MONTBE . PARADE, ÉTALAGE , OSTENTATION
aire montre, parade, étalage, ostentation 'une chose , c'est l'exposer ou la mettre en vue. La montre est une apparence par laquelle on idique ce qu'on tient, ce qu'on possède, ou ce u'on est : nous faisons montre de toutes sortes e choses, bonnes ou mauvaises, riantes ou istes , solides ou vaines. On fait montre de couige (Boss. , Mass. , Roll.). « Quand un discours aturel peint une passion ou un effet , on trouve ans soi-même la vérité de ce qu'on entend , qui était sans qu'on le sût , et on se sent porté à imer celui qui nous le fait sentir; car il ne nous Lit pas montre de son bien, mais du ndtre. » ASC. « Ces prêtres auraient honte d'aller dans s assemblées du clergé faire montre de leur isiveté et de leur ignorance. » Mass. c Le boneur des pécheurs n'est qu'une vaine montre, uî cache les remords les plus cruels. » lo. c Les Qfants, les pauvres ne les ont que pour faire iontre de leur misère. » Boss. « Je ne m'étonne is si nous n'avons de la piété que la montre et lelques froides grimaces. » In. « Périclès sonih donc à faire montre de la puissance des théntsns. » Cond.
La parade est une montre de choses brilbntes utôt que bonnes et solides, dont on est par^. né , plutôt que pourvu. Ce mot annnonce une tien toujours volontaire , affectée , et inspirée .r la vanité. « Fier de sa noblesse , jaloux de beauté , le cygne semble faire parade de tous s avantages. » Bupr. c On n'entend jamais un rétien humble faire parade de ses bonnes œues, vanter ses prétendus exploits, étaler en de Qgs récits les affaires où il a eu part. » Bourd. :i ne faut point tant faire parade de ces trésors niquité que vous vous appropriez, de ces brilàts équipages , de ces superbes édifices , de ces nptueux repas, et de tout ce faste. » In. 3a fait parade du luxe jusque dans l'Ëglise , on le mène en triomphe aux yeux de Dieu r.jïs. » Boss. « Vous aimez mieux, ma sœur, 9 le monde vous oublie , ou même qu'il vous prise , que de tirer paradent vanité du mépris s vous avez pour lui. » In. « C'est écrire l'hisre en bel esprit; et qui veut trop faire parode son esprit ne réussit qu'à le montrer, ce qui bien peu de chose. > Volt. « Je n'aime point aire parade de ces sortes de petits triom- ?s. 9 J. J. c sUe Dût porade de sa beauté, der
ST». FRAKÇ.
ses pierreries; faire parade de beaux sentiments.» AcAD. — Quand vous faites montre d'une ehose , on sait que vous l'avez, qu'elle est en vous; quand vous faites parade d'une chose , vous voulez qu'on admire en vous quelque chose de distingué, de glorieux: «Saint Jean -Baptiste ne veut pas qu'on Tadmire : il ne fait pas parade^ comme les pharisiens, d'une sévérité outrée.» Mass.
Vétalage est la montre d'une chose qu'on déploie, qu'on expose dans toute son étendue. Ce mot se rapporte à la quantité , et non à la beauté : un grand étalage, « On les mariera ; on ne trouvera point un grand étalage de toilette. ■ Siv. On fait étalage d'érudition (J. J., d'Al.), l'érudition étant une chose qui se mesure. « Les hommes vains confondent l'érudition et Yétaîage avec l'étendue du génie. » VauV. « La conversation de Lisias est un ^tola^e perpétuel de son érudition et de son éloquence. » lo. « Sages du siècle, taisez-vous; ou si, pour flatter votre orgueil, vous faites en de longs et vains discours le pompeux étalage de cette science profane dont vous êtes adorateurs , parlez tant qu'il vous plaira : ce n'est point à vous que Benoît aura recours. » Bouim. « si l'on imprime la lettre en question, il y faut ajouter des choses essentielles : cela peut tenir lieu d'un programme dont je n'aime point Vétalage, « Volt. « Un précepteur pourvoit son disciple d'un acquis de facile étalage , et qu'on puisse montrer quand on veut.... Quand il s'agit d'examiner l'enfant, on lui fait déployer sa marchandise; il réiale,on est content, puis il replie son ballot et s'en va. » J. J. « Cette brochure renferme un grand éta* lage d'érudition. » Agad.
