‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 36 sur 426 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

le détail n'étant nécessaire que quand Tuniformité manque , le pluriel indique , par une conséquence assez analogue, que l'universalité n'est pas si entière qu'il ne puisse y avoir des exceptions. Auisi , il faut dire , Vhomme est l'aisonnable^ pour faire entendre que la faculté de raisonner, qui est en effet de l'ordre des choses nécessaires , appartient i toute l'espèce humaine et en est un attribut essentiel. C'est comme si l'on disait : l'animal homme est un animal raisonnable , exclusivement à toute autre espèce du même genre. Mais on doit dire , les hommes sont raisonnables , si l'on veut parler d'un bon usage de la raison , parce que cet attribut est en matière contingente', et que, dans le détail des individus, plusieurs se» trouveraient exceptés de l'universalité. Par la même raison , il y a de la différence entre ces deux phrases : Vhomme est mortel , les hommes sont mortels. La première annonce la certitude infaillible de la mort; et c'est une vérité que l'on peut prendre comme principe dans un sermon ou dans un traité de morale. La seconde annonce l'incertitude du moment et de la manière de la mort; les uns mourant plus tôt , les autres plus tard; ceux-ci subitement , ceux-là par une maladie longue : c'est une vérité d'où l'on peut partir dans les traités , pour s'autoriser à prendre dans le moment même les précautions convenables. »

Ainsi , en résumé , de deux substantifs synonymes qui ne diffèrent que par le nombre , celui qui est au singulier marquera l'unité , l'être , le permanent , le complet , l'idéal , l'abstrait , l'absolu , le nécessaire ; tandis que celui qui est au pluriel exprimera la variété , le phénoménal , l'accidentel, l'incomplet, le réel, le concret, le relatif et le contingent.

STirOIfTHIV DES SUBSTANTIFS QUI niFFiBBRT DNIQUBITBNT PAB LB OEBBB.

Amours {f,)^ amour (m.). Poudre (f.) , foudre (m.). Aigle if.) , aigle (m.). Voile (f.) , voile (m.). OEuvre (f.), onwre (m.). Couple (/•.), couple (m.). Pointe et point du jour. Taxe et taux. Graine et grain. Ravine et ravin. Montagne et mont. Etc.

Tout le monde sait que le langage transporte aux choses inanimées un caractère emprunté du règne animal. Il fait considérer les imes comme des femelles , les autres comme des mâles , en appelant, par exemple, certaine semence une graine , certaine autre un grain , certain amas de pierre une montagne, certain autre un mont, certaine excavation une fosse, certaine autre un fossé. Cette distinction peut sembler étrange; mais elle est utile , ne fût-ce que parce qu'elle sert À marquer entre les noms les plus semblables , quant à la forme et au sens , une différence assez considérable. En signalant cette différence entre les substantifs synonymes à radicaux communs et à terminaisons peT» ou point significatives , nous ferons connaître la raison générale qui a guidé le sens commun dans l'imposition de l'un ou de l'autre genre à tels ou tels substantifs.

Le féminin est toujours plus général , le mas-

culin toujours plus particulier. Les noms, auxquels convient le premier genre, renferment dans leur signification quelque chose de plus étendu , de plus vague , et de plus indéterminé que leurs synonymes du genre masculin. Et ceuxci ont un sens précis et spécial : ils expriment les mêmes choses , mais les font considérer comme ayant des bornes , une destination ou une forme particulière , qui les sépare de tout ce qui n'est pas elles , quelque chose enfin qui leur donne une existence distincte. Dans celfli des deux termes synonymes qui est au féminin , la chose apparaît comme un tout ou un genre, dont le substantif masculin n'eiprime qu'une partie ou une espèce , mais bien 'caractérisée , ou , comme une substance , une matière , une étoffe sans forme et sans destination précise , qui en reçoit une dans le substantif masculin : c'est ainsi que la barre devient le barreau , la terre le terrain et le terroir, la pâte le pâté, etc. Le ntiot orge est féminin , quand on ne spécifie pas de quel orge il s'agit, et masculin dans les expressions, orge mondé, orge perlé, orge moulu (Boss.), orge mondé et pilé (Roll.) ; vivre d'orge grossièrement pilé et à demi-cuit sous la cendre. (Harm .) Le pendule est dans ]&pendule une partie seulement. Les mots aide , enseigne , garde , sentinelle , manœuvre , pris au féminin , désignent des abstractions, des actions vagues. Au masculin, ce# mêmes mots signifient des hommes qui ont tel emploi , qui font ces actions par état ; ils deviennent plus précis en donnant à l'idée une forme concrète.

