DEUXIÈME PARTIE
c II fut massacré dans le temple, ftonohttant la sainteté du lieu. » Vauo. « M. de La Reynie eut ordre de brûler tous les exemplaires , nonobstant le privilège donné par surprise. » Boss. « Nous consentons qu'il soit compris dans le présent traité de paix, nonobstant les puissantes raisons que nous aurions pour l'en excepter. » Volt. c S'ils se croient, nonobstant cette considération, engagés par leur yœu d'obéissance.... » D'Al. «François I*', roi de France, nonobstant la différence de religion, envoya à Gustare, roi de Suède, l'ordre de Saint-Michel. » Vert. — A quoi il fftut ajouter encore que nonobstant se dit de moins en moins et tend à devenir un terme de pratique exclusivement.
Contre et nuUgré ont beaucoup de rapport, et diffèrent de nonobstant de la même manière. Ils s'emploient pour indiquer qu'une action est faite, non -seulement sans qu'on ait égard, mais encore en s'attaquant à ce qui est contenu dans le complément , en se rebellant contre. Agir contrs et malgré des ordres.
Contre y contrairement, en contrevenant, signifie qu'on ne se conforme point à une rè^'le , à une loi) à un usage, à une volonté; il suppose quelque chose d'idéal , au préjudice de quoi on agît. Confre des maximes, des édits, les canons de l'Église,, la coutume, la raison; conire toute raison , toute apparence ; contre l'évidence ; contre son propre intérêt, ses goûts, ses dispositions; cofOre le désir, l'intention, l'avis ou les conseils de quelqu'un. Malgré, contre le gré, MHff l'agrément, se met bien devant les noms de personnes : Malgré bu parents (Volt.). Et dans tous les cas il annonce qu'on surmonte une opposition et qu'on la rend vaine. Ce qu'il implique , ce n'est pas un obstacle idéal ou moral qu'on n'observe ^as ou qu'on viole , c'est un obsucle de fait, une résistance effective contre laquelle on lutte et qu'on détruit. Malgré les ef- ^ forts, l'opposition, les instances, les promesses, lés menaces, les protestations.
«Attenter à la liberté des citoyens eonfre la teneur des lois, et malgré toutes les protestations. » J. J. < Donner à son visage un faux lustre cofiire la volonté de Dieu, et malgré ses défenses. » Bouan. c Puisque nous voyons paraître de pareils livres, contre notre attente, et malgré nos précautions. » Boss. « Scipion avait reçu du peuple deux consulats consécutifs contre toutes les lois, et surtout malgré le sénat et les grands. » Ybrt. « C'est contre l'intention de Dieu et malgré ses secours que l'homme fait un mauvais usage de sa liberté. » Fin. « Il est plus aisé de décider contre l'avis et le conseil d'un sage ami, que d'exécuter malgré la force et la résistance d'un puissant ennemi. » Gir.
On agit contre des ordres généraux établis pour tous les hommes ou pour toute une classe d'hommes : a Se livrer , contre les ordres de Dieu , à la nonchalance. > Boss. On fait quelque chose malgré des ordres qui le défendent pour le cas présent seulement : « Si Moïse , malgré les ordres de Dieu , eût laissé tomber ses mains défaillantes. » Mass. On agit ou on croit quelque chose contre les lumières de aa conscience (In.);
on fait quelque chose malgré les remords isâ conscience (Mal.).
En deptt s'emploie, comme malgré^ ares i nom de personne pour complément. Il sîgîL; non-seulement qu'on ne craint pas de se f^r^ contre Topposition de quelqu'un et qu'on h sr truit, mais encore qu'on se soucie peu de j. faire de la peine , de lui causer du dé/rit. H sj familier. En dépit des malins (Volt.), de U a lomnie (d'Al.) ; en dépit des jaloux (Regh.). € U dépit de l'envie. » Mol. « En dipU qu'il eo aiti Id. « Ma fille sera marquise en dépit de tout k monde; et, si vous me mettez en colère^ je h ferai duchesse. > (M. à Mme Jourdain dan le Bourgeois gentilhonuné). lo.
Non, en dépit de tous voua la tréq(Dn!bere&. Faire enrager le monde est ma pfaia 9«Dde joie; Et je veux qu'i tonte heure avec eQe on vous j:^ Ce n'est pas tout encor : pour les mieiix hnw
tous.
Je ne veux point avota' d'autre hiérîtier que voss.
Moi.
c Ce colonel s'est fait aimer d'une riche tcsts qui veut l'épouser en dépit de quelques parents qui refusent d'y consentir. » Lb^. En dépit à sort (J. J.) fait considérer le sort comme un persécuteur qui se trouve nargué par ce que n:^jh nous procurons d'heureux. Sur ces vers de Cinna:
Et Je m'ose assurer qu'^» dépit de mon crime Mon sang leur serrira d'assea pore vicUme, Voltaire fait la remarque suivante : « On ne pe^ pas dire en dépit de mon crime , comme od du malgré mon crime, quel qu'ait été mon crioe. parce qu'un crime n'a point de dépit; on dit bien en dépit de ma haine , de mon 2unour, pim que les passions se pertennifient. »
Quoi qu'il en soit, je suis aUaelié fortemeot A ne démordre point de non habiUemenL Je veux une eoiffare, en défit de la mode « Sous qui toute ma lèie ait un abci commode. ¥«.
NOTIFIER, SIGNIFIER. Déclarer d'une macièic formelle , expressément.
Notifier, de nota, note, marque, empreinte. indice, d'où notus, connu, est purement intellectuel ou relatif à la connaissance des choses: la nott/lcalion les fût savoir. Sigm/ker , di signum, signe, signal , geste, mot d'ordre, consigne, ordre, commandement, est impératif (% relatif à la volonté que les choses soient laites : les signifier, c'est les intimer.
Un ambassadeur notifie son arrivée (Tolt.'. et signifie les volontés de son souverain (Rou }. Lorsque Marins eut vaincu les Teutons pns d'Aix , des courriers arrivèrent de Rome , lai isnonçant qu'il était consul pour la cinquième fois, et lui remirent les lettres qui lui natifiaift sfz élection (In.); dans une de ses déroutes, Uithridate fit signifier à ses femmes l'ordre de isGarir (ID.).
A l'égard de ce qu'on vous a notifié vous n'êtes plus dans l'ignorance ; à l'égard de ce qu'oc tcss % signifié vous n'êtes pas libre, il faut obéir.
