ju^kimjfm). Sba.

« Dans ces cinq lettres on voit que cet ^oui:, qui se donne peur si sévère, n'était qu*ui plat morf, honteux de sa très-honteuse canduite. » Bbauic. « Le sieur ILonmian dit que ses lettres étaient sévères^ celles d/un ^pous irrité. Et moi je prouve, en 1^ montrant, qu'elles sont les lettres d'tm mart honteux de sa coaduite et de ses indignes projets. » In.

Bntre femme et épouee même n^port d'oppootion. Femme est le mot commun : c Les/eoMi9i dans les climats chauds ,. cessent de bonne hevte d*ètpe belles et ftcondes. » Volt. Ép<mu est oa terme relevé, de choix, qui annonce le raag. quelque qualité excellente, ou les senliffltats distingués dont une femme est l'objet. « Le raag à*épou$e et de .mése m'élévosTime et ne soatient » J. 1.

Dans la tragédie de Sophfmishe da TolUire, Hasinissa s'écrie :

Arrêtes... • Sophooisbe est mayimMf.

A quoi Lélie répond :

Saches que Sophooisbe, à dos chaînes Urrée,

SYNONYMES k BADICAUX DIVERS.

te ce titre d'épouse en T&in B*e8i honorée, peu pliu iDin UasiiuâBa dit encore :

Dieux que jna/mun^implorei (onnerei-Toas la force à laon àmo égarée ie me souiller du sang d'une éfoase adorée? is le Télémaque , Tauteur met ces mots dans )ouche du jeune liéros : « Si jamais les dieux rendent mon père , et qa.*il. me permette de lisir une femme , Antiope sera mon épouse, » H. « Le père de Samson crut qu'il allait être -même Icappé de mort avec safeirime, parce ils avaieut vu le Seigneus. Ifois.son époute , nte et éclairée, M^nAa^psk ga défiance. » Mass. os les pays où la polygamie est permise, ites les femmet d'^un même homme ne sont pas rdinaire élevées au rang de ses épotues, « Caiert donna trois indignes rivales à sa femme Seberge, et toutes trois eurent le nom dVpou- . a Volt,

Dans le langage commun épotùt et épouH ont air d'afléfitation qui £ût qu'on évite.de^'en •vir.

MARQUER^ niDIQDEa, DÉSIGNER. Honner u de connaître.

Marquer enchérit sur indiquer et^UE designer js le rapport de la précision et de là certitude. Lamarqtie fait reconnaître, Yin^^ met seulemt sur la voie , et le signe donne seulement à tendre. On donne à une personne des marques estime , et non pas seulement des tndtcea ou s signes d'estime. Bans ses Éléments dt littérar<,Harmontel dit à Tarticle Comique : «rComme n'ai fait qu'indiquer cette division dans l'artii Comédie , je vais la marquer davantage dans lui-ci.» Et. pour ce qui concerne l'opposition ! marquer et de désigner , CondiUac dit dans n Dictionnaire que « marquer à une personne ! qu'elle doitlaiM^ c'est le. lui désigfwr exprèsment. »

Oa marque d'une manière distincte^ en faisant marquer parmi les autres.^ Le cadran marque I heures; onmarqiM dans un livre un passage li a frappé; on marque les particularités d'une stoire, les temps,, les lieux., lea personnes, urs paroles. Mais on indiq^e en enseignant , en OQtraat du doigt (tnde») de quel côté est l'objet, chemin à suivre pour le trouver , en aidant ou 1 apprejoant à connaUra. Vinde9 d'im livre inqw la division et. la place des mati&res; une xt^ vous indique votre route , des écriteauz àiquent des objets à. vendre.. En marquant une M)se vous la tirez du milieu des autres et lamet. z immédiatement sous les yeux ; en tndtqiuinl le chose vous ne faites que donner sur elle des oseignementa, que guider dans la recherche de iUft chose ou de ce qui s'y rapporte. — Le ba- )mètre marqtie les degrés de pesanteur de l'air; la» il ne ûdt qu'tndiqtier les variations du mps. oclI ne faut pas mépriser les idées obscurs ou confuses , ni rejeter du discours les tenues lû y répondent, p&ecù que, d'un côté, ils mar- ^tent un effet manifeste hors de l'objet; et, de fcutre , ils nous indiquent ce qji'il faut chercher U18 L'objet même. » Boas.

pétigner veut dire aussi conduire à connaître , ire connaître indirectement : c'est indiquer.

mais indiquer par. àen. signes^ des expressions, de» symboles^ Les mots désignent et on désigne par les mots, les mots sont des signes; le signa" lement désigne la. personne; les pavillons différents, désignent les nations; les Egyptiens désignaient VèteTnité. par la figure d'un serpent qui se mord, la queue; sans nommer une personne , on la. désigne par une peinture significative, dont tout le monde entend le sens.

Une girouette marque la direction du vent et tndiqiM le beau temps ou la pluie; il se peut aussi que par saXbrme emblématique elle désigne l'état ou le goût dominant de la personne qui l'a liit placer sur sa maison.

!• HATŒRE, SUJET;— 2* GHAPITES, ARTI- CLE , POIIIi: Ce. dont on traite ou dont on parle, ce dont on s'oocupa ou dont- il est question dans un écrit, dans un ouvrage, dans une dispute, dans un discours ou une conversaiien.

Matière et sujet se disent d'un tout, de ce à quoi se zapporta tout un livre , tout un traité , toute une pièce*, toute une discussion, tout un entretien. Chapitre f, article et .point annonoent, au conttaire*,, une division, quelque chose de partiel ou de. particulier. Un homme qui écrit ou qui parle traite tella meoiire ou tel sujet; et, quand il en. vient à tel chapitre, à tel article ou itel^oint,il fait ceci ou cela, il se montre tel ou teL, fort ou faible, ignorant ou instruit. D'ailleuca, wtatiire et sujet sont seuls employés en parlant d'une osuvie d'art; ils désignent ce que façonne l'artiste ou l'ouvrier , ce à quoi il donne une Donna : quand vous composez^.vous cherchez à voua rendre maître de votre matière ou de votre, sujet. Le chapitre ,, Yartide et le point ne sont pas ainei quelque. chose qu'on manie et qu'on transforme, mais ce sont comme des chefs auxquels ce qu'on dit est relatif : nous reviendrons sur ce chapitre^ sur cet article ou sur ce point,

1« Matière , sujet.

Matière est général etTague; sujets spécial et précis. En effet qu'est-ce que la matière? La substance ou le fbnd de tous les corps. Et le sujet, subjectumj oe qui est dessous? La portion de matière qui est actuellement sous la main du travailleur. On dit sans article , en matière de , et avec l'article , c'est-à-dore d'une manière déterminée., au sujet de.

Qu'un ouvrage roule sur telle matière , cela mdique le genre d'objet auquel il a rapport ; on dit qu'il traite de tel sujet , quand on veut marquer positivement ce qui en est l'objet particulier. Le sujet est la matière propre d'un discours ou d'un écrit. On appelle ignorance du sujet, et non de la matière , le sophisme qui consiste à perdre de vue la chose précise qui est en question. Que de gens n'oublient, sur la matière dont Us parlent, que leur sujett Ua professeur donne des leçons sur telle matière y la philosophie, l'histoire, le droit, et dicte: i ses élèves des s^ jets de composition. Les vérités de l'Evangile sont la matière des sermons; un sermon a pour sujet quelqu'une de ces vérités. Parmi les maltéref des sermons on distingue des sujets plus favorables & l'éloquence. « Dans l'éloquence

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