PROMETTRE, S'ENGAGER, DONNER PAROLE
Dire, assurer, protester, qu'on donnera, qu'on dira ou qu'on fera quelque chose. « Je n'ai pas trouvé dans votre discours ce que vous nous prometties autrefois.... Vous nous dites alors des choses que vous vous engagies de faire avouer à votre docteur; et moi , je vous donnai parole que s'il en convenait je serais content de lui. » Boss.
D'abord , promettre est évidemment moins fort que s'engager. En promettant vous faites naître des espérances ; en vous engageant vous donnez un droit. Celui qui a promis ne peut guère refuser; il est absolument impossible à celui qui f 'est engagé de sortir des liens dans lesquels il se trouve pris. Aussi s* engager se met-il bien après promettre comme y ajoutant : « Le curé promit à Gustave Wasa et il s*engagea de prévenir et de mettre dans ses intérêts les principaux de ce diocèse. » Vert. On promet de toutes les manières, même en l'air, vaguement; on t'engage sérieusement, solennellement, par écrit, par serment , par vœu, par un traité ; on fait des promesses, on contracte un engagement. Dans le Festin de Pierre , don Juan promet à Charlotte et à Mathurine de les épouser; mais dans V Avare, Élise s'est engagée A épouser Valère, c'est-à-dire, suivant l'explication de l'auteur, qu'elle lui a signé une promesse de mariage. Et même , pour l'ordinaire, une femme engagée est plus que formellement promise, eVe est mariée ou dans les liens du mariage. « Le peuple s'engagea par serment « et avec les plus affreuses imprécations, de ne jamais abroger cette loi. » Roll. « Cyrus demanda au roi (d'Arménie) s'il n'avait pas conclu un traité avec Astyage , si , par ce traité, il ne t'était pas engagé à lui payer un tribut » Id. « Pour être vierge avec plus de mérite, sainte Geneviève voulut l'être par engagement, par vœu , par une profession solennelle. » Bourd.
Donner parole ou sa parole a la même force que s'engager : mais il la tire d'ailleurs. Comme la parole est purement verbale , non consacrée par un écrit, elle repose sur la loyauté de celui qui la donne; c'est un engagement d'honneur. Manquer à un engagemenX est un crime , et expose quelquefois A des poursuites; manquer de parole est une infamie. Cette expression convient surtout dans la bouche ou en parlant de rois , de personnages qui ont ou sont supposés avoir des sentiments nobles, généreux, chevaleresques. J'ai donné mk parole s
Et si ma fille vient je consens qu'on l'imibole. (Agamemnon). Rao,
Neptune, par le fleuve aux dieux mêmes terrible,
M'a donné sa parole, et va l'exécuter. Id.
« Vénus fit tout son possible pour obliger l'Amour A donner parole qu'il renoncerait A Psyché. » Laf. « Les magistrats tirèrent parole de Régulus que, s'il ne pouvait rien obtenir des Romains, il reviendrait ACarthage reprendre ses fers. » Ybrt. « J'ai domi^ ma parole, dit Pyrrhus, de secourir les Tarentins, et je ne puis en honneur les abandonner» » Roll. « Philippe Auguste
DEUXl&llB PàRTtt:
entra à main armée dans lea terres de Riekard Cœur de Lion , comme si, par la détention deice prince , il aTait été délivré de la parole qu'il lai arait donnée en se séparant d'arec lui à Acre. » Boss. « François I** arait donné sa parole à ^ Charles-Quiût de lui remettre la Bourgogne; promesse faite par faiblesse, faussée par raison; mais arêc honte. Il en essuya le reproche àa Temperear. La loi de politique était pour Fiançofs I*'; mais la loi de cherakrie était contre lui. » Volt.
FROKONCER, AXTIGITLER, FMOFÈRER. Rendre ou exprimer par la Toix des mots ou des paroles.
On les prononce en les AonfanI, en les proposant, en les exposant, en les disant tout haut, devant le monde. On les articule en les prononçant de manière à en faire sentir les différents membres ou les jointures (artus) , c'estrà-dire distinctement. On les profère en les produisant, on, comme on dit aajourd'bii, en les émettant, en les tirant de soi et en les portant an dehors.