Ostentation , selon la valeur de sa désinence , est subjectif, c'est-à-dire quMl a rapport, non pas à la chose, comme les trois mots précédents, mais à la personne ou au sujet , à son action , au sentiment qui l'anime. On fait montre, parade , étalage par ostentation. « La chair du cygne est noire et duir^, et c'est moins comme un bon mets que comme un plat de parctde qu'il était servi dans les festins chez les anciens, et par la même oifentolton chez nos ancêtres. » BuFF. c Tout devient honorable d'après de grands modèles; et souvent l^fentolton toute seule nous jette dans des excès auxquels l'inclination se refuse. » Mass. « Jamais prince ne fut plus éloigné de Vostentation et de la fausse gloire. » ID. « Le démon a inspiré aux Vaudois le même orgueil (qu'aux manichéens), la même of(en(alion de leur pauvreté prétendue apostolique. » Boss. « Il disait que dans une femme ToeCenlalton des richesses, le goût de la dépense, la prodigalité , n'avait sur l'avarice que l'avantage de répandre ce qu'on n'aurait pas su donner. > MARK. « Je n'estime pas que l'on puisse donner une idée plus juste de Vostentation, qu'en disant que c'est dans l'homme une passion de faire montre d'un bien ou des avantages qu'il n'a pas. > Labr. «Il est tout pleii^d'oetenfalion.» ACAD. — Montre, parade, étalage, tout relatifs à l'état des choses, n'expriment ni une passion, ni un vice, ni une manière d'agir, ni quoi que ce soit qui regarde les personnes.
OEUXl£M£ PARTIS :
XMT, taâPêAy SÉCÈft, FOr. Cfitsatioii àB U Tie.
Mort est le terme géAéri<|ae, le mat ordiotire , celui 4oBt ea m lert à chaque iasUnt dans quelque sorte de style que ce soit. On réplique à tout ce qui m Tie, à toue las aiwnaisx, et noa pas, comme sea trois- syaaajiaeB, à. rhemae seulement.
ffépoi, de tri om frane p«cs«r, aller tu delà, désigne k, mort comme étant ua passage, le passage de cette yie i une autre , et c'est peur cela qu'il ne convient qu'en pédant de l'homme, le seul éss animaux fui soit immortel. Boasuet appelle fftfpor la mort de 1a sainte Tierge» qui sortit bientôt dik tembeau ^rieuse; et> sttÎTant CoadiUao , ks Gaulois et les Geimains, persuadés qu'on ne quitte cette vie qu« pour passer à une meilleure» célébraient avec dee r^jouiasaiiccs le lff#as de ceui des leurs qui avaient péri en combattant. ^ Bnsuite, comme à wé^^at estprimiti- ▼eoent attaebés une idée de grandeur , la cr^Dce à une noble destinée au delà de ce monde , la poésie et l'éloquence s'en sont emparées pour exprimer une mort éclatante, glorieuse, qui inuDortalise, qui donne ea quelque faS^a une seconds vie dans la mémoire des hommes.. « Il a*appartient qu'à des lâches de se laisser consumer par la laim, et de sécher en attendant une mort douloureuse et lente. Nous qui , élevéa dans les eombaU, savons nous servir de nos armes, cberchoos un tr^^ot glorieux. » Harm. Dans les Frères eanemts de Racine, Ménécée ae dévoue à la mort peur accomplir l'otacle : la poète dit simplement qull s'est lui* même précipité à la mori, qu'il £uit un grand effort pour baîr ainsi la vie «t courir à' la mort ; et cette manière généreuse de mourir, il l'appelle un beau trépas , un illustre trépat , un héroïque trépas. Pareillement, dans le Cid de Corneille» Chimëna demande au roi la mort de Rodrigue sur un échaCaud, e^ non soa trépas dans un combat contre tes ennemis de la patne. Dans CinMk^ Emilie dit i Cinaa l
I, e'it r fam momir, en eftofta ronsin, SI par im besn tréfm c— wnss «s beatt Aease Ne crains pas qs'tpréa toi itea ici me retienne; Ts mort emportera mon. âme vecs la Itenne. Gomx. Adieu : Je vais ckeccher au milieu des combats Celte immortalité qae donne un beau trépas... ; Si toatefois après ce coup morte) du sort, yaà de la vie assez pour chercher une morf. E». Cet illuBtre irépa» ne pc«A-il ?o«s calmer? Rac. Il hii, détcepére, s*eB alU au» raimée OMBcher d'eu beau êréfmg ViUosre eeimamiAe.
