DEUXIÈME PARTIE
SEMENT, SUJÉTION. Ces mots expriment de nous aux choses ou aux personnes un rapport tel , que nous leur sommes soumis. Dans l'état social, notre rolonté subit mille influences : tout y est subordination, dépendance, assujettissement, sujétion.
Subordination marque un rapport de position ou de rang. C'est un mot qui suppose une hiérarchie dans laquelle chacun a un supérieur ou des supérieurs dont il relève. Aucun état, aucun corps , aucune administration , aucune armée ne peut subsister sans subordination. Or , cette idée d'une hiérarchie , ' d'un ordre établi par les hommes, étant particulière à ce mot, c.la seul sufSt pour le distinguer nettement de ses synonymes. « Les sociétés, avec toutes leurs subordinations et leurs polices, sont, dit Coriolan, des institutions humaines. » Fin. « Une multitude d'hommes encore sans lois, sans police , sans aucune subordination, » Roll. « Les Perses avaient une grande subordination dans tous les emplois. • Boss.
La dépendance fait que nous sommes de telle sorte i la disposition d'une personne , que nous ne pouvons rien faire sans son aveu, sans sa permission , sans lui déférer. Un pupille est dans la dépendance de son tuteur; un enfant, dans la dépendance de ses père et mère ; une femme, dans la dépendance de son mari ; Thomme, dans la descendance de Dieu.
Votre sexe n'est là (dans le mariage) que pour la dépendance :
Do cAté de la barbe est la toute-puissance.
(Amolphe i Agnès dans V École de* femmes).
Mol.
Je sais que sur les vesax on n*a poiat de puissance.
Que l'amour veut partout naître sans dépendance.
Id.
— Avec l'esprit ^'insubordination , on se révolte contre l'autorité, contre ses chefs; avec l'esprit lï indépendance^ on s'émancipe.
V assujettissement et la sujétion représentent le rapport d'un sujet à l'égard d'un roi , rapport qui consiste dans l'obéissance à des commandements. Par la simple dépendance , on est en tutelle, on ne peut rien résoudre, rien entreprendre sans avoir le consentement d une certaine personne; ïassujettiuenunt et la XttjVltofi soumettent positivement à des ordres. Dans la d/épendance , vous ne faites pas ce que vous voulez: dans l'assujettissement et la Sujétion , vous devez faire telle chose. Un domestique est dans la dépendance de son maître; il ne peut, sans l'agrément de celui-ci , disposer de plusieurs de ses actions : la domesticité a des assujettissements et des sujétions auxquelles il faut satisfaire.
Assujettissement^ sujétion. £tat d'un homme astreint à faire certaines choses , ou bien les choses auxquelles il est astreint : être ennemi de V assujettissement et de la sujétion; les assujettissements et les sujétions'de U vie.
Ces mots diffèrent comme renoncewient et renor^ciation y sentiment et sensation ; assujetiiuement exprime quelque chose d'intérieur, et sujétion quelque chose d'extérieur. Vassujettissement plie, soumet nos sentiments, les dispositions de
notre âme; la sujétion ne détermine qne nos actions. On dit proprement les assujetiissemenls de la société, c'est-à-dire les obligations qu'elle h^ pose, et les sujétions de la vie, c'est4-dire is besoins et les nécessités auxquelles il faut pcavoir en cette vie. I^es assujeitissemenis de là ^^ ligion (Mass.) et VassujettissemerU A la Idî de Dieu (BouED.) regardent notre &me ; la sujélim & la mort (Vauv.) indique une exigence purecir.; objective, et non un devoir qui demande qr. nous réglions de telle Ou telle maoière notre esprit et notre cœur. On attend d'un homme uquel on a aécordé quelques faveurs de h tscoqnaissance e^ un assujHtissement déclaré (Mass.) ; il ne faut pas attendre d'un précepienr Its sujétions d'un valet (Dbsc.).
Ensuite, comme assujettissemeni seul corr«s-
i pond à un verbe , lequel peut s'employer d'i^e
I manière réfléchie , Vassujettissement est d on
homme qui u^ assujettit y qui a le mérite ou le
: tort de se soumettre , et la sujétion est d'an
I homme quiestsiffet, qui se troure soumis. Nojs
I montrons notre courage et notre persévérance
I par un assujettissement contiouel au travail
' (BouED.); la sujétion d'nn exercice laborieux et
sans rel&che (Id.) nous, fatigue, nous use. —Tel
assujettissement peut être lâche (Boo no .V* telle
sujétion, humiliante (Id.).— «Une chose folle et
qui découvre bien notre petitesse, c'est rasiujff-
I tiuement aux modes. » Labr. Une chose triste et
qui découvre bien notre misère , c'est la sujétiijn
I où notre &me est tenue relativement au corps
auquel elle est unie.
