VOET
ou bien quant au temps où ils se sont formés : un peupie ancien ou nouveau. Une nation est ^Ihqueuse , et un peveple guerrier. Deux nations ont été de tout temps jalouses l'une de Tautre , et deux peuplet sont en guerre. Deux nations incompatibles, les Français et les Anglais, par exemple , peuvent être , pour leurs intérêts et par la communauté de leurs principes de gouvernement, deux peuples aUiés. — On appelle nation
tme certaine classe d'hommes qui ont des qualités communes : « La nation des auteurs est un peu vûne et glorieuse. » Las. Peuple , dans cette acception étendu», ne rappelle que fidée primitSve de multitude. « Platon, Socrate, Anstide...; enfin, pour le dire en un mot , les Grecs ont eu un peuple de philosophes, de grands capitaines , de législateurs , d'habiles artistes. > Tqlt.
Une seconde différence , conforme à la précédente , c'est que la nation est une société plus étroite que le peuple. Les membres d'une nation n'ont pas seulement même pays et mêmes lois, mais aussi même langue , mêmes droits , même génie et mêmes mœurs; on dirait une seule race ou une seule famille. Telle est la nation française, surtout depuis sa grande révolution de 17S9. On dit bien le peuple d'Alger^ mais non pas la nation d'Alger ou algérienne. Dans les pays où les Juifs sont seulement tolérés , et non comptés comme citoyens « Us font partie du peuple sans faire partie de la nation, h en est de même des réfugiés politiques par rapport aux nafûme qui les accueillent : ils n'y entrent point comme , membres, ils ne sont pas nationaux ^ ils restent étrangers; mais ils sont compris dans le peuple, puisqu'ils résident dans le pays, qtt*ils y sont prot^ês, et , au besoin , jugés.
Une troisième différence ûent au sens étymologique de peuple. Cest que ce mot porte les idées sur les individus,; au lieu que celui de nation f tout coUectif, fait considérer comme un seul homme la société qu'il désigne. Les peupler profitent ou souffrent des alliances et des traités, et les alliances et les traités se font de nation à nation. « Un prince est véritablement roi, quand l'amour des peupZex le proclame. > Kass. « Tous portez deux nations dans votre sein, disait Dieu à Hébecca. » Boss.
Une quatrième diOérence , c'est que le mot nation^ se prenant d'une manière collective et sans Sûre songer aux individus, exprime généralement une société plus étendue que le mot peuple, qui s'emploie bien distributivement pour désigner une partie dans la nation. Ainsi, dans une même nation, on distinguera le peuple des villes et celui de la campagne. < C'est la campagne qui fait le pays, et c'est le peuple de la campagne qui fidt la nation. »!.].« Cest vous seul , grand Dieu , qui avez établi la multitude de ces peuples et des nations. » Uass. « Louis XIV réunit encore une fois sous la race auguste des Francs les peuples et les nations (le jour où il donna un roi à l'Sspagne). » Id. « Ëlevé sur cette montagne, je vois cette multitude infinie dépeupler et de nations.* Boss. c Le sénat était le recours et l'asile des rois, des peuples^ des nations.» Eoix. «Je tremble toujours qu'on ne parvienne à la fin à découvrir quelque secret qui fournisse une voie plus abrégée pour faire périr les hommes , détruire les peuples et les nations entières. > VoM- TESQ. — Peuple signifie souvent , dans la nafton , un ordre particulier , celui qui se compose de la multitude : le peuple et le sénat , un homme du peuple.
TÎATDBEL , COTSTITUTION , COMPLEXION , TEMPÉRAHERT. Ensemble des qualités bonnes
DEUXIEME PàRTIB :
ou maiiTaiMt , manière d'être propre et dûtinctive de chacun.
Naturel seul se dît proprement au moral et en parlant des qualités de Time; les trois autres se prennent au physique et stf rapportent aux * qualités du corps. Un enfant d'un bon naturel a de bonnes dispositions intellectuelles et morales, est heureusement né ; un enfant d'une bonne eontdtuHony dune bonne eomplesiofty d'un bon tempérament a un grand fonds de santé, est disposé à n'être pas malade. Comme le moral dépend en partie du physique, on dit très-bien que la eonititution , la complexion ou le tempérament influe sur le naturel (Buff.).
