‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 359 sur 426 · ÉLISE · texte numérisé non relu

ÉLISE

Il est vrai, mais j'ai changé d'avis. a> Mol. • Voilà le sentiment de votre petite servante, et je suis assurée que bien des gens seront de mon avis. > Sév. « Que deviennent le cuivre, le verre, le fer, avalés par l'autruche? Sur cela les avis sont partagés , et chacun cite des faits à l'appui de son opinion. » Buff. « Quand ces vieillards étaient d'avis différents , ils étaient si modérés à

DEUXIËttE PAAUS^.

soutenir ce qu'ils pensaient de part et d'autre qn'on aurait cru qu'ils étaient taus d'une mèkne optnton. » Fâv.

OPINION, sentdibnt; avis: Cèi mots se prennent bien dans le sens plus partienlfirement propre à avû, dans le sens relatif; c'est-à-dire qu'ils peuvent s'employ.er toyus les trois en-parlant de gens qui jugent, confirent ou consultant.

Alors opinion eVsênUment , ea Tertu de leur terminaison aotiTe, expriment une opération, une manifestation, un déTeloppement ; au* lieu qu'avtf, a vûu, axant une terminaison passive, marque un résultat. On expose son opinion ou son sentiment; on dit soa avis. Le combat des optntons (Pàsc.) et l'opposition des smUimenU (d'Ag. , Ybrt.) font concevoir à l'esprit une lutte , un conflit, un débat tumultueux; nuûs la différence des avis (TsaT.), est une expression tout abstraite qui marque une contrariété essentielle , et non pas effective, sensible , extérienre, éclatante. Optnton et sentiment représentent na évé> nement, le travail de la délibération; et ai», une chose, la décision prise. «Cestcaqui parait par les a«t« des consulleurs auxquels, le p^pe danna.ces cinq, propositions A examiner. J'ai ces oets entre les mains.... On y. voit que leurs optmons furent partagées. > Pasc « Avant l'Arrêt , loin de défendre. le combat des xeRltmenls Ja loi le permet. Hais à peine l'jrrét eetril fermé, qu'une soumission respectueuse doit .succéder à cette contrariété d'optntofu.'.l'ovMdu pliu.graDd nombre des. magistrats, devient le sentiment de tou*^ et U. vérité adopte éternellentfU. ceiqiie la jyistice a une foia décidé. »'IX'Aa. «La magistrat consulta encore les ministrea-, qpi onspauttrent enxûDseil au. nombre, de qvinxe, tant puteuis qpe professeurs. Leucs optntonafurenipaxtagéea^ mais Vacit du plus grand nombre fiU.siitvi<, et Nicolas exécuté, s !.. J. Leejjigea ou.Les oonseil- 1ers qui vont aux optmons expliquent et motivent plus ou moins, longuement leurs manières de voir : & La compagnie fut enlevée de la belle., longue et forte optntofide d'Antinl'apftèe^tnée.» 3. S. Lea juges qui vont aux avta fbntooooattre ce. qu'ils pensent^ sans détail, en peu de mots. « Quand tous (daxis le conseil de régence) eurent dit leur avû en deux mots , je ne doutai Bhis^pm le régent n'^l&t prononcer. » S. S.

L'optmon et. le eenltment difil&rent aussL .

L'optm'on est générale : l'opinûm. de la mitjo«' rîté, de la minorité d'une assemblée (Acad.). Le sstatmenl. est particulier : le senUmenl de telle ou telle personne. Uon optmo» est celle de mon parti , ou celle qui m'est commune avec d'autres^ mon sentiment m'est exclusivement propre. Je partage une optnton déjà, admise par un plus ou moins grand nombre d'hommes; Je fais partager mon sentiment» Dans là délibération qui eut lieu dans le sénat sur les complices de Catilina, César ramena la plupart des sénateurs à son sentiment (Ve£t.). — Ensuite , l'opinion est quelque chose de purement intellectuel, A qui on ne tient que par conviction, par. attachement pour. la vérité. « Si le vertueux magistrat rè^e souvent sur lea opinions des autres juges , c'e^ par la seule évidence de sea raisons. » D'Aa. « Le roi ,,fïappéi de

