DEUXIÈME PARTIE
c'est-i-dire qu'on anéantit son bonheur ou son amour par devoir.
Il but que mon amour se Tenge avec éclat ,
QuHcl l'immole tout i ma fureur extrême. Mol. Un père sacrifie sa fille à l'intérêt, quaod il n'a en Tue que la fortune en la mariant (Mol.)* Autrefois des pères barbares iihmolaient leurs enfants à la cupidité , quand il les faisaient mourir au monde et les enfermaient dans des cloUres, afin de laisser tous leurs biens à un seul fils (Mass.).
On revient donc toujours aux idées primitives: le sacrifiée est un simple renoncement, un dommage, une offrande ; et Vimmolationf un sacrifice sanglant, qui détruit une victime. < Par Taumône on sacrifie ses biens; par le jeûne on immole son corps. > Boss.
Rendes vains mes serments, saeri/Ut nos lois ,
Immole* votre époux et le sang de vos rois. Volt.
SAGESSE , PRUDENCE, — VERTU. Principes d'action que suivent les êtres moraux , les êtres intelligents et libres , lorsqu'ils agissent de manière à mériter l'approbation et l'estime.
Plusieurs différences séparent d'abord la sagesse et la prudence de la vertu.
1* La sagesse et la ^udence ne sont louables que sous un point de vue-, la vertu l'est absolument. La sagesse et la prudence guident bien , elles font connaître, choisir et employer les moyens les meilleurs pour arriver à un but ; mais ce but peut être mauvais, personnel ou coupable. La verlu pose le but, un but essentiellement bon, l'accomplissement du devoir ou de la loi et y dirige par les voies les plus convenables, si rudes qu'elles soient. Sagesse et prudence donnent l'idée de lumières , d'habileté , de talent utile : l'homme sage ou prudent n'est pas insensé , extravagant, fou ; tel fut le sage ou le prudent Ulysse. Vertu donne l'idée de courage (vtf(u<), de dévouement, de sacrifice, de désintéressement : l'homme vertueux n'est pas vicieux, lâchement asservi à ses passions égoïstes, malveillantes ou criminelles; tel fut le vertueux Caton. < Dans la position où Je suis, me livrer aux amusements qui me flattent est une grande sagesse y et même une grande vertu; c'est le moyen do ne laisser germer dans mon cœur aucun levain de vengeance ou de haine. » J. J. « Voici les pièces du procès des Sirven : nous vous les adressons i vous , mon cher frère (Damilaville) , dont la philosophie consiste dans la vertu autant que dans la sagesse. > Volt. Ainsi la sagesse et la prudence peuvent n'avoir rapport qu'à nous; la vertu a nécessairement rapport aux autres ou au bien en sot. — V Sagesse et prudence expriment des principes de conduite doux, calmes, qui ne demandent pas beaucoup d'efibrts; la vertu ^ au contraire , exige de la constance, de l'énergie, veut qu'on se fasse Tiolence , oblige à lutter. « On se plaint de manquer de force quand il est déjà trop tard pour en user. La vertu ne nous coûte que par notre faute; et, si nous voulions être toujours sages, rarement aurions-nous besoin d'être vertueux. En cédant à des penchants faciles et à des tentations légères, nous tombons dans des situations périlleuses, dont nous ne pouvons plus nous tirer sans des
efforts héroïques qui nous effrayent. » J.l. ~ 3* La sagesse et la prudence n'agissent que sr l'esprit : les conseils de la ao^ecse ou de la pnr denu. La vertu intéresse le cœur; ee n'est pi^ une lumière qui éclaire , c'est un sentiment ç: nous fait incliner au bien ou nous y pousse : ks attraits, l'enthousiasme de la vertu. La phils»phie et l'expérience peuvent rendre aage et prudent ; la venu est plutôt Teffet du natorel coU:^ par la religion et par l'exercice habituel de respire sur soi-même.
La sageue et la prudence diffèrent aos fane de l'autre.
La sagesse est positire , la prudence n^attve-, l'.une dirige, l'autre contient. Sage eatieprise, prudente retraite ; sage réponse , prudaix âience. « Comme les monarques doiTent aToir de '^ s^gesse pour augmenter leur puissance , îb ne dotvent pas avoir moins de prudence afin de ia bi?rner. » Mohtssq. « Le sckçe est éclairé snr ce qo'ù doit faire; le prudent, sur ce qu'il doit éviter. > CoRO. Le démon de Socrate lui iospira/t, non ix sagesse ^ mais la prudence; car, sans loi indiquer les actions qu'il devait fiure, il lé détour, nait de celles dont il devait s'abstenir. Or, la prudence, consistant à s'ioterdire le mal, est inférieure à la sagesse qui prescrit le bien. Avec de la prudence seulement, on est circonsçecX, réservé, innocent; avec de la sagesse^ on ne se contente pas de dire :
Si non cnlpabor^ sot nu&i laadU erùg on se rend digne de louanges par on mérite effectif. Les sages de l'antiquité n'ont pas seuiemsit tenu une conduite irréprochable; ils ont conthbué au progrès de la civilisation en tout genre. Rien ne périclite sous une administration prudente; mais tout prospère, tout fleurit soas une sage administration. — D'autre part, la sagesse et la prudence sont relatives', Fane à la théorie , l'autre à la pratique. « Dieu a donné i Salomoa la sagesse pour l'intelligence de la loi et des maximes, la prudence pour l'application.» Bos». « La sagesse est la connaissance certaine dâs effets par les premières causes; comme quand es rend raison des événements ou de l'ordre de l'univers par la Providence.... La prudence est ose connaissance des choses qui regardait les mœurs ; ce qui nous conduit tout naturelkment à la morale. » In. « De toutes les qualités de l'âme, la plus éminente est la sagesse y la plos utile est la prudence. » Barth. La sagesse éiclt des préceptes certains; la prudence donne du règles sûres. La sagesse est la raison perfiectktonée par la science ; la prudence est la droite raison appliquée à la conduite de la vie. La tsgeue voit plus en grand et montre les voies générales; la prudence voit plus en détail , et détermine le choix et l'emploi des moyens particutiers. A sagesse s'attache une idée d'excellence et de dignité ; à prudence une idée de savoir faire.
Une femme sage se conduit bien ; une fems» prudente ne s'expose pas; une femme vtJtueuit résiste , se défend , triomphe de ses penchants et des tentations. Dieu est sage , car en tout il voit ce qu'il y a de mieux et s'y conforme :
Le ciel est Juste et sage, et ne fait rien en vain. lUc
SYNONYMES k RADICAUX DIVERS.
ais on ne peut pas dire que Dieu soit prudent; ir, comme le remarquait très-bien le pontife otta , au rapport de Cicéron , il n'y a point pour •ieu de mal, de fautes, de dangers possibles. Et
n*est pas non plus vertueuse: car il agit conforlément au bien sans peine, sans effort, sans 7oir de penchants ou de passions à combattre.