Ce qu'on notifie, on l'annonce, on le publie, (S le promulgue, on l'explique, on en instruit les gens, c Cette loi qui tant de fois lui a été urnoo'
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
, noii/iée^ expliquée. » Bourd. « Cette révéla- 1 m'est tellement notifiée par des motifs de libîlité , qu'il serait contre le bon sens de n'en loir pas convenir. » Id. « La condamnation de de Cambrai est sans formalités , sans bref au , sans TÏennotilierk M. de Cambrai lui-même, , faute de cela^ pourrait prétendre cause d'iirance du tout. » Boss. « La loi étemelle est ifiée k tous les bommes par l'union naturelle ils ont ayec la souveraine raison , ou en tant s raisonnables. » Mal. « Le prince de Cbalais . enYoyé d'Espagne en France pour notifier au
le mariage de son petit-fils. » Harm . Dans I lois • Justinien , déclarant les bornes de son toritè , dit : « Nous sommes bien aises de ren- 9 pubUc et de notifier aux autres ce que nous
croyons pas nous être permis. » Roll.
Hais ce qu'on signifie , on Tenjoint , c'est quele chose d'arrêté, de décidé, de résolu, par pport à quoi on commande de se soumettre, le sentence, un arrêt, un décret, un exploit, 16 ordonnance. « Il faut signifier au pécheur rdre du maftre. » Bodrd. « Un ordre exprès t signifié à tous les Espagnols qui se trouyaient Rome d'en sortir sur-le-champ. » Mark. « Tarlin trouva les portes de Rome fermées , et on i signifia le décret de son exil. » Roll. « Ne raitce pas un déni de justice criant qu'aucun lissier n'osât signifier un exploit à un magistrat li occuperait une place considérable? » In, • Le remier président a une terre en Champagne; m fermier lui vint signifier l'autre jour, ou de i rabaisser considérablement , ou de rompre le lil. « SéY. « On signifie à l'empereur qull faut D'il envoie les ornements impériaux au jeune [enri. » Volt. « Charles le Chauve imagina 'engager les évêques à déclarer au roi de Gerlanie qu'il demeurait excommunié, s'il nereonçait à ses desseins sur la France. Le concile béil : il envoya des députés à Louis pour lui sinifier la sentence. » Conn.
Je sait huissier i verge , en dépit de l'envie....
Et je TOUS viens, monsieur, avec toute licence,
Signifier l'exploit de certaine ordonnance.... (M. Loyal dans le Tartufi). Mol.
NOURRIR, ALIMENTER,— SUSTENTER. En-
retenir la vie.
Nourrir^ exprime assimilation ou conversion le certaines matières eu la substance d'un corps ivant. Alimenter^ c'est fournir ces matières, aptelëes de leur nom propre des alivMnts, Qui toum'i produit le fait , la conservation de la vie ; [uî alimente fait avoir les moyens , approvisionne. »i vous novrrissex comme il faut une personne , tUe sera grasse et bien portante ; si vous Vo^tneniex comme il faut, Une lui manquera rien de M qui est nécessaire pour la nourrir. Parmi les choses naturelles, il en est, comme les fruits, lui nous nourrissent (.\cad.], qui nous font virre en s'incorporant en nous; dans la société , la :lasse des cultivateurs nous alimente (d*A.l.)i net à notre portée et sous notre main les choses )ropres à notre nourriture. En nourrissant , vous impèchez la défaillance , le dépérissement et la !Qort; en alimentant, vous empèchex le manque le subsistances, la disette. La terre nourrit de
ses fruits ceux qui la cultivent ; le commerce alimente la consommation de tous les pays par le transport et réchange des denrées.
Au figuré , même différence : ce qui nourrit produit effectivement, et de quelque manière que ce soit, l'entretien ou la conservation de la substance , de la force, de l'état ordinaire des choses ; ce qui alimente communique des matériaux ou des moyens d'entretien ou de conservation. Vous nourrisse» le feu en le faisant durer, n'importe comment; vous Yalimentex en y jetant de quoi le faire durer. La pluie nourrit les sources, les fait continuer à être, fait qu'elles ne cessent pas, qu'elles ne tarissent pas; les fleuves alimentent la mer, augmentent la masse de ses eaux. « A mesure que le globe se refroidissait, les mers des pdles, toujours aUmerUées et fournies par la chute des eaux de l'atmosphère, se répandaient plus loin. » BuFF. On nourrit la piété de bien des façons, par l'exemple, par des conseils; d'Alembert dit de Moncrif : qu'il alimentait par ses cantiques spirituels la tendre piété de la reine. On nourrit la discorde en tenant toujours les esprits en fermentation et en guerre ; on Valimente en donnant sans cesse aux esprits de nouveaux sijjets de division. Nourrir une passion dans son cœur n'emporte l'idée d'aucune matière fournie; on alimente un journal (Lab.) en lui donnant de quoi raconter ou critiquer.
Toutefois, nourrir, de ces trois verbes le plus communément usité et le plus général , se prend aussi dans le sens particulier lïalimenter : telles provinces nourrissent ou alimentent la capitale (Acad.). La différence qui vient d'être indiquée subsiste même alors. Les provinces qui nourris^ sent la capitale la font vivre : celles qui Yàtimentent y font parvenir de quoi la faire vivre ; c'est, d'une part , un service semblable à celui que rend une mère ison enfant qu'elle allaite, et, de l'autre , c'est le service d'un pourvoyeur.
Sustenter, latin sustentare^ fréquentatif de sustinere, soutenir, servir d'appui, venir au secours , indique un état de faiblesse ou de souffrance et le besoin de support. On sustente l'enfance, la vieillesse , la pauvreté, un homme épuisé de fatigue. « Cette sagesse profonde qui donne une nourriture solide aux parfaits , a daigné se tourner en lait pour sustenter les petits enfants.» Boss. c Cet auteur va peut-être mourir avant que ses deux tragédies aient eu le succès qui peut sustenter sa vieillesse. » Bbaum . « Ces honnêtes labeurs (du dimanche) sustenteraient mille pauvres. > In. c Me sentant affaibli de fatigue , je demandai un verre de vin au maître de la poste.... Ce n'est point trop boire , lui dis-je , que de se sustenter d'un verre de vin.» Volt. — D'ailleurs, sustenter signifie entretenir la vie, non pas d'une manière quelconque , et , par exemple , abondamment, mais en donnant seulement ce qu'il faut pour qu'on ne succombe pas , c'est-à-dire le strict nécessaire , la substance.
Là cependant (dans une bière et dans un caveau]
il aura ce qu'il faut Pour sustenter son corps , rien davantage , Quelque grabat , du pain pour tout potage. Lap.
