‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 400 sur 426 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

nae «ntrtpiiid inwuie n'a ni rime ni nîaon, rien se peut la justifier; une folle entreprise jette dans des dépenses exorbitantes, ou fait faire des démarches très-regrettables. Une joie ef une passion instniéeg ne conviennent pas , sont blâmables; une gaieté folle, une passion foUe éclatent d'une manière immodérée.

DéraUonnahle et extravagant rappellent les deux verbes déraisonner et extrataguer d'où ils dérivent. C'est de là que se tire leur différence d'avec intenté et fou. Au lieu d'exprimer, comme ceux-ci, des états permanents et absolus , ils désignent des qualités accidentelles, imputées en raison d'actions particulières. Vineenté et le fou sont en proie à une véritable maladie mentale; aussi les enferme-t-on et les traite-t-on dans une maison , autrefois appelée hospice des intentét, et que nous nommons aujourd'hui hôpital des fout; il suffit de commettre une certaine faute pour être qualifié de déraisonnable ou d*e« • travagant. L'homme déraisonnable et VexlravagatU se conduisent quelquefois comme les inseneét et les foiu.

Déraisonnable et extravagant diffèrent auasi l'un de Tautre. Déraitonnable indique une simple dérogation à la raison, un manquement; ce qui ne présente à l'esprit qu'une idée purement négative. Extravagant^ de vagari extra ^ vaguer, errer ou s'égarer hors de, a bien une autre force : il exprime un écart, et comme un vagabondage. L'homme déraisonnable n'est pas sage, n'est pas juste ; l'homme extravagant est dans le délire : il est singulier, extraordinaire, blxarre, il s'emporte bien loin des règles, il choque les usages reçus et les idées communes.

Absurde^ latin àbsurdut, a, quant à l'énergie, beaucoup de ressemblance avec extravagant : il signifie quelque chose d'aussi inouï , d'aussi choquant, d'aussi monstrueux en quelque sorte d'aussi éloigné du sens commun. « 11 ne s'ensuit pas que mon opinion soit souverainement absurde : on peut se tromper sans tomber dans Vextravaganee, et toute erreur n'est pas une absurdité. 9 J. J. Mais extravagant a surtout rapport à la conduite, et absurde k la spéculation. Vextjavagant est comme un fou, ne comporte en fou; il fait des extravagances, des folies j des excès; il faut réprimer ses saillies. Vabsurde raisonne d'une manière détestable ; c'est l'esprit le plus grossièrement faux.

Le sot est ridicule et haïssable par ses prétentions à l'esprit. Vinsensé et le fou sont priv s de la faculté qui nous guide dans notre conduite ; mais Vinsensé ae voit pas le bien, et le fou ne le fait pas ; on considère l'un passivement , quant à son état, c'est un infirme; on considère l'autre activement, c'est un furieux, un emporté. Le déraisonnable et l'extravagant n'écoutent pasli raison , agissent parfois et dans l'occasion en insensés ou en fous; mais V extravagant diffère du déraisonnable par son excentricité, pour ainsi dire , par son étrange originalité , par les excès où il se porte. Absurde a bien aussi ce caractère d^extravagant, mais il se dit plutôt relativement à la manière de penser, de déduire, de conclure, que par rapport à la manière d'agir.

ni. Viais^ nigaud, benêt, baâûni,-iiit.

dandin»

Les mots déjà eiammés sont de t^i^ styles , du style noble comme du ttfk ka^ et ils dérivent du latin ou du grec. Ccu-tis: plut particulièrement du style de U comédie... tous ont nne origine vulgaire. nseiprimeKtat: une sorte de sottise sans préteotloos, ùjjtj prête à rire , mais n'est pas Oehease et bLo: comme la sottise proprement dite. Saoslst». médies et les parades, les personnages dssid rôles sont plus spécialement destinés à eiciel» rire et la gaieté, les Gilles, les Jocrisses g hs Pierrots , font les niais ^ les atyoudlt, les haéu. les badauds , les dadais et les dendw. El «çsi n'est pas moins caractéristique, c'est <f&e ces mots , à la différence de ceux qui précètei'v ^ un rapport particulier à rextèrieur de k pif sonne , c'est qu'ils montrent U sottise seiprimant par Tair, le rire, les gestes, la nusie:! d'être ou de se présenter. « Je ne serais pas»pris que bien des gens cnussot (sot de ko qnt Dancbet était un imb^etle, piree qu'il aiaitii physionomie niaise. » Lâh.

Mais il faut d'abord mettie à part dodati et dandin; car, si tous les moto àe celle chsse se rapportent à l'extérieur en mtoe temps qui l'iatérieur ou à l'esprit, dadoû et daadi» sont prit cipalement et presque uniqueoeal relitifi j l'extérieur, et encore à nne partie de l'exténear. à la manière de se tenir. Le dodsii et le «« sont embarrassés de leur corpi, ne sarent qneo laire , quelles atUtudes lui donner.

Niais a été d'abord un terme de faiicocuffi* appliqué aux oiseaux qu'on prenait dus fenki, qui n'en éUient pas encore sortis, et qni.uau d'expérience, ne se défiaient eacwe ^e na « Les faucons quon prend ao misi?^^

faucons niai*. » Bofp. L'homme ma

est mi

ou novice comme un

enfant, sia>ple,lîcleà duper, sans malice et wns défense wntred«™e qu'il ne soupçonne point. •Yoasètes-.o^to qu'un artifice aussi niaû ei P^tdm^^ quelqu'un? . Bkauu. « Le naïf qm ^^^ tombe dans le niais.. Riv.. Ces sorlesdep.^ mes retombent quelque/ois àtusoej^i^^ le style niais.. VOLT.. Elle est pr^w^e^^ connière.... Elle affecte toujours un tonk^^ languissant et niat*,et fait lamouepoor^^^ une petite bouche. » Mol.

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