DEUXIÈME PARTIE
entrer t qaoiqud n'étant pas initié , consiste pro- 1 ■ prement à ne pas respecter le lieu saint , à le souiller de sa présence. Le sacrilège , de sacra légère j TOier les choses sacrées, est primitiTement le crime de ceux qui dépouillent les temples.
Par suite, la profahation est en général moins grave que le sacrilège. Ce peut être une simple irrévérence ou un blasphème qui échappe; elle peut avoir lieu par ignorance , par inattention , par oubli. « Si Jésus-Christ monte à Jérusalem au Jour de fête, c'est pour y venger l'honneur de son père, outragé dans les profanations et les irrévérences du lieu saint. * Mass. « Que peuvent penser les hérétiques , quand ils sont témoins de la manière dont nous assistons à l'auguste sacrifice du corps de Jésus-Christ T Cela seul ne leur Caût-il pas douter s'il ne leur est pas plus avantageux de ne point croire du tout cette réalité que de se rendre coupables de telles profanations?... Ils voient les scandaleuses irrévérences qui se commettent dans nos églises.... » Bodrd- « Jean Deslyons , docteur de Sorbonne , voulut prouver que les réjouissances à la fête des rois •ont des profanations. » Volt. « C'est souvent par vanité, quelquefois par intérêt, que nous consumons notre vie dans la culture des arts. Nous en faisons les instruments de notre fortune : c'est une profanation. » In. « L'usage des paroles de l'Écriture pour des pratiques superstitieuses est une pro/anolton. » AcAn. ^ Mais le sacrilège implique toujours une intention criminelle , c'est une entreprise volontairement impie , comme , par exemple , l'action de briser les autels ou les images sacrées , de fouler aux pieds la sainte hostie, d'outrager les ministres de Dieu. Être puni du crime de sacrilège (Mon- TBSQ.). « Suivant saint Optât, des hérétiques avaient commis un sacrilège en jetant aux chiens l'Eucharistie, le corps de Jésus-Christ. » Boss. c Disons à nos adversaires (les protestants) : pourquoi vous êtes- vous séparés T Pour éviter , à ce que vous dites , les abus qui étaient dans l'Eglise , vous n'avez pas craint de tomber dans le plus horrible de tous les abus, qui est le sacrilège du schisme. » In.
Dans son Commentaire sur le livre des délits et des peineSf Voltaire, ayant parlé d'abord des punitions infligées aux blasphémateurs, ajoute :« Mais pour des profanations plus grandes qu'on appelle scLcrilèges , nos collections de jurisprudence criminelle ne parlent que du vol fait dans les églises. Elles ne s'expliquent pas sur les impiétés publiques. » Et parmi ces impiétés il cite l'insulte faite à une image sacrée. Massillon distingue deux sortes de communions indignes, qu il appelle, les unes des profanations , les autres des sacrilèges. C'est nne profanation de s'approcher, de la sainte table avec un cœur impénitent, mal' préparé, sans toutefois que la conscience reproche ni dissimulation ni feinte ; mais c'est un sacrilège de venir , par une hypocrisie détestable , de sang-, froid et le sachant, fouler aux pieds le sang de l'alliance. « L'apôtre a traité de profanateurs et de sacrilèges ceux qui communient indignement. » Booan. « Connaître le vrai Dieu , et Tou-
trager , c'est un <aeriI^,Tmepro|aiuitùftd|^^ de tous les anathèmes. i Id. t La piéu zc-.. naire et intéressée est la plas crimiDeH$ ti plus abominable devant Dieu; car quelle pfV; nation et quel sacrilègt que d'abaser linsi. : plus seulement des choses saintes, nais ^ sainteté même 1 » Id. « Eninons-Dous, di: â. thasar, dans ces coupes sacrées d'où Î'cd iL tant d'effusions au Dieu des JuiislCesti: que son intempérance le ponsse jusqu'à la ;>r9,'i nation et au sacrilège, > Boss. c U àm qui déshonore son propre coifs est bb pro/oA teur et un sacrilège, » Mass.
Profaitoftott , action de prDfeier, indique ! fait pur, comme se passant; Mcruéjt, aciit d'un sacrilège , le représente en k qailifiin comme criminel , et conune méritant ou trc^it punition. « Sous l'ancienne loi, nn ministre ç aurait paru sans être revéta des onesesupR crits aurait été regardé comme un prv|iu!<8) et peut-être lapidé comme un sacriUit. > ïj « Les Phocéens s'avisèrent de iahourer desurr ^consacrées à Apollon.... On déoooça les ^ri fanaieurs aux amphictyons. V^Sm ïm i cutée , les Phocéens furent déclirés wj^ et condamnés i une grosse ameode. i Bo: « Que dirai- je, où me toumerai-jepoizrirTé:! ces profanations? Dirai-je que Dieu, peut pji les hommes de leurs sacrUéffts (dans ha^ sacrement de pénitence) a nesolo de feiiiârcft: fontaine à ceux qui retombent? » Boss. 'Si. profanation des Écritures (par de fiose ialer prétations) est toujoun unattent^pleadeo crilège, la profanation des propbélittesidit tant plus criminelle, que lwobscm\s^> devait être plus respectée. > lo.