la solidité de ses raisonnemanta , embnan ssa opinion. » Les. L^ lenftffieni, an contraire, et quelque chose* à' quoi on tient et qa'on. àèîeaà avec piaasion..« Le sénat s'afleembla aussit5t. Seivilius exppea la néeeasité de relâcher qpelqv chose de la sévérité des lois. Appius, tonjoun invariable dans ses premiers seniimenU, s'y op* posa constaflunent. La diversité d'aTîs fil na&s de l'aigreur entre, eux. »» Yjskt. « Philoctète et Nestor avaient déjà opiné qu'il fallait profiler d'une si heureuse occasion (offerte par un traître). Tous lea chefs, éblouis par Tutîlîté d'nne«i ûciie entreprise^ applaudissaient à ce teniimeni.»Fé3. « Les hommes embrassent avec cbaieor un faux sentiment, lorsq^ la passion lè rend vndsem* blablé« > ICiL. Les jugea vont aux opinions , et non paaaux senlimaUs .-.ils doive&t décider fraidemeât, éoarter toute i^^ventioii , ne céder A aucune impression de faveur oa de haine.

1* OBAfiE, TEKPÉrtE; --2* OUKAGAN , BOigr- RASQPE, TOIIBMENTE. AUératiôn violente da beau temiip, causant <m* pouvant causer àa désastres.

UGragp.têm^pitâ..

Orag^ eiJtemipéte sont d'un oaage trëa^firéqneel , non-seulement au pppre y mais encore aa Sfpâ,

Voragfi se distingue p^Ie oonleno^par ce quJ porte ou oe qui ensorti l'orage crève, coDme la nuée, et ourdit un orage, comme oe dit une grêle de coups; Ybrag^ ne se conçoit pas sans grêle on san» pluie, sans, quelque chose qoi tombe du. ciel, c Je ne sanrais disaimnler encore longtemps: il fautjtât ou tard.que l'oina^ crève.* J. J. « Il vint. A. propoa un orage dans le ten^ que les troupes, de lKaiD-«Anréle monruent de

soif. » VOLX.

SI Jusqu'à rapjseehir tn^pouassB teyiwiene. Je fsis.sor toi pleuvoir un ora^ de coups» Mbc Q!BBlaflv^^pt.de oongs^ vont, fondra, sur ion doe.!

Ib.

« Les habitants de la ville fool pleureur sut les Romains un ofOfte de pierrea^ de féox et de dards. » Rou. Mais la tempête se disting^e pat le bruit et letumulte; elle ne se. conçoit.paa sane les vents et une.riolente agitation de l'air; le verbe tempêter signifie faire, du. bruit .par méoontentament « Dieu, conunande. aux vents et A la tem* péte, » Fin. o IL se rembarque sane eraiata, comme ail aFaitdans ses mains les venta et les tempêtes» • BDss. « Tout ce que.j'ai pufainLpear me sauver fflûi-mâme.ded'édat.de cette ttmjiÉiu c'est de dire^iue.... » Mol. « LfJSglise battae-des flots,, agitée par la tempête, » Mjlss. « Grand Dieu, dès le.peemier jour que je voulue faire dans votre, service, le monde soulevA contre moine m!annonçait qfie dea ^natgee et.une grêle de malheurs prêta à fondre sur ma téta. JUis*votre ppèsence dissipa les vaines frayeurs qui m'aie»maient,ettout cetappaceil bruyant de tea^peten'a enCuité pour moi que le calme eula tcanquilJité. » lo. * Ce qu'on conaidèse dans V orage ^ cîest U matière et l'effet; dans la tempête , c'est la manifestation, le mouvement, le fracas. La ppintani d'un orage se. peut faire snr la toile , et rimitaetion d'une tempêta, dans une compositicm moBcale. «JéausrCbrist lAche. la. brideaux teenpêtes*

SYNONY»M k RAJHflÀOX. DIVERS.

permet, attx^ Yenfte' d'af^tor tot* oades^etde ousser leur^flâts jpa%ywftaarciel; cependant il 'est pai^ émo^. de oet . ofogt ; .au * oontnûe; . il larcbe desauraveo nae mecreifiraeei asaoniice-, t foule: aun piedi> lee flots irritiei s-Beesi «-U&' éros, dans une traçé^, dit qa'û aieesuyé une. impéu yqa*i\ a vu péris softamidansHsetorafi^.

touche', il int^ssses...^ » Voczr.. «**Le seletl oyait de toiiteevpacts , eir. se levant ^ le«realfrd^ ruel offttgfv.... Il Tît UB! jeunei noumaeen des [osen , à qui la UmpétêanU dérobé ieeoBuaeil^ Es, «Cas nuages -funeste» tevl d!uQ^ooaplaiir eut la têmpéteeét>mnae^sAU)ngp qulpréNsipite » ▼aisseaux dan» le fond de^ Ut. mer: » Bovf.