£d outre, naturel ne se prend qu'au moral, et constitution qu'au physique; il n'est donc pas possible de les confondre. Hais comme eomplexion et tempérament, appliqués d'abord proprement au physique, ainsi que constitution, s'emploient bien ensuite au moral, ainsi que naturel fia difficulté est de les distinguer de constitution d'abord, puis de naturel, et enfin de marquer les difiièrences qui les séparent l'un dé l'autre.
1* Cbnxttfutton , — compZeirton , tempérament.
Constitution représente plutôt le bon état extérieur et visible du corps , la conformation des membres solide et capable de résister aux fatigues, une santé robuste. « Le corps humain tire ses yéritables agréments de sa bonne constitution, » KoLL. « Sa rie unie, réglée, et le calme des passions lui ont consenré une constitution si saine et un air si frais qu'il paraît à peine avoir quarante ans. » J. J. < Les crânes des Égyptiens, plus durs que les pierres, montraient la robuste constitution qu'une nourriture frugale et de vigoureux exercices leur donnaient. » Boss. Complexion et tempérament désignent l'état de santé intérieur , celui que les médecins s'attachent & connaître et à corriger, quand il y a lieu, celui qui dépend de la nature et du mouvement des humeurs. En médecine , où ces mots sont le plus usités, on reconnaît diverses sortes de cornpUxions et de tempéraments qu'on dénomme suivant l'humeur qui y domine. Ensuite, quoique la con<(ttu(ton s'afTaîblisse avec l'âge, elle semble moins susceptible de variations et d'altérations. D'ailleurs, c'est une circonstance considérable et de grande conséquence pour l'application, que constitution, à la différence de complexion et tempérament , n'indique aucune influence morale. « La constitution de Louis XIY était si bonne qu'il fit toujours deux grands repas par jour sans altérer sa santé ; ce fut la bonté de son tempérament qui fit T égalité de son humeur.» Volt.
2' Naturel, — complexion, tempérament.
Naturel exprime les qualités du caractère, les dispositions naturelles au bien ou au mal, ou même la trempe d'esprit, les talents. Complexion et tempérament ne signifient que l'humeur , que les mouvements de la sensibilité , lesquels s'estiment par leur degré de force ou de vivacité , et non par leur rapport au bien ou au mal. Quand on est d'un naturel doux , on ne conmiet point ' de cruautés ; quand on est doux par complexion .
ou par tempérament , an n'est pas emporté , fei.
gueux , passionné. Il y a des naturels , maïs sœ pas des complexions ni des tempéraments, vertueux, vicieux, bienfaisants. De plus, les qi». lités du noIureZ sont représentées par ce iM comme innées dans l'âme et comme naturels, ce qui fait qu'on les oppose souYent aux qualile acquises par l'éducation , par Thabitade, ou asx qualités qu'on affecte. Ces mêmes qualités, désignées par comp(e«tonet par iempérawKmt, soA indiquées comme dépendant du corps ou de sang , comme on dit.
8* Complexion , tempérameni,
La synonymie est très-étroite entre ees deu mots, au physique et au moral. Les médecins doivent coimaitre la eomptexùrn ou le tempérav^nt dt leurs malades; ils reconnaisaenl plusieurs espèces de complesions ou de tempërsments. De même au moral , nous sommes end as â telle ou telle passion par compiesûm ou p>r tempérament.
Complexion, latin eomplesio , de cum pleas, plié avec , ensemble , exprime un certain asseoblage , une certaine union de tous les sptèmes et appareils organiques, remp^ramenf , de umr perare, mêler, adoucir, annonce un mélaage de choses violentes qui ont besoin de se corriger et se corrigent l'une par l'autre. Les deux mots font concevoir une proportion entre les fiéments du corps, surtout entre les parties Uqoiàes, c'est-â-dire les humeurs.
