ISABELLE
«AU trébuchetl Un mari ne «ej^^^ comme un oiseau; il tout bien dauires }^^
COLOUBinB. ,^j
« Je tedis qu'en amour ils wntsisifltfj^ fille qui sait un peu son méuer «n «^^ trente à la fois. » Rsos. v:.«iiis oiseaux,
mais se dit particulièremenU) fn^^^^^^ par réminiscence sans doute ^e i^J^Xw, cLes poules, animal à't^^^zA^^ semblent appeler leurs petits «»* Jv^i ^bï moi t rient toiyours .«"P^^'r ^^ it- U manière de ces oiseaux ^^!r^^ goe paissons de ce qu'on ^^J^.isoasi^ amuser, le lacet rient ^]^^r^^)f>^ mesprU.»lD.«Uitock8(«»péc«««'»"
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
rès-ntaû lorsqu'ils sont jeunes: ou les approche t on les prend sans qu'ils s'enfuient : mais lorsu'ils sont adultes , l'âge leur donne de l'ezpéience, ils deviennent très-sauvages. » Buff. De aéme, rhomme niais se déniûise en étendant ses onnaissances et en apprenant à connaître le Qonde.
M. TCRCABBT.
« Quelle ingénuité 1 Ce garçon-lA, madame, ist bien niais, »
LÀ BÀRORHB.
f( Il se déniaisera dans vos bureaux. > Les.
Nigaud paraît être le même mot que niais, «Le 3etit cormoran a reçu le surnom de shagg , niais yn nigaud. » Bofp. Seulement la terminaison de nigaud étant familière , populaire même , et an uonçant des qualités de campagnards, de^iersonnes de basse condition, c'est à de telles gens qu'on donne surtout cette épithète. Le nigaud est donc un gros niais qui manque d'usage proprement plutôt que d'expérience. « Virgile a fait d'Ënée un dévot larmoyant, un peu timide et un peu niais, » Mark. Dans cet exemple, nigaud ne conviendrait point du tout. C'est le contraire dans les suivants. « 11 m'est venu un épouseur du pays allemand , par le coche de Berne. C'est un grand nigaud timide , non de. cette aimable timidité qui vient de la crainte de déplaire, mais de l'embarras d'un sot qui ne sait que dire.» J. J.
Yeirai-Je d*Qn œil sec déchirer par lambeaux Par tant de campagnards, de pieds-plats, de m-
gauds^ Une successioQ qol...? Racir.
II joue ; et, qui plus est, il y fait bien son compte; Car il va mettre à sec un ftanc provincial, Au moins aussi nigaud qu'il me parait brutal.
Dut.
D.ns la fable : le Meunier ^ son fils et Vdne, le meunier , monté sur sa bête et suivi de son fils à pied, est rencontré par trois filles dont l'une dit :
C'est grande honte Qu'il faille voir ainsi clocher ce jeune Qls, Tandis que ce nigaud , comme un évéque assis , Fait le veau sur son ane. Laf.
« Un génie supérieur , qui se met en condition, ne fait pas son service matériellement comme un nigaud : il entre dans une maison plutôt pour commander que pour servir. » Les. — Ensuite , comme la terminaison aud est quelquefois diminutive , nigaud peut se dire en badinant et sans conséquence entre personnes intimes. Voltaire écrit à un de ses amis les plus familiers : « Vous êtes un grand nigaud ^ de n'être pas aux Délices ou à Femey. >
Benêt ^ autrefois hened , a été formé par abréviation d'un nom propre, BenedùUif , d'où vient aussi le nom de Benoît. Sa racine est le latin bene , qui signifie bien. Ls benêt trouve que tout est bien (bene est). Il est si bon qu*il en est bête. Il se prête à tout ce qu'on veut; il se laisse aisément dominer et mener par le nez. Tels sont en particulier ces maris bénins qui poussent la bonté et la facilité jusqu'à la faiblesse , jusqu'à une extrême docilité. Tel est Chrysale dans les Femmes savantes. Henriette , sa fille , le priant de ne pas se relâcher de la résolution qu'il a
prise d'être homme enfin à la barbe des gens, il lui répond :
Comment! me prenez-vous ici pour un h^t ? L'autre (femme), pour se purger de sa magnifl-
cence , Dit qu'elle gagne au jeu l'argent qu'elle dépense; Et le mari benêt, sans songer à quel jeu , Sur les gains qu'elle fait rend des grâces à Dieu.
