‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 354 sur 426 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

pygmé9 se dit plutM quand il «st qveftion d'hommes imagisaireB, et mffrmiiùn en pariant dliommes réels : notre «sprit se forge des idées de pygniées (P. R.); Paracelse ftentient que les pygmées, les faunes, les satyres et les nymphes ont été engendrés par la chimie (J. 1.) ; mais à l'égard d'une personne eintante on dira: ce n*est qu'un myrmtdoft. — '2* ff^mée vient du grec KMXV-^, qui signifie eouàie , les Tygméet ayant été supposés avoir vue coodée-de hauteur. Myrmidon a été fait de t^uptnil, foutni. Par oonfiéqueaft, -myrmidon renchérit sur pvgmUe : le mffrtnid&n n'est pas seulement un tout petit homme, c>6t comme un insecte ou un Termisseau. Les LiRlpu* tiens dé Swift sont des pygm^et , si on vevt faine entendre que ce sont des êtres ftetlfe; on les appellera des myrmidons si on a égard i lewr wtrdme petitesse. D'une pettte condition s*élever & une grande fortune , c'est de jrygmée devenrr géant (5. S.) ; un médiocre vrocaA est un 'pyffmée auprès d'un grand oratevr <i>*ÂiJ). Haïs pour marquer le dernier degré de la petitesse , e'est de myrmidon qu'il Ikut se servir. « rai repris Corneille; nos auteurs sont des mymidofit en «onparaison. » Dudkff. SganareHe dit à don Qfuan dans le Festin de Pierre : « Cest bien i vous , petit "ver de terre, petit vnyf«iCAen quefimsitfli (je parte 1.U makre que J*^ dit] , c^t bien I vous à Touloir vous mêler de tourner en niUeTW ce que tous les hommes révèrent I « Vot. — 9* f^fgmée est beaucoup plus usité an propre que myrmiékm, parce qu'on a plus souvent occasion de «e figurer des hommes d'une ooudée que ides hommes gros comme des fourmis : quand vous êtes au «ommet d'une tour , les hommes qrn sont au pied vous paraissent des pygmées (Tolt.).

Jiagot éi nabot témoignent par leur terminai son seule qu'ils sont Camiliers , mais d'une familiarité commune , vulgaire* qui n'est relevée par aucun souvenir classique ; ausai se trouvent-ils rarentent dans les livres.

JLe ToçQi est eesone «m rave, datin rapum, sorte de gros navet rond, large et «pUtt; et le nabot ressemble au navet, latin nopuf , qui est court comme la rave, mais non pas , comme elle, développé dans le sens de la largeur. Le ragot joint donc U grosseur i une petite taille. « L'Allemand auprès de qui j'étais était un petit ragot , grassouillet et rond comme une boule. > Hah. iuè uabot , au contraire , est court sans -être gros : il n'est pas plus haut que ma hoUs^ ou cVulun courte^hotte, voilà tout,

RATION, PEDffJB. Les phit gmvtes «ocié«éB dans lesquelles les hommes se pvtagent.

Jfaihn vient du latin iiatJb, formé de tmset, naître , d'où dérivent anssi naiisance et nature. Peuple, latin populusy a pour racine le grec iro- Xî»ç, beaucoup, phisieurs , d'où ont été tirés d'abord noXtc, Tille, et iro^treCa, gouvernement. La nation est une société d'hommes de même race qui ont une naissance ou une origine commune , qui descendent d'un même père ; c'est oomme une grande famille. Le peuple est une multitude d'hommes rassemblés en un même lieu , qui n'ont dtxommun que le pays qu'ils habitent tous, et

les lois auxquelles Ib sont tous «asuS^^ttis; cf e«

comme une grande assemblée.

Ce qui bit la «uKieii, eammt 1» race , c*eA fa communauté de langue, de tradithms. ée culte, de coutumes , et de certaines qualités naivrdia, l'humeur, le caractère, l'esprit. Ce qui &it le peuple , oomme rassemblée , c'est la rémnon cl un même lieu et robéissance an mêmes règlements. La Grèce se composait de ptosteiirs pespUi qui se gouvernaient dhacav i sa mam'èiv. Hais cle même langage, les menues imeiiK, les mêmes sacrifices , le même cidte , tout ceSa coor tribuatt à unir ces petits ■peupiet grecs en une seule et puissante nation , et i 7 eonservçr le même esprit, les mêmes principes, le même zèle pour la liberté, et le même amour des arts eftdes sciences. » Roll.