— Eafin , l'action de sustenter n'a pas toujours
DEUXIÈXE PARTIS :
lieu , comme celle de nourrir, par intussaiceptioo, par Tintroduction d'aliments ou. de natiësea étrangères que lea animaux s'aaaimileBly mais d'une autre manière, de celle, en particulier, qui se trouve signalée dans ce passage de Boflon : « Edwards imagine que les pingouins passent rhiver dans des cavernes de rochers et qu'ils y restent dans nn état de torpeur, siuUntés par la graisse dont ib sont abondamment ehargés. »
NOUYSAU. NEUF, FRAIS, BÉGBMT. QÙ b'osI pas vieux , qui n'est pas depuis longtemps.
Ce q«i est neuveau vient de paraître pour la première fob ; ce qui est «euf vient d'èln lint et n'a point enoeie servi; oe qai est /Vote est nfiiea, um; ce qoi est récent vient dis se peaser tout à l'heur». On dit une mode nowaeUê , un habit nei^, un «af frais , un fait ou un eiemple rdeenf . La eheee nûwnllê n'était paa oennme ; laeheee mimw n'est pas usée ; la eheee fnUhê n'est paaaUéiia ; la ch<»e récente n'est pas anetenie»
Une invention est nouvelle, âne expression neuve. JfouvMni est plutôt théorique, «ei^ praitique : un livre, floueemi par reriginalité des pensées , est neuf pu le tour qn*on a su leur èottner. T/nn autre cété, en a la mémoire eneore toute ftcMie dTon événemeirt tout r^lcail .-« Saint lean, saisi par la mémoire encore lovte froide de tant de caresses réeentet (de Jésus- Christ), meurt de langueur au pied de la erotr. » Ross.
Plus d'une fois, un général habile s fkit avancer tout à coup, au montent décisif, de noweHJer troupes qui apportaient un courage tout neuf (HoLL.) et des forces toutes fraiches (In.), avec le désir de venger une injure r^eenfe.
Un homme nouveau dans le monde ou dans Tes affaires s'y montre pour la première fois, y fait sa première apparition, ou est le premier de son nom qui s'y fait remarquer ; un homme qui y est neuf n'en a pas l'usage ou la pratique. On dit d'un homme qu'il est fratf , quand il n'a rien perdu de sa vigueur , qu'il est bien conservé , brillant de santé. Récent ne s'applique pas aux hommes, non plus qu'aux choses , il est réservé pour ce qui se fait ou arrive '.
NUL, AUCUN. Termes d'exclasioa : pas un.
Nul, ne ullusy ne unus, pas un, pas un seul, contenant déjà par lui-même un élément négatif, nie essentiellement. Mais aucun ^ o^t^uît imui ,
4« Moderne est une qoaTiflcation moins étroite en quelque sorte : oo s'en sert en partant , non pas de ce qui est tout nouveau ou tout récent, mais de ce qai appartient seafoment anx derniers sièelee par opposition aux choses très-aneiennes oe aex efaoses de l'antiquité. « Je vote anaaft (dans les croisades) bd GasteUane; mais celui-ci n'est pas si ancien, U est moderne; il n'y a que cinq cent vinsi ans qu'il bisait aussi une très-grande figure. » Sét. « La fidbiesse de craindre tes comètes n'est pas moderne, elle a eu cours dans tous les siècles, et Tirgilo a dit qu'on ne les Yoyail Jamais impraiément. » Bcasr. « Oui , tout cela prouve que le gouvemement égyptien est beaeeeup plus ancien que les nftues. Mais ce geuvememcnt était moderne en cemMssison des peuples asiatiques, a Vow^ "^ *^
quelqu'un , est originairement affixnuUif et a i soin d'être accompagné d'une néentîon pesr^ venir synonyme de naiL Vous dites : Cela csj nuUe conséquence (Aga.d.), de luiUe ooDsidssc (Gosn.), de n^l usage (Mai., , P. R.)i mais st auatn voua êtes obligé d'ajouter une négaâa cela n'est d'ouciine conséquence , d'oaiciiee es sîdération , d'aucun, usage. — D'autre part ^ ua dea cas où aucun , conformément au mens poc tif, signifie encore quelque ou quelqu'un »£ lieu de pas im , pas un seul.
De vous Ubs «eouansl |e n'eus jbbmîs desssîa
Jfoi..
Prenons garde'qp'AMut ne nous vienne snipres die. Id.
« n y ea a d'ouoMes qui pransDt des maris sei lement pour se tim de la contraiTOe de leurs jh rc&ts. > In.
En cave on se Irsnspeite s Jmemm des vins sont eppnwvés. Ltr.
IM nie donc davantage, plu» fortemeit. Ei disantsans niU doute, sans nMe exception , t» excfaiez pJl» pontivement que si vous dites sa enciiii doute, sans cueiciie exception. Le £m itx md rapport avec l'infini (P asc.) ; les temps ei e aueirs homériques n'ont mmeem «appert aai ai^ très (VotT.) : mU, c'est-à-dire pas le moindR; oneicii, e'est4-dire pas beaucoop. Un komme oega tif, inflexibie, n'a nssi égard; nn hemme. dans telii occasion , n'a eu aucun égard. Ne faire md cas, i bien plus de rigueur que, ne faire meDun cas. iiess ne soupçonnene pas même ce dont nous n'aTos neUe idée ; nous nous représenl4>iie mal ce desl nous n'avons eucuiieidée. — Hful convient blcid dans l'ordre néceseaiie des idées, pour signifiB ce qtH doit être; et auena^ dans l'ordre oontO' gent des faits, où on rapporte ce qui a eu lia Voltaire dît à propos de la parsbeie do roi , qm. ayant invité des eonvives aux noces de son fiis, cbarga de fers celui qui était voiu sans la loh nuptiale : « Nul homme sssuièmeut ne doit a prendre U droit de mettre au cachot son vGiai: qui serait veau souper ches lai sans avoir un h^ bit de nooss oonveneUe-; et je ne connais àsjs l'histeiie «ucmi prince qui ait fiait pendra c ceurtîaao pomr un pareil sujet. »
Nul s'emploie bien seul dans un sessabsolapour personne, sans n^port à un nom eipnœ.
Nul n'anra de l'esprit, hors nous et nos sais.
Ho.
« Nul ne doit croire qu'il en sait plus que les mtresL » Volt. •Nul n'est ambitieu par laisea. ai vicieux par défaut d'esprit. » Vaut. 11 àè^ alors de la manière la plus précise et U p.» propre au style énergique des sentences, loaiversalité des hommes. Mais aucutL est teiydaii relatif : il est accompagné d'un nom on en isfpelle un qui vient d'ôtre énoncé immédiateoeat: aucun auteur , aucun soldat ; ces philosophes «^î trop abstrails, aucun n'a le talent de se iisi comprendre, je n'en approuve ouctHi. Quel i^-arbarisme» si on disait : Je n'en approuve nsi' C'est que aueiiA est seul relatif, seul pnçn a représenter on nom antécédent.