Une autre différence , tonle gnnuDat/cafe résulte de l'origine verbale de profaaaitoR. i mot se dit bien avec un eomplemen; qm « à marquer par qui ou contîeqioi est faite. î tion de profaner. « Arrêter les pro,ftH<i<. | des hommes pervers. » Boss. t Nep« lais^r images exposées k la profanatm despi^J- In. La profanation des saints ^1^'^^ Mass.), des choses saintes {Bom^ d«s^« (Boss.), des temples et des tomtojU^, Sacrilège, au contraire, s'emplcje i^ d'une manière absolue': être pum da c^« sacrilège ( Mohtbsû. ) , commettre n «kwi (AcAn.).
PBOIE , BUTIN. Ces deux mot» sont s^ quand ils expriment l'un et l'autre q«lqw» de bon , d'utile , dont on s'empare àe m^
Mais l'idée prédominante dans pnw « de force , et dans butin ccUe de chose uii-e.
Proie.Mnpr^da.deprel^ff ravir, marque violence, ï*P*«*f' ^ncesi la beauté est la proie du temps H- ^/' .^j son est la proie des flammes (Acadj. «^ ^ crois«int toujours atec la pn-^^J^f'^^S plus de bornes ni de mes"'^'' 71 jtiejd pro.e du plus fort. » Rou. ^»f ' ^ heute, de baten, être ^r^}f''-,^J:^ donne primiUvement àWre idée (fl'r^^:
Uté, de quelque chose de bon quoai««
STNONfMES À RADICAUX DIVERS.
appelle butin ce que TftbeiUe et la fourmi lassent poar leur provision.
Comme on Toit aa printemps ]a diligente abeille Qui du btuin dei fleurs va eomposer son miel....
I3*ordiaaire , prote se dit spécialement de ce le les. animaux carnassiers ravissent à la chasse •ur le dévorer , et on nomme particulièrement itin ce qui est comme le profit des soldats et ts voleurs, leur capture, les dépouilles qu'ils it enlevées. « Ayant fait un paquet de toutes s hardes de Tivrogne dépouillé, le voleur Tem- 3rta, fuyant comme un loup avec sa proie. Nous lisserons courir avec son butin cet homme qui tait le même fou qui avait fait si grand'peur à ^stin. > SCABR.
Mais , et butin s*emploie aussi en parlant des nimaux raviss^ts , et proie s*applique quelque- >is à ce que les soldats prennent sur l'ennemi.
Ce qui fait la différence alors, c'est que proie eprésente la prise, et butin l'objet pris, c'est ue Vun appelle l'attention sur le combat, et autre sur ce qui en est le fruit : on se dispute ine proie ^ on partage le butin , on est chargé de uttn; une faible proie (Marm.) est incapable de e défendre, un faible butin est le contraire d'un iclie butin. « La garnison de Madras tomba sur es Français qui venaient d'assiéger et de prendre a ville : on combattit de rue en rue ; maisons , ardins, temples, furent autant de champs de >ataille où les assaillants, chargés de butin, ïoxnbattaieot en désordre ceux qui venaient leur irracher leur proie. » Volt, c Jacob avait dit : Benjamin est un loup dévorant; au matin il déchirera sa proie, et le soir il partagera le bu- Itn.s J. J. a ICaîtres de ce champ de carnage , on voyait les Espagnols dépouiller leur proie, et s'applaudir de leur butin. » Marm. « Ces soldats revenaient chargés d'un butin immense , lorsque quelques troupes de paysans armés à la hftte vinrent à leur rencontre avec si peu d'ordre, qu'ils pensèrent eux-mêmes être pris et devenir la proie de ceux à qui ils voulaient enlever leur butin. > RoLL. « Mithridate dit à ses soldats qu'il Les menait dans le pays du monde le plus fertile et le plus tempéré, rempli de villes riches et opulentes qui semblaient leur offrir un buttn tout préparé : que l'Asie ; livrée en proie à Tavarice insatiable des proconsuls , avait en horreur le nom romain. » Id. Ce qui est proie d'abord , quand il s'agit de s'en rendre maître, devient bultn ensuite , quand il s'agit de le partager ou d'en disposer d'une manière quelconque. « Les deniers publics de Garthage devenaient la proie et le butin des principaux de la ville et des magistrats. 9 ROLL.
En un mot , à prote s'attache uniquement ou surtout l'idée de violence et d'acharnement, et à butin uniquement ou surtout l'idée de profit , de bien conquis, de dépouilles. A la fureur , A l'animosité, A l'appétit féroce, il faut une prote, une victime; A l'homme intéressé, à l'homme qui veut augmenter son avoir en quelque genre que ce soit, et, par exemple , la somme de ses connaissances , que l'emploi d'une grande force , et même simplement de la force , soit ou ne soit
pas nécessaire , il faut du butin. On poursuit une proie., on fait du butin. '