1 SUBSISTANGB , — ALUfENT , NOCIUUTrRE. C^ qui se mange , se digère et entretient U vie. ' Subsistance^ ce qui fait subsister, diffèrcf beaucoup d'aliment et de nourriture. C'est un terme d'économie domestique, qui représente ]r chose antérieurement à son application; au lieu que aliment (quodalit^ ce qui nourrit) et nourrîture sont des termes inmiédiatement rèlaùfs à , l'usage de la chose et à son effet. On pourvoit à <-a subsistance et à celle de sa famille '^a.c.\L'.}. la xubmtance d'une armée (lo.); on fournit à h ! subsistance de quelqu'un (lo.); on tire sa subtis- I tance de tel ou tel lieu (Montbsq.. Boss. ; on mènage un fonds (Bourd.) ou du blé (Ffh .) poor ^ I «ubsisfanee; avoir une fu&mfance assurée Acai./; n'avoir aucun moyen de subsistance ;In.). Maison prend des aliments ou de la nourriture .;Acal.}; un médecin vous recommande d'user de telsrJîmcnts ou de telle nourriture (Les.) ; tel aliment ou telle nourriture convient à tel âge (J. J.); la terre donne aux plantes leur nourriture ti iear aliment (Boss.) ; on est avide d'aliments ou de nourriture (Bourd.); on ne peut entretenir le corps sans le secours des aliments et sans luntrriture (In.) ; l'eucharistie est Valiment et la noiirrtCure de nos âmes (In., Ma^s.). — Sans subsistanUy on n'est pas muni , approvisionné . on est dans la disette; sans aliments et sans nourriture, on souffre de la faim , on tombe d'inanition.
Aliment et nourriture ont entre eux plus de ressemblance. Cependant une simple circonstance grammaticale les empêche d'équivaloir l'un à l'autre. Aliment est un substantif pur, il sert à
SYNONYMES A RADICAUX DIVERS
•rmer un verbe , alimenter; mais il n'en vient i5. Nourriture t au contraire, estuo substantif irbal , il a été formé du verbe nourrir, et il en ippelle Taction.
Aliment est objectif: il exprime un objet, la lose qu'on mange. Nourriture est subjectif : il gnilie une action , action dont Vaîiment est ou •urnit la matière. C'est pourquoi d'abord aliment i dit plus souvent au pluriel, et nourriture resque toujours au singulier. « Nous sommes )nformés pour avoir besoin de nourriture , ou 3ur ne pouvoir pas vivre sans alivfiints, > Gond.
La raison souveraine nous a forcés, par le Laisir et par la douleur , k désirer la nourriture ins laquelle nos corps périraient ; elle a mis ans les aliments qui nous sont propres une force our nous attirer. » Boss.
Les aliments nous sont extérieurs , ils existent idépendamment de nous ; ce sont dès fruits ou es mets. La nourriture peut être dite nôtre ; elle e s'opère pas sans nous ; notre corps y prend ne certaine part ; ou , dans tous les cas , elle a lus étroitement rapport à nous, au service u'elle nous rend. Nous faisons de tels aliments otre nourriture. Les premiers chrétiens ne viaient que d'aliments secs et sans les faire cuire PÉN.); il ne faut aux Indiens que des nourrtures rafraîchissantes (Volt.). « La nourriture \ st le premier de nos besoins. Or l'homme &auâge n'est pas difficile sur le choix des aliments. » loND. « La manne était Vaîiment dont Dieu avait oiirvu les Israélites dans le désert , et qu il prédit soin lui-même de leur distribuer. Nourri- \ /re qui les maintenait tous dans une santé par- i f,ite. Nourriture qui s'accommodait à tous les ' pilts. » BouRD. « L'Église gémit de ce qu'elle ne g ut parvenir à modérer les riches dans leur i
ûurriture La terre , cultivée par des hommes
obres et laborieux , produirait assez d'aliments | our notrrir sans peine tout le genre humain. » . '£N. a Un homme qui voudrait nourrir ses bras | i ses jambes en y appliquant la substance des ' ^tille\XTs aliments y ne se donnerait jamais aucun mbonpoint; il faut que tout commence par le entre. C'est du dedans le plus intime que se istribue la nourriture de toutes les parties extéieures. » In!..
