‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 387 sur 426 · LS MARQUIS · texte numérisé non relu

LS MARQUIS

L^ femmes et le jeu.

Depuis que je suis gueux je vis dans Vabondance.

Dm.

A&ondanee, aisance, opulence.

Abondance représente l'état d'un homme qui a

de tout en abondance, qui en regorge; et cela

emporte deux idées accessoires, savoir : l*que

les richesses qui amènent cet ctat sont de celles

qui abondent , qui prorleimeot de Yahùndmet 1 sol, c'est-à-dire que ce sont des fatess es j terre-, 2* que ce sont des biens dont on joiût e. gement, et qui peuvent amollir. — 1« Vàn. danee résulte de l'affluence des biens es champs. Année d'abondance (Acas.). « La te: ne se lasse jamais de répandre ses biens sur tez qui la cultivent; plus il y a d'hommes omis h pays , pourvu qu'ils soient laborieux , plss ^ jouissent de l'aboiidaiiee. » T&m. « Ensuite Ifeitor me faisait remarquer la joie et Yeb<màeaa répandue dans toute la campagne d'Sgjpse. i ID. c Polonais, laissez-moi tout cet ai^st asx autres, ou contentez-TOus de celui qu'il isodra bien qu'ils vous donnent, puiequHb oat plus besoin de vos blés que vous de leur or. IL tzjh mieux vivre dans rodondonoe que dans Vopulenee. » J. J. — 2* L'abondance pffodnit un rassasiement , une plénitude de satisfaction , qui dé^ nère assez souvent en Inze. m. Idoméoée lé répondit : Mais quand les peuples seroat azss dans la paix et dans Vahondancêj les délkes ks corrompront. » Fén. « A Sybarts, on abuse ds h fertilité du terroir, qui y produit one abondants étemelle; et les faveurs des dieux sar Sybaria ne servent qu'à encourager le Inie et la mollesse. » MoNTBSQ. < Moïse préféra les souffrances et l'ignominie qu'il fallait subir avec son peuple aux délices et à Y abondance de la maison du nâ d'figypte. » Boss. On dit les dangers (Miss.) , ks crimes (Id.) , les attraits (Rou..) de fabûndaaee. La mollesse est inséparable de Vabendanee (Màss.}; les Hèdes étaient lamoHîs par kur abondance (Boss.). Vabondance^ ennemie de travail, corrompt les esprits et amoUit les eoarages par le luxe, par Forgueii, par Fosiveté

(ID.)

L'aCiance et l'opulence ne se dislîagnea/ si par la nature, ni par l'effet des richesses dont eUea supposent la possession , mais par leur plus ou moins de grandeur. Dans raissnce, on esii Voûr, rien de plus; on possède un avoir suffisaot^ an état de fortune tel, qu'on peut se procurer les commodités de la vie. On dit une honnête sh sance (J. J.). L'aisance convient aux ooadhmi les plus médiocres.

J*ai dans ma Terme acquis beaaeoup Û^mtaaet. (Mathurin, fermier, dans le J)nÊt dm,

Migmémr), , You.

« Le libelliste demande comnient FAn^eterre a eu un tiers de plus de citoyens depuis 1& reine Elisabeth T C'est parce que la popolatioaa été encouragée par l'oûonee. » Id. « On est parvenu enfin à ne plus mettre le luxe que daas le goût et la commodité. La foule de pages et de domestiques de livrée a disparu , pour mettre plus d'aisance dans l'intérieur des maissas. > Id. <K Le peuple même trouvait, dans les occopations utiles qui se succédaient sans l'accabler, f aisance et la paix. > 7im. « La loi qui défend fosage de l'eau salle est une lot de proscription contre retsance de l'homme et la santé des animaux.' BuFF. — Il faut, au contraire, pour être àass l'opulence , une grande et brillante fortune. < Je préfère nui patrie, la pauvre petite île dlthaqos. aux cent villes de Crète , à la gloire et i l'ops-

SYNONYMES A RADICAUX DIVERS

^nce de ce beau royaume. » Fér. « Imitez les rands qui sont nés dans le sein de Vopulenee; s rient quelquefois. » Labr. « Crassus balançait t crédit de Pompée par une opulence énorme. » .OI.I.. « J'ai toujours vu du même œil l'opulence t la misère. » J. J. « On dit tout haut dans le londe que ces équipages pompeux, ces édifices iperbes , cette opulence domestiqué est le bien e la veuve et de l'orphelin. » Hass. « Ce mépris ) juste des autres hommes naît dans le sein de opulence , qui ne mesure le mérite que par la randeur des richesses^ et estime les hommes, on par ce qu'ils sont, mais par ce qu'ils possèent. » D'Ag. « Venise était redoutable par son puîence; elle avait acquis de grandes richesses ans les croisades. » Volt.

Mes richesses des rois égalent Vopulenee,

(Aman dans £sther), Rag.

Entre les adjectifs riche, aisé et opulent la suie différence remarquable consiste en ce que iche tient le milieu entre aisé et opulent y qui xp riment qu'on possède , l'un ce qu'il y a de plus Qodeste, l'autre ce qu'il y a de plus considéable en fait de belle fortune. « Chez eux chacun . le nécessaire ; un grand nombre vit dans l'atance; peu sont riches; personne n'est opulent.*

Page 1