il y a une noble , une juste fierté (Acas.) , et
une hauteur héroïque (Volt.). Varrogance et Ti»solenee sont tot]û<>u^ prises en mauvaise part et produisent dans l'esprit de ceux qui en sont l'objet un effet plus fort : elles n'humilient pas seulement, elles indignent. D'ailleurs , ce sont des usurpations. Un maître sera hautain, alHer, impérieux dans l'exercice de son autorité; on dira plutôt d'un inférieur ou d'un valet qu'il se montre arrogant ou insolent.
Varrogance, qui s'arroge {arrogare «W), qui s'attribue. mal à propos , se distingue par ses prétentions.
Oser arrogammeni se vanter à mes yeax
D'être Juste seigneur du bien de mes aTenx! Goitir.
Varrogante (CléopAtre)! à l'ouïr, elle est déjà ma
reine.
(Ptolémée dans la Mcri de Pompét). Id.
« Varrogance des princes, c'est-à-dire l'usurpa, tion de quelque autorité, de quelques droits, ou de quelques honneurs que le peuple croit ne leur être point dus, ne lui est odieuse que pour ce qu'il la considère comme une espèce d'injustice.» Dbsg. Vineolence va plus loin. Ce mot est formé du latin in solere, n'avoir pas coutume, et signifie primitivement insolite, inaccoutumé, inouï; ou peut-être de salire in, sauter ou marcher dessus, comme insuUans. Vinsolence est donc quelque chose d'extraordinaire, d'inouï, ou bien une insulte. Varrogant ne oraint pas de vous provoquer, se permet de s'élever en face de vous ou jusqu'à vous. « Le péché de Satan a été une insupportable arrogance, » Boss. Dans le Bour^ geois gentilhomme, le mattre de philosophie dit aux autres mahres de M. Jourdain : « Je vous trouve tous trois bien impertinents de parler devant moi avec cette arro^fance , et de dolmer impudemment le nom de science à des choses que l'on ne doit pas même honorer du nom d'art. » MoL. Vinsolent a l'audace de se mettre au-dessus de vous et de vous outrager, de vous railler. Vos ris ne sont point de mon goût,
Et vos airs ihsolentt ne plaisent point du tout. Baoïr. « Certains hommes insolents dans leur impiété ; certains pécheurs Scandaleux dont le caractère est d'insulter à Dieu môme avec plus d'orgueil. » BouRP. « Chez les Carthaginois, les années qui avaient été battues devenaient plus insolentes; quelquefois elles mettaient en croix leurs généraux. » MoRTBSQ. « V. de Cambrai est ou rampant , ou insolent outre mesure. * Boss. c Juba était arro^aiU jusqu'à rtnsotence. » Roll. « On m'avertit que Je ne me contentais pas d'avoir raison dans une discussion , mais que je devenais arrogant et même insolent, > Frarxlir.
ILogue ne diffère pas essentiellement d'arrogant qui a même radical. Mais il est du style familier, et marque plus de rudesse et de brutalité. « En vérité ces gens-là sont bien bêtement rogues. » J. J. « Si ces gens-là avaient été moins brutaux, moins rogues,,,. > « Je voudrais que les gens (en France) qui sont si fiers et si rogues sur leurs paillera voyageassent un peu dans l'Europe. » Volt.
Mais il faut tant d*argent pour se faire soigner ,
Ces porteurs de seringue ont pris des airs si roguesi
RSGN.