Hais tempérament donne de plus l'idée d'une certaine force ou violence ^attribuée aux éléments, et cette idée reste coname caractéristique du mélange lui-même. On dira donc piolet un lemp^amefll chaud, bouillant (Acad.), et, au contraire, une complexion bilieuse; un tempérament fort, et une complexion délicate. Avoir du temp^amenl , c'est être fort, vigoureux, c Vous alléguez la faiblesse de votre coin* p2exion , pour tous dispenser du jeûne , et vous vous livrez à des plaisirs si fatigants , qu'il n'est qu'un heureux lemp^ament qui paisse ne pas se sentir de ces désordres. » Mass. c On forme ainsi le tempérament aux mêmes choses qui le détruisent quand on l'y soumet déjà tout formé.... Un lit mollet fond et dissout le corps pour ainsi dire. De là résultent souvent la ^rre ou d'autres incommodités, et infailliblement une complexion délicate qni les nourrit toutes. > J. J. c Ne regardez pas tellement ces noirceurs comiae une suite de votre complexion mélancolique, que vous oubliiez cependant qu'il y a une main suprême et invisible qui conduit tout, et se sert du tempérament qu'il a donné à chacun, pour nous mener où il veut. » Boss.
Au moral, tempérament signifie passion en général, fougue, emportement. « Retenir les saillies du tempérament. » Mass. a La valecr n'est-elle qu'une fierté de tempérament?» la. « Les exercices violents 'où se plaisait Charles XII lui formèrent de bonne heure une constitution vigoureuse cap^le de soutenir les fatigues où le portait son tempérament. » Volt. Ao contraire, complexion marque une inciioatioD douce , une faiblesse qui ne se produit pas aa
SYNONYMES k RADICAUX DIVERS.
TB 'pêt des éclats, par des saillies : comon amoureuse, triste, gaie (Acad.). a Sui- Yous, Tamour de la retraite et du silence hez les dévots Teffet de leur éompUxion i que de leur piété. > Pasc. « L'oq a des rins et une bile que l'oa ne se connaissait ; ; l'on se Toit une autre eomplexUm. » Labs. omme d'un tempérafnent amoureux est toute ï chose qu'un homme d'une eomplexion ire ose.
.TUREL, SIMPLE, NAlP. Ces moU serrent à [fier une manière de paraître , de parler ou ire exempte de recherche. « Le due du Maine ; l'air le plus naturel ^ le plus simple^ quel- Dis le plus naïf, » $• S. « Je ne fais pas de e que les règles du raisonnement, étant les ables, ne doîTent être timpUi^ nawes^ natur. » Pasc.
lis le naturel exclut proprement Taffectation; 'mplicitéy Tart; la naïveté ^ la réflexion* i naturel exclut l'affectation, et la iimplicité . Ce qui est uolurel peut être orné , bril- , magnifique; seulement tout y est conforme réalité, et sans exagération. Ce qui est 9ie, an contraire, n'est soutenu ni par l'édat a hardiesse des figures, ni par le pathétique mouyèments ; il y règne une grande sobriété. )ur faire entendre que le crédit d'un ministre inue, Mme de Séyigné dit que son ^tot^ tt. Cette figure n*est-elle pas heureuse et sans ctationT son style n'est presque jamais ftm- , mais il est toujours naturel. » Suard. — Le urf Z est plus essentiel que la simplicité ; car iphase et Tenflure ne conyiennent jamais, au .qu'il y a des genres dans lesquels on peut et doit employer tout le coloris, toutes les risses de rélocution, toutes les fleurs du lane.
a naïveté exclut la réflexion. C'est, suivant Motte , « l'expression fidèle et non réfléchie -e qu'on sent. » Elle se trouve surtout dans la che des enfants, de cet âge qui ne réfléchit \t encore, à qui les mots échappent, qui en plus qu'il ne croit , et parfois qu'il ne fau- 't; ou bien elle4ient de l'enfant, elle est en- '.ine, badine, familière, touchante, douce,, cieuse ou risible. « Louer la gr&ce, le tour, igance de Lafootaine, les charmes naïfs de style et de son badinage. » Yauv. « La prere scène du Devin est d'une naïveté tounte. » J. J. cOn dit à une personne les choses plus dures et les plus piquantes de la mare, à ce qu'il semble , la plus douce et la plus 'm. > BooRD. c De Thou , écrivant en latin , it aux paroles de Henri lY cette naivel^famie qui en fait le charme , et qu'on ne peut trars. > YoLT. c tes grâces ne s'acquièrent tt; pour en avoir il faut être naïf. • Mortbsq. es grâces naïves de l'enfance. » Acad. < On iTt tout naïf dans un enfant qui ne s'en doute w > Sâv. c Le grand, le sublime n'est point f, et ne le peut être-, car le naïf emporte de ^ème je ne sais quoi de petit , ou de moins fé. » BouB. « Lorgnant du coin de l'œil ce i) je ne pus m'abstenir de lui faire aussi la Ire&ce , et de lui dire d'un ton piteux : Adieu,
rdti. Cette saillie de naïveté parut si plaisante , qu'on me fit rester â sou^r. » J. J.