SALUT, SALUTATION, — RÉVÉRENCE. L'idée ommune à ces trois mots est celle d'une démontration extérieure par laquelle on témoigne aux ersonnes quelque sentiment favorable , de Tin- 3rêt , de la bienveillance, de l'estime ou du resect.
Salut et salutation ont été distingués l'un de autre dans la I'* partie , p. 169 et 170. Ils diftësnt considérablement de révérence.
Salut et salutation viennent du latin salus , stlut , santé , de salvere , se bien porter ; en sorte ue le salut ou la salutation consiste à dire , por- 3Z-V0U8 bien , bonjour, ou à souhaiter une bonne anté. Révérence ,dénYû de revererx, craindre par espect, éprouver tine crainte respectueuse , et idique une sorte d'hommage ou même de culte , endu à une personne qu'on vénère. On salue un iférieur ou un égal, comme un supérieur; au [eu que la révérence s'adresse toujours à un suérieur, devant lequel on s'abaisse pourl'honoer , et ce n'est pas seulement le respect qu'elle exarque , mais un grand respect mêlé de crainte.
Mon Dieu 1 laissez-là votre révérence ; ce n'est •as de ces sortes de respects dont je vous parle.» [OL. > Alors l'ambassadeur ottoman fit sa rêvéence et se retira à reculons , sans tourner le dos ant qu'il put être vu du roi , fit ses deux autres ëvérences où il les avait faites en venant, puis 'en alla lentement. » S. S. « La révérence que ai faite à IC. le duc de Bourgogne n'est pas ce ue vous croyez. » Fbn. « J'embrasse Mlles de rrignan, et leur fais aussi mille souhaits pour ette année ; je n'ose hasarder qu'une révérence à I. le comte. » Siv.
Quant à la manière ou à la forme , on salue du este, en se découvrant, en touchant la main, ar un léger signe de tête, ou même sans se mouoir , en prononçant certains mots *, mais la révéence se fait en inclinant beaucoup le corps ou en liant les genoux. « Je fis au magistrat une rêvéence si profonde , que je pensai donner du nez à 3rre. Il répondit à mon salut par une légère inlination de tète. » Las. « Calderone , secrétaire u ministre , mettait pour ainsi dire des nuances e considération dans les civilités qu'il faisait : il s contentait de faire à ceux-ci une légère incliation de tète; il honorait ceux-là d'une rêvéence. » In. « Nous saluâmes ces Lapons en leur onnant la main, et leur disant j>ourù(, qui est i salutation laponne, qui veut dire bien venu. Ces auvres gens nous saluèrent de même , et nous endirent le salut par le mot de pourist ont, oyex bienvenu aussi. Us accompagnèrent ces lots de leur révérence ordinaire , qu'ils font à la iode des Moscovites, en fléchissant les deux ge- .oux. • Kbgn.
La révérence n'est pour l'ordinaire qu'un vain érémonial, un acte de pure civilité ou d'étinette , comme sont la plupart des compliments.
« On croirait que c'est une contradiction que le pape fût venu en France se prosterner aux pieds de Pépin, et disposer ensuite de la couronne; mais non ; ces prostemements n'étaient regardés alors que comme le sont aujourd'hui nos rêvérences : c'était l'ancien usage de l'Orient.... Tout cela était sans conséquence. » Volt. « On vient au prince par cérémonie, en efiet on traite avec le ministre. Le prince a les révérences, le ministre a l'autorité effective. » Boss. Racine à Uzès , chez un chanoine, son oncle, à cause duquel on lui faisait force caresses , écrit à un de ses amis : « En ce pays , les civilités sont encore plus en usage qu'en Italie.... Je suis épouvanté de voir tous les jours des villageois pieds-nus ou ensabotés, qui font des révérences comme s'ils avaient appris à danser toute leur vie. »
SANG-FROID (DE) , DE SENS RASSIS. Calme OU d'une manière calme , sans être ému.
De sang- froid se rapporte à l'activité , de sens rassis à Tintelligence. Quand on est de sangfroid , on n'a pas le sang chaud , on n'est pas bouillant , fougueux , prêt à commettre des. violences; quand on est de sens rassis, on a le sens droit, et non troublé, on n'est pas dérangé mentalement, prêt à déraisonner. On agit de sangfroid; on juge de sens rassis. Le furieux et le fanatique ne sont pas de sang-froid; Tinsensé , l'extravagant, n'est pas de sens rassis. Alexandre n'était pas de sang-froid lorsqu'il tua Ciitus; des juges prévenus, aveuglés par la passion, ne sont pas de sens rassis. De sang-froid, c'est à-dire sans emportement; de sens rassis, c*est-à-dire sans égarement , sans folie.
L'homme ivre n'est pas de sang-froid, maître de lui-même, de ses mouvements ; il peut faire un mauvais coup. «Un homme de ce caractère (un coquin) entre sans masque dans une danse comique, et même sans être ivre, mais de sang* froid. » Labr. « Vous sortiez d'un long repas.... Soyez certain qu'un têle à tête où vous m'auriez traitée ainsi de sang-froid eût été le dernier de notre vie. » J. J. Un docteur entêté d'un système et un homme rempli de préjugés ne sont pas de sens rcusis. Voltaire* dit de certains docteurs en Sorbonne :
Ils avaient Tair d'être de s^ns rassis :
Chacun passait pour sage en son logis...;
Quelques-uns môme étaient de bonnes tètes;
Ils sont tous Tous , quand ils sont sur les bancs.
« Alors nous pouvons mieux raisonner que jamais.... N'ayant plus ni préjugés, ni vues propres à quoi nous demeurions opiniâtrement attachés , nous voyons d'un œil plus épuré, et nous jugeons d'un sens beaucoup plus rassis. » Bourd. — Suivant Cieéron, l'orateur qui veut n'être que sublime , qui ne peut traiter aucune matière d'un air tranquille , qui s'enflanmie dès le commencement , ressemble à un homme ivre parmi des gens à jeun et de sang-froid, à un homme en délire parmi des gens de sens rassis (Lab.).
On a-dit quelquefois de sang-rassis et de sensfroid. « Le dessein de conquérir toute la terre est une idée romanesque qui ne peut tomber dans la tête d'un homme de sang rassis. » Volt. « Les feux de la jeunesse ont passé.... Je hais les fem-
KUXIÈME FARTIS:
xnas depuis que Je les envisage de sens froid. » Voimso. Vais c'est s'expriner d'une ftiçea contraire à raoalogie. Le propre du Mn^r est d'air» chaud ou froid , de s'éehtuffer, de i'enfl«mmer, ou de se refroidir, de so glaeer, suis non pas d'aToir une omelfe, d'être dreit eu solide. Le <mf , su eontrsdre, qvi n*esl sosoeptible d'être appela ni ebaud ni froid , a cela de commun arec resprrt que, comme il peut Un renversé , il peut
êU'C f OffÛ .
