‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 404 sur 426 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

poua. Annibal marcha bni«iaemeDt vers Rome. . . . Rome fut étonnée, mais non déconcertée,... Fabius remontra qu'il serait honteux de se laisser effrayer et de changer de dessein aux moindres mouvements d* Annibal. > Roll. < Vatinius fut surpris , mais non pas déconcerté, U donna aussitôt le signal du combat; et, comme il sentait tout le désavantage de ses b&timents opposés à ceux de ses adversaires, il résolut d'y suppléer par son audace. » Id. « La perte du combat naval près de Myonnèse frappa tellement Antiochus, qu'il en parut totalement déconcerté. Gomme si le bon sens l'eût abandonné tout à coup , il fit sur-le-champ des démarches visiblement contraires à ses intérêts. » In. « L'on dira , si Toti ?eut, que, d^coneert^ par l'objection de M. Claude, j'ai voulu couvrir le désordre où je suis tombé visiblement. » Boss. « Les Pélagiens ne faisaient que biaiser quand on en venait à cet argument , et paraissaient évidemment déconcertét. » lo. « Il y a peu de femmes à Paris dont l'abord , le regard, ne soit d'une hardiesse à déconcerter quiconque n'a rien vu de semblable en son pays ; et de la surprise où jettent ces nouvelles manières naît cet air gauche qu'on reproche aux étrangers. 9 J. J. « Voilà des révérences bien gauches.... C'est la pudeur apparemment qui lui donne un air si déconcerté. » Dbst. « Le prince attacha ses yeux sur moi. D'abord j'en fus déconcerté : je m'imaginai qu'il trouvait mon habillement trop modeste. » Las.

2* Abasourdi^ ttupéfait {itupéfié)^ penaud, émerveillé^ ébahi, ébavbi.

Àhasourdi veut dire atsourdi, étourdi, mais de manière à être jeté à bas , abattu , renversé ; en sorte que ce mot, dans le langage familier, répond précisément au mot consterné ou au mot confondu de la langue commune. « Je leur lus mes deux lettres. A cette audace inattendue dans un homme ordioairement si craintif, je les vis l'un et l'autre atterrés, abasourdis. » J. J. « Le médecin Lebrun (dans une consultation sur la dernière maladie de Louis XI Y) malmena fort brutalement Fagon, dont Fagon qui avait accoutumé de malmener les autres demeura tout abasourdi. » S. S. « Le jeune auteur est tout abasourdi de la prise de Pondichéri, qui lui coûte juste le quart de son bien. Il n'a pas de quoi rire. » Yolt.

Stupéfait présente une autre image et dépeint un effet de létcnnement encore plus fort : l'idée de la surf rise s'y trouve jointe , non plus à celle d'arfliction ou de grand trouble, mais à celle d'effroi. L'homme abasourdi a reçu sur la tête un coup qui l'a jeté à terre ; celui qui est stupéfait a été rendu stupide, frappé de stupeur, mis dans un état d'engourdissement, d'insensibilité, d'immobilité , et 5 pour ainsi dire , d'absorption. « Sitôt que je fus introduit, j'ûte mon masque et je me nomme. Le sénateur pâlit et resta stupé^ fait. » J. J.

J'ouvre la porte, et vois, non sans surprise extrême.

En ouvrant brusquement, le bonhomme lai-méme,

Comme au mur attaché, stupi/ait, inlerdii. Dest.

« L*étoDDcment où je fus me mit en doute d'avoir

bien entendu; je le fis répétor et je demr.stupéfait. Ils s'aperçurent bientôt à ma c:i: nance que j'étais pkis occupé de mes p^vi que de leurs discours. » S. S. ■.

Penaud y autrefois petieiur, de petne, ne „ rien concevoir que de léger et de risible. On penaud, quand on éprouve, contre son atfiec:* une peine, une contrariété, et, par exem]^. désagrément d*avoir été attrapé. < Au mojez cela , Pélice et les autres fripons seraient ^-r penauds, voyant vos lettres qu'ils prennest ^ de peine à supprimer, publiques en Hollanif; traduites à Londres. » J. J. « Qui fut bien p^ naud! Ce fut le duc qui venait d'appreuire ceiihistoire au roi et à toute la cour, et qm', apref en avoir bien fait rire tout le monde, en aJ>^ Revenir lui-même le divertissement. > S. S. I>i: le prologue des Folies amoureuses de Reg&rJ. Momus dit au plrterre :

Il serait bien fâcheux qa*aprés Caat de traTsm, Avec un pied de nez et n'ayant pu vous plaire,

On vtt rentrer dans la céleste tpbére Une troape de dieux /a»^.