Les aliments ne nourrissent pas toujours , ils mpuisonnent quelquefois ou affaiblissent le corps, u,l,^eu de le fortifier : c'est quand ils ne trouvent as. dans le corps une disposition convenable , uand ipanque la condition subjective, quand action de la matière nutritive n'est pas secondée par le concours du sujet qui la reçoit. * Les Uiments dans un corps malade , bien loin de le oriifier et de le nourrir , l'affaiblissent et le fourkent en corruption. » Bouan. c L'intempérance les hommes change en poisons mortels les alinents destinés à conserver la vie. » Fin. « Il me iemble que la nourriture représente plus partiiuUèremeot la chose comme se convertissant en a substance du corps. Pour prendre des aliments 1 suffit de manger. Pour prendre de la nourriure il faut que les aliments réparent la dissipaion qui se fait. Un étique prend des aliments sans prendre de la nourriture, > Cono.
Au figuré, reparaît la même différence. AU* ment rappelle toujours un objet, et nourriture un fait : Les sciences sont Vaîiment de l'esprit (ACAD.), c'est-à-dire ce qu'il faut lui procurer pour qu'il vive ; et l'esprit a besoin de nourriture (In.), c'est à-dire qu'on le nourrisse en lui donnant les sciences pour aliments. — Du reste , dans l'acception figurée , aliment est plus usité; il se dit de plusieurs choses auxquelles le mot nourrir ne s'applique qu'improprement : le bois est Vaîiment du feu; Vaîiment des passions, Vaîiment des factions. Nourriture ne convient guère qu'en parlant de l'esprit et de l'âme, qui ont avec le corps , quant à la manière de s'entretenir, une grande analogie.
SUBSISTANCE , SUBSTANCE. Provision ou amas de choses destinées et nécessaires à la nourriture de quelqu'un.
La subsistance peut être abondantQ^ et comprendre même une sorte de superflu. Alcibiade exilé se ret'ra dans un lieu de Phrygie que les Perses lui avaient donné pour sa subsistance (FéN.). et Je ne dois rien à l'État; c'est à vous de donner la moitié de votre subsistance , vous qui êtes un seigneur terrier. » Volt. « Charles XII se vit retrancher son thaïm , c'est-à-dire la subsistanee que la générosité de la Pointe lui fournissait par jour, et qui se montait à 1500 livres. » Id.
Mais la substance est l'essentiel , le strict nécessaire» ce sans quoi on ne peut absolument pas vivre. « Donnez au prochain , sinon votre vie et votre substance y du moins le superflu de vos biens et le reste de vos excès. > Boss. « Que de prétextes pour ne pas se retrancher sur mille profusions, ou inutiles ou criminelles; tandis qu'on refuse à des créanciers malheureux leur propre pain et leur propre substance. { » Mass. « Acquittez -vous : n'engagez pas (au jeuj pour un vain plaisir le sang de vos frères et la substance des pauvres, » Bodrd. c Notre évéque est fait pour soulager les pauvres , et non pour dévorer leur substance. » Volt.
SUBSISTANCES, VIVRES, DENRÉES. Choses dont on fait amas ou provision pour sa nourriture , pour en faire des aliments , pour les consommer.
Les subsistances sont les productions de la terre qui nous font subsister, c Les circonstances qui pressent le râle d'aller nicher dans les terres du nord sont autant la nécessité des fubsûlancei, que Tagrément des lieux frais. » Buff. « Si cette terre était ce qu'elle semble devoir être, si l'homme y trouvait partout une subsistance facile et assurée.... » Volt. cCes nations (les barbares) ne demandaient que la subsistance : on leur donnait les plaines ; on se réservait les défilés , les places.... » MoNTBSO.
Loi vivres y ce qui fait vivre y sont des choses toutes préparées pour la consommation , telles que celles qu'on porte en voyage ou dans une expédition. Les oiseaux vont dans une contrée chercher des subsistances , et non pas des vivres. «Joseph. fit partir ses frères avec des vivres pour le voyage. » Roll. « Charles XII devait recevoir de Hazeppa les vivres, les munitions, l'artillerie
DEUXltUE PARTIE
qui poaTait lui manquer. » Volt. « Gomme si tous les vivres dont le roi usait nécessairement tous les jours , la riande , le potage , le poisson , les assaisonnements, les légumes n'eussent pas été susceptibles des mêmes soupçons. » S. S. — Une armée tire ses tubsiitancei de tel pays, et elle est fournie de vivres pour tant de jours.