SYN0NYUE3 À EADIGAUX DIVERS.
jmbUSABCS f SOCniISSIQN. Vvam et Tautre osîstent à se co&femier à ce que.las autm reu-
WobéiMMance reganle 1& condulta, la soumitsion k sentiinenu. On obéit aux ordres de quel L'un Y c'eai-i<Ura qu'on lea exécute -, on se sou- »f à la Tolontô de quelqu'un ou & une autorité Mrt-à-dira qu'on a'y tient dévoué, ou cespectueu ment attaché. « Lea vérités qui sont propres é, ndre les hommes doux, humains, soumis aux is, ohéissanis aux souverains ^ intéressent !*£- %y et Tiennent é.videmment de Dieu.» Volt. >ssuet écrit à Vabbesse d'un couvent : « Prenez & soin particulier de vos filles qui sont à recekir : faites^leui promettre d^entrer dans un esprit I soutnùsion particulière , et de se gouverner ix la règle et Vabéissastce , et non point par les lemples. » c Cet orgueil secret poussa Adam i émanciper de Yobéissanêê due à son souverain . à son Dieu.... Il y a des loia si vénérablea que 2US ne pouvons presque nous départir de Tattaicment respectueux et de la soumission q]ii*eUes dgent de nous. » Bourd. V obéissance est rompte oa exacte ; la soumissiovk est humble , arfaite ou entière. « Les magea n'ont été grands ue pour &ixe laraltre une obéissance plus ronpte et une f oumifstan pins entière. » Bourd. ar une feinte obéissance on fait semblant d'exéater ce mii est commande; par une feinte «oulission on en impose sur ses dispositions întéleurea On peut prescrire Vobéissance , mais seu- 3inent prêcher ou persuader la soumission ; les sntiments ne se prescrivent point : « H n'y a ucune secte de religion qui ne prescrive Vobéismce et ne prêche la soumission. » Hoktssq. La volonté n'a pas nécessairement de part à obéissanu; ce mot n'exprime fua k fui matéiel , à moins qu'on n'sgoute formellement que 'est dans un esprit de soumxssiwn qu'on obéit. ■ Oieu veut que nous obéissions à l'Ëglîse avec tne entière soumission de cœur. » Bourd. « C'est )ar son obéissance héroïque, par sa parfaite soumission, aux ordres de Dieu que Varie fut élevée i la maternité divine. » In. -- « Rien de plus arc qu'un entier assujettissement de la volonté, ja'est-ce souvent que notre obéissance ? une ^b^issanee de politique, une obéissance de res- (ec:t humain , une obéissance de contrainte , une h^iuance dTiabitude, une obéissance d''artifîce.» D.. c Seigneur , je recevrai toujours tos ordres [v^ soumission y et J'y attacherai mon cœur. » 0.— Dans son Abélardy U. de Kémnsat dit d'HéoL-se : « Elle vécut, puisqu'on le voulait, paisi- Aement, saintement, elle asservit et sacrifia «ans résistance toutes ses actions & ce qjxe réclanaient d'elle le ciel et son amant; mais inconsoable et indomptée , elle obéit et ne se soumit pas , ille accepta tous ses devoirs sans en faire beaucoup de cas^ ot son ftma n'aûna jamais aea ver- ;us»»
Telle est la différence principale ; les suivantes en dérivent.
L'o&^if^ance peut être forcée. « Les animaux san» raison, qui n'ont pas été domptés, obéissent d'une Qbéissan£e Jbreée qui leur laisse toute leur férocité. » Mass. La soumission est toujours volontaire, quelque puissants que soient les motifs qui y déterminent; elle étouife toute révolte intérieure et supprime les murmures.
Obéissance exprima plutât un fait particulier , et soumission une disposition générale et constante. On connaît l'ob^iMonce d'Isaac (Mass.). « Certains maris débonnaires ne servent dans leur famille qu'à montrer l'exemple d'un silence timide et d'une parfaite soumission. > Labr. « Les Pères de l'église , après s'être efforcés de persuader aux enfants une humble et fidèle soumission , ont été les premiers aies décharger de toute obéissance » dès qull était question d'embrasser un état où leur salut devait être en danger. » Bourd.
L'oh^tjjance est moins étendue que la soumis^ sion; elle n'e^t qu'active et ne consiste jamais qu*à agir selon la volonté d'autrui. La soumission est aussi passive ; elle n'assujettit pas seulement la liberté d'agir» mais aussi les mouvements du cœur et ceux de l'esprit ou de la réflexion : elle fait souffrir avec patience , recevoir aVec résignation , certains maux; et, d'autre part, elle nous fait renoncer à nos propres lumières pour en suivre dTautres avec docilité , celles de la foi par exemple.
Enfin, Vobéissance est plutôt objective et a rapport à celui qui commande: unf conquérant range les peuples sous son obéissance. La soumission est subjective et se rapporte davantage à celui quf reçoit les ordres : des peuples conquis viennent présenter leur soumission au vainqueur.
OBLIGER, CONTRAINDRE, FORCER, VIOLEN- TER, NÉCESSITER. Tous ces verbes expriment des actions qui attaquent la liberté de quelqu'un ou y sont contraires.
Entre obliger et forcer la dîfiërence est palpable. Ce qui oblige lie , fait un devoir ; ce qui force emporte d'assaut ou comme d'assaut. On doit faire , on ne peut guère moralement se dispenser de Caire ce à quoi on est obligé; il faut qu'on fasse , il est physiquement et absolument impossible de ne point faire ce à quoi on est forcé, Vobligation restreint l'indépendance; la force détruit ou supprime la liberté. « Aristagore parcourut rionje oik il obligea tous les tyrans, par son exemple , par son crédit et peut-être aussi par la crainte d'y être ^rc^ malgré eux, à senoncer à leur autorité. » Roll. < Artaxerxe victorieux ne put obliger les dix mille à poser volontairement les armes , ni les y forcer. » Boss. «Gaston de Foix (gouverneur du Milanez) put bien forcer le clergé A célébrer, et le peuple à se taiio; mais il ne put point les Miger & avoir pour
DEUXIËHB PARTIE ;
le concile le respect que méritait un gf grand nom. > ID. « N*est-on obligé d'obéir qu'autant qu'on y est forcé, et en est-on dispensé sitôt qu'on peut faire résistance f » 1. 1. « A l'instant que le gouvernement usurpe la souveraineté , le pacte social est rompu ; et tous les simples citoyens, rentrés de droit dans leur liberté naturelle , sont forcés , mais non pas obligée d'obéir. » ID.