Mol.
Et je sus me contraindre i tant de complaisance Que le pauvre benêt (son mari) cnit que je Taimaii
tort El qu'il me confia ses billets. Dest.
Les femmes sont sans frein, et les maris Sont des benêu. Tout va de pis en pis. Volt.
« Nos Lucrèces se jettent avidement sur les viandes, tandis que le benêt ^ qui devait payer l'écot, s'amuse à contempler sa Luisita ; c'est le nom de la beauté dont il était épris. » Les.
Badaud , du mot latin barbare badaldus , ou plutôt de l'italien badare^ provençal bada, faire attention, regarder, s'arrêter, perdre son temps, se dit d'un homme qui est toujours à contempler les choses bouche béante , bayant aux corneilles , toujours ébahi ^ ouvrant de grands yeux, bras pendants , témoignant par toute sa physionomie une admiration grotesque , et poussant de temps en temps les exclamations les plus risibles. « Ce goût si vif (de curiosité) leur a fait donner le nom de bayeurs ou badauds. » Barth. Il y a des badauds partout , principalement dans les grandes villes, et à Paris plus qu'ailleurs, apparemment parce qu'il y a pli^s de monde à Paris qu'ailleurs, et par conséquent plus de gens inutiles et désœuvrés qui s'attroupent pour voir le premier objet auquel ils ne sont pas accoutumés. Les badauds de Paris (Volt. , Dest.).
11 7 croit des badauds (à Paris) autant et plus qu'ailleurs. Goaic.
J. J. Rousseau décrit ainsi ce qu'il appelle son badaudage : « Non-seulement une parade de foire, une revue, un exercice, une procession m'amuse ; mais la grue , le cabestan , le mouton , le jeu d'une machine quelconque, un bateau qui passe, un moulin qui tourne, un bouvier qui laboure , des joueurs de boules ou de battoir , la rivière qui court, l'oiseau qui vole, attachent mes regards. Des colifichets en étalage, des bouquins ouverts sur les quais , des images contre les murs , tout cela m'arrête et m'amuse. » « Les rossignols , dit Bufl'on , sont curieux et même badauds ; ils admirent tout et sont dupes de tout. ^ Le chant de leurs camarades, le son des inslru-' ments de musique, celui d'une belle voix, tout cela les fait venir. »
Le tout boisé , verni , blanchi , doré , Et des badauds à coup sûr admiré. Volt. Lorsqu'on un bois quelque jeune imprudent Voit une ruche , et , s'approchant , admire L'art étonnant de ce palais de cire , De toutes parts un essaim bourdonnant Sur mon badaud s'en vient fondre avec rage; Un peuple ailé lui couvre le visage. 1d.
Ainsi , un grand niais ou un grand nigaud est un grand enfant ; il a d'un enfant l'ignorance et l'innocence, malgré son âge; et de là un contraste fort plaisant. Un grand benêt est d'une grande bonhomie, c'est un grand bon enfant.
DEUXIÈME PARTIS
comme on dit, un homme aveuglé ptr sa douceur ou par sa confiance. Un badaud est un gobe-mouches , ou , comme nous disons aujourd'hui, un flâneur, qui est i Taffftt de tous les spectacles , qui trouve tout beau , étonnant , miraculeux. ~ Ou , pour le dire en moins de mots , ma» et nt^aud désignent une sotte et ridicule naïveté; benêt, ur.e sotte et ridicule bonté; et badaud y une sotte et ridicule curiosité.
Dadais , dandin, ^ On est d«€Uits dane la manière dont on se tient, et dandin dans la manière dont on se meut ou dont on marche. En effet , ■ dandin est formé probablement , comme le veut : Pasquier, par imitation du son des clcches agitées qui vont deçà et delà comme les danéint. D'ailleurs , le verbe se dandiner ne se dit guère des personnes en repos, mais de celles qui s'agi- , tent sur leurs jambes ou qui marchent. Ensuite , j quoique les deux mots soient également familiers, dadais semble convenir davantage à un homme de campagne , étranger à la bonne société et sans façon , et dandin^ à un jeune fbt qui veut se donner des airs ; n'est-ce pas pour se donner des airs qu'on se dOÊndineP Dans le Bourgeois pentilhommê, Nicole, tervante de M. Jourdain, lui dit pour déprécier les nobles : « Nous avons le fils du gentilhomme de notre village qui est le plus grand malitorne et le plus sot dadais que j'aie jamais ru. » Mais Rabelais d'abord, puis Lafofitaine et Racine ont donné le nom de dandin à un homme de justice.