Go&a..
E a'eat rieo de pina gnnd qi'nn irépm giocicmu
Voit.
J>écés, de deredere, s'en aller de, qmitter une place , la téier à un autre, représente la mort comme une ceaaion de place, de biens, de droits i d'autres. Aussi a'est-il appUcahle qu'à l'homme parmi les animaux et ne s'eraploie-t-iL bien qu'en termes de jurisprudence, d'administration» d'économie politique* Acte de d^cés , vente après décès (ACAD.); il y a eu cette année, dans Paris t plus ds naissances qnu de é^écès, (ifau). « Un test^ ment n'a de força ^o* pag te d^diadaceteui qyi
teste. » Boas. « Le roi de Danemark, Frédéric m , fut élu roi par le d^cèf de son aîné. » Bboi. Oa avait Biis ks scellés chez lui après son décès. » D'Al. Dana le Jfatede t suigtiiatre , le noCaire, M. de BonneCoi» apprend à Argaa que les dons mutuela entra- vifs supposent qu'il n*y a pomt d'eatenU des deux conjointe, « lors du décès d^ premier mourant. > Vol. « Autrefois ^ an d^cêt de chaque particulier, les évèques se fkisaiest représenter les testaments, et défendaient de donner la sépulture à ceux qui étaient morts déconfès^ » Volt. « Un édit accompagnait Je testement (de Louis XIV), et défendait de roarrir jusqu'après le décès du roi. » Kàsk.
MeM vint saisir le mari de OiiiL.^
Ayant toojoars considéré sa iBiome»
vis leslaaaent il déclare la dame
Son héritière, arrivant te déeis
De TenHuiçon* L&f.
Fta, ce qui termine, ce qui fermîne la vie, n'est ni ua mot poétique et oratoire, comme frép<u^ ni un mot pour ainsi dire technique de palais et d'éut civil » comme décès. Ce qu' îl a de particulier , c'est de présenter la mort comme un événement, comme arrivant plus ou moins tât, comme étent plus ou moins éloignée. Sentir que sa /in est prodiaine (Acad.) , qne sa fin approche (VovT.>; toucher i sa /in (In.) ; hâter h fin de quelqu'un (Volt. , Cond.]- « Charles IX, douze jours avant sa mort, sentant sa fin approcher, remit le gouvernement entre les mains de Catherine, sa mère. » Volt. — D'autre part, te pi rappelle te vie A laquelle elte met /I» , dont efie e&t le dernier acte ; eUe est , comme te rie , bonne ou mauiabe (Acio.), heureuse ou malheureuse (ln.>, paisible ou tra^que (Volt.) » funeste (In.), déplorable Cln.) , terrible (Rac).
MOT» TERME, EXPRESSKMf. S^e parlé ou écrit de te pensée.