dEDXlfiliB ?AAT1£ ;
• 0 était ropi» «a aîné des Laroohefoueauld» ^vi le sont tous ftar natate, et par coMéquenl triS' repouea&U. »& S. c La ro$^j le dur, ledésagréable de K. de LacochefouoLuId n'était paa pour le reir » Id. « Konigsecfp emporta la réputation d'u& hooUM aageet poli , el <|ai aervait bien son maître, aa«a avoir ee tétiA de fieité et de roguerie de preeque tous les impériaux. » Id. « C'est un pédant ro(jfiie , aussi greiaier qu'toeonséqueui. » Lah«
Du reste, rtfifo<€iil est pire que le rogttê, comme il est pire que rarroofunl. « Je me complus à Toir ce yiair si rogue^ si brutal, si imO' letU^ se jeter à mes pieds. > S. S« L'ituoleace est le eonble de l'or^uetf, VorpteU poussé jusqu'à ses dernières limites. « Vorgueil de certains comédiens Ta jusqu'à VinsélêMB, » Ln»
oftmrr, lbvhit, B8t« u eôté p«^ oè le
saleil oommeoce à pacaltre.
Orùnl est le latin erteut, qui a te nfime ams. LenêiU est un met français,. le participe présent du Tsrbe lever : }e lêvmnt , 6'eit*4-dîffu oà Le s»kil se 2ée«, C'est pourquoi ortenl est pioa noUe, plus poétique, et s'afiplique partieuliàreMent an ciel. • Le lend^oiain oa retooiae au même lieu avant que le soleil se lève. On le voit a'anaoneer de loin par les traiU de Isu qu'il famoe aià-derant de tui. L'.inccttdie msgnanaaf l'ertent paraît tout en flaBHnea. » l« J.
L'Auiete cependeat» au vbafeveraMfl,
OuTVsit dsBS VQriem le |«kk iu fleMU ¥oft«. « IL s'y a Tien de ai nimal^e que l'enlBBee de œs prkiMa. Ce sent des soleils dans leur erfewl , qui réjouissent les yeux et ne les éblouMsant pas encore.» FcAcb. Dana de pareilles phrases kmni aotit seoaibtoment déplnoé^ H le sesalt aasai dans des locutions où on ventdoonnr nnn gmede îfflportaDM aux dioset, on bien dans celtes qui uni été faites avant lafomiatioiidB notre langue : la question à'OrimU^ l'empira on i'égiise d'Oriini.
Une autre diif6rtnee pins eesenttetle, eTest que le OMl orienl est absolu, et celui de lewmd relatit L'un s'emptoie bien sans l'artieie, mais non paa l'autre : vous dites d'orisnt en occident, H dn isMwa jusqu'au eouchaDÉ; vous dites en oriani, et dans le iseonl. Un* cbose est à l'afssfi^, simplement. «Les Taitares se jetèrent à l'er^nt et au midi. » Volt. « Ces Samoièdes oecidentaux ne ceanaissent pas ceux qiii sont à VffrietU^ > BoFV. Vais une clMse eet au ievmi de telle autre, c Ge peyscst^l au nord , au midi, an ooocfaant ou an levant d'Itiiaque? C'est oe que j'ignore absolument. » Fis. « La rivière de Braine est au kvtuU de cet endroit. » Bkfv. Dans une même page de l'arranit-propee dn TJbtai iur les mcmrs^ Voltaire a employé orteni et leennl siuvant cette distinction , savoir ertenl d'une aMnièpa vague et* illimitéa , et leeanl d'une manière déterminée et mstreînte. « Voos portez d'abord votre vue sur l'Orient , berceau de tons les «rts., et qui a tout donné à l'Occident .... Tout le levant, depuis la Grèce jusqu'aux ex* trémités de notre bémispbère, fut longtemps célèbre avant que nous en sussions assez pour connaître que nous étions barbares. »
I LeBOiterisRlnlapfaiBgraadeétndae,aignî& qnsiqne chose de très^vaste, c'esu^-dire toni ce que le soleil éclaire d'abord au ciel on snr li terre, et , pour ce qui cnneeme In terre, tonte leacontréeadel'Asin, même les plus par rapport à nous; au lieu que le notre erteni k naos, savoir la partie de Vààe h plus voisine de nous, celle à laquelle nous tcn^ cbona de phis près. Im commerce d'Ortsal se ùii par l'Océan avec les pays de TAsie les pies éloignés, la Perse, les Indes, Siam, le Tonquin, laClune,le Ji^ott, etc.; le commence du lewant se fait par la Méditerranée avec les paj» de l'iaie oocidentale , c'est-à-dire te long des côtes, depuis Ateaandrie en Egypte jusqnà te mer Noire. Saint François Xavier, Tapètse ées Indes . a converti VOHent (Bouvo.); Tempire lomaôn a duré cinq cents ans à Borne, et près de quatone sièctes dans te lemmt^ au milieu des sédÉâoBs deeaflnéea(Viou.)«
