DEUXIÈME PARTIE
entreprend la continvMiion d'une histoire : la nttfe est plus ou moins intéressante , la conUnuar tion plus ou moins difficile.
SUPPOSITION, HYPOTHÈSE. Ce qu'on pose dessous (sub ponere^ uico xidcvai, poser sous ou dessous), ce qu'on avance arbitrairement pour servir de base à un raisonnement , à des inductions ou & des conséquences.
Supposition vient du latin suppositio, et htfpO' thète , du grec OicôOeoi;. D'où résulte entre les deux mots, pour première différence, que l*un est un mot du langage ordinaire , et l'autre un terme scientifique. Tout le monde sait que notre langue usuelle presque entière prend ses racines dans le latin, tandis que de tout temps les savants ont affecté d'employer des mots dérivés du grec. On se sert toujours de supposition dans le discours commun ou même familier; mais hypothèse doit èlre réservé pour le style dès sciences exactes ou des sciences naturelles. Dites donc, si vous ne voulez passer pour pédant , la supposition^ et non Vhypothèse, qu'il pleuvra demain; la supposition, et non Vhypothèse , que telle personne a été la dupe d'un imposteur; dans la supposition, et non dans YhypothèsSt qu'il agira comme vous le dites. « J'ai toujours agi d'après la supposition des sentiments de droiture et d'honneur innés dans les cœurs des hommes. » J. J. « Ne ranges pai La conspiration des poudres parmi les suppositUms: elle n'est que trop véritable, s Volt. < n faut vivre autrement dans le monde , selon ces di- Terses suppositions ; si on pouvait j être toujours; s'il est sûr qu'on n'y sera pas longtemps, et incertain si on y sera une heure. Cette dernière supposition est la nôtre.» Fasc. Mais il faudra dire Vhypothèse , et non la supposition , d'un polygone à mille côtés, de systèmes planétaires semblables au nôtre , il'etpnto animaux ou d'un fluide nerveux. « Cela fournit une théorie appuyée sur des faits et indépendante de toute hypothèse. » Buff. « Telle est la méthode que suit l'esprit humain dans les arts. Il recueille des observations , il fait les hypothèses que ces observations indiquent, et il finit par les expériences qui confirment ou qui corrigent ces hypothèses. » . CoKD. Lettre ou pièce supposée; syllogisme hypothétique. Selon le Dictionnaire de l'Académie, hypothèse est un terme de philosophie ; c'est un terme de science ou de spéculation.
D'autre part, la supposition est une chose qu'on donne comme possible ou même comme réelle ; au lieu que Vhypothèse, en raison de son caractère scientifique ou spéculatif, est idéale , imaginaire , sans aucun rapport à la réalité. Prétendre que la lune est effectivement habitée, et fonder des inductions sur cette assertion , c'est une supposition, et cette supposition peut être combattue comme gratuite ou comme fausse ; mais si un astronome, imaginant que la lune est habitée, se borne à déduire les conséquences qui dérivent de sa conception, il fait une hypothèse^ il n'y a rien à lui dire. La supposition est du domaine du jugement ou de la croyance, elle affirme que la chose est ou peut être; ce qu'on attaque en elle c'est le supposé lui-même : Vhypothèse est une idée, un fait de l'imagination ou de U concep-
tion; on ne l'attaque point en elk^-mème, eslcomme insuffisante pour rendre raison des ::•: se^ L'opinion qu'il y a eu un état de nii:: antérieur à l'éUt social est une suppcntion; système des tourbillons de Descartes, et c«iLi et monades de Leibnitz, sont des hypothèses. It suppositions sont de conséquence et graves: « -. hypothèses sont fort amusantes ; elles sont &i: conséquence. • Volt. La supposition a la tc.-. d'une proposition ordinaire, elle est susceii- : d'être contredite; l'hypothèse ressemble à la >.i r.ilion , elle est libre et en elle-même inaiu quable.
La suppohltdR est relative à la pratique conre à la réalité : elle se prend dans une wcepuza morale €t en Wuvaise part pour une aii^ucc . une production fausse , pour une chose lèiate o^ controuvée afin de nuire. Vhypothèse^ an contraire, est toute théorque, toute didactique, relative seulement à l'intelligence ou i i'eip i:ztion des choses. L'honnête homme ne se permet ni suppositions, nijagements téménires; iMgéù métrie ne peut être sue que de ceoi gai oût assez d'imagination pour en comprendre les hypothèses.