Conf ratftdre , du latin cofutrtngere, serrer fortement, étreindre , tient le milieu entre Miger et forcer. Ce qui oblige engage; ce qui contraint presse vivement; ce qui force décide invinciblement. Obliger annonce une influence douce ;COfifrotndre, une influence pressante; et/breer, une influence souveraine , irrésistible. La loi , la morale, la charité, le serment, une parole donnée, dblxgcni ; les considérations graves , les importunités , les obsessions , les besoins urgents , les persécutions, les poursuites judiciaires ou autres, contraignent ; la puissance ayant, ou ayant, pour ainsi dire, les armes à la main, force. Dans les Amantt jaUm% de Lesage, Angélique dit à Cléante, au moment d'accepter la main de Demis : « Souvenez-vous au moins que vous m'y obliges..., que vous m'y eonlratytMjr... , que vous m'y forces. » Contraindre dit dono plus qu'o<ger et moins que forcer, a On est étonné de voir Néron obligé par degrés de se tuer, sans aucune raison qui l'y contraigne, » Montisq. « Des élections contraintes et forcées. » Roll.
YioUnier ressemble beaucoup à forcer , comme la violence à la force. Cependant la violenee est une force emportée , brutale , qui se porte à des violences, à des sévices, à de mauvais traitements ; en sorte que violenter, mot familier, ou au moins du style commun, signifie forcer à coups de poing ou en montrant le poing, en battant ou en menaçant de battre. « Ils reviennent contre leur signature. Ils soutiennent qu'on les a violentés chez le procureur, qu'on ÏOé a battus, qu'on les a menacés de la corde s'ils ne signaient pas. » YoLT. « Voilà l'homme qui nous a violentés, qui ne nous a parlé que de cachots, qui nous a battus pour nous dépouiller de notre bien. » Id. « Pilate condamna Jésus-Chrit avec répugnance , violenté par les cris et par les menaces des Juifs.» Boss. « On leur arracha cette faute (i Luther et aux siens) , dit M. Basnage. Quoi 1 leur fit-on violence pour souscrire à cet acte f Leur fit-on voir des épées tirées? Les enferma-t-on du moins? Les menaça-t-on ? On leur promit des monastères à piller.... C'est ainsi que Luther, Bucer et Mélanchton sont violentés , selon H. Basnage. »
ID
Comment ! battre une veuve et la noUnier/ Rioir.
DOBDfZ.
Sur cette autre union quelle est donc votre attente?
MAEixns.
De me donner la mort , si l'on me vioUnie. Mol. Ça n'y fait rien, et monseigneur saura Qu'on force Acanthe i ce beau marché-li. Qu'on la maltraile et qu'on la violenta Pour épouser. Volt.
Nécessiter est peu usité et paratt ne se dire que dans le didactique, a La gr&ce efficace ne nous nécessite pas, quoiqu'elle nous fasse infaillible-
ment faire le bien. » Pisc. « Noos nppn^Ë partout (dans ce livre) que, Unrsqû^on reço^L gr&ce qui fait actuellement garder les prècepib elle ne nécessite Jamais notre libre arbitre.* Bs « Chacun croira que la saine doctiine eonsiâi. croire qu'on est nécessité à suivre toujours k^k ' grand plaisir, s Fin. < Locke était on phfloscç^ ' qui, n'établissant pas de fkuz ]»incîpe9, n*c^ point néceseité à tirer de fausset conséquenceai Lab. « On concevra facilement que ces molécdti organiques , ne pouvant plus pénétrer les partie qu'elles pénétraient auparavant, seronl Héeessh tées de prendre une autre route. • Bxtff. « Ce méprip tombait bien plus sur la constitution des divers États que sur les sujets qui les remplissent, et qui, par cette constitution même , soct nécessités à être ce qu'ils sont.» 1. 1.
OBSCOR, TÉNÉBRECX, SOUIR. Où manque la lumière , la clarté.
Une simple différence de degré sépare d'ahKd obscur de ténébreux. Ce qui est otenir est am lumière; ce qui est ténébreux est plein de ténèbres , c'est-à-dire d'une obscurité épti» (voy. Obscurité, ténèbres, nuit). «Laluneseablait vouloir honorer le soleil, en paraissast claire et illuminée par le côté qu'elle tooroaii vers lui ; tout le reste était obscur et tén^Tws.^ Boss. « Les dieux ont commandé aux étoiles et à la lune d'éclairer la nuit, qui par elle-même est obscure et ténébreuse. » Roll. < Tant de systèmes obscurs et ténébreux. » CoirD.--Au figuré. obscur signifie simplement difficils i connaiDc ou à comprendre; mais ténêjreux^ qui d'ordinaire exprime la même idée avec plus de force. ' quelquefois aussi y ajoute l'idée d'un sentimsa d'horreur pour la chose ou la personne qu'il sert à qualifier. « Le P. Tellier eût fût p^ar an coi: d'un bois. • Sa physionomie était ténébreuu , fausse , terrible* » S. S.
Du plus saint appareil la thArtÊue horreur,
tes autels, les serments, tout encbatne Séide.
De eonplols téiêéhtmx coupai^ arileans. Id.
Sombre, qui est à l'ombre ou dans Vombre , s is sens tout particulier. Il marque la privation, ose pas d'une lumière quelconque ; mais de la lamièn du jour, et de ce qui l'accompagne, de la chaleur, par exemple, ou de la joie que le soleil répand partout dans la nature. Quand ConieLlid parle de c Vobscure clarté qui tombe des étoîlés,» quand BuflTon reconnaît deux sortes de duJeur, l'une lumineuse, dont le soleil est le foyer, «e; l'autf e obscurs , dont le grand réservoir est Je globe terrestre , » sombre à la place d'oftfcsri serait impropre , parce qu'il u'est pas questicc dans ces exemples de marquer la privatise ds jour, de la lumière solaire. Hais on doit dire na bois «ombre (Feu., Volt., Buff.), Yétuûs senibre et enfumée d'un vil praticien (Lasr.!.
Non loin de ce rivage un bois sombre et tranquille
Sous des ombrages frais présente un donx asik.
Volt.
« Pour éviter la trop grande ardeur du soleil. les éléphants s'enfoncent autant qu'ils peurec: dans la proCondeur des forêts les plus soxùtres. ■ Buff. « Quand la partie septentrionale de m
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
Ceyian jouit de la douceur de l'été , la partie ^ridionaIe à son tour est plongée dans un air mbre , orageux et pluvieux. » Id.
^u figuré , obscur , indiquant primiti?ement le faut de la lumière , qui est la condition de la e et de la connaissance , se dit des choses difiles ou impossibles à distinguer, à comendre ; ténébreux , ou renchérit sur le premier >t et signifie très-obfcur, ou s'applique à ce qui t borrible, à ce qui inspire de l'effroi. Mais mme tonibre exprime au propre le manque de lumière du jour, laquelle anime et égayé la Lture , la rend toute riante , il a pour accessoire tristesse. « Il y a dans le sujet du Paradis rr<f u je ne sais quelle horreur ténébreuse , un iblime «ombre et triste, qui ne coniient pas al à l'imagination anglaise. > Volt.