&t, de raUcnand crCyOcit, cstvaieimeatetrait et pnesque teduuqne dn géograpUo:, um relatif à te aituation ou à k direclion. Le vesi d'etl. Dana la rose des vents ^ leurs directisBs sont msrqnées par les mots est, oneil, etc « L'Aime cnute de l'euest à l'est. » MonrBQ. « L'iJnqnn est traversée de l'est à Feoest puune tenîpue'mifee de mantagocs. » Bofp. mià plue la^ge de cea ttes n'a pas aeptt on bùllieMs de teigsnr dana te directiiin de l'est à roseit. • In. « Le navigaleur Othère dépassa le cap Serd, et dirigea sa nnvigatien à l'est. » In. « La ebstae des Gerdfflèves avance vara l'onesa, mloans à Test au^èa de Popayan.».*» Id.
distèaction à établir entre les trais mets , eowAnfit et ottsie, qui indiqnent tecdts où leaateil et leaastrta aembtent tenDxner Jear conise.ttecidenf, fatin ecnirfsai, esC» à Tégsré de eoucftnnt, met tout fiançais, nobie, absoteu significatif de quelque ohœe d'indéfiniment étendu.; et omêsif dn l'aMemand «oest, a «la dbe propre, qu'il sert à désigner, sur te terre, d'une manière précise et nn quoique sorte scientifique. In peaition des lieux et te. directioA dea vnntS) des ou des peraonnesL
DECORER, PARER, — KmHfJJR.
Ajouter à l'agrément d'une chose en d'une personne -, faire qn'eUe pnraisaa d'une manièrs plus avantsîigeuse ou pàas distinguée.
Orner, du tetfaietiiare, fournir de^ poonoir, munir, équiper, a cote de tout à fait prspce, qu'il marque l'addition d'une chose solids ea même temps que brillante : ce qui orne doaz» aivec de rédat une valeur d'utilité ; ce qui psre eu d^tu ne dnnaa que de l'éclat, qu'une vaknr pvement esthétique. « La terre' dn Crète se montrait fértite et onWe de tons les fruits, pirk travail de ses lialÉluAs.»FAH. «Le derrière de te tMe est ern^ de cheveux qui servent en méo» temps à fortifier te tête contre les injures de Tair. » Id. «On vent un roi dont In cerps soii fort et adroit, etdontrâae soit om^e de la sagesse et de te vertu. » In.
ICadame, cent vertne trmeni votre hcanlé. UtXm On dirait plntdt que te beauté psiv en décrr tevncttt* Ln tète du bosnl est «mtf a de coraci,
SYNONTUES k HABICAUX DIVERS.
comnw notre boccfae éB dents (F6ir.)> nos yeux de sourcils (Id.); oe sont cfaosM qui servent*, mais BnSatk fait obsonrer que la tète du csrf « est parée pLvM qa'arMée é'vn Ixhs Ttvant. » Ce bois n'est pour ransmai d'aucun uttgt. Bt ce «pii décQT9 est ojRtÎDaireinemt inutile, de même que ce q«i pore : tels soiil les ouvrages de sculpture et de peinture , des cygnes s»r une pièce d'ean, etc. — Orner, îm^îqnant mie idée de force, de qualité abstraite, Tutâité» a iKâDs excluairement rapport à l'air, à Vestérieur, et se prend plus Tolontiers au figuré, c Ba décorant les temples, en se croit dispensé d'orner s<m ftme. » BosflL -* lyailleun, Taotion d'orner perzt s'appliquer à une partie, à an détail; an lien qve celle de perer et de déeertr eoaTiottt mieux pour un tout, pour nn enesmble, pour ce qui a» le» présente par tme image oolleclive ou 8yatii4tique, c Ces galères étaient ricàemeut paféta^ ornées aux proues d'éclatantes faaadwoies. » RoLL. cSalocnon, dans toute sa gieire, et arec ce beau diadème dont sa mère a âmé sa tête, n'est pas si richement paré qu%ne de cea fiants.» Boss.