SATHIIQim, CMOVrUfCB, WemAWi, oui attaque les personnes et reiêve leurs défaut». On dit presque indifTéremment: un homme, un caractère, un esprit , un discours, un propos, des vers taftH riqun^ eamtitfues ou mordoîils; une humeur «oltrtque , caustique ou merdonls.
Satirique signifie Ttdée commime simplement, sans rien qui la fasse saillir; au liou qne etmttique et mordant y ajoutent chacun une énergie particulière. Satirique est seulement énondatif , il fiut connaître de quelle nature est la chose dotkt on parle; catuttque et mordant sont expressiCi , ils font sentir combien est forte la qualité attribuée au sujet. En disant qu'une personne ou une chose est satinque, tdhs la classes; en disant qu'elle est f ausft'que ou mordante , vous la Repeignez. On est satirique ^ mais non pas caustique ni inoi*daiil , quand on se borne à signaler sans grande TÎtacité et sans beaucoup d'aigreur ce qu'on trouve de biftmable et de ridicule, n se peut aussi que le satirique , à la dilRrence encore du cau^tqiie et du mordant , prenne pour objet de ses censures les personnes en général , les hommes , les al}us et les vices publics , et non pas telles ou telles personnes en particulier.
Ce qui est caustique brûle, cuit, cause une vive douleur; ce qui est mordant déchire, fait une blessure sanglante, et produit une longue souffrance. On est plus sensible à ce qui est caustique; ce qui est mordant fait plus de mal.
Le caustique lance des traits piquants qui ne sont guère dirigés que contre les travers et les ridicules ; l'esprit mordant s'acharne contre les mœurs et déchire les réputations. Dans le caustique il y a de la malice , du dépit ; dans l'esprit mordant , de la haine et de la méchanceté.
La causticité n'est pas aussi odieuse, elle peut avoir quelque chose de léger et de badin, et n'employer pour arme qu'une fine raillerie. «Le Haquais était salé, volontiers caustique, gai, , plaisant , plein de saillies et de reparties. » S. S. a Les mots railleurs d'un caustique, » J. J. « Trasille est vain, cawrttque et railleur. »Vauv. «Les nombreux ouvrages du' moraliste satirique Lucien prouvent de l'esprit, de la finesse et de la gaieté eaïustique. * Lau. < L'orateur Philippe avait dans les altercations , quand il était échauffé , quelque chose de piquant et de caustique qui plaît toujours beaucoup aux auditeurs. » Roll. Hais la mordacité ne connaît point de ménagements , ne respecte rien.; elle frappe des coups cruels qui tendent à détruire et emportent la pièce , comme on dit. Les ouvrages de Juvénal , qui poussa jusqu'à l'excès sa mordcmte hyperbole et dont la mordante plume fit couler des flots de fiel et d'à* mertume , sont pleins d'affreuses vérités (Bon.).
« Yaut-il ndeux être teoaehe, âèààgBEu> compatible et toujours siordimt{ikiiaàei îy mon)?» P]ftif.«LorBqaefèpigTiniDeeaMr(i^ il est rare qu'elle ae soit pu téieise:eisikb dtluMtion elle joint la ealsmâs, elk«âitmi Mare. — « L'abbé Fontièit était mm pra cdJVctèneaustiqHetXwfàmit^iMfeïi déshonorer et te perdre. > Ifki.
8ATISFAIT , GORTBRT. On est tt^àà n catent d'une chose «fol» tient poarnflaS,s qui ne laisse plus Ûoi sa ééù.
Mais satisfaiÊ exprime «ae taSutsAm extinction de désir relatiTes;eo1an(.g»slli• sance et une extinctloQ de dtir sbatoCetoi qui est satisfait à*UM choM n'en deoièflu; celui qui est content d'une chose a densk plus rien. Il y a des gm» insatisbies qn m soi jamais satisfaits, qui ne disent jaunis d'iMcke qu'ils reçoivent , c'est sssex; H 5 s des g» aquiets qui ne sont jaunie cMtfnKr, gai se otat saqis cesse de nouveaux sajets.à'fipéKraà; craindre. Tous venex d'acqDérir mUsia^ vous aspiries; vous voilÀ wi^étpriémi Ëtes-vous conteiel ? Hélas! ps taijpw, si » cessairement; il y a twt d'rtrad»»^ vous êtes privé et dont voai poQtaaafit)!^* vation.
Satisfait regarde pktflt le jaaè, *»W l'avenir. On estfotfjfatfqumdonB'apMWÙ.
cherché , travaillé en vain ; 0» ert «rtitf ^ on n'est pas tourmenté du kseio ifntrtAv- Celui qui est satisfait de son «srtestisf^» affaires ont tourné, réussi i soehait; t^f* est content de son sort se tr«m tenitMt* pas de nouvelles entreprises es de nôowtea» pour ajouter à son bien-être.
Saiisfait est objectif et marqaesiflpiM*» fait, un succès, raccomplissenw» io^^ content est subjectif et marque felsifiiJ*'» l'âme produite par la plénitude ieUi(»«» et l'exemption de désirs nouveinr. '^^*^ User mes souhaita, mes ^^^^^^z!* mes prétentions, je sois satiits^^ ^f^ pourvu , il a été fait assex (st^ ^^^!^ je possède, ce qui est venu es m pcsss» remplit toute la capacité die mw *»«:»"; contenu, c'est-àrdire qu'elle est (W^^ qu'elle se conHenf, qû'eûeWP"*^^ qu'elle ne forme pas d'aunes tœm, elk®^ tente et heureuse. Yotrc «rftw/srftw «to^ ou d'avoir obtenu; votre «^^'***^JliL jouir et de jouir sans autre désir q» tJ»^ Il nous arrive souvent en cette tieW^ faits, le fait d'un homme qui o*^«|f î convoite est asser ordinaire: A^^'^i rarement d'être contents, l'état tfanj^ qui ce qu^l a suffit, et qui «Y «^^t, «^ une ehimère', tant est imparfeite la joatfP^ oe que noua obtenons et tint nos ?(» ^ changeants. N'être pas sati^ <l®J^y rapport à sa conduite qui n'est p« «» .^ ce qu'elle devrait être; û'*^If ^^^j homme a rapport au sentiment de cMp • sa conduite inspire. . j^
U «afwAi«t*oi» se ^PP^^^^\iie moins au bonheur que le oonteswww-
SYNONYMES k RADICAUX DIVERS.
t un léger besoin, on contente une grande ou te passion. « Je me manifesterai à tous , dit ius-Christ à- ses apôtres , non point pour sature des yeux curieux , mais pour contenter un mr ardent. > Bosa. L'opinion remplit ses hôtes me saHsfactio» pleine et entière , elle lee rend ntenU (Pasc.).— C'est plutôt l'esprit ou le goût À est saiUfadt^ c'est plutôt la sensibilité ou me qui est contente. On est tatisfaU de ce qui t vrai ou beau , content de c% qui est bon. Je is satùfait d'un ouvrage de l'esprit ou d'un ivrage d'esprit , d'une démonstration , de raisons l'on allègue; je suis contenê de la quantité ou
la qualité de mes alimenta > des sMitiments l'on a pour moi, eto.