Le »o2 se considère en. lui-même indèpendamment de la pensée, matériellemenl , comme son ou comme assemblage de lettres, comme appar tenant à telle ou telle langue, comme étent admis dans l'usage et ajant place dans le dictionnaire. U est français ou tetin^ grand ou petit, simple ou composé, primitif eu dérivé « fk^le on difficile à prononcer, déclinable ou iadédioabfe; oadit l'étymologie, Tarrangement des moir. Le Uraie , au contraire, a rapport A te pensée , et ne se considère qne par rapport à la pensée : îl est juste ou faux. Un mot dur est tel pour roreille; des termes dWs aont tels par le sens , ils sont btessants. « Il y a deux choses dans ce m»t de 0rdcs suffisante : il y a le son qui n'est que da vent, et la chose qu^l sîg^ifîe. Et ainsi quand vous êtes d'accord avec les jésuites , touchant U mo* de suffuatUs , et que vous leur êtes cantrains dans le aens, il est visible que vous leur êtes contraires touchant la substence de ce tenue, et que vous n'étss d'accord que du son. » P&sc. « Obscénite l je ne sais ce que ce mot vent dire; mais je te trouve te plus joli du monde. > Mol c Êpicure comparait tes atomes aux lettres d« l'alphabet , qui forment des mots différente , seks ]^ différente manière dont elles sont arrangées- > réa* cOa pounatt estimer fancienneté ou U
SYNONYMES JL lAOHUJDX mVERS.
>uveauté d*nm làngne par la qnanAité plus oa oins grande de moêt, » Boff. « Dt» Dich cUr ftder «oftafcq... Ah ! juste ciel, qmls motet»
BGN.
Snsaite, mot désigne quelque efaose de plus tmxnun, de plus yagne, de moins choisi, quelle chose qui termine moins bien l'étendue de dée.
Virgile est nommé là comme un auteur fonen D'un terme plus choisi que le mot qo0 todb dtics.
Moi^ lA géométrie ne délhi H pas ses ntoU primitifs , rpace , temps , irumvemmi , ete. Maisi, hors ceos- L , le reste des termes qu'elle emploie j sont teliment éclaircîs et définis qu'on n'a pas besoin de ictionnaire pour en entendre aucvn. » Pasc. Les Grecs ont quelquefois deui ou trois termes our exprimer des choses que nous ne saurions :uèTe rendre que par un seul mot. » Lass. c Le dénipotentiaife sait parier en fermer clairs et ormels; il sait encore mieux parler amtaigaaent, et user de tours ou de moir é^iro- [«es. s In. « La langue française fut portée, son» Muh XIV , au plus haut point de perfeetioa, non as en employant des termes nourreaui , iautries , nais en se servant aTec art de tous lesmati néessaires qui étaient en usage. » Toit.
L'espresmn diffère du met de môme que le. erme : elle est relatire y non pas au matériel , t>mme le mo9^ mais bien, comme le terme ^ à la iensée et à la manière de la rendrsv Seulement , ta lieu que le terme regarde la pensée logique , va le côté intelleetuel de la pensée, ïegpnssimt » rapporte à la pe'ijsée esthétique o» au o6té )oéUque de la pensée. Le ferme slguiv et Mi connaître; Yexpreseien peint et Uài seaitir. Le erme est essentiellement clair ou obscur; l'arweesioh est essentiellement noble ou basse, brtl< ante ou terne , forte ou làible. « On est scrupueux pour n'employer que des rimear riches» el on le L'est ai sur la cfcsrté des termee , ai sur ht no- )lesse des expressions, v Féh. Terme se dit pftutAt 01 matière de sciences et de lois, pattoua où il !St besoin de ^éocDeer sree vîgaeHr> éo msaurer les paroles. Expression convient surtout dans les irts" de l'imagination ; il est du ressort du beau.
S^uUeurs , expreuimi a cela do particulier qu^il 'correspond seul k un verbe, au verbe exprimer, }e là un caractère bien distinctif relativement à es synonymes. Il est subjectif, c'est-Mire^ qu'il "appelle Faction , le talent ou la faute d'un: sujet : les esprtfttons vives, hanses, beveuses, «stramgantes, impies, rechercbées.