Ma mère Jézabel derant moi s'est montrée-, Comme au jocir de sa mort, pompeuaenientfar^.... Blâme eUe arait encor cet échu enpiuefeé DoBt ette eet soin de peindce et à'oner son visage.
« La nature semble aroir pria plaisir à décorer cet oiseau par un luxe de phimes qui n'eet point ordinaire; indépendamment d'une trappe dont elle a orné sa tête , elle lui a donné une queue dHme Ibnne remarquable. » Borv.
JPorer se dit dans le petîl, et li^corer dans le grand.
Ftfter, dtt latin pcmir», préparer, qyprètnr, signifie donner un air d'kpprét ou d'apparat, de cérémcmie , de fête, comme est celui que se donnent particulièrement les fcmmes. IMsorer, deeorore, de decus, gloire, honneur, c'est donner on air grandiose, iUasdrer, feire parattne saperi>e on resplendissant. Richement poiré; magnifiquement déomré. On par9 une chambre Mol.), on d^Mre an pcdaàs (J. J.}. La pamre. satisfait la vanité; la détormUm, l'orgueil. Baffon parle « des riches couleurs qui pareni le plumage des-perroquets , » et Massiillon « de cette multitude d'étoiles qui d^eerent arec tant de splendeur, le firmament. » Un homme paré est bien ajusté : « Théognis est recherché dans son ajustement , et il sort paré comme tme femme. » Labk. Un homme décoré a reçu une distinction glorieuse : « Lueullus rendit à Scîpion tout l'honneur qui lu! était dû, et le décora d'une couronne murale. » Roll.
Parer et parure emportent une idée de grâce et d'élégance : de jeunes et belles dames parent |ee premières loges d'un théâtre (Voct.). « Cette femme ambitieuse et vaine croit yaloir beaucoup quand elle s'est chargée d'or, de pierreries et de Biille antres vains ornements; tovte la nature s'épuise pour la parer» » Boss. c Je vas dans nie de C jpre des femmes et de jeunea filles vainement parler, qui allaient, e» chantant les louanges de Venus, ae dévouer à ee
I pie. » FÉif. « Cette coquette étaft belle et parée I avec art. » HeNTSso. « J'ai du regret de voir Tite Lire jeter ses fleurs sur ce^ énomMs colosses de l'antiquité : je voudrais qu'il e4t fait coomie Homère qui néglige de les pum*. » In. Ce ne sont que seigneur», qai, des pieds à la léle, SontbriHsals et forh oomme sa joar d'une Gèle.
Mdl.
Maisà M»raret à décoration est sttadiée xam idée de grandeur, de gloire et de noblesse;. « L'impiété y qai devrait avilir l'éclat même de la naissanœ et de la gloipe , décore et ennoblit robscurité et la roture. » Mass. « Si les Orien* taux n'ont paa 4écoré^ comme nous, le grand édifice des arts , ils l'ont construit, b Volt. Fortes dans l'hippodrome , ils (les em^reurs de
Constaatlnople) n'aTaleet qa'ft paraîtra i>éeafé$i da la pourpre et du seeptie d'un malink
In*
c Les Athéniens étéc^rèrmi avec magnificence les teefbeaux de cenx qui étaient morts dane la guerre eontre les Perses. » Rdll. — « Le corps de Brutss (tué dans une bataille} fut porté à Ro* me.... Le sénaf sertit fort loin hors des portes avec tout l'éclat et Fapparerl d'an triomphe, dont it voulut d^^ioerer les funérailles de ce grand honrare» Le eensul exposa dans la place pubKqne le corp? de Brutes sur «n lit richement paré. » Roll.