Les ^enr^ex, choses qu'on obtient avec de Targent ou des deniers , sont relatlTes au commerce, se Tendent et s'achètent : ce sont des marchandisea. < Sophie entend la cuisine et l'office; elle sait lee prix des denrées. > J. J. • Pour mieux rogner les ongles au maître d'hôtel, je me donnais la peine d'aller dans lee marches pour savoir les prix des denrées, » Lis. « Ces aouToUes denrées lie thé, le café et le sucre), et beaucoup d'autres, que nous payons argent comptant, peuvent nous épuiser. » Volt. € On se plaint qu'il y a trop de livres. C'est comme si le prévôt des marchands se plaignait qu'il y eût à Paris trop de denrées : en achète qui veut. » In.
Un pays est fertile en subsistances; une place est approvisionnée de vivres; un marché est pourvu de denrées.
Une armée trouve sur les terres ennemies des subsistances plus ou moins abondantes ; elle a des vivres plus ou moins frais ; elle se procure sur les marchés des denrées plus ou moins chères.
Les subsistances manquent dans les années de stérilité; les vivres ne tardent pas à manquer dans une place bloquée et insuffisanunent pourvue ; les éCenrées manquent d'ordinaire là où on les soumet à des droits excessifs.
Les subsistances ont rapport à leur origine , au lieu d'où elles viennent, au sol qui les porte ou les produit; les vivres, au soin qu'on prend de s'en munir ; les denrées , à leur circulation, leur prix et leur débit.
SUCCÈS, RÉUSSITE, ISSUE. Ces mots ont rapport à la manière dont les choses tournent et arrivent.
Succès est le terme général et le plus ordinairement employé. Il a du reste ceci de tout à fait caractéristique , qu'il se dit seul des personnes, a La témérité des charlatans, et leurs tristes succès, qui en sont les suites. > Labr. c Turenne n'a pas eu toujours des succès heureux à la guerre. » Volt, c Vous savex l'intérêt que je prends à votre mérite et à vos succès. * Id. « L'animosité ds Visé augmenta avec le suuès de Molière. > Las*
Réussite convient proprement pour les objets; mais comme succès peut le remplacer et le remplace souvent dans cette application , il faut voir s'il est indifférent dans ce cas de se servir de Tun ou de l'autre, de dire , par exemple , la réussite ou le succès d'une pièce dramatique ou d'un ouvrage quelconque.
Réussite exprime toujours quelque chose de favorable : il n'y a que d'heureuses réussites. Les succès , au contraire , peuvent être tristes , malheureux : ce mot se prend en mauvaise aussi bien qu'en bonne part. « Celse est né pour réussir dans une affaire et pour en manquer mille , pour se donner toute la gloire de la réussite , et pour détourner sur les autres la haine d'un mauvais
' suuès, » Labr. « Un grand tuecèM (d'une cQ:y-i d'une nièce de Voltaire) me eomblerait df li : : ! grande joie. Un succès ordinaire me console-i: un mauvais me mettrait au désespoir. » Voit. - En second lieu, la réugsite suppose <fit.'-. chose de commun et de simple , qui n'a ne-: grand ni de remarquable. Un essai de ctiIti^ un ouvrage sans prétention auront delar?«i c « La réussite des boutures dépend de le or 's•^ lité à produire des racines. » J. J. « La pa?=5 ne reste pas constamment sut ses ceufs, c* 71 nuit à la réussiie de la eoarée. > Bvfp. La nreis y au contraire , sont plutOt coiBààénb.es •: importants : le tuccèr de nos armes ; il peat ▼ es avoir de brillants et de gHorienz. «La Fswrf inîipathte^ comédie de La Chaussée, eut on noisbre de représentations suffisant pemfmtoznger à de nouveaux efforts. Arerti de son taies: par cette première réussite , il osa entrvpreLli. un second onvrage beauconp pins oonstdcnb'f le fréjugé à la mode , dont le tueeès cas-ie' passa ses dèsin et ses espérances. » D*Al, «L'anteur du Spectacle de te aalare vient rf 'exécmr cette entreprise avec tonte la rAostU qu'on dcr. attendre de son esprit et de ses talents.... L avertit qu'il ne présentera ni les d^auls m les misères de Thumanité, triste suiet que !