Lorsque le^amsontiagîtéeppv la tempêté^ lé^ ère comme le rent, la frégate e'étèvejnsquf eux ues, et ya cberefaerle calme eut s''élaoQfmt au<» 68SU8 des oragm: »^Id. ««L'aigle^ en. a'élseanl; a*des8ns des muges, peut, pnsser teot^àr coup e Vofoge danr le. oafane , jonirtl*JUB< del<eBiein»et . 'uneliunière pure\ tandis que^e^antns anisMiix. ont battus de la tempête^. «'In. « X'aurals'^ dans at endroit det neo séo&t , \mm oamsioQt.de« tous) lira une desoriptioa dettemfrffa, .détpendle Vtio Mit en feu, de faire gnBileffTlavfoBérei,.siflier se rent», souléTet'les fkrts^ stiflHtMtt^inab lais^ BSt à: partt.toiites»oeii«^fleiii* dé riiétaiâqu», je 0D8 dinn que^r^migie fot> nolènlteljmui diiige» e relftcher à la-poiiite'de'rilea)e<GStesta& vLas;.

Les-ofo^es oDt lieupurtout; onapprtlefonllûai ement tsmfi^tet lefroropse de ner^.paBceqna- «QX- ci nuisent, xran par les otiôses'quMIs! lanoest» l^enhaut, mais par rimpétnesitè: dur yent^. par 'agitation désordonnée de Psr, à laquelle s^jeute efiedes flots. « Saint Anigostin? dit que laiteive^ staigitéeparles guems oomme la merlM par es isnspirer. Bv effM, le'genre'humin a ses or cpr»; tels sont 1er tristes • jours oè^m>ue royotis me le ciel semble couTert de tOus'o6tés. » Pén. i Les ora^rsi qoi agiteoT l'air Isj^ puriâmt) les gmpêîu qui ébranlent et 'renTereenv-Iar mer; lui 9m jetorles corps morU^svritfriTaget »^Bo0»«

Les orosfsf sont^rn générul mains oonsidén^les ne les têmpitn, Bes* orosvr etr 1er tBfHpéîês.

Dans un tempe'd'oni§FS»erd»fèfN|^<ik v HAss. , [VLi. a Sur la c6te de Malabar, l^s'pluieB, les ra^es , les tèmpétm rendMil^rairatMi IhridiqTi'iL eut l'étre^^dans ce cUmat. v B^pv^i « Ott* selâisse lier mollement au. coQrrde'(79 flënyo' dv Babyme; msÉs* les oro^'et les tmipitM m'tSrdent' as de s^y éleyer: *- Mksr. «Cb» moutagosi scnf attues de roro^e et des fsmp^ierdltmr lemv par^ es basse», pendant'qn^u sommet etléejouîsaem \m beau soleil et drlvsérénilérparftdter; » Boss.

Ini âgnrts orauBiie*aaprtypiv, r/iTo|)Feeet^ idus' 5tit que la tempête. « Doctrine établie nr lai terre» qui enipècfae^lefr-oMiyM? etf le»ts«>p«er; » oss. « D'où sont psrtis œsi fléaux^ 'oail auraient a se former ces omget er ces* tempêta:, si ce est sur les autels mêmes? > Mass. « Les orages t les tempféies dès intérêts humainrviiennent se riser vainement contre la Ibrmeté de cemagisat. »> D'Ag. < Autrefois les souverains tenaient iix-mêmes leur parlement* Ils descendaient du ône pour monter 'sur letribnuiis et se partaeant entre le. bien. pniiUeel.le.' aeposideeiiiavti-