Omodealiel
TVi éé&9r€s le valeur mène ,
Gomme ta fortÊ la beauté. Vccv.
Les églises sont ornées de tous les objets de belle apparèsee qui servent au culte ou au soutien de l'édifice. Elles sont parées de fleurs an printempe et pendant l'été, gr&oe à certaines personnes dévotes, qui souvent aus^ parent- de petits ajustements et de broderies plus ou moine préoieitses la statue de la Vierge ou celle de tel ou tel saint. BUea sont décorées, au moins les principales, de tableaux et de sculptures q«i ne plaisent pas seulement, mais qui imposent.
J9mbeiit'r, rendre beau, exprime Tefiet que tendent à produire les trois autres verbes. On omcy on par&ti en décore afin é*emhelUr; aussi ce' dernier mot se met- il très-bten après chacon des treispremièiv.
Le poète Bégaye en aille iavenliens,
Omuy él8ve, tanheilii^ agrandit loetea chesea. Boab. c AtUle avait fàil orner et emhelHr, dans l'Àcademie, le jardin oè Lacyde faisait ses leçona. p Roll. « Combien voit-oa de fernsnes uniquemqpt appliquées i por^ le corps, à le nourrir, à VemiMUr, à le pt^trerf y* Bourd. « Cette mode, toute biaarre qu'elle eet, pnreet emMitt pendant qu'elle dure. » Labr. « Le cygne phdt à touales yeux; it 4dfcere, ernIbeUii tous les lieux qu'il fréquente. » Borr. Et ce qui montre oom* bien cette dietinctioB est fbndée, c'est que faetion peut ne pas arriver à son bvt, c'est que les choses em^éf , p&rées ou éécorées , ne laiœent pas quelquefois de conthmer à être laides. Cendillao dit que, du temps des Romains , « les lieux les plus ingrats fiarent cmés , ^ih ne fnrest pae emèelltj. » Une femme afitense ou décrépite a beau être par^, la parvre ne l'emleUa point.
DEUXifiHE PAKTIE :
« La même Tparutt qui a autrtfois em&ellt sa jeunesse (de la coquette) défigure enfin sa personne...• Elle meurt por^ et en nibans de eonleur. » Labr.
OSCILLATION, YIBBATIOR. Mouvement alternatif ou de va>et-vient.
0$eiUation a été formé du ktin mcOIimi, balançoire; et vtbrafton, de «tbrare, brandir, agiter, trembler» scintiller. L'otctUeUto» est un balancement; ce mot s'appliqua proprement au pendule. La vibration est une trépidation, un frémissement, et c'est surtout en parlant d'une corde sonore que le mot de vAralûm s'emploie.
Le mouvement oidUatoirt est assez lent pour qu'on puisse aisément le suivre de l'œil, et évaluer le temps que met le corps pour aller d'une position à une autre; mais dans le mouvement vidrafotra les allées et les venues se succèdent avec une extrême rapidité; c'est à peine si on les aperçoit, quelquefois même on ne les aperçoit pas, et c'est par le son ou d'autres phénomènes accessoires qu'on juge qu'elles ont lieu. « Ce mouvement (de l'aiguille aimantée) ne peut pas être considéré comme un grand balancement, qui se ferait par des otctUoltofu régulières , mais comme un mouvement qui s'opère par secousses plus ou moins sensibles.... Si nous considérons les mouvements particulien de l'aiguille aimantée , nous verrons qu'elle est presque continuellement agitée par de petites vHbnJtUmi, » Buff.
On dit les oteillaiUmÈ^ et non les wbraMons , du flux et du reflux, d'un bateau, d'une lampe d'église, d'un oiseau posé sur une branche flexible; mais on dit les inbralîoiu, et non les ofcti^tofM, d'une corde tendue, d'un corps à ressort , des fibres nerveuses. On dit lea osetU* tion$ d'une cloche en branle, et les «ibraliofu d'un timbre que frappe le marteau.