De là -une dffllrence des fins TemBiquables. Des hommes appaitenaift à la même nmûm peuvent ne pas appartenir au même peuple, c'est-àdire peuvent se trouver placés à une grande estance les uns des autres et vfrre sons un tout autre gouvernement. Ainsi les Anglais et ks Américains des Etats-Unis sont de la même sstiDS, quoiqu'ils forment deux pevplex dilféreats. « Lorsque ces nofïoni (les Ooths et les Huns], qui s'étaient asseniblées en corps d'armée, seforeot dispersées en pruples^ elles s'affaiblirent beaucoup. » MoifrssQ. « les peuples de la Perse, êe la Tuiquie, de FArabie, de l'Egypte et détente la BaÂaiûe peuvent être regardés ammw une même noHon qui s'est extrêmement étendue, s Buvp. — Bien plus , des hommes d'une iiufùm peuvent ne faire partie d^ucnn peupte^ n'étie pas réunis en corps de peupU, mais se trouver épars, disséminés, sans habitation et sans lois communes. Tels sont les Polonais : leur natùm subsiste et subsistera tant ^aL*ÎU conserveront leur langue , leur religion , leurs traditions et leurs mœurs naiionaUti ils n'existent plie comme peuple. « Pour qu'une nation soit rassemblée en corps de peuple , il iaut un temps prodigieux. » Volt. < Le peuple^ qui n*était pas même peuple y c'est-lii-dire les nations dispersées qm n'avaient jamais fait un corps, ni d*£tat, ni de religion, s'assemblent et sont tout à coup un peuple bien-aimé. » Fen. — Au contraire, les hommes qui composent un peuple non-seulement ne sont pas sans habitation fixe et sans lois , mais encore ont la même habitation et les mêmes lois: en sorte que les peuples ^ comme on le Toit par les exemples qui Tiennent d'être cités ; sont de corps , des £tats. « Ce qui peut assurer le bonheur des peuples et des Etats. » Mass. « Un peêpie y dit Cicéron, est une certaine réuniflo d'hommes qui s'assemblent, en se soumettant aux mêmes lois , et pour leur utilité commune. >

Du reste , comme les hommes d'une même mtion, les Anglais et les Américains des £tats- Unis, par exemple, peuvent appartenir à des peuples difiTérents , ainsi les hommes d'un mèœe peuple peuvent appartenir à des nations différentes. Sous le premier empire , le peuple français comprenait bien des nations différentes; et encore aujourd'hui, limité comme il l'est, il pré> sente des éléments empruntés à diverses nations^

STOOlfnSS 1 RAMCAUX DIVERS*

iux GanUis, aox tîermiânB, -aux MTs. « Bteu a -amassé son peuple de toutes les nafion<.»Boss. i ficoutez, dit Hentor, 6 peuple» assemblis de Ant de ntktionsi » FiH.

Mais les deux mots ne jonft pas tonû"^" ^^^^ lifiTërents Fan de l'autre. Au lieu de s'^ppUiper à des hommes épars et sans lois , ou 1)ien qui habitent loin les uns des autres et obéissent i d'autres lois , le mot nation se prend souvent dans le sens particulier de peuple^ pour désigner un Stat, un corps politicpie , une société d'hommes qui trivent dans le même pays et sous les mêmes lois. Aussi dit- on également, quoique moins proprement, que des hommes TiTent en corps de nation p. J.)* X.a 'nation française» la nation an|^ûse.

Alors, la différence est, sinon tout i fait la m6me, au moins analogue. C'est par rapport à. son naturel, A ses qualités ou & ses défauts, à son génie, i ses coutumes, à ses préjugés qu'on considèore la Jntion, et ce qu'on regarde surtout dans le peuple, c'est la manière dont il est rée^. Chaque nation a ses coutumes , ses mœurs (Acad.), «t chaque peuple son gouvernement. Yottaire a feit un ouvrage intitulé. ISssai SUT les mmtrs et VesprH des nations; dans son Esprit des lois, Vontesquieu examine A dhaque instant les constitutrons des peuples. Nation est un terme ethnographique (l^o;, nation, et jçéftvf, décrire); peuple est un terme de pubticirte : on visite , on fréquente les différentes nations (âcad.) , les nations étrangères (In.), pour s'instruire de leurs usages; on compare les diverses formes de gouvernement des peupler , pour arriver i connalltre la meilleure. Va nation^ dans la bouche de tous les hommes, même des rois , signifie la société politique A laquelle f appartiens par ma naissance, par ma langue, par mon génie ; mon peuple ne peut être dit que par un toI , et désigne la société que ce roi gouverne. Les Hébreux étaient la nation juive eu égard A leurs mœurs et à leur caractère national ; ils étaient le peuple de Dieu eu égard A leur gouvernement théocratique. — Quelles sont, à consulter l'Académie, les qualités qu^on attribue uniquement à une nation f Ce sont celles qui dépeignent son naturel , son humeur, son esprit, son génie : une nation est grave ou spirituelle; elle a tels ou tels défauts. Et les qualificatioDs ordinaires des peuples les représentent relativement à ce qu'ils sont sous le rapport politique ou social principalement : un peuple pas^ tenr , agricole , navigateur , nomade , bien ou mal gouverné (1. J.); ou bien quant A ce qu'ils sont devenus ou à ce qu'ils ont fait : un peuple éclairé, corrompu , discipliné; Chaque peuple i son tour a briUé sur la terre.

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