Le substantif féminin est donc TexpressioiL mère; il signifie le genre, et le substantif masculin l'espèce. Voilà pourquoi , dans les synonymes de cette sorte , le jnasculin peut toujours se définir par le féminin, mais non pas réciproquement. Le barreau est une espèce de barre , le pdté une espèce de pâte , le terrain une espèce de terre , le limaçon une espèce de limace; mais non pas , la barre une espèce de barreau , la pâte une espèce de pdté, la terre une espèce de terrain , la limace une espèce dé limaçon. Si le masculin se définit par le féminin, c'est qu'il exprime la même chose que lui , plus certaines qualités ou circonstances qui le déterminent ou le spécialisent. Que si le féminin ne peut à son tour se définir par le masculin , c'est qu'en effet il ne réunit pas ces qualités ou ces circonstances qui appartiennent en propre au masculin , qui le déterminent et le spécialisent.

Rien de plus facile à justifier que cette règle. Dans chaque espèce animale , la femelle contient et produit le m&le , comme dans le langage le féminin comprend le masculin. De son cêté,le mâle se distingue par son individualité ; les caractères de l'espèce ne brillent qu'en lui, ou brillent en lui beaucoup plus que dans la femelle. C'est la femelle, plus certaines qualités que le m&le possède seul, comme la beauté du chant, la vivacité des couleurs , les cornes , la force , etc.

Cette môme règle va recevoir des faits une justification plus éclatante encore. Nous la verrons d'abord appliquée aux substantifs qui ont la même terminaison au masculin qu'au féminin.

STNONTIES Qin ONT LE MtlS EilDIGAL.

Aaoim8(f.), ABOint (m.). Paaslon d'un sexe pour l'autre. *

Le mot amofUT , généralement masculin , prend quelquefois le genre féminin ; mais cela n'arrive guère en prose, soirant rAcadémie, si ce n'est quand le mot est au phuiel : nouveUes amours, ardentes amown^ iblles amours. Or, évidemment le phirîel est bien plus eompréhensif et plus Tsgne que le singulier : revenir à ses premières amours f n'indique pas Tobjet d'un premier sentiment , n'exprime pas qu'il ait été unique, avec autant de précision que, revenir à son preipier amour. Ensuite, l'amour désigne un sentiment, et le sentiment seal; les amours présentent cette idée mêlée avec beaucoup d'autres; elles font songer aux assiduités , aux petits soins , aux doux pnropos , aux témoignages d'affection. « Ce Lapon nous dît qu'il lui en avait bien coûté , pendant ses anumrs, deux livres de tabac et quatre ou cinq pintes debrandevin. » Rbgn. De plus , et c'est une antre condition dont l'Académie ne parie pas, le mot amour ^ au pluriel, n'est employé comme féminin que quand il est précédé et non pas surri de son adjectif : de foUes amours , et non des aaumrs folles; comme de sottes gens , et non des gens sottes. L'adjectif étant mis après , oflioiir , quoique an pluriel , resterait masculin : des amours bnifcMU (Pasg. Volt.); froids, honteux, déplacés, odienx, lascifs (Volt.); particuliers (Conn.) c II est des amours emportés aussi bien que des doucereux. » Vol. C'est qu'en général l'adjectif se place avant le substantif dans les locudons Ta;gues , et après dans les locutions précises. (Voy. ci-aprè^ Synonymie des expressions qui ne diffèrent que par Vorére des mots : saK}ani ftomme, homme eaeamt.) Si donc le mot wawur n'est féminin qn'au pluriel et après l'adjectif, la raison en est qu'alors seulement il tient de ces deux dreonstances le caractère décidé de vague et d'indétermination qui est propre au féminin. — DéUee et or^ue , masculins au singulier , sont aussi féminins au pluriel , mtoe sans avoir besoin , comme âmovrr, d'être précédés de l'ad^jectif : datées pemieienaes (Boss.) , orgues portatires. (ACAD.)

FOCDBE (f.) , FOUmtE (m.). Le feu du ciel, la matière électrique lorsqu'elle s'écbappe de la nue en produisant une vive lumière et une violente détonation.