IV. BHé (abruti) , une {ignorant) , buse , butor (balourd, lourdaud), cruche, mâchoire, ganache
Tous cv6 mots ont cela de commun avec ceux de la classe précédente, qu'ils sont familiers. Mais ils eu diffèrent beaucoup sous d'autres rapports.
Grammaticalement, ce sont des substantifs, et non pas des adjectifs, comme tous les autres mots contenus dans cette famille de synonymes. Ces substantifs sont ici pris au figuré; ils représentent au propre des animaux ou des objets auxquels on assimile les personnes que ces mots servent ensuite à désigner ou à qualifier. Mais ce qui les caractérise par-dessus tout, c'est que ce sont, non plus des termes comiques, mais des termes injurieux : ils marquent le mépris , ils attribuent une sorte de dégradation intellectuelle, et font partie de cette myriade d'insultes qui retentissent si souvent dans les marchés, dans les carrefours, et qu'on s'est même permises autrefois dans les disputes de l'école.
Bête , du latin bestia , qui a été employé dans la même acception par forme d'injure, est de tous ces termes le plus général; il en est comme le type. La bête est l'homme mis au rang des animaux , Ihomme qui n'a pas ou qui a en petite quantité ce qui nous élève au-dessus de la nature qui végète et qui broute. C'est le mot dont on fait le ! plus fréquent usage. 11 paraît répondre exacte- ' ment à celui d'esprit : sans esprit, on est proprement béte. Et comme esprit , nonobstant sa grande étendue de signification, exprime parfois cette qualité brillante qui fait les hommes spirituels et qui se développe surtout en société dans le» coBversalions , héte a aussi son acception spé-
L teçt
ciale , suivant laquelle il désigne le i cette qualité si estimét du tmm
rsàmt à vfwe ilséael ; ot, ^aam i dit,
U faai se taeip peioar pov «voir ém r«vrit;
C'est nne ambitioa que J« n'ai puni an lèic.
Je me trouve fort bien, ma mère, d'être héu;
Et j'aime mieux n'avoir que de coBumms pr^x-s.
Que de me tourmenter pour dire de beaox sii,^ (HenriMtedaiu les Femm^ smmmtm). M«n. '
L'dneestune béts ignorante. Apparemmest ç.f parmi les animaux celai qu'on a a^^peié de u nom a été €4iiisâdéré comme le pins îndceLs :-. tous, conBW le plot incapable d*étre «str^. Outre cela, l'dne a un caractère bien pmnicuhrr. il démit 4lre savant , et il ne Test pas ; il a cî3 dié, et n'a pu lim apprendre. Cette ^oalificatKi retietti de préiénence à HMmiBe jjgsoraBi qu. devrait «avoir, vu son litxe, «a prtêtsnom oc et qu'on dit de lui.
Va Ibi, de leia auTBaia sont des ^btf bira Ikib.
« Vos dues de Battemae ment tsaminer BHffim ei Montesquieu. » Tolt. < Je roadrah sa/rtrir â et Gauchat n*est pas nn de tes dnes de Sarbonne qu'on appelle docteurs. • In. « M. Ifeseitm , greffier doBt fêtais clerc , me tiiHaît avec mépris, ne reprodiant sans cesse ma bètiœ, me répétant tous les Jours qne mon encte Vavait assuré que je mvais , tandis que je ne savais riea; qu'il lui avait promis ua joli garçon , et qu!i? ne lui avait donné qu'un ànê. » J. J.*.