« écrivains les plus célèbres ent \tmi\è avec tant d« succès qu'il est inutile d'y rerentr. v Mira L: réussite peut être momentanée (d'Al.), ^û«!r«^ (Lab.), incertaine (Volt.); le succès ist piu:t: plein (ACAD.) , durable (Id.), soutenu (Lâh.\ cY» bontés me présentent une antre perspectiri-: je doute un peu de la f^umfé.... ^ tout le TKit (de l'opéra de Pandore) est aussi bon que ce que j'ai entendu , cet ouvrage aura un très-grand succès. » Volt. — Troisièmement, Is réussite et plus facile que le accc^ , elle n implique pas autant d'oppositions ou de résistances i vaincre: et comme le mot de réussUs ne sTapplinue point aux personnes, il ne marque pas , ain^ que le li.i celui de succès , les efforts , la eonduite et ie mérite des personnes. « On est bien aise de faire fs voir aux gens le succès qu'on a en dans e» affaire dont on était chargé, s Bomm. — tsâa. h rtussite est plutôt totale, elle temnce ia cbo<<: au lieu que le succès est quelquefois pirtiei. c'est un des événements successifs qui coneoaren! i un résultat général. C'est pourquoi réussik oe se dit point au pluriel, ce qu, au eontiaire. arrive souvent à succès. « Ce qui gâte presque tentes les affaires, c'est qu'ordinairement ceux <p:i les entreprennent, outre la réussiie principale, cherchent encore de certains petits sûceèt perticulîers qui flattent leur amonr-propee. » Mof-
TSSQ.
Ikstie ne se dît ni des personnes, cemmemccès, ni des objets, comme r^wstfe. b» des actions seulement : ritiue d'un homme serait un barbarisme, aussi bien que Yissue é*an ouvrase. Pour bien placer ce mot, il fkut dire Yisruf d'une guerre ou d'un combat (Acan.. d'Ai>, RoLL., Las.), d'une action (Haaic.). duae coespîration (In.), d'un procès (Volt. ), d'âne afîurt (AcAD., J. J.), d'une entreprise (Boean., Volt., RoLL.), d'une expédition (Roll.), d'une tect»'
SYNONYHSS À EAMCAUX DIVERS.
iv« (Harii.). D'ailleurs > tniM, qui diffère de 'énssite eh oe qu'il ee prend tantôt ta bonna tan- Ôt en mauvaise part, se distîjague ainsi qu'il uitet de féwsite et de succès, Issw y c'est-à-dire lortie, suppose une affaire ou une • entreprise nultiple, embarrassée; et de là vient qu'il signiie aussi un expédient pour se tirer d'une posiion difficile et eonune d'un labyrinthe. C'est le lénoûment d'une 'intrigue, la solution d'une omplication de laits ou d'intérêts. Dans le Dépit mourem^ Hascarille, parlant d'une de ses four* eries à Yalère , son maître, lui dit : C'élailun coup d'État; et tous verrez Vissue Gondimner U fureur que vous avez conçue. Mol. On osa invoquer «n saint pour le succès d'une atreprise injuste» pour l'heureuse issue d'une ffaire dont l'artijace, la ruse, la mauvaise foi înt les ressorts. » Boord. « Ceux qui réussissent i mieux dans la connaissance de l'avenir sont eux qui, par une comparaison plus exacte et lus suivie des différentes causes qui peuvent afluer dans l'événement futur , démêlent , d'une ue plus ferme et plus distincte , quel sera le réultat et Vissue du combat de ces diverses canes. » RoLL. Ajoutez à cela que Vissue est opposée . l'entrée ou au commencement; c'est la fin ou a conclusion. L'homme prudent ne s'engage pas, le s'embarque pas dans une affaire sans en prérai r y issue, < La guerre recommençait en Europe m 1688. On voit par une lettre de Christine [u'elle prévit quelle en serait ï issue par rapport lu roi Jacques II. » D'Al. c Je doute un peu {u'il n'eût espéré une meilleure issue de cette iffaire, quand il a commencé à l'entreprendre..»
30DBFF.
SUCGE8SI0R, HÉRÉDCrfi, HERITAGE. Ces BOts expriment ou regardent ce qui est laissé par tne personne décédée et transmis à une personne (urvivante ou à plusieurs.