1a foudre est une expression vague et comprélienssve, qoiâgnifie à la fois le feu du ciel, la irire lumière et la détonation qu'il produit en «'échappant de la nûe. Le foudre ou plutdt un fbudre est la foudre particularisée, employée dans un cas ^cial, à un usage déterminé; chaque camaa de la foudre est un foudre:

Il (Jupiter) ianee on foudre i l'instant. L&v. Le même poète dit de Louis XIY :

Je peiaânis ce moaarqiie étendant son empire : n taoecrait It/oudn.

« Jupiter est le dieu qui tient dans ses mains la foudre. 9péir. La foudre est comme la matière dont sont faits les divers fottdres. « Les fotidres de Dieu sont tou/ours prêts. » Bofis. « J'ai vu Satan qui cambait da del comme un foudre. » Boubd. < Le

roi est entré dansTalendennes comme un foudre.* BoiL. On fond sur son ennemi avec la rapidité de la foudre et comme un foudre. Que si pour l'ordinaire foudre féminin s'emploie avec l'article défini la , et foudre masculin avec l'article nuipérique un, cette affinité justifie pleinement la distinction établie par nous entre le féminin et le masculin; car le, la y les indique le genre , et un l'espèce ou même l'individu : la naïveté, une naïveté. Le foudre est aussi la foudre individualisée, "figurée , représentée sous une image. Les poètes anciens peignent Jupiter ayant un foudre à la main , et lui donnent pour attribut l'aigle tenant un foudre dans ses serres. De même , foudre est du masculin toutes les fois qu'on Ate à la foudre ce qu'elle a de vague , pour la rendre sensible , lui donner une forme , la personnifier : Un béros est un foudre de guerre; un grand orateur est un foudre d'éloquence. En général , foudre , au figuré , est masculin , parce que ce mot prend alors un sens bien déterminé. «Martin Lutber est, dit-on, la trompette, ou plutôt c'est le tonnerre : c'est le foudre qui a tiré le monde de sa léthargie. » Boss. < Le foudre de la parole évangélique. » ID. « Etre à couvert de tous les arrêts de la justice divine et de tous les foudres du ciel. » BouRo. « Jules II se mêlait aussi d'exconununier : il lança son ridicule foudre contre Louis XU. » Volt.

AIGLE (f.) , AIGLE (m.). Oiseau de proie trèsfort et très grand , ou sa représentation.

L'exemple précédent fait voir une chose physique perdant le genre féminin pour le masculin en devenant figurée. Ici on voit le contraire. Aigle est du masculin, quand il signifie un être réel, un certain oiseau de proie très-fort et très-grand , et il devient féminin en termes d'armoiries et de devise : l'aigle impériale , V aigle romaine;* les armes de l'empire français étaient une aigle. Il n'y a pas là de contradiction. L'objet physique , aj^elé la foudre, est quelque chose de très-vague et de très-peu déterminé : le mot qui l'exprime doit donc être du féminin; mais il doit prendre le genre masculin quand il désigne la foudre particularisée ou figurée , devenue sMisible. Au contraire , l'objet physique , qui porte le nom d'atgle , jouit d'une parfaite individualité , et l'esprit s'en fait une idée très-nette , que la représentation, la figure ou le symbole ne peut qu'obscurcir en la généralisant.

YOILB(f.), VOILE (m.). Pièce d'étoffe servant & différents usages.

La voUe est généralement plus grande , de toile y c'est-à-dire de l'étoffe primitive dont toutes les autres sont comme les espèces; et l'usage auqud on l'emploie est simple , il exclut une particularité caractéristique et déterminative duinKto, qui est de cacher.

CBDVRE (f .) , CBDVBB (m.). Ouvrage , production , tout ce qui est fût par un agent et subsiste après son action.