NAYIRE, NEF. Du latm navis; vaisseau, bâti* ^ ment pour aller sur mer.
« L'usage a préféré navire â nef. » Labr. L'A« cadémie disait d'abord : € Nef n'a plus d'usage qu'en poésie où même il est vieux, et seulement au singulier. » L'édition de 1835 porte simplement : « Nef n'est plus d'usage qu'en poésie : sur sa nef vagabonde. »
Que nef^ dans le sens de nainVe, ait totalement disparu de la prose depuis plus de deux siècles, c'est une chose connue de tout le monde. Qu'il ait continué quelque temps â se dire encore en vers et dans toutes sortes de vers , c'est un autre fait non moins constant.
U (Pompée) devait mienx remplir nos vosax ef noire attente ,
Faire voir sur ses lufs U victoire flottante. Coav.
Dans la tragédie à* Achille ^ par Lafontaidfc, on Ut:
Uion, qui bornait ses vcmix à se sauver, S'est rendn l'attaquant : oett^ superbe ville Prétend brûler nos ne/s en présence d'Achille. Mais â présent est-il vrai qu'en général nef soit encore admis en poésie, comme semble l'indiquer l'expression ne/' vagabonde , qui se trouve dans une ode de J. B. Rousseau?
Cependant la n^/* vagabonde Au milieu des nymphes de l'onde Vogue d'un cours précipité. La vérité est qu'il choquerait dans la poésie sérieuse, dans un poème héroïque, dans une tragédie , et peut-être même dans une ode. Là il est vieux et désormais désusité , que ce soit ou que ce ne soit pas une perte regrettable.il ne convient plus qu'à la poésie légère ou badine , avec ou sans i'és pithète vagabonde. Ainsi Scarron et Voltaire s'en servent à propos, le premier dans YÉnéide trO' vestie^ le second dans la Pueelle. Regnard a même dit en prose dans une de ses comédies les plus libres, la Naissance d^Amadis: c Bonjour, accorte et gente Dariolette ; -quel bon vent a poussé la nef de tes appas à la rade de mon espérance f »
NÉCESSAIRE (IL EST), ON DOIT, IL FAUT. Ces mots marquent une certaine exigence, signifient qu'une chose ne peut pas ne pas se faire ou être faite.
Il est nécessaire annonce* une nécessité; on dote, un devoir. Il est nécessaire d'être sage pour être content de soi-même (Acad.) , est une remarque par laquelle on signale une exigence naturelle ou de la nature des choses; on doit être sage , est un précepte par lequel on impose , au nom de la raison ou de la conscience, une obligation à un être libre et moral. — ^ Il est nécessaire d'aimer pour vivre heureusement. » Mol. On doit aimer son prochain comme soi-même.
n faut est également propre à exprimer une nécessité et une obligation.
Quand il exprime une nécessité, sa synonymie avec il est néceuaire est assez étroite. Il en diffère cependant en ce qu'il indique un simple hesoin , c'est-à-dire une nécessité moins essentielle et moins indispensable. Il est nécessaire refient i
DGUXIËilB PARTIS
il fnU méêêtMinmmt, s H /am tovBKr... Oui.a est nécesiairt de aoaffôr pour espier nos CBStet.»
TÈM.