OURDIR, TRAMER, ^ MAGBINEE, BRASSER On se sert de ces verbes en parlant de mauvais desseins, de desseins dont le but est de nuire, pour dire les former.
Ourdtr et tramer ont beaucoup de rapport ensemble. Ourdir vient du latin ofdtH, commencer, qui lui-même a pour racine ordo, ordre, disposition , arrangement; et otirdtr en français, comme ordtn en latin, signifie particulièrement disposer les fils pour faire une toile, lea mettre en état d'être montés sur le métier. 2Vam«r, de fra, Irant, entre, à travers, marque au propre l'action de passer des fila entre et à travers les fils tendus sur le métier.
IVamer enchérit donc sur ùwrdir. « Prenant enfin mon parti sur les manœuvres des hommes je les laisserai désormaia owràir et fromer leurs iniquités. » J. J. Ouràif^ c'est commencer , Dure un travail préparatoire, le premier travail, un commencement de projet, tramer de loin, ou même seulement se préparer à (ramer, car on dit bien ourdir une (rame. Ourdir la perte de quelqu'un, c'est seulement la méditer, j penser^ la tramer , c'est y travailler déjà ou être à la veille de l'opérer. « Voilà ce que la réforme méditait dès lors; voilà quel fut le dessein des protestants lorsqu'ils ourdt'reit( ce noir attentat de la conspiration d'Amboise. > Boas. « Ces ministres owdiê-
$ent la honte et les malheurs d'un ni qaHa for* ment à la tyrannie. « Coiro. « Ella n'avait pas moins d'esprit, d'entreprise et d'intriguas qnesao mari , ni moins de capacité à lea owndtr et à les conduire. » S. S. Tramir nne intrigue , c^est tout à la fois V ourdit et la conânire. « Pour fiÎTb tomber une pièce on emploie plus dlntrigoes qae les whigs n'en ont Iram^ contre les torys , et les guelfes contre les gibelins. » Volt. « Datibeatoa crut que le régent lui pardonnerait tontes les intrigues qu'il avait plus d'une fois tnmées à Madrid contre le ministère de France. • Id, — En général, tramer annonce des apprêts ^ns avancés et une exécution, sinim actoeOe, au moins prochaine. « Cette mort de Jésus-Christ était déjà présente, pendant qu'on trnaMitt lanoir complot qui le devait mettre en enâx le lendemain. » Boas. « Sa perte était résolue , troimk pour le lendemain, et on allait dans deux bénies commencer à procéder à l'exécution. > In. « Il ns parlait déjà que de sa mort prochaine , de la trahison qui wArmnaii contre lui. » Id.
IVamer enchérit encore sur ourdir en on antie sens : il se prend plutôt en maaraise part, et en plus mauvaise part. Il se dit toujours de qneiqse chose de mêlé, d'entrelacé, de compliqué, de secret, de noir; au lieu que ovnitr ne rappelle quelquefois que l'idée d'arrangement et ne présente rien d'odieux à l'esprit. « L'aitifiàciiae et fine contexture des tragédies de Racine, les seule peut-être qui aient été bien owrdîer d'un bout à l'autre depuis Bschyle jusqu'au grand siècle de Louis XIV. » Volt. « Songez à être simple, à | ourdtr votre ouvrage d'une manière bien naturellet bien claire. » In. c Le raniz sait ouràtr comme les pies-grièches les matérianz dont il compose son nid. » Bdff. — Et quand ourdir sert, comme (ramer, à désigner la formation d'un dessein mauvais, seul cas où ib sont véritablement synonymes, ourdtr indique un dessein moins mauvais ou de moindre eonsèquenca^ et il se rapporte particulièrement à la façon plus ou moins habile dont on a su y ordonner lea cboses. « Mensonge grossier, fable mal oicrdîa. » Volt. c Chaque page du prétendu testament poUtiqce de Richelieu décelait la fraude la plua mal evrdte« » In»
La rase la mieux ourdis
Peut nuire à son inventeur;
Et souvent U perfidie
Retourne sur son aateur. Lftv.