Enfin, par supposition on entend quelque chose de simple, qui peut s'exprimer en une seule proportion. Une hypothèse, conmkc une science ol une théorie , est quelquefois on ensemble on u: assemblage d'idées , un système. Bn ce cas oa dit bien qu'une hypothèse repose sur des suppositions : « J'appellerai hypothèses les systèmes qui n'ont que des suppositûms pour fondements.» CoMn.
gUPRÉaa, SOtmOÊJOn. Qui est an-dessis de tout ou au plus haut point dans son genre.
Ces deux mots ont la même racine, le Jaifr. super ou lupra, sur, au-dessus. 5iiprs est devenu en italien «opra et sovro, d'où sepmno et sovrano. Sovrano a évidemment servi ifonnei le français fOMverotii.
Toute la différence entre supréwie et soiRcnis tient donc à celle de leurs terminaisons.
JÎme, latin émus, est la même chose qu'ûi^. imus , et exprime le superlatif , le plus bait aigre : extremus, extrême ; illustrissimes et mtrenàUsimus, illustrissime et réTérendis5ijBe.iM. lalin anus, marque primitivement Tongi^e, puis la profession ou l'exercice : llioiBiiie hoMtain se montre haut, affecte la hauteur, U ounifeste; le puJbUoain fait une fonction rdatieau public , etc.
L'idée caractéristique de suprême est celle d ^ lévatlon ; ce qui est lupr^me a la préémioefitt sur tout le reste. L'idée essentiellement pro^ à fotioerata est celle de puissance ou de ralear aussi grande que possible : ce qui est samerain a la supériorité , l'emporte sur tout le reste en force ou en efiBcacité. Tout est inférieur en raeg à ce qui est suprême; tout est soumis à l'iofluence de ce qui est soureratn. De là nenl qu'on dit le rang ropr^^, et un remède swurata. De là vient que suprême , ayant rapport ili place seule , n'a pas donné naissance à un adverbe, comn» sottveinata qui, étant relatif inaction, à la force et au développement de Is for»,
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
produit nueerainement : connaître et aimer yuverainement le vrai Dieu (Fén.)*
« Est-il possible de ne pas reconnaître ici4ès ffets d'une providence particulière et le pouvoir ouverain d'un £tre suprême? > Roll. « Dieu pprend aux rois leurs devoirs d'une manière ouveraine et digne de lui.;.. Il leur fait voir ue, pour ôtre assis sur le trône, ils n'en sont as moins sous sa main et sous son autorité suréme. » Boss. Bossuet appelle Dieu la nature ivisible , la nature suprême , qui a tout tiré du éant par sa souveraim puissance. C'est r£tre a la nature suprême^ en tant qu'il est l'Être par Ecellence; c'est le souverain Seigneur de toutes tioses y en tant qu'il peut tout , qu'il a tout créé t qu'il gouverne tout. En Dieu nous adorons la iprême majesté et la suprême sagesse (Bourd.); eus devons redouter sa justice sau^eraiMy et ar conséquent inévitable (Boss.}.
Il y a une loi suprême à laquelle se rapportent )utes les autres comme à leur modèle; il y a ans la conscience de chacun une loi soux>era%nt
laquelle obéit toujours l'homme de bien.
X II y a un genre qui n'est point espèce , savoir s suprême de tous les genres. » P. R. « Les conils connurent , par leur expérience , que la massté du rang suprême sans force est d'un faible ecours. » Roll. « Etre parvenu au suprême deré de la vertu , de la science. » Acad. —Voix soueraine (FéN., Volt.), éloquence souveraine ilOLL.), main souveraine (Boss.), et non pas tipréme, c'est-à-dire voix, éloquence, main, rès-puissante ou toute-puissante.
SURFACE, SUPERFICIE. Ces mots formés, le remier de deux autres mots français, sur et ice; le second, de deux mots latifts, super et fa- 'es , correspondant exactement à sur et k'faee , gnifient la face de dessus, le dessus des corps, 9 par quoi ils se terminent.