Quand tl faut impliqw une «l)ligatioii, c'est avec 0» dotl qu'il est fscile à eonfondre. Il s'en distingue en ce qu'il marque , non pas un deroir incrément dît, mais une obligation de conveaaBee ou d'utilité, en œ qu'il est IVzpressîon d'un conseil plmtOt qne d'un précepte. Lorsqu'on ne fait pas ce qu't7 faxU, on est imprudent, on dépliU , on échoue dans ses démarckes , tm se prépare des regrets ; lorsqif on ne Tait pas «e jqu'o» doit, on est coupable, on ^iole les règles de U psligioa, de la mtorale on de Htonncur, on se prépare des remords. « Mentor disait à TèKémaque : Il faut être teiQJouTs prêt à fdre U gnedre, paor n'dtre fmauÔM réduit an m^bear de la faire.... // ne faut s'attirer l'enTÎe de per* sonne.... On doit se sacrifier pour rendre les hommes iMOs et beursnx. » Peu. Pour révsair dans le gouvernement d'un royaume, « il fami savoir précisément quai est le IhU de U nie humaine, et quelle fin on doU se propaser en goo. versant les hommes. » Id.— Il faut hurler arec les loaps (ACAD.); «R dail rérirer les choses saintes 4ifaL.). — U est avantageux, «qpédient, à propos «a séant de faire ce qu'il faut ; c'est un loi , ime action moralement bonne ou juste, de Cure ce qu'on doit. •
MÈGRE,IIOIE. Nom donné aux Jiommes ou à la race des hommes qui sont couleur d'ébène , et la plupart originairea de certaines contrées de l'Afrique.
Les deux mots ont la même* étymologie , le latin m'fsr. Les Portugais, qui les premiers déconnveoet la cdta occidentale de r Afrique, appelérani mgn la peuple de couleur noire répandu sur la plus grande partie de cette cdte , et le pays, Nigriiiê. Aujourd'hui encore les nègrtt sont pei^ tifiulièrement les hommes qui viennent de cette contrée directement ou par leurs ancêtres-, au lies qu'on nomme noirs les nègres originaires d'une antre partie du monde, des tles qui avoisinent l'Asie , par exemple. « Les peuples anthropophages, suivant Marco Paolo, sont d'abord les habitante d'une petite tle auprès de Geylan , peuplée de notri. » Volt. « Les noirs de Manille et des autres tles Philippines ont les cheveux crépus comme les nègres d'Angola. » Bdfv. [
Ou bien les noirs y quoique peut-être Africains d'origine, sont des espèces de nègres, des nègres peu notn, très-basanés senleinent. Buffon distingue avac soin les nègres proprement dits, les noirs de la Nigritie, qui sont tous d'un noir trèspfimoé , d'avec les noirs qui habitent la partie orientale de l'Afrique, et qui ne sont pas aussi entièrement noirs. « On trouve les vrais nègres ^ c'est4-dire les plus noirs de tous les noirs, dans les terres occidentales de l'Afrique, et, au contraire^ on trouve les Cafres, c'est-à-dire des noirs moins noirs dans les terres orientales.... Les habitants des côtes orientales de l'Afrique et de rtle de Madagascar, quoique plus ou moins notrs , ne sont pas nègres..,. Les Hottentots ne sont pas de vrais nègres^ mais des hommes qui, dans la xioo des noirs, commencent à se rapprocher du
Uanc, comme las Jfwres dans \k noe lifasi commencent à s'approcher du ndîr.... I^es Pbil ne sont pas tout A bit noirs oomxne les n%m. I^s hommes blafards sont différants des hfase dessiofrMi29rss,des moin-eafres^ des basai des rouges , etc.» TcAtaire a senti la même (B Tence : « Le fleuve Zayre est bordé d'âne rsù tude innonflnable de n^es.... Bnsuite , m t:' remostez A 5ofala, A t^niloà, à Hontbasa, i I linde , vous trouvez des noirs d'une e^>èce di! rente de tMix "de la Higritie, des hlancs et ; bronzés, v
Les idées ancessdîrea de nigre se tirent de qui est particulier aux itoàr ât la Migrttie , tevr conformation, de leur natsrel, a snno de rétat aervile où ib ont été tédmls. Au tts! infime et de f usage inhom&n q[n'en ont t^ 'i Européens dans leurs colonies. Traiter com!Des nègre , faire travailler comme un s^re. « L'astei du testament du cardinal Alhèroni propose d cultiver les terres espagnoles par des ^gra, ToLT. «Sous Auguste , on regardait les Juifs d même mil qae nous Toyons les nègres ^ zmsa une espèce (fhommes înfèrieujne. » In. « Aatn fois les Hussas se TendaîenS eux-mêmes cobb les n^^pfet. > In. Mais noir est uniqneaieot reîai A la couleur. « On appelle c^tte partie de Main ht riRs-lVMre, parce qu'en aflet les noirs j soi les plus nomkreaz. » Volt, c S y aA Maàagssci une grande quantité d'hommes de coulear oliii tre ou basanée; ils proviennent iqipareDUseat è mélange des noirs et des blancs. > Borr. « G pi radt qtt'3 7 a autant de variétés dans U nce de noirs que dans ceQe des blancs.