On prononce et on anicule Mes on mal. Cm pfvnonee bien, qund on perle eomme il faut .pour se faire bien entendre; conne il faut, o'est-à-dîre avec des intonations convenables, naturelles , sans ehanler, sans traîner, sans affectation, selon les règles de la prosodie et de l\isage. On articule bien, quand, au lieu de barbouiller, en marque les parties des mots et leurs liaisons entre elles; ce qui dépend beaucoup de l'organe lui-même, comme le prouve Texpression : voix bien ou mal articulée (Hohtbso-)- ^ On ne profère pas bien on niai ; on profère ou on ne profère pas; ce mot est relatif, non pas à la nwniëre , mais au fait. La grammaire peut enseigner comment on doit prononcer et articuler^ la proRonetafion et rorKcn lotion ; elle n'apprend pae comment on doit proférer ; on constate qv'une chose a été ou n*a pas été proférée.
On prononce avec gr&ee eu lourdement: on a/r9icule avec plus ou moins de netteté; on avoue avoir proféré telles eu telles paroles. Les mots iml prononcée sont désagréables à entendre; les mots mal articulés ne s'eateodent poiat; dans les songes les lèvres s'agitent pour foroMr des parties que la langue engourdie ne peut proférer {F*N.). 11 arrive quelquefois qu'en pro^emee mel, fanrte d'avoir vécu dtiM la capitale, en fréquenté lee personnes imtnritee et pôliee ; qu'on ariteuie mal, faute de dents; et qu'on ne peut proférer un senl mot , tant on est émn.
Par exteneioa,. jMr.>nencer signifie dire hautement, sokonelleraent, en public, déclarer : prononcer un discours , un arrêt , des paroles sacrameotales. « Moïse n'eut pas plutôt prononce la parole de Dieu, que les eaux devinrent immobiles*. » Boiriro. Ariieuler signifie dire des choses, non pas vagues et incertaines , mais prêches, positives, ce M. de Cambrai veut-il être cru sur des aHégatiotts vagues et sur des discours en l'air, sans articuler ces doctrines que 1(. de Meaux , selon lui, n'ose ni avouer ni désavouer f» Boss. a Toilà la vérité devant Bien et devant les hommes. Vous pouvez y ajouter des faits que j'ignore.
mais fous ceux que Je riens ^arUe^er nont essentiels. > Volt, c Hais mâneat il ne fallsitpe de bien milres délibératkms pour afwrceroir tél. car je vons l'avais bien airtiemlé^ et je B^étais iisuré que vous m'entendiez fort bien. » J. J. IVbférer signifie dire de son chef des choeee qfd ssk: généndement des méfuts. être rantevr on ■ rendre coupable par la parole de l^mpbèae (Boss., J. J.), d'injures (Acab.), dnnfntUitt (ToLT.), de mensonges (In.). « Un prince nasi fut eondamné à mort pour aroir proféré des paroles indécentes qni avaient da rapport à ia parsonne de la czarine. > Vohtbsq. — Avait de lien prononcer contre tme personne accusée de calomnie, assnrez-vons qn'on arfîeale des bUa qni témoignent évidemment qu'elle a préféré oentie le prochain des împostnres.
I* FROSGBIHE, BAltlflft , EXHJai ; — 3* HB- L^BOm, GOIwmER. Ces mots font tens concevoir on acte de Tautorité qni personne de quitter sa patrie on ordinaire pour aller vivre aiUeucsL
Hais proscrire, bannir et erilrr sodC lekf&n lien d'où on ofofîge de sortir» tandis qne raft^ncr et confiner le sont uniquement aa liée aùaaopdonne de rester désormais. On dit fasen praécrire^ bannir et e«7er <fmi pays. On n^empMe pas reléguer et confiner arec de, mas toajoan avec dans, en on à. ^ L'on a enfin tenm la seolastiqae de tontes les chaires des grandes viDes, et on Vè. reléguée dans les boori^ et dam tes villages, s Labr. « On ne croirait jamais qae ce f9t une peine d'être esUé de la M oscorie : tepcadaut, dès qu'on grand est disgracié, oa lerdigaem Sibérie. » Montbsq. Proscrire ^ Dnnmiret aSer^ c'est mettre hors du pays , arec défense d^ rentrer; reléguer et confiner, c'est enn^er oo pbœr jm proscrit, un bonnt on aa eailié dmÈS an lieu, avec défense d'en 8<Mtir.