La buse et le btUor sont deux eiseam de proie qu'on ne peut dresser pour la faoconce???. ic figui^ , le mot buse n'a rapport qu'à Tesp rît et le représente surtout comme dépourvu de ]u^
4. ▲ béu le rapporte tAruti. Hais eoue ces dem mots il 7 a d'abord la difTérence de là» et de ^nu* (voy. AMmml, frâe, bmtê^ p. M S). EemâÈe^ainti ne peut pas s'employer coemae euhrtamtf : oa ne éii point, un abruH, un paad a^^rsA, conme ou «Lt, une bt'ie, une giande bete. Enfin, ahruii éiaat os pîrlicipe annonce une qualité acquise ou produite, ca éiat dans lequel on s'est mis on on a été ais, ue altération, une dégénérescence. « Les athées, boffimefl abrutis et eorrompes dans fespril et dau k cœur. B Masi. « Le sens hmMdo ahrmâi at pee*:^ plus s'élever saa choses iniellttctaelles; et lestâmes ne voulant plus adorer que œ qu'ils ««jami, l'idoUtrie se répandait par tout roniveis. • !»»• « Moïse était envoyé pour réveiller, par des ïtaanfear ses temporelles, les hommes sensuels et mbratù.-»\^.
5. Entre ignorant et dne la différence est af^ule. Vignoramt ne sait pas, voilà tout. L'dae ne saii pas. et, de 1^ , il étodiendt eu phitAt mèase il i éttdie sans fruit. Ce qui manque i Tun» c'est alM|ikSMBtle bii d'avoir appris ; ce qui oMBqae à i*aiitre« c'«a la disposition naturelle à apprendre. Nons saisiflsHMf ignorants i l'homme est toujours x^no/^Mt par rapport à Dieu : il n'y a à*ânet parmi les EonuBcs çee cas qui , fonte d'aptitude , n'ont pas profilé des leçons qu'ils ont reçues et qui par conséquent as soal pu savants eemme ils devraleni l*èii«. « fieente illiii de maison eu maison dire an auilre ^11 élût n sol, au préoepleor qu'il était en éme^ et an petit il^ çon qu'il était un ignorent,» yoia» D'aillears» MeeS non -seulement familier, mais i^juriena; c'est oi terme de mépris qui noos ravale jusqa'i edoi de animaux qui est réputé le dernier, le moins iaieiligent, le plus vil, et le jonet de tous les auties.
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
!nt. « Vous croyez encore que je vais disant e sottise dont vous m'accusâtes à Paris, qui est
dire, comme une buse, que ma fille est malade rce qu'elle a trop d'esprit : ah 1 vraiment , je
dis point de ces fadaises-là. » SÉv. « Il faut re bu$e pour aller vivre en Angteterre mal ulu du peuple anglais. » J. J.
Je vois qu'on fons abnse , Et que votre nereu vous prend poar une htue,
Dsvr.
Un gros garçon qui crève de amté, liais qui de sens a bien moins qu'une iuse^ De m'altaqoer a la témérilé.... J. iB. Rooss.
On appelle buse un homme très^imple , qui se isse surprendre. sVolt. — Quant à l'esprit,
qui manque au butor ^ c'est la finesse. « Aie âr et à l'entendre à l'ordinaire , Vurstemberg iraissaitun butor ^ mais approfondi et mis sur politique et les aflaires , il passait la mesure dinaire de la capacité , de la finesse et de Tinistrie. s S. S. « N'as-tu point de honte At deleurer court à si peu de chose? Tn ne saurais ouver dans ta tète quelque ruse galante , quelle honnête petit stratagème pour ajuster vos Taires ? Fi ! Peste soit du bulor / > {Fourbmet de MLpin. Scapin à Sylvestre). Mol. « Et mon bu- Vf , sans soupçonner cette manœuvre , va teneurs prudemment son train, toujours ignorant u'on se moque de lui. Que de stupidité pour mt de finesse 1 > J. J. Mais btkUiT se rapporte jssi à la manière d'agir et la dépeint comme taladroite et comme im peu brutale. « Hé bien ! e voilà pas rétourdie I Vous me payerez mon srre.... Voyez cette maladroite, cette bouvière, nte butorde/... » Hol. « Cet homme était si tilor, si béte, et se comporta si brutalement ue je me permis de le plaisanter. » J. J. « Gour- >n , intendant de Rouen , était un butor, brutal , piorant, etc. « S. S. « Que ne se fait-il aimer ce u(or-là ? » (La femme d'un valet jaloux , parlant e son mari). Dest. '.
Cruche exprime le comble de la «fttptdtttf , ou
A . L'Académie définit de méHke ie balomrd et le uor : personne grossière et stupide. Mail, quoique I butor et le balourd soient dénués l'un et l'autre i finesse d'esprit, leur grossièreté exlérieure ou 'action n'est pas U même. Celle du balourd consiste sulement dans un manque de légèreté ou de grAce , us une contravenlion aux règles de l'usage ou du 30 ton, laquelle fait dire ou faire des balourdises; est la gaucherie de l'âne qui veut caresser son lalire.