Leur tinme amrilié de tous côtés m'orrAe;
It , tsadi» qu^a^l'ardeor die leort wywwiwi#, Je répoods d'en gesie de tète,
/e leur èsm» tout iMB cent laslédklieBS. MiMk 3n ne dit point, en parlant de quelqu'un, ses iRofs ou ses termes , ntais les mots ou les termes iont il se sert; ce ne sont pas efaoaes qui iui apj&rtiennent ou qui Tiennent de lui. Hmron dit irès-bien ses expressione. t Voa reàt dea gens qui rous dégoûtent par leurs ridicules espressiofis, et [«r rhnpropriété des termar dont ils se serrent.» Ubr.
«Homère , Platon , Virgflo, Horace ne sosi au-
dessus des awlres eut Lvatna que par leurs exprès* sions et par leurs images. » Id. « Les expressions d'un homme qui a'apprend point par cœur sont vives et pleines de mouvement. » Yàv, ~~ De plus , les mots, et les termes sont quelque chose de fait , de donné , d'admis , de fixe ; au lieu que les expressions sont quelque chose d'arbitraire et de produit par le siget. « ^'imagination ne trou- UBttt paa do terme» asseK forts , employait les eapresnoftf las plus esugérées. > Cosd. « Ce sont ici dos lois , où chaque lerme est mesuré,, et non pas. les oqnvfatofis euiréea de quelque serviteur de Dion. » Uass.
Le mot propre est! la mot usité? le terme propre est 1» terme pvéois ; l'eoprefaten propre est la plus belle et la plus- Ibrte. -^ Avec les mots propres, Sa dictiou a es la pureté ; elle a de la justesse, arec les lermer propres; avec les expirerstonr propres, k'ékocutioa. est parfaite».
U MULTITUDE, FOOIE, PWBSSE; — 2* CON- COtTRS , AVFWVSCE. Beaucoup de mon<ie.
Il y a d^abord cette différence considérable entra multitude^ foule et presse ^ d'une part, concourt et afftuence , de l'autre , que les trois premiers mots n'impliquent pas comme les dieux derniers l'idée de mouvement. Multitude, finde el presse servent à marquer qu'il se trouve beau- , coup de gens dans un endroit ; concours et af- (luence expriment que beaucoup de gens se portent d'un endroit vers un autre. La multilTsdey la foule et la presse peuvent augmenter ; le concours ,el Vafpuence peuvent croître. La multitude, la foule et la presse sont une chose; le concourt et Vaffluence sont un fait. « Pompée revint de nuit à Rome afin d'éviter le contours de la multitude, » RoLL. Quelle multitude , quefie fbule, quelle presse! c'est-à-dire que d'honmies réunis t' Quel concours, quelle affluencel c'est-à-dire quel mouvement, quelle précipitation, quel flux de personnes vers tel lieu! c Que! est co concoure de peuple que j'e vois fondre^de toutes parts en la place publique de Marseille T. .. Tout !e peuple se prosterne à terre (devant l'Mole de Jupiter); et cette multitude, aveugle tremble derant Tooivage de la main des hommes, s Boss.
1* iCu^titude , foule , presse.
La, ma«4lttttd< eal nombreuse ; la foule, confbse;. la presse y épaisse, serrée.
Jfultt'(ude,m(iUttliido, de miiZlus, en ^and nombre, se rapports uniquement à la quantité des individus. Une multituds innombrable d'ennemis f (Fiy.),. «ne multitude iniinîe de peuples (Boss.). «Ignorea-Kous-qu'une multitude de vos frères périt I oa souffre du^ besoin de ce que vous avez de trop. > • J. J. « Tout ce qu'il y avait de troupes et de I vaisseaux, en Sicile s'étant rendu à Lilybée, la vUle DO pouvait contenir tant de soldats, ni le port tant dob&timaats; et toute cette multitude avait une grande ardeur de mettre à la voile. > Roai..
Fouis féf ond an latin turl>a, trouble , tumulte , oehue. • Jo remarquo, dit Boa&uet, deux espèces de mulCttttde, une multitude confuse, une multitude tumultueuse , et une multihuie traoquiUe , ordaaaâOy où tout conspira au mêma dessa^n. c
DEUXIÈME PAHTIE '
Or la multitude confase ou tumoUtteute est proprement la foule.