Lors<pi'i Plulon le lafiiifti'i Jfereare

Eut apporté le Ban^mttie Plmiom^

II fit venir le mettre d'Épicnre ,

Et lui dit : Tiens, Us-moi œ rogaUm.

Lors Démocrite , al^nsé pir le Von ,

Lut cet écrit, le croyant d*on sophiste.

Qui taipMoud? Ce fut le bon Plulon;

Car son rieur devint panégyriste. J. B. fiocss. n renvoya tons ces vaniarda Aussi penauds que des comardSy Qui de leurs femmes éventées.

Dans les lettres intercepiéei.

Trouvent en tonnes non obscurs Qu'ils ont les angles dn fironi dais* Scàu.

Émerveillé exprime une surprise, o«ii pâ5 même un peu pénible, mais plutôt agréable : ol est émerveillé de ce qu'on trouve merveiUeui. admirable , miraculeusement ou divînemenl fait « J'ai vu les pyramides, et n'en ai point été ^9!^veillé. » Volt. « Quand une nation se dégrossi:, elle est d'abord émerveillée de voir l'aurore oavrir de ses doigts <]e rose les portes de l'Oriat. Zéphyre caresser Flore , etc. > In. « Je sois toujours émerveillé des progrés que notre lanfoe a faits dans les pays étrangers. » Id. « Ce livre doit faire un très-grand effet : j'en suis ^merrsil^.et j'en rends gr&ces à Dieu. » Id. « Piaeez cne femme entre deux hommes, vous serei ^■lerrdl.V de l'adresse avec laquelle elle donnera le chacge à tous deux. » J. J. « Vraiment, je suis tuut émerveUlé de la générosité de ces messieirs de l'Opéra : il me semble que je vois déjà lesooaceauz d'or étalés sur ma table, v In. c 12» s apprêtaient à me raconter d'un air d'empfaase je ne sais combien de gentillesses qu'ils veoaieDt d'entendre (de cet enfant), et dont ils «nblaiecl émerveillés. • In. « On est émerveitié du temps

4. Stupéfié a le même sens; seolenent, eoome c'est le participe d*un verbe usité , il rappelle l'arui^n de la cause qui a produit l'état désigné par ce bol Voltaire écrit à M. Saard : « Par votre étoDoici discours (de réception ii l'Académie) vous irei codfoodu les ennemis de la raison. Je suis eacon twu stupéfié de TOtre intrépidité. »

SYNONYMES A RADICAUX. PIVERS.

odigieux qu*il faut supposer pour que les eaux ' snt ouvert et creusé ces énormes tranchées. » {FF. « Une éclipse étant arrivée comme Tavâit t HélicoD de Cyzique, et à Theure marquée, mys en fut tellement surpris et émerveiUé qu'il i donna un talent. » Roll. « Que dites-vous de t homme-là (un devin)?— J'en suis émerveillé; n'y a rien qu'il ne sache. » Dbst.

Ébahi et ébaubi ne supposent ni peine ni plair : ils représentent la situation un peu comique un peu niaise d'un homme qui regarde , conmple ou aperçoit une chose,. tout surpris, ^ant peine à y croire, et comme s'il tombait is nues. Mais ébahi est plus usité; aussi existeil d'autres mots de la même origine, s'ébahir y >ahissemenL Ébaubi est un terme sans famille , >pulaire , et qui ne s'emploie guère qu'en plaiintant. Dans le Festin de Pierre de Molière; ierrot , paysan qui parle patois , dit en parlant e la toilette de don Juan : « J'étais tout ébaubi e voir ça. » — Au reste, ébahi et ébaubi montrent i sujet sous deux images différentes. Ébahi se it plus particulièrement de la j)Ouche et la fait oir béante.

Disant ces mots , le rostre vigoureux , D'un gros baiser sur Sa bou^e ébahie^ Ferme Taccès i toute repartie. Volt.

%aubi paraît mieux convenir, appliqué aux eux, et signifie proprement qui çuyre de grands etu.

An même instant palais. Jardins, fontaines, Or, diamants, émeraudes, rubis.

Tout ^spanilt i ses yeux ébaubis. Tolt. PotOD, La Hire et Dunois Aahis (de l'apparilion

d*un fantôme) Ouvrent tous trois de grands yeux ébaubis, Ïd.