Usas superficie y venant du latin, étant latin. li un terme de science , de géométrie , d'arpenige , de mathématiques : il représente quelque lose d'idéal et d'abstrait, le dessus des corps lant à son étendue. Surface^ au contraire, irce qu'il est tout français, appartient au lanige commun, et désigne le dessus des corps jant à sa matière , à sa composition ou à ses lalités physiques. « L'Etna est un cône obtus >nt la superficie n'a guère moins de trois cents 3iies carrées : cette superficie conique est Lrtagée en quatre zones. La ville de Catane se ouye dans la première enceinte dont la superlie est de plus de deux cents lieues carrées, s fond du terrain n'est que de la lave; et la vrface de cette lave mêlée avec les cendres du >lcan s'est convertie en une bonne terre actuelment semée de grains. > Buff. « Les surfaces 1 cristal polies avec le plus grand soin ne laissnt pas de présenter des sillons, c'est-à-dire des nlnences et des profondeurs alternatives dans luta l'étendue de leur superficie. » lo. < Qu'on ippute la superficie de la main et des cinq >igts, on la trouvera plus grande que celle de •ute autre partie du corps.... Les doigts peuvent étendre, se séparer, se joindre, et s'ajustera utes sortes de surfaces. • In.
8TN. FBAKÇ.
• On-^dit bien d'une manière purement indicative et sans aucune détermination , à la superficie ; au lieu qu'on se sert rarement de surface sans avoir égard à la chose considérée matériellement, « Il y a du cristal irisé seulement à sa superficie, et cette iris superficielle s'y produit par rexfoliation des petites lames de sa surface* » BuFp. — A la surface s'emploie bien aussi , mais on peut ajouter à cette expression des mots qui font connaître en elle-même et qualifient la sur*' face. « Si nous considérons que les grands bancs et les montagnes de granit s'offrent à la super^ ficie de la terre dans tous les lieux oti les argiles, les schistes n'ont pas recouvert l'ancienne surface du globe...., on ne pourra guère se refuser à croire qu'ils sont l'ouvrage de la dernière fonte qui ait eu lieu à sa surface encore ardente.»
ID
La différence est la même au figuré. Voy. Ap-* parenee^ air, etc., p. 348.
SURPRENDRE, ETONNER (CONSTERNER). Una chose nous surprend ou nous étonne , nous cause de la surprise ou de Vétonnement, lorsqu'eller frappe inopinément notre âme ou notre esprit.
Mais surprendre et surprise sont plus relatifs à l'imprévu de la chose; étonner et étonnement le sont davantage à la force de* l'jmpression. Surprendre, c'est prendre sur le fait, au dépourvu, lorsqu'on ne s'y attend pas; étonner^ c'est produire l'effet du lonnerre, émouvoir, ébranler par un grand bruit. La nouveauté ou l'apparition subite d'une chose nous surprend; pour nous étonner, il faut qu'une chose soit , de plus , grande , importante , extraordinaire , il faut qu'elle nous émeuve , qu'elle nous troubla beaucoup. Ce qui trompe l'attente , ce qui arrive tout à coup, sans qu'on s'en soit douté, sur* prend ; un événement imprévu nous létonne^ quand il nous passe , quand il est au-dessus de notre intelligence et de nos forces.
Il y a des surprises agréables et légères, résultant d'accidents, de phénomènes, qi!i sont petits , réjouissants , sans conséquence grave, et partant incapables de nous remuer, de nous affecter violemment. Dans son Essai sur le goût, Montesquieu a consacré un article aux plaisirs de la surTprise. Mme de Sévigné dit en parlant de Mme de Moutespan : « C'est une chose surprenante que sa beauté. » < Tous les événements les plus fortuits en apparence, les plus surprenants \ sont préparés dans les conseils de Dieu. » Mass.
Apprendre en voya(seant des secrets turprettants,
Rxoir.
«Rien ne porte davantage à dre qu'une disproportion surprenante entre ce qu'on entend et ce qu'on voit. » Pasc.
• Qu'est-ce donc que veut dire ce hai?
Et qu'a de surprenant le discours que Je fai? Mol.