Là, sar une cbarreUe nne poutre branlante Tient menaçant de loin la/oM/« qu'elle augmente... . Aussitôt cent cbetaux dans \K/hule appeléi De l'embarras qui crott ferment les défilés.
BoiL.
a On ne peut douter que des gens ainsi exercés (les Grecs] n'eussent de grands avantages sur cette foule de barbares pris indifféremment, et menés sans choix à la guerre. » Uohtisq. « Un prince pieux se démêle toujours de la foule des autres . Hrinces dans la postérité. > Uass. « Il est très- ^ngulier qu'à Borne , au milieu d'une si grande multitude , les tribuns n'ont jamais tenté de faire passer de leur chef un seul plébiscite. Qu'on Juge cependant de l'embarras que causait quelquefois la foule par ce qui arriva du temps des Gracques, où une partie des citoyens donnait son suffrage de dessus les toits. « J. J. « Les débiteurs , poursuivis jusque dans la place par leurs créanciers , y trouvent un asile assuré dans la foule. » Vbrt. c g. Gracchus fut joindre Flaccus, qui s'éuit mis à la tète de son parti : il ne trouva dans cette foule du peuple qu'une muUUude sans ordre. » In.
Preue indique une réunion d'hommes pressés les uns contre les autres , ne pouvant sans gène et même sans péril tenir ensemble dans le lieu où ils sont. « J'ai entendu la passion de Uascaron. J'avais grande envie de me jeter dans le Bourdaloue ; mais l'impossibilité m'en a ôté le goût : les laquais y étaient dès le mercredi , et la presse y éteit à mourir. • Sév. « En 1120, le peuple manquant de pain et d'argent, se précipitant en foule aux bureaux de la banque, pour échanger en monnaie des billets de dix livres , il y eut trois hommes étouffés dans la preite. > Volt. « Gourez vite chez le médecin demander une potion pour rassurer une femme qui a pensé accoucher dans la preste. • Rbgr. On a de la peine à distinguer quelqu'un dans la foule ^ Unt la confusion est grande; on a de la peine à fendre la presse, Unt les hommes y sont étroitement serrés. « J'éUis un jour dans l'antichambre du roi. J'aperçus dans la foule don Gaston de Cogollos.... Nous fendîmes la presse, et nous sortîmes du palais. » Les. — Lorsque foule se prend, non plus pour multitude tumultueuse , mais , comme presse , pour multitude compacte , il dit moins que presse. Se tirer de la presse, c'est sortir d'une position dangereuse , au lieu que se tirer de la foule , c'est seulement sortir d'embarras ou bien se distinguer, par ses talents, d'une multitude où tous les hommes sont pêle-mêle et au même niveau. La foule empêche de circuler librement; la presse comprime, opprime, étreint, met les jours en danger. Dans une traduction de la Mort de César de Shakespeare, Artémidore dit à Porcia :
Les sénatenrs, préleors, courtisans, demandeors, Font une telle /o«/«, une si grande presse. Qu'en ce passage étroit ils pourraient m'éiouffer.
Volt,
2« Concours, affluence.
Concours représente l'action simultenée de
personnes qui aceotirenf , qui se rendent vers ua même endroit. Affluante donne Pidée d'une suhe de personnes qui s'écoulent sans interruptioD ven un but, ainsi que les eaux d'une rivière.
La différence entre ces deux mots constii! donc en ce que le concours a lieu dans une occasion , accidentellement, et Vaffluence d*une mnière durable, continuellement, pendant des années.
Une foire, un spectacle « une fête attirent on grand ameours; une ville reçoit une grande affluence d'étrangers. Il se fit un grand amcoun de peuple le jour où Jésus-Christ fit soc entrée & Jérusalem (Boss.); Nineite el Bestien (deux pièces de Favart) firent une fortune prodigieuse , et pendant des années Vaffiuesue publMiue né l'épuisait pas(LaH.).
c A la porte du mc4)astère il y avait un grand concours de personnes. Que de monde l dit Lèandro Ferez. Quelle cérémonie assemble ici toa: le peuple?» Les. « Rien ne rend pins hospitalier que de n'avoir pas souvent lïesoin de TètR: c'est Vaffluence des hôtes qui détruit Vhos^talité.Bj. J.