TIET, BLAIVC, IPftOPBB. Qui nVst pas sak, qs est sans ordure , sans soniHure, sans tache.
C'est ce que signifie prècisément el simplenn net, formé du latin nittdMf,po2i, Inisant, pe Un db]et net n'est couvert on mâé d'ancone k tière étrangère qui le salisse. « Quant aux sta ches trop grandes pour on ^recteur, il fautj! laisser tomber. Cest la crasse et la rouSle de oea vie , qui se trouve toujours sur les visages et si les vaisseaux les plus nets; da sorte qu'il h^ tous les jours se purifier. > Boss. c Tenir h corps net de toute souillure. » In. « Plus on d nef, plus on doit éviter de se souiller, darsl désir d'être rangé avec ceux dont il est è:r> I qu'ils sont sans tache devant le trône de Dleo > ' Id. c Tous ces marbres sont nets et purs, ne ooltîennent point de galets ni de producùoos narines dont la figure soit apparente. » Binr.
Blanc équivaut A net, si ce n'est qu'il s'm^ exclj}sivement aux choses blanches ^ aux ànom qui sont de la couleur du lait et de la neJg?,^ linge , par exemple. Et quand net se dit auss. ^i ces mêmes choses , U les représente plutdt scas le point de vue n^atif , conune n*étaiit allêràs ou salies par rien , et blanc les fait coasidére: sous le point de vue positif, comme ajact toojours leur couleur essentielle. Une assiette «v est nettoyée, lavée, déchargée de ce qui eus dessus et la ternissait; une assiette blameke i,s. conséquence de cette exemption ou de cette purification , la couleur qu'elle doit avoir. « Se vifir de fin lin net et blanc. » Boss.
SYNONT]n:S À RADICAUX DIYEHS.
propre diffère de la même manière et de net et
\ hlanc. A ridée qui loi est •commune avec l'un
l'autre il ^oute celle d'arrangement et celle de
i« Ce qui -est jpropr^ est Qpproprié, ajusté^ dis-
isé pour.
I«e repas était ^roprv et trèft4)ien ordonné. ToKiT. A. IjL bonne nourriture ou doit joindre la pro^ rexi. Il faut que le> linge soit blanc, la Taîsselle ân écurée, les salles où Ton mange l)ala7ies (Sulièrement, et chaque chose toujours rsngée ^ place. » RoLL. On dira mieux d'une chose CKipIe qu'elle est nêtU ou blanche , et d'une dhose •icnposée qu'elle est propre : «La Tobe du che- ^^uil est toujours propre , son poil ne* et lustré ; «26 se roule jamais dans la fange. » Buff. TJne i^axnhre est netle quand tAkt a été iialayée; elle »t jnojprt quand elle a été faite, «quand tout
a été rangé , mis en ordre. — AToir les dents ettesy une chemise bien hlanche, un habillement Tè&-propre^ c'est soui^nt daaa le monde une ondition de bon accueil.
Et quant i l'idée de fin ou d'usage , propre la appose aussi évidemment: ce qui est propre st propre à , convenable pour. « Ce qui doit couper le soldat, c'est le soin de jses mmes, fin qu'elles soient toujours propret et en bon tat. » RoLX. Vous dites à une personne qif elle L*a pas les mains neXtety absolument; et, s'il 'agit de toucher à une chose qui peut fttre alie par Tattouchement, vous dites d'une malière relative : Prenez garde , vous n'avez pas les nains propres. La blanchisseuse vous rapporte olTe linge Hanc ; il ne devient propre que quand haque i^ce est raccommodée, repassée» pliée et iisposée convenablement eu égard à l'emploi [u'on en doit faire; et, lorsque vous voulez vous n servir dans telle ou telle vue , tous prenez v lOD pas du linge Manc, mais du linge propre^ *esl-à-dire propre à cela.
WOMIUSA, APPELER. Désigner une personne u une chose par un mot.
