‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 38 sur 426 · I.*0GCA8I0II. C'«t, d'aile part, «trt «a venir · texte numérisé non relu

I.*0GCA8I0II. C'«t, d'aile part, «trt «a venir

de l'auti-e, fliettri à portés dfl Adn quriqos chose.

On a souvent et fiioilement occasion , rarement et difficilement Voecasion de faire quelque chose. Un médecin de village d presque tous les jours occasion d'observer les phénomènes de la fièvre^ et a peine trois ou quatre fois dans sa vie Voecasion d'observer ceux de l'aliénation mentale. D'autre part , on trouve occasion quand l'occasioa a lieu par hasard, se présente d'eUe-même, etoa trouve V Occasion quand on cherche l'occasion, qu'on la désire. On trouve occasion de faire ce qu'on a iritention de faire , et Voecasion de faire ce qu'on a Vintention de fidre. Un écolier frotivant occasion de vendre ses livres , est tenté par l'appât du gain. Je suis obligé de retarder la vente de ces livres , jusqu'à ce que] e trouve Voecasion de le faire avantageusement. U en est de mêtne de donner oU fournir occasion A l'égard ds donner ou fbumir Voecasion, Dans le premier cas , l'occasion h'est pas , et , dans le second , elle est déterminée du côté de celui qui la donne ou la fournit comme du côté de celui & qui elle est donnée ou fbumie , c'est-à-dire que , dans le pre^ xûier cas , celui qui la donne le fait involontairement , par hasard , sans le savoir , et que celui à qui elle est donnée ne la voulait pas , ne la désirait ui ne la cherchait, n'y pensait même pas; tandis que la seconde expression emporte des accessoires tout contraires. Votre^étourderie m'a donné occasion de remarquer votre défaut principal. Vous recevrez plus souvent de mes lettres, si les vôtres , devenant plus fréquentes , me donnent plus souvent Voecasion de vous écrire.

A TRAVERS, AU TRAVERS. Au milieu, par le milieu.

A travers est une locution générale, dans laquelle le mot travers a perdu de sa valeur et n'attire plus l'attention. Dans au travers on insiste, pour ainsi dire, sur le travers dont on parle, on le tire de l'indétermination, on le fait remarquer. Si bien qu'à travers s'emploie quand on veut simplement marquer l'action d'aller au delà en passant par un milieu , et au travers quand on veut appeler l'attention sur ce milieu lui-môme. À tra/vers votre porte vous apercevrez quelqu'un venir vers vous; mais vous aurez bien de la peine à distinguer une personne au travers des ténèbres de la nuit. Ce qui frappe en général l'esprit dans le milieu traversé , c'est la résistance qu'il oppose ou le danger qu'on court en le traversant. De là vient que presque toujours ce à travers quoi on passe laisse un passage, une ouverture, un jour; tandis qu'A £But se flaire un passage , une ouverture , un jour dans ce au travers de quoi on passe. On passe à troMrs les champs , on passe son épée au travert du corps. Le fil passe à travers l'aiguille qui est percée; l'aiguille passe au travers de l'étoffe on de la peau qu'elle perce. Certains grains passent à tra/oers un crible (Boss.) ; un soldat perce au travers d'un bataillon (Acad.). Les objets s'aperçoivent à tra/vers un verre (Boss. , J. J.) , à travers des vitres (Fén. S. S.) ; mais des impuretés empêchent la lumière de pénétrer au travers d'un verrs fttrt épais (Disc.). -^ « L'aaa des rivières

STNOlfTHES QUI eUT Lfl MÊME RADICAL.

tm s^ètend p&s loin, en filtrant à Mnerè Va terres. > Botf. « 11 est aisé de concerdir <}ii'étattt a subtils et si agités , les esprits animatix lussent à travers les pores, s Boss. « A traveri les arbres j'ai entrevu un palais d'où U sortait de la fumée. » Fin. « U était aisé, à travert ses beaux discours , de dtouTrir ce qti*il pensait s Roll. A» travervde* périb on |;rand coeur te fidt Jdnr. lUc. « Se iaire jour au tramwrs de tous les obstacles. » BouHD. « JVbos passâmes au travtrt des écueils. » Ybs. cSa mère avait passé du ffdiTefi de la flamme et s'était sauvée. » Sév. * C'est au tra^eri de toutes ces épines que f espère parvenir I la }c\e de TOUS recevoir. » In. c Je vois au itàttn de tant de nuages quelque rayon de la ^i^ndeur divine. » Boss. « 3'ai cru apercevoir , ati trttvert de ces nuageé , ^ctù. tous estime edmnie on le doit. » Volt. ^^

À DÈPÀtT, lu DËI^aOt. telle personne ou telle cbose manqiiant , à la p]a(ie de telle personne ou de telle chose.