S<Ui$ faction est encore ol^'ectif , et contenteent subjectif, en ce sens que la scOisfaUion dé- !nd toujours des éyénements , et le contenteent quelquefois on en partie de l'âme. Un )mme qui a toutes les ressources de la fortaïae
satisfait aisément ; un homme qui a de la mo- ^ration sait se contenter. U n'y a nul mérite à re satisfait, c'est un accident : le eonteniemefU i\jX être l'effet de l'empire sur soîpiméme et de . prudence. Je ne tous dirai pas, soyez ouTiTez Uisfait, mais soyez ou TiTes content Enfin , on est plutôt satisfait des faits, de» acons, de ee qui arrÎTO, et eenteni des choses ou es personnes. Je suis satisfait de tos démarches , e vos réponses, de vos exousesi^ et je suis eonmt de TOUS. Je suis contem du sujet d'un diseurs, mais je ne suis pas satisfait de Tezécation. uther était content des luthériens, et satisfait es explications et des adoucissements de leur rofession de foi (Boss.). Je suis conteni de la hose que tous m'aTez euToyée, die est bonne, t je suis satisfait de Totre euToi. Voltaire écrit ans ee sens au maréchal de Richelieu : c J'enoie à Mme Dubarry une montre de ma colonie ; L TOUS en êtes content , j'espère qu'elle en sera atis faite; ce n'est pas seulement dans lea curages d'esprit que tous avez du goût. »
SAUVAGB, FAROUCHE. Ces deux mots se dient» au propre, des animaux qui ne TiTent point ans l'état de domesticité, et, figurément, des sommes peu sociables. Us ont la même différence [ans les deux acceptions.
Le sauvage ne recherche pas la société ; il n'ose }>order : le farouche repousss la société; on l'oae l'aborder. L'un fuit. L'autre fait fuir. Le auvage est craintif, timide, méfiant; il fuit, 'éloigne et Tit à L'écart : le farouche est violent, Ddompté,. plein de fureur, mais d'una fureur oncentrée, sombre et silencieuse; U n'a. pas leur, il fait peur.
Le lièvre, le cerf, le daim sont des aaimauz aunages. : les oies et les canards sawcages sont, ;omme les premiers , des animaux fort doux, dais les hôtes farouches sont les bêtes féroœs. les deux mots ont la même racine, le latin fe- 'us) y avec cette seule différence que la Tiolenca les bêtes farouches est eonsidérée en elles-mêiàes, :omme menaçante , comme prête à se déployer à a nu>indre tentative de les approcher et de les lompter, plutôt que comme se déployant aotuelemeot et sans provocation. « Lea câvettes sont
naturellement farottches et même un peu fé* roces. » BuPF. %
« Le canard, si privé là tmILs, est derenu sauvage aujourd'hui : au lieu de présenter le bec, il tourne la queue et s^enfuit. » J. J. « Polyphème, toujours & l'écart, mène une vie brutak et sauvage. » Fén. « Contre des périls si terribles , des religieuses ne sauraient être trop «ouvagee , trop alarmées , trop enfoncées dans' leur solitude, a ^. < Madame était sauxnge, toujours enfermée à écrire. > S. S. « Nous appelons «ouvage un homme de mauvaise humeur , qui fuit la compagnie. » Volt. « Les animaux les plus mw« vages et les plus solitaires sortent de leurs tanières quaiod l'amour les appelle. » In. « Des animaux senivages et paisibles^ » Barth. « I^un naturel timide et eaunage, > Bufp. « Les éléphants sont aujourd'hui moins défiants, moins sauvagu^ moins retirés dans les solitudes. » le» « Le naturel de ces animaux (les chevaux dans l'état de nature) n'est point féroce; ils sont seulement fiers et sauvagse^ » In.
c Semblables à deux bétes farouches, Timocraite et Protésilas étaient toujours prêts à se déTorer l'un l'autre. > Fén. Achille , ce guerrier si irritable, aTait l'humeur farouche (Laf.). c Nemrod , hemme farouche, devint par son humeur Tio-« lente le premier des conquérants. » Boss. « La Téritable graTité est bien éîotgaée d'une austérité farouche ou affectée qu'on n'ose aborder: > FÉn. < Le pape Urbain , homme impétueux et faroutche, » Volt, m U fallait adoucir les Corses, et on les rendait enoeve plus farouches. » In. « De nos quatre animaux, les deux mâles étaient fa* rouches et méchants. » Bvrr. « Le chien, même sauvage , n'est pas d'un naturel farouche : il s'^ privoise aisément « In.
L'homme sauvage est triste, chagrin, misanthrope , particulier , renfermé en lui-même, c La Salle était un homme chagrin, particulier, sauvage, avec qui on n'avait guère d'habitude. » S. S. Autrefois Danid
GaUnait d'an roi Jaleux la smuÊ^ tristesse. Rio.
— L'homme fù^roueke est dur, rode, fier, intrai-« table, rébarbatif, inexorable.
Jéhu n'a point un comt Junmcfte^ inaienble» Rm^ c II y a des hommes d'un naturel fier et intraitable qui doiTent soutenir cette vertu austère et farouche jusqu'à la mort. » (Cicéron à Caton). FÉN. — N Le duo de Bourgogne , d'abord farouche, orgveilleux, superbe, violent dans tous ses désirs et dans ses volontés les plus capricieuses^ emporté jusqu'à la fUreur dans ses penchants pour tous ks vices, terrible dans ses passions; puis ramené insensiblement par une èduoatioD pieuse , et doTenu timide , modeste et recueilli jusqu'à paraître sauvage, tant il était en crainte de sa propre faiblesse et des sédisctions de it cour. » Marm .
Une Tertu sauvage taxi le mondie et ses plaisirs.
Que TOUS sert, disent-ils, ceM» vertu sauvage^ De tant de plaisirs si dous Pourquoi fujes^vonsl'usager Votre Dieu ne fait riea peur vous. Rao.
— Une vertu fisiroite/ie s'emporte contre les vices : telle était celle de Caton le censeur. Dans un dia*
DEUXIÈME PAKTIE :
logue de Fénelon , Socrate reproche à Timon « son humeur tauvage et une certaine tristesse de tempérament, » et Alcibiade se moque « de sa yertu farouche et critique, b
Une femme d'ime Terta icmvage s'enfuit à la moindre déclaration.
n n'était point de belle
Qnf n*empIojit ce qu'elle aiait d'attraits
Pour le sauner, tant tmmpage fût-elle. Lav.