Un homme obscur n'est pas intelligible ou est pas connu, il ne brille pas. Un homme ftébrevx est très-inintelligible, comme étaient èraclite (Feu.) etSpinosa (Mass.) parmi les phi • )sophes, ou il est odieux par ses noires machiatîons, par ses projets enveloppés de voiles Dpénétrables :
Artisans ténèbreax de (hmdes et de brigues. Volt. a homme «ombre est triste, chagrin, d'une umeur mélancolique , insupportable à lui-même t aux autres : sombre chagrin (Mol.) , sombre nstesse (MoRTBso.) , sombre mélancolie (Acad. , toL.) , vie sombre et retirée (Volt.), air sombre l sévère (BoiL.), humeur sonibre et incompaible (FéN.).
OBSGURGIB» OFFUSQUER. Diminuer la clarté.*
Obscurcir, rendre obscur, vient du latin ob-
curusj mot qui parait indécomposable. Offusquer
. été fait du latin ob^ devant, et de fuscus,
ombre , obscur.
V obscurcissement consiste dans une modificaion de l'objet; et l'action &'offiuquer, ,dans interposition d'un corps , qui empêche la vue e Vobjet. Ce qui obscurcit le soleil lui fkit perdre 6 son éclat; ce qui V offusque lui laisse tout son clat y mais met entre lui et nous un voile qui e nous permet plus de le bien voir. Dans le remier cas , c'est la clarté du soleil qui est dilinuée, et dans le second c'est la clarté de la ue du soleil. Une lampe venant à manquer l'huile , sa lumière se trouve obscurcie; elle est ffusquée toutes les fois qu'il y la devant un orps opaque qui s'oppose à ce qu'on la perçoive. Fne maison défectueuse sous le rapport des felêtres est par cela même (^«cureté; elle est of- \uqxtée par un bâtiment, un mur, une monagne, ou toute autre chose semblable qui la lasque sans peut-être la priver de jour.
Obscurcir appelle l'attention sur l'objet; o/vaquer fait concevoir un corps intermédiaire et st relatif à un observateur de Tobjet. « Les lusses suppositions des philosophes ont obscurci a lumière naturelle de la vérité, et offusqué la aison. » Butf. Que si, au figuré, obscurcir se rend aussi subjectivement, se dit aussi de la aison, il se distingue toujours de son synonyme n ce qu'il ne suppose point que la diminution 'intelligence est causée par quelque chose qui ache , qui voile , qui intercepte la lumière. Tout
STH. raanc-
ce qui trouble la raison , tout ce qui la paralyse ou la rend moins puissante , la peur ou la vieillesse, par exemple, V obscurcit; tout ce qui élève entre elle et la vérité des nuages , l'offusque, « Notre raison est souvent offusquée des nuages de nos passions. » Bourd. « On ne cherche que les ténèbres ; les fumées s'épaississent autour de l'esprit , et la raison en est offusquée, » Boss.
Dans le discours , une concision excessive et les omissions obscurcissent la pensée , dont elles laissent une ^rtie hors de la vue de l'esprit» « Les omissions de cet auteur obscurcissent la foi. » Boss. Trop de paroles , au contraire , offusque la pensée en créant des embarras qui s'opposent à la vue de l'esprit. « Les grandes éruditions ne font souvent que beaucoup offiuquer le raisonnement. » In.
OBSCURCIR, ÉCLIPSER, SFFAGER. C'est surpasser quelqu'un par des qualités brillantes; c'est, par son éclat, sa beauté, sa gloire, empêcher d'apercevoir l'éclat, la beauté, la gloire d'un autre ou des autres.
L'action d'obfcurct'r est la plus faible : elle se borne i faire moins paraître ce que celles &éclip' ser et ^effacer font totalement disparaître. Nous haïssons ceux qui nous éclipsent ou nous e/focentt et même ceux qui nous ob^eurm^enl. «Tout ce qui brille plus que nous nous blesse ; tout ce qui nous efface ou nous obscurcit nous trouve inexorables. » Mass. « Quintilien , en parlant de Ifénandre, ne craint pas de dire que, par l'éclat de son nom et la beauté de ses ouvrages , il a obscurci , ou plutôt effacé la gloire de tous ceux qui ont écrit dans le même genre. » Koll. « La magnificence de ce jeune prélat, le nombre de ses amis et des créatures de sa maison lui attiraient une cour qui obscurcissait en quelque manière celle du souverain. » Vert.
Éclipser et effacer diffèrent aussi*
Oa éclipse pour un moment, dans une occasion. « Si l'esprit des gens de lettoes a quelquefois le malheur à* éclipser celui de l'amateur , ils sont perdus dans son opinion, » Mark. Mais on efface pour toujours. « Cicéron efface la gloire de tous les autres orateurs romains.» Roll: On a vu s'établir entre le rossignol et d'autres oiseaux des luttes dans lesquelles il s'efforçait de les éclipser j en général il efface les autres oiseaux par ses sons moelleux et flûtes, et par la durée non interrompue de son ramage (Buff.). Telle femme , à qui il est arrivé ù! éclipser les autres dans un bal, est peut-être effacée par plusieurs dans le cours ordinaire de la vie.
Outre cela, ^cUpxer, en raison de sa signification primitive , se dit toujours de qualités éclatantes; ce sont plutôt des qualités solides que suppose effacer, « Ce qu'il y avait de plus admirable a Babylone , ce qui éclipsait tout le reste , était la fille unique du roi, nommée Formosante.... Le dernier qui parut était le roi des Scythes : la taille de ce monarque, imposante et majestueuse, effaçait celle de ses rivaux. » Volt. Un jeune homme , qui en éclipse un autre par sa parure, a quelquefois la douleur de voir cet autre Veffacer par son esprit (J. J.)
DEUXIËHE PARTIE :
OBSGDRITÉ^TÈNÈBIQBS , — NUtT.DéCattt de lumière.