Au défaut est plus précis. C'est ponfquo! Il convient mieux eh parlant des personnes. « AHstcte aurait rapporté cet oiseau au genre rerdier; c'est ce qu'a £^t M. Brisson au défaut d'Aristote. » Bdff. « Au défaut des auteurs connus, Perrin produit pour toutes preuves quelques vieux livres des Vaudois. » Boss. C'est eneore à «anse de w etfactère de firècision qu'mi Alfoul se dit de préférenee par ra{»port au passé et aa présent, qui sont déterminés et certains. « Expressions brutales, qu'au défaut de Véquité et de la raison une bonne éducation «arait aaptRiméee. % Boas, c Au ]age de llionnenr a été remis Je droit de la justice éclatante ^ Ml défoui de la josfioe personnelle et sanglante que la loi proscrit. » Bba0K. A défaut , au contraire, est plutôt de mise quand il s'agit des choses de l'avenir, c Ce roi de Castille rappela ses petits-(Qa ainte à leurs droits , et À défaut de leur race , appela à sa oouronne celle de saint Louis. » S. S. c Si , A défaut de payer les annates , Je pape raftise des bulles, Duaren conseille à 1 Ëglise gaiUcane d'imiter celle de l'Espagne. « Volt, c Si U poule n'a pas ses propres œuCs , elle couvera ceux d'uiM autre poule, et, d difAïut de eeox-li , eaux d'une femelle d'une autre espèce. * BuTF. m. A défmut d'autre crime , on veut vous faire passer poor émigré. » Biauv. Ainsi au défaut signifie telle personne ou telle chose ayant manqué ou manquant; et à défaut , si par hasard une chow vient on venait à manquer. — Touieibis au défoMt se dirait bien aussi relativement au futur, mais relativement à un (htur fixe et indubitable , et non pas vague ou douteux : à dé* foui de via, nous boirons de l'eau, voilà l'expression ordinaire ; mais sibn est sûr que le vin fera dê&ut, on dira mieux : on défaut de vin, nous boirons de l'eau.

TOUT. Tout le. Ces deux expressions marquent une totalité.

Mais celle totalité n'est pas la même, tant t'ea fànt^ eoDuue on peut le voir par les deux phrases : font homme est mortel, et,toutr^mm# est mortel. T&ui sans l'article le indique la totalité das inditidtts dé l'espèeé, itiaSs ùe désire

pas ea particulier eeiid^ eu eèlni-iâ. T(m k exprime la totalité, noli ëoÉ ûMliTidos de l'espèce, mais des parties Intégrantes qui eonstituent rindividu , pris pour type du genre. Dans tout homme, le mot hoaune est tague, manque de |)récision; c'est un homme quelconque. Tout homme est capable d'un pareil effort. La vérité , tout homme est mortel , parée qu'elle ne concerne en particulier, ni c^ui-d, ni eelui-lA, donne à réfléchir à chaeuii, et peut avoir sur la conduite des homme une influence utile. Dans foui l'hommB , le mot hoimne a un sens précis et bien défini; c'est l'homme distinct de tout ce qui n'est pas lui , tel que nous le concevons en lui-même; et, s'il était vrai que to:i( l'homme fût mortel, il n'y aurait, tn la parfaite détermination de l'être dont il s'agit , aucun doute sur le sort de toutes les parties de nous-mêmes après cette vie, quel que dût être celui des autres créatures. Ainsi, dans Tune de ces expressions, le mot homme n'est pas défini , dans l'autre il l'est : dans la première , il est indéterminémetit dlstributif , c'est-à-dire relatif aux individus qu'il ne détermine pas; dans la seconde , il est générique défini , c'est-à-dire sigtiificatif d'un genre parfldtement circonscrit et délimité.