J* Proscrire, honmr, esefer.
^oserire vient du latin proeertSere^ dont le sens est fe même, mais qui veut dire primitivement afficher, parce qu'à Rome on affitdiait les noms de cens qui étaient compris dans une proseripHon. Ce mot est pins fort que ses denz syno> nymes. JYoxenVe, c'est, selon la valeur da mot en latin, bamnir on exiler sans aucune fcnne. violemment, en ennemi, en persécuteor^ arec aijfffflusité , et, de plus, retrancher toutes les ressources qu'on pourrait trourer a9Ieais, e& signalant le proscrit à Tanimadversiett publique, en lui interdisant partout le feu et Teav, endè^ fendant de lui donner retraite. C'est en quelque sorte exterminer. « En qualité d'académicien, je condamnerais d'autorité, je bannirais, je pro- «erif ais, peu s'en faut que je ne dise j'extermineras de tout mon pouvoir ce ponrotr prechain. 9 Pasc. « Les chrétiens étant pnscrOrée tous les fieux, les terres, les mers, leais proches, leur patrie, tout semblait leur icftserun asile. » Hass. « Au lieu (fapiiser cette gnent civile naissante, le parlement, où le parti des Guise dominait toujours, rendit plusieurs anêti par lesquels il pro«erteat7 les protestants, oidoonait à toutes les communautés de prendre les arme» de poarsuirre et de tuer tons les nova-
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
ur$. > Volt, c Sylla av^t poussé Marîus hors i Rome , et après sa fuite il avait été proscrit ,
ga tôle mise à prix. » Veht. L'abbé de Sainterra , qui avait été seulement exclu de TAca* ^e, sans que sa place fût déclarée vacante, était regardé par ses confrères c que comme un nié, et non comme un proscrit, » D'Al. « Je \8 e^U et proscrit de la Hédie. » Mohtssq. On sait comment les chrétiens ont été exilés, roscrits, enfermé» dans des cachots. » Bourd. Supposons que le pouvoir des maîtres fût em- Loyé à bannir la médisance de devant eux et à I proscrire. » Id.
Bannir vient de TaUemand hann^ qui a signifié 'abord ce qui gênait la liberté d'un homme, puis A acte de justice qui privait de la liberté , qui Ecluait d'une communauté , ou imposait une mende. Exiler est dérivé du latin ex salire, auter hors de. En conséquence, le bannissement st toujours le résultat d'une condamnation juriique; et VexU, l'effet d'un ordre, et autrefois bez nous d'une lettre de cachet. On eet banni ar un acte de l'autorité judiôaire, et essilé par u, acte de l'autorité souveraine ou royale.
Xe bannissement est « une peine à laquelle on dndamue les délinquants ou ceux qu'on veut lire passer pour tels. » Volt. C'est une peine ifamante ou prétendue telle qui suppose des iutes , des crimes , des délits réels ou imaginai- Bs. « Tous les jours saint Paul est exposé aux isulles des séditions populaires, tous les jours raduit de tribunal en tribunal, fouetté, lapidé. X)mbien de travaux? combien de voyages? com- «en de bannissements ? » Boura, « Le due de .orraine avait fait abattre les armes de France dacées dans des terres qui relevaient du roi ; le •arlement de Paris le condamna» par contumace,
la confiscation de ces terres e;t au bannissement, » Volt* « Dans le procès de Fouquet, I. d'Ormessoa a opiné au bannissement perpéuel et à la conAscation de ses biens au roi. » àv. « Nul délit de la part des jésuites sur lequel a pût fonder le bannissement du plus obscur articulier. » S. S. « Gicéron plaida pour Sextius, ue l'on voulait faire bannir* » Roll. « Dans ihènes et i Rome, le banniuement était une >rte de peine capitale. » Làb« « Opimius est cité evant l'assemblée du peuple* On lui fait son rocès ; il est banni de Rome par un décret soinneL » VaaT. « Ifarius dit qu'ayant été banni ar un décret publie, il en Aillait un autre qui utorisât son retour. » Ix>« — Vexil^ au coq- '^re, n'emporte aucune idée de déshonneur, et est pourquoi on dit bien un exU volontaire , et exiler volontairement (Fsn.) : c'est seulement la lite d'une disgrâce encourue, d'une conduite xi a déplu au maître, c On vient d^exiler un mseiller de notre parlement, parce qu'il a prêté I. plume à coucher les remontrances que le corps cru devoir faire au roi. » Hontesq. « Sous Rilelieu, les meilleurs officiers étaient suspects, aprisonnés ou exilée* » Volt. « Moïse goûta les sprobree de Jésus-Christ dans sa fuite précipite et dans son exil de quarante ans. » Boss. « Le larquis de Villeroi a eu ordre de se retirer de la 3ur pour sa mauvaise conduite.... C'est à Lyon
qull est exilée » Sév. « La cour, qui plaît tant aux ambitieux, n'était pour Horace qu'un exil et une prison. » Roll. « Le sénat, craignant que la présence de Scipion Nasiea n'excitât une nouvelle sédition, jugea à propos de l'éloigner, et on l'envoya» en Asie avec une commission apparente qui cachait un véritable exil, » Vebt.