Succession est le plus général des trois. H si. unifie le remplacement du défunt par un homme lui prend ses affaires telles qu'elles sont > c'est- àlire son passif avec son actif, ses dettes ou ses obligations en même temps que ses biens ou ses ichesses. On dit une succession embrouillée , enlettée ou chargée de dettes. C'est d'ailleurs le not de la jurisprudence ordinaire , celui des coies et des tribunaux, et il a un rapport particuier à l'action, à l'action de transmettre et à la xianière dont elle se fait : venir à la succession le quelqu'un; obtenir quelque chose par voie de succession; #uccM«ion directe , collatérale, testaneutaireou o^ intestat^ sous bénéfice d'ijaven* aire.
Bérëdité et ft^ritoa^. qui ont pour racine commune berus^ maître, propriétaire, possesseur , ne supposent que des biens & recueillir ou recueillis, que des choses susceptibles de domaine, dont on peut dire qu'on en a le domaine ; de plu», ni l'un ni Fautre ne se rapporte ï l'aaion.
Hais Vhérédité se rapporte au droit, Yhéritage I la chose. C'est en vertu de Vhérédité qu'on entre en possession de Vhéritage, La propriété que La nature, le testament ou la loi vous assure, forme VMréiité; le fonds queFancien possesseur
vous laisse constitue Vhéritage, On dit le droit de l'fc^^dtl^ ( Volt. ) , Vhérédité naturelle (Bbaum.). et un ample héritage (BoaaD.), cultî- ' ver Vhéritage de ses pères (J. J.). Il peut même, y avoir hérédité sans héritage : telle est celle d'une charge, d*un office héréditaire, qui confère un droit, mais ne procure pas un bien réel ou un domaine. Et réciproquement, il peut y avoir héritage sans hérédité: on appelle héritage un fonds de terre quelconque : acheter un héri' tage. Tant est grande la différence qui sépare les deux mots.
C'est ainsi qu'on doit parler, à la rigueur. Toutefois , l'usage n'y oblige pas absolument. Il permet , par exemple , d'employer succession et hérédité dans le sens d'héritage, c'est-à-dire pour désigner les biens d'un défunt. Mais alors succèssion est le mot de la science et du palais , héritage le mot ordinaire , et hérédité (latin haereditas) un terme érudit. Succession est le mot de la science et du palais ; aussi ne se dit-il pas au figuré, comme héritage. Hérédité est un terme érudit ; aussi ne s'en sert-on dans cette acception qu'en matière de jurisprudence ancienne. « U se forma chez les Romains une règle que Ton ne pourrait donner ni transmettre son hérédité que par des paroles de commandement. » MoirrasQ. « C'était une bonne loi pour la démocratie (chez les anciens) que celle qui défendait d'avoir deux hérédités. » Id. « La loi des Saxons veut que le père et la mère laissent leur hérédité à leur fils , et non pas à leur fille; mais que, s'il n*y a que des filles, elles aient toute Vhérédité, » Iï>.
SUITE , CONTINUATION. Termes qui désignent le rapport d'un fait ou d'une action avec ce qui y est antérieur.
Suite exprime un rapport moins étroit, un simple rapport d'ordre , de causalité , de dépen- , dance ou d'analogie. Continuation annonce un continu , une suite non interrompue , un rapport tel , que ce qui précède et ce qui suit ne font qu'un même tout. Une guerre , pour être la suite d'une autre , n'a besoin que de venir après et de s'y rapporter d'une manière plus ou moins directe ; mais une guerre qui est la continuation d'\ine autre en est l'extension , le développement ultérieur, c'est pour ainsi dire un acte du même drame. La suite d'un sentiment est quelque chose qui en difi%re, et, par exemple, la futte de la haine ce peut être la vengeance pu la prévention ; mais la continuation d'un sentiment est ce sentiment lui-même qui dure ou se prolonge : assurer quelqu'un de la continuation de son amitié (Laf. , Sév.). Une suite à Buffon est d^in savant qui a travaillé dans le même genre que ce grand naturaliste ; la continuation de V Histoire naturelle de Buffon estd*un savant qui a travaillé dans le même plan , qui a achevé de remplir le cadre même de Buffon.
Du reste, quand il s'agit, comme dans ce dernier exemple , d'une action d'où résulte quelque chose, d'une production, une autre différence empêche que les deux mots ne soient confondus. Suite, est matériel et signifie l'ouvrage , au lieu que continuation est formel et marque propres ment le travail. Un écrivain donne la suite et