calisrsy après avoir calmé, ces. grandes tempête. qui troublent les régions supérieures de rStat, il» Tooaie&t dissiper oes petits orogsr qui s'élèvent quelquefois danslee inférieures. » FLÉCH.^D'au* tre pant , orage se dit de ce qui peut tomber sur etaeoabler, oomme la pluie et la^ grêle , des disgrAœss des sAcidents, des réprimandes. « Loinque mon père apprendra* les choses, je vais voir foadresur'moi un orage soudain d'impétueuses: réprinaBdes. » Sol. Tempête convient en pariam des^peEsécotioDa^ o%st-è-dire de ce qui vient dr côté- et pousar.à laîOMnièro du vent, de ce que tend à-resvesser. «Bt que fera pour résister à de si violents .effortr(soulèvementa des souverains)^ et tpeur . sooten br de si afi^uses tempêter , uiNnps*» tit^treupa deg8ns>(Jésus-Gbrist et ses dsseiples)livrés coiHne» des vietimee au pouvoir de leun pearsétutenmt^i'BOTrRD. Oa se*met.proprement4 cowverfrde: Yorag^:, et A Tabri' àP. la tempêtêi.

2P * (htragan^, bowrrasque , tourmente, .

Vmuragtm eet:uoe< ftmeuse tempête, danr>la<^ queliedeaivuBtB opposésïcombattent.lea uns omfe» tre les autres et forment des tourbillons».* Il:7^» d'aatses SBffèosrdfl^feMiii^tss que rxm appelie des onmyws^ qui senti enoore plus violentes cpia ceileerct, et dans leeqneUee les veirtsr ssmiiltot veBir:dettmm>les*oM6e^ ils ont un muu»eiisBiit de^ tousooiemsnt' et dei tourbilloa siMpieV rien:, ne peut, rérister; »«BoTFb « Les owragumê n» sanl: quardestouidnlloneoa toumoiemeoteidrairprD»d«its: par desiventsscoBlniie». 9>'Iik «r Les oiira^ gemw sont lei fléau des Antillestet^eiMadagsscss; où ils agissent avec tant de fbrear» gullstenlèvenr qiieU[uefoiale8 asâma , le» pUuitss'^ les»aninsnx , avec toute la terre cultivée ; ils font remonta eti tarirrl(Be>rivières, ils' en produisent doïnonv^ss ,• ils renversent les montagnes et les rochers, ils fODt des trams et des gouSres dans là* terre. ^ In*. « I.O'typhDn.a'est paa unûpiement produit pariiez tounioiemeiit des vents, comme l'otira^efii » In. « On voit souvent , lorsque le» v«ots sont vii»> lezfts et eonttairoa, les oura^anr élever des^tovc^ billooe de sable, déterre, et souvent ils enlèvent et transportent dans ou tourbillon les maisons^ lee srbres, les animaux. »- In. «Des ouraganr m'ont amché le fruit de douze ans de travaux et tmo asser longue msiadie voulsit m^emporter dans le pays où il n'y a point d'ouragans et cû Ton n» sent pas le moindre ^nt coulis.- v Volt. irll'y evt, lejoardS'la.ChBndeieQr, un ouri^gw si'lUrieucc, que pemenne ne se souvient de-riso: qui eAt^approobéd^uav tellrvioleoee.... Lebant de l'élis» de* Saint^Louis tomim ; beaucou{r • dv gsBst y^ furent tuéS' ou blessésu.. Cet ouragan^ w étéirépoqu» du déiangsmentdss' saisons et de U. fréquence des grands vents en toutes^ « 9;. S; « Vàrlà.lSKVeBt, Irtcruibillon, l'ovro^n , les»dttibles déchaînés <pii veulent emporter votre cfaftiteau* vSAv;.

La.Mwrrat^rue'0t la ftmrmenferont des tempè^ tes^qui'UB se produisent que sur mer, et ofaacuiw a son oarafttèie propret

Lsî bourmt^fiie est subite et de peu do durer; G!est, en d'autres termes, un coup de vent. Une }m»mu^u9 imprévue (Mol.), inopinée (Scaru.). e II swint une bottrrosqv». » Les. La fou^