«En un instent la nouvelle de la mort de Caton se répandit dans la ville ; et aussitôt ce fut un coficoKff incroyable, et des trois cents, et de tout le peuple d'U tique, autour de sa maison. » RoLL. « Les agréments de cette manière de vivra augmenteront Yaffltiente dans les villes. » CoMD.
HOTUBIi, RÉCIPROQUE. Ces mote s'emptoieat en parlant de deux ou plusieurs chosses , de deox ou plusieurs personnes , pour marquer entre elles une certaine correspondance ou corrélation.
Ils viennent tous deux du latin, muiuus et redprociu, qui ne paraissent pas différer par ieuis radicaux. Ce qu'il importe uniquement de considérer, c'est la particule initîaie re de rectproeias. £e signifie une seconde action, une répètUîun, un retour vers le point dedépait. Voy. !■• panie page 107.
D'abord mutuel «emble mieux conrenir quand il est question d'étet, et réciproque quand il s'agit d'action.
c II y a entre les œuvres et la foi une alliance mulueûe. » Bouan. « Les parties d'on corps ont entre elles une mutuelle correspondance. » Mal. « Dieu unit étroitement ses ouvrages les uns avec les autres pour leur muiueUe conservation. « Ir. « Il se trouve des relations muluelies entie les trois personnes divines. » Boss. « Qui a fait cette union ou société mutueUe de mon âme et de mon corps f » FéR. Suivant Descartes, Tunion de l'âme et du corps, qui n'agissent réellement pas l'un sur l'autre , « ne consiste que dans une espèce de concert et de rapport mutuel entre les pensées de l'une et les mouvements de l'antie. > FéN. , Uâl. « Il j a des esprite qui se conviennent mutuellement l'un à l'autre. > Boobd. — Maison dit des plaintes réciproque (la^af, Bovao.), des promesses réciproques {hoss.)^ des moQ?emmU réciproques (Mal.), des prétentions réciproques iFén.), une communication rée^roquê (ID.); traitement, accusation, influence réciproq^es (AcAD.). — « Un petit nombre de gens doax
ït paisibles, unis par des besoins mutuels et par me réciproque bienreillance. »J.J. « Eq morale, out est fondé sur une seule vérité de fait, sur le >esoin mutuel que les hommes ont les uns des Lutres , et sur les devoirs r^ctproçties que ce beloin leur impose. » D*Al. < A ces liens la sagesse éternelle a joint la force irrésistible des besoins nutueli et des offices réciproques. » Mabh. t Qu'est-ce que Tamour du Père et du Fils , si ce l'est la troisième personne , et le Dieu amour , le Ion commun et réciproque du Père et du Fils, leur lien, leur nœud, leur mutuelle union?» Boss. Entre Fâme et le corps il y a dépendance mutuelle et action réciproque ou r^ctproctf^ d'action.
En second lieu, si les deux mots'Se rapportent à des actions, mutuel représente une action multiple simultanée, et réciproque une alternative, une sorte de varet-vient bien distinct. R II y a entre le mari et la femme jouissance ou possession mutuelle. » Boss. , J. J. Deux personnes s'embrassent ou se donnent la main mutuellement, c'est-à-diro des deux parts à la fois , sans que l'action de l'une soit comme une réponse à celle de l'autre. « La justice et la paix se sont mutuellement baisées comme deux sœurs.» BooRD. « Les cérémonies de la religion sont des marques par lesquelles les hommes sont convenus de s'édifier mutuellement. » Fbn. « Sur le Calvaire Jésus et Marie se percent de coups mutuels. » Boss. « Quels regards mutuels entre Marie et son fils qui expire 1 » Mass. — Réciproque donne l'idée d'une action et d'une réaction bien distinctes; en sorte que les deux termes agissent évidemment l'un aussi bien gue l'autre , ou même l'un après l'autre , chacun à son tour, de son côté ou pour sa part. « Seigneur, dit Tftme pénitente , le retour sera réciproque , de vous à moi et de moi à vous. » Bourd. « Vous vous êtes engagé à Dieu, et Dieu s'est engagé à vous réciproque-ment. » In. a Ces deux amis s'apprirent r^'proquement quelques nouvelles littéraires. » Mon- TESQ. « Ces gens se sont promis de s'admirer r^ctproguement. » Libr. « L'attache devient réci-
proque. » Bouro. Estime (J. J.), bonne foi (BouRD.), convention (Montesq.), confiance (Bourd.) réciproque. «Les amitiés qui ne sont pas réciproques ne peuvent être durables. »
ACAO.