Que ne sait point ourdir une langue tratiresM
Pir sa pernieiense sdresse I Id.
le connais le complot. Se peut-il Qu'on en ait pu si mal ourdir le fllr Vo&x.
« Quelque hardies , quelque finement ovrdter que fussent les friponneries de ce bon ecclésiastique, elles- ne furent pas heureuses. » S. S. c Voilà de quoi on espère éblouir l'Eglise romaine: et par ces subtilités on croit lui avoir ovrdt un tissa que, avec toute sa lumière, eUe ne pourra jamais démêler. » Boss. c Ourdir une petite brigue pour faire jouer une pièce. « Volt. « Quand on est à cent lieues de Paris , il est difficile de prévoir et de parer les effets des petites cabales , des petites intrigues, des petites méchancetés qu'on y (wr-
«Kf «ans C6186 pour s'amuser. > Id. — Ce ne sont pas des roses, des fourberies, des friponneries, «les sophismes, et toutes sortes de petits mauvais tours , mais bien toujours des complots, des conspirations, des crimes qu'on trame, et on le lait toujours dans les ténèbres. « Ne ferait-on pas aecroire au roi que le duc d'OriéaDs tramerait des mouvements et de dangereux complots? » S. S. m Oa trame une conspiration; le complot >e découvre.... » J. J. « S'il pouvait jamais croire que ses crimes sont connus, il se prévaudrait de l'indulgence dont on les couvre pour en tramer de nouveaux. » lo. c n se trame ici quelque borreur. » Bbaum. « Jésus-Gbrist montre qu'il connatt bien la politique d'Hérode , et ce qu'il tramait secrètement contre lui. » Boss. « Si l'abbé de Prades avait en effet tramé une trahison contre sou bienfaiteur.... » Volt. « Quel tissu de fourberies, de calomnies, de larcins, tramé çbi les fanatiques ! » lo.
Pounaif , trame sans moi tes complols ténébreux.
(Aarélie k Gatilina dans Borne sawée). Id. Non, plus j*y pense encore, et moins Je m'imagine Que mon fUs des Rumains ait tramé la raine.
(Bratos). Id.
Et qni croira qu'un corar si grand en apparence Renonce à tant de gloire , et dés le premier jour Trame une perfidie inouTe à la cour? Râc.
Ce qui prouve, du reste, que tramer exprime Vidée commune d'une manière plus complète et plus forte, c'est qu'il s'emploie bien absolument : on dit tramer, sans régime , comme on dit conspirer et comploter. « Villeroy avait tramé en secret contre M. le duc d'Orléans , dès le premier jour de la régence , sans cesser un momeat depuis. 9 S. S. « Voyant alors qu'on tramait pour diminuer son autorité, Catherine de Médicis s'attacha le roi de Navarre et l'amiral. » Cono.
Cependant tramer le cède, à son tour, à mathiner. Les machinations sont plus sourdes , plus profondes , plus essentiellement mauvaises et destructives, et par conséquent plus odieuses que les trames. D'ailleurs, ce mot suppose un plus grand appareil et fait concevoir un projet plus vaste. « Quand vous machinex quelque crime, et que vous faites cependant bonne contenance, Jésus ne vous voit-il pas f » Boss. « Thémistode , Athénien, était banni de sa patrie comme traître : il en machinait la ruine avec le roi de Perse. » In. «Les inquiétudes causées à Henri IV par Tingratitude et l'ambition du maréchal de Bouillon qui machina sans cesse contre lui et contre Louis XIII, et dont le but était de se faire chef des huguenots en France. » S. S. « Agamemnon dit aux Grecs assemblés que Jupiter machine contre lui la plus noire des perfidies. » Volt.