DEUXIËME PARTIS :

mente est une Umpête spontanée, oa considérée uniquement par rapport à la mer qu'elle tourmente y qu'elle agite, qu'elle met en confusion, c Les volcans anciennement nbmer^ée, avec les contrées qui les portaient, excitent sous les eaux des tempêtes si terribles, que dans une de ces (ourmenlex arrivées auxAçores, le suif des sondes se fondait par la chaleur du fond de U mer. » Bufv. « On dit que la mer est courroucée , pour dire qu'elle est fort agitée, et qu'il j a une grande tourmente. > Vàuo. « Cette mer sans cesse battue par la tourmente^ c'est la vie. » IUrm. « La tourmente annonce que la mer a conçu les vents dans son sein. » lo. » Au figuré , bourrasque veut dire un accès d'humeur, c Je n'ai jamais été follement prodigue, que par bourrasque, » J. J. Bt tourmente désigne une agiution interne , une sorte de fermentation, c Dans tous les lieux où le peuple a coutume de s'assembler les jours de fête, la fermentation fut extrême. Le Palais-Royal était rempli d'une foule agitée, comme les Ûots de la mer le sont dans la tourmente» » Mark.

<AGOEIL, SUPERBE, AMODH-PROPIE , MOR* GUE. Opinion trop avantageuse de soi-même.

L'Académie définit ainsi tous ces mots et ne parait mettre entre eux aucune différence bien nette. Cependant chacun d'eux a une nuance particulière qui doit empêcher de le confondre, nonseulement avec ses synonymes indiqués ici, mais encore avec tous ceux qu'on pourrait lui comparer, comme préeomption, vanité, suf/itonee^ etc. (voy. l'article fuivant).

Orgueil est le terme général, commun, de tous les styles.

Auprès d'elle est VOrgasU qui se platt et s'idmire.

Volt.

Le mot orgMl a toutefois son idée propre. Le primitif, quel qu'il soit, d'où il dérive, doit signifier l'enflure ; car il y a le plus grand rapport entre l'enflure et Vor^ueil. S^enfter est synonyme de ^enorgueillir; on dit bien enflé, gonflé ^ bouffl dCorgueil, et dans ces façons de parler on ne saurait substituer à orgueil aucun de ses synonymes. « Vorgueil est une enflure du cœur par laquelle l'homme s'étend et se grossit en quelque sorte en lui-même, et rehausse son idée par celle de force, de grandeur et d'excellence. » Nie. c L'oryvet ienfle U bonne opinion qu'on a de soi. • Karm . Il fait que nous sommes pleins de nousmêmes, pleins de l'idée et du sentiment de nos qualités , de nos perfections , au point d'en être oomme enflés, au point même de ne pouvoir nous contenir et de crever : on crève à*orgueil (Acàd.). Cette double image caractérise suffisamment Yorgueih

Superbe^ substantif, ne diffère pas essentiellement à* orgueil: c'est la traduction exacte, et, pour ainsi dire , le calque de superbia, nom de l'orgueil en latin. Autrefois on l'employait communément , quoiqu'il eût été condamné par Vaugelas, et on le trouve encore à la place d'orgueil dans Corneille et dans Pascal. A présent, il n'est guère usité que dans une des parties de notre langue qui se sont le plus lentement affranchies du latin, c'est-à-dire dans le langage de la dévo-

tion. Et encore li même , c^est presque loujcos un archaïsme, ou un terme dont on se seTtpr dérision. « On est obligé, chezles chrèliens.de croire les contradictions pour humilier la mperie de l'esprit. » YoLT. « Les jésuitea étaient si orgueilleux qulls ne voulaient pas qu'on blloâi leur orgueil. D'où leur venait ce. péché de la »perbe?» lo. « Toujours de V orgueil, notre firèR* toiqours de la euperbe! ne vous corrtgefez-voQ! jamais T * In. — Cependant , le mot sv^Herbe était I tout latin pourrait être conservé pour représenter VorgueU au suprême degré, et par exemple, celui d'un souverain absola, tel que Louis X/Y on Grégoire Vn. C'est le sens que lui donne Saint- Simon. « M. du Haine et son parti connaissûent jusqu'à quelle faiblesse la tendresee et la svperbe du roi l'avaient jeté pour ses bitaida.... On sentin jusqu'à quel point Mme la duchesse d*Orléans était possédée du démon de la b&tardise, et que la euperbe , poussée jusqu'au fanatisme , était devenue sa suprême divinité.... Rien ne blesse tant la superbe des rois que.... La ««perte de la prétendue infkillibilité du pape rempêcherait 1fl> jours de souffrir que d'antres attentassent à inteipréter ses condamnations. » « J'ai pris cas jours-ci votre édition des XëmoireS de Grammont; j'ai relu l'épltre dédicatoîre , elle m*a fait monter la superbe à la tête. * DnnuFr. On ^mt très-bien aussi la superbe épiscopale.