AOMàs.
Que , si cela se fait, je vous caresserai I
' AaNOLPBX.
Hé! la chose sera de ma part réciproque. Mol.
En troisième lieu , mutuel désigne une action , un sentiment, quelque chose d'initiative, spontané; et réciproque , une action, un sentiment, qui est en retour, en revanche d'un autre, action faite, sentiment voué pour rendre la pareille. L'amour, labaine, les services, les secours, les dons mutuels sont spontanés et se trouvent se correspondre sans qu'on les ait fait se correspondre. L'amour, la haine, les services, les secours, les dons sont réciproques , lorsqu'on se les rend , soit par reconnaissance , par revanche ou par un engagement quelconque. L'amour mutuel naît de lui-même de part et d'autre; l'amour réciproque est dans chacun en considération et en conséquence de ce qu'il est dans l'autre. J. J. Rousseau parle de « deux amants qu'un mutuel attachement unit et dont aucun droit ne proscrit l'engagement réciproque. > « Trois choses forment une alliance : choix mutuel, engagement réciproque, société conunune. » Bourd. Quand des époux ou des amis se font une donation mutuelle, c'est tout spontanément, de leur plein gré f sans y être obligés par aucun contrat, et non par réciprocité, par échange.
Enfin, réciproque suppose une sorte d'égalité, et j^ur ainsi dire une réaction égale à l'actio n « La peine de se quitter fut égale , et les larmes bien réciproques. » Laf. Bien réciproques, c'està-dire pour le moins égales. Des devoirs mutuels paraissent être de nature différente, et des devoirs réciproques des devoirs de même nature. Tels sont, d'une part, les devoirs mutuels du souverain et des sujets (âcad.) , ceux d'un père et d'un fib (lo.) , et, d'autre part , les devoirs réciproques de l'amitié.
NAIN; — PTGHÉE, MTRUIBOIf ; — RAGOT, NABOT. Homme de petite taille.
Nain , en latin nanus , en grec vdvoc , est le mot ordinaire, celui de tous les styles. Il s'applique à une personne d'une taille remarquablement au-dessous de la moyenne. «J'avais fait connaissance avec un petit licencié biscayen.... Il était si petit qu'on l'aurait pu prendre pour un nain. » Les.
La géante paraît une déesse aux yeux (d'un amant);
La naiià, un abrégé des merveilles des cieax. Mol. Boileau dit qu'il ne sait pas
D'an nain faire un Atlas ou d'un lâche un Hercule.
Pygmée et myrmtdon, tous deux d'origine grecque, ont désigné d'abord des peuples, et quelquefois ils conserrent encore cette significa-
tion, pygmée surtout. « C'est aux sources du Nil que les anciens envoyaient les grues combattre les pygmées , sorte de petits hommes , dit Aristote, montés sur de petits chevaux , et qui habitent des cavernes. » Buff. « On prétend qu'il existe dans les montagnes du Tucuman une race de pygmées de trente-un pouces de hauteur. » In. Devenus noms appellatifs , pyinn^e et myrmtdon ont cela de particulier, qu'ils ne s'emploient que familièrement, mais en termes de littérature^ ou au moins dans un genre où la familiarité n'a rien de populaire et de bas. Ils diffèrent l'un do l'autre de plusieurs façons.
1* Comme les Pygmées étaient des peuples fabuleux , et les Jfyrmtdofu un peuple de la Thessalie dont on exagérait seulement la petitesse,