OEuvre (f.) est l'expression mère, celle qui désigne le genre et qu'on emploie presque toujours. OEwore (m.) est réservé pour certains cas où on veut signer une espèce , et une espèce biail détenninée , remarquable , extraordinaire. Aussi

PRUItRE PARTIV :

n'fist'Oi qnVitt itagutiar et iSai» H ^^ soutenu qu'on pçut faire muvre du maficulin : au singulier, parcç que le singulier est plus précis ou moios vague que Iç pluriel { dans le style soutenu , parce qu'en changeant le genre ordinaire du mpt, on annonce nécessairement quelque chose qui se distingue comme une <9Wfre peut se distinguer des autres, c'eat-i-dire en général par un caractère de grandeur ov d'excellence qui attire l'attention et qu'on admire. Un si grand ouvre , un o^vre de génie , ce saint an»|^e. (Acad.) « L'homme est le grand et dernier (mtnre de la création* 9 3d?fo9» — QEuvre s^ prend aussi au ^lasculin hors du langage poipmun, pour exprimer des espèces particulières, ç'est-^-dire les muvres spéciales de certains »rts. Ainsi , en alchimie , le grand cfuvre désigne la pierre philosophale; d'autre part, on dit, tout Vœuwe d'un graveur^ et, enterme» de musique, le premier, le second couvre de tel maître, de Rossini» de Meyerheer.

COUPLE (f.), €ûIIFU(m.). Peux choses de la même espèce.

Un couple suppose une unio^i fixa , étroite , étahUe par un acte particulier de volonté, une destination invariable. Une couple n'indique qu'une liaison indéterminée, vague, momentà^é9, qui est plutôt le fait de^ la nature ou du hasard. Un couple de pigeons se compose de deqxiMgeona, qui se sont unis volontairement pour se reproduire , qui vivent ensemble et ne sont plus libres d'entrer dans une nouvelle communauté. Une couple de pigeom signi^e uniquement deux pigeons, comme iffie eoupled'ouis, deux muDi, une coitp^ d'écuPi deux éous , une pouple d'heures, deux heures, et ainsi du reste. Cette expression ne signifie aucune détermination, destinatioQ, ou délimitation spéciale. « Un couple de pigeons est suffisant pour peupler une volière; une couple de pigeons ne sont pas suffisants pour le dîner do six personnes. 9 Bbauz. « Le distique est un couple de vers qui forment ensemble un sens complet. » ICâbu. Une couple d'excellents vers , môme détachés Tun de l'autre, peuvent d^^Dsire veconnaitre un grand poète.

ponms iw xocm, Pûnnr nu jour. Le plus

petit jour.

Point préœnte Tidéê d'une manière plus restreinte, plus délimitée, plus précise; il n'a rapport qu'au temps, et fait abstraction de tout le reste. Pointe donne l'idée d'une extrémité du jour, du jour commençant à poindre; c'est une expression , ncm pas simplement formelle , comme la précédente, mais matérielle, eoncrète en quelque sorte, chargée d'accessoires tirés des eirconstances réelles. ïa pointe est au points dans cette acception, comme la journée au jour. Et, en effet, le potfitestea général la plus petite division de retendue abstraite , et la pointe la plus petit bout de la chose. « Le point du jo^r est le commèncamantde la 4urée , cqmme le midi en est le milieu : la poùUc dii jour est le commencement de la daiié , comme le grand jour en est la pléijiitude ou l'éclat. L'observateur se lève avant la point du jour, pour considérer la petite

pointe du jour. Voui partais m p^ du Jovi, à

cette époque , et vous marchez à la peinte du jour, ou à la clarté du jour naissant* Vous mesurez le temps par le point du jour : la poinle du jour vQus fait distinguer les objets, » liona. l<e point duxour est une division abstraie du temps. « Les conciles avaient réglé qu'on na se battrait point le jeudi jusqu'au point du jour ^vl lundi, f V01.T. c On ne pouvait entrer dans ce jardin qup vers le point du jour. « Las, La poMe du jour est une partie de cette chose réelle et concrète qu'ça appelle le jour. ^ la pointe du jour , nous vîmes, nous aperçûmes teUe chose, (Las.) < La pointe du jour commençait à paraître. » Scàaa. « Dans un poème , on exprimera ainsi la poinle du jour ; L'aurore cependant, etc. » CoifD. « U. le duc et M*^ la duchesse de Bourgogne tenaient alors ouvertement la cour y et cette cour ressemblait à la première pointe de l'aurore, » S. S. « Ces trois qualités sont trois rayons qui ne {but un pleiii jour qu'en i, C. ( mais ils font en la sainte Vierge une poirUe du jour agréable , qui commence à nous réjouir. 9 Boss.

TAXE, TAUX. L'idée commune est pelle de U détermination de quelque valeur.