Obtcurité et ténèbres diffèrent d'abord comuM Tabstrait du concret. Voibtcuriti est quelque chose dMdéal , une qualité , et on dit bien Vobtcurite des ténèbres, « Des éclairs continuels formaient un jour (dans cet orage] malgré Toft^cwrité des ténèhres, » Kbgn. « Ici commence Tœuvre des ténèbres dans lequel je suis enseveli, sans qu'il m'ait été possible d'en percer l'effrayante obscurité. » J. J. Les ténèbres sont, au contraire, Quelque chose de matériel, un objet :' Dieu sépara la lumière des ténèbres (BuFr.). IStre dans Vàbscarité^ est une expression communément usitée et qui signifie un rapport local , quelque chose de spirituel qui n'est nprésentable ni aux sens ni à l'imagination. Mais on dit, en considérant les tén&>ru comme 4U Auage , une fiimée , des Tapeurs, dissiper ou percer des ténèbres (AcAD.). Nous marchons dans V obscurité (Pasc.) , nous sommes environnés de ténèbres (J. J^).« Portons avec joie le joug de la foi , aimons ses saintes ténèbres^ adorons Dieu humblement dans cette Ténérable obscurité. 9 Boas. « Nous aimions mieux Us tendres que la lumière.... Kous nous plaisions dans Vobseurité, > In. «'Il faut que les enfants s'habituent de bonne heure aux ténèbres; autrement ils pleurent et crient sitOt quils se trourent à Vobseurité, » J. J. « Ne raisonnez pas ayec celui que vous voulez guérir de Thorrcur des ténèbres,,,. On ne voit plus avoir peur de Vobseurité quiconque est accoutumé d'y être. » In. De ces exemples il résulte que Vobseurité est comme le lieu , une sorte de contenaût , une abstraction, au lieu que les f^nébref sont des choses , une sorte de contenu, de corps ou de matière.
Ensuite , les ténèbres sont une olvcunC^ épaisse, qui a de la consistance pour ainsi dire , et de là vient que le mot de ténèbres se met volontiers après celui d'obscurité pour en augmenter la valeur. « Ces personnes recherchant Dieu ne trouvent qa'obseurité et ténèbres, sPasc. « Plutarque remarque que le bon Dieu venait d'une très^pure lumière , et le mauvais de' Y obscurité et des ténèbres. • B0S8. « Dans le profond abîme de la Trinité notre foi ne trouve que des obscurités et des tén&tres, » Boubd. « Vobseurité a, lieu, lorsqu'il, n'y a pas assez de lumière pour distinguer les objets; les ténèbres, lorsqu*on ne voit rien , parce qu'on manque tout à fait de lumière. » Cond. — Au figuré , de même : obscurité annonce simplement de la complication et de l'embarras , et ténègres une entière confusion, une espèce de chaos. KoUin dit au sujet de l'histoire des successeurs d'Alexandre : « C'est peut-être la partie de Thistoire ancienne la plus compliquée et la plus mêlée d*obscurités et d'embarras.... Je n'ai plus d'auteurs anciens qui puissent me conduire dans ces ténèbres et dans ce chaos. »
La nuit se distingue surtout, sinon uniquement > par rétendue et la durée. La nuit .de la tombe :
■Les cruels
Ont de leur trahison caché la trame impie ;
Dans la nuit de la tombe elle est enseveUe. Volt. cPlût au ciel que le nom de tous ces prétendus
héros dont on a célébré les crimes fftt enserej
I dans la nuit de l'oubli l » Butf. « Ces siècles à
^ barbarie sont ensevelis pour jamais dans une itkii
profonde. > In. « Nous avions entièrement ouhb
le soleil dans la longue nuit de notre ignorance. >
Boss. « Bacon, né dans le sein de la nuit la pài^
profonde. » D*Al. « La révolution nécessaire dô
empires a souvent des causée cachées que la «m:
des temps nous dérobe. » In. « A mesure que le
péché dégénère en habitude, la lumière de Diel
se retire , les ténèbres croissent et augmexuea:.
et arrive enfin la^mtit profonde^. Hareogiemcfi:
entier. • lUss.
Diea^'taMCl» disiipe eofln cMe e^w :
Quand sera le voile «naché Qui sur tout TmiiverB Jette u&e amit al aomhre? Jusqu'à quand seras-tu eacM? lUc.
OBgamnDt, GABUR, ACOûmiA. Sûnee^ (agissant ce qui est prescrit par ^ueUû, une n^ ou un commandement.
L'idée propre d'observer est celle d*4ine coeIi?mité à quelipie chose .qu'on observe ou qu'on agarde, qu'on a devant ou sous les yeux, et ci guide. L'idée pr^>re de gwrétr est ridée négatif* de retenue, de respect, de eiaiute de bksss, d'enfreiadEe ou de laisser échapper* Oksener te bienséances, c'est agir .-selon ce- qu'elles ^iemaadent, s'y assujettir :.lea.0arder, c'est ae dooncr de^arde de les choquer.. On oècsrae.le «isniee. quand on obéltA une loi^pii ordoun»de sectaire: on gardie le silence , quand on s'abstient eu qu'os ■e se. permet pas de parler. On ait bien ikstvm la discipline, c'est s'y plier; oane-dit pasoterver un secret , maisle^order y c'est piendre^Kvé qu'on ne le sache , avoir soin ^ ne pas le dirt.— L'idée propre d^accowplir est celle de pléiùtués ou d'achèvement. On nf ccsoaipls'r . pas les biea. séances,. le silence, ladisciplioe on- on .«eci^ ce ne^sont pas là des choses qufon eflactae , qu'c réaliseï par la. pratique , qui soient «anscepiikte d'être réduites en actes ; mais oik^ octompUt de devoirs, une loi ou un commandement, et c'cû les observer 4i'uBe manière ocoomplieoacompjcti, de tout point. ■« Souvemin législateur, Jeat- Christ voulait que toute ialoi £llt.flcsoaipttc jusques à un point, s Bonnn.
Observer la loi ou les commandements , c'est 57 accommoder» y confonner sa oonduita. Les gardar. c'est être très^attentif , veiller A ne les pei&i transgresser, A n'y point manquer, -A ne s@ point écarter. Xes nccompttr, c'est faire tout et qu'ils prescrivent sans rien omettre, commra^ tâche qu'on remplit entièrement
Vous oburotx une méthode, des ordres. 4â traditions, vous y avez égard. « En obMrewu cette méthode on est sûr de convaincre. > Pasc « On croit assez faire pourvu, qu'on • «vbsMV u ordres du .général. » Boss. -. Jénw'^.hfist «oadamne>t-4i. absolument-cette régnlarilé que disaient paraître les, pharisiens A obeerstr toats les traditions et toutes les cérémonies? Non. > Boniin. — Vous geard^ la justice , les règles de li justice, la foi conjugale, vous vous applique! s n'y porter aucune atteinte^ «.On dirait : J'atteeà que Dieu me touche pour ffOfder la fbi conjugalt.» Bouan. c dardent-ils dans le jeu la modératiîa
SYNONYMES iL RADICAUX DIVERS.
imroiAblélUli). 1^0118 devez toujours la srarder^^fetiMltofi. ^es odewff •errent à distinguer les Bfete justiee. » lo. « La justioe que tous derez ; corps; une personne aime ou craint les Menteurs.