« Puis-je prendre quelque assurance sur la nouveauté surprenante d'une telle conversion? » Id. c Ne restez point à la répétition de cette comédie : vous aurez plus de plaisir quand les choses vous surprendront. » Id. « Quelle aurait été la surprise des anciens, si on leur eût prédit qu'un jour leur postérité, par le moyen de quelques instruments , verrait une infinité d'objets qu'ils na
DEUXltHE PAKTIB :
▼oyaient pas , un eiel qui leur était inconnu , des plantes et des animaux dont ils ne soupçonnaient pas seulement la possibilité l » Roll. — LVf oniMflMiit, au contraire, n'a rien que de grand et de fort, c'est une iuirpritê mêlée de stupeur, d'effroi ou de ravissement : ce qui 4tonn4 n'est pas seulement quelque chose d'inopiné, d'insolite •t d'inouï , qui trouble, parce qu'on ne s'y attend pas, c*est quelque chose de puissant, d'insur- Biontable , de terrible ou d'admirable dont la vue confond , renverse ou transporte. « Les grandes .choses itonntfU. > Labr. « Il se trouve des âmes dures et impitoyables, qu'il faut ébranler par ces iPérités itonnantês (des anathèmes). > Mass. « Cette négligence m'étonne et m'épouvante, c'est un monstre pour moi. > Pabc « On l'entend aujourd'hui , celte voix sainte et terrible (de Jésus- Christ) qui étonne la nature et qui console l'Église. » Id. « En voyant l'aveuglement et la misère de l'homme, et ces contrariétés étonnantes qui se découvrent dans sa nature, et regardant tout l'univers muet , jentre en effroi. » In. « 0 nuit désastreuse 1 ô nuit effroyable l où retentit tout à coup comme un éclat de tonnerre cette étonnante nouvelle : Madame se meurt! Madame est morte!» Boss. « J'amènerai sur cette ville des maux horribles, en sorte-que tous ceux qui les écouteront, leurs oreilles leur tinteront à'étonnetnent et de frayeur. > In. « Après une conduite si hardie et des sentiments si généreux (de la part de saint Pierre) , une parole Vétonne , une simple fille le lait trembler. > Bourd. c II y a dans le mystère ëe la prédestination certains points qui sont auiessus de nos connaissances , qui nous étonnent tt qui nous effrayent. » lo. c Phèdre (fille de Pasiphaé) étonna le soleil, comihe avait fait sa mère. » Montbsq. « Défait du maréchal de Villeroy , Duboi? crut avec raison devoir profiter de Yétonnement et de la stupeur où cet événement avait jeté toute la cour. » S. S.
Tout changement brusque, non préparé, mrprend ; une révolution étonne. Vous êtes surpris de la délicatesse d'un travail , étonné de la grandeur d'une entreprise. Un trait d'esprit vous surfrend , un coup de génie vous étonne. Molière jurprend par de fines plaisanteries'; Corneille étonne par la peinture de la grandeur romaine. On éprouve le plaisir de la surprise , quand on entend un bon mot, ou qu'on assiste pour Ja première fois à la représentation d'une bonne comédie-, on est saisi ô'élonnement, quand on entend les menaces de l'Écriture contre les méchants , ou qu'on envisage des difûcultés qui paraissent invincibles <.
4 . A l'idée de forte impression, qui lui est conupuoe avec ètonncmtnt , consternation ajoute celle d'afOiction , qui lui est parliculière. De U la dilTérence de ces deux mots que Girard a comparés ensemble. Vétonnement ne se prend pis toujours eo mauvaise part , il aboutit quelquefois i l'admiralion et au ravissement ; la consternation annonce loujoucs qoeiqne chose de f Adieux qui abat et porie an désespoir : le génie nous étonne, une catastrophe nous cotutenu. Que si Vétonnement est causé aussi par un mal , c'esi par la vue d'un mal é venir, et non , comme d'ordinal la «0w#/tfrjM/jbi»y par l'effet d'un malheur arrivé ;
La surprise est donc |ilm faible que Vàot?*
ment, c'est un coHunmencement , ua pre:: .degré, le fût passager auquel soccède \^ YéteX appelé ^fomtemenS. On est siif^ris et étu ■ ■ L'Ame , investie des rayons de la dirjL éblouie de sa clarté, pénétrée de sa présence, i rurprise, ^tonn^e, épouvantée, ravie en ztz ration de son infinie grandeur. » Boss. « Vjt:les hérétiques commencent à paraître, la mr^^. et VétonnewtenX , où tous les peuples son; jc.à' fait voir que leur doctrine est nooreUe. > I: « Tout le monde était ewrpriM et étonné, llseulement du nombre de ces galères, mus d leur grandeur. » RoLL. « Il sauta de son îrjinù de surprtie et dVtoiuiemeia. » Mabv. — It:;e: qui surprend rCéUmne pas, si l'ânae u*ea ^i\ p*c:a' déconcertée , si son trouble ne dure pas on ne n pas jusqu'à suspendre ractien de ses f%c j.!ii a Le duc de Vendôme* parut tout à coup z-^ parlement, sans que personne s'y attendit , et pr/ subitement sa place. Le parlement se trouais surpris et en même temps à éUmm^, qu'il d'o^ dire mot. » S. S. « M. le due d'OHéane mairqucri. sa nifprûe , et plus encore son éSonnement et son embarras de l'opiniâtre rèsoUiiion des éuts à demeurer dans le salon. » In.