1« SYMBOLE, EMBLÈME, DEVISE , HIÉROGLY- HE; — 2« ALLÉGORIE, ALLUSION, APOLOGUE, ARABOLE. Modes ou moyens indirects d'exprès- Ion dont on se sert pour donner à entendre uelque chose , au lieu de le dire sans détour et

l'ordinaire.

Le symbole , V emblème^ la devise et Vhiéroglyhe parlent aux yeux : ils présentent certains bjets matériels pour faire concevoir , pour renre sensibles des idées abstraites. Vallégorie^ allusion, V apologue et la parabole parlent à esprit : ils consistent en récits ou en discours , ui font concevoir autre chose que ce qu'ils sinlfîent proprement , qui voilent la vérité. Tous i8 objets de la nature ou de l'art peuvent être ris pour symboles y pour emblèmes , pour deises ou pour hiéroglyphes , mais non pas pour llégoriesy pour allusions, pour apologues ou our paraboles. Le lion est le «yin&ole ou l'emlème du courage; on ne dira pas qu'il en est ^a^ îgorie^ l'allusion ^ Vapologue ou la parabole: allégorie , VaUusion , Vapologtie et la parabole ont des descriptions, des compositions littéaires. On choisit une chose pour symbole ou mblème d'une autre; on parle par allégories, diT allusions y par apologues ou par paraboles, >ans le symbole, ne vous arrêtez pas à l'objet, l ne ligure pas pour lui-même , ce n*est qu'un igoe; dans V allégorie^ ne vous arrêtez pas au ens littéral , il en recouvre un autre , qui est

celui de la personne qui parle ou écrit. Le *ymr^ bole, VembUme, la devise et Vhiéroglyphe sont d'autant meilleurs que le rapport est plus facile à saisir entre Tobjet et l'idée qu'on lui fait représenter. Ce qui fkit le mérite de V allégorie, de VaUusion , de Vapologue et de la parabole , c'est l'art avec lequel l'auteur sait insinuer des vérités qui , autrement dites , auraient déplu ou n'auraient pas plu au même degré.

Outre cela, le symbole, Vemblème, la devise et Vhiéroglyphe sont quelque chose de simple et de court; Vallégorie, Vcdlusion, Vapologue et la parabole, au contraire, sont quelque chose de développé. Chacune des parties d'une église peut être un symbole ou un evfiblème, c'est-à-dire le type de quelqu'une de nos croyances , et leur réunion peut constituer une allégorie. Dans le Cantique des cantiques, qui est une allégorie (FiK.), OoUa est l'emW^me de Jérusalem (Volt.). Suivant Marmontel, Vemblème ne diffère de l'opologue qu'en ce qu'il est moins développé. Le même écrivain appelle justement Vemblème une métaphore qui parle aux yeux , définition également applicable au symbole, à la devise et à Vhiéroglyphe, tandis que V allégorie, VaUusion ^ Vapologue et la parabole sont des métaphores prolongées.

I"" Symbole, emblème, devise, hiéroglyphe. Modes ou moyens indirects d'expression consistant en métaphores qui parlent aux yeux , ou à employer des objets concrets et visibles pour signifier des idées abstraites.

' Le symbole et Vemblème diffèrent d'abord en ce que l'un est constant, primitif, traditionnel, d'une origine divine ou inconnue, et l'autre , du choix ou de l'invention de quelqu'un , qui l'imagine ou s'en sert à dessein en se fondant sur une liaison d'idées plus ou moins sensible. La religion a des symboles , les artistes font des «mblèmes.

Je vois de son esprit (d'Octave) la profonde noirceur; Le sphinx est son emblème, et nous dit qu'il préfère Ce sjrmbole du fourbe aux aigles de son père.

Volt.

Le symbole est quelque chose de commun, de convenu, de généralement admis; Vemblème est le résultat d'une certaine œuvre , d'une création particulière. « Zeuxis a peint Vénus ayant sous le pied une tortue ; et avec ce symbole de la lenteur , Vénus devint Vemblème d'un sexe destiné à une vie tranquille et retirée. » Marm . Le gouver^ nail est le symbole de la navigation ; les poètes et les peintres en ont fait Vemblème de l'administration d'un État (Marm.). Les signes du zodiaque représentent d'une manière symbolique les saisons de l'année (Id.); l'ambassadeur des Scythes parla à Darius d'une manière emblématique en lui présentant un oiseau, une souris, une grenouille et cinq flèches (Volt. , Lab.). Les Grecs, dans tous leurs temples , eurent des bains sacrés , comme des feux sacrés, symboles universels, chez tous les hommes, de la pureté des imes (Volt.) ; on a eu la puérilité de prendre pour emblème de la foi la corde d'un instrument , en abusant de l'équivoque du mot latin /Ide*- (Marh^