>En disant de certaines plantes qu'elles ont de l'odeur, «teOe ou telle odeur, tous entaites
arder entre tous et vos voisins. » Fén. Garder L oeutralité (lu.) , les capitulations à regard des iinemis (In.), les bornes de la ^éiifè et delà istioe (P. R.). — Vous aeeomplistex les œuvres e la piété ou de la charité , une pénitence , tous satisfaites pleinement , tous faites jusqu'air bout e qu'elles exigent. « On n'observe pas les règles e la loi de Dieu , on-n'en aeeowplit -pasr les deoin.'^BooRn. « Quiconque aimé Dieu de bonne }i a déjà ttecompU tous les préceptes dans la isposition de son cœur. » In. < On reprochait oz maximes de Jésus-Christ quelles étaient si eu à la portée de la faiblesse humaine , qu'on ne royait pas tpie personne pAt les aceompUr. », [Ass. « Tous vos devoirs sont-ils remplis? Les oins de vos places et de vos dignités sont-ils «quittés , les œuvfes de la piété accomplies P »
On-o&ieree avec plus eu-moins de ^délité : « Il hierve les grandes choses avec quelque ^délité. »; lounn.'On ^arde inviolablement des lois (F^.),i 1 loi de Dieu (Boord.) : « Il faut que je garde iviolablement les lois de la chevalerie errante. » :ks. L'adverbe parfaitement est celui qui va lej lieux avec aeeompHr : « On n'accomplira parfai-, ement le précepte 'dei'mnoitr de Dieu que dans;
e ciel, w Mai. |
WBDR , ffiDiTEm. Ce 'que certaines choses' lous.font éprouver ou peroevàir par l'organe du: tez.
'Odwr , latin odor , est' le terme -générique et le Ins usité. liée prend au figuré conmie au propre t en mauvaise comme en bonne part. Ifourir en étwr de eatnteté; être en bonne odeur , en mau- «iseodevr. « Jusqu'à l'âge de deux ou trois ans ^eparaftpas que les enflants soient sensibles i aux bonnes 'ni aux mauvaises odeurs, -^ J. J. fai-oûî^iretiue'les sauvages avaient Todorat sut -autrement Kffecté que le nôtre , et jugeaient ïut'diflfèremment des bonnes et dés mauvaises éeurs. > In. Odeicr dégoûtante (Id.).
^snleisr, ce qu'on sent , ne s'emploie qu'au prore et désigne toujours quelque chose d'agrésd)le. .ussi se dit-il particulièrement bien des parfums, es essences , de tout oe que l'industrie de homme compose pour le plaisir de l'odorat. L'humilité est 'de la nature de ces senteurs prêteuses qui ne se conservent jamais mieux que ans un vase bien fermé. » Boued. «.11 y avait es -parfums en eaux, en essences, en poudres, I pastilles. Quand tout l'empire de Tlore , avec s deux Ârabies, et les Heux où natt le baume, iraient distillés, on n'en ferait pas un assortilent de senteurs comme celui-là. » Laf. Autre différence tout aussi importante.
L'odetir est objective : c'est quelque chose qui (t dans les objets ou qui en émane. « Les zéliyrs nous faisaient respirer un air plus doux , et nportaient une partie des odeurs des arbres et 33 fleurs. » Lss. La menteur est subjective : c'est i qui est senti par le sujet, l'impression qu'il reni. a L'effet des senteurs nous paraît par l'imcession qu'elles font sur la tête. » Boss. La
eonnattre une^propriété; en appelant certains pois des pois de senteur^ vous indiquez l'effet qu'ils produisent, non pas -sur le sens du geût comme les autres pois , mais sur celui dont le nez est l'organe. Le lièvre laisse après lui une odeitr, et c'est par la senteur de sa piste (PAn.) ou de cette odetir que les chiens le découvrent. Montaigne rapporte, d'après Plutarque, qu'il y a, dit-on, aux Indes « des hommes sans bouche, se -nourrissant de hi senteur de -certaines odsurf . » On lit dans Gil Bios : c Notre odorat fut saisi tout à coup d'une senteur agréable ; nous nous tournâmes aussitôt du.cOté de l'Orient d'où nous venait cette odeur. »
CBIL, REGidU), tnSILLJliœ, COUP DWIL. Action de la vue. Jeter les yeu»^ un regard, une œillade^ un coup d'œtZ sur quelqu'un.
Entre VmU et le regard se trouve une double différence qui demande à être indiquée d'abord.
Vail est proprement l'organe, et le regard son exercice, ou bien ce gui en .part, ce qui en émane.
Il marche sans dessein : ses^^idr mal assurés
N'osent lever au elel leurs regards égarés. Rac. Les i/0tix, quoiqu'on les dise Ôgurément jetés par une personne, ne la quittent pdint, ne sont pas considérés hors et indépendamment d'elle ; les regards, au contraire , sont comme des traits qui se détachent et peuvent .très-bien se rapporter à la personne qui les reçoit. < J'étais tenté de sortir de la ville à Fheure nlême pour me soustraire aux yiBUx du peuple, dont je. ne soutenais les re* gards qu'avec peine. » Xbs. « Nelson avait plus de douceur dans les. traits et dans le langage. Ses .ysttff surtAut, ses ^eux avaient l'éloquence de rftme. Sask^regÉiird, le.plu8:toit6haat du monde , semblait pénétrer jusqu'au fand des cœurs et lui ménager avec eux de seerètes intelligences. » Mark. < Ses yeux y pleins de .larmes, suivaient avec effroi les regards égarés du comte. » In. « J'accablai à cent, reprises le premier président de mes regards assenés :et forlongés avec persévérance. L'insulte ,.le mépris , le d^ain , le triomphe lui furent lancés de mes yeux jusqu'en ses moelles. » S. S. — D'un autre côté, le mot ceil ou yeux , pris pour le fait de porter les yeux quelque part , exprime une action fortuite , vague , involontaire , et non pasactive , énergique , attentive, comme est celle que désigne regard , c'est-à-dire action de prendre- ^ard^. Qui jette les yeux sur une personne ou une chose la voit; qui jette ses ou des regards sur elle la voit parce qu'il fait effort , ou la voit avec ardeur , en fait l'objet de ses recherches, de son étude, de sa contemplation, de sa .considération, de. ses égards. «Alors notre globe T comme ,un point de matière abandonnée , échappe iu nos. .y«tis et n'est plus un objet digne de nos regards,» Buff.vc C'est sur Alcibiade que la république a les yeux , et que taus les regards s'attachent avidement.» Lah. «Je .crois les dames de Sicile de trop bon ^oût pour être capables
nfeur est l'odeur sentie ou en tant qu'elle fait ' de jeter les- yeux sur un sujet si peu digne de