‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 40 sur 426 · AVOIR NOUVELLE, AVOIR DES NOUVELLES · texte numérisé non relu

AVOIR NOUVELLE, AVOIR DES NOUVELLES

La première expression est plus complète et plus vague; la seconde est partitive, délimitée et précise. On a nouvelle d'un événement , quand on l'a appris , quand on sait qu'il a eu lieu , mais sans plus, sans pouvoir en rien dire de particulier;

4, Du, étant pour de le^ c'eat-è-dire renfermant rarticle, semblerait devoir être plus déterminé que de. Et cependant il Test moins, car fournir du sel, ç^est en fournir une quantité qui n'est nallement spécifiée, ei fournir de sel, c'est en fournir une qaanUlé déterminée par la consommation, qui est une mesure approximative, et variable sans doute, mais enfin une' mesure. Mais il est à remarquer que dudéfinit bien ici la seule chose que l'article soit chargé de définir» l'espèce si^olflée par le nom qu'il précède.

SYNONYMES QUI ONT LE MÊME RADICAL

en œùoir du nouvelles, c'est en savoir telles cirecDstances , de mamère à être capable de les décrire, d'en rendre compte. On disait an temps de Yaugelas et de Boubouisovotr nowcellet , au pluriel; c'était à tort, car le vague produit dans cette locution par Tabseoee de Tarticle s'accommode nûeux du singulier, de sa nature général , compiëbensif, complet, mais impropre à marquer les détaibL

§ IL ârtiele manériqvê un.

Comme Tarticle défini , il donne aux substanti/s ^'ii précède un sens précis et déterminé. Àiosi, lorsqu'il se rencontre deux expressions synonymes rôifermant le même substantif, mais sans article dans Tune et avec Tarticle numérique dans Vautre , ce substantif a dans la première une signification indéterminée , vague , qui rappelle la primitive, mais en l'étendant et en Tâifaiblissant , et dans la seconde , au contraire , il reproduit h. signification primitive dans toute sa force et dans toute sa rigueur. On peut être complaisatUj sans aller jusqu'à être un complai- SOfil (Xabm .).

FAIRE AFFROKT , FAIRE UN AFFRONT : FAIRE »iLRB, FAIRE UNE INJURE. Offenser quelqu'un dans son honneur ou son amour-propre , lui causer une mortification.

Les mots affront et injure dans faire affront et faire injure n'ont plus qu'une signification étendue et vague , en vertu de laquelle ils expriment une légère offense, ou quelque chose qui tient de l'offense plut5t qu'une offense réelle; mais dans faire un affhmt et faire une injure , ils conseirent tonte leur force et demeurent synonymes d'outrage et d'insulte. L'action de faire affront consiste quelquefois uniquement à marquer peu d'égards ou à reprocher quelque chose en public de nanière à inspirer de la honte. Quand on nous fait affront, nous rougissons, rien de plus; quan4 on nous fait un affront y nous frémissons , notre sang bouillonne et nous courons à ia vengeance.

On m'àjkie u affrotu^ et je veux m'en venger. Diar. B^n autre c6té , nous disons continuellement en conversation, et sans conséquence : c'est me faire injure que de croire , vous me fatles injure en me supposant de telles intentions.

Cest moi qui vous l'assure; Et si TOUS ea doutez, vons vùe/aite* injure, Disr. Faire «ne tajure aurait une toute autre portée. Oo fit une injure à Dion en donnant le commandement de la flotte à Héraclide; car Dion auparavant avait été déclaré généralissime des troupes de terre et de mer. (Gond.) AVOIR BON ESPRIT, AVOIR UN BON ESPRIT.

tandis que de n/e \n définit pas, ou ne la définit pas li Mm. Pour la quantité , 8*il Tindique plus va^e- DMiU que de y c'est qaHl n'est pas comme dé destiné «Bi^iqcinent à exprimer ce rapport. La justesse de la ^^t n'çsi|[e pas que rarticlc donne de la précision , 13< iHenIciDent à Tidée que représente le nom devant ^^ d se place , mais encore i toutes les idées accessoires ip^atement marquées par des prépositions Mi^Kiics il se trouve mêlé.

Avoir bon esprit est une expression purement* formelle : elle annonce une capacité générale , vague et plutôt spéculative que pratique. « Votre fille se porte bien , elle est à Paris au milieu de tous les secours ; j'ai eu bon esprit de la laisser là. s SÉv. « De mon avis sera tout philosophe sans préjugé , tout homme de bon esprit qui voudra lire avec attention ce que j'ai écrit sur ce sujet. » BuFF. « A cet extravagant discours de don Quichotte, don Alvar, qui avait bon esprit y donna dans le vrai de la chose. » Les. « Il y a des opinions très-fausses , qui ont été approuvées par des personnes de fort bon esprit. » P.R. iivotr un bon esprit a plus de rapport à la réalité et marque de la solidité , du bon sens , un talent qui va plus aux affaires et à la conduite. « Le coadjuteur a tout ce qui est nécessaire pour voua bien conseiller ; car il a un grand sens , un bon esprit , un courage digne du nom qu'il porte. » SÉV. ce II faut lui laisser passer ce voyage comme il l'entendra : il a un bon esprit y et sait bien ce qu'il fiiit. » In.

A-t*elle itA bon esprit ? Est-elle douce, sage ? Diar. c On essaya de les brouiller ; mais ils avaient un as bon esprit , que jamais leur bonne intelligence ne put être troublée. » Les.— Cette distinction, proposée d'abord par Bouhours, s'applique égale* ment aux expressions a/ooir bon cœur et avoir un bon cœur, La première se dit en général, sans qu'on insiste , sans rigueur , sans conséquence : « On sait bien que je t'aime , que j'ai bon ecsur , que je désire de te voir tranquille et contente. » Mark. La seconde exprime une bonté plus positive : « Elle a un très-bon cœur et une véritable générosité. » Sâv. — Même différence entre avoir bon jugement et aivoir un bon jugement.

S in. Àrtide défini comparé à Varticle numérique.

Tous deux font connaître les substantifs qu'i& précèdent dans leur sens précis et rigoureux ; tous deux les mettent en relief, et appellent sur eux l'attention. Mais souvent il arrive que l'un détermine le genre , tandis que l'autre détermine toujours l'individu, ou tout au plus l'espèce; le premier alors empêche de confondre la chose , dont il rappelle les caractères propres, avec toute antre , le second empêche de la confondre avec une autre de la même espèce ou du même genre. Ainsi , la nai'ceté indique un genre qui diffère de tout autre , la simplicité , le naturel , etc. , qui a ses qualités constitutives, ses règles. Une naïveté signifie individuellement ou distributivement un trait de naïveté qui diffère de tout autre. La naïveté est d'un homme naïf : une naiveté vient d'un homme qui , parmi les choses naïves , en a dit une ; on ne la définit pas , on n'en donne pas les réglés; on la raconte, on n'en dit point les caractères généraux , elle n'en a pas , mais seulement les qualités individuelles, les particularités. ~Cepen(Unt Tarticle défini ne détermine pas toujours nécessairement le genre , mais parfois aussi l'espèce ou l'individu , tout comme l'article numérique; c'est alors que leur distinction devient difficile. Cherchons néanmoins à l'établir en pre-

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