Lp iéepord «st MtwtHemtot 1t «yiMbole éê Tl/^ cODstaiiee pv la Taiiété des couleurs d««a peaa (BoM.); ks Proriaoes- Unies de la Hollande avaient pris na faisceau de flèches po«r leuffi amoirics et leur emblème (Volt.). Saturne in- Tenta la faucille à moissonner, ijni lai resta pour fymfrofe (Roll.); dans une conédie de Destoucfaes , nn fiancé donne à sa fiancée un dé c< une bague destinés i former un double emblème, le dé devant lui rappeler <iu'ii faut qu'elle soit bonne ménagère, et la bague qu'il faut qu*elle soit une bonne femme. — D'autre part, quoique cowrt et simple par rapport à YalÙgerie , à l'ai* IiMioii, à Vapologue et à la parabole, Vemblème Test cependant moins que le symbole : c'est conme une aUégorie , une allusion , un apologue on une parabole qu'on met sous les yeux, c Plusiews ont cru que l'histoire de Daniel et de l'ange qui enlera Habacuc ne sont qu'une allégorie Tisible , un emblème de Tattention continuelle ayec laquelle Dieu veille sur ses serviteurs. » Volt. « Vemblème est un petit tableau qui exprime allégoriquement une pensée morale ou politique, comme lorsqu'on a fait de la fortune une femme svelte et légère, un pied en l'air, touchant à peine du bout de l'autre pied un point d'une roue ou d'un globe, et tenant daaa ses mains un voile enflé par le vent. » Mahm. L'olivier est le symbole de la paix; un emblème ào la paix, c'est, par exemple, Timage delà oolombe faisant son nid dans un casque , ou 'celle des abeilles y déposant leur miel.

La devise est un emblème , mais un emblème' peint ou gravé dans lequel la figure est expliquée par des paroles qu'on a mises au-dessous. Ces paroles sont même ce qu'il y a de plus essentiel dans la derise; si bien que, comme les emblèmes pour l'ordinaire sont sans légende, pour l'ordinaire les devises sont sans figure et se réduisent à une phrase ou à une maxime.

DiversUé , e'est ma dêvîM, Lav.

Ja devise du chevalier Bayard était, Sans peur et sans reproche. — Lorsque devise et emblème désignent fa réunion d'une figure allégorique et de mots qui en déterminent le sens , devise est plus particulier , et emblème plus général : la devise ^ de l'invention de la chevalerie , et qui a été d'abord la marque distincttve de l'armure des chevaliers, puis l'ornement des fêtes données par Louis XIV , est un symbole déterminé à une personne, à une Ihmille, à une compagnie, à une nation , et qui exprime quelque chose qui la concerne, son caractère, son génie, sa conduite habituelle; au lieu que Vemblème est l'expression figurée d'une pensée ou d'une sentence commune , sans aucun objet décidé. De plus , les paroles de la devise ne s'entendent bien que quand elles sont jointes à la figure : exemple , la phrase, Quo jussa JoviSy qui, avec l'image d'un aigle portant la foudre , composait la devise de Maximilien de Béthune . grand maître de l'artillerie. Les paroles de Vemblème, au contraire, ont toutes seules un sens plein et achevé : l'image de M. Scévola tenant sa main sur un brasier ardent, avec ces mots au-dessous *. Tout est possible à la force de la volonté , est un emblème.

1 Les hiér^fy^km, tf e*t-i-4Ère , anivaatre^ j mologie, les gravures sacrées, sont des %p?^ on des caractères syioboiHiaes , que les sûosi | peuples, particulièfenaeiit las Égyptiens, tA çaient ou inscrivaient sur des obélispes r I d'autres Bwmmeuts, eC ^ixi, «rant Fiaregtiiii de l'écriture alphabétique , donnaient à kan I pensées religieuses et à leurs decirines ist i forme visible et pour ainsi dire on corps. cLs | sages de Mem^iîs exprînaaieat par des syisboie les myst^es de leur èodrine ; et e'est ce qae Is Grecs appelaient hiéroglyphes on gravures scrées. » Maa«. « Ba £gjpte, les pyraraidei, a obélisques, les eolonfies, les statues, es db sec tous les monuments pablics , étaient pear foniinaire oraés d^hiéroghfpheg ^ e'est-â-dirs d'écritures symboliques. • Rolx.. « Les aaaess iiiénglyphes des Egyptiens , des ScyHies et de tfÊàques autres peuples de l'Asie étaient des e^èea d'allégories qui parlaient aux yeux. » Lae.