Le taux est cette valeur môme déterminée , éta* blie, fixée, réglée; la taxe exprime une idée étendue, vague, abstraite, compréhensive, celle du fait, de l'autorité et du règlement qui déterminent cette valeur. De sorte que le tau» sort de la tqç^; c'est uniquement et précisément b valeur, telle qu'elle résulte de la ta^e. Le (ans est tel, trop fort ou trop faible; la (ose se fait, elle atteint ceux-ci ou ceux-là, telles ou telles denrées; on s'y soumet, on y échappe. On ne dit que taux en parlant de l'intérêt de l'argent: taux légal, tam de cinq pour cent, parce qu'ea pareil cas on considère presque toi^ours l'intérôt comme é^li, en lui-même, comme s'élevant à tel degré, et rarement comme s'établissant, comme étant imposé par l'autorité. « On dit assez indifféremment taux et te^ , en parlant du prix établi pour la vent^ des denrées , ou de U somme fixée que doit payer un contribuable; mm ce n'est que dans le cas où il n'est pas plus nécessaire de faire attention à la valeur déterminée qu'à l'autorité déterminante : car un coatrihuable qui voudrait représenter qu'il ne peut payer ce qu'on exige de lui, faute de proportion avec ses facultés, devrait dira que son tau' est trop haut; et s'il voulait dire que les impositeurs ne l'ont pas traité dans U proportioa des autres contribuables , il devrait dira que U taxe est trop forte. » Bbaus. Relativement aux (rais de justice, lata indique plut&a une valeur déterminée, fixée une fois pour toatea, généra* lement; et taxe^ un taux plus libre, plus arbitraire, plus pour la circonstance. t«es écritures des avoués sont soumises à un toux; et il arrive quelquefois que le tribunal réduit la taxe de lears écritures. On ne dit que taxe , s'il s*agit d'une imposition en dénie» sur des personnes en cer* tains cas; c'est qu'on a alors plus égard à l'auto* rite , qui met un impôt , et au fait de Timposition, qu'à sa quotité fixe et précise.

CHUUHB» OBADI. Qinrd a tiès-hien distingué

SYNONTMES QUI ONT LE MfiMB RADICAL.

ces deux môp , qip sîgn|0ept égaleme&t , un fhùt pwpre à être semé et à produire une plante telle que celle dent il est sorti.

Graine se dit de toute sorte de aemences, et Çrom seulement des graines qu'on sème pour ne recneiUir qu'elles , et qu'on fait servir à un nssLge ^Ttieulier, celui de nourrir Thomme ou les animanT» De sorte que la graine est le geaBTe, et le ffroùi Tespëce, et que toutffratn .est grotne, sans que toute graine soit grain. On sème des graines pour avoir des melons, des fleurs, des herbages, des arbres; on sème des grains poar ayolr de ces mêmes grains, 11 y a des graines saurage? (Buff.); il n'y a pas de arains sauvaiges. « X.es rolliers ramassent dans les champs l^ourès les petites grain^ , les racines et les Ters , et même les grains nouvellement semés. » BuTF. D'ailleurs le grain a encore cela de tout à fait spécial, qu'il se considère par rapport à l'usage que nous en faisons plutôt que conmie semence ; en sorte que le grain même a sa^atne. « Pour avoir de bon grain, de belles fleurs, etc., il faut en échanger les graines, et ne jamais les semer dans le même terrain qui les a produits. 9 Buff. De toutes manières donc grain spécifie davantage. Ce qui le prouve encore, c'est qu'on dit, un grain de millet ou de moutarde , au heu qu'on doit dire , de la graine de millet, dé la gratue de moutarde, comme on dit de la graine de pavots, de la graine de niais. Au figuré, on dit d'une maniëre générale : la bonne graine , qui tombe sur la pierre , y périt desséchée ; mais on n^empVove grain que dans des locutions êà, il est parÇutemeut dètennmé : un grain de bon sens , de jugement, de çoqnetlerie, d*amour-prppre, de folie, etc.

BAFCCB, MAYÏÏ9- ^cavations produites dans les campagnes par les eaux de pluie qui s'écoulent violemment.