De ce lourdaud qui s'en vient lourdement. Lève une corne toute usée,
La lui porte au menton fort amoureusement. Laf. ji grossièreté du buior approche plus de la brutalité ; 'est un manque de procédés, de ménagements , qui e vient pas seulement du défaut d'éducation, mais e la rudesse du caractère. —Quant au lourdaud^ 11 e ressemble ni au balourd, car il n'est pas stupide, : n'a de béie que l'air, ni ao butor, car sa grossièreté e consiste pas à rudoyer ou à maltraiter, mais à se résenter d'une manière gauche. « Le duc de la JaaaYque n'avait pas meina d'esprit , d'art et de capaiié que son père ; mais son eitérieor tortu, grossier, aie et laid démentait toutes ces qualités. Il vint ihargé d'un compliment au roi , el il parut il tout le nonde un gros vilain lourdaud, 9 S. 'S.
plutôt la nullité intellectuelle complète. On peut encore supposer à la bute et au butor, qui vivent , au moins , quelque peu d'intelligence ; mais il n'y a pas trace de cette faculté dans une cruche. L'homme ainsi qualifié est une matière arrangée , revêtue d'une forme, mais au dedans il n'y a rien ; c'est une tète vide , c'est quelque chose de creux , qui n'est pas même animé. On dit aussi dans le même sens , béte comme un por. « N'y aurait-il pas moyen de réveiller un peu le Deux- Cents ? S'il ne voit pas ici son intérêt , ses membres ne sont que des cruches. » J. J. Dans la fable qui a pour titre les Oreilles du lièvre , un lièvre annonce au grillon , son voisin , qu'il va quitter le domaine du lion irrité contre les bètes à cornes; il craindrait qu'on ne prit pour des cornes ses longues oreilles.
Le grillon reparut :
Cornet celai vous me prenes pour cruche S Lur. Il sembleiait résulter de ce dernier exemple que, comme nous assimilons les hommes de peu d'es^ prit aux animaux, il convient par analogie de donner aux animaux les plus stupides des noms d'objets inaunnés.
Restent enfin mdchûire et ganache.
La principale différence entre l'homme et les animaux par rapport à la tète, qui est le siège et l'organe de la pensée , c'est que chez l'homme la partie supérieure , le front , s'avance autant que le menton et le reste de la face, au lieu que chez les animaux le front peu développé fuit en arrière et ne laisse voir que la partie inférieure , les deux mâchoires et la bouche. C'est pourquoi, comme on dit d'un homme d'esprit médiocre , qu'il a peu de cervelle ou qu'il n'en a pas , on dit de même qu'il n'a que mâchoire , que c'est une mâchoire. On l'appelle aussi ganache, du nom qu'on donne à la mâchoire inférieure du cheval. Bt la qualité d'esprit dont ces deux dénominations populaires servent à marquer le défaut est précisément celle qui peut naturellement frapper le peuple , c'est- » à-dire le talent. Traiter quelqu'un de mâchoire ou de ganache , c'est donc lui reprocher en termes méprisants son ineptie.
Mais , comme ganache est pris de l'animal , et d'un animal particulier, il semble enchérir sur mâchoire et se dire surtout relativement à quel, ques actions particulières : la ganache est une grande mâchoire dans un certaiû art ou par rapport à sa conduite dans une certaine circonstance. « H. le duc d'Orléans était ensorcelé par Noailles, Efftat, Canillac, jusque par cette mâchoire de Besons. » S. S. Besons était de tout point incapable. Quand une personne vient de mal faire une chose , on l'apostrophe vivement et avec dépit en l'appelant ganache : la ganache ! quelle ganache /
Donc, la béte manque proprement d'esprit; l'dne, de savoir; la buse, de jugement; le butor, de finesse dans la pensée, d'adresse et de douceur dans la manière d'agir; la cruche, de toute espèce d'entendement ou de qualité mentale : la mdehotre, d'habileté en général, et la ganache, de l'habileté même la moindre et la plus vulgaire dans un art ou dans une certaine action.
SUBORDINATION , DÉFENDINGB , ASSUJETTIS-