2* AUégorie, aiktsiom , — apsie^ne, pmrMU. If odes ou moyens indirects d'eipnsmaa coashtant en discours à dooMe entente., qai ne doivent pas être pris à la lettre.

V aUégorie et ralItisÂsa Mut fnrtment théoriques; aussi la rfcétoriqne tnîle-VeAledefune et de l'autre , comme en général de toutes 1» figures et de toutes les manières de \ÊAst vsor sidérées seulement aoas le rapport de la fonse ou quant à leur valeur esthétique. Elles à'iî&rai en ce que daas VMfgorie ioui est dit eu éciît en vue du sens oaehé , qni est seul îsspoiiaBt, aa lieu que dans YeMmsion le sens eaehè o'est qu'accessoire par rapport au sens istaédâc et naturel, qui se suffit à lui-même et sabâste indépendamment de toute application. ValUgorie sollicite l'interprétation en quelqee sorte, fsAfsion s'y prête. Ensuite Vallég&rie est plutôt une œuvre d*art et a pour bot d'emMUr; l'aifauM» est plutôt une œuvre de critique , et a peur objet le blâme ou la louange.

« VapoloQue et la paro&ole sont des espiœs à'allégories. > Agau. Ce sent des aUégeries osraies, des aXiigoriee sous le votle desqnelfes os donne des enseignements ou des leçons de etgesse d'une manière simple et familière en ib6» temps que fine. Mais l'apoiofiie est proâse, et la parabole religieuae. « S'il m'est pem de mêler ce que nous avons de plus sacré psnoî les erreurs du paganisme, nous ▼eyoos que la vérité a parié aux hommes par paraboles : et la parabole est-elle autre eheee que Vapelogue, c'est-à-dire un exemple ^okiix, et qni s'insinue aveo d'autant plus de iadHté et d'eflet, qu'il est plus commun et pins bailier? » Laf. Pour nous instruire , les fttaiistes emploient des apologues, mais Jésus-Christ et les prophètes font usage de parabolee, A quoi il faut ajouter que l'apelo^ue est plus fehideux, plus mensonger, et .que dans rficritare sainte elle-même on donne le nom d'epolo^iie à sae allégorie morale, qui ne renferme que fictioa, où , par exemple, on Ihit agir et parler des êtres inanimés. Il y a dans l'Ancien Testament (Jacc, IX) « un apologue oft les arbres se choisisse&t iu roi. » Boss.

SYNONYUES k RADIGA.UX DIVERS.

TACT , TOUCHER , ^ATTOUCHEMENT. Termes slatifs à la sensibilité répandue sur la surface u corps et excitée par Faction immédiate d'un bjet sur les extrémités des nerù.

Tocl, dû latin taeiutj qui a été touché, exrime quelque chose de passif. Toiu^fMr, Terbe lucher pris substantivement , emporte , au con- *aire , l'idée d'activité. Far le tact nous xecevoos es impressions agréables ou désagréables , nous prouvons du plaisir ou de U douleur. « La proreté, le soin de soi-môme, en rendant la peau lus délicate, augmentent le plaisir du tact; et attention sur sa santé rend les organes de la olupté plus sensibles. » Volt. « La sensation oluptueuse, dont quelques personnes veulent arler (comme d'un sixième sens) , se réduit au entiment du tact. » In. « Cette maudite peste (la etite vérole) a cela de particulier, qu'elle se ommunique non-seulement par le tact et par air, mais encore par Timagination. » In. «On herche à réveiller les organes du ta$t par des liqûres , des brûlures , etc. , lorsqu'on veut ôtre lien convaincu de la certitude de la mort de [uelqu'un. » Buff. Par le toucher ^ au lieu de :>uir ou de souffrir, d'être modifiés, nous agisons, nous acquérons des idées sensibles, nous ious instruisons. « Cette glace, qui au toucher et . la vue est si -lisse et si unie , n'est qu'un amas négal d'aspérités et de cavités.» Volt. «Suplosé qu'un homme eût tous les sens , hors celui lu toucher^ cet homme pourrait fort bien douter lO l'existence des objets extérieurs. » Id. « Un èpreux , dont la peau serait insensible , n'aurait ucune des idées que le toucher fait naître. » iuFF. « Le toucher est de tous les sens oelui qui st le plus relatif à la connaissance. > Id.