Polyphème se plaint dans Lafontaine de ne pou- Toir appriToiser Thumeur «auva^e de Galathée.— Une femme d'une tertu farouche tk* effarouche ^ c'est-à-dire s'irrite, s'emporte, se gendarme. C'est, d'une part, l'effet de la timidité et de la crainte ; de Tautre , celui de la fierté et de la colère, c Minerve et Diane sont si farouches qu'on ne leur oserait dire un mot de galanterie. » Laf.
L'humeur tauvage empêche d'être communicatif et liant. L'humeur farouche rend bourru , fâcheux. Pour s'apprivoiser, le sauvage a besoin qu'on l'enhardisse, qu'on le familiarise avec le monde , et le farouche j qu'on lui donne des sentiments de douceur. Sauvage indique une qualité négative, qui fait qu'on s'abstient, et farouche, une qualité positive, un principe d'action, une passion qui agite l'Ame et la pousse violemment & certaines actions. « La jalousie est parmi les passions violentes la plus farouche. » Boss.
Le sauvage et le farouche sont également solitaires. Mais sauvage a plus de rapport au fait même de vivre seul, et farouche aux dispositions qui portent à vivre ainsi. En sorte que souvent on est sauvage parce qu'on est farouche , ou qu'on a l'humeur farouche, « Le culte divin unit ensemble les hommes que leurs passions farouches rendaient sauvages et incompatibles sans ce lien, sacré. > Fin. « Je ne suis plus sauvage pour : vous : vos peines m'ont ôté mon humeur farou- ' che, > Id.
Enfin , c'est le défaut de culture , d'usage du monde ,, l'ignorance , l'inexpérience , qui font qu'un homme est sauvage^ qu'il a l'air, les manières ou les mœurs sauvages. On est farouche ' par caractère , par un vice d'humeur.
SAVANT, DOCTE, ÉRUDIT, HABILE. Qui a acquis beaucoup de connaissances par l'étude.
Savant est de tous ces mots le plus usité et le plus général. Docte, latin doctus, ne se dit guère qu'en parlant de l'antiquité et de ce qui s'y rapporte : la docte antiquité (Volt.); les doctes sœurs, les muses (In.); Denys d'Halicarnasse , le plus docte des historiens (Boss.) ; le docte Servius (BoiL.). « Pcoir le grand savoir et la multiplicité des connaissances , Yarron et Pline , qui sont les plus doctes écrivains des Latins, paraîtraient de médiocres savants devant nos Bignon , nos Scaliger, nos Saumaise, nos père Pétau. » Boil. — D'ailleurs , docte s'emploie parfois dans un sens ironique ou en plaisantant. « Bochart et les autres doctes ont beau charger leurs gros livres de systèmes et de mots phéniciens et chaldéens qu'ils n'entendent point, ils n'en nagent pas moins dans une mer ^'ignorance qui n'a ni fond ni rive. » Volt. « Rochemore vous appelait furie , mais c'était par antiphrase, comme disent les doctes. > lo
C'est A leurs doetts muM[de cet tniiuM puife.
riilen), il l'on Tenlleiea croire Qoe Pfaébos a eommto loat le loin de u ^.
(Diicoormi roi Louis xiY]. Boa.
A quoi il faut ajouter eocon qu'on est am dans tout, et, par exemple, dans les afiires.g qu'on est proprement docte dans le do.^e.e théologie : Fénelon proposait sndaede&^i^ gne d'admettre dans son conseil qgelqcesdques pieux , savants , modérés; et de De doisï: au pape pour le cardinalat que des honuaes kia et pieux.
Erudit, latin emdidu, a élé lalnxiDit dus notre langue au zviii* siècle. Il s^. &cn pas comme docte, un savant ancien ovqieiiiae dose de savant dans l'antiquité, maii on kàoBetsvant dans ce qui concerne raQtiqBiU.U!kct; Cassiodore (Boss.) était un fOMiUda^seîe: les érudits de la renaissance nous ont recd^is auteurs anciens intelligibles. Un docte ma est un ouvrage sacant écrit par no aacffl.r. écrit à la manière des anciens, et, éiss ce dernier cas , c'est presque tonjonn m eipressiûs plus ou moins ironique; un onrq^ éndititmoigne d'une grande connaissuee deliotiqnitê, de ses livres, de ses monumeals.àeesBKBin, de ses usages, de ses ûibles,etc.-De^,le docte , comme le docteur^ est aamt en Datièn ^ dogme y de doctrines , d'opinions, il sail ce ^i faut croire ; Vérudit est amX en liia. e mots , en textes , il sait ce qui a été dii, acrii oa pratiqué : l'un nous guide, l'autre now asat du passé. « Scaliger prouve asseï bieiiq«'.î cirus de Virgile n'est point l'alouette.,.. ïucà n'indique pas que le arrû soit Œiees?««i« héron; et Scaliger applique toutcecp'il&iî cirris i l'aigrette. C'est ainsi que des discssass érudites, faites sans étudedelanitiiR,i«3iK l'éclairer, n'ont servi qu'à l'obscareir. » B;Tf. et Les restituteurs de la liltératnrt mtaA^\ rendu les auteurs intelligibles.... U^wlttas'd'érudit a dû perdre de sa consJdéntioniBWïJ qu'elle est devenue plus facile cl ooiaffi?'* tante. « Marm. « Les travaux des H^T^ éclaircir les faiU, pour fixer les époque. ?fc expliquer les monuments et tes écrits w ^ ciens. » In. « L'art d'écrire l'histoire ne pKj» perfectionner qu'après tous les autres. ^^^ qu'il y ait eu des compilateurs lahonni » érudiU qui aient travaillé avec quelque chl^tm CoHo. « Tel était le sort des irv^xUài^^^ xvi« siècle : sans goût, ils se troumeaJ^ l'impuissance d'en acquérir, parce iri'ilsDî"^ pas le public pour juge. ■ Id. cDu t«Ç'^ Médicis, l'antiquité inspira une »^/^ trie. Les érudits eX les commentateurs f«s^ un peuple de superstitieux. » Us* «j*,^ de l'Académie des inscriptions sont-ili -
état de bien écrire ? » Id.'« Le poète et^r^^ sophe regardent Vérudit comme une es?»
yare qui ne pense qu'à a^Ia^ersansJOlI.^ jr entasse sans choix les méuux les pl»"^ les plus précieux. > D'Al. ..^,
Le savant , le docU et Yéndit saTejt: i sait (aire. On considère les ^p«"^; pourvus d'un grand nombre d'idées, fi»^
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
lectuellement riches , et le dernier comme issant , comme artiste , à l'œuvre , comme dé- >yant un certain talent, c Selon la supputation s plus habiles chronologistes, rinterralle entre s deux temps doit avoir été environ de quarante s. 9 Bos8. « Tu ne prendras pas le nom de eu en vain : les plus habiles interprètes croient le cette loi défend le paijure. » Volt. « Horace éfère pour Tinstruction les deux poèmes d'Ho- §re aux livres des plus habiles philosophes. » >LL. « Le sentiment ne peut se connaître que r expérience; mais il est donné aux habiles sxpliquer sans peine les causes cachées qui ixcilent. • Vauv.