1* Sfàot^nUt êêÊ àoms Mme artkit «Ne Mr MA»e nôtm frétéJéi dé VarikU compote^ dn* de le, da U,des. ^

Les derniers, outre qu'ils sont plus précis et plus déterminés , ont toujours et essentiellement moins de généndilé que les premiers.

AVOIR PEINE, PITIÉ, HORREIJE, ROimS; AVOIR DE LA PEINE, DE LA PITIÉ. DE L'HOR- REUR, DE LA HONTE. Eprouver des sentiments exprimés par les mots petfie, ptiié^ etc.

Les mêmes distinctions devant s'appliquer à tous ces synonymes, nous nous bornerons à traiter ofvoir peine , et a/ûoirde lapeine. Ils signifient trouver des difficultés , des obstacles à ftiire et à dire quelque chose, ou bien y répugner. Aeotr petite est une expression générale indéfinie, une formule toute faite; le mot petfie n'y a qu'un sens vague et indécis sur lequel l'esprit ne se porte point; il s'est en quelque sorte fondu avec le verbe avùit , ce qui lui a été une partie de sa force. Vous marches d'un tel pas, qu'on ^ peine k vous suivre.

Mol.

Atoif de la p6ihe implique deux idées accessoires qui lui viennent de Tarticle et de la préposition de. D'abord, il indique une peine réelle, une difficulté, ou une répugnance plus expressément marquéis, sur laquelle il arrête davantage l'esprit, c Tawroi de la peine à vaincre l'amour que J'ai |)our vous. » yoL. Dans cette phrase : deux aruspices, disait Gicéron, OfU pHne à se regarder sans rire, le mot pe^tie n*a pas , à beaucoup près , la même précision que dans cette autre, awtit de la peine à parler, A respirer, à marcher. Awir peine signifie que ce n'est pas sans peine, que ce n'est pas aisément qu'on &it une chose; et anoyr de la peine ^ que c'est aree une véritable peine, aveo une véritable diffleulté , en souffrant ou en s'efforcent. On a peine à reconnaître une personne (Mot. , Ei»R.)t

PREMtflftE PARTIE ;

^dela peine à remuer un iàrdeau ; on a peine à aimer son ennemi , eidela peine à l'embrasser , à. lui faire du bien; on a peine à croire une chose invraisemblable , et de la peine à croire à une chose tout invraisemblable , miraculeuse ou horrible. « On a peine à croire que cela ne soit pas Tôritable. » Mal. « Ces sentiments font horreur, et on aura de la peine à croire que les mystiques aillent jusqu'à ces excès. » Boss. On dit simplement aooir peine , mais on dit avoir bien de la peiiie. Ensuite , dans avoir de la peine , la préposition quantitative de fait considérer la peine comme une chose dont on a plus ou moins , qu'on éprouve à tel ou tel degré dans les cas particuliers. On a peine à faire ce qu'on fait difficilement , et de la peine à faire ce qu'on ne fait qu'à force d'efforts et malgré une résistance plus ou moins grande. Avoir peine marque simplement la

^ difficulté ou la répugnance d'une manière générale et absolue; cmoir de la peine montre à l'œuvre et peint le plus ou moins de ^fQculté ou de répugnance suivant les différents cas.

J*aurais eu de lapeineh triompher de moi. Couf. Donc , avoir peine est plus vague et plus général ; anoir de la peine , plus précis , plus propre , plus expressif et plus particulier. Il semble cependant quelquefois que l'expression sans l'article dit plus qu'avec l'article; par exemple dans les locutions, avoir horreur du vice , avoir piHé de quelqu'un ; car enfin , avoir une chose dit plus qu'avoir de cette chose '. Mais si dans les expressions sans l'article le sentiment est plus étendu , plus complet, il est moins vif, moins fortement ressenti dans la circonstance. On a horreur du crime , on le trouve horrible; on a de Vhorreur pour le crime qu'on a plus particulièrement en horreur. Il en est de même d'avoir pitié par rapport à avoir de la pitié : (woir pitié c'est éprouver vaguement et sans véhémencQ particulière un sentiment qu'on éprouve pour tout le monde; cmoir de la pitié exprime le même sentiment, seulement jusqu'à un certain degré , mais plus énergique , plus spécial , dans une application particulière.

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