Toutefois, le mot tact peut bien aussi se raplorter au pouvoir de connaître; mais il le repréente comme un don, comme une capacité, ;omme une propriété de recevoir les manifestaions des choses. « Le grand £tre nous a fait prélent à tous de six organes , dont le premier est e tact répandu dans toutes les parties du corps , nais plus sensible dans les mains. » Volt. € Plaies entre l'aigle et la mouche , nous devons être lontents de nos yeux; c'est un tact qui se proonge jusqu'aux étoiles.» In. «Comme l'odorat !st plus faible et le tact du goût plus obtus dans ous les oiseaux que dans les quadrupèdes, ils le peuvent guère juger des saveurs. » Buff. Le \qucher, au contraire , est une vraie faculté , un nstrument dont nous avons la facilité de nous servir, et dont nous nous servons à notre gré, iûn de découvrir les qualités des choses; nous l'appliqxions aux objets extérieurs, au lieu de nous borner à les attendre. « Le ttucher est de tous nos sens celui dont nous avons le plus continuel exercice. » ^. J. « C'est la même chose que si un homme , pour rendre compte d'un tableau , se faisait boucher les yeux, et nous racontait tout

ce qne le toucher lui ferait sentir sur la toile du tableau. » Bdff. — Les aveugles ont le tact plus fin qne bous (J. J., Cord.); « on prétend qu'il y a eu des aveugles-nés qui distinguaient au toU" cher la différence du noir, du blanc et de quelques autres couleurs. » Volt, c Lorsque la statue étudie un« rose au toucher, elle lie l'odeur à l'ensemble des feuilles, à leur tissu et à toutes les qualités par où le tact la distingue des autres fleurs qui lui sont connues. » Cond.

On appelle tact , et non pas toucher, une sorte de finesse tout instinctive , à l'aide de laquelle on sent d'abord, sans avoir besoin de réfléchir, ce qui convient en matière de goût ou en fait de bienséances. « Le goût est un tact de l'&me , une faculté innée ou acquise, de saisir et de préférer le beau , une espèoe d'instinct qui juge les règles et qui n'en a point.» Mark. D'autre part, on dît le toucher, et non pas le tact d'un pianiste, c'està-dire d'un homme qui s'applique à bien toucher d'un instrument de musique.

Quant à attouchement ^ il est particulier : au lieu de signifier, comme les deux mots précédents, le sens , Torgane , la faculté, il exprime un fait, une application spéciale du tact ou du toucher, « Ces deux sensations (celles du chaud et du froid) appartenantes au toucher t se font par l'application et V attouchement de quelque corps.» Boss. Le premier homme faisant, dans Buffon, l'histoire de ses premières pensées , dit : « Je résolus de ns me fier qu'au toucher, qui ne m'avait pas encore trompé, et d'être en garde sur toutes les autres façons de sentir et d'être.... Tout ce que je touchais sur moi semblait rendre à ma main sentiment pour sentiment, et chaque attouchement produisait dans mon &me une double idée. » •— On dit le tact ou le toucher y et un atlotMAMisnl(BuFF.), au premier attouchement (Id.). Le tact et le toucher ont telles ou telles qualités; Vattouchement se passe, a lieu de telle ou telle manière. «Si l'union de l'&me à son objet est un attouchement^ un contact, cet attouchement ne se fait-il pas au loin? » Buff. « Une main divisée en mie infinité de parties toutes mobiles et flexibles serait une espèce de géométrie universelle par le secours de laquelle nous aurions dans le moment même de Vattouchement des idées exactes et précises de la figure de tous les corps. » Id. — Enfin , comme les objets physiques ou inanimés sont dépourvus de sensibilité et d'intelligence, on ne peut leur attribuer de tact ou de toucher; mais on peut leur rapporter un aUofichement^ c'est-i-dire une action de toucher, dont il leur arrive d'être causes. « Lé carveau ne peut s'empêcher de recevoir quelque impression par l'ébranlement des nerfs, non plus que la cire par l'ottoucKement des corps qui la pressent. » Boss. « Le seul attouchement de la robe de Jésus-Christ guérit des infirmités désespérées. > Mass. « Je n'ai idée des étoiles que par

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