SAVOIR, SCIENCE, DOCTRINE, ÉRUDITION, TTÉRATURE. Instruction acquise par Tétude : 1 homme est célèbre par son sawir^ par sa ience^ par sa doctrine, par son érudition , par
littérature; ou il a beaucoup de savoir, de ience , de doctrine , d*érudition , de littérare.
Savoir et science , déjà distingués l'un de Taue dans la I'* partie, p. 28, expriment Tidée immune de la manière la plus générale. Avec 1 savoir ou de la science, on sait, on connaît, 1 est éclairé ou instruit en quelque genre que i soit , particulièrement en physique et en malématiques.
La doctrine est le f ovotr ou la science d'un docur, d'un homme qui enseigne (qui docet), qui ygmatise , surtout en religion , en morale ou en :oit. Avec beaucoup de savoir ou de science, on
Tesprit très-cultivé, on n'ignore rien ; avec 3aucoup de doctrine, on rend des décisions 1res , conformes aux vrais principes ou aux dogles. c A considérer les Pères, ces saints dociurs , en qualité de savants , il faut n'avoir ni sût , ni discernement pour ne point admirer étendue de leur doctrine. » Bourd. « La manière ont saint Augustin manie la sainte doctrine est 3ujours d'aller à la source et au plus sublimé. » oss. a On regarde Thomas Morus comme un ige rempli de clémence et de bonté , ainsi que e doctrine. Erreur. » Volt. « Les uns cherchent es définitions , des divisions , des tables et de la léthode : ils veulent qu'on leur explique ce que 'est que la vertu, quelle différence se trouve ntre la valeur , la force et la magnanimité , les ices extrêmes... : toute autre doctrine ne leur laît pas.... Il s'en trouve qui, persuadés que )ute doctrine des mœurs doit tendre à les réforler.... > Labr. < Des avocats trop pressés de laider préviennent par une ardeur indiscrète la taturité ie l'âge et celle de la doctrine. » D'Ao. - D'aillé irs doctrine, latin doctrina, a bien ieilii dans ce sens. On ne l'emploie plus guère u'en parlant de l'antiquité ou en termes de théoogie. « Ce torrent d'éloquence , ces sources de loctrine, qui ont inondé autrefois la Grèce et 'Italie, qu'étaient-elles devenues pendant pluieurs siècles?» D'Ao. « Il faudrait donc que ;hacun allât s'instruire dans les écoles de théolo- ;ie : ce serait multiplier étrangement les doceurs, et, à force de doctrine, renverser toute 'économie du monde. » Bourd. « Si on cessait L'apprendre le latin, que deviendraient tant d'ou-
vrages écrits en latin, tant de livres excellents dans tous les genres de doctrine ?t» Lah. — Ou bien c'est un mot ironique qui exprime quelque chose de magistral et de pédantesque, selon l'idée peu avantageuse que l'on se fait des docteurs dans le monde. Un grand appareil de doctrine (Bourd.). « Qui me garantira de confondre la ciguë avec le cerfeuil et le persil ? La moindre cuisinière en saura là-dessus plus que nous avec notre doctrine. > J. J.
Je vous crois grand latin, et grand doc!eur juré. Mais , dans un entretien qu'avec vous je destine. N'allez point déployer toute voU« doctrine.
Faire le pédagogue
Laissez donc en repos votre science auguste , Et que votre langage i mon faible s'ajuste. Mol.
Jj*érudition est le savoir ou la science de l'émdit, de celui qui connaît les écrits et les monuments anciens , tout ce qui y est contenu , tout ce qui les concerne , qui les interprète , et peut , au besoin , les citer. Grotius , Rabelais , Pierre Pithou , Bayle , Fréret , ont été célèbres par leur érudition , ainsi que la plupart des hommes qui ont contribué à la renaissance des lettres en publiant, en commentant, ou en traduisant l'antiquité grecque ou latine. « L'étude des antiquités a ses dangers. Il' y a une sorte d* érudition obscure et mal conduite , qui ne s'occupe que de questions également vaines et épineuses. » Roll. « L'abbé Banier explique les différentes sources de la Fable avec beaucoup de solidité et d'érudition. » Id. « Il est des savants peu estimables , en qui le bon sens paraît comme accablé sous le poids d'une fatigante ^rudtfo'on. «D'Âo. «Si M. Simon ne louait en Grotius que Vérudition, cette louange ferait voir seulement que personne n'a plus cité de passages des auteurs sacrés et profanes , puisqu'il en est chargé jusqu'à l'excès. ^ Boss. « Au XV* siècle , le fanatisme de Vérudition se saisit des esprits ; et on ne connut plus d'autre mérite que d'entendre le grec et d'écrire en latin. » doND. « Corneille, Racine et Despréaux en savaient trop pour prétendre au titre de savant; et si on leur eût parlé d'une vaste érudition , ils auraient renvoyé cet éloge aux Habillon et aux Montfaucon. > Lah. a Vérudition de Voltaire est presque partout mensongère , en histoire , en antiquités , en philologie , en philosophie. » Id.
La littérature ressemble beaucoup à Vérudi' tion : elles n'ont l'une et l'autre aucun rapport à la conduite et aux intérêts ordinaires de la vie.
Mais la littérature consiste dans la connaissance des ouvrages d'esprit , des livres ou des compositions littéraires qui se considèrent uniquement sous le point de vue du beau. Avec de la httérature on ne sait pas ce que les scoliastes ont dit d'Homère , mais on sait ce qu'a dit Homère , on n*a pas confronté les diverses leçons de Juvénal et d'Aristophane, mais on sait Aristophane et Juvénal (Marm.)> Vérudition suppose des recherches qui aboutissent à satisfaire la curiosité; la littérature suppose des lectures qui développent le goût. Racine et Boileau , qui ont si bien imité les anciens , avaient de la littérature ; Crébillon n'en avait guère , il lisait peu (Lah.) , et maître Adam, qui devint poëte dans ra boutique,
BEUXIËHE FARTtt :
ea inanquait ahMlumani (Volt.)- « Chaptlain avait une Jittéraiwre immensa; et, oe qui peut surprendre , c'est qu'il avait du goût » lo. « Il y a. eu de tout temps de ces gens d'nu M esprit et (Tune agréable Uttératytrt, » Laba. « ie doubla titre dloacriptions et de Belles^jettrea que porte cette ixadémie marque assex que soa but est de joindre la délicatesse de la hUànUwre à la profondeur de IVrudiltoii. > Roll. « Quoique d*Alary ne manquât ni d*esprit , ni même, 4 oertains égards , de discernement et de goût , il n'attacbait absolument de prix qu'à la comiaisasnce des faits : les agréments de la UuénUun n'avaient aucun attrait pour cette &me desséohée par Vérudtlion la plus aride. » IVAl.