Xje rocin esit plus petit que la ra/oine : ce n'est g:uère qu'un ^lon ou un fossé creusé par les eaux et qu'on peut sauter, tant il est peu large; c'est une espèce de rigole naturelle. Mais la raseuse &t tuigours grande , profonde , difficile et dangereuse à traverser : èesX un précipice. m. Ce n'est pas seulement (pour Condé) des hommes à combattre : c'est des montagnes inaccessibles; c^est des rortnef et des précipices, d'un cdté; c^es4., de l'antre, un bois impénétrable.» Boss- X.e Tuvm a été fait par un courant d'eau dans uxie plaine qu'il sert quelquefois à embellir; la r^x^vnft a été creusée par un torrent entre des montagnes. On se iait mal en tombant dans un r>0f7tjs/ on se tue quand on tombe dans une raxfine. Les eanz d*une montagne coulent d'al>ord par des ravins et se précipitent toutes ensuite dans vne ravine par laquelle elles se rendent dans ui^e rivière ou dans un fleuve. — Du Teste , racin est pluB précis : il désigne uniquement le Ut <m Je canal des eaux ; au lieu que ra- «Me j 4/oute l'idée de plusieurs objets accessoire;, des rocher», des arhr^, des broussailles Spj se troavent sur les bords. % La lave a coulé ea fnwdes masses par les f(mns l'espace de 7 ou Siàlk toises. ^Burv. « Les bords des ruisseaux , hlkax frais et reûréa près des source» ^ des

ro/cines humides sont ceoz que U cop-jamie habite de préférence, s In»

MONTAGNE , MONT. Ces deux mots annoncent également l'idée d'une masse considérable de terre ou de roche fort élevée au-dessus de la plaine.

L'Académie, Bouhours, Beauzée et Roubaud conviennent que le mot de montagne ne forme qu'une dénomination vague , désignant seulement l'espèce de corps ou 4a masse , sans aucune distinction individuelle , tandis que celui de monf exprime une masse détachée de toute autre pareille , soit physiquement , soit idéalement. La montagne , de l'aveu de tous, est donc une suite continue d'élévations; et le moni, une élévation une, simple , isolée qui s'aperçoit ou est supposée s'apercevoir d'un seul coup d'œil, c'est une partie de la montagne , ou c'est une tMnlagne , que l'esprit se représente comme arrondie , comme délimitée , comme ayant une étendue bornée ou quelque chose qui l'individualise et la distingue, c Bientôt nous vîmes le sommet du mont Ida qui s'élève audessus des autres montagnes de la Crète. » FéN.

Un rocher, quelque mont pendant en précipices ,

C'est ou ces dames (les chèvres) vont promener (lears caprices. Lap.

Dans le discours, les monts sont traités comme des individus; ils reçoivent des noms propres : le mont Sinaî, le mont Parnasse. On donne bien aussi des noms propres aux montagnts; mais, afin de conserver à ce dernier mot son sens général, on le fait suivre de la préposition de : la mùnXagne du Parnasse, les montagnes des 4lpe8. D'ordinaire môme on désigne les montagnes, non par des noms propres, mais par les noms des pays où elles se trouvent. « La montagne de Eeims n'est pas de craie; il en est de même du mont Aimé, qui est isolé au milieu de ces plaines de craie. 9 Buff. — On considère même quelquefois là montagne conune une femelle (la montagne en travail enfante une souris) , mais jamais le mont : Didon , reprochant à Ênée sa dureté, lui dit, dans Scarron, qu'il est le fils d'un roc (elle aurait pu dire tout aussi bien d'un mont) , et qu'une montagne est sa mère. Un mont serait plutôt pris pour un honune, mi un homme pour un mont, « A la vue de Polyphème , Chacun de nous crut voir oiarcher Quelque mont ou quelque rocher. Souui.

La différence est analogue entre monlo^netic et montueux. Un pays montagneux est élevé ; on l'oppose à un pays bas , voidn de la mer , aux côtes, oc On ne trouve des nègres que sur les côtes et dans les pays bas, voisins de la mer; mais dans l'intérieur , où les terres sont élev^ et montagneuses , tous les hommes sont blancs, n Buff. « Il y a des terres arides et montagneuses; et d'autres qui, dans un terntin bas, sont arrosées de plusieurs ruisseaux. » Hortbsq. Un pays montueux est entrecoupé d'élévations isolées, inégal; on l'oppose à un pays de plaines. « On se sert peu de chevaux en Crèt^ , h cause de la trop grande aspérité du terrain , qui est presque partout fort inégal et fort montueux, » Boff. « Prenait-on le chemin de l'Arménie, on trouvait un pays montueux et difficile, où V<Ht œ pouvait mener d^ oonvois. •

MO^TSSQ.

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