La surpnse est toute objective , tente produite par l'événement ; au lieu que Vëtomteiseikt à^ pend en partie du sujet. De là vient qu'on ne <iii pas se surprendre , mais seulement bétonner. U surprise est en raison de rétrangeté du lait: IVtonnement, en raison aussi des réflenoos ou ds la force de caractère de la personne. « ConsiÎH alla au rocher où Zayde avait aeemitomé d'être: il fut surpris de ne l'y pas trouver; néaDmcms il ne s'en éionnh point; il la cherche josqa'aa port. » Dblaf. I
Enfin , on est plutôt stirprtr à la vue os à la première vue; et étonné, en entendant parler le personnes, ou à la réflexion. « Les arcbers voy%nt venir à eux don Quichotte , s'arrêterait pour 1 i^ tendre ; mais s'il les surprit par son air et soë habillement, il les étonna bien davantage, km» qu'il leur cria d'une voix menaçante.... » Lb. c La duchesse de La Vallière fit hier professo... Elle était d'une beauté qui swrprii tcQi le monde ; mais ce qui vous étonnera , c'est «jie fe sermon de M. de Condom ne fut point anssi ôinn qu'on l'espérait. » Sév. « Quand nous rases eue M. Chupin le proposait sérieusement, et c^ue les Montausier l'approuvaient, je ne puis vous représenter notre surprise ; elle ne cessa que pom ; faire place à Vétonnemenî que nous donna b to-
el la vue de ce mal Inspire des cndutes à 1^^ fait hésiter on leculer, mais sans abaUrc, «9* Meubler Tâme et la pénétrer de douleur. Desavusu.
des difilculiés aperçues toai i coup ^xmxsi. « N<! prêcher pas leshautsmyslèreadelacomiDMoicaiioDiTec ' Dieu aux âmes encore impures qui ont besoin qcVa les étonne , qu'on les eflhiye. » Boas. « Je crois qcf vous voyeaasses la grandeur et la dilffcvâié 4f ^ entreprise. BUe m'ttonme, hii dîs-je. » i^sck LUant d*un malheur afljreas el iaévilable eonaurm. t ia jardin dea Olives, JésusrChiàsi eek daaa U cniott, dans la tristesse, dans une telle auuurnatim^^'^ sue sang et eau dans la seule considéralion U ud supplice, tf Boss.
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
îrance de cette proposition par Mlle d* Alerac. » D. « A son premier aspect, ma sur'prise fut Tande (tant la maladie Tavait changé), et mon lonnement encore plus dès 1« première converalion. » S. S.
1» SURPRIS, ÉTONNÉ. CONSTERNÉ, ÉTOURDI , ONFONDU, INTERDIT, DÉCONCERTÉ;— S» ABA- OURBI , STUPÉFAIT (STUPÉFIÉ), PENAUD, IHERYEILLE, ÉBAHf , ÉBMJBT. Ces mots maruent l'effet produit sur Tftme par quelque chose ui la frappe inopinément.
Ils se divisent naturellement en deux classes : ss uns appartenant à la langue ordinaire , et les utres n'étant que du langage familier, cette cironstance suffit pour mettre entre eux une difféence notable.
i"" Surpris, étonné, eonstwné^ étowdii con- :mdu , interdit , déconcerté.
Surpris , pris sur le fait , au dépourvu , exrime particulièrement la surprise^ l'imprévu : homme surpris était loin de s-attendre à ce uMl éprouve. Étonné* comme frappé du tonerre , annonce une forte impression , un grand branlemenl : Thomme étonné est fortement ému, n bien ou en mal. Consterné, de consternere, battre , se prend toujours en mauvaise part et mporte Vidée d'accablement et de grande dousur : l'homme consterné est en proie à la trisesse et découragé. On est surpris d'une nouvelle u d'une chose quelconque à laquelle on n'était oint du tout préparé; étonné de quelque chose e grand, d'extraordinaire, de puissant, de terible ou d'admirable ; consterné d'une perte, d'un ésastre ou d'une ruine prochaine, dont on est ésolé, désespéré. Voy. Surprendre, étonner, onstemer, article précédent.
Étourdi, mis dans l'état d'un ^^ourdi, d'un omme imprudent, inattentif, irréfléchi, comme )u , signifie simplement qui a le sens troublé.