SAVOUREUX, SUCCULENT. AdJectifJI applicables à un aliment qui est bon»
Savoureux, plein de saveur, d'mn goAt eiquis» sa dit d'un aliment doux, agréable, délicieux. «Il n'appartient qu'à Jésus de nous donner une telle viantie (la vie). 0 délicienx banquet des entants de Dieui A table délicate, 6 manger fawmrtuxl Jugex de l'excellence de la vie par la douceur de la nourriture, s Bœs, SuoiuleiU, plein de suc, de substance, sert à caractériser ce qui nourrit abondamment, c'est un mot relatif à la quantité plutAi qu'à la qualité. « Lac anciens ont appelé faureouA-^^oiilr les boMiis d'Ethiopie et de quelques provinces de l'Asie, où ces animaux approchent en effet de la grandaar de l'éléphant L'abondance des herbes et leur qualité substantielle et suceuieiile produisent cet effet. » BuFF. Une personne voUipUieuee ^ délicate , friande , recherche les mets soeoiireiM;; un homme épuisé par le travail a befioin. d'une n««rrilurt sHuidêniê.
L'agrément est tellement essentiel à ce qui est savoureux , qu'on dit par eilmsinn un smoik retis plaisir.
Nous no troublerons pins voa âmtmrmM pUlsitik
On dit aussi une vengeance bien ÊOfOutetu (J. J.). « H. de Cambrai goûuit un élargissement de cœur et d'esprit, une aise, une sorte d« dictature enfin d'autai^t plus savovrciiss, qu'elle était plus rare et plus pleine. »S.S.— Desoncûté.sucoi- ZefilexprLmesi bien la qualité de nourrir beaucoup, qu'il a d'ordinaire pour analogues nourrissant y substantiel, et abondant : desfruitacvccuienlset nourrissants (Lax.) ; des aliments substantiels et succulente (J.-4.) ; des enfants accoutumés k des nourriUites succulentes et abondantes (Boff^..
Savoureux a pour contraire insipide. « Cetts manne est fade , elle est insipide. Mais quand j'y considère le Sauveur Jésus, vrai pain des anges, ahl qu'elle est douce, qu'elle est savoursussl > Boss. SucctUent est oppoeé à sec « En trèa^u de temps la quantité de La chair de l'animal (le bœuQ augmente, les sucs et la graisse abondent, et font d'une chair asaex dure et assex sèehe par elle-même une viande susculente. « Butf..
SÉDUIRE, SUBOBNEE, GORROIIBBB. Porter au mal , à faire une mauvaise action ou de mauvaises actions»
On séduit en s'attaquani à l'écrit , qu'on déçoit, auquel on iait illusion, en faisant accroire ce
qui n'est paa. On mbonie ea aTattaquaul à a ^ lonté, qu'on engage ou qu'on «xtraioe par :«. trait du plaisir ou par l'app&t du gain. On airompt en s'attaquant à la mocmlité» en diangsu. en mal le coeur, les instiacte, les idées, ea^lactant de sentiments détestables.
Le serpent qui sééuioit £ve, l*Î9duia^iGe^ reur en lui persuadant qu'il n'y- aevait pas è mal à manger du fruit défendu; et le sedaciiir d'une femme l'enjôla le plus souresl. loi s conte, loi en impoe^, bu fait des pronesas mensoBgèns.
QoNae tase géDéranae est fbeile m
Déjà mon ccBor crédole , «nibliaBt
Adenrait éts vérins qui ne
' « Ces sciences imagîaaives, aemfalaUea à ocs fantômes, ne laissent autea cfaoae à eaux qui le embsasBent <pie la mnlusion et la honte de s tts laissés sé^iro. » Hal. « Le prçfet SyMm»qiis& valoir contre la religion chrétienne des raisoes populaires très-capables de séduwv. » Motam:^ < Le négociateur doit avoir le talent de peisaader et de séduits mine, s*iï est potûbêm^ sans jamais tromper. » D'Al, «On aserliout les jn^es de se bien tenir sur leurs guides conlie Véloquenee éblowseante de SocMe . et ée se ésiàsx extrêmement des tours insinuants et artiicies qu'il emploierait peur lee sééssérei. » Beu» « Cesi une puiseanM d'enchanter les ea{krits, de les s^daers, de leur 6ter U TéiilêL » Fia. —La femme et le témoia qu'on siihena*, onks emte ordinaiBeoent en secret à mal Dure, par des seggestûnaa, en cherchaai à Us enfler sois mais, par tout oa qui peut tenter la senaalilé ou la cupidité. On ne iae trompe pas, on les gagne. « N*avez-vous pas profité de la laibiesse, de l'imbécillité de cette malhauream .. f Toas vos vttua tendaient à mberner ma ilie. » JCàbit. « Yalére s'est coulé ches moi, sma te titre de domeitiitte, pour me dérober mon ac^en^ ei pour me suborner ma fille. > Mol. « L'avis doBoë par Xaequitius (que Craseue était 4e la coe{untion de Gatilina) fiit déclaré flyiz , et lui-aÉne mi» en prison jusqu'à ce qu'il révélât les no» de ceux par lesquels il avait été s«ibeni^. » Bon. « Lm ennemis de Socrate dsesaèreot de ioia leurs batteries et rattaqiaàrent d'alxffd par éa souiecraiaa et par dea voies sourdes et cachées..- Il n'est pas bien sûr qu'Aristophmie ait ^jiborné par Anitua pour composer centra lui une inèce mtirique. a In. < Aatarbé acensa ^ bal d'être entré dans une co^juratioa cootre Pygmaiion, et d'avoir essayî de subonm k» peuples peur se ùire lol au préindice de Baleaxar. » Fan. — Quand on rerraiit un juge, on lui fiait perdre son intégrité, on ramèm i mai faire par la dépravation , en lui inspirant le viee. On ne le tmnpe ni on le gagne propr«aat, on le pervertit. « Tant nous sommes défnvéa et oorroii^iis. » Boss. « Dans un siècle ausn cor. rompu et aussi perverti que le nôtre. » Boubd. c On n'a jamais vu de peuple une fois eorvoei^ revenir à la vertu. » J. J. « Un juge s'étant laissé corrompre par des présents fut impitoyablement condamné à mort par Cambyse. > Bou.
SYNONYMRS 1 lAIHCÂIlX BlYERS.
[« TliieTS, dêdatgoem des fa«mœfls , pour les ÎT , j'allais dire corfvmpm , mais, il sera {Aua i de dire Médiais. > GoaKBifin.