Brasser est un terme familier ou peu noble , qui exprime plutôt le dédain que la haine contre ceux qui font l'action marquée par ce verbe. Il se dit bien surtout de la formation ou des mouvements d'une cabale. Saint-Simon l'emploie plusieurs fois en parlant des démarches et des complots du duc et de la duchesse du Maine contre le régent. « Mme d'Aègre m'avertit de la dangereuse cabale qui se brassait de longue main , qui se fortifiait tous les jours, et qu'il était grand
temps d'abattre. • S. S. « Le régent voulait enfin faire quelque chose pour se tirer des pattes de la cabale et de celles du parlement. Depuis le jour de son arrêt célèbre , nous étions bien avertis de ce qui se brassait pour aller vigoureusement en avant.» In. « On peut deviner quelle peut être la justification du cardinal de Polignac à tout ce qui se brassait et qu'on n'apercevait pourtant que fort imparfaitement encore. » Id. « Diderot et Grimm avaient eu de fréquents et secret; colloques avec la mère de Thérèse , sans qu'elle eût pu rien savoir de ce qui se brassait entre eux. > J.J.
n lui cria : quoi donc ! méchante femme , A ton mari tu brassais un tel tour ! Lap.
OUTEÉ, INDIGNÉ. Violemment affecté contre quelqu'un à cause de sa manière d'agir.
Outré , porté outre , poussé à bout , au^elà des e bornes , par un oiUrage , par quelque chose qui nous blesse personnellement, marque un soulè' vement de l'amour-propre , un sentiment de dou* leur et de colère; tndtgn^, oufr^d'tndi^natton, outré d'une chose indigne^ ou comme d'une indignité ^ marque un soulèvement de l'amour du bien ou de l'honnête , un sentiment de mépris et de colère. « Mme du Châtelet est cruellement outrée de cette lettre qui la compromet. > Volt. c On m*a dit qu'on avait été tndt^n^ de la feuille de ce malheureux Fréron ; mais quelque horreur qu'U inspire, on le tolère, et il se fait un revenu du mépris qu'il inspire. » In.
La chose qui excite notre indignation peut n'avoir aucun rapport à nous. Que si elle nous touche, ce n'est pas en tant qu'elle nous est nuisible, mais en tant qu'elle est moralement blâmable , que nous en sommes indignés.
« Il est oiilr^ de vos refus. » Acad. « Antoine refusa à Octave l'argent laissé par César. Octave fut Ottlr^ de ce refus. » Gond. « La duchesse de Montpensier, outrée contre Henri III, qui avait révélé quelqu'un de ses défauts secrets , le troubla pendant toute sa vie. > Montbsq. « Alviane fut outré de trouver le combat achevé; de dépit il s'attacha à tailler en pièces deux compagnies qui se retiraient plus lentement que les autres. » Boss. « Lueullus, outré contre Pompée qui lui enlevait son emploi.... » Vert. « Don Bertrand a été outré de voir les spectateurs d'un sentiment contraire au sien. > Lss. « L'ennemi de Brandimart, outré de ne pouvoir se venger de la dame , tourna toute sa rage contre lui. » In. « Le roi fut outré d'une telle résistance. » S. S. « Brûlart était otttf^ de se voir un évêque du second ordre. » In. t Le maréchal de Montrevel fut enragé. outré (de ce que f avais obtenu la place qu'il demandait) , et ne put se tenir les deux premiers jours. » In. « Outré de voir ces gens-là disposer arrogamment de mon bien. » J. J. « Cet illustre poète Roi , otitr ^ de ce qu'à la comédie on avait préféré Nanine à une excellente pièce de sa façon , m'a honoré d'une lettre. » Volt.
Non, je serais outré d'être hedreux malgré moi.'ln.
De perdre ainsi ses pas notre bizarre outré ,
Voyant l'an du trépas de mon père expiré,
De son autorité pressa notre byménée. Laf.
« La cour, Paris» le monde furent étrangement