La haine et la crainte sont des passious trèsiolentes. Elles donnent à l'esprit des secousses nprévues qui l'^fourdt^fent et qui le troublent.^} [al. « Je paraphrasai ces propos avec tant de >rce que Mme la duchesse d'Orléans en deleura étourdie, et convint que ces considérations léritaient dés réflexions.,.. Ayant eu le temps e reprendre ses sens, elle entra en quelques ébats. » S. S. « Le tumulte, la surprise, la rainte , les avaient comme étourdis , et mis tout ors d'eux-mêmes. » Roll.
Au sortir de Pharsale un si grand capitaine (César)
Saurait mal son mélier s'il laissait prendre haleine,
Et s'il donnait loisir à des cœurs si haindis
De relever du coup dont ils sont étourdis, Gosir.
Confondu, de confondre, brouiller, mêler ensmble , mettre en désordre , est comme le suerlatif d'étourdi ^ et supj)ose le comble du troule.
J'entends un horrible mnnnnre; Le temple eti ébranlé i... Qaoi! toute la nature S'émeut i son aspectl ei mes sens éperdus Sont dans le mtoie trouble et restent confondus/
Volt,
• D'ailleurs, confondre a<-oeIa de propre, qu'il nplique, eomme eonf^f l'idée de honte, l'idée 'une faute du sujet tout à coup révélée. Vénus
fut confondue, quand Vulcain la fit voir brusquement en flagrant délit d'adultère (Volt.). Tremblante , confondue ,
Devant qoi désormais pais-je lever la vue? b>. « Quelle fut notre* surprise , j'ajouterai notre ^ honte, de trouver M. de Larochefoucauld seul jouant aux échecs avec un de ses laquais ! Ia parole en manqua à M. de Chevreuse et à moi. tf . de Larochefoucauld s'en aperçut et demeura confondu lui-même.» S. S. « Et, s'il était enfin convaincu d'être un imposteur , il s'est flatté de sortir néanmoins de cette affaire, confemitt, très^peu lui importe, mais impuni, mais triomphant. 9 J. J. « Lorsqu'on produisit la peau du mulet avec toutes les autres pièces justificatives , il devint pâle comme un criminel confondu. * Lbs.<.
Interdit , familièrement inîerloqvé , arrêté pendant la parole , ou qui est empêché de parler , indique proprement le silence ou l'impuissance de dire un mot à cause du U'ouble causé par la surprise. « En amour un silence vaut mieux qu'un langage. H est bon d'être interdit; il y a une éloquence du silence qui pénétre plus que la langue ne saurait flaire. ■ Pasc. «. Sa surprise égalant la mienne , nous demeurâmes tous deux interdits et muets. > Les. « D'où vient , prince , que vous ne dites mot, et semblez interdit? » Mol. « J'avais, ce me semblait, cent choses à tou3 dire; et maintenant que j'ai la liberté de vous parler, je demeure interdit, et la grande joie où je suis étouffe toutes mes paroles. » In. « U n'appartient qu'à vous seul. Seigneur, de vous louer. Ainsi mon âme étonnée, confuse, tnferdite, demeure en silence devant votre face. » Boss. « Sa langue s'attache à son palais et ne peut plus proférer aucune parole ; il demeure interdit, immobile et presque sans vie. * Vint. a Quel silence indomptable ! quelle main tient donc sous son joug toute la nature interdite ?» VauV.
Lui, surpris, interdit^ et ne sachant que dh-e....
Regn.
D'un amour orlminel Phèdra aoouse Hippolyie!
Un tel excès d'horreur rend mon Ame interdite :
Tant de coups imprévus m'accablent à la fois.
Qu'ils m'ûiejLt la parole, et m'étoulTenl la voix*
Rao.
Mais quoi! sans me répondre,
Vous détournez les yeux, et semblez vous confondre!
Ne m*oflrlrez-voU8 plus qu'un visage interdit? (Bérénioe à Titos). Id.
Si celui qui est tnterdtt ne sait plus que dire , celui qui est déconcerté, c'est-à-dire dont on a rompu les mesures , ne sait plus que faire , quel dessein suivre, à quel moyen recourir, ou quelle contenance tenir. « Ulysse alors se jette sur la troupe, déconcertée de la moxtt de leur chef. » FÉN. c Pendant que les Romains assiégeaient Ga-
4. Confus, que M. Guizot a comparé avec interdit ei déconcerté , en diffère encore plus çpie confondu, U exprime un état tout subjeciir, qui ne résulte pas d'une impression reçue du dehors, mais du sentiment d'une faute commise par la personne même qui l'éprouve. Voy. Confus, confondu, 1" partie, p. 276, 277.