,e séductmiitymjX our ttit une d«pe; ie tabor^ \r , un inetranvsnt on ua complice ; le «omip* r , vme âma damnée, an sudhonBile homaie un coquin èk sa dévotion, ^ons séduise f une personne en abasant de* son orance ou de sa simplieité; tous la svhmiex abusant de sa fii&lesse; vous lé corrempêx en misant {eortumpmâo^ en elle tont principe Tertu , de pfirefé, dejastîee-, d*bonaeur. la personne séduite est tombée dfcins le piège? personne subornée a cédé à la tentation; la rsonne corrompue est perdutf moralement SEEK, GIRON. Partie extérieure et antérieure , corps de Tbomme.
Le sein est la partie où sont les mamelles, lie qui forme la surfece de la poitrine et s'étend puis le bas du cou jusqu'au creux de Testoac. Le giron ^ du latin ijryruf, rond,, cercla, t l'espace demi-circulaire , ea angle ou en pli , li est depuis la ceinture jusqu'aux genoux dans le personne assise. La nourrice , pour allaiter infant, le tient sur son sein, appliqué & son m , entra ses bras; assise ', elle k tiendra dans va. giron, sur ses genoux. On presse une perinne contre son sein ou contre son cœur; quand a joue à la maîncbaude, la personne qjai prémte la main a la tôtâ cacbée dans le giron 'une autre personne.
Je Vose dans ces vers soatenir d'ef ant vo«s% €3ie , rar ton ginm^i l'exemple d'Homérer^ YkBt de les. retoucher^ altenUi« i tous plaire.
Iaf.
/aigle redoutant Fescarbot, et Youlant «ettre e» œufe ea sûreté^ les dépose, dans le ^ro» de u{)iter , c'est'ê^ire sur ses genoux (In.). A« figuré, tes deux motas^eiaploient également n paidsDt de rËglise. Mais atin. aanoaoe un raplort ou une liaisoB. plusi intimsu Aussi dit-on entrer daas le Mtf» ëa râglise., et retourner au r«rof» de VÊf^ise. « Je conserrsifi., dit le renégat , ine Ydonté déterminée de roitreF daas le sein le r£gliae. » Lks. « Staphyla (pcoAesUmt) ouvrit es yeux, et retourna» an ^troiide l'Église oathoique. » Bess. Dans le seitt de l'Ëglise, on apparient bien à râ;^lise , on est au cosiur ou dans le sœur de lliigliae , pour ainsi dire. « Si on prend es choses à la lettre^ faudra-t-U ètte aveugle, >oiteux, etc;, pour ètce dan» la snn de l'Êçlise ? » Volt. « Tertulliesi, un prêtre si deete itsiTénérabie, tant qn*il demeura danslesctn le rÊglsM. » BQS& Dans le girmi de FÊglise, on sn &it partie de quelque fafon fue ce soit, on Q*en est pas hors, on est de sa circonsorqxtion : « itujaanifbui il n'y a pas la YÎiigtièfiQie partie de lani^on (an^^aise) qui soit boss du giron da !'£glise dominante. » Volt.
Outre cela , giron » tfès-peu «site du teste , est tellement consacré quand il est question de l'JÊgtise, qu'on s'en sert bien dans cette acceptien d'une manière absolue. « Les sociniens sont hors du gnon. » Volt. « Les anabaptistes et «(uelques autres communions qui sont hors du
giron. » In. t Si les auteurs sont hors du giron,, je suis aussi hors du giron, » In. « Je suis fâché 1 d'avoir chez moi quelques Suisses qui ne vont pas à la messe de minuit ; je travaille à. les rame^ ner au giron. » Id,
SBIHR, ENSiZlIfiNCEK. Ce» deux verbes actifs se eUsent d'une tecre dans laquelle on jette de la semence, on épand des graines ou des grains, afin de les faire produire et multiplier.
Ils ont même radical, semen, semence, de sererOy semer, planter.. Toute différence eoire l'un et l'autre tient à ce que l'un est ua verbe simple et l'autre un verba composé.
Ëtant mt variée' simple, soMer a d'albard pouc caractère dis<hifiti£ de se diire seul d'une maniàre absolue. Il Ibit bon semer y c'est la saison de semer (ACÀn.).. Kn Sgypfta on sèmo ordinairement dans les moM d'eatabre et de novembre (Boll.)u Les ■ùssioBBairea apprirent atu sauvages du Paraguay & SÊmer , à labourer , à cuare la Inique , à. CaçoniMr la bois. (Volt.). « Ce n'est, pas pour lui qoe l'habcttmt des rives du Danube et du Boryathènc a temtf , c'est pour le barbare qui s'est emi paré de son. pays. » In.
Ba aoa côté, le verbe «afeaMncfir, étant composa, sigaifie une action volontaire; ce que se-* mer ne marque pas toujours. Regnard dit en pariant d'un pays très-fertile de l'Allemagne : « Ce q[ui tsmba de répi en le coupant suffit pour semer les terres , et ceux qui veulent les ense* meneer deux fois recueillent de même. » — Pour roordinatre» cependant, l'action de semer est aussi Salie à dessein-,, mais elle est plus facila que celle d'ensemetieer. « Dès que le Nil est satire, le laboureur n'a qu'à retourner la terre, en y mêlant un peu de sable pour en diminua la force; après quoi^ il la sème sans peine, et presque sans frais. » Roll. « Ouelle triste gloire et quella ressource pénible que le blé.... Les trois cpiarts des peuples de notre petite Europe sont obligés d'acheter de l'Asie et de l'Afrique des graxiks pour enaemencor leurs maigre» champs; et ces champs , après plusieurs labours qui excèdent les homoiBs et les animaux,, rapportent d'ordinaise cinq eu. six pour un, «t^elquefiois trois. » Voax.
Safia> l'actioft d'enssmen^er est généralement pluarsmarquabb} que oelle du simple semer, non plias en ce qu'eQe exprime une volonté plus expreeae, une attentpm pbis marquée ou de plus grands effarfe de la part da «jâ^, mais ea ce qu'elle s'applique à des objets plus étendus» On sème prapsesient U0 ckamp , ou même une planehe, «se coftisbe (Agâd.); on ensemence des terres, a J'aurai sewké un champ de lin. qui m'aura rapporté deux cents écus. » Voli. « Les Liguriens Apuans avaient fait si souvent des courses sur les territoires de Pise et de Bologne » qu'il n'avait pas été possible aux babitanU de les ensemenur. > Roll. — « La fauvette habite dans les jardins, les bocages et les champs sem^f de légumes ,. comme fèves ou pois. » Bufv. « Ces friseaut (les freux, espèce de corbeaux) vont par troupes très-nombreuses, et û nombreuses que l'air en est quelquefois obscurci. On imagine tout le dommage que ces kordes de moissonneurs