Biais ce mot est toujours un nom , un nom tropre quand on novMnt; et quand on appelle^ e peut être un qualificatif. On dit appeler quel- [u'^un par son nom (ce qui est proprement Le loinmer); on peut donc l'appeler autrement. : Comment la nommex-vous? dis-je au Biscayen. Ile se fait, dit -il, appeler madame la marquise. ^ «ES. Le roi de France, nommé Louis xn , a été ippel^ le père du peuple. Le premier empereur omain, nommé Octave , fut appelé Auguste par. a. flatterie , quand il eut usurpé la souveraineté. )n peut appeler^ et on a appelé monstre le seond empereur romain, nommé Tibère. Nommer uelqu'un philosophe , ou l'appeler philosophe , e n'est point la même diose; d'une part, c'est i mettre au rang des savants auxquels est donné i nom de philosophes, et, de l'autre, c'est le raiter de philosophe ou de sage. « Jean de Hongny , premier président du parlement de Paris , it appelé le Boulanger par le peuple reconnaismt des secours qu'il lui avait procurés dans ' ne disette. Après lui , sa famille se nomma e JBouton^er.^RouB.TJn homme, nommé Pierre, ' san, Léon, est appela par quelqu'un impie, ! ^Qorant, barbare. i
ITautre part, fiommer, comme nom, indique une désignation établie et usitée; appeler, au contraire , exprime une désignation libre et ai> bitraire. « Il y a trois signes dans le zodiaque qifon nomme ^ l'un Bélier , l'autre Taureau, l'autre Capricorne, et qu^on eût pu aussi bien appeler Eléphant, Crocodile et Bbinocéros. » P. B. « Cest assez d'entendre fiommer certaines pratiques pour en concevoir du dégoût. Eh bien, laissez le nom^ mais retenez la chose ; il importe peu, du reste, comment tous TappeUerex. « BouBU. « On a nommé le duc de Yalentinois le cardinal Yalentin, A cause de rardievéciié de Valence, en Espagne, qifil possédait : il se fit depuis appeler César, et fit mettre à ses étendards cette devise ambitieuse : Ou César ou rien. » Bosa. « Les Phéniciens donnaient à Dieu le nom à'El : c'est de là qu'ils ont nomm^ Babel , la porte de Dieu , la ville appelée par nous Babylone. » YoLT.a Ce pic, nommé palalaoa par les insulaires, est appela par les Espagnols fterrero, ou le forgeron^ à cause du grand bruit qu'il fait en frappant les arbres A coups redoublés. » Bupp.
IVONOBgTAIfT , COimUS , MALGRÉ , EN VÈm.
Ces prépositions servent à exprimer que le sujet du rapport est ou agit sans qu*il puisse en être empêché par la chose ou la personne que signifie le complément Vous faites une action nonobstant j contre^ malgré teHe chose, ou en dépit de telle chose.
Ifonobstant , non obstante , telle chose ne faisant pas obstacle , est le terme générique , celui qui désigne purement et simplement l*idée commune. N'étant pas spécial comme les autres , il a une acception plus étendue, et se dit très-bien, par exemple , en parlant de Tétat , pour marquer qu'une chose est, quoiqu'une autre soit, qui semblerait devoir fttre incompatible avec efle. « Nonobstant des qualités éminentes , nous sommes misénîbles et impuissants. » Boss. « Ces eaux, nonobstant leur fluidité, sont des masses pesantes. » Fên. « jfonobetanl ces petits liésordres pour la diction, tout est noble, vif et touchant dans les apôtres. » In. — Ce mot convient bien aussi en fait d'érénements qui ont lieu, quoique d'autres ne semblassent pas les annoncer.
Chez ces gens pour toujours il (le follet) se fût arrêté, Nonobstata ht lêgèreti A set pareils ii mAurdile. La»,
c On croît q}io^ nonobstant le bruit qui a couru que H. de Vende refusait Alby, il le prendra. 9 SÉv. « Encore que notre âme, au sortir du corps, doive être jugée en dernier ressort, il a plu à Dieu que, nonobstant ce premier arrêt, nous ayons encore ^à craindre un examen au jugement dernier. » Boès. ~ Enfin, quand il s'agit d'actions, nonobstant représente le sujet seulement oonune ne songeant pas , ne faisant pas attention, n'ayant pas égard à la chose exprimée par le complément < J^aime toigours M. le duc de Bourgogne, nondbstanU ses défauts les plue choquants. » Fin. « Larcins que les juges puniraient nonobstant cette nécessité grave, s Pasc.