L'asiour-propre est une passion, et même, à vrai dire , la source de toutes les passions. Aussi en garde-t-il les oaractères lorsqu'il est pris du» le sens de YorgueU et qu'il lui ressemble k plus. C'est un or0ttet7 sensible, irritable, susceptible, qui fait qu'on s'offisnse aisément. « Il m'écrivit une lettre; je ne daignai pas y répondre. Il sentit le dédain caché sous ce silence; son amaur-propre en fut blessé vivement. » J. J. « Dieu prend plaisir à punir notre orpuetZ par notre orgueil lui-même, en se servant de notre amour-propre pour nous faire souffrir, quand, par un excès de délicatesse et de sensibilité dont notre orgueil est le principe , nous ne voulons rien souffrir. » BooRO. « Notre omour^opre souffre plus impatiemment la condamnation de nos goûts que de nos opinions. * Laeoch. « Méoa^r l'asiour-propre de quelqu'un. » ICass. — D'autre part, c'est un orgueil aveugle qui nous jette dans des illosions sur ce qui nous r^arde , et qui , par suite, nous rend ridicules aux yeux des autres. « L'amour-propre est fertile en illusions. • J. /. c L*a* mour^propre nous aveugle d'ordinaire.... C'est le plus grand des flatteurs. • Larocb. « Ta amour-propre aveugle, s Roll. « La conversation tomba sur les effets ridicules de l'oaiovrpropre. • Lis.

Lt mouche et la foonni contestaient de leur prix : O Japller, dit la première ,

Fsttl^ que Vamtmfpropre aveugle les etpril^ !

Ur.

Elle STsit souhaité d'apprendre quelque frail. Qui lui flt voir, enire tufre chose ,

Vamomt-proprë donnant du ridicule aux gens.

Son esprit (de Tartofe) est rasé.

Et pentrêtre à surprendre il sera malaisé.

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

bl3

Tlon; on est aisément dupé par ce qu'on aime» Et Vamour^propre engage i se tromper soi-même.

Mol.

Morgue signifie Vorgueil de la contenance . ceui qui consiste à prendre un air grave , austère , imposant , même menaçant , afin d'inspirer le respect ou la crainte, ou bien le respect et la crainte. « La morgue des grands. » Labr. T'ai-je tracé la Tîeille i morgue dominante, Qui veut, Yingt ans encore après le sacrement, exiger d'an mari les respects d'an amant. Boil.

« La morgue présidentale. » S. S. « La morgue de la dignité de la grand'chambre. » In. « Le but de toutes les fantaisies des femmes est de désorienter un peu la mor^^ue masculine. > J. J. « Je m'attendais que Grimm me receyrait les bras ou-* verts. Il me reçut en empereur romain , avec une rtxorgue que je n*avais jamais yub à personne. » Id. c En enseignant les jeunes filles , point d'air f&ché , point de mordue. » In. « La bourgeoisie de Genève leur deriendrait encore si respectable qu'avec leur morgue ils trembleraient devant elle. » In.

Et notre phUosoplie enfin s'est décelé , H a repris sa morgue et son hameur austère. Dsst. « Ces grands seigneurs ne se f(mt respecter qu'à force de morgue. » Volt. « Jamais on ne vit tant de grandeur et si peu de mordue (que dans le roi de Prusse).» In. < L'abbé de Saint-Pierre ne blâmait nullement l'air sérieux de Louis XIY , que d'autres appelaient morgtie royale. > D'Al. c Le grand inquisiteur, assis dans un fauteuil, au bout d'une longue table , tenait sa mordue. » Les. c Ces commis des bureaux, voulant qu'on eût autant de respect pour eux que pour des secrétaires d'ÊUt, affectaient une orgueilleuse gravité.... Je les attendais à table, pour les voir peu à peu changer de maintien. Mais ni ma bonne humeur, ni les agaceries des dames ne purent leur Dure perdre leur morgue de bureau. » In. — Ce mot a une origine vulgaire : il signifie d'abord l'endroit, à l'entrée d'une prison, où on tient quelque temps ceux qu'on écroue , afin que les guichetiers puissent' les regarder fixement pour les reconnaître ensuite. Aussi n'est-il guère que du style de la conversation et des lettres.

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