« Les rois furent bannie de Rome; mais les Tarquins chassés trouvèrent des défenseurs : les rois voisins regardèrent leur bannissement comme une injure £Mte à tous les rois. » Boss. « Mme Le Féron a été jugée; elle est bansUe de la vicomlé de Paris : cela valait bien la peine de la' déshonorer. » Siv. « Tu me chasses sans pitié, ô Julie , tu me bannis avec opprobre. • J. J. Mais on dira proprement qu'Ovide fut exUé par Auguste (RoLL.), et Dion par Denys (FÉN.)«-rNos anciens parlements qui bannissaient jusqu'aux ministres conoussîonnaires, et qui avaient banni Mazaria, furent plus d'une fois exilés par le roi & Pontoise et dans d'autres villes de France (Volt.). -^ Le bannissement est honteux (Boss.) : il imprime u&e tache. On plaint V exilé comme éloigné et privé de sa patrie : les larmes de ïexil (Boss.).
2* Aeléguett con^ner. £^)oindre à quelqu'un dont on redoute la présence, à un coupable* à uu exilé, d'aller résider dans tel lieu qu'on lui assigne.
Reléguer vient du latin relegare , envoyer dans un Ueu écarté, au loin. Confiner eai formé du latia oim, avec, et de finis, limite : il signifie entourer de limites de tous côtés, renfermer, claquemurer. On relàçMe en envoyant loin de soi ; on confine en emprisonnant. — On relègue ceux dont on veut l'éloignement. « Périandre prit le parti d'éloigner son fils de ses yeux : il le relégua à Coreyre. v Fia. « Fénelon ne fit le Télémctque que lorsqu'il fut relégué dans son archevêché de Cambrai. » Volt. « Pompée prit un grand nombre des pirates ; et, au lieu de les faire mourir, il les relégua dans le fond des terres « et dans des lieux éloignés des bords de la mer. » Vert. « Un lépreux est chassé de sa maison et relégué dans un endroit pa|^iculier. » Moutbsq. « Le couguar était un fiéau pour la colonie ; mais peu A peu on l'a chassé , détruit et relégué loin des habitations. » Boff. Mais on confine ceux qu'on veut faire garder à rétroit f qu'on ne veut pas laisser échapper. J. J. Rousseau se plaint (fue ses ennemis veulent le confiner daas une habitation tout à fait isolée.aJoseph avait été confiné dans UO0 prison^ » Bouao. • On déposa le patriarohe; ou le eonfina pour le reste de ses jours dans un cloître, » Volt. « Les Lorrains avaient déjà réwlu la reine à confiner le roi de Navarre dana une prison perpétuelle. » Boss. • Il est impossible que dans cette vue l'homme ne considère la terre tout entière comme un cachot où il se trouve confiné, » Nie. ^ « Le ezar découvrit une grande conspiration. Plusieurs persoiUM» furent télé' guées en Sibérie, d'autres confinées en diveises prisons. » S. 8.
De même, au figuré, ee qui est relégué est tenu loin, n'a pas le pouvoir d'approcher; el se qui est confiné se trouve renfermé dans éeslimiles infranchissables, et n'